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lundi 5 avril 2010

Chroniques de la vie quotidienne dans la France sarkozyenne (Vol.II, N°17)-La mort obscure de Saïd B., vigile marocain à Bobigny, tué par des jeunes Juifs

ACTUALISATION DU 5/4/2010 à 17 h45
Mort du vigile de Bobigny : nouveau rassemblement à Paris
05.04.2010, 17h23 | Mise à jour : 17h31

Une centaine de personnes se sont rassemblées lundi à , place de la République, pour rendre hommage au vigile d'un magasin de Bobigny (Seine-Saint-Denis), noyé après une altercation avec des clients le 30 mars dernier. Les manifestants ont observé une minute de silence avant de scander «Justice pour Saïd».


«On veut que toute la lumière soit faite sur le , que les suspects soient punis», a déclaré le frère de la victime, Abdelkader Bourarach.
«On ne peut pas accepter que des gens disent qu'il s'est jeté tout seul dans le canal. Ce n'est pas possible», a-t-il ajouté. Le corps de ce vigile d'un magasin de bricolage avait été découvert mercredi dans le canal de l'Ourcq, après une altercation la veille avec un client qui voulait entrer après la fermeture. L'autopsie a conclu à une mort par noyade.  Trois hommes appelés en renfort par le client
Le procureur de la République de Bobigny, Sylvie Moisson, a précisé avoir ouvert «une information du chef de violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner avec usage ou menace d'une arme». Quatre hommes âgés de 19 à 25 ans ont été mis en examen et placés en rétention dans la soirée de vendredi .
Lors de l'altercation «des propos et des coups ont été échangés, la violence s'est amplifiée à l'arrivée des trois hommes, son frère, un cousin et un ami, qui ont été appelés par le client en renfort», a expliqué la magistrate. Selon Sylvie Moisson, il y a ensuite eu une course-poursuite au bord du canal, à l'arrière du magasin. Les quatre hommes déférés ont expliqué qu'ils «auraient vu (le vigile, ndlr) de loin se jeter à l'eau», ce que conteste la famille.
Des membres du collectif pro-palestinien Cheikh Yassine étaient présents au rassemblement de lundi, à Paris. «On exige de nos hommes politiques le même respect, le même égard envers tous les citoyens», a déclaré leur responsable, Abdelhakim Sefrioui.
Jeudi dernier, une centaine de personnes s'étaient déjà rassemblées à Bobigny, à proximité du magasin où travaillait le vigile, afin de lui rendre hommage.


*
Rendez-vous ce lundi 5 avril 2010 à 14 heures, POUR UNE MARCHE SILENCIEUSE à l'appel de la famille de la victime place de la République à Paris afin de rendre un dernier hommage à Saïd et exiger que justice soit faite sur sa mort. Nous exigeons une véritable enquête sur ce crime. Nous exigeons également que nos hommes politiques dénoncent cet acte barbare commis envers un musulman, comme ils le font lorsqu'il s'agit d'un acte envers un juif. Pour éviter qu'il y ait une France à deux vitesses.
GHS


Société 01/04/2010 à 00h00
Le corps d’un vigile repêché après une altercation à Bobigny
Par MARWAN CHAHINE, Libération
Un homme de 36 ans a été retrouvé mort, hier, dans le canal de l’Ourcq. Ce maître-chien travaillant pour un magasin de bricolage à Bobigny (Seine-Saint-Denis) était porté disparu depuis la veille. Mardi, vers 19 h 20, une altercation l’avait opposé à cinq clients qui souhaitaient entrer malgré la fermeture du magasin. De source policière, ces derniers s’en seraient violemment pris au véhicule du vigile dans lequel se trouvait le chien. Ensuite, des insultes et des coups auraient été échangés avant que le vigile ne se retrouve dans le canal, vraisemblablement poussé par ses agresseurs, à 200 mètres du magasin. Contrairement à ce qui avait été affirmé dans un premier temps par une source judiciaire, des témoins démentent que les insultes portaient un caractère raciste ou antisémite. L’alerte a été donnée aussitôt et six personnes âgées de 19 à 27 ans ont été rapidement interpellées et placées en garde à vue. Selon la police, elles auraient été identifiées grâce à un passeport israélien retrouvé dans une voiture abandonnée près des lieux. L’enquête a été confiée à la police judiciaire de Paris.
02 avril 2010 - 13H21
Vigile de Bobigny: le Grand rabbin présente ses condoléances
Le Grand rabbin de France a adressé vendredi ses condoléances à la famille d'un vigile de magasin d'origine marocaine, retrouvé mort noyé dans un canal au nord de Paris, un décès qui pourrait être lié à une dispute à caractère raciste.
AFP - Le Grand rabbin de France a adressé vendredi ses condoléances à la famille d'un vigile de magasin d'origine marocaine, retrouvé mort noyé dans un canal au nord de Paris, un décès qui pourrait être lié à une dispute à caractère raciste.
"J'adresse mes condoléances à la famille du vigile retrouvé mort le 31 mars dans le canal de l'Ourcq à Bobigny (nord de Paris). Il appartient maintenant à la justice d'éclairer les circonstances de ce décès et d'en établir les responsabilités", écrit le rabbin Gilles Bernheim dans son message.
Quatre hommes, qui sont juifs et avaient eu une altercation avec le vigile, ont été présentés à la justice vendredi, a-t-on appris de source judiciaire. Ils nient avoir poussé le vigile dans le canal et affirment avoir été, de leur côté, victimes d'insultes à caractère antisémite, ce que nient des témoins, selon la même source.
Selon les faits reconstitués par les enquêteurs, un jeune homme s'était présenté mardi vers 19H30 (17H30 GMT) dans un magasin de bricolage qui était en train de fermer. Le vigile avait alors refusé de le laisser entrer. Le client était revenu avec des proches. Une violente altercation avait eu lieu, avec insultes et échanges de coups.
Le vigile, un homme de 36 ans d'origine marocaine, habitant la banlieue nord de Paris, avait alors disparu. Son corps a finalement été repêché mercredi après-midi.
Une source proche de l'enquête a indiqué que la piste raciste ou antisémite n'était pas privilégiée. [sic !!!]
"En tout état de cause, des insultes ne peuvent pas justifier des violences physiques et, encore moins, la mort d'un homme. La violence est insupportable. Elle l’est encore plus si elle instrumentalise et dévoie le noble combat contre le racisme et l'antisémitisme", déclare le rabbin Bernheim dans son message.
Société 03/04/2010 à 00h00
Saïd noyé par la violence et la haine
Reportage
Le vigile d’un magasin de Bobigny retrouvé mort dans le canal de l’Ourcq avait eu une altercation avec un client irascible. Quatre hommes ont été mis en examen vendredi.

Par WILLY LE DEVIN, Libération
Saïd, 35 ans, vigile à Batkor à Bobigny (Seine-Saint-Denis) est mort, mardi soir, noyé dans le canal de l’Ourcq, pour avoir tenté de sauver sa chienne des griffes de quatre hommes venus l’agresser pour une banale histoire d’achat de pinceau et de pot de peinture à l’heure de fermeture du magasin. Les quatre hommes sont mis en examen, vendredi en fin d’après-midi, pour «violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner avec usage ou menace d’une arme».
Bombe. S’il ne semble pas que les tensions communautaires récurrentes dans ce quartier soient directement à l’origine de l’attaque ayant précipité le décès par noyade de Saïd, l’agressivité est diffuse et omniprésente autour de l’enseigne. En témoigne cette passante qui habite les environs depuis une vingtaine d’années : «Il y a régulièrement des heurts entre populations dans les quartiers jouxtant la modeste zone commerciale. Une forte communauté juive habite à Pantin et les accrochages avec de jeunes Maghrébins sont monnaie courante. Pas plus tard que la semaine dernière des hommes cagoulés ont cassé toutes les voitures de la rue Pierre-Brossolette. Ça ressemblait à un règlement de comptes parfaitement ciblé puisque cette seule rue était visée. Dernièrement, le Franprix a aussi été braqué trois fois, le Kiabi une fois, et je sais qu’il y avait souvent des soucis de vols et de violences à la fermeture de Batkor.»
Mardi soir, entre 19 h 05 et 19 h 15, soit quelques minutes après la fermeture du magasin de Batkor, un client, très énervé dès son arrivée, tente d’entrer pour acheter «un pinceau et un pot de peinture» selon la procureure. Saïd l’empêche de passer. La tension monte rapidement, des coups et des insultes sont échangés, forçant le vigile à faire usage de sa bombe lacrymogène pour mettre fin à l’altercation. «Le client, un blond d’environ 25 ans, retourne à sa voiture où l’attendait sa copine, et en ressort alors aussitôt, torse nu, et muni d’un cric. Il a crié à Saïd : "On va revenir tout casser"», assure Mouloud, la quarantaine, un employé du magasin de bricolage ayant assisté à la scène.
Moins de cinq minutes plus tard, trois jeunes hommes, identifiés après coup par la brigade criminelle comme étant le frère et les cousins du client, arrivent sur le parking de Batkor. Entre-temps, Saïd s’est réfugié à l’intérieur du magasin, mais en ressort, fou de rage, lorsque ses agresseurs jettent une énorme pierre sur sa chienne, lâchée lors de la première altercation, et restée, depuis, en liberté sur le parking. «Il était particulièrement attaché à sa chienne Diana», confie Abdelkader, son frère aîné, venu faire bloc devant les caméras avec des membres de cette famille d’origine marocaine.
«Après un nouvel échange de coups, Saïd s’enfuit sur le chemin de halage longeant le canal de l’Ourcq, situé derrière le magasin Batkor. Le système de vidéosurveillance du magasin n’étant pas branché lors des incidents, et aucun témoin oculaire n’ayant affirmé, à ce jour, avoir assisté à la scène, les circonstances dans lesquelles Saïd s’est retrouvé dans le canal de l’Ourcq sont totalement inconnues», explique la procureure Sylvie Moisson. Le principal suspect a avoué à la police lors des auditions «avoir poursuivi Saïd». Mais dément formellement jusqu’ici l’avoir poussé volontairement dans l’Ourcq.
Passeport.«Je ne sais pas s’ils l’ont jeté dans l’eau, mais rien que le fait de le chasser avec autant de haine prouve bien qu’ils comptaient lui faire du mal», témoigne le frère de la victime. Les quatre agresseurs présumés de Saïd ont été retrouvés par la police moins d’une heure après l’agression, en raison de l’abandon de l’un de leurs véhicules contenant un passeport [tiens, la mention de la nationalité du passeport a disparu !!!]. Tous étaient connus de la police pour des faits de violence mineurs et d’usage de stupéfiants. Tard dans la soirée de vendredi, le juge des libertés et de la détention devait procéder aux débats sur un éventuel placement en détention provisoire.
Mercredi après-midi, soit presque vingt-quatre heures après les incidents, et peu de temps après le repêchage du corps du vigile, des rumeurs ont couru faisant état de propos antisémites tenus par Saïd à l’encontre du client. Celui-ci mentionne dans sa déposition que le vigile lui aurait empêché l’entrée dans le magasin au motif qu’il était juif. Aucun témoin présent sur les lieux n’authentifie cette version, et la procureure de Bobigny n’a retenu «aucun élément de nature à donner à ces faits une connotation raciste ou religieuse.» Un collègue de Saïd chez Batkor s’emporte : «Je peux vous assurer qu’il n’y a rien eu de raciste ni d’un côté ni de l’autre. C’est moche de salir sa mémoire ainsi.» Le grand rabbin de France, Gilles Bernheim, a adressé vendredi ses condoléances à la famille de la victime.
La chienne de Saïd, repêchée peu de temps après la noyade de son maître par la police, est restée longtemps assise au bord du canal de l’Ourcq.
meurtre, Racisme, Saïd Bahrarach
Mort de Saïd Bahrarach, vigile à Bobigny: l’impossible vérité
Par Allain Jules, 3/4/2010

Il y a de quoi douter de la justice quand on voit ce qui se passe avec la mort de cet homme de 36 ans sans histoire, marié et père d’un enfant de 3 ans. Tout à l’heure, je lisais une réaction où une personne disait que c’est une injustice qui risque de mettre le feu aux poudres dans la mesure où cette justice-là tend à minimiser le caractère réel de cette mort et/ou crime. Mort d’avoir fait son travail !

Ne dit-on pas souvent « à tout seigneur tout honneur » ? Alors, un pauvre vigile, personne n’en parle, aucun ministre ne se déplace etc. Saïd est mort apparemment de noyade et le parquet indique que « l’intention homicide n’était pas retenue, de même qu’aucun élément de nature à donner à ces faits une connotation raciste ou religieuse ». En réalité, comment ne peut-on pas se poser des questions après les déclarations de ses agresseurs.

On a donc appris cet après-midi que les 4 personnes incriminées sont incarcérées. Ces dernières prétendent avoir entendu des insultes antisémites mais, des témoins de la scène ont démenti leurs propos. Une défense un peu tirée sur les cheveux donc. Ensuite, les mêmes, avant qu’on ne retrouve le corps du vigile, prétendaient l’avoir vu traverser le canal de l’Ourcq. Avec autant de mensonges, comment peut-on estimer une seule seconde qu’ils n’ont pas tout bonnement précipité le malheureux dans le canal et le voir couler ? Et pourquoi, justement, le gilet de la victime peut-il se retrouver hors de l’eau s’il fuyait ? Et dire qu’il avait quand même un chien, il y a quelque chose qui laisse à penser qu’on l’a aspergé de gaz lacrymogène et pousser dans l’eau.

Oui, pour information aussi, on a retrouvé une bombe lacrymogène vide. Elle n’appartenait pas au…vigile. Non, à défaut, c’est un suicide. Il était tellement antisémite qu’il s’est jeté dans l’eau pour qu’on accuse les autres ? Mais, c’est trop beau pour être vrai. Même les policiers disent qu’il a « vraisemblablement été jeté dans l’eau » mais, le procureur de Bobigny, Sylvie Moisson, estime le contraire. D’où vient l’ordre de minimiser ce crime ?

Repose en paix Saïd et que ceux qui t’ont tué n’aient plus jamais la paix ici bas et là haut  !

France : Meurtre du Vigile de Bobigny
Pour une alliance arc-en-ciel en France


par René Naba | 03.04.10 | Paris
L’émotion légitime suscitée par le meurtre mercredi 31 mars d’un vigile d’origine arabe d’un grand magasin de bricolage de Bobigny, en Seine-Saint-Denis, par six jeunes de confession juive, et le traitement a minima de cette affaire sur le plan politico -médiatique qui s’en est ensuivi, devrait être l’occasion d’une prise de conscience salutaire quant à la nécessité d’une action concertée –et non sectorielle– de riposte à la culture du mépris et d’éviter ainsi de faire le jeu d’un pouvoir qui orchestre la division sociale pour asseoir sa pérennité
In limine litis, il importe de ne pas «racialiser» le problème, c’est à dire de le présenter comme un conflit bloc contre bloc, opposant juifs et arabes ou juifs et musulmans, mais de le poser en termes généraux et de maintenir le débat au niveau des principes, un événement de nature criminelle qui relève, en premier lieu, du droit commun et dans le cas d’espèce du Droit Pénal Général.
A nos détracteurs, suggérons des titres en contrechamps pour les inciter à la réflexion en leur proposant les titres suivants pour tester leur réactivité:
Six jeunes noirs agressent sauvagement un vigile à Neuilly
Ou bien
Six jeunes romanichels agressent sauvagement un vigile à Versailles
Ou encore
Six jeunes parisiens agressent sauvagement un vigile à Vaulx en Vélin
Ou enfin
Six jeunes musulmans agressent sauvagement un pauvre vigile juif
L’Affaire de Bobigny pose le problème politique et moral de la discrimination dans le domaine de la répression.
Ma crainte est que les Musulmans de France ne se laissent entraîner dans une surenchère communautariste et ne s’enferment dans un ghetto analogue à l’autre ghetto, alors qu’il importe de dépasser la logique binaire du «Halal» et du «Haram» et de mener le combat contre toutes les formes de discrimination et de racisme.
Que l’affaire de Bobigny, de même que les déclarations d’Eric Zemmour sur la proportion des Noirs et des Arabes trafiquants de drogues ou auparavant l’éviction du Préfet Bruno Guigue soient l’occasion d’une prise de conscience collective –et non sectorielle—de l’urgente nécessité d’une action concertée et globale de riposte à la culture du mépris. Et d’éviter ainsi de faire le jeu d’un pouvoir qui orchestre une division sociale pour asseoir sa pérennité, qui joue la précarité pour imposer le grand capital comme en témoigne le débat sur le bouclier fiscal dont le maintien dans un «Etat en faillite» pose le problème sinon de sa pertinence, à tout le moins des arrières pensées de ses promoteurs.
Sous la présidence de Nicolas Sarkozy, la France offre le spectacle d’une société fragmentée où chaque citoyen voit dans l’autre un adversaire, une société qui fonctionne sur un mode hémiplégique, apportant son lot de suspicion, d’antagonisme, de préjugés et de peurs.
Ne nous laissons pas abuser. Agissons pour une alliance blancs, noirs, arabes, latinos, asiatiques, chrétiens, musulmans, laïcs, une alliance arc-en-ciel regroupant sur une base politique aussi chômeurs en fin de droits, sans domicile fixe, sans emploi, salariés précaires, smicards ou rmistes, clandestins sans papiers, en un mot tous ceux qui patissent de l’injustice et de l’oppression, une alliance plus crédible politiquement et plus attractive, une alliance sur le modèle de la glorieuse Tricontinentale, le fer de lance de la lutte contre l’hégémonie capitaliste à l’époque de la guerre froide soviéto-américaine.
  Évitons de nous enfermer dans l’équation «Chrétien Occident versus Islam obscurantisme et barbarie» vers laquelle leurs adversaires veulent les entraîner.
D’importantes échéances électorales sont en vue. Le temps des jérémiades est fini, voici venu le temps de l’action.

lundi 13 juillet 2009

La martyre du foulard: l'assassinat de Marwa El Sherbini dans un tribunal allemand déclenche la fureur en Égypte

par Kate Connolly, à Berlin et Jack Shenker au Caire, The Guardian, 7/7/2009
Traduit par Fausto Giudice,
Tlaxcala
Original : The headscarf martyr: murder in German court sparks Egyptian fury
Deutsch: Die Kopftuch-Märtyrerin: Mord in deutschem Gericht verursacht Empörung in Ägypten

• Une femme a été assassinée de 18 coups de couteau en plein tribunal à Dresde
• L’indignation devant la faible couverture médiatique en Allemagne alimente les protestations


L’Égyptienne Marwa El Sherbini et son mari Ali Elvi Okaz. Photograph: EPA Photo: EPA

C’était alors que Marwa El Sherbini témoignait à la barre, rappelant comment le prévenu l’avait insultée parce qu’elle portait le hijab, après qu'elle lui avait demandé de laisser son fils s’asseoir sur une balançoire, l'été dernier, que l’ homme a traversé la salle du tribunal de Dresde et lui a asséné 18 coups de couteau.

Marwa s’est écroulée à terre sous les yeux terrifiés de son fils de 3 ans Mustafa.

Même son mari, Ali Elvi Okaz n’a rien pu faire lorsque le contrôleur de stocks russe de 28 ans poursuivi pour insultes et abus a pris la vie de sa femme enceinte. Alors qu’Okaz se précipitait pour lui porter secours, il a été abattu par un agent de police qui l’avait pris pour l’agresseur. Il est actuellement en soins intensifs dans un hôpital de Dresde.

Alors que l’horrible incident qui a eu lieu le 1er juillet, a reçu peu de publicité en Europe, et qu’en Allemagne on a mis davantage l'accent sur les questions touchant à la sécurité dans les tribunaux que sur les motivations racistes de l'attaque, à 3200 km de là, dans son pays natal, l'Egypte, la pharmacienne de 32 ans a été nommée la «martyre du foulard".


Elle est devenue un symbole national de la persécution pour un nombre croissant de manifestants, qui sont descendus dans la rue pour protester contre ce qu’ils perçoivent comme une croissance de l'islamophobie en Occident. Les funérailles de Sherbini ont eu lieu dans sa ville natale, Alexandrie, le lundi 6 juillet, en présence de milliers de personnes endeuillées et de personnages du gouvernement. Il est prévu de donner son nom à une rue.


Sherbini, une ancienne championne nationale de handball, et Okaz, un ingénieur en génie génétique sur le point de présenter sa thèse de doctorat, vivaient en Allemagne depuis 2003, et d’après ce que l’on sait, ils prévoyaient de retourner en Égypte à la fin de l'année. Ils attendaient un deuxième enfant pour janvier prochain.

Alex W., un chômeur originaire de Perm en Russie, avait été reconnu en novembre dernier coupable d'outrage et d’abus contre Sherbini, pour lui avoir crié «terroriste» et «pute islamiste ", lors de la rencontre dans un parc de Dresde. Il avait été condamné à une amende de 780 € mais avait fait appel du verdict, raison pour laquelle il s’est de nouveau trouvé face à Sherbini au tribunal.

Alors qu’il Alors qu’il avait exprimé clairement ses sentiments anti-musulmans, la sécurité n’a pas été renforcée et des questions demeurent quant aux raisons pour lesquelles il a été autorisé à porter un couteau dans la salle d'audience.



Les personnes en colère qui ont suivi les funérailles de Marwa à Alexandrie ont accusé l’Allemagne de racisme, criant des slogans comme «les Allemands sont les ennemis de Dieu" et le Grand Mufti d’Égypte Mohamed Sayyid Tantaoui a demandé à la justice allemande de punir sévèrement Alex W.


"La colère est forte", a déclaré Joseph Mayton, rédacteur du site web d'informations de langue anglaise Bikya Masr. "Jamais depuis que l'Égypte avait remporté la Coupe d’Afrique [de football], les Égyptiens ne s’étaient retrouvés unis sous une bannière commune".

En Allemagne, le gouvernement d'Angela Merkel a été vivement critiqué pour la mollesse de sa réaction au premier assassinat islamophobe dans l’histoire du pays. Les secrétaires généraux du Conseil central des Juifs d’Allemagne et le Conseil central des musulmans, Stephen Kramer et Aiman Mazyek, qui se sont rendus ensemble lundi au chevet du mari de Sherbini qui a fait lundi une visite conjointe à l'Sherbini chevet de son mari, ont parlé des réactions «inexplicablement rares" de la part des médias et des politiciens .

Ils ont dit que même si le caractère raciste du meurtre est hors de question, le débat en Allemagne s’est concentré davantage sur la question de l'absence de sécurité dans la salle d'audience. "Je pense que les faits parlent d'eux-mêmes», a déclaré Kramer.

Le porte-parole adjoint du gouvernement Thomas Steg rejeté la critique, disant qu’on n’en savait pas encore assez sur les détails de l'incident.

"Dans ce cas concret, nous nous sommes retenus de faire une déclaration parce que les circonstances ne sont pas suffisamment claires pour permettre une réponse politique large ", a-t-il dit, ajoutant: «S’ils ‘avérait qu’il s’agissait bien d’un acte xénophobe et raciste, [le gouvernement] le condamnerait dans les termes les plus vigoureux possibles ".

Alors que des centaines d'Arabes et de Musulmans manifestaient en Allemagne, et que des observateurs faisaient des comparaisons avec l’affaire des caricatures danoises, des représentants du gouvernement égyptien à Berlin ont déclaré qu'il était important de garder l'incident en perspective.

«C’était un incident criminel, mais cela ne signifie pas qu’on assiste à une persécution populaire des musulmans est en place», a dit Magdi El Sayed, le porte-parole de l'ambassade d'Égypte à Berlin.

Mais comme il s'est produit quelques jours seulement après que Nicolas Sarkozy avait prononcé un important discours de politique générale dénonçant la burqa, de nombreux Égyptiens pensent que la mort de Sherbini s’inscrit dans une tendance plus générale à l'intolérance envers les musulmans en Europe.

L'ambassade d'Allemagne au Caire a cherché à calmer le jeu, en organisant une visite de condoléances de l'ambassadeur à la famille de la victime en publiant une déclaration insistant sur le fait que l'attentat ne reflète pas le sentiment général des Allemands envers les Égyptiens.

Des protestataires ont lancé des appels répétés à manifester devant l'ambassade d'Allemagne au Caire. Le Syndicat des pharmaciens égyptiens a dit qu'il envisage une semaine de boycott des médicaments allemands.

Le frère de la victime, Tarek El Sherbini, hôte d’un talk show populaire, a qualifié l’Allemagne de pays "froid". Des pontes médiatiques, comme Abdel Azeem Hamad, rédacteur en chef du quotidien AshShorouk, ont attribué le désintérêt des médias occidentaux pour cette affaire au racisme, faisant valoir que si Sherbini avait été juive, elle aurait reçu beaucoup plus d'attention.

Les hommes politiques en Egypte cherchent à chevaucher la vague de fond des sentiments populaires. Mais certains commentateurs ont critiqué la réaction à l'assassinat comme une diversion pour le régime impopulaire du président Hosni Mubarak, qui fait face en ce moment actuellement à une vague de grèves et sit-ins.

"La tragédie de Marwa El Sherbini est réelle, comme l’est le racisme anti-arabe, en Europe et ailleurs, mais ... sa mort a été utilisée pour canaliser le ressentiment contre l’Occident, dans le style des caricatures danoises", écrit le célèbre blogueur The Arabist.