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jeudi 10 mars 2016

L’olio di oliva tunisino e la guerra neocoloniale in Libia
L'huile d'olive tunisienne et la guerre néocoloniale en Libye
El aceite de oliva tunecino y la guerra neocolonial en Libia

Annamaria Rivera
L’olio di oliva tunisino e la guerra neocoloniale in Libia -
Strani sussulti d’interesse per la sorte della Tunisia vanno manifestandosi da qualche tempo in alcuni ambienti italiani e sul versante dell’Unione europea. Il 25 febbraio scorso, il Parlamento europeo ha approvato una risoluzione per l’aumento delle quote di esportazione dell’olio d’oliva tunisino verso il mercato dell’UE, “al fine di sostenere la ripresa della Tunisia dall’attuale periodo di difficoltà”.
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L'huile d'olive tunisienne et la guerre néocoloniale en Libye - 
Des étranges élans d'intérêt pour le sort de la Tunisie se manifestent depuis un certain temps dans certains milieux italiens et du côté de l'Union européenne. Le 25 février, le Parlement européen a approuvé une résolution en faveur de l'augmentation des quotas d'importation d'huile d'olive tunisienne sur le marché de l'UE, "afin de soutenir la reprise de la Tunisie dans l'actuelle période difficile ".
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El aceite de oliva tunecino y la guerra neocolonial en Libia -  Los extraños impulsos de interés por la suerte de Túnez se manifiestan desde hace algún tiempo en algunos círculos italianos y del lado de la Unión Europea. El 25 de febrero, el Parlamento Europeo aprobó una resolución en favor del  aumento de las cuotas de importación del aceite de oliva tunecino en el mercado de la UE, « con objeto de asistir a la economía tunecina, muy golpeada por los ataques terroristas de 2015».Leer más 

samedi 22 octobre 2011

Grèce : dépression, suicides, stups et prostitution, effets de leur crise

La Grèce sous impact
par Hu Xiaoyan,  CNTV.CN, 13/10/2011
La crise de la dette en Grèce n'affecte pas seulement le secteur financier. Selon une étude réalisée par des chercheurs de Cambridge au Royaume-Uni, des problèmes sociaux, tels que la dépression, les suicides, l'usage de stupéfiants et la prostitution, doivent aussi faire l'objet d'une certaine attention.
Avec le chômage en croissance et l'économie en dégradation, certains Grecs recourent aux stupéfiants pour en faire face. Les salaires ont été réduits, ainsi que le budget pour les soins médicaux. Certains ne peuvent même pas payer leur médecin. Ce rapport, publié lundi au journal médical The Lancet, indique que les suicides ont augmenté de 17% en Grèce de 2007 à 2009. Ce taux est encore plus élevé si l'on regarde les chiffres non officiels du parlement du pays.
Alexander Kentikelenis
Etudiant-chercheur
Université de Cambridge
"Nous avons vu un rapport du ministère de la Santé, qui indique que les suicides ont augmenté de 25% en 2010 et de 40% pendant les 6 premiers mois de 2011. C'est très étonnant. Nous devons l'attribuer au changement économique très rapide, la récession. Des rapports précédents ont déjà montré que la récession aura un effet négatif sur la santé publique."
Selon M. Kentikelenis, un service téléphonique d'aide en Grèce avoue que 25% d'utilisateurs comptent se suicider en raison de la mauvaise économie. Il a d'ailleurs souligné que le taux d'infection au VIH avait augmenté de 50%. Presque la moitié des nouveaux séropositifs sont infectés à cause de l'usage de drogue. Le gouvernement grec a dû réduire le budget pour les soins médicaux, ce qui a aussi causé des inquiétudes concernant l'offre de médicaments. L'usage de l'héroïne a augmenté de 20% en 2009. Un tiers des programmes d'aide pour les toxicomanes ont été annulés en 2009 et en 2010, faute de budget. Certains vont plus loin pour rentrer dans ces programmes plus vite : ils s'infectent à dessein.
Andreas Loverdos
Ministre de la Santé
"Notre pays fait face à une grande crise financière. Mais aussi, il y a un défi pour fournir les soins médicaux. L'accès aux soins médicaux est très limité dans le système de santé du pays, ce qui ne doit pas avoir lieu."
M. Loverdos a indiqué que le ministre de la Santé avait réduit le temps nécessaire pour s'inscrire aux centres de réhabilitation, et a aussi sécurisé le financement de l'offre en médicaments dans son prochain budget, malgré la crise des dettes.
Les responsables du ministère ne veulent pas confirmer le nombre de suicides, mais ils ont annoncé que certains programmes pour aider les gens en dépression étaient déjà en préparation.
Markos Bolaris
Vice-ministre de la Santé
"Nous allons former des pharmaciens, des infirmières, des notaires, des juges, des avocats qui peuvent déterminer certains problèmes spécifiques quand on leur rend visite. Ils peuvent ensuite contacter les services sociaux ou les centres de santé, afin d'aider les gens en dépression à temps. "
Les responsables indiquent que davantage de gens ont perdu leur foyer. La municipalité d'Athènes avoue que le nombre de sans-foyers a augmenté de 25% ces 2 dernières années. Psychologue basé à Athènes, George Bouras, 38 ans, qui travaille dans la clinique de psychologie de l'hôpital d'Attikon, indique que la santé mentale des Grecs est affectée par beaucoup de problèmes en raison de la crise économique.
Géorge Bouras
Psychologue à Athènes
"En ces temps de crise, nous avons vu davantage de gens qui souffrent de problèmes psychologiques, et ils cherchent de l'aide et du soutien. Certains connaissent une aggravation des symptômes qu'ils présentent déjà et d'autres souffrent d'une grande dépression à cause des problèmes financiers."
Des mesures d'austérité ont déjà été mises en place par le gouvernement grec, le but étant d'atténuer les faillites, mais ces mesures ont aussi d'autres conséquences telles que le chômage, dont le taux s'élève déjà à 16%. Des dizaines de milliers de commerces ont dû également fermer faute de financement.

vendredi 20 mai 2011

Le sursaut de la gauche italienne et nos Bouazizi ignorés

par Annamaria Rivera, 19/5/2011.Traduit par  Fausto Giudice, Tlaxcala

 
 Je le sais, alors qu’en Italie on ne discute plus d’autre chose que des résultats électoraux et des  prochains ballottages, il est incongru, et peut-être même dérangeant et impopulaire, d’évoquer les suicides de protestation. Et pourtant, à y regarder de plus près, il y a bien un lien entre le déclin du berlusconisme, le sursaut de la gauche et ce phénomène en apparence secondaire. Mais tout d’abord : avez-vous jamais entendu parler de Noureddine Adnane ? Et de Penda Kebe ou de  Georg Semir ? Probablement pas. Mais en revanche vous connaissez certainement les noms de Jan Palach et de Mohamed Bouazizi. Le premier était un héros et martyr du Printemps de Prague, le second, de la révolution tunisienne en cours.
Palach et Bouazizi ont en commun le fait de s’être immolés par le feu pour protester contre des régimes oppressifs et despotiques. Dans les deux cas, les flammes qui ont détruit leur vie ont servi à allumer l’incendie du soulèvement populaire. Tout comme en 1963, à Saigon, au Sud-Vietnam, les suicides de bonzes bouddhistes avaient allumé la mèche de la révolte contre le régime autoritaire et intolérant de Ngo Dinh Diem, puis, plus tard, contre la guerre d’agression US.

 
Les suicides de protestation de migrants en Italie n’ont en revanche déclenché aucune révolte ou révolution. Penda Kébé, que j’ai eu le privilège de connaître, était une splendide femme sénégalaise, mère de cinq enfants, militante infatigable des droits des migrants. Elle vivait à Brescia depuis 1996. Le 7 décembre 2007, à Rome, durant la visite du président sénégalais Abdoulaye Wade, elle s’immole par le feu sur la place du Campidoglio. C’est un acte extrême de révolte contre les discriminations et les abus subis, et contre les autorités de son pays. L’été précédent, elle avait été arrêtée par la police italienne à l’intérieur du consulat sénégalais de Milan : elle réclamait des procédures de délivrance de passeports plus rapides et plus transparentes pour ses compatriotes. Elle meurt le 30 décembre après vingt-trois jours d’agonie.
 
Plus récemment, le 16 mars 2011, Georg Semir, un citoyen albanais de 33 ans, père de deux enfants, résidant en Italie depuis quelques années, s’immole par le feu au centre de Vittoria, dans la province de Ragusa, en Sicile, face au théâtre municipal.Il subvenait aux besoins de sa famille en travaillant comme ouvrier agricole dans les serres : un travail dur et mal payé que les locaux ne sont plus disposés à faire. Pire encore : il travaillait dans des conditions serviles et ne touchait plus de salaire depuis plusieurs mois. Il meurt le 26 mars, après dix jours d’agonie. Cet acte désespéré de protestation contre un patron n’aura aucun écho, pas même médiatique.
Mais comparons dans les détails les deux cas les plus similaires, dont l’un est devenu célèbre et l’autre est resté un simple fait divers, mineur, minime même. Les analogies entre les deux événements sont aussi impressionnantes que l’asymétrie de leurs retombées.
 
 
Mohamed Bouazizi, citoyen tunisien de 26 ans, vit à Sidi Bouzid, un gros bourg agricole, chef-lieu d’une région abandonnée à la marginalité et au sous-développement. Quoique diplômé, il est obligé de faire le vendeur ambulant et abusif de fruits et légumes, pour subvenir aux besoins de sa mère et de ses six frères et sœurs. Brimé par la police municipale, mis à l’amende, giflé par une auxiliaire de police,, repoussé par les autorités alors qu’il tente de se faire recevoir pour dénoncer les abus subis, il s’immole par le feu le 17 décembre 2010. Il meurt après 17 jours d’agonie le 3 janvier 2011. La révolution éclate en Tunisie. Le 14 janvier, Ben Ali est forcé d’abandonner le pouvoir et le pays.
 

 
Noureddine Adnane, citoyen marocain de  27 ans, de Ben Ahmed, bourg agricole de la région de Settat, pauvre et dépeuplée par l’émigration, décide d’émigrer à 18 ans : il arrive à Palerme 2002. Il fait le vendeur ambulant pour faire vivre ses parents et ses sept frères et sœurs. Bien qu’il ait tous ses papiers en règle, du permis de séjour au permis de vente ambulante, il est en permanence brimé, soumis à des amendes, peut-être même racketté par les policiers municipaux. Après l’énième amende, le 10 février 2011, il s’asperge d’essence et s’immole. Il meurt le 19 février, après neuf jours d’agonie. Aucune révolution n’éclate en Italie, pas même une petite révolte locale. Et comment cela serait-il possible ? La vie d’un immigré, pauvre de surcroit, compte pour du beurre. Le suicide d’Adnane ne lui vaudra pas de prendre place dans les rangs des martyrs comme Bouazizi. Il ne servira pas à ébranler la conscience des citoyens italiens, en leur faisant prendre conscience des discriminations et humiliations subies par les migrants et des abus qu’eux-mêmes subissent de la part  de certains tyranneaux, qu’ils soient en uniforme ou non.
 
Pour conclure et à propos de sursaut de la gauche : sous le dernier gouvernement Prodi, j’avais proposé aux ministres compétents un projet de musée national de l’immigration. Un musée non pas embaumé mais interactif, à développer à partir d’une installation qui aurait informé, minute par minute, des victimes de la Forteresse Europe et de l’exploitation du travail des migrants. Inutile de préciser que le projet n’eut pas d’écho. Maintenant que le destin semble sourire de nouveau à la gauche, je vous pose la question : pourquoi ne pas relancer ce projet, à partir d’un monument qui rappelle le sacrifice de Noureddine Adnane, notre Bouazizi? Cela pourrait en plus être de bon augure pour le sort de notre deuxième Libération.