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mercredi 5 décembre 2012

Morsi a mis l'Égypte au bord du gouffre

 Traduit par Fausto Giudice, Tlaxcala
Directeur général de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) de décembre 1997 à novembre 2009,  Mohamed El Baradei préside aujourd'hui le parti égyptien Al-Dostour (Constitution) et est le coordinateur du Front National de Salut.

C'est vendredi soir sur la place Tahrir. L'odeur de gaz lacrymogène flotte dans l'air. Nous avons effectué trois marches de protestation en une semaine, et beaucoup de gens sont s'installent pour passer la nuit. Je me demande : "Après 23 mois de lutte pour instaurer la démocratie en Égypte, est-ce là le mieux que nous puissions faire? Un président revendiquant des pouvoirs dictatoriaux. Un parlement plein d' islamistes. Et un projet de constitution, ficelé à la hâte, sans protections de base pour les femmes, les chrétiens et tous les Égyptiens? "
Qu'est-ce qui a mal tourné? L'armée, soucieuse de protéger ses avantages et d'éviter les poursuites, a bâclé la transition post-révolutionnaire. Elle a permis aux Frères musulmans, désireux de profiter de leur organisation sur le terrain de 80 ans, de précipiter les élections législatives. Le résultat fut une victoire écrasante pour les islamistes, bien au-delà de leur base réelle de pouvoir. La Cour constitutionnelle, après examen, a dissous ce parlement non-représentatif

Une bagarre politique s'ensuivit, entre le nouveau président et la junte militaire, pour savoir qui aurait le pouvoir suprême. Le président a décroché une victoire par KO, déclenchant un coup d'État soft contre les généraux et ajoutant le pouvoir législatif à son rôle exécutif. Sa dernière déclaration péremptoire neutralisait l'appareil judiciaire et interdisait toute possibilité de révision de ses décrets. Le pouvoir de Mohamed Morsi dépasse maintenant celui d'Hosni Moubarak à l'apogée de sa dictature.

Pendant ce temps les Frères avaient bourré l'assemblée constituante, chargée de rédiger un projet de nouvelle constitution, d' islamistes. En signe de protestation, les représentants des partis libéraux, des minorités et d'autres factions de la société civile se sont retirés. L'assemblée a, depuis, produit un document qui viole la liberté de religion et la liberté d'expression, et exclut toute possibilité de contrôler le pouvoir exécutif. L'assemblée fait également pression pour permettre aux institutions religieuses de contester le pouvoir judiciaire.

Et voilà pourquoi nous sommes de retour sur la place Tahrir. La situation est volatile: une Égypte profondément divisée entre les islamistes et le reste du pays, ouvrant la porte à des scénarios du type intervention de l'armée, révolte des pauvres, ou même guerre civile. La peur saisit la majorité des Égyptiens, qui veulent une vraie démocratie plutôt que d'un Etat théocratique. Le pouvoir judiciaire s'est mis en grève. Les jeunes qui ont mené la révolution sont déterminés: ils n'ont pas pris des risques et fait des sacrifices - y compris de leurs vies – pour échanger une dictature laïque contre une tyrannie religieuse. Leur combat visait, et vise, à apporter la liberté et la dignité au peuple égyptien.
 
Les opposants au président Morsi étaient également rassemblés sur la place Tahrir du Caire, symbole de la révolte contre Hosni Moubarak.

 
Le pays est menacé par quatre bombes à retardement qui ont émergé sous la direction de l'armée et maintenant des Frères. Notre économie est en chute libre : au rythme actuel, nous serons en défaut de paiement dans six mois, surtout si la récente instabilité compromet un prêt du Fonds monétaire international. La loi et l'ordre restent insaisissables, et l'impact sur le tourisme et l'investissement étranger est sévère. Le nord du Sinaï se transforme en un champ de bataille, menacé par des groupes jihadistes venus d'Afghanistan et d'ailleurs. Et maintenant, avec le tumulte autour du projet de constitution, le pays est dangereusement polarisé.

Presque tous les partis non-islamistes se sont unis en un "Front de salut national", me désignant comme coordinateur. Ironie du sort, les révolutionnaires qui s'étaient débarrassés de M. Moubarak sont désormais soutenus par des membres de son ancien parti, unis dans l'opposition au nébuleux «projet islamique» que M. Morsi et ses partisans veulent réaliser pour notre pays.

Nous pressons M. Morsi d'annuler son dernier décret draconien et taillé sur mesure, qui a été condamnée par les Nations Unies, de nombreux gouvernements et groupes de droits civils internationaux. Nous rejetons le projet de constitution comme illégitime et exhortons le président à ne pas le soumettre à référendum. Nous appelons les Frères à entamer un dialogue avec tous les partis sur la façon de relever les défis redoutables de l'Égypte, et à se mettre d'accord sur une nouvelle assemblée constituante représentative qui rédige une constitution digne d'une démocratie. Dans le cas contraire, nous avancerons en terrain inconnu.
Il y a près de deux ans l'Égypte s'est réveillée. De manière incroyable, le président Morsi et les Frères croient pouvoir, en quelques coups de plume, nous replonger dans un état comateux. Cela n'arrivera pas. S'ils continuent leur tentative, ils risquent une éruption de violence et un chaos qui détruiront le tissu de la société égyptienne.

vendredi 26 octobre 2012

Ça y est, workshop19, atelier tunisien de création, existe !

éditions workshop19       
ATELIER TUNISIEN DE CRÉATION
 

دار النشر وَرْشة19
الورشة التونسية للابداع

couv tahrir site
En vente dans toutes les bonnes librairies en Tunisie, France, Belgique et Suisse !
Disponible aussi sur Amazon.fr et Fnac.com

Diffusion-distribution Tunisie: SOTUPRESSE 
Tél. 71 322 499

Diffusion France Belgique Suisse : L'Oiseau Indigo
Distribution France-Belgique : Pollen littéral
Distribution Suisse : Servidis
Format 15x23   260 pages
ISBN 978-9938-862-00-3      N° éditeur 862

Prix public : 20 DT  20 € 25 CHF

Écrit par W19, 24/10/2012
Fausto Giudice, Tunis, 21 octobre 2012 - Ça y est, workshop19 existe ! Il aura fallu un an pour que ce projet devienne une réalité, avec la publication de notre premier livre. La réalisation de ce projet a coûté beaucoup de sang, de larmes et de sueur, mais nous y sommes arrivés. Paraphrasant Napoléon, on pourrait dire : " المستحيل موش كلمة تونسية " [al mosta7il mouch kilma tounssiya-Impossible n'est pas un mot tunisien].
Le 5 janvier 2011, alors que je vivais encore en France, j'ai su que Ben Ali n'en avait plus pour longtemps, lorsque j'ai appris qu'au lendemain de la mort de Mohamed Bouazizi, date de la rentrée scolaire et universitaire, les élèves et étudiants se mettaient en grève aux quatre coins du pays. Je me suis donc préparé à retourner dans le pays où j'avais grandi, et où je n'avais pu mettre les pieds durant les 23 ans de la dictature.

En revenant à Tunis, j'ai découvert au fil des mois une société en pleine effervescence et atteinte de graves maladies. Parmi ces maladies, la plus sérieuse me paraît être l'ignorance. Une ignorance cultivée et entretenue par le pouvoir pendant des décennies.

Le livre est un des outils permettant de combattre l'ignorance. Le grand poète espagnol Federico García Lorca a exprimé cela mieux que je ne le saurais faire. Voici ce qu'il déclara dans son discours d’inauguration de la bibliothèque publique de sa ville natale, Fuente de Vaqueros (Grenade) en septembre 1931 :

 
Quand quelqu’un va au théâtre, à un concert ou à une fête quelle qu’elle soit, si le spectacle lui plaît il évoque tout de suite ses proches absents et s’en désole : « Comme cela plairait à ma sœur, à mon père ! » pensera-t-il et il ne profitera dès lors du spectacle qu’avec une légère mélancolie. C’est cette mélancolie que je ressens, non pour les membres de ma famille, ce qui serait mesquin, mais pour tous les êtres qui, par manque de moyens et à cause de leur propre malheur ne profitent pas du suprême bien qu’est la beauté, la beauté qui est vie, bonté, sérénité et passion.
C’est pour cela que je n’ai jamais de livres. A peine en ai-je acheté un, que je l’offre. J’en ai donné une infinité. Et c’est pour cela que c’est un honneur pour moi d’être ici, heureux d’inaugurer cette bibliothèque du peuple, la première sûrement de toute la province de Grenade.
L’homme ne vit pas que de pain. Moi, si j’avais faim et me trouvais démuni dans la rue, je ne demanderais pas un pain mais un demi-pain et un livre. Et depuis ce lieu où nous sommes, j’attaque violemment ceux qui ne parlent que revendications économiques sans jamais parler de revendications culturelles : ce sont celles-ci que les peuples réclament à grands cris. Que tous les hommes mangent est une bonne chose, mais il faut que tous les hommes accèdent au savoir, qu’ils profitent de tous les fruits de l’esprit humain car le contraire reviendrait à les transformer en machines au service de l’État, à les transformer en esclaves d’une terrible organisation sociale.
J’ai beaucoup plus de peine pour un homme qui veut accéder au savoir et ne le peut pas que pour un homme qui a faim. Parce qu’un homme qui a faim peut calmer facilement sa faim avec un morceau de pain ou des fruits. Mais un homme qui a soif d’apprendre et n’en a pas les moyens souffre d’une terrible agonie parce que c’est de livres, de livres, de beaucoup de livres dont il a besoin, et où sont ces livres ?
Des livres ! Des livres ! Voilà un mot magique qui équivaut à clamer : « Amour, amour », et que devraient demander les peuples tout comme ils demandent du pain ou désirent la pluie pour leur semis.
Quand le célèbre écrivain russe Fédor Dostoïevski - père de la révolution russe bien davantage que Lénine - était prisonnier en Sibérie, retranché du monde, entre quatre murs, cerné par les plaines désolées, enneigées, il demandait secours par courrier à sa famille éloignée, ne disant que : « Envoyez-moi des livres, des livres, beaucoup de livres pour que mon âme ne meure pas ! ». Il avait froid ; ne demandait pas le feu, il avait une terrible soif, ne demandait pas d’eau, il demandait des livres, c’est-à-dire des horizons, c’est-à-dire des marches pour gravir la cime de l’esprit et du cœur. Parce que l’agonie physique, - biologique, naturelle d’un corps, à cause de la faim, de la soif ou du froid, dure peu, très peu, mais l’agonie de l’âme insatisfaite dure toute la vie.
Le grand Menéndez Pidal - l’un des véritables plus grands sages d’Europe -, l’a déjà dit : « La devise de la République doit être la culture ». la culture, parce que ce n’est qu’à travers elle que peuvent se résoudre les problèmes auxquels se confronte aujourd’hui le peuple plein de foi mais privé de lumière.

vendredi 23 décembre 2011

مصر: الي ثوار الميدان ..وثوار الرأي العام Égypte-Aux révolutionnaires de la Place Tahrir, à ceux qui font la Une des médias : lettre de prison


À tous ceux qui ont scandé le slogan « Liberté, Dignité, Justice » le 25 janvier, jour où les principes révolutionnaires ont été consacrés pour éclairer les peuples du monde dans leur lutte pour les valeurs de justice, de démocratie et des droits humains.

A l’aube du 25 janvier, les premiers rayons de la liberté et de la dignité ont propagé la lumière de la révolution aux quatre coins de l’Égypte, poussant la jeunesse du printemps égyptien envahir les places.

Ce jour-là, je n’étais pas au Caire mais à Hurghada, où je réside avec ma femme. La première image télévisée que j’ai vue m’a incité et inspiré. Je me suis précipité dehors pour respirer le parfum de la liberté. Ma famille habite Le Caire, au croisement des rues Al Falaky et Mohamed Mahmoud. J'ai communiqué avec mes parents et ma sœur pour avoir des nouvelles jusqu’à ce que je puisse venir les rejoindre.

J’ai fait ma valise et je me suis donc rendu au Caire. En chemin, j’ai senti que toute l’Égypte m’accompagnait vers la place Tahrir. Je m’en suis remis à Dieu car le martyre , pour le bien-être de la nation, pour la justice et la liberté, était mon souhait ultime. J’ai intégré les rangs des activistes qui travaillaient comme un essaim d’abeilles. Sur la place Tahrir, les uns assuraient la sécurité, les autres l’hygiène, d’autres encore l’installation des tentes. J’ai retrouvé mes anciens amis de l’Université, ceux de la troupe de théatre et des randonnées. Après de longues discussions, nous avons décidé de fonder un musée commémoratif la révolution en cours, alimenté par les événements quotidiens, avec des banderoles de slogans, des projectiles, des reliques de martyrs, des caricatures. Un journal mural s’est ajouté au musée, annonçant les événements sur la place, faisant 4 mètres de long et protégé de la pluie par du plastique transparent.

À côté de ce journal mural se trouvait une équipe chargée d’informer, d’expliquer les principes fondamentaux de la révolution et de conscientiser. L’équipe s’est étoffée de nouveaux membres. Une tente a été installée pour regrouper le musée, le journal mural, un point d’information et un lieu de réunion.

La tente est devenue un centre d’information perfectionné et un lieu d’hébergement de nouveaux venus sur la place, d’autant plus qu’un espace a été réservé aux femmes, un autre aux familles de martyrs. Nous nous sommes réunis avec des personnalités publiques, dont certaines ont fourni une assistance matérielle – tapis, couvertures, chaises, papier et tout ce qui était requis pour les activités sous la tente.

Moubarak a été renversé et le Conseil supérieur des forces armées (CSFA) a pris la suite.
 

Après l’attaque sanguinaire des forces de sécurité agissant pour sauver l'ancien régime -attaque qui a fait des milliers de martyrs et de blessés- les événements ont pris une nouvelle tournure. Nous avons inauguré une nouvelle étape à l’enseigne de la lutte politique. Une bataille d’un nouveau genre a commencé. Toutes les forces politiques ont réintégré leurs locaux pour y tenir des réunions afin de se répartir le butin politique. Et ce, sans égard pour les revendications des groupes et des indépendants qui voulaient poursuivre le processus révolutionnaire avec pour seul but de réaliser ses objectifs dans le cadre de l’unification des forces, mouvements et alliances constitués pendant les premiers jours de la révolution.


J’ai ainsi décidé de réunir un certain nombre d’indépendants pour rester sur la place et continuer à réclamer la réalisation des objectifs de la révolution. On avait l'impression d'être sur le Djebel Ouhoud*, car la confrérie des Frères musulmans a largement conspiré contre les indépendants et les forces citoyennes en faisant alliance avec le CSFA . Au point de conduire certains à considérer les FM comme le bras politique du CSFA, notamment après la nomination de l’un de leurs cadres le Dr Tarek El Bechri, personnage emblématique de l’islamisme, comme président de la Commission de révision de la Constitution.


La Confrérie a connu une forte expansion, à croire qu’elle tenait les rênes du pouvoir. Il ne fallait surtout pas qu’une autre force émerge à leurs côtés ni que quiconque d’autre apparaisse comme leader ! Tout dans sa conduite visait à la faire apparaître comme force dirigeante de la révolution, en écartant les vrais protagonistes. Après la démission du gouvernement d’Ahmed Chafik, Essam Sharef, son successeur, est venu place Tahrir, porté en triomphe. Il est monté à la tribune. Les occupants de la place ont émis, depuis la tente, un premier communiqué déclarant notamment : « Malgré notre respect pour la personne d’Essam Sharef, la plupart des présents sur la place ne savent pas qui il est et veulent connaître son programme, sa ligne politique et les prérogatives dont il est investi ». Nous avons donc continué l'occupation.


La veille du 9 mars, la place a été attaquée et les occupants ont été expulsés de la place par la force. Plus d’une centaine de personne ont été arrêtées, dont dix-sept filles. Les familles des détenus ont réinvesti la place, en cherchant le moyen de faire libérer les leurs. Une commission juridique fut créée pour les défendre. Nous avons transféré le centre d'information de la place au café de la Bourse. Nous avons également constitué une équipe chargée de la sensibilisation sur les risques du référendum. Notre but était de démontrer que la légitimité populaire avait renversé la légalité constitutionnelle et qu'une simple révision de la constitution pourrait conduire le pays dans un gouffre.


Le 1er avril, nous avons organisé un tribunal populaire pour juger Moubarak, en présence des familles de martyrs et de quelques personnalités politiques, exceptés des Frères musulmans. Ces derniers ont justifié leur absence par leur mobilisation pour la Journée de l’Orphelin. La date du verdict a été fixée au 8 avril.


Le mardi 5 avril, nous avons eu la surprise d’apprendre que des réunions étaient en train de s’organiser pour refaire le procès, en présence cette fois-ci des Frères musulmans et de leurs partisans au sein de la Ligue de coordination de la révolution. Nous avons été invités au siège du Syndicat des journalistes, où s’est tenue la conférence de presse. Pendant la conférence, nous avons été empêchés de prendre la parole, nous nous sommes donc retirés en signe de protestation.


La volonté des Frères musulmans de dominer, d’exclure les adversaires et de récolter les gains politiques était claire. Des membres de la Ligue de coordination de la révolution ont toutefois essayé , lors d’une réunion à Groppi, de s'accorder avec nous sur les détails du programme de la journée du 8 avril et les lignes générales du nouveau procès ont été tracées. Il fut alors convenu que les familles de martyrs recevraient l’hommage qu’elles méritaient.


Le matin du vendredi 8 avril, ces personnes ont nié tout accord et pris le contrôle de la tribune avec leur service d’ordre, empêchant les familles des martyrs d’y accéder. Après des discussions virulentes, nous sommes parvenus à monter sur la tribune avec quelques familles de martyrs.  Les Frères musulmans, craignant que les choses ne leur échappent, ont alors commencé à répandre des rumeurs et des accusations, notamment que moi et d’autres avions des intérêts personnels, me présentant comme étant un agent d’Ibrahim Kamel, l’homme d’affaires connu pour son appartenance au RND [parti de Moubarak dissous, NdT]. Je n’étais pas au courant de la conspiration qui se tramait. Je pensais qu’il s’agissait de simples rumeurs banales destinées à semer la discorde et à m’écarter de la scène, malgré le fait que j'étais sincère, conformément à mes convictions et à ma morale. D’ailleurs personne n’a cru à ce qu’ils racontaient.


Épuisé par les querelles, je me suis réfugié sous la tribune et me suis endormi. Soudain quelqu’un m’a réveillé et j’ai été surpris d’apprendre que Safouat El Hijazi avait été éjecté de la tribune. Je me suis précipité sur la tribune pour voir ce qui s’y passait. Quelques officiers de l’armée criaient des slogans en faveur d’un État laïc. J’ai crié avec eux. Je ne les connaissais pas mais j’ai été interpellé par un officier porté sur des épaules qui tentait de monter à la tribune. J'ai alors tendu la main pour l’aider.


Ses collègues ont demandé notre aide pour protéger leur vie. Des jeunes les ont alors entouré pour les protéger des infiltrés pouvant provoquer des violences sur la place. Ma mission du jour a pris fin avec cela.


Une fois revenu chez moi, j’ai reçu un appel de Chadi El Ghazali Harb qui m’a informé qu’un officier de la police militaire avait été agressé et qu’il avait trouvé refuge dans un immeuble après une longue poursuite. Il m’a donc demandé d’aller calmer les esprits. Et je me suis retrouvé de nouveau sur la place.


Sous une grande tente, un groupe d’officiers accompagné du Cheikh Safouat El Hijazi était en train de discuter de la situation. J’ai essayé en vain d’intervenir puis j’ai quitté la tente à leur demande. J’ai alors appris que quelqu’un les avait informés de l’intention de l’armée d'expulser les occupants par la force. Mais ces derniers voulaient poursuivre l'occupation de la place. Quelques instants plus tard, les forces de la police militaire ont envahi la place de toutes parts, tirant des balles et des lacrymogènes. J’ai essayé de courir pour fuir les gaz et les balles : je suis tombé par terre avant d’être conduit par un ami au taxi le plus proche sur l’avenue Ksar El Ayni. Je suis allé passer la nuit chez un ami.


Le lendemain matin, je me suis réveillé et j'ai appris qu’un communiqué du CSFA m’accusait d’avoir été l’instigateur des événements de la journée du 8 et de la nuit du 9 avril. J’ai été surpris par le « témoignage » de Cheikh Safouat El Hijazi, Tarek Zidane et des autres. Je me suis rendu sur la place le 11 avril, où j’ai rencontré Tarek Zidane, qui a nié publiquement avoir tenu des propos contre moi, alors qu’ils ont été enregistrés.


Le lendemain, j'ai tenu une conférence de presse au siège principal du Parti du Ghad. Je me suis ensuite rendu à la justice et j’ai pu prouver l’absence de tout lien entre moi et le RND. J’ai également prouvé que je suis employé par la société de Kamel Abou Ali et non pas Ibrahim Kamel. Le juge militaire m’a acquitté après avoir démenti toutes les rumeurs sur mon compte.


Tous les témoignages contre moi affirmaient que mon appartenance au RND pouvait être déduite de mon apparence et de mon comportement. C’est étonnant, surtout après que Safouat El Hijazi et Tarez Zidane avaient démenti ces accusations dans les médias et affirmé que j’étais un révolutionnaire et non un agent de l’ancien régime. Par ailleurs, nombre de journalistes, notamment Wael Abrashy et Ibrahim Issa, ont accrédité ces affirmations.


Malgré mon innocence, j’ai comparu à nouveau devant un juge d’instruction, Maher Baybars, qui m’a déféré devant la Cour pénale, quelques heures avant sa nomination comme gouverneur.


Pire encore, il m’a associé un avocat, Oussama Chichtaoui, qui avait déjà assisté à la précédente instruction (militaire) de la même affaire. Je me suis donc retrouvé inculpé une deuxième fois pour les mêmes faits.


On m’égorge après que mon innocence a été prouvée. Mais moi, je suis sûr de ma position et de la justesse de notre point de vue d’indépendants, révélée au monde entier.


Les révolutionnaires auraient dû rester sur la place Tahrir jusqu’à l’achèvement de la révolution. Ils auraient dû préserver cette dernière de sa récupération par des opportunistes.


Salut aux âmes des martyrs, salut aux camarades debout sur le terrain, honte aux traîtres et aux charognards.
* La bataille de Uhud ou de Ohod est une bataille entre les musulmans et le clan mecquois des Quraychites sur le mont Uhud près de Médine en 625. La victoire revint aux traditionalistes mecquois.(NdT)

jeudi 24 novembre 2011

مصر: بيان وخارطة طريق لإدارة الأزمة Égypte : Communiqué et feuille de route pour la gestion de la crise


بيان وخارطة طريق لإدارة الأزمة
قوى الثورة  المصرية
نحن القطاع العريض من جماهير الشعب المصري الثائر صاحب السيادة علي أرضه ومصيره ومصدر كافة السلطات في هذا البلد، والتي استردها باندلاع ثورة 25 يناير الشعبية السلمية، نعلن تصميمنا على نقل السلطة، لسلطة مدنية منتخبة –برلمان ورئيس- في موعد غايته 15 مايو 2012.
ونؤكد على أن المعتصمين في ميدان التحرير يمثلون القطاع العريض من الشعب المصري، وأن أي اتفاقات أو حوارات تدور بين المجلس العسكري والقوى السياسية دون مشاركة المعتصمين والقوى الثورية هي والعدم سواء.
وقد اتفقت القوى الثورية على البيان التالي والذي يتضمن خارطة طريق لإدارة الأزمة وتسليم السلطة
إن البيان الذي صدر عن المشير طنطاوي لم يف بالحد الأدنى لإرادة وتطلعات الشعب، وتضمن العديد من المغالطات، ولم يتضمن الإعتراف بالجريمة التي ارتكبت في حق الشعب على مدار الفترة الإنتقالية وخاصة الأيام الأربعة الماضية من قتل وعنف وتمثيل بالجثث وانتهاك لكرامة المواطنين التي هي من كرامة الوطن، كما لم يتضمن اتخاذ إجراءات فعلية من قبيل القبض على القتلة ومن أعطى الأوامر بإطلاق النيران والغازات، ومحاكمتهم وعزل جميع القيادات التي تسببت في هذه الأحداث من الشرطة والجيش، كما لم يتضمن البيان الوقف الفوري لكل أعمال العنف أو التصعيد ضد المعتصمين في ميادين التحرير على مستوى الجمهورية، كما لم يتضمن البيان الرضوخ لإرادة الشعب في تشكيل حكومة انقاذ وطني تمتلك صلاحيات كاملة لإدارة المرحلة الإنتقالية وتقليص صلاحيات المجلس العسكري لتقتصر على الدفاع عن الوطن والمشاركة في توفير الأمن للوطن والمواطنين، كما لم يتضمن البيان الرضوخ لإرادة الشعب في إجراء الإنتخابات الرئاسية في 28 ابريل وتسليم السلطة في منتصف مايو 2012، بالإضافة إلى ما سبق فقد تضمن البيان تلويحاً بإجراء استفتاء على إستمرار المجلس العسكري في ادارة المرحلة الإنتقالية إذا اقتضي الأمر ذلك وهو ما لا يمكن قبوله من حيث المبدأ لأنه استفتاء لتكريس التفاف المجلس العسكري على الإرادة الشعبية.
ومع كون البيان مرفوضاً من غالبية الشعب المصري، فإنه حرصا على الوطن واستقراره، وحقنا لدماء أبنائه، وسرعة وقف العنف والإنتهاكات التي ترتكب في حق الشعب، فإننا نعلن عن خارطة طريق لإدارة الأزمة والخروج منها على النحو التالي:
أولا:  اصدار قرارات فورية بالقبض على القتلة ومن أعطى الأوامر بإطلاق النيران والغاز، ومحاكمتهم فورا وعزل جميع القيادات التي تورطت في هذه الأحداث من الشرطة والجيش، والوقف الفوري لاعمال العنف والتصعيد في التصدي للمعتصمين في ميادين التحرير على مستوى الجمهورية وسحب جميع قوات الشرطة لحين اعادة هيكلة وزارة الداخلية وطرد قياداتها الفاسدة التي تتحدى إرادة الشعب وتتعمد انتهاك كرامته وتحاول اعادة انتاج النظام السابق و اجهاض الثورة.
ثانيا: الرضوخ لإرادة الشعب وتشكيل حكومة انقاذ وطني تمتلك صلاحيات كاملة لإدارة المرحلة الإنتقالية وتقليص صلاحيات المجلس العسكري لتقتصر على الدفاع عن الوطن والمشاركة في توفير الأمن للوطن والمواطنين عن طريق تكليف أحد الأسماء التي سيقوم الثوار بطرحها لتشكيل الحكومة وتسليم كامل السلطة لسلطة منتخبة في موعد غايتة مايو 2012 وذلك وفقا للرؤية التالية:
-       اجراء انتخابات مجلس الشعب وفقا للجدول الزمني المعلن وتسليم كافة السلطات التشريعية لمجلس الشعب فور انعقاده.
-       اجراء انتخابات مجلس الشورى وفقا للجدول الزمني المعلن والذي ينتهي في 14 مارس 2012
-       فتح باب الترشح للرئاسة من 14 إلى 28 مارس2012
-       إجراء الإنتخابات الرئاسية في 28 ابريل 2012 على أن تكون الإعادة في 5 مايو 2012
-       يتم تسليم كامل السلطات التنفيذية للرئيس المنتخب في 15 مايو 2012
ثالثا: قيام حكومة الإنقاذ الوطني باصدار اعلان دستوري يتضمن مواعيد الإنتخابات الرئاسية  والعلاقة بين السلطات.
رابعا: تحدد صلاحيات الحكومة وتكليفاتها وفقا لما يلي:
-       إجراء الإنتخابات البرلمانية والرئاسية وتسليم السلطة التنفيذية والتشريعية وفقا للمواعيد المشار إليها
-       تطهير الدولة ومؤسساتها من الفساد وبقايا النظام المخلوع.
-       استعادة الأمن ومواجهة البلطجة واعادة هيكلة وزارة الداخلية.
-       تحسين مستوى المعيشة وتوفير السلع والخدمات بأسعار عادلة.
وأخيرا نؤكد على استمرار ثورتنا والزام المجلس العسكري بما ورد في هذا البيان حتى نقل كامل السلطة  لحكومة منتخبة - برلمان ورئيس- وبدون وصاية من أحد في المواعيد المشار اليها، وندعوا جموع الشعب المصري لمليونية الجمعة القادمة 25 نوفمبر بعنوان جمعة "ثورة الشعب".

نسأل الله أن يحفظ مصر آمنةً حرة كريمة.
قوى الثورة
ائتلاف الأكاديمين المستقلين-ائتلاف الثائر الحق-ائتلاف الشباب السلفي-ائتلاف شباب الثورة-الجامعة-ائتلاف شباب ثورة 25يناير-ائتلاف صوت الثورة-اتحاد القوى الوطنية-اتحاد شباب الثورة-الأكاديميون المستقلون-الإئتلاف الإسلامي الحر-الإئتلاف العام للثورة-الإئتلاف العام للثورة-الإئتلاف العام للثورة-التوافق الشعبي-الثائر الحر-الجبهة الثورية-الجبهة الثورية لحماية الثورة المصرية-الجبهة الشعبية الثورية-الدعوة السلفية بالعبور-اللجنة التنسيقية-إتحاد شباب حزب العمل-إتحاد قوى الثورة-تحالف القوى الثورية-تكتل شباب السويس-جبهة الانقاذ القومى-جبهة الإرادة الشعبية-حركة الوحدة-حركة الوحدة-حركة شباب ثورة 25 يناير-حركة شعب (تيار الاستقلال الوطني)-حزب الحرية والتنمية-حزب السلامة والتنمية-حزب الوعد-حزب مصر البناء-حكومة الظل-دعوة أهل السنة والجماعة-رابطة نشطاء الثورة-شباب الباحثين-شباب الجماعة الإسلامية-مؤسسة التوافق الجمهوري-مجلس أمناء الثورة - منتدى الدلتا وعدد كبير من الثوار المستقلين .............. وجاري تجميع المزيد من التوقيعات على هذا البيان
Communiqué et feuille de route pour la gestion de la crise
Forces révolutionnaires d’Égypte. Traduit par Tafsut Aït Baamrane تفسوت , أيت باعمران 
Tlaxcala
Nous, la majorité des masses populaires égyptiennes révolutionnaires, souveraines sur notre territoire et notre destin et sources de tout pouvoir sur ce pays, que nous avons récupéré avec la révolution populaire et pacifique du 25 janvier, affirmons notre volonté sincère de transmettre ce pouvoir à des instances civiles élues – Parlement et Président – au plus tard le 15 mai 2012.
Nous affirmons que les sit-inneurs et sit-inneuses de la Place Tahrir représentent la majorité du peuple égyptien et qu’aucun accord ou négociation entre le Conseil supérieur des forces armées et les forces politiques excluant la participation des sit-inneurs et des forces révolutionnaires est nul et non avenu.
Les forces révolutionnaires se sont mises d’accord sur le communiqué suivant, qui contient une feuille de route pour la gestion de la crise et la transition du pouvoir.
Le communiqué du Maréchal Tantaoui ne satisfait pas le minimum de la volonté et des attentes du peuple. Il contient de nombreux éléments fallacieux. Il occulte les nombreux crimes commis contre le peuple durant toute la période transitoire et en particulier aux cours des quatre derniers jours, avec leur cortège d’assassinats, de violences, de profanations des corps des victimes et d’atteintes à la dignité des citoyens qui sont autant d’atteintes à la dignité de la patrie. Ce communiqué n’annonce aucune mesure concrète, comme l’arrestation des tueurs et de ceux qui ont donné l’ordre de tirer à balles réelles et des gaz et le jugement et la mise à l’écart de tous les responsables militaires et policiers de ces exactions. Il n’annonce pas non plus l’arrêt immédiat de toute action violente contre les sit-inneurs de la Place Tahrir et de tout le pays. Il ne satisfait pas les revendications du peuple : constitution d’un gouvernement de salut national ayant toute autorité pour la gestion intégrale de la période transitoire et mise à l’écart du Conseil supérieur des forces armées, pour qu’il soit cantonné à la défense de la patrie et aux tâches de sécurité. Il ne satisfait pas non plus la revendication du peuple d’organiser l’élection présidentielle le 28 avril et la transition du pouvoir à la mi-mai 2012. En outre, le communiqué évoque implicitement l’organisation d’un référendum sur le maintien, si nécessaire, du Conseil supérieur des forces armées comme gestionnaire de la période transitoire, ce qui est rejeté catégoriquement par le peuple comme tentative de récupération de sa volonté.
Et puisque le communiqué est rejeté par la majorité du peuple égyptien, pour le bien de la patrie et sa stabilité, pour empêcher de nouveaux massacres, pour l’arrêt immédiat de la violence et des abus contre le peuple, nous présentons cette feuille de route pour une gestion et une sortie de crise :
1-      annonce d’une décision d’arrestation immédiate des tueurs et des donneurs d’ordre de tirer des balles réelles et des gaz, de leur jugement et de la mise à l’écart des hauts gradés militaires et policiers impliqués dans ces événements ; arrêt immédiat des violences contre les sit-inneurs de Place Tahrir et de tout le pays ; retrait de toutes les forces de police en attendant la réforme du ministère de l’Intérieur ; exclusion des fonctionnaires corrompus qui défient la volonté populaire et essaient de prolonger l’ancien régime et d’enterrer la révolution.
2-      Constitution d’un gouvernement de salut national ayant toute autorité pour la gestion intégrale de la période transitoire et mise à l’écart du Conseil supérieur des forces armées, pour qu’il soit cantonné à la défense de la patrie et aux tâches de sécurité. Nomination d’une personne désignée par les révolutionnaires pour former ce gouvernement. Organisation d’une transition vers un pouvoir civil élu selon les modalités suivantes :
-          Organisation des élections pour l’Assemblée populaire selon un calendrier déclaré et transition de tous les pouvoirs à cette assemblée dès qu’elle sera élue.
-          Organisation des élections d’une Assemblée de concertation (Majlis Echchoura) selon un calendrier déclaré d’ici le 14 mars 2012 ;
-          Dépôt des candidatures à l’élection présidentielle du 14 au 28 mars 2012.
-          Élection présidentielle le 28 avril (premier tour) et le 5 mai 2012 (deuxième tour).
-          La transition de tous les pouvoirs exécutifs au président élu le 15 mai 2012
Annonce constitutionnelle par le gouvernement de  salut national des dates de l’ élection présidentielle et des relations entre les pouvoirs.
Les tâches de ce gouvernement seront les suivantes :
-          L’organisation des élections parlementaires et présidentielle et la transition des pouvoirs exécutif et législatif selon le calendrier indiqué ;
-          L’épuration de l’État et de ses institutions par l’élimination des corrompus et des suppôts du régime déchu ;
-          La restauration de la sécurité et la lutte contre les baltaguiyas [voyous stipendiés , NdT] et la réforme du ministère de l’Intérieur ;
-          Améliorer le niveau de vie et assurer la fourniture de biens et de services à des prix équitables ;
-          Enfin, nous insistons sur la continuité de notre révolution et sur l’obligation pour le CSFA de mettre en œuvre les revendications énoncées dans ce communiqué jusqu’au transfert, selon le calendrier indiqué,  de tous les pouvoirs à des instances civiles élues– Parlement et président – et qui ne soient soumises à aucune tutelle.
Nous appelons tout le peuple égyptien à manifester par millions vendredi prochain 25 novembre, proclamé “le vendredi de la révolution du peuple”.
Que Dieu préserve l’Égypte dans la sécurité, la liberté et la dignité

Les forces révolutionnaires

Front des universitaires indépendants
Front des révolutionnaires authentiques
Front des jeunes salafistes
Front des jeunes de la révolution dans l’Université
Front des jeunes de la révolution 25-Janvier
Front de la voix de la révolution
Union des forces patriotiques
Union des jeunes de la révolution
Front islamique libre
Front général de la révolution
Consensus populaire
Révolutionnaires libres
Front révolutionnaire
Front révolutionnaire pour la sauvegarde la révolution égyptienne
Front populaire révolutionnaire
Appel salafiste pour le passage
Comité de coordination
Union des jeunes du Parti du Travail
Union des forces de la révolution
Alliance des forces révolutionnaires
Forum des jeunes de Suez
Front de salut national
Front de la volonté populaire
Mouvement unioniste
Mouvement populaire “Courant de l’indépendance nationale”
Parti de la Liberté et du développement
Parti de la Paix et du Développement
Parti La Promesse
Parti Égypte en construction
Le Gouvernement de l’Ombre
Appel Doctrine et Communauté
Ligue des activistes de la révolution
Jeunes chercheurs
Jeunes de la communauté islamique
Institution de consensus républicain
Sages de la révolution
Forum du Delta
et de nombreux révolutionnaires indépendants…..
Signatures en cours de collecte


mardi 16 août 2011

Visages de la place Tahrir: photos d'une révolution

A la demande de l'ONG de défense des droits de l'homme Human Rights Watch, le photographe anglo-grec Platon a immortalisé les "héros" de la révolution égyptienne.

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