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lundi 30 octobre 2023

“Ce qu’est en train de faire le Hamas, c’est copier le système vietnamien”
Entretien avec Ilich Ramírez Sánchez, alias Carlos

Depuis sa prison française, le commandant Carlos analyse la situation en Palestine

Propos recueillis par Fausto Giudice, Basta!, 5 janvier 2009
Version originale espagnole Entrevista con Ilich Ramírez Sánchez: “Lo que está haciendo Hamás es copiar el sistema vietnamita”

Versione italiana 
“Quello che sta facendo Hamas è copiare il sistema vietnamita”
Un’intervista a Ilich Ramírez Sánchez, alias Comandante Carlos, del 2009

Русская версия
Интервью с Ильичем Рамиресом Санчесом: «То, что делает Хамас, это копирует вьетнамскую систему»


Depuis la centrale de Poissy, en région parisienne, où il purge la quatorzième année de la peine de prison à vie à laquelle il a été condamné par la justice française après avoir été kidnappé par les services français au Soudan en 1994, Carlos, combattant actif de la résistance palestinienne pendant plus de deux décennies, suit avec attention l’évolution de la situation à Gaza. J’ai pu recueillir sa vision des choses dans une entrevue réalisée le 1er janvier, soit deux jours avant le déclenchement de l’offensive terrestre israélienne. Pour moi, Carlos est un personnage historique et il ne m’appartient pas de le juger, la justice française s’en est déjà chargée, à sa manière pour le moins contestable.-FG

« Bien creusé, vieille taupe ! »
Shakespeare, Hamlet, cité par Karl Marx (un autre barbu)

FG- Tu sais qu’ Ahmed Saadat vient d’être condamné à 30 ans de prison ?
IRS- Oui.

Quelle a été ta première réaction ?
Tout ça est un abus de pouvoir. C’est le résultat, premièrement, de la situation dans laquelle le Front populaire de Libération de la Palestine s’est mis en abandonnant la lutte armée à l’extérieur. Ahmed Saadat fait partie des gens de la résistance intérieure, je ne le connais pas, mais d’après ce que j’ai entendu, c’est un type magnifique et avant tout un révolutionnaire, c’est ce que j’ai entendu, et c’est pour ça que la répression contre lui a été si dure, alors que d’autres types du FPLP sont tranquilles, voyagent et font ce qu’ils veulent, et ils vivent en Palestine, non ? Il ya donc une bonne raison à tout ça. De toute façon, ce monsieur était là, premièrement c’est Arafat qui l’a emprisonné, deuxièmement il était sous les garde des britanniques et des Usaméricains, qui ensuite se sont retirés, et les Israéliens sont arrivés et l’ont arrêté dans sa prison en Palestine, à Jéricho. Donc, bon sang, un total manque de respect de la parole donnée de la part des gouvernements britannique et US, et des Israéliens il ne faut â s’attendre qu’ils respectent quoique ce soit, ils n’ont ni honneur ni parole, ce sont des criminels fascistes.

Dis donc, ma première réaction a été de faire un parallèle avec ton cas.
Oui, il y a des aspects comparables. Mais c’est différent, Dans mon cas ça a été une affaire d’argent Simplement, ils se sont adressés à un chef d’État, un responsable de là-bas (le Soudan, NdR), et ils lui donné de l’argent, ça n’a pas été une question politique, juste d’argent, d’argent. Ils nous ont tous vendus, moi, Oussama Ben Laden.

Ahmed Saadat, lors de son procès devant le tribunal militaire israélien d'Ofer en décembre 2008. Il a été réélu secrétaire général du FPLP en 2022

Et tu ne crois pas que ça a été le cas avec la Mouqata?
Non, non, non. Les petits accords qu’ils passent, ils ne les respectent jamais. Ces gens-là ne comprennent que le langage de la force, et c’est tout. Et le Front populaire s’est retiré objectivement de la lutte armée, sous l’influence des camarades soviétiques et sur les conseils du Parti communiste français, aussi d’autres partis communistes, mais surtout du PCF, ils ont abandonné la lutte internationale. Et la lutte internationale était la seule qui avait de l’importance pour une organisation comme le FPLP, qui avait pas mal d’appuis de masse, qui n’avait pas les capacités qu’avait par exemple le Fatah, en termes numériques, mais en qualité oui, il en avait.

Nous pouvions donc frapper fort, à l’intérieur et à l’extérieur et donc…J’en parlais avec Arafat il y a des années, et il reconnut qu’on ne pouvait plus rien faire à l’intérieur et que la seule chose que nous pouvions faire, c’était le FPLP et ses alliés. Donc… Ceci (la capture d’Ahmed Saadat, NdR), a été le résultat d’une bonne opération, l’exécution de ce criminel qui était ministre du Tourisme, un général en retraite qui avait assassiné – je vais te dire pourquoi ils l’ont exécuté – des camarades, il y a des années, qui avaient pris des otages dans un autobus. Ces camarades s’étaient finalement rendus et ils ont été exécutés sur ordre direct de ce général. Sur ses ordres, ils ont tué ces garçons. C’est pour cette raison qu’il a été exécuté à Jérusalem vingt ans plus tard. C’était il y a longtemps.

Ahmed Jibril (1938-2021)


N’oublie pas que le FPLP a été le premier à déclencher la lutte armée. ça n’a été personne d’autre. Bon, la première opération armée au nom de la résistance palestinienne a été menée par le FPLP-Commandement général d’Ahmed Jibril. Ils ont été les premiers, sous un autre nom, bien avant le Fatah. Et puis il y a autre chose : l politique d’abandon des prisonniers. Le FPLP n’a pas seulement abandonné la lutte armée, il a aussi abandonné les prisonniers, au sens de les libérer par la force. Le FPLP-CG, les gens d’Ahmed Jibril, a échangé des otages contre des prisonniers, il a pu ainsi libérer des milliers de prisonniers. Et maintenant, le Hezbollah a la même ligne. Mais malheureusement le FPLP, pour se faire inviter aux congrès des partis communistes en Europe occidentale, e à l’époque soviétique, a abandonné la lutte armée.
Maintenant, ils peuvent donc se permettre de frapper le Front populaire, de commettre des actions illégales contre Ahmed Saadat, mais contre les Israéliens, personne n'a rien fait. Les premiers responsables, ce sont les dirigeants du FPLP eux-mêmes. 

Wadi Haddad (1927-1978)

Mais explique-moi une chose : ils ont abandonné la lutte armée à cause de la disparition de l’URSS ?
Non, non, non, non. C’était avant. Il y avait Ponomarev, qui donnait toujours des conseils à Abu Ali Mustafa, qui était un type magnifique, un dirigeant – je l’ai bien connu – un type respectable. Mais il n’avait pas la profondeur qu’avait Wadi Hadad, qui se projetait, avec ce génie stratégique qu’il avait, et cette habileté pour les situations tactiques, nous avions des bons conseillers arabes, dont j’ai connu certains – et je ne vais pas parler d’eux, car certains sont encore en vie -,ils n’étaient pas forcément palestiniens, il y avait des militaires de carrière, des gens bien, et il y avait des gens de grande qualité qui se chargeaient des commandos, parmi lesquels je me trouvais. Tu comprends ? Et quand ces positions ont été abandonnées, bon, parfois il était…Wadi Haddad était un type de droite, mais sa ligne stratégique était correcte : il faut frapper l’ennemi de manière à ce qu’il ne se sente en sécurité nulle part. Aucun cadre, aucune responsable (sioniste, NdR) ne doit se sentir en sécurité dans aucun endroit au monde. Où qu’ils soient, il faut qu’ils soient angoissés. Et quand on a abandonné ça, on a perdu l’arme principale dont disposait la résistance palestinienne.


Les tunnels de Cu Chi au Sud-Vietnam s'étendaient sur 250 km de la banlieue de Saïgon à la frontière cambodgienne. Cauchemar de l'armée US, ils sont devenus l'attraction touristique souterraine n° 1 du monde, selon...CNN

Voyons maintenant la situation aujourd’hui à Gaza. J’ai parlé avec un militant du Hezbollah qui m’a dit que la situation n’était pas si mauvaise pour le Hamas, qui n’avait pas été atteint militairement, dont les forces étaient intactes, mais je ne sais pas ce qu’ils peuvent faire, car ils ne disposent pas de l’espace minimum dont le Hezbollah, au moins, disposait au sud-Liban, non ?
Écoute, je crois que ce que le Hamas est en train de faire, c’est copier le système vietnamien. Le Hamas n’a rien inventé. Ce qu’il a fait, c’est développer la question vietnamienne, avec les moyens que lui ont donné les frères, les camarades iraniens. Donc, quand ils (les Israéliens, NdR) ont envahi la dernière fois (le Liban, NdR), ils ont reçu un coup très dur, pace qu’ils n’étaient pas préparés à ce type de luttes souterraines au sud-Liban, ils bombardaient ici, ils attaquaient là, mais les autres sortaient de l’autre côté et les frappaient, les frappaient. Et c’est ce qui est en train de se passer à Gaza. Et je suis sûr qu’ils ont préparé…En réalité, il y a eu une provocation des Palestiniens contre les Israéliens à cette occasion. Dans quel sens ? Ils sont en train de les frapper, ou plutôt de les défier, avec de l’armement léger.

Parce qu’il faut savoir qu’une compagnie de garde-frontières israéliens a plus d’armement que toute la résistance palestinienne de Gaza. Et pourquoi cette provocaton permanente ? (…) Ce n’est pas gratuit. Ils ne sont pas fous. Les Frères musulmans sont des gens très sérieux. À part la question idéologique…Mais la Confrèrie des Frères musulmans, fondée dans les années 20 par Hassan El Banna au Caire est une organisation de structure, pas d’idéologie, léniniste – car du point de vue de classe, c’est une organisation petite-bourgeoise, qui représente les intérêts du souk, ce ne sont pas des révolutionnaires, ce sont des réformistes -, mais de structure léniniste
Et cela leur a permis de survivre à la pire répression qu’on puisse imaginer. Personne n’a été plus réprimé dans le monde arabe que les Frères musulmans, pas même les communistes. Personne n’a été plus réprimé, ni les Palestiniens ni personne d’autre. Et ces gens ont survécu, et ont grandi et se sont inscrits dans longue durée et ils ont été la base, tout comme le FPLP, d’où sont sortis tant d’autres organisations et mouvements dans le monde entier, qui se sont développées dans la lutte armée avec cette base d’expérience palestinienne ; tous les jihadistes qui luttent aujourd’hui, jusqu’en Afghanistan, ont leurs origines parmi les Frères musulmans. Le fait qu'ils ne soient pas d’accord avec Al Qaïda, avec ce type de stratégie et de tactiques qu’on appelle « terroristes » d’Al Qaïda ne veut pas dire que (je ne reconnaisse pas qu’) il y a une relation historique : le Docteur Al Zawahiri est un cadre important des Frères musulmans, Yasser Arafat était responsable des Frères musulmans, dans leur direction au Caire, au début des années 50. Et ça, il faut le reconnaître. La lutte des Frères musulmans en Syrie a été terrible, terrible : non seulement une répression brutale du régime syrien qui réussit presque à les exterminer, il y a eu des centaines et des centaines de frères syriens assassinés. Ces gens savent ce qu’ils font. Je crois que leur objectif est de provoque rune intervention terrestre des Israéliens, parce qu’à Gaza, à part la route principale, du côté de la page, de la zone côtière, il n’y a pas d’autre entrée, autrement dit il y a une ligne directe, la route principale…

…C’est une avenue….

Oui…

Oui, oui, c’est une avenue. Tu ne peux pas entrer avec un tank, à moins de détruire toutes les maisons, tu comprends ? Et là , ils vont les massacrer.

N’oublie pas que cette question est en réalité une leçon de l’expérience vietnamienne. Cette technique de s’enterrer, ce sont les Allemands de l’Est qui l’ont transmise. C’est par exemple comme ça qu’ils ont survécu à l’attaque des Forces libanaises à Tell Al Zaatar en 1976, tu te souviens?

Oui...

À Chatila, les souterrains n’ont pas été découverts par les Forces libanaises et les combattants du FPLP de Chatila ont survécu au massacre.

Ah bon ?
Ils étaient à Chatila, sous terre. À Sabra, il n’y avait pas de souterrains et ils ont été tués. C’est une expérience vietnamienne qui a été transmise par les Allemands de l’Est. Et je crois que les gens du Hamas, et pas seulement du Hamas, aussi du Jihad islamique, du Front populaire, mais il y aussi les gens du Fatah, parce que la majorité des gens du Fatah ne sont ni agents de la CIA ni corrompus ni voleurs. La majeure partie des gens du Fatah sont de purs Palestiniens. Le Hamas a gagné les élections. Qui a voté pour lui ? Les gens du Fatah ! Les chrétiens ont voté Hamas ! La majorité n’étaient pas des gens du Hamas, ils voulaient un gouvernement propre. Donc tous les combattants de Gaza, les gens bien, car il y a eu une petite guerre civile qui a liquidé les corrompus, y compris les gens des tribus, qui bien sûr sont armés, Tous ces gens-là vont aussi combattre. Ils (les Israéliens, NdR) sont en train de frapper pour écraser la population civile, mais les gens sont habitués à souffrir, malheureusement, et puis où iraient-ils ? L’important c’est que ça va avoir des répercussions internationales, pas pour Israël – eux ils se torchent le cul avec nous tous, Israël est un pays fondé sur le mensonge, sur la falsification historique…


Une vue d'un tunnel creusé par le Hezbollah près du moshav Zar'it dans le nord d'Israël près de la frontière libanaise le 10 juin 2019. Photo .Ilia Yefimovich / picture alliance via Getty Images 


Il y a un question : la deuxième guerre mondiale, la persécution des juifs est une des pages les plus noires de l’histoire contemporaine et l’on ne sait pas encore le nombre de victimes, mais des centaines de milliers de gens ont disparu, on ne sait pas encore exactement combien, parce qu’ils ne permettent pas qu’on fasse des recherches, qu’on fasse la liste des noms des victimes des persécutions nazies. Et ces gens, ces sionistes, qui sont en Israël, sont complices de cette persécution (…), ces gens sont racistes, contre les autres juifs, les juifs venus d’Iran, du Maroc, sont mal vus par les Blancs, les Ashkénazes, qui n’ont même pas une goutte de sang sémite (…)

La seule manière de faire, c’est celle de Saddam. Il ne faut pas oublier que c’est Saddam qui entretenait les Palestiniens de Gaza, surtout de Gaza. L’agression contre l’Irak est liée à Gaza. Il entretenait Gaza, tout l’argent qui affluait à Gaza…en fin de compte, aussi de l’Iran. Durant la première Intifada, le premier argent arrivé en Palestine, c’est l’Iran qui l’a envoyé à l’organisation d’Abou Nidal. Et Saddam a aussi donné beaucoup d’argent à la résistance.

De toute façon, les Palestiniens, maintenant vont bien sûr être frappés, mais ils ne seront pas écrasés. Et en fin de compte, c’est ne question internationale. Si des milliers de personnes descendent dans les rues de Paris et de Londres, les gens vont dire :bon sang, c’est un problème très grave, un crime contre l’humanité, des crimes de guerre permanents, quotidiens, ininterrompus, devant les caméras de télévision du monde entier, de CNN et Al Jazeera…

Ils vont donc frapper les responsables de la résistance palestinienne à Gaza, surtout les gens du Hamas, mais pas seulement eux, mais ils auront besoin d’entrer dans Gaza, pour des combats a corps à corps, et à ce moment-là, les Israéliens vont être en position de faiblesse, il va leur arriver la même chose qu’au sud-Liban, mais il va y avoir des milliers de morts civils palestiniens, naturellement. On verra bien. Ce qu’il y a de bien, pour les Palestiniens et pour la résistance arabe, c’est que les peuples arabes sont solidaires. Et le gouvernement traître égyptien va apparaître comme ce qu’il est. Pourquoi ferme-t-il la frontière ? Pourquoi ?

Tu sais qu’ils ont appelé Dahlan au Caire, non ?
Bon, on sait bien qui est Mohamed Dahlan, non? Mohamed Dahlan est l’homme des USA et de la CIA. Ouvertement, il ne s’en cache pas...

(…)

gaza strip tunnel

Un membre du  Jihad islamique marche dans un tunnel dans la bande de Gaza en 2022. Photo Mahmud Hams / AFP via Getty Images 

jeudi 7 août 2014

Dernier crime à Gaza : le crime de haute trahison

par Christophe Oberlin

Aujourd’hui est un jour de deuil supplémentaire pour les Palestiniens.
Hier 5 août 2014 M. Riad Al MALIKI,  ministre des Affaires Etrangères de Palestine a obtenu de Mme Fatou BENSOUDA procureure de la Cour Pénale Internationale l’annulation de la plainte déposée le 25 juillet 2014 par M. Saleem Al SAQQA, ministre palestinien de la Justice et M. Ismaeel JABER procureur général de Gaza pour les crimes de guerre commis à Gaza par l’armée israélienne.
Cette plainte, élaborée par les meilleurs spécialistes du Droit International, avait reçu l’appui de 130 professeurs de Droit de par le monde qui avaient affirmé sa complète recevabilité au regard des statuts de la Cour Pénale Internationale.
Dès la publication de la plainte, le président palestinien Mahmoud ABBAS,  le représentant de la Palestine à l’ONU et Mme Leila SHAHID, ambassadrice de Palestine auprès de l’Union Européenne, ont développé une stratégie en vue de l’annulation de la plainte. Le représentant à l’ONU a prétendu,  à l’unisson avec la partie israélienne, que le dépôt de plainte risquait de se retourner contre la résistance palestinienne, ce qui est juridiquement faux (article 31D du statut de la Cour Pénale internationale). Mme Leila SHAHID est allée dans le même sens, provoquant le 4 août une réaction officielle du Hamas par l’intermédiaire de son porte-Parole Sami Abu ZOUHRI :
« N’écoutez aucune voix qui suggérerait que nous serions opposés à une action auprès de la Cour Pénale Internationale. Certaines personnes disent que le Hamas ou d’autres personnes résistantes pourraient être victimes d’une telle démarche, mais ce n’est pas vrai. Ce n’est que de la propagande. Rien de ce que nous faisons ne nous fait peur. Nous sommes sous occupation et c’est notre droit, selon la loi, de résister. Et c’est aussi le droit de notre population d’être défendue. »
Ces pressions sur la Cour Pénale Internationale aboutissant à l’annulation de la plainte, étaient malheureusement prévisibles. Déjà à la suite de la guerre de l’hiver 2008-2009, M. ABBAS avait dépêché M. Al MALIKI auprès du procureur de la Cour, aboutissant à l’annulation de la procédure de plainte en cours. Ce sont les mêmes acteurs aujourd’hui qui  sont à la manœuvre.
Juan Kalvellido, Tlaxcala, janvier 2009
Il faut dire que la plainte déposée le 25 juillet 2014, outre les crimes de guerre, mentionnait le crime de colonialisme, faisant ainsi peser une lourde menace sur Israël : dès la plainte transmise à la chambre intermédiaire, les entreprises étrangères travaillant dans les territoires occupés devenaient susceptibles de poursuites pour complicité. Les conséquences économiques pour Israël auraient pu être rapides, bien avant que n’advienne  le jugement des commanditaires des crimes de guerre. Avant même que la bataille des armes ne soit terminée, M. NETANYAHU a remporté grâce à M. ABBAS et Mme Leila SHAHID une victoire politique déterminante : la menace économique est éloignée.
Comme toujours en pareilles circonstances, la communication palestinienne – et en particulier Mme Leila SHAHID – prétend avoir une autre stratégie : celle d’adhésion à la Cour Pénale Internationale. Pourquoi ne  l’avoir pas fait plus tôt ? La supposée nécessité de reconnaissance  préalable de l’état palestinien à l’ONU est un mensonge juridique. M. ABBAS et Mme SHAHID auraient pu saisir la Cour depuis près de dix ans. Trois massacres à Gaza [guerre israélienne contre Gaza en 2008/2009, en 2012 et en 2014 -Ndlr] auraient peut-être pu être évités.
La décision de faire taire le Droit met à nouveau en lumière le jeu meurtrier et la nature réelle de l’Autorité Palestinienne.
Sert-elle les Palestiniens en 2006 lorsqu’après avoir perdu les élections elle tente de reprendre le pouvoir par les armes ?
Sert-elle les Palestiniens en 2006  lorsqu’elle condamne la capture d’un soldat israélien au poste de combat ?
Sert-elle les Palestiniens en 2009 quand elle contribue à enterrer le rapport GOLDSTONE sur les crimes commis à Gaza ?
Sert-elle les Palestiniens quand elle soutient officiellement le nouveau dictateur égyptien qui est à l’origine de la fermeture du seul point de passage de GAZA avec le monde ?
Sert-elle les Palestiniens lorsque son président déclare quelques jours avant l’attaque israélienne : « Les tunnels entre Gaza et  l‘Egypte sont illégaux. Nous (sic) avons essayé de les détruire, nous (sic) avons construit un mur d’acier souterrain, nous (sic) avons essayé de les noyer ».
Toutes ces attaques ont en fait pour but de détruire un parti politique à référence culturelle musulmane, le HAMAS, et quel qu’en soit le prix pour la population palestinienne.
Le droit international étant bafoué, force est d’observer à nouveau le droit national palestinien, bafoué lui aussi. Le président ABBAS, selon des lois fondamentales palestiniennes, a terminé son mandat  en janvier 2009. Des élections ne pouvant avoir lieu, c’est le président du parlement Aziz DUWAIK qui aurait dû le remplacer. M. DUWAIK est en prison.  Alors que le parlement aurait dû légalement voir son mandat prolongé, nombre de parlementaires ont été emprisonnés, parfois avec l’appui de la police palestinienne, et le parlement est empêché de fonctionner.
Ainsi, on se bouscule aujourd’hui, parmi les dictatures arabes, pour être « le meilleur ennemi d’Israël ».
Le président actuel est donc illégal autant qu’illégitime. M. ABBAS et Mme Leila SHAHID  règnent sur un champ de ruines physique, politique et moral. Ils servent l’intérêt de l’ennemi. La Palestine a son gouvernement de VICHY qui ne représente pas les Palestiniens, pas plus que VICHY ne représentait la France.
Que ceux qui le contestent osent organiser des élections libres et non faussées à Gaza, en Cisjordanie et à Jérusalem-Est.
http://tlaxcala-int.org/upload/gal_8671.jpg
Carlos Latuff
 

mercredi 23 juillet 2014

Un dimanche à Sydney, Australie, avec les Palestiniens

Les plus belles images de la solidarité mondiale avec les Palestiniens nous viennent d'Australie, où plusieurs milliers de personnes ont manifesté dimanche dernier. Regardez: ils et elles sont magnifiques.
Marching as one... 14,000km from the frontline: Thousands take to Sydney streets calling for Israel to stop its bombardment of Gaza 

  • More than 2000 marched down George Street in Sydney's centre
  • It is Sydney's second major pro-Palestine rally in a fortnight
  • So far more than 350 Palestinians and seven Israelis have been killed in the 13-day conflict
  • Rally called on Australian leaders to 'stand up'


Schoolchildren have led thousands of protesters through Sydney's CBD, demanding an end to Israel's military offensive in Gaza.
Stunned shoppers watched on as a crowd of more than 2000 marched down George Street, waving flags and chanting, 'In our thousands, in our millions, we are all Palestinian.'
It is Sydney's second major pro-Palestine rally in a fortnight.
Parramatta woman Buthania Saeed took her children to Sunday's protest, which came days after four youngsters were killed in an air strike as they played on a beach in Gaza City.
Schoolchildren led a march through Sydney's centre on Sunday. They held plastic dolls to signify the loss of innocent babies' lives in Gaza

'I'm here as a mum to raise awareness of what's happening in Gaza,' Ms Saeed, 41, told AAP.
'All we're seeing is women and children being murdered, houses are being burnt down and families are being vanished.'
One demonstrator held up a baby doll swaddled in fake blood-drenched sheets, and stretcher bearers carried child-like figures wrapped in white.
More than 350 Palestinians and seven Israelis have been killed in the 13-day conflict.
Rally master of ceremonies Ophelia Haragli called on Australian leaders to 'stand up'.Over 2000 people marched along George Street with banners and flags that showed their support for Gaza

A young boy held a sign saying 'no one is free when others are oppressed' while his friend took photos of the march on his iPhone. In the background, a toddler in a pushchair was also brought to the march

Pro-Palestinian protestors painted their faces and wore t-shirts that said 'free Gaza' as they gathered to march the streets of Sydney

'You don't have to look far, you only have to look at the pictures on the screens, and touch your heart to know that what's going on in Israel is a massacre,' Ms Haragli said.
NSW Greens MP David Shoebridge, who addressed the crowd, wants the federal government to use Australia's position on the UN Security Council to push for a ceasefire.
Elsewhere in Sydney, deputy federal opposition leader Tanya Plibersek said an end to the conflict was urgently needed, though she did not outline the role Australia might play in reaching any detente.
'Of course the rockets must stop,' Ms Plibersek told reporters on Sunday. 'Hamas must agree to a ceasefire, and I also urge Israel to ensure that any response to that rocket fire is proportionate and spares the lives of civilians.'
Pro-Palestinian protestors called for 'freedom for Palestine' and held signs saying 'pray for Gaza' and 'occupation is a crime' as they chanted in the city centre

A young girl shouted passionately as she held a sign calling for the government to 'save Palestinian kids'
Tomato sauce was used to depict the bloodshed in the Gaza

More than 350 Palestinians and seven Israelis have been killed in the 13-day conflict

Rally master of ceremonies Ophelia Haragli called on Australian leaders to 'stand up'


A young boy acted as a stretcher bearer as he carried a child-like figure wrapped in white through the streets

Sydney's main shopping street was lined with people dressed in red, black, white and green in support of Gaza

NSW Greens MP David Shoebridge, who addressed the crowd, wants the federal government to use Australia's position on the UN Security Council to push for a ceasefire

mardi 15 juillet 2014

Le droit d’exister, le droit de résister : Lettres de Gaza

par Salma Ahmed Elamassie سلمى احمد الاماسي  Depuis le 9 juillet dernier, Salma Ahmed Elamassie, professeur de français à Gaza et mère de deux enfants, envoie des lettres par le biais de sa page Facebook. Des bouteilles jetées à la mer avant un  naufrage ... Lire la suite
 

lundi 19 novembre 2012

Nuit et brouillard sur Gaza


Dessins d'Atiqullah Shahid, Tlaxcala
 
Gaza martyre, Gaza combattante, Gaza héroïque

réclame justice

réclame vengeance

réclame la vie

Sionistes, nazis, assassins d'enfants, de familles entières, de  vieillards,

vous paierez pour vos crimes,

tous vos crimes

Gaza, 18 Novembre 2012 (Photo: Reuters - Mohammed Salem)
(Photo: AFP - Mahmud Hams)
(Photo: AFP - Mahmud Hams)
(Photo: Reuters - Mohammed Salem)
(Photo: Reuters - Mohammed Salem)
(Photo: AFP - Mohammed Abed)
(Photo: AFP - Mohammed Abed)
(Photo: AFP - Mohammed Abed)
(Photo: Reuters - Ahmed Zakot)
(Photo: Reuters - Ahmed Zakot) 



 
Cette nuit à Gaza, on n'entend qu'un seul bruit : le bourdonnement des drones qui surveillent le territoire 24 h. sur 24

dimanche 18 septembre 2011

Tears of Gaza Gazas tårer فلم دموع غزة

A film by Vibeke Løkkeberg, Norway, 2010

mercredi 31 août 2011

La Flottille de la Liberté, sans prendre la mer, a porté au blocus de Gaza un coup qui conduira à sa désagrégation - Réflexions sur l’avenir des mouvements de solidarité

Traduit par  Najib Aloui 
 
Amir Makhoul a écrit ce texte le 5 juillet 2011, dans la prison militaire israélienne de Gilboa, où il purge une peine de 9 ans de prison.
Menée à une époque de mondialisation de la terreur d’Etat, l’entreprise officielle et internationale de sabotage de la Flottille de la Liberté constitue un moment- clef dans l’histoire du mouvement populaire mondial et de la solidarité entre les peuples. Cette action met à jour l’inquiétante étendue de la coopération et de la coordination que pratique un système répressif international engageant gouvernements, services de renseignements et unités opérationnelles de l’armée. Nous avons là affaire à un véritable cartel de la terreur officielle mis en place par les détenteurs du monopole de la répression- Etats et organisations internationale s- dans le but d’étouffer les mouvements pacifiques de solidarité avec le peuple palestinien qui émergent un peu partout dans le monde afin de mettre fin au blocus de Gaza.
Nul doute que ces Etats partagent avec Israël ce crime commis contre le peuple palestinien et ses droits ainsi que contre les personnes qui lui sont solidaires. Mais en dépit de ces développements, une donnée essentielle émerge : alors même que se déployait sur les plans militaire, judiciaire et ouvertement terroriste l’opération de sabotage visant à empêcher les navires de prendre la mer, au début de juillet 2011, Gaza l’assiégée incontestablement gagnait en liberté. C’est le sentiment qui prévaut parmi nous, nous les combattants de la liberté détenus dans les prisons israéliennes, le sentiment que, grâce à Flottille et à la dynamique qu’elle a suscitée, la liberté est plus proche que jamais.
Ce qu’il faut retenir ici est l’influence et la force du mouvement populaire mondial de solidarité avec le peuple palestinien, en particulier le mouvement « Free Gaza » pour briser le blocus. C’est grâce à cette influence et à cette force toujours grandissantes qu’apparaît maintenant le visage véritable de ces Etats et régimes complices du terrorisme israélien. Que ces Etats et régimes soient désormais contraints de déployer au grand jour leur arsenal guerrier et répressif contre les mouvements solidaires du peuple palestinien est signe clair que le blocus de Gaza est plus fortement secoué que jamais depuis sa mise en place.
Nous devons noter que les parties- Etats et régimes, sans oublier le Secrétaire Général de l’ONU lui-même ! - qui ont exprimé leur hostilité à l’égard de la Flottille de la Liberté sont ceux-là mêmes qui ont condamné les mouvements de masse des réfugiés lors de la commémoration de la Nakba, le 15 mai 2011, et de la Naksa, le 5 juin. Ces réfugiés qui manifestaient la volonté de retourner dans leur patrie - leur droit inaliénable et internationalement reconnu- ont été accusés par ces parties de provocation à l’égard d’Israël, ce régime fondé sur la conquête militaire, l’exode forcé et la purification ethnique ! Mais dans tout cela, ce qui apparaît nettement est l’aggravation, à un niveau jamais égalé auparavant, de la crise d’Israël, crise dont la lame de fond n’est autre que la question- qui ne cesse de prendre de l’ampleur au sein du mouvement populaire mondial- de la légitimité même d’Israël en tant que régime colonialiste et raciste.
Une évolution importante marque le présent élan de solidarité populaire mondiale avec le peuple palestinien et pour la consolidation du droit palestinien, c’est que désormais, de nombreux militants sont prêts à payer un prix très élevé pour leur engagement et à affronter les dangers que comporte l’affrontement avec Israël et ses complices parmi les Etats et régimes. Malgré ces dangers, cet élan populaire international ne cesse de s’étendre et de gagner en détermination, acculant Israël et lui arrachant chaque jour un lambeau de la légitimité dont il se pare.
Cette solidarité, digne de la plus haute estime, est mouvement des peuples, mouvements populaires de toutes les parties du monde qui considèrent que dans le combat inégal entre l’oppresseur et l’opprimé, leur place est d’être, de façon active et concrète aux côtés de ce dernier, aux côtés des victimes de la conquête militaire, de la répression, des détentions de masse et du racisme. Ce que l’attaque israélienne contre la Flottille nous donne à voir de façon plus flagrante que jamais est que les gouvernements complices n’hésitent pas à employer leur influence politique et diplomatique, leurs services de renseignements, leurs appareils judiciaires ainsi que leurs unités militaires spéciales afin d’accroître l’inégalité du rapport de force au profit d’Israël et au détriment des droits du peuple palestinien et des mouvements qui le soutiennent.
Que ce système mondial de terreur officielle s’affiche ouvertement en assignant un rôle précis à chacune des forces, Etats et gouvernements, qui le composent signifie que dans cette vision, les peuples ne comptent plus et que seuls comptent les structures internationales dominantes d’intérêts et les pouvoirs en place.
L’Union Européenne s’est employée à discréditer la Flottille de la Liberté et à s’attaquer à sa légitimité mais il faut dire, et il n’y a rien d’étonnant à cela, que l’administration américaine l’avait précédée dans cette basse manoeuvre. Le pire, cependant devait venir de la Grande-Bretagne qui a pris la décision politique d’arrêter Cheikh Raed Salah, l’un des plus grands dirigeants du peuple palestinien et dirigeant du mouvement mondial contre le blocus de Gaza. La campagne de calomnies qui a accompagné son arrestation, qui n’est rien d’autre que reprise grossière de la propagande israélienne dirigée contre cet homme et ce qu’il représente, montre l’étendue de la compromission - voire de la soumission - de ces milieux au gouvernement israélien et au lobby sioniste
En arrêtant le Cheikh Raed Salah, la Grande Bretagne a offert à Israël la possibilité de pervertir et de détourner à son profit un des moyens d’action de la société civile mondiale et, pour ce pays ci, le recours aux tribunaux britanniques pour poursuivre et arrêter les criminels de guerre israéliens, généraux et personnalités politiques. Pour rappel, quand, il y a quelques années, le Centre Palestinien des Droits de l’Homme, dans une action menée avec des parties solidaires britanniques, obtint de ces tribunaux un arrêt ordonnant l’arrestation du général Doron Almog pour sa responsabilité dans l’assassinat du martyr Salah Shehade et de treize membres de sa famille à Gaza, les autorités britanniques distillèrent l’information à l’ambassade israélienne et à Doron Among lui-même, ce qui permit à celui-ci de fuir le territoire britannique et d’échapper à la justice de ce pays.
Ainsi, le recours à la justice qui était pour les victimes de l’occupation, du racisme et du colonialisme un lieu où leurs droits pouvaient être entendus est devenu pour les occupants et les criminels de guerre moyen de pousser encore plus loin l’oppression de ces mêmes victimes et cela, en utilisant non seulement leurs lois mais aussi celles qui ont cours dans les pays dont les gouvernements sont complices des crimes israéliens.
La Grèce, qui est liée à Israël par un système de coopération militaire et sécuritaire en plein développement incluant des manœuvres conjointes, a engagé une opération militaire utilisant ses forces spéciales dont les commandos navals pour immobiliser la Flotte, y compris en recourant aux explosifs pour détruire les moteurs des navires. Dans le même temps, elle ne s’est pas privée d’actionner ses appareils judiciaires afin de donner un semblant de légalité à son recours à la force militaire brute pour empêcher la Flottille de prendre la mer pour Gaza. A la gloire de cette force militaire hautement louée par Israël, le blocage des navires au port, le sabotage de leurs moteurs et l’opération d’arraisonnement en pleine mer suivie d’un retour forcé au port.
Par ailleurs, Chypre a annoncé sa décision d’interdire aux navires de la Flottille de mouiller dans ses eaux territoriales alors que la Turquie a fait preuve d’une attitude moins qu’honorable. On sait que les explosions qui ont touché un des navires de la Flottille ont eu lieu dans ses eaux territoriales mais il y a pire que cela : elle a interdit au Mavi Marmara, ce symbole de la solidarité avec Gaza qui porte encore les traces de la sanglante attaque israélienne, de rejoindre la Flottille de la Liberté.
Encore une fois, nous constatons la pitoyable veulerie de la position officielle palestinienne, celle de l’ Autorité Palestinienne et de l’ OLP lesquelles, face à ce crime commis par Israël et de nombreux autres Etats, n’ont pas trouvé mieux que de se dérober à leur rôle de partie essentielle dans le conflit avec Israël pour assumer celui de « partie tierce ». Il faut aussi noter que durant ces évènements, la coopération sécuritaire de l’Autorité Palestinienne avec Israël ne s’est pas relâchée ni même été mise en question un seul instant.
Nous avouons que nous attendions plus de l’Egypte révolutionnaire. Cet Etat à vocation de puissance régionale avait la possibilité d’offrir, à la Flottille de la Liberté, accueil dans ses ports et protection lors de son départ vers Gaza, car son littoral et ses eaux territoriales sont plus proches de Gaza que ne l’est cette dernière d’Israël. L’Egypte s’est abstenue d’offrir à la Flotte un tel soutien, car avec son régime actuel, elle accepte encore de subir ce siège mis en place autour d’elle et autour de la Palestine par les accords de Camp David). Nous devons reconnaître que l’Egypte révolutionnaire a ré-ouvert le passage de Rafah, un pas extrêmement important mais nous pensons que quand on est capable d’ouvrir Rafah, on est également capable de protéger la Flottille de la Liberté.
L’ouverture du passage de Rafah est chose extrêmement positive mais elle ne met pas fin au blocus ni ne suffit à le briser. Nous devons aussi noter que l’Egypte, l’Autorité Palestinienne et la Jordanie poursuivent toujours leur coordination sécuritaire avec Israël et cela est extrêmement dangereux, car en fin de compte, ceux qui sont encerclés, ce sont le peuple palestinien, les peuples arabes et la souveraineté arabe, spécialement celle de l’Egypte.
Tous ces évènements nous apprennent malheureusement que les révolutions arabes ont encore du mal à traduire leur élan sur le plan des responsabilités régionales. Que l’Union Européenne, la Grèce , la Grande Bretagne ou encore Chypre manifestent de façon aussi insolente et brutale leur hostilité à l’égard de la Flottille de la Liberté, à l’égard du mouvement contre le blocus imposé à notre peuple n’est que la conséquence de ce déficit au plan régional. Il est vital que les forces populaires et politiques, précisément celles de l’Egypte, prennent conscience de ce déficit.
Israël que nous connaissons bien, s’était préparé à perpétrer une boucherie contre les membres du mouvement de solidarité en lançant une campagne haineuse appelant à verser leur sang, en répandant des mensonges éhontés sur eux et ce qu’ils sont, sur leurs intention et sur la nature des biens qu’ils transportaient. En dépit de la grossièreté de ces mensonges, mensonges dont sont conscients même leurs journalistes les plus connus, les médias aux ordres d’Israël ont continué à les diffuser comme s’ils étaient détenteurs d’un dossier de « preuves »- un dossier qui n’existe pas.
Il est clair que les peuples et les mouvements solidaires du peuple palestinien, très nombreux dans le monde, ne se soucient que très peu de l’impact des médias israéliens mais nous devons reconnaître qu’Israël a bien retenu le sens des signaux qu’elle a reçus après son attaque sanglante contre la Flottille de la Liberté en juin 2010 : désormais, elle redoublera d’actions criminelles. Et cette fois-ci, comme l’action de sabotage de la flottille a été essentiellement commise par des Européens, des Grecs, des Chypriotes, des Américains etc., elle n’est que tentative de blanchiment du crime qui, dans le cas où elle est couronnée de succès selon les critères de ceux qui l’ont perpétrée, ne manquera pas de se répéter à l’avenir.
Pour résumer, nous énumèrerons quelques points qui méritent spécialement d’être soulignés.
Premièrement : le dévoilement au grand jour de la nature de l’ordre mondial officiel lequel opère son passage du terrorisme pratiqué par un seul Etat à un terrorisme qui est le fait d’un système engageant plusieurs Etats dans une organisation et une coordination inédites. Nous pouvons dire que cet ordre mondial a désormais adopté le terrorisme -incluant, sans se limiter à cela, l’usage de l’institution militaire - comme moyen de lutte contre les mouvements populaires de solidarité qui agissent dans le cadre de la légalité internationale et des Droits de l’Homme.
Deuxièmement : l’importance cruciale de l’extension des mouvements de solidarité , importance dont la prise en compte doit se traduire, dans l’action militante palestinienne, par plus d’échanges et de coordination avec ces mouvements. Ceux-ci, en effet, constituent pour notre peuple et sa cause une véritable ligne de défense mondiale. Dans ce contexte, une campagne mondiale s’appuyant sur les lois et conventions internationales pertinentes doit se faire afin d’assurer la protection de ces mouvements car leur combat vise la promotion des Droits de l’Homme et les Droits des Peuples.
Troisièmement : la nécessité d’œuvrer en vue de redonner à la cause palestinienne la place qui lui revient dans les révolutions arabes et, en particulier, en Egypte. Dans ce contexte, il faut agir en vue de promouvoir des mécanismes permettant à l’opinion arabe d’être plus réactive et dans le même temps plus présente en tant que force face aux évènements mondiaux.
Quatrièmement : l’exigence que cesse de façon définitive la coordination sécuritaire de l’Egypte, de la Jordanie et de l’Autorité Palestinienne avec Israël, exigence qui va doit s’accompagner d’une pression sur le régime égyptien afin qu’il se libère des accords de Camp David, ces accords qui ont gommé la dimension arabe de l’Egypte et exclu celle-ci de la confrontation avec Israël.
Cinquièmement : la préparation de la prochaine Flotte de la Liberté, préparation qui doit bénéficier des enseignements tirés l’expérience de la dernière Flotte, parmi lesquels la nécessité de démanteler le cordon sécuritaire que s’est donné Israël grâce aux Etats hostiles mentionnés plus haut.
Nous avons dans ces évènement des leçons précieuses mais la grande vérité qui émerge est que la Flottille de la Liberté est arrivée à Gaza sans même quitter les quais et que Gaza, comme toute la Palestine, a trouvé son chemin vers le cœur des peuples du monde, Là est le meilleur fruit de la lutte de notre peuple et de ses amis dans le monde.
 

jeudi 8 juillet 2010

Les brûlures au phosphore blanc : un rapport clinique de médecins palestiniens

par  Loai Nabil Al Barqouni, Sobhi I Skaik, Nafiz R Abu Shaban, Nabil Barqouni, The Lancet, 3/7/2010. Traduit par Esteban G. et édité par Fausto Giudice, Tlaxcala

En janvier 2009, un homme de 18 ans avait été admis au service des urgences pour des blessures résultant d’une attaque par bombe incendiaire. Il présentait de nombreuses surfaces cutanées douloureuses portant de profondes brûlures, cernées de tissu déchiqueté. Ses blessures couvraient environ 30% du corps et se situaient sur les deux membres supérieurs et inférieurs, de même que sur l’épaule droite. Aucun signe de brûlure par inhalation n’avait été constaté. Une fois établi le diagnostic de brûlures au phosphore blanc, la perméabilité des voies respiratoires a été assurée, un goutte-à-goutte intraveineux était installé pour injecter des calmants et autres liquides, les blessures sous-cutanées ont été irriguées d’une solution de bicarbonate de soude avant qu’on leur applique des pansements humides.
Le lendemain de son admission au service des brûlés, on pouvait observer une fumée blanche se dégageant des blessures qui contenaient un tissu nécrotique allant jusqu’au niveau sous-cutané (Figures A et B). Le patient fut transporté rapidement en salle d’opération, pour que le chirurgien procède à un curetage du tissu nécrotique, et à l’extraction des particules de phosphore blanc. Au cours du curetage, une particule de phosphore blanc s’était détachée accidentellement causant une brûlure superficielle au cou d’une infirmière. Nous avons alors transféré le patient au service des soins intensifs pour le soumettre à un monitoring permanent assurant le contrôle des fonctions vitales, la détection de possibles troubles électrolytiques (en particulier l’hypocalcémie) et surveillant les variations du tracé de l’électrocardiogramme (ECG). Au bout de 8 jours d’hospitalisation, le patient se trouvait relativement bien et était déclaré guéri sans complication systémique. Au terme d’un suivi de 16 mois, il se sentait toujours bien, mais il présentait des cicatrices hypertrophiées légèrement sensibles au thorax, bras et muscle (Figure C et D).

Brûlures au phosphore blancLésions multiples avec une importante destruction sous-cutanée, des nécroses à l’épaule droite (A) et à la jambe (B). Après 16 mois de soins (C, D)
Le phosphore blanc est un combustible solide, cireux, de couleur jaune translucide, qui dégage de la fumée [1]. Il est utilisé principalement par les militaires et dans les secteurs de l’industrie. En présence d’oxygène il s’enflamme spontanément et donne une flamme jaune avec une fumée très dense ; il ne s’éteint qu’en l’absence d’oxygène ou une fois qu’il s’est totalement consumé [2]. Au contact de la peau le phosphore blanc provoque des brûlures chimiques douloureuses [3] dont la forme caractéristique prend l’aspect de lésions jaunâtres, nécrotiques et profondes, inhérentes aux composants chimiques et thermiques du combustible.
Étant donné que le phosphore blanc possède une très grande solubilité dans les lipides, les blessures qu’il produit s’approfondissent au fur et à mesure dans le tissu sous-cutané, retardant ainsi leur cicatrisation. Le phosphore blanc peut aussi très souvent être absorbé, et dans ce cas il provoque un syndrome de dérèglement organique multiple dû à son effet sur les globules, les reins, le foie et le cœur [2-4].
Les premiers soins en cas de blessures par phosphore blanc doivent être le retrait des vêtements du patient et l’application de pansements imbibés de sérum salin ou d’eau [1]. Selon les études réalisées sur les animaux et les résultats de cas cliniques, dès l’admission dans les services d’urgence, il est recommandé d’irriguer en permanence les blessures avec de l’eau pour réduire les complications des brûlures [1, 2, 4] ; de même qu’il est vital de débrider les particules de phosphore blanc suffisamment grandes pour être identifiées. On peut placer les blessures sous la lumière d’une lampe Wood (ultraviolet) ou bien appliquer une solution de sulfate de cuivre diluée à 0,5% pour faciliter l’extinction des particules incrustées [4]. Les patients dont l’état est critique nécessitent le curetage du tissu nécrotique et des greffes de peau, en même temps qu’une injection intraveineuse de solution liquide pour remplacer les pertes et un contrôle permanent des électrolytes et une mise sous ECG, tout cela afin d’éviter des complications possibles comme l’hypocalcémie, l’hyperphosphatémie et l’arythmie cardiaque. Les brûlures causées par le phosphore blanc ont une constance morbide : elles nécessitent souvent de longs séjours prolongés dans les hôpitaux. Les cas extrêmes peuvent être mortels.
Nous sommes dans l’impossibilité de donner une estimation du nombre de ces cas dans notre unité de brûlés, puisqu’il s’agissait d’une situation de guerre dans laquelle il n’était procédé à aucun enregistrement formel; de telles brûlures ne se voient que très rarement dans la pratique clinique habituelle et, sur ce sujet, la littérature médicale disponible est très limitée. Conformément à la Convention des Nations Unies sur certaines Armes classiques, il est interdit d’attaquer la population civile avec des armes incendiaires.
Contributeurs
Traitement du patient: NS, SS, LB; rédaction du rapport: LB, NB. La publication de ce cas a été autorisée par consentement écrit.
Notes
1 Lisandro I. CBRNE—incendiary agents, white phosphorus. http://emedicine.medscape.com/article/833585-overview  (consulté le 21 mai 2010).
2 Eldad A, Simon GA. The phosphorous burn—a preliminary comparative experimental study of various forms of treatment. Burns 1991; 17: 198-200.
3 Chou TD, Lee TW, Chen SL, et al. The management of white phosphorus burns. Burns 2001; 27: 492-497.
4 Davis KG. Acute management of white phosphorus burn. Mil Med 2002; 167: 83-84.
Les auteurs Les auteurs sont des médecins palestiniens exerçant à Gaza et Jérusalem.

Loai Nabil Al Barqouni
: Faculty of Medicine, Al Quds University, Abu-Deis, Jerusalem, 00970 occupied Palestinian territory

Sobhi I Skaik FRCSEd: Department of Surgery, Shifa Medical Centre, Gaza Strip, occupied Palestinian territory

Nafiz R Abu Shaban MSc: Department of Plastic Surgery and Burns, Shifa Medical Centre, Gaza Strip, occupied Palestinian territory

Nabil Barqouni CABP: Al Nasser Pediatric Hospital, Gaza Strip, occupied Palestinian territory
Correspondance : Loai Nabil Al Barqouni, Faculty of Medicine, Al Quds University, Abu-Deis, Jérusalem, 00970 Territoire palestinien occupé.

jeudi 10 juin 2010

La Palestine, les Turcs et les Arabes


À droite, un Turc avec une pancarte : « Contribuez  avec vos frères turcs  à briser le blocus de Gaza . Rejoignez la Flottille de la Liberté. »
Un Arabe qui revient du marché  lui dit :
-Mon frère, je te jure que j’ai plein de trucs à faire, j’ai pas le temps : j’ai quatre enfants accrochés au cou. Le premier s’appelle Nasser, le deuxième Yasser, le troisième Saddam et le quatrième Nasrallah  !! Et le cinquième est en route. Mais je te promets : l’enfant à venir, je l’appellerai Erdogan !!!
Dessin de Mahjoob pour Al  Quds Al Arabi, 9/6/2010