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mercredi 28 novembre 2012

Grèce : la bataille de l'or de Skouries

La forêt de Skouries, dans le nord de la  péninsule grecque de Chalcidique s’est transformée en champ de bataille dimanche soir alors que des villageois et des manifestants proches du Syriza se sont affrontés avec la police anti-émeute. Environ 2000 manifestants ont défilé pacifiquement vers le site de la société Eldorado contre l’impact environnemental grave de ses activités d’exploitation minière. Des escadrons de la police anti-émeute avait déjà bloqué l’entrée et lancé des grenades lacrymogènes pour disperser la foule.
Il y a eu plusieurs cas de brutalité policière scandaleux qui n’ont pas été -comme souvent- repris par les médias traditionnels. De manière opposée, les messages sur twitter furent encore une fois d’une viralité importante.

Photo A. Michailidis/AP
Des policiers auraient cassé les fenêtre des voitures en bas de la jonction de la route, avec les passagers restés à l’intérieur, ont tabassé des manifestants âgés, contraint une femme de 55 ans à s’agenouiller, la blessant à la jambe et ont cassé l’objectif de la caméra du journaliste @nikospilos.
Iliopoulos, membre du mouvement de jeunesse Syriza aurait dit: «Ils (les policiers) nous ont poursuivi jusqu’en bas de la route pendant 7km et les gens ont été pris de panique. Ils ont lancé des gaz lacrymogènes à l’intérieur des voitures. »
18 personnes ont été arrêtées et ont été conduites au poste de police de Polygyro (capitale de Halkidiki), où 150 autres personnes se sont rassemblées pour exprimer leur solidarité. Suite aux négociations, des détenus ont finalement été autorisés à voir 4 avocats.

Le député du Syriza Katerina Igglezi s’est vue refuser l’accès au bâtiment et aurait été agressée par un policier en civil sur place. Les détentions se sont toutes transformées en arrestations, sauf pour un conducteur de pick-up qui a été inculpé de tentative d’homicide alors qu’il était transféré à l’hôpital pour des problèmes cardiaques après que la police aient lancé une grenade lacrymogène dans son véhicule qu’il était en train de conduire (!).
Parmi les personnes présentes à la manifestation, il y avait manifestants anti-mine de Kilkis et de Thrace, dont les régions sont également menacées par un désastre environnemental dû aux plans miniers. Étaient également présents des militants écologistes de Thessalonique, deux députés du SYRIZA, un Eurodéputé Eco-Green et un représentant du parti des Grecs indépendants.
Quelques vidéos de la journée d’hier (source antigoldgreece) :
Les femmes aux avant-postes lors de la manifestation :
Un feu dans la forêt de Skouries :
Gaz lacrymogène et flashbangs :
Panique chez les manifestants :
Le service de communication du Syriza a condamné «  les forces répressives de la police « . En poursuivant que  » la police, au lieu de protéger les intérêts du peuple, est utilisée comme une armée de mercenaires pour servir les intérêts des colonialistes modernes « .
De son côté, le service de communication du ministre de l’ordre public, Dendias, a indiqué que  » L’annonce du SYRIZA est un monument d’insolence et de tentative de perversion  des faits. Les soi-disant manifestants pacifiques ont attaqué la police sans provocation à Halkidiki   avec des cocktails Molotov, des pierres, des bouts de bois.  » Dendias accuse les manifestants d’avoir provoqué le feu de forêt, comme durant les dernières manifestations contre la mine d’or.
Enfin, Dendias précise qu’  » il est temps de réaliser que les députés du Syriza comme les membres de l’Aube Dorée devraient se conformer(…), comme tous les citoyens grecs, aux même exigences de la Constitution et des lois de la République hellénique « .
Une manière de faire croire que les écologistes qui souhaitent protéger la forêt seraient assez stupides pour provoquer un incendie. Une manière de faire croire que la police fait un travail admirable pour la protection de la population et de la constitution grecque.
Et enfin une manière de faire croire que les activités du Syriza seraient comparables aux violences des membres de l’Aube Dorée.
On atteint donc des sommets.
sources : twitter, RadioBubblewww.enikos.gr,  antigoldgreece

Mise à jour du 23/10/2012 : doc4life.net a publié des photos des évènements sur son site, dont celle-ci :

photos: Alexandros Michailidis

source : OkeaNews

mardi 6 novembre 2012

NON AU GAZ DE SCHISTE EN TUNISIE!!..MANIFESTATION DEVANT LE MINISTÈRE DE L'INDUSTRIE

Chers militants et citoyens tunisiens

NOS CRAINTES SE SONT AVÉRÉES JUSTES. ILS L’ONT FAIT !!!!

SHELL a eu le dernier mot au détriment de la santé des Tunisiens et au grand dam de la société civile qui n’a cessée d’attirer l’attention sur les méfaits de l’exploitation du gaz et huile de schiste.
En effet le ministre de l’industrie dans une interview accordée au journal "Le Maghreb" en date du 2 novembre 2012 a affirmé ; je cite: "Les négociations avec la société SHELL sont sur la bonne voie et nous allons lui accorder l’autorisation de l’extraction et l’exploitation du gaz de schiste très prochainement". Cette déclaration irresponsable est de nature à aller à l’encontre des droits fondamentaux des citoyens; car Mr Chakhari semble faire cavalier seul faisant fi de la transparence ainsi que de l’étude d’impact promise publiquement par le ministre de l’environnement.

ET LA RÉVOLUTION DANS TOUT ÇA !!!
DEVRIONS NOUS SUBIR, ÉTERNELLEMENT, DANS NOTRE CHAIR SANS BRONCHER ? SERIONS NOUS CONDAMNER A ÊTRE , PERPÉTUELLEMENT, LE DINDON DE LA FARCE DES POLITIQUES MERCANTILISTES ?!
C’est autant de questions que les citoyens dignes de ce nom devront se poser !!.

Si nous devons accepter le lessivage de notre environnement, de nos contrées, de nos richesses naturelles, de notre santé et de notre développement économique au profit des multinationales étrangères ainsi que de certains "gros bonnets de la politique"; ALORS ILS SERONT MORTS POUR RIEN !!!!!!!

L’HEURE EST GRAVE, notre jeunesse ainsi que les générations futures nous le reprocheront, IL SERA ALORS TROP TARD !!!!! à moins que...... NOUS TOUS, SANS EXCEPTION AUCUNE, NOUS CRIONS D’UNE SEULE ET MEME VOIX :
NON NON ET NON AU GAZ ET A L’HUILE DE SCHISTE !!!!!

AgriEcoForest Tunisie ainsi que toute la société civile vous attendent. Venez nombreux pour faire barrage à cette trahison , à cet odieux projet,
le MERCREDI 7 NOVEMBRE 2012 à 10 H DEVANT LE MINISTERE DE L’INDUSTRIE ET DU COMMERCE
Immeuble Beya, 40 rue 8011, Montplaisir Tunis


CAR IL Y VA DE NOTRE AVENIR A TOUS !!!! 

Signez la PETITION
Interdire l'exploitation du gaz de schiste en Tunisie


Le gaz de schiste par afp

jeudi 21 juin 2012

Rio+20 : Quand l’économie et le capitalisme se peignent en vert


Esther Vivas إستر فيفاس

Le vert fait vendre. De la « révolution verte » en passant par la « technologie verte » et la « croissance verte » aux « pousses vertes », censées nous faire sortir de la crise. Dernière trouvaille en date ; l’« économie verte ». Une économie qui, contrairement à ce que son nom indique, n’a rien de « vert », mis à part la couleur des dollars qu’espèrent gagner ceux-là même qui en font la promotion.
Il faut dire que la nouvelle offensive du capitalisme global, visant à privatiser et à transformer massivement en marchandises les biens communs, trouve dans l’économie verte sa plus haute expression. Dans un contexte de crise économique comme celui d’aujourd’hui, il s’agit précisément d’une des stratégies du capital pour récupérer des taux de profits élevés, en privatisant les écosystèmes et en transformant le « vivant » en marchandise.
 
L’économie verte constituera, justement, le thème central à l’agenda du prochain Sommet des Nations Unies sur le Développement Durable, Rio+20. Il aura lieu du 20 au 22 juin à Rio de Janeiro, vingt ans après le Sommet de la Terre de l’ONU qui s’était déroulé en 1992 dans cette même ville.
 
Deux décennies plus tard, où en sommes-nous ? Que sont devenus des concepts tel que le «développement durable », qui est accolé à ce sommet ? Où en est la ratification de la Convention sur le Changement Climatique qui avait jeté les bases du Protocole de Kyoto ? Ou encore la Convention sur la Diversité Biologique qui fut élaborée à l’époque ? Ce ne sont plus que des chiffons de papier, ni plus ni moins. La situation aujourd’hui est pire qu’à l’époque.


Un participant au Sommet des Peuples pour la Justice sociale et environnementale en défense des biens communs, qui se tient parallèlement au sommet officiel, Rio de Janeiro, 15 juin 2012. Photo Silvia Izquierdo/AP
 
Au cours de toutes ces années, non seulement on n’est pas parvenus à freiner le changement climatique, la perte de biodiversité, la déforestation, etc., mais ces processus n’ont fait, au contraire, que s’aggraver et s’intensifier. Nous assistons ainsi à une crise écologique sans précédent qui menace l’avenir de l’espèce humaine et de la vie sur cette planète. Une crise qui joue un rôle central dans la crise de civilisation que nous traversons.
 
Cette crise environnementale met en évidence l’incapacité du système capitaliste à nous sortir de l'impasse dans laquelle nous a conduit sa logique de croissance illimitée, de profit à court terme et de consumérisme compulsif. Cette incapacité à offrir une issue réelle, nous avons clairement pu la constater lors des échecs des sommets sur le climat à Copenhague (2009), Cancún (2010), Durban (2011), ou lors du sommet sur la biodiversité à Nagoya au Japon (2010). A chaque occasion ce sont des intérêts politiques et économiques particuliers qui se sont imposés sur les besoins collectifs de l’humanité et sur l’avenir de la planète.
 
Dans ces sommets, on a adopté des fausses solutions face au changement climatique ; des solutions technologiques comme le nucléaire et les agro-carburants, ou encore la capture et le stockage sous terre des émissions de CO2. Autant de mesures destinées à masquer les causes structurelles qui nous ont conduites à la crise écologique actuelle. Ces fausses solutions ne cherchent qu’à faire du profit avec cette crise et elles ne feront rien d’autre que l’aggraver.
 
Les liens étroits entre ceux qui possèdent le pouvoir politique et le pouvoir économique expliquent cette absence de volonté à adopter des réponses efficaces. Les politiques ne sont pas neutres. Une solution réelle implique un changement radical du mode de production, de distribution et de consommation actuel, une confrontation ouverte avec la logique productiviste du capital. Autrement dit : toucher au noyau dur du système capitaliste. Ceux qui détiennent le pouvoir politique et économique ne sont pas disposés à faire une telle chose car ils ne veulent pas « tuer la poule aux œufs d’or ».
 
Aujourd’hui, vingt ans plus tard, ils veulent nous vendre leur « économie verte » comme une solution à la crise économique et écologique. C’est un autre grand mensonge. L’économie verte ne cherche qu’à faire du profit avec la nature et avec la vie. Il s’agit d’un processus d’appropriation néo-colonial des ressources naturelles – du moins celles qui ne sont pas encore privatisées – afin de les transformer en marchandises que l’on achète et que l’on vend.
 
Ses promoteurs sont, précisément, ceux qui nous ont conduit à la situation de crise dans laquelle nous nous trouvons : les grandes entreprises multinationales, avec le soutien actif de gouvernements et d’institutions internationales. Ces mêmes compagnies qui monopolisent le marché de l’énergie (Exxon, BP, Chevron, Shell, Total), de l’agro-industrie (Unilever, Cargill, DuPont, Monsanto, Procter&Gamble), des pharmaceutiques (Roche, Merck), de la chimie (Dow, DuPont, BASF), sont les principales à impulser l’économie verte.
 
Nous assistons à une nouvelle attaque contre les biens communs et les perdants seront les 99% de notre planète. Et tout particulièrement les communautés indigènes et paysannes du Sud, celles qui protègent et vivent de ces écosystèmes. Elles seront expropriées et expulsées de leurs territoires au profit des entreprises multinationales qui veulent tirer profit de ces écosystèmes.
 
Le Sommet Rio+20 est destiné à garantir ce que l’on pourrait appeler « une nouvelle gouvernance environnementale internationale », qui consolide la marchandisation de la nature et permette un plus grand contrôle oligopolistique sur les ressources naturelles. En définitive, il s’agit de déblayer le terrain pour les entreprises multinationales afin qu’elles s’approprient les ressources naturelles en légitimant des pratiques de pillage et d’usurpation. La réponse est entre nos mains ; dire « non » et démasquer un capitalisme et une économie qui ne font que se peindre en vert.