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samedi 11 février 2012

Veolia poursuit impunément son business illégal en Cisjjordanie

Veolia traite les eaux usées de la colonie juive de Modi’in Illit en Cisjordanie occupée
par
Adri Nieuwhof Άντρι Νιούχοφ آدری نیووٌف
Une recherché récente établit que Veolia est impliquée dans des projets israéliens « nouveaux » en Cisjordanie occupée. Veolia Waters Israel fournit des services à la colonie illégale de Modi’in Illit alors que Veolia Transportation Israel exploite sept lignes de transport par bus –au lieu de quatre- qui traversent les terres palestiniennes.
Who Profits? – un projet de recherche de la Coalition Israélienne des Femmes pour la Paix- a dévoilé des faits qui indiquent l’implication de Veolia dans les « nouveaux » projets d’occupation israéliens. Ces faits sont indiqués sur le site web de l’entreprise ainsi que sur les sites officiels israéliens et dans les rapports financiers.
Sur  son site web, Veolia Water Israel indique que son usine de traitement d’Ayalon traite les eaux usées de plusieurs communautés dont la colonie israélienne de Modi’in Illit. Celle-ci est située entre Jérusalem et Tel Aviv en Cisjordanie occupée. D’après «  Who Profits », Veolia Water Israel est une filiale à part entière de Veolia Environnement.

Veolia exploite trois autres lignes de bus qui traversent la Cisjordanie occupée
En août dernier, j’ai écrit que Veolia entretenait le silence à propos de deux lignes de bus desservant des colonies dans les Territoires palestiniens occupés (TPO). Veolia avait diffusé aux USA l’information qu’elle ne gérait aucun service de bus en Cisjordanie autre que les lignes  bus lines 109 and 110. Cependant, « Who Profits ?» a découvert que Veolia gérait deux autres lignes de bus vers les colonies illégales dans le TPO. La ligne 7 dessert les trajets de Modi’in vers les colonies de Hashmonaim et K’far Ha Oranim. Veolia opère aussi le bus 19 qui relie Modi’ in et la colonie de Mevo Horon.
Une recherché récente de Who Profits? révèle que Veolia gère aussi trois lignes de bus entre Bnei-Brak et Jérusalem qui traversent leS TPO et disposent d’arrêts destinés aux colons. Fin novembre 2011,Veolia a obtenu un contrat pour opérer des lignes de bus au service de la communauté ultra-orthodoxe Haredim. Who Profits? révèle ces faits   dans un a document diffusé par mail le 25 décembre. ( les arrêts de bus dans les TPO sont présentés dans la page web dans une liste qui comporte un lien pour chaque ligne de bus). 
La ligne 422 passe à travers les TPO par les nœuds routiers de Mahar Ofer, Givat Zeev, Sderot -Golda Meir, Shefa Haim et Ohel Yehoshua jusqu’à Jérusalem.
La ligne 425 traverse les TPO par les nœuds routiers de Mahane Ofer, Givat Zeev, Sderot-Golda Meir et Sderot-Vaitzman à Jérusalem.
La Line 427 traverse les TPO par l’échangeur de Harel et passe par Sderot Vaitzman à Jérusalem.
Veolia présente dans son site en hébreu les lignes de bus qu’elle opère: 422, 425 et 427.
En opérant ces lignes de bus, Veolia s’implique directement dans le maintien des colonies illégales dans les territoires palestiniens occupés.
Le tramway de Jérusalem
Le projet du  tramway de Jérusalem a été conçu par les autorités israéliennes en vue de servir les besoins des colons dans les territoires palestiniens occupés. Ce tramway permet un déplacement rapide vers Jérusalem-Ouest. Pourtant, les colonies dans les TPO ainsi que l’annexion de Jérusalem-Est sont illégales au regard du droit international. L’article 49 de la Quatrième Convention de Genève précise : « la puissance occupante ne pourra procéder à la déportation ou au transfert d’une partie de sa population civile dans le territoire occupé par elle. »

Cependant, le tramway a été utilisé comme  argument de vente dans une publicité du Fonds pour les Terres d’Israël (Israel Land Fund) pour un projet immobilier à Beit Hanina. ”Le projet est  situé sur l’autoroute 60, tout près du tramway et à 17 minutes à peine du centre-ville“, dit l’affiche publicitaire. Cette affiche souligne l’importance du tramway dans la colonisation de la Cisjordanie.
Le Fonds pour les Terres d’Israël vend des terres occupées afin que   « tout Juif, quel que soit le lieu où il réside, ait la possibilité d’obtenir une portion de la terre. Maison par maison, lot par lot, le Fonds pour les Terres d’Israël travaille afin de garantir que la terre d’Israël reste propriété du peuple juif pour toujours ». (italiques de l’auteure)

La campagne mondiale Derail Veolia et Alstom (Faisons dérailler Veolia et Alstom) appelle au boycott et au désinvestissement de Veolia pour sa complicité avec Israël dans ses violations du droit international. Veolia est engagée dans des contrats avec les autorités israéliennes qui l’impliquent dans le projet de tramway, dans l’enfouissement de déchets dans la décharge de Tovlan  dans la vallée du Jourdain , dans l’exploitation des lignes de bus israéliens en  Cisjordanie et dans le traitement des eaux usées de la colonie Modi’in Illit. Derail Veolia et Alstom va maintenir la pression sur ces deux entreprises jusqu’à ce qu’elles cessent de profiter de l’occupation et de la colonisation israélienne de la Palestine.




La décharge de Tovlan. A l'entrée, le logo d'Onyx, une filiale de Veolia


       


jeudi 17 septembre 2009

Une occupation militaire qui ne dit pas son nom

Philippines –USA : Dix ans de VFA (Accord sur les forces en visite), une évaluation
par Roland G. SIMBULAN

MANILLE – La présence de soldats usaméricains lourdement armés jusque dans les campagnes philippines les plus reculées fait désormais partie du paysage local. Nous marquons, cette année, les dix ans (1999-2009) de l’Accord sur les forces en visite (VFA – Visiting Forces Agreement), ratifié par le Sénat des Philippines le 27 mai 1999, accord qui a fait de nos campagnes une zone de tir libre pour les « exercices militaires conjoints » utilisant des munitions réelles et de l’artillerie qui a tué, blessé ou mutilé nos gens, y compris des enfants. Ces forces étrangères sont entrées en territoire philippin sans passeports ni visas, sans autorisations de la part de nos douanes ni de la part de nos autorités d’immigration, sans mise en quarantaine de la part de nos autorités sanitaires, et sans permis, ni immatriculation pour conduire leurs véhicules dans notre pays. Elles ont échappé à la justice après avoir commis des meurtres, des tentatives de meurtre, des viols, des harcèlements de nos femmes, des mauvais traitements de nos compatriotes et la destruction de notre environnement. Un document appelé l’Accord sur les forces en visite (VFA) leur a donné le droit de faire tout cela.


Plus de 40.000 soldats usaméricains sont ainsi entrés en territoire philippin dans plus de 25 provinces depuis l’entrée en vigueur du VFA en 1999. Ils sont arrivés dans plus de 78 vaisseaux et flotilles de la marine usaméricaine, comptant des porte-avions avec des armes nucléaires, des croiseurs, des sous-marins –tout cela en violation flagrante de la Constitution des Philippines qui interdit l’entrée d’armes nucléaires dans une partie quelconque du pays.


Le VFA est la plus grave anomalie dont souffrent nos relations étrangères aujourd’hui, 17 ans après le démantèlement historique des bases militaires usaméricaines en 1992. C’est un document éhonté à sens unique, puisqu’il n’est pas réciproque. Il va à l’encontre de la disposition constitutionnelle des Philippines qui prévoit « une égalité de la protection légale» par le simple fait qu’il assure des droits et privilèges spéciaux à des forces armées étrangères sur le territoire des Philippines. Le VFA a été une indignité envers notre peuple, un travestissement pour nos droits et notre État de droit. C’est pourquoi les Philippins de tous les milieux, partout dans le pays, continuent à manifester contre le soi-disant traité. Il nous rappelle que nous ne sommes pas encore vraiment souverains sur notre propre territoire en tant que nation.


Le VFA est par conséquent un mauvais exemple pour les autres accords militaires proposés ou en instance avec les autres pays tel que le Statut philippino-australien de l’Accord des forces en visite qui est toujours en examen au Sénat, ou les projets d’accord avec Singapour et la Nouvelle-Zélande. Ces derniers utilisent ostensiblement le VFA avec les USA comme modèle.


Le VFA est-il légal et constitutionnel ?


Il est clair que les décisions de la Cour Suprême en 2000 et 2009 sur le VFA ne permettent que des exercices militaires conjoints comme Balikatan (épaule contre épaule), ainsi que des exercices d’entraînement de petites unités mixtes. Elle n’accorde pas de droits pour la construction de bases ou d’installations pour des forces US de passage en visite aux Philippines. Elle n’autorise pas non plus les forces US à prendre part à des opérations de contre-insurrection dans le pays.


Protestation contre le VFA, 2008

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Original : Bulatlat-Ten Years of the VFA: An Assessment

TAMAZIGHT Filippin: Iγallen imarikaniyen "inebgawen"

DEUTSCH Die Militärbesatzung der Philippinen durch die US-Armee: eine unendliche Geschichte?


samedi 16 mai 2009

Bil'in : Un village qui ne se rendra jamais

par PALESTINE MONITOR, 10/5/2009. Traduit par Esteban G. Édité par Fausto Giudice, Tlaxcala
Original : Bil'in: A Village That Will Never Surrender
Bil’in: Un pueblo que jamás se rendirá


Il y a quatre ans, les travaux de construction du Mur de Séparation ont commencé en plein milieu de Bil'in, un village situé non loin de Ramallah. Celui-ci a perdu presque 60% de ses terres agricoles qui constituent la principale source de revenus de ses habitants.


Coincé entre le Mur, les soldats et les barbelés : Bil'in. Photo : Palestine Monitor

Les habitants de Bil'in ont présenté plusieurs fois leur cas devant la Cour Suprême israélienne. En septembre 2007, celle-ci a finalement jugé que le tracé du Mur de Séparation était préjudiciable pour Bil'in et qu'il devait être modifié. L’application de ce jugement aurait du permettre à Bil’in de récupérer presque 50% des terres qui lui avaient été volées en 2004.

Malgré tous ces jugements et la législation internationale qui considère que le Mur est illégal, les travaux continuent et les terres de Bil'in continuent à être volées

Pour protester contre le vol de leurs terres, les habitants du village ont organisé des manifestations hebdomadaires non violentes au pied du Mur. Chaque vendredi, les villageois, des militants internationaux et la presse se réunissent près de la mosquée et après la prière ils défilent ensemble jusqu'au Mur. C’est avec des gaz lacrymogènes qu’Israël répond à ces manifestations, ainsi qu’avec des balles en caoutchouc, des balles d'acier enrobées de caoutchouc, des grenades assourdissantes et des tirs à balles réelle

Pour la première fois, il y a trois semaines, les soldats israéliens ont assassiné à Bil'in un manifestant pacifique. Son nom était Bassem Abu Rahmah. Is lui ont tiré en pleine poitrine à environ 30 mètres de distance à tir tendu avec une nouvelle grenade lacrymogène à grande vitesse qui a la forme d’une balle. Il est mort sur la route l'hôpital de Ramallah

Malgré les dangers, les manifestations n'ont pas cessé

Mondher Abou Rahmah, un villageois de Bil'in, se rend aux manifestations depuis leur début il y a quatre ans. Sa famille a perdu 15 dunums* de sa terre à cause du Mur. Il a été blessé deux fois au cours des manifestations, une fois ils lui ont tiré dans la main et une autre fois dans l'épaule. Selon Mondher, « au début, les manifestations étaient complètement différentes, ce n'était pas tellement dangereux d'y aller. Maintenant, chaque vendredi, ça le devient de plus en plus».

Selon Mondher chaque manifestation devient imprévisible : « ils utilisent chaque fois un gaz lacrymogène différent, quelquefois ils sont derrière le Mur, d'autres fois ils restent simplement assis et ils surveillent, et d'autres fois ils tirent avec des balles. ». Mais chaque mouvement exécuté par les soldats est décidé à l'avance sans tenir compte du nombre de manifestants ou de combien de pierres sont lancées, « ils ont leurs ordres avant, ils ont décidé s'ils vont tirer des gaz lacrymogènes ou des balles.

Les soldats israéliens attaquent régulièrement Bil'in, parfois après les manifestations ou, plus fréquemment, la nuit. Quand les soldats arrivent au village, selon Mondher, « nous essayons de nous rassembler afin que les soldats ne puissent arrêter ou kidnapper personne. Lorsque nous sommes ensemble, nous sommes plus forts. Si quelqu'un est atteint par un tir, et qu’il se trouve seul il peut mourir vidé de son sang. Mais si nous sommes tous ensemble, et que quelqu'un est blessé nous pouvons l'aider rapidement et nous assurer qu’il ne lui arrive rien. »

Mondher est l’un des habitants de Bil'in qui a suivi les cours de soins de première urgence dispensés par les Services d'Aide Médicale Palestinienne (PMRS), une ONG palestinienne de base. Le PMRS a débuté ses formations à la première urgence en 1996 en raison de l'accroissement de la violence en Cisjordanie et parce qu’elle frappait souvent dans des secteurs isolés où les gens n'ont pas accès aux services médicaux. Dans des situations où il y a des blessés, s'il n'y a personne aux environs qui est formé aux premiers secours, des gens qui tentent d’apporter des secours peuvent souvent aggraver l’état des blessés.

Ainsi, le PMRS conçoit pour des volontaires, des cours paramédicaux dans lesquels on enseigne les premiers secours d'urgence. Ces programmes sont particulièrement importants dans des villages comme Bil'in où l'hôpital le plus proche se situe à une demi-heure de trajet.

Mondher est aujourd’hui un volontaire paramédical et il sera capable d'aider les gens s’ils sont blessés lors des manifestations hebdomadaires à Bil'in et dans le village voisin de Ni'lin, ainsi que durant les attaques israéliennes contre le village.

Quand on lui demande s'il pense que les manifestations auront quelque effet sur le Mur, en tenant compte du fait que ni les jugements de tribunal ni la loi internationale n’en ont eu, Mondher répond : « le Mur est le Mur, rien n’a changé. Les manifestations et les jets de pierres font partie de notre histoire et notre culture. C’est une histoire triste, l'histoire de notre peuple. Nous sommes un peuple sans terre. Nous avons essayé de récupérer notre terre pacifiquement, mais à la paix Israël répond avec la guerre. C'est pourquoi nous allons être toujours en guerre pour notre terre, et jamais en paix. Eux, vont essayer de réduire notre terre jusqu'à ce que nous tenions dans un petit cercle, alors ils en finiront avec nous. »

À la question de savoir ce qui à son avis pourrait empêcher les Israéliens de continuer à voler la terre, Mondher répond, « Notre dieu, ni moi ni toi, ni personne. Seul Dieu peut les arrêter. Nous allons aux manifestations pour leur démontrer que nous ne nous rendrons pas, c’est notre terre et nous survivrons jusqu'à la fin. »

vendredi 17 octobre 2008

Lettre d’adieux à Van Walsum

par Salka Embarek

Début septembre, le diplomate néerlandais Peter Van Walsum a démissionné de son poste d'envoyé personnel du Secrétaire général des Nations Unies pour le Sahara occidental, qu’il occupait depuis 3 ans. Il a été remplacé par Warren Christopher. Voici une lettre que lui a écrit la poétesse et militante sahraouie Salka Embarek.


L’ingénue franchise et le présumé soulagement de conscience politique de l’ancien représentant personnel du Secrétaire Général des Nations Unies pour le Sahara Occidental, Peter Van Walsum, même s’il l’a plutôt été pour le Maroc, position qu’il a décidé d’adopter trois ans après avoir pris son poste– car, d’après lui, «si le Conseil [de Sécurité] avait été prêt à imposer une solution (…)» son analyse aurait été toute autre -, l’ont poussé à exprimer des pensées aussi subjectives que contradictoires auxquelles nous nous sommes vus obligés de répondre tout en lui demandant des explications. L’imbroglio et les inepties sont d’une telle ampleur que l’on en vient à se demander si son intention n’était pas de semer la confusion, de tromper ceux qui lui faisaient confiance et de discréditer encore plus, si cela est possible, l’ONU en critiquant la passivité de cette organisation dans la non-application ses propres résolutions en ce qui concerne le droit inaliénable du peuple sahraoui à l’autodétermination.


C’est qu’arrivé à ce moment de sa vie, après s’être discrédité lui-même et après avoir souillé son prestige publiquement avec une incohérence propre à un novice nouveau facilement manipulable, il ne peut pas justifier son travail dans lequel il a nagé à contre-courant tout en reconnaissant que la légalité est du côté du POLISARIO, c’est-à-dire du peuple sahraoui, alors que le Maroc se montre plus implacable, se comportant comme un chien de manchon de certains membres du Conseil de Sécurité.


Pourquoi ne dites-vous pas les choses comme elles sont? Pourquoi ne cessez-vous pas de faire du remplissage dans vos discours et ne vous concentrez-vous pas sur la vérité? C’est simple, M. Walsum, il suffit de se concentrer sur l’idée principale, de ne pas déséquilibrer la vérité, de faire preuve de courage pour reconnaître ce qui est juste, et sinon, de démissionner honorablement plutôt que de se vendre au plus offrant. Vous pourrez y parvenir, M. Walsum, en peu de mots, sans avoir besoin de donner des explications à contretemps, et évidemment de la manière la plus cohérente et la plus claire qui soit.


Le «problème du Sahara» n’est pas complexe, M. Walsum, mais dure depuis trop longtemps, surtout pour le peuple sahraoui, qui pendant ces derniers 33 ans d’exil a vu mourir nombre de ses enfants, en vu naître d’autres dans des pays qui ne sont pas les leurs et qui est fatigué d’entendre des personnes comme vous affirmer que «rien ne changera». Car les choses changent, il suffit de le vouloir, et le peuple sahraoui le veut. Il veut revenir chez lui, il veut rentrer et grandir dans le pays de ses ancêtres, il veut vivre en liberté dans un État souverain et démocratique, il veut décider de son avenir, que ses droits comme êtres humains et comme peuple ayant une identité nationale propre soient respectés. Et lorsqu’un peuple veut cela et se sait dans son droit légitime, M. Walsum, je vous assure que rien ne le fera reculer. Insinuer que «si le POLISARIO renonçait à l’indépendance totale, il compterait sur un grand soutien international» constitue une offense et une marque de mépris à l’égard de notre peuple. Que n’avez-vous pas compris de tout ce que vous avez vu pendant ces trois dernières années? Car jusqu’à aujourd’hui plus de 80 pays reconnaissent la RASD (République Arabe Sahraouie Démocratique) ainsi que des centaines d’associations en Espagne et dans le reste du monde. Le peuple sahraoui et par conséquent le POLISARIO compte sur un grand soutien international dans sa lutte pacifique pour l’indépendance totale. Aucun pays du monde n’a accepté de reconnaître la souveraineté du Maroc sur le Sahara Occidental.


Le conflit du Sahara n’est pas insoluble, Mr Walsum; ce qui se passe, c’est qu’il faut du courage pour admettre que le Maroc se moque de la Communauté Internationale, des résolutions de l’ONU et que sa proposition d’autonomie, outre le fait qu’elle est inadmissible, n’est qu’une couverture pour détourner l’attention de la grave violation des droits de l’homme que subit le peuple sahraoui dans les Territoires Occupés depuis l’invasion marocaine, qui a provoqué la création de campements de réfugiés et des milliers de personnes déplacées sahraouies dans le monde.


Si les instances internationales manquent de force exécutive dans l’application des résolutions, comme vous le déclarez, il s’agit d’un problème de plus qui touche le peuple sahraoui et tous les peuples du monde; en plus de l’extrême gravité que cela implique, du fait de l’incapacité à nous défendre à laquelle nous sommes exposés et la frustration face au travail que ne font pas ces instances –et qu’elles devraient faire - pour mettre en pratique ce qu’elles disent. La faiblesse des Nations Unies est épuisante, mais cela n’est pas une raison pour céder à l’envahisseur génocidaire et pour renoncer à notre droit à la libre détermination.


Le Maroc s’y connaît peu en diplomatie mais beaucoup en prostitution politique, ou ce qui revient au même, en «Realpolitik». Si vous espérez que le peuple sahraoui plie devant ce gouvernement envahisseur et criminel, c’est que vous avez perdu la raison ou bien que vous êtes prêt à prendre votre retraite dans la demeure qui vous attend à Tanger, dans la même rue où se trouve celle de M. Pérez de Cuellar.


Le Peuple Sahraoui a déjà trop perdu, il a renoncé a beaucoup d’autres choses et pourtant il continue sa lutte avec les meilleures armes dont il puisse disposer: la vérité, la légalité et son souhait inébranlable d’être un peuple indépendant et libre.


Il est certain que les choses doivent changer: l’agresseur doit arrêter d’agresser, l’envahisseur doit rendre ce qui ne lui appartient pas et la loi doit faire régner la justice. Nous nous chargerons que ce qui adviendra soit bien fait.


Pour un Sahara libre,


Salka Embarek



"L’indépendance du Sahara occidental n’est pas une option réaliste"
Peter Van Walsum, devant le Conseil de Sécurité, 21 Avril 2008
Cette déclaration a suscité une vive protestation des responsables sahraouis. Le représentant du Front Polisario auprès de l’ONU, Ahmed Boukhari, a ainsi affirmé que l’envoyé personnel du secrétaire général de l’ONU « a miné le principe de neutralité et de l’impartialité ».


Source : Carta de despedida a Van Walsum

Article original publié en Septembre 2008

Sur l’auteure

Traduit par Mohamed X. , révisé par Fausto Giudice,
Tlaxcala

Englis version : Farewell letter to Van Walsum