Affichage des articles dont le libellé est Crimes de guerre. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Crimes de guerre. Afficher tous les articles

samedi 11 janvier 2014

Disparition du bulldozer le plus cher de l'histoire-Les trois vies d'Arik : tueur décoré, politicien culotté, légume assisté


par FG, 11/1/2014
Ariel Sharon est enfin officiellement mort, à 85 ans, ce samedi 11 janvier 2014. Depuis 8 ans, il était réduit à l'état de sous-légume, maintenu artificiellement en vie pour la modique somme de 296 000 Euros par an, en grande partie aux frais des contribuables d'Israël. Ses huit années de coma entretenu auront donc coûté 2 millions et demi d'Euros. Les Israéliens, à commencer par Bibi Nétanyahou, l'avaient déjà enterré. Oublié le "héros" de toutes les guerres d'agression et de conquête sionistes, celui qu'on avait surnommé "le Bulldozer". Il avait dit un jour à des journalistes britanniques :"Même les moutons ont peur de moi".
"Normalement", Ariel Sharon aurait du mourir à l'infirmerie de la prison néerlandaise où sont détenus les criminels de guerre condamnés par la Cour Pénale Internationale, ou bien mourir dans une infirmerie de prison israélienne après avoir été condamné, par exemple, pour les pots-de-vin touchés du businessman Martin Schlaff.
Mais il n'y a pas de normalité en ce qui concerne Israël, "seul-État-démocratique-du-Moyen-Orient" (avec guillemets) et seul État doté d'armes nucléaires du Moyen-Orient (sans guillemets).
Ariel Scheinermann était né le 26 février 1928 dans le moshav de Kfar Malal d'un père agronome polonais et d'une mère biélorusse. Donc un vrai Sabra. Il commence sa carrière de tueur sioniste très jeune et participe à la guerre de 1948 dans la Haganah. Ensuite il gravit les échelons dans la nouvelle armée israélienne, Tsahal, au fil des guerres et des campagnes de nettoyage. Les premiers crimes de guerre qu'il ordonne contre des civils palestiniens remontent à 1952, lorsqu'il est à la tête de l'Unité 101, première unité de forces spéciales sionistes, qui deviendra mondialement célèbre après le massacre de 70 habitants du village de Qibya (Cisjordanie) le 14 octobre 1953.
"Arik" s'illustrera en 1956, lors de l'expédition de Suez" par le massacre de plus de 200 prisonniers égyptiens et civils soudanais attribué au 890ème régiment de parachutistes qu'il commande. Devenu un "héros de guerre" au cours de l'occupation du Sinaï en 1967, il effectue le sale boulot dans la Bande de Gaza, où ses hommes, de 1971 à 1973, tuent plus de cent civils palestiniens et en capturent plusieurs centaines, au nom, bien sûr, de la lutte contre le "terrorisme".
Sacré de nouveau "héros" de la guerre d'octobre 1973, pour avoir provoqué la capitulation de la 3ème armée égyptienne, il entre alors en politique. Il utilisera sur ce terrain les méthodes développées dans ses guerres, pratiquant l'attaque-surprise et la ruse brutale propres au Blitzkrieg. Ministre de la Défense en 1982, il supervise l'invasion du Liban et le "nettoyage" de Beyrouth, au cours duquel les miliciens libanais de la droite chrétienne procèdent au massacre de civils dans les camps de réfugiés palestiniens de Sabra et Chatila. Sharon suivra personnellement le massacre à la jumelle depuis une terrasse avec vue plongeant sur les camps.
En 2000, il monte une provocation – une visite sur l'Esplanade des Mosquées à Jérusalem, alors qu'il est ministre des Affaires étrangères – qui déclenchera la 2ème Intifada. Premier ministre à partir de 2001, il a une première attaque cérébrale en décembre 2005 et une seconde en janvier 2006, ce qui provoque sa destitution pour inaptitude à gouverner le 14 avril 2006. Il entre alors dans la dernière phase de sa vie, celle de légume.
Véritable figure gargantuesque – il commençait sa journée par une omelette de 24 œufs -, Ariel Sharon laissera le souvenir de tout ce qu'il y a de plus haïssable dans l'absurde projet sioniste. Il brûlera éternellement en enfer.

-        
 
- Sharon? Votez Sharon…
- Qu'est-ce qu'il y a qui va pas ? Vous n'avez jamais vu un politicien embrasser un bébé ?

Caricature de Dave Brown publiée par The Independent (R-U) en janvier 2003, et désignée Caricature de l’Année (2003) par la British Political Cartoon Society.

jeudi 23 août 2012

Mo et Saamiya, les deux faces de la Somalie

par Igiaba Scego, 18/8/2012. Traduit par  Fausto Giudice, Tlaxcala
 Mo Farah, qui est arrivé en tant que réfugié au Royaume-Uni, est maintenant un héros national : après avoir remporté le 10 000 et  le 5 000 mètres, il a également été reçu par Cameron. Saamiya, en revanche, qui avait couru le 200 mètres aux JO de Pékin – il n’y avait là que deux athlètes somaliens – n’était pas à Londres : elle est morte dans une charrette de la mer  en essayant d'atteindre l'Occident pour échapper à la guerre.
Une des photos des Jeux Olympiques de Londres les plus partagées sur les réseaux sociaux était celle d'Usain Bolt dansant à côté du jeune et étonnant athlète britannique Mo Farah. Le roi des Jeux Olympiques plaisante pas avec le roi d'Angleterre, a-t-on entendu de toutes parts.  En fait, Mo Farah après avoir triomphé dans ses deux disciplines, le 10 000 mètres et le 5 000 mètres, a été célébré en grande pompe aussi bien par par les institutions que par le public de son pays.
Cameron l’a reçu à Downing Street, les Postes royales ont fait repeindre d’or en son honneur la boîte aux lettres devant le bureau de poste d’Isleworth et de nombreux Britanniques envisagent, après son exploit, d'appeler leurs prochains enfants Mo. En peu de temps, un garçon simple et un peu timide est devenu le symbole de tout un pays. Et même, à y regarder de plus près, de deux pays. En fait, Mo Farah est d'origine somalienne. Il est né en 1983 à Mogadiscio, en Somalie, un pays encore ravagé par une terrible guerre civile.
 
Aujourd'hui, la Somalie est à la veille d'un vote délicat, le 20 août on élira un nouveau président. Une élection très attendue qui pourrait vraiment conduire le pays vers un avenir de paix et d'espoir. Il y a encore beaucoup de doutes, l’issue de l'élection est incertaine, mais les Somaliens semblent cette fois-ci y croire sérieusement. Même ceux qui se sont réfugiés à l'étranger envisagent maintenant de rentrer, sinon pour toujours, du moins pour jeter un coup d’œil. Les vols à destination de Mogadiscio sont pleins depuis des mois, il n'y a plus de places jusqu'en novembre, disent les gens bien informés.
 
Il y a une ébullition. Certes, trouver une maison à Mogadiscio n'est pas facile. Seul un petite portion de territoire a été «pacifiée». Et c'est dans cette partie que se déroule la vie politique et sociale de la nouvelle Somalie. Tout cela a bien sûr un coût prohibitif et cela ne met pas à l’abri d’éventuels attentats-suicides d’Al Shabab, le groupe fondamentaliste somalien lié au terrorisme international. Pour cette raison, les loyers montent en flèche à Mogadiscio. Les prix du marché de l'immobilier frôlent ceux du Marais à Paris. Pur surréalisme de  guerre.


Mo Farah exulte avec Usain Bolt
Mais beaucoup de gens puisent dans leurs économies pour  pouvoir assister à une journée annoncée par beaucoup comme un événement historique. Certains ont ouvert des restaurants après 25 ans de vie en Occident, d’autres font de l’'import-export entre la Turquie et la Somalie, d’autres encore ne sont là que pour la nostalgie. Il y a un peu de tout dans ce Mogadiscio de 2012. Une réalité en mouvement dont les médias mondiaux s’occupent peu et toujours avec les vieux schémas de la guerre froide. Et c’est cette réalité en mouvement que Mo Farah a en quelque sorte représenté avec sa foulée de guépard. Une course impossible à arrêter que la sienne. Et très belle.
 
Une course qui a pu s'épanouir grâce aux efforts de son professeur d'éducation physique Alan Watkinson. Mo, qui se  rêvait ailier droit à Arsenal s’est retrouvé au lieu de cela, par une nuit  d'août, couronné roi d'Angleterre dans un stade. Le garçon réfugié qui ne parlait pas un mot d'anglais est devenu une star sportive.  Carrière fulminante que celle du jeune Anglo-somalien. On n’oubliera pas de sitôt  l'étreinte de sa fille Rihanna et le baiser de Tania, sa compagne, enceinte de jumeaux. Cartes postales à encadrer, surtout pour une communauté comme la somalienne, qui a tant souffert ces dernières années.
 
Mais les faces d'une médaille sont toujours deux. Si l’une montre la gloire de Mo Farah, l'autre raconte l'histoire d'une Somalie qui souffre encore et qui a cessé de croire en un avenir possible sous l’équateur. C’est un ancien athlète somalien, le seul à avoir remporté une médaille pour ce pays en conflit perpétuel, qui est venu rappeler la face obscure de cette histoire. Son nom est Abdi Bile. Inconnu en Occident, c’est un héros pour ses compatriotes qui se souviennent encore avec émotion la médaille d'or aux 1500 mètres gagnée aux championnats du monde de Rome en 1987.
 
Abdi Bile, vieilli mais toujours indompté, s’est adressé dans un Somalien du passé au public rassemblé pour entendre les membres du Comité National Olympique. Abdi Bile pose une question, il demande: «Savez-vous ce qui est arrivé à Saamiya Yusuf Omar?". Personne ne connaît cette fille. Abdi Bile explique patiemment qu'elle a pris part aux Jeux de Pékin en 2008. Il étaient deux à porter le drapeau de la Somalie lors de la parade olympique, l’une était justement Saamiya. Les gens murmurent.
 
Ils ont un peu honte de ne pas connaître le nom  de cette jeune fille qui est allée toute seule  courir le 200 mètres à Pékin. Abdi Bile a une voix étranglée, il ne sait pas comment continuer son histoire. Une larme coule sur son visage marqué. Quelqu'un lui tend un mouchoir, mais il dit « je n'en ai pas besoin «  et continue : « la jeune fille, Saamiya est morte... morte en essayant d’atteindre l'Occident. Elle avait pris une charrette de la mer qui aurait du la conduire de Libye en Italie. Elle n’y est pas arrivée. C'était une très bonne athlète. Une fille splendide. »


L'athlète somalienne Saamiya  Yusuf  Omar
Le public applaudit. Un peu pour désamorcer cette infâme tension, un peu parce que cette douleur est aussi la sienne. Toutes les familles somaliennes ont eu affaire  à ces charrettes. Tout le monde a eu des parents prisonniers dans les camps libyens ou morts en Méditerranée. Saamiya et Mo, deux destins similaires qui ont emprunté des chemins différents. Saamiya, comme Mo, avait fait beaucoup de sacrifices  pour participer aux Jeux de Pékin en 2008. Le pays était dominé par des fondamentalistes islamiques, qui ne voient pas d’un bon œil une femme faisant du sport. Mais Saamiya avait des rêves. Elle avait grandi dans la pauvreté, aînée de six enfants. Elle voulait y arriver à tout prix. Elle sentait qu’en s’entraînant bien, elle aurait quelque chose en retour.
 
Londres 2012 était à son programme. Après Pékin,  la terre magique qui avait donné refuge à un grand nombre de ses compatriotes ne lui semblait plus si lointaine.
 
En surfant sur la toile, vous rencontrerez souvent le visage adolescent de Saamiya. On la voit dans l'uniforme bleu de la Somalie et avec un bandeau blanc retenant ses belles tresses noires. Wikipedia a une fiche sur elle. Wikipedia sait que Saamiya est née en 1991, la première année de la guerre en Somalie, mais ne sait pas qu’elle est morte en Méditerranée.
 
Mo Farah  et Saamiya Yusuf Omar, deux jeunes, le même pays de naissance, des destins croisés et opposés. « Nous sommes ravis pour Mo, il  est notre fierté», a déclaré Abdi Bile , « mais n'oublions pas Saamiya ». Le président (ou la présidente: Il ya deux femmes candidates) qui sortira des urnes devra tenir compte de ces deux destins s’il ou elle veut  conduire ce pays blessé vers un avenir sans guerre.

jeudi 24 mars 2011

Libye : éviter l’aventure guerrière qui se profile à l’horizon.

Communiqué de presse

Par le Mouvement de la Paix, 24/3/2011
Libye : stopper les opérations militaires,mettre en œuvre le volet politique de la résolution 1973, refuser l’intervention de l’Otan.

Le Mouvement de la Paix réunit les organisations françaises ce 25 mars.

L’évolution de la situation en Libye suscite une vive inquiétude. C’est de nouveau l’aventure guerrière qui se profile à l’horizon. 

La résolution 1973 du conseil de sécurité comporte un volet non militaire qui semble être aujourd’hui ignoré et nullement mis en œuvre (embargo sur les armes, gel des avoirs, poursuite du dialogue via l'envoyé spécial du Secrétaire général de l'Onu et du Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine, interdiction des vols etc.). 

La volonté d’empêcher un massacre du peuple libyen n’autorise pas la communauté internationale à tomber dans le piège de la guerre et de l’intervention militaire. Les militaires américains et britanniques reconnaissent que la zone d’exclusion aérienne a mis l’aviation libyenne hors d’usage.
Le Mouvement de la Paix a alerté dès le 18 mars sur le danger des dérives guerrières aventuristes. Aujourd’hui, les puissances dites de la coalition retombent dans le scénario classique, qui a montré toute son inefficacité politique sur le long terme.

Le Mouvement de la Paix demande au gouvernement français de se référer au strict mandat de l’Onu et que soient engagées immédiatement toutes les initiatives politiques et diplomatiques de sortie de crise inscrites dans la résolution 1973.

Le Mouvement de la Paix met en garde contre toute entrée de l’Otan dans ce conflit, quelle que soit la forme de cette intervention. Celle-ci signifierait le choix de l’engagement des gouvernements dans un conflit qui ne pourrait devenir que terrestre, et dont l’issue serait aussi hasardeuse qu’en Irak ou en Afghanistan.

Les interventions militaires n’ont jamais imposé la démocratie. Il appartient au peuple libyen de décider de son avenir, hors de toute ingérence – même habillée d’humanitaire. La communauté internationale doit se garder de voler la révolution libyenne aux profits d’intérêts politiques et économiques peu louables.

La guerre n’est pas plus fatale en Libye qu’ailleurs. Plus que jamais, l’action pour la prévention des conflits doit devenir une priorité des peuples et de la communauté internationale. Cela passe déjà par la forte réduction de la production et de la vente de matériels militaires.

Le Mouvement de la Paix consulte ses partenaires pour que l’opposition à une guerre en Libye s’exprime publiquement. Une première réunion est convoquée pour le 25 mars à Paris.


jeudi 8 juillet 2010

Les brûlures au phosphore blanc : un rapport clinique de médecins palestiniens

par  Loai Nabil Al Barqouni, Sobhi I Skaik, Nafiz R Abu Shaban, Nabil Barqouni, The Lancet, 3/7/2010. Traduit par Esteban G. et édité par Fausto Giudice, Tlaxcala

En janvier 2009, un homme de 18 ans avait été admis au service des urgences pour des blessures résultant d’une attaque par bombe incendiaire. Il présentait de nombreuses surfaces cutanées douloureuses portant de profondes brûlures, cernées de tissu déchiqueté. Ses blessures couvraient environ 30% du corps et se situaient sur les deux membres supérieurs et inférieurs, de même que sur l’épaule droite. Aucun signe de brûlure par inhalation n’avait été constaté. Une fois établi le diagnostic de brûlures au phosphore blanc, la perméabilité des voies respiratoires a été assurée, un goutte-à-goutte intraveineux était installé pour injecter des calmants et autres liquides, les blessures sous-cutanées ont été irriguées d’une solution de bicarbonate de soude avant qu’on leur applique des pansements humides.
Le lendemain de son admission au service des brûlés, on pouvait observer une fumée blanche se dégageant des blessures qui contenaient un tissu nécrotique allant jusqu’au niveau sous-cutané (Figures A et B). Le patient fut transporté rapidement en salle d’opération, pour que le chirurgien procède à un curetage du tissu nécrotique, et à l’extraction des particules de phosphore blanc. Au cours du curetage, une particule de phosphore blanc s’était détachée accidentellement causant une brûlure superficielle au cou d’une infirmière. Nous avons alors transféré le patient au service des soins intensifs pour le soumettre à un monitoring permanent assurant le contrôle des fonctions vitales, la détection de possibles troubles électrolytiques (en particulier l’hypocalcémie) et surveillant les variations du tracé de l’électrocardiogramme (ECG). Au bout de 8 jours d’hospitalisation, le patient se trouvait relativement bien et était déclaré guéri sans complication systémique. Au terme d’un suivi de 16 mois, il se sentait toujours bien, mais il présentait des cicatrices hypertrophiées légèrement sensibles au thorax, bras et muscle (Figure C et D).

Brûlures au phosphore blancLésions multiples avec une importante destruction sous-cutanée, des nécroses à l’épaule droite (A) et à la jambe (B). Après 16 mois de soins (C, D)
Le phosphore blanc est un combustible solide, cireux, de couleur jaune translucide, qui dégage de la fumée [1]. Il est utilisé principalement par les militaires et dans les secteurs de l’industrie. En présence d’oxygène il s’enflamme spontanément et donne une flamme jaune avec une fumée très dense ; il ne s’éteint qu’en l’absence d’oxygène ou une fois qu’il s’est totalement consumé [2]. Au contact de la peau le phosphore blanc provoque des brûlures chimiques douloureuses [3] dont la forme caractéristique prend l’aspect de lésions jaunâtres, nécrotiques et profondes, inhérentes aux composants chimiques et thermiques du combustible.
Étant donné que le phosphore blanc possède une très grande solubilité dans les lipides, les blessures qu’il produit s’approfondissent au fur et à mesure dans le tissu sous-cutané, retardant ainsi leur cicatrisation. Le phosphore blanc peut aussi très souvent être absorbé, et dans ce cas il provoque un syndrome de dérèglement organique multiple dû à son effet sur les globules, les reins, le foie et le cœur [2-4].
Les premiers soins en cas de blessures par phosphore blanc doivent être le retrait des vêtements du patient et l’application de pansements imbibés de sérum salin ou d’eau [1]. Selon les études réalisées sur les animaux et les résultats de cas cliniques, dès l’admission dans les services d’urgence, il est recommandé d’irriguer en permanence les blessures avec de l’eau pour réduire les complications des brûlures [1, 2, 4] ; de même qu’il est vital de débrider les particules de phosphore blanc suffisamment grandes pour être identifiées. On peut placer les blessures sous la lumière d’une lampe Wood (ultraviolet) ou bien appliquer une solution de sulfate de cuivre diluée à 0,5% pour faciliter l’extinction des particules incrustées [4]. Les patients dont l’état est critique nécessitent le curetage du tissu nécrotique et des greffes de peau, en même temps qu’une injection intraveineuse de solution liquide pour remplacer les pertes et un contrôle permanent des électrolytes et une mise sous ECG, tout cela afin d’éviter des complications possibles comme l’hypocalcémie, l’hyperphosphatémie et l’arythmie cardiaque. Les brûlures causées par le phosphore blanc ont une constance morbide : elles nécessitent souvent de longs séjours prolongés dans les hôpitaux. Les cas extrêmes peuvent être mortels.
Nous sommes dans l’impossibilité de donner une estimation du nombre de ces cas dans notre unité de brûlés, puisqu’il s’agissait d’une situation de guerre dans laquelle il n’était procédé à aucun enregistrement formel; de telles brûlures ne se voient que très rarement dans la pratique clinique habituelle et, sur ce sujet, la littérature médicale disponible est très limitée. Conformément à la Convention des Nations Unies sur certaines Armes classiques, il est interdit d’attaquer la population civile avec des armes incendiaires.
Contributeurs
Traitement du patient: NS, SS, LB; rédaction du rapport: LB, NB. La publication de ce cas a été autorisée par consentement écrit.
Notes
1 Lisandro I. CBRNE—incendiary agents, white phosphorus. http://emedicine.medscape.com/article/833585-overview  (consulté le 21 mai 2010).
2 Eldad A, Simon GA. The phosphorous burn—a preliminary comparative experimental study of various forms of treatment. Burns 1991; 17: 198-200.
3 Chou TD, Lee TW, Chen SL, et al. The management of white phosphorus burns. Burns 2001; 27: 492-497.
4 Davis KG. Acute management of white phosphorus burn. Mil Med 2002; 167: 83-84.
Les auteurs Les auteurs sont des médecins palestiniens exerçant à Gaza et Jérusalem.

Loai Nabil Al Barqouni
: Faculty of Medicine, Al Quds University, Abu-Deis, Jerusalem, 00970 occupied Palestinian territory

Sobhi I Skaik FRCSEd: Department of Surgery, Shifa Medical Centre, Gaza Strip, occupied Palestinian territory

Nafiz R Abu Shaban MSc: Department of Plastic Surgery and Burns, Shifa Medical Centre, Gaza Strip, occupied Palestinian territory

Nabil Barqouni CABP: Al Nasser Pediatric Hospital, Gaza Strip, occupied Palestinian territory
Correspondance : Loai Nabil Al Barqouni, Faculty of Medicine, Al Quds University, Abu-Deis, Jérusalem, 00970 Territoire palestinien occupé.

mardi 16 février 2010

13 février 1945: l’enfer de Dresde – Retour sur les bombardements alliés

Un crime impuni
par Brigitte QUECK, 12/2/2010. Traduit par Michèle Mialane, édité par Fausto Giudice, Tlaxcala
Du 13 au 15 février 1945 le Grand Dresde a été la cible de quatre vagues d’attaques aériennes de la Royal Air Force (RAF) et des United States Army Air Forces (USAAF), qui ont causé la mort de 18 000 à 25 000 êtres humains.-Tlaxcala
Les crimes commis contre la population civile, que ce soit à Coventry, Leningrad, Dresde, Pristina, Kaboul ou Bagdad, constituent toujours et partout des crimes contre l’humanité. Les procès de Nuremberg, en 1945 refuseront explicitement d’en excuser quelque État que ce soit, y compris les USA. (voir : Des crimes commis contre la population civile : R. Jackson, Juge suprême et Procureur général US pour les Procès de Nuremberg). Il semble inexact que, durant la Deuxième guerre mondiale, Dresde aussi ait abrité des usines d’armement, ce qui semble pas correspondre à la vérité. Si l’on interroge les survivants ou que l’on observe des photos de Dresde après les bombardements, on constate que les rares usines d’armement ont échappé aux bombes!!! Après le déchaînement d’indignation provoqué par la destruction totale de ce monument culturel mondial qu’était Dresde, des rumeurs mensongères ont soudain accusé les Russes d’avoir donné leur accord.
Les protocoles des rencontres de Malte et de Yalta établissent tout autre chose !
De plus : le nom choisi par les Usaméricains pour désigner l’attaque atomique qu’ils projetaient sur une ville allemande encore intacte était le même que celui de l’attaque aérienne sur Dresde.
Que se serait-il passé si les Russes n’étaient pas arrivés ?
Walter Weidauer, le premier maire de Dresde après la guerre, a écrit en 1983 un livre intitulé « Inferno Dresden » (« L’enfer de Dresde »).
Un enfer qu’il avait vécu personnellement. Il écrit dans son livre :
On avait prévu trois attaques aériennes sur Dresde : deux bombardements très lourds par la Royal Air Force et un autre, de jour, par les bombardiers US. Les deux attaques de nuit devaient se produire à un intervalle de 3 heures maximum et la deuxième fois on devait larguer essentiellement des bombes explosives pour tuer un maximum de sauveteurs et de gens combattant les incendies et empêcher les fugitifs de quitter la ville. Un plan véritablement diabolique.
Les forces progressistes du monde entier ayant protesté contre cet acte de barbarie, les gens au pouvoir aux USA et en Angleterre, tentèrent de rejeter la faute sur d’autres.
Le 11 février, le Département d’État déclara que le bombardement qui avait anéanti Dresde avait eu lieu pour répondre aux demandes soviétiques de soutenir leurs troupes par des attaques aériennes, après avoir été décidé en commun avec les Soviétiques.
Or jamais aucun document ne confirmant ces billevesées n’a été produit où que ce soit. Bien au contraire. Les protocoles des séances réunissant les chefs d’État-major britanniques et usaméricains à Malte puis Yalta prouvent clairement qu’après des protestations de la part des Russes ils ne voulaient en aucun cas être liés par un accord avec l’Union soviétique   lorsqu’ils ont réduit en cendres et en poussière les villes d’Allemagne orientale et centrale !!
Le commandant en chef du Premier front d’Ukraine, le maréchal I. Konev, a écrit à ce sujet une lettre à l’auteur dans laquelle il assurait :
« Je peux prendre la responsabilité de déclarer que les bombardements et la destruction de Dresde en février 1945 n’ont aucun rapport avec les opérations militaires soviétiques. La destruction barbare de la ville n’a en rien aidé nos troupes, même plus tard, lorsque nous sommes arrivés à proximité immédiate de Dresde,  car Dresde n’était pas une forteresse, elle n’abritait ni objectifs militaires ni objectifs industriels particulièrement importants et n’hébergeait pas non plus de troupes fascistes importantes. À cette époque, elle était pleine à craquer de réfugiés. Dresde n’avait donc aucune importance militaire, politique ou économique qui aurait exigé sa destruction. »
Dans le cas de  Dresde le haut commandement soviétique a même été littéralement trompé pour dissimuler  les intentions des troupes alliées. Il est en effet établi que le chef du département de l’Air de la mission militaire usaméricaine à Moscou, le général Edmund W.Hill,  a déclaré  le 12 février à l’État-major soviétique que la huitième flotte aérienne attaquerait le 13 février les gares de triage de Dresde et Chemnitz. Pour des raisons météorologiques, cette attaque avait dû être ajournée.
Comme il ressort des archives de la ville de Dresde ainsi que du livre de David Irving « La destruction de Dresde », l’État-major soviétique n’a même pas été informé que ses alliés  projetaient des bombardements massifs sur Dresde et ses alentours!
Peu avant l’anniversaire du bombardement, j’ai reçu une lettre de Gerd Hommel qui en avait été le témoin:
«J’ai vécu moi-même la nuit des bombardements et le gigantesque incendie et j’y ai survécu. J’habitais près de l’usine d’armement Sachsenwerk et n’aurais eu aucune raison d’avoir peur. Aucune des usines d’armements n’a été détruite, mais bien le centre-ville avec son noyau historique, le quartier ouvrier de Johannstadt et d’autres centres civils comme les alentours de la Rue de Prague. »
Un autre témoin oculaire, Christa Nikusch, âgée à l’époque de 12 ans et aujourd’hui membre de l’association „Mütter gegen den Krieg Brandenburg“(« Mères brandebourgeoises contre la guerre ») raconte ses souvenirs :
« Quand nous avons été bombardés j’étais au cirque Sarasani, un chapiteau soutenu par 12 mâts. Ce chapiteau a été bombardé lui aussi. J’ai eu la chance d’être tout près de la sortie. Paniquée, j’ai couru en direction de l’école du bord de l’Elbe qui à l’époque servait d’hôpital. Lorsqu’elle a été  elle aussi bombardée, je me suis assise sous un saule pleureur au bord de l’Elbe. C’est là que j’ai assisté au deuxième bombardement. Une écuyère du cirque qui avait comme moi survécu à l’attaque était justement en train de faire boire quelques chevaux. Ni elle ni ses bêtes n’ont survécu à la deuxième attaque. Tant de bombes incendiaires étaient tombées sur la ville que l’Elbe était presque bouillante, et les gens qui s’y jetaient pour éteindre leurs vêtements en feu  ne pouvaient même pas y trouver de fraîcheur. Épuisée, j’avais fini par m’endormir, mais quelques heures plus tard j’ai à nouveau entendu vrombir des avions au-dessus de ma tête. Cette fois-ci ils volaient en rase-mottes et fauchaient tout ce qui bougeait. Mes frères et sœurs aînés ont aidé pendant plusieurs jours, après les bombardements, à évacuer les débris et brûler les cadavres sur la place du Vieux Marché.

Ma famille qui avait comme moi survécu à l’enfer de Dresde sait  que plus tard, lorsqu’on a commencé à compter les victimes le nombre des gens qui ont brûlé dans les caves qui servaient d’abris antiaériens n’a pu être qu’estimé. »
Il est intéressant de noter que le nom de « Coup de tonnerre », choisi pour l’emploi d’une bombe atomique contre une ville allemande encore épargnée (pour mieux juger de ses effets, selon les termes des Alliés) portait le même nom que les bombardements de Dresde (Leslie R. Groves „Now it can be told” (Maintenant on peut le dire) p.184)
Aujourd’hui, les questions suivantes se posent à ce sujet:
1.    Que serait-il advenu de Dresde et de l’Allemagne, si la bombe atomique usaméricaine avait été opérationnelle plus tôt ?
2.    Les Anglais et les Américains  auraient-ils utilisé cette bombe avant que les troupes soviétiques n’investissent la ville ?
 Comme peu après la fin de la guerre les USA ont utilisé cette bombe sans aucun scrupule contre les populations civiles d’Hiroshima et Nagasaki, peut-on être sûr qu’ils n’auraient pas fait de même en Allemagne si les Russes n’avaient pas progressé aussi rapidement ?
Et leur allié russe ?
Qu’on se souvienne de ce que Churchill écrivait dans ses Mémoires du premier État ouvrier et paysan, qu’ en vérité il haïssait :
« Autrefois j’avais fait bien des efforts pour l’étouffer dans l’œuf ... » (W. Churchill, La Deuxième guerre mondiale, Stuttgart et Berne)
Note à tous ceux qui croient encore que les bombardements des villes allemandes ont servi à renverser l’État fasciste allemand : Au moment des bombardements les troupes soviétiques étaient presque arrivées à Berlin !!!
C’était donc à elles que les Alliés adressaient certaines menaces pour les mettre en garde, dont les bombes de Hiroshima et Nagasaki !!!
Ces massacres absurdes et barbares de populations civiles, perpétrés peu avant la fin de la guerre étaient une démonstration de force des Alliés à l’adresse de l’Union soviétique, en soulignant d’une manière « à l’épreuve des bombes »  qu’après la capitulation de l’Allemagne et la libération des États soumis au joug fasciste certains avantages leur revenaient de droit !
Pour étayer cette affirmation je voudrais rappeler que peu après la défaite du fascisme en Europe, œuvre essentiellement des héroïques troupes soviétiques, et le jugement des principaux criminels de guerre à Nuremberg, les Alliés ont repris contact avec ces mêmes nazis allemands qu’ils avaient jusque-là combattu et n’ont pas vu le moindre inconvénient à ce qu’ils accèdent à des postes élevés, voire les plus élevés, de la République fédérale.
Bien au contraire : soudain l’on avait pris conscience d’avoir un ennemi commun : la Russie soviétique. Désormais les Alliés, entrés dans la Guerre froide, combattaient aux côtés de leurs ex-ennemis contre leur ex-allié, l’Union soviétique et ont travaillé au sein de l’OTAN qu’ils venaient de créer  à jeter à bas le socialisme. Et même on a développé en commun des projets visant à anéantir par un bombardement nucléaire les villes soviétiques d’importance.
Seule la puissance militaire soviétique et son accession à l’arme nucléaire a empêché les Alliés et la RFA, désormais leur alliée, de réaliser ces projets, puisqu’ils risquaient en cas d’attaque une contre-attaque nucléaire soviétique.

dimanche 14 février 2010

L'éditorial de Basta ! 14/2/2010 : Opération Moshtarak : une nouvelle étape dans la tentative d’afghanisation de la guerre


14/2/2010L’Opération Moshtarak a été déclenchée le samedi 13 février à 4 heures du matin dans la province du Helmand par les forces d’occupation occidentales appuyées par des soldats et des policiers du régime fantoche de Kaboul. 15 000 hommes sont engagés, pour moitié occidentaux (US, Britanniques, Canadiens, Danois et Estoniens) et pour moitié afghans.
« Mosthtarak » signifie « ensemble »
en  arabe et en langue dari, la variante afghane du persan. Le général de brigade britannique James Cowan, commandant de la 11ème Brigade légère, a déclaré lors du briefing précédant l’opération  :
« Je ne peux imaginer de meilleur nom pour décrire cette opération. Car nous sommes ensemble dans cette affaire : nous l’avons planifiée ensemble, nous la combattrons ensemble, nous allons la traverser ensemble. Afghans avec Alliés, soldats avec civils, le gouvernement avec son peuple. »
L’opération vise à reprendre le contrôle du chef-lieu de la province,  Lashgar Gah, au cœur de la vallée du fleuve Helmand, ainsi que de son hinterland. Le Helmand est un des bastions de la résistance afghane, qui a échappé au contrôle du régime de Kaboul depuis longtemps. Dans la propagande des Alliés, le but est de « nettoyer » la zone des « insurgés talibans » pour « restaurer l’autorité du gouvernement » de Kaboul et permettre la « reconstruction ».
Les troupes attaquantes se sont dans un premier temps heurtées à très peu de résistance, ce qui a semblé étonner leur commandement.  Celui-ci semble n’avoir toujours pas tiré les leçons de la guerre du Vietnam ni de celle d’Irak. La résistance a en effet appliqué un des principes de base de la guerre populaire : « l’ennemi attaque, nous reculons, l’ennemi se concentre, nous nous dispersons ».
Tombeau des empires, l’Afgahanistan le sera aussi  pour la tactique adoptée par Obama, McCrystal et Gordon Brown, « l’afghanisation » de la guerre, qui sera un échec cuisant. Tout aussi cuisant que l’avait été la « vietnamisation » de la guerre au Vietnam à parti de 1968. Il a fallu 15 ans aux occupants US pour essuyer une défaite stratégique au Vietnam. Il en faudra moins en Afghanistan.
FG

cliquer sur la carte pour l'agrandir

mercredi 3 février 2010

Quelle attitude adopter face au menteur criminel Tony Blair ?

par علي محمد فخرو Ali Mohamed FAKHROU, 2/2/2010. Traduit parTafsut Aït Baamrane, Tlaxcala
Original : كيف سنتعامل مع الكذّاب المجرم؟
Lorsque la commission d’enquête a fini son audition de six heures de Tony Blair, des familles de soldats britanniques tués en Irak lui ont crié publiquement : « Menteur criminel ! »
Menteur, car il a nié avoir fabriqué des faits imaginaires pour convaincre l’opinion britannique, le Parlement et la Chambre des Lords à accepter la déclaration de guerre à l’Irak et son occupation, sans aucune base légale, nationale ou internationale.

Criminel, parce qu’il s’est révélé être sans scrupules, quand il a refusé d’exprimer ses regrets pour ce qu’il a fait au peuple irakien : un million de morts, des millions de blessés et de déplacés, des orphelins, des mères qui ont perdu leurs enfants, des expulsés. Au contraire, il a même dit que s’il se trouvait de nouveau face au président irakien, il referait ce qu’il a fait.

En réalité, Blair n’a pas seulement menti, il a ajouté le silence sur mille erreurs commises à l’égard du pays et du peuple d’Irak et les paroles d’Adrian Reichen s’appliquent à lui : « Le mensonge se pratique par les paroles comme par le  silence ».

Ceux qui ont entendu ce menteur débiter ses mensonges se rappellent ces paroles du philosophe Nietzsche : « Le mensonge le plus répandu est celui qu’on se fait à soi-même ». Blair savait sûrement qu’il se mentait à lui-même et sa peur que les gens découvrent ses mensonges se reflétait dans son incapacité à regarder les visages de ceux qui l’interrogeaient. Ses yeux sont restés fixés à terre, avec l’abattement d’un couard arrogant.

Ant, 2006

Et ni ses jeux de mots ridicules ni sa gestuelle de bouffon ne pouvaient cacher l’accablement du menteur qu’il est et son sentiment d’humiliation. Tout ce qu’il a bâti au long de sa vie est emporté par le vent et on ne comprend pas pourquoi aucun membre de la commission d ‘enquête n’a proposé l’usage de la fameuse machine à détecter le mensonge face au pire des menteurs.

Les dernières années ont montré que la grande majorité des gouvernements des « vieilles démocraties » occidentales pratiquent le mensonge et son camouflage. C’est ainsi qu’est tombé l’un des piliers de la démocratie, celui de la transparence. Thomas Hardy dit : « Le fondement de la morale c’est le bannissement du mensonge et sa disparition définitive. » Nous nous retrouvons face à des gouvernements occidentaux à la moralité incomplète.

Notre long héritage islamique nous enseigne que «sur l’homme qui ne cesse de mentir, le mot « menteur » est imprimé devant Dieu ».

Blair est sans aucun doute entré dans la liste des menteurs, mais l’enquête sur lui a montré la deuxième caractéristique de ce personnage criminel, que les familles de victimes ont révélé : l’absence de conscience morale et de sensibilité humaine envers la souffrance d’autrui, entraînant une incapacité à éprouver des regrets. C’est pourquoi Blair est dans l’impossibilité de voir qu’il a les mains tachées de sang, que toute l’eau des océans ne pourra pas laver.

Blair dort tranquillement, sans rêves ni cauchemars, car celui n’a pas de conscience ne rêve pas.

Et comme dit le proverbe, « Le voleur est convaincu que tout le monde vole », et ainsi il en va des gens sans foi ni loi. C’est pourquoi Blair a pensé que tous ceux qui l’ont aidé à camoufler le crime contre l’Irak seront aussi dénués de scrupules que lui. Mais il eu la surprise de voir qu’une grande majorité d’entre eux ont eu un sursaut de conscience et des remords, le dénonçant, lui et son gouvernement, devant la commission d’enquête.

Il semble que l’ancien Premier ministre n’a pas eu connaissance du proverbe malawien : « Le  crime laisse sa trace comme les coléoptères et les escargots ».

La question est maintenant adressée aux gouvernements arabes, et aux honorables médias arabes et internationaux : accepteriez-vous, à partir de ce jour, ce menteur criminel, pour qu’il pratique encore son mensonge ou allez-vous le rejeter comme personnalité souillée ? Et toi, Autorité palestinienne de Ramallah, comptes-tu continuer à traiter avec un tel personnage ?


samedi 30 janvier 2010

Les poursuites judiciaires contre Israël, où en est-on?

Compte-rendu de la conférence organisée à l'Institut du Monde Arabe le 22 janvier 2010 par le Collectif d'associations franco-libano-palestiniennes
par GHS et MP


Les orateurs:
- Maître Gilles Devers, porte-parole du collectif d´avocats à l'origine de la requête déposée auprès de la Cour Pénale Internationale
- Docteur Haytham Manna spécialiste du droit international, coordinateur de la Coalition internationale contre les criminels de guerre
- Nicole KIIL-NIELSEN, Parlementaire Européenne (membre de la "marche pour la liberté de Gaza »)
-Un représentant d'Amnesty International

Le Dr. Haytam Manna, porte-parole de la Commission arabe des droits humains, a ouvert la conférence avec les informations suivantes: 250 ONG et plus ont porté plainte contre Israël pour crimes de guerre et crimes contre l'humanité; plus de 200 preuves ont été réunies, attestant de l'utilisation d'armes interdites. Le rapport Goldstone a fait l'objet d'un vote à l'AG de l'ONU, et a été validé par la majorité. On attend maintenant que le procureur de la CPI saisisse la chambre préliminaire, après quoi le procès pourra avoir lieu. Les Gazaouis constituent un peuple orphelin, dans la mesure où il n'appartient à aucun Etat, mais il a demandé protection. C'est à ce titre qu'il doit avoir accès au droit international humanitaire, création encore balbutiante.
Maître Gilles Devers, docteur en droit HDR, nous a parlé des sanctions sur l'illégalité du blocus ainsi que de l'avancement de la procédure devant la Cour Internationale et des progrès qui ont été réalisés en une année. Il n'y a plus de doute : l'opération "plomb durci" est bien un crime contre l'humanité. Il y a eu deux rapports : celui de la Ligue arabe et le rapport Goldstone. Ce dernier a été homologué par le Conseil des droits de l'homme. Il y a en cours trois actes juridiques dans trois pays : GB, Norvège et Afrique du Sud.
Il y a également eu 62 missions d'enquête régionales et internationales.
La coordination comporte près de 500 ONG, qui en sont toutes membres.
D'autres plaintes pourraient être déposées:
- pour l'occupation illégale de Jérusalem est, et la démolition de bâtiments n'appartenant nullement à l'Etat d'Israël,
-pour la colonisation de terres étrangères, par l'agression, 
- contre les entreprises complices, soit dans l'exportation des produits des colonies, soit dans la production sur les terres occupées illégalement. Il faut savoir que ces entreprises ne jouissent d'aucune protection diplomatique; il s'agit de simples ruoages du crime.
Les accords de coopération UE – Israël sont un véritable aspirateur à fraudes, pour écouler la production des colonies. Ces accords avaient été gelés un temps, en théorie; mais ce n'était que du vent, le pouvoir exécutif dans l'UE ne tient pas compte des avis des députés...
Mme Nicole Kiil-Nielsen, députée d’ Europe Ecologie, a fait la marche pour Gaza, et peut témoigner qu'il y a punition collective permanente contre les habitants de Gaza. Même si la marche n'a pu arriver jusqu'à Gaza, le fait que 1400 personnes aient pu dénoncer le blocus de Gaza était d'une grande importance.
L'UE dispose des mécanismes pour exiger le contrôle de l'origine précise de chaque produit, par des douaniers indépendants; actuellement, toute la chaîne administrative est aux mains des Israéliens! Agrexpo devrait être rapidement dissuadée de poursuivre ses activités: il suffit de faire saisir ses produits, de façon à "taper dans l'équilibre économique" qu'elle permet: il est facile de provoquer la ruine du système.
La Cour européenne va préciser incessamment que les frontières d'Israël sont celles de 1967. En 2004, les Etats se sont engagés à faire appliquer le droit humanitaire international. Or un Etat ne peut avoir qu'une parole....
La CPI rassemble 110 pays dont 30 européens: ils peuvent constituer un contre-pouvoir, réel!
Qu'entend-on par compétence universelle?
Les lois françaises ne la reconnaissent à la France que pour les accusations de torture. Mais il faut s'en servir: nous pouvons donc instruire pour des crimes commis en dehors de la France, sans participation de Français, ni comme victimes ni comme agresseurs.
Le Dr Haytam Manna précise qu'au départ, lors de la première réunion pour exiger la mission d'enquête de Goldstone à l'ONU, la FIDH, Amnesty International et Human Rights Watch se sont faits remarquer par leur absence.. HR Watch avait même insulté Goldstone...
Le représentant d'Amnesty International répond que si AI n'a pas été dans les premières ONG à dénoncer les crimes israéliens, pèse maintenant de tout son poids; il explique qu'il est utile d'exiger aussi des Palestiniens une mission d'enquête sur les crimes de guerre commis dans leur camp de façon à ne pas être réfuté pour partialité; une fois cette objectivité établie, la différence d'échelle entre crimes israéliens et palestiniens ne peut être réfutée par personne. Et les Etats se trouvent obligés de reconnaître l'ensemble des crimes israéliens.
Les interventions du public ont été diverses mais convergentes:
- Ne pas oublier que l'option d'un seul Etat avec les mêmes droits pour tous les habitants est la seule option à la fois juste et raisonnable.
- Le devoir de mémoire s'applique aux Palestiniens; ne pas oublier que l'origine de la surpopulation dans les territoires occupés et à Gaza est l'afflux de réfugiés chassés de chez eux.
- Israël est le fossoyeur de l'Europe, dans la mesure où il amène l'Europe à renier constamment ses principes, en prétendant que les Palestiniens payent pour la Shoah.
- Un Français a le droit de faire un service militaire dans l'armée israélienne. A-t-il aussi le droit de combattre avec les Palestiniens?
- Il faut rayer Hamas de la liste des organisations terroristes, et faire condamner les Franco-Israéliens qui ont participé à la guerre.
- La résistance de Gaza est remerciée pour avoir ré-internationalisé le conflit, que les Israéliens voulaient confiner dans une fausse dimension islamique, de façon à la situer dans une impasse et à démobiliser la solidarité.
 Voir également http://www.icawc.net et www.justiceforpalestine.org

mardi 19 janvier 2010

Israël et la « Petite-Bretagne »


par Abdelbari  ATWAN     عبد الباري عطوان
18/1/2010
Traduit par Tafsut Aït Baamrane, Tlaxcala
Source :  'اسرائيل وبريطانيا 'الصغرى 
Le gouvernement britannique se penche actuellement sur l’introduction d’une nouvelle législation  abrogeant la compétence universelle de la justice britannique dans le cas de dignitaires étrangers accusés de crimes de guerre qui viendraient en visite. Il est prévu que le gouvernement travailliste de Gordon Brown, qui a été complice de la guerre en Irak, sur la base de mensonges fabriqués, va saisir le parlement la semaine prochaine pour faire passer ces modifications législatives avant les élections de mai prochain.

Le ministère de la Justice britannique, dirigé par l’ancien ministre des Affaires étrangères Jack Straw, veut transférer le pouvoir de délivrer des mandats d’arrêt des juges aux procureurs, sous prétexte de mettre à l’abri les dignitaires étrangers visitant la Grande-Bretagne d’une arrestation et d ‘une traduction en justice comme criminels de guerre.

Les seuls dignitaires étrangers accusés de crimes de guerre susceptibles de visiter la Grande-Bretagne sont israéliens. Les modifications législatives envisagées sont donc  faites sur mesure pour eux et sont le résultat de la campagne de pressions organisées par le gouvernement de Benjamin Netanyahou et son défenseur, le lobby juif britannique, après qu’un groupe d’avocats respectés ont demandé à un tribunal l’arrestation de Tzipi Livni, l’ancienne Première ministre israélienne accusée d’avoir commis des crimes de guerre lors de la dernière agression de son armée contre la Bande de Gaza, au début de l’année dernière.
Le chantage israélien a réussi à atteindre les résultats souhaités : en changeant la législation britannique, adoptée pour punir les nazis sur la base des Conventions de Genève et des  droits humains et sous la pression des Juifs, qui continuent à vouloir venger les victimes de l’Holocauste commis par les criminels de guerre allemands à l’époque nazie.

Plus de 70 députés ont déposé une requête à la Chambre des Communes, critiquant sévèrement ces propositions d’amendements. Ils ont été rejoints par des dizaines de lords, acteurs, écrivains et juristes souhaitant empêcher leur adoption. Ces propositions constituent en effet une insulte à la justice et aux valeurs de la démocratie occidentale.

La pétition signée par ces députés, avocats et défenseurs de droits humains dit : « Nous avons été choqués par les propositions du ministre des Affaires étrangères Ivan Lewis et du secrétaire d’État David Miliband pour modifier la législation britannique afin d’éviter à l’avenir toute tentative de poursuivre des personnes accusées d’avoir commis des crimes de guerre, qu’elles soient israéliennes ou autres, devant des tribunaux britanniques. Nous rejetons toute tentative de porter atteinte à l’indépendance de la justice britannique et tout juge disposant de preuves de crimes de guerre devrait avoir le pouvoir d ‘ordonner l’arrestation d ‘un suspect. »

Le célèbre avocat britannique John Hardy relève que l’abrogation de cette loi permettant de poursuivre les criminels de guerre est une décision politique qui constitue une ingérence dangereuse dans les droits fondamentaux des citoyens.
Ce que Hardy n’a pas dit, c’est qu’Israël et ses criminels de guerre sont au-dessus de toute loi, et que leur protection est plus importante que les droits des citoyens britanniques et que l’indépendance du pouvoir judiciaire, source de fierté et modèle pour le monde entier.

Madame Scotland, procureur général, s’est exprimée très clairement, lors d’un discours à l’Université de Jérusalem la semaine dernière : « Notre gouvernement examine en toute urgence les moyens de changer le système judiciaire afin d’éviter l’arrestation des responsables israéliens, qui devraient avoir la possibilité de visiter la Grande-Bretagne en permanence et sans entraves. »

Si les criminels de guerre étaient arabes ou du Tiers Monde, et particulièrement hostiles aux USA ou au Royaume-Uni, ces lois ne seraient pas modifiées mais appliquées sans retard, mais il semble que les criminels de guerre israéliens sont sur le point d’obtenir un blanc-seing du Royaume-Uni et de tous les pays occidentaux pour tuer qui ils veulent et quand ils veulent, des enfants de Gaza au Liban, utiliser des civils comme boucliers humains – comme indiqué dans le Rapport Goldstone – sans être craindre d’être traduits en justice.

L’odieux chantage israélien et l’humiliante soumission britannique conduiront peut-être la Grande-Bretagne à rejoindre les États du Tiers Monde et  à lui faire perdre ses meilleurs traits distinctifs civilisationnels, car ce n’est que dans les pays qui ne connaissent pas de justice indépendante ni le principe de la séparation des pouvoirs ni les traditions démocratiques occidentales, que l’on modifie les lois suite à des pressions extérieures, sans étude idoine ni clarification minutieuse fondée sur l’intérêt du pays et des citoyens.

Les lois contre les criminels de guerre ne sont pas des lois britanniques à l’origine, mais des lois universelles élaborées par le « monde libre » après la Deuxième Guerre Mondiale. Ce monde libre a enjoint tous les États à les adopter. Le Royaume-Uni n’a donc pas le droit de les modifier tout seul, car ces amendements sont contraires aux Conventions de Genève et au droit humanitaire international.

Le monde entier a pris fait et cause pour les victimes du nazisme et il a pris les dispositions nécessaires pour châtier les criminels de guerre en les traduisant en justice, ceci afin que ne se reproduisent plus leurs crimes et un Holocauste collectif. Pourquoi donc ce monde est-il de connivence avec les criminels de guerre israéliens ? Tout simplement parce que leurs victimes sont des Arabes et des Musulmans ? Cette sélectivité odieuse révèle un effondrement de la morale et des valeurs.

La Grande-Bretagne, qui prévoit de modifier sa législation cette semaine afin de protéger les criminels de guerre israéliens, prend une responsabilité morale et juridique vis-à-vis du peuple palestinien, en permettant une effusion de son sang et en donnant le feu vert pour que le carnage continue.
Le Royaume-Uni, par ce geste,  réitère son agressivité à l’encontre du peuple palestinien et continue à la persécuter, même dans son exil, en s’alignant de manière honteuse sur ses bourreaux, que la Grande-Bretagne a aidé à installer leur État sur son dos. Le gouvernement britannique, plutôt que d’expier son grand crime contre le peuple palestinien – il est responsable de ses Nakbas depuis 60 ans -, il continue encore ce crime, en fournissant une protection légale et politique à ceux qui ont pris sa terre de force et l’ont marginalisé sur la terre entière, se faisant ainsi leur complice.

Nous joignons notre voix à celles des parlementaires, politiciens, artistes, militants des droits humains et de tous les Britanniques honorables qui s’opposent à ce changement de loi visant à maintenir l’impunité pour les criminels de guerre israéliens.

Et s’il y a vraiment un besoin urgent de modification législative, ce serait pour conserver un minimum d’indépendance à la justice.


Livni, la Belle du Mossad, par Omaya Joha

vendredi 9 octobre 2009

Gaza : catastrophe écologique annoncée

par Gunnar OLOFSSON, 28/9/2009. Traduit par Michèle Mialane et édité par Fausto Giudice, Tlaxcala
Original : Gaza på väg in i miljökatastrof

L’approvisionnement en eau de Gaza est au bord de l’effondrement. C’est ce qui ressort d’une récente enquête du PNUE (Programme des Nations Unies pour l’environnement). La situation, depuis longtemps mauvaise, s’est dramatiquement aggravée avec les attaques israéliennes de décembre-janvier dernier, privant ainsi d’eau potable 10% de la population. Onze arrivées d’eau importantes et quatre réservoirs ont été détruits, ainsi que des kilomètres de canalisations, et les adductions restantes risquent d’être souillées par des fuites sur les canalisations d’eaux usées. De plus, à l’heure actuelle, seulement 57% de l’eau pompée arrivent aux usagers, le reste se perdant en route en raison de fuites.

Selon le PNUE 2962 bâtiments ont été détruits en totalité ou en partie, et près de 600 000 tonnes de gravats et de décombres posent désormais à Gaza un important problème sanitaire. On a trouvé entre autres dans les ruines des quantités d’amiante élevées surtout de l’amiante bleu, 500 fois plus cancérigène que l’amiante blanc ordinaire.

Les bombes israéliennes ont aussi détruit 180 serres et 167 km de routes et tué plus de 35 750 vaches, moutons et chèvres ainsi qu’un million de volailles adultes et de poussins. Le poids total des cadavres d’animaux qui n’ont pu être évacués correctement est compris entre 1 et 1,5 millions de tonnes.

Avant la guerre Gaza possédait plus de 170 millions de m2 de terres cultivées. 17% ont été détruites et le reste des plantations est menacé de salinisation par les infiltrations d’eau de mer. Certaines plantes, par exemple les jeunes fruitiers et oliviers, supportent mal l’eau saumâtre et on court le risque de ne plus pouvoir replanter sur de vastes espaces. En outre 100 000 m3 d’eaux usées se sont déversés dans les plantations et ont pollué 55 000 m2 de cultures.

À l’heure actuelle 64% des foyers sont reliés à un tout-à-l’égout, et 36% rejettent leurs eaux usées sans aucune épuration, ce qui menace la côte de pollution par les nitrates et de salinisation. Le risque existe que les précipitations hivernales n’entraînent l’eau souillée sur des surfaces encore plus vastes. Les eaux usées transportent aussi des microorganismes et des métaux lourds et représentent donc un danger en soi.

La fréquence de plus en plus élevée de méthémoglobinémie, réduction de la capacité des globules rouges à transporter l’oxygène, représente un problème sanitaire particulier. Les enfants atteints de cette maladie sont apathiques, salivent trop abondamment et sont moins éveillés que la normale. Des crampes peuvent apparaître, puis la mort. Des études effectuées à Gaza montrent l’apparition de cette maladie chez les très jeunes enfants, une sorte de syndrome du « bébé bleu » proche de celui que provoquent certaines malformations cardiaques. Plus de 48% des enfants pourraient être atteints.

Selon le PNUE il faut immédiatement prendre les moyens d’éviter une nouvelle catastrophe écologique à Gaza. Il faut réparer les canalisations d’eau potable et de tout-à-l’égout et mettre en service davantage d’adductions d’eau alternatives, évacuer tous les débris et procéder à l’assainissement de vastes surfaces. La fourniture d’eau potable exige à elle seule 20 ans de travaux et un milliard de dollars d’investissements pour être mise à des normes acceptables au niveau international. Mais pour le moment Israël gêne, voire dans certains cas rend impossible la mise en œuvre de ce projet, car Gaza subit toujours un blocus meurtrier.

L’ONU a dit ce qu’elle avait à dire. C’est désormais au principal allié d’Israël, les USA, et à la Suède, qui préside en ce moment l’Union européenne, que revient la lourde responsabilité de faire en sorte qu’il soit mis fin au blocus de Gaza - un crime contre la Charte de l’ONU et une foule de documents et résolutions onusiens - afin de pouvoir commencer un véritable travail environnemental et sanitaire et rendre enfin à 1,5 millions de Palestiniens enfermés dans une prison à ciel ouvert une partie de leurs droits humains.

mercredi 7 octobre 2009

Une nouvelle trahison de l’Autorité Palestinienne

par Khalid Amayreh, 4/10/2009

La décision de l’Autorité Palestinienne de reporter à mars 2010 un vote sur le “Rapport Goldstone” au Conseil des Droits de l’Homme des Nations Unies à Genève constitue une immense trahison du peuple palestinien. En outre, la prouesse stupide et honteuse sert énormément le dessein israélien de couvrir les crimes néo-nazis perpétrés par l’armée d’occupation israélienne pendant sa guerre manifestement criminelle contre la Bande de Gaza il y a neuf mois.

La saisine du rapport par le Conseil des Droits de l’Homme aurait probablement pavé la route à la poursuite des criminels de guerre israéliens devant la Cour Pénale Internationale (CPI), ainsi que devant la Cour Internationale de Justice (CIJ) à La Haye.L’Autorité Palestinienne a donné une pléthore de prétextes, la plupart fallacieux, pour justifier l’acte scandaleux que de nombreux Palestiniens, des gens ordinaires comme des intellectuels, ont décrit comme un acte de trahison nationale.
De fait, les Palestiniens avaient à leurs côtés une solide majorité de 33-35 Etats-membres sur les 47 du Conseil, ce qui veut dire que le rapport de la commission Goldstone aurait pu facilement être avalisé par le Conseil des Droits de l’Homme et transféré à la CPI ou à la CIJ.
La seule réelle interprétation de la décision de l’AP de reporter le vote du rapport que l’on puisse faire est que le régime de Ramallah a tout simplement voulu apaiser Israël et l’administration Obama, sans tenir compte des effets et conséquences désastreux sur la cause palestinienne, en particulier sur les victimes oubliées des crimes de guerre israéliens dans la Bande de Gaza.


Lire aussi

Communiqué du Hamas sur l'ajournement du vote sur le rapport Goldstone

Manifestation à Ramallah : Fureur contre l’Autorité Palestinienne sur la décision Goldstone