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jeudi 23 août 2012

Le reality show du Pentagone

par Manlio Dinucci, 21/8/2012. Traduit par  Fausto Giudice, Tlaxcala

Traductions disponibles : English  Español 
Les commandos se jettent en mer du haut d’un hélicoptère et, arrivés sur la rive en zodiac, ils éliminent les ennemis avec leurs fusils d’assaut, minent un dépôt, qui explose tandis qu’ils repartent, agrippés à l’hélicoptère. Ceux qui accomplissent l’action ne sont pas des Marines ou des Navy Seals (forces spéciales de la marine de guerre), mais des acteurs, des chanteurs, des champions sportifs ou hommes d’affaires connus.
Recrutés par la chaîne US NBC pour le reality show "Stars Earn Stripes" ["Des stars récoltent des galons", jeu de mots avec "Stars and Stripes", "des étoiles et des bandes3, nom de l'hymne national US, NdT], ils sont entraînés et accompagnés dans l’action par d'authentiques  membres de commandos, dont des Bérets Verts. 

Le but du show, précise la NBC, est de rendre hommage à "nos héros" qui reviennent des guerres, en montrant "quelles incroyables missions ils accomplissent dans la réalité". Chaque concurrent participe contre une somme d’argent, qu’il offre à une association de bienfaisance pour militaires, poussant ainsi les téléspectateurs à contribuer de leur poche. Mais ce qui rend unique ce show est son exceptionnel meneur de jeu : le général Wesley Clark, ex-Commandant suprême des forces alliées en Europe de 1997 à 2000.  C’est lui qui planifie les missions des concurrents, les guide et les juge. Et il ne manque pas d'’expérience : c’est lui qui a planifié et commandé la guerre contre la Yougoslavie. 

Une fois à la retraite, Clark a écrit des livres et donné des cours sur la manière de "mener et gagner la guerre moderne", sur la base de celle de 1999.  Ce fut la première guerre menée par l’OTAN dans ses 50 ans d’histoire, explique Clark, pour "mettre fin à l’épuration ethnique de Milosevic contre les Albanais du Kosovo". Une guerre dans laquelle "l’Amérique a fourni la direction et a choisi les objectifs à frapper". Mais le Pentagone la transforma en "guerre de l'OTAN", en impliquant ses alliés qui effectuèrent 60% des attaques aériennes. 

C'est ainsi que Wesley Clark décrit le palimpseste d’un autre reality show, bien plus important que celui de la NBC, et que le Pentagone diffuse en mondovision pour faire prendre les vessies pour des lanternes, en camouflant les causes et les buts de la guerre. 

Ce scénario s’en tient à deux règles : focaliser l’attention de l’opinion publique sur l’ennemi numéro un du moment (Milosevic, Ben Laden, Saddam Hussein, Kadhafi, Assad, Ahmadinejad) en montrant comme il est dangereux, et comme  l’intervention militaire  est juste et urgente; mouiller les alliés, mais faire en sorte que les USA aient toujours la direction des opérations.

Dans le reality show de la guerre, il est permis de fabriquer des "preuves" contre les ennemis : comme celles présentées à l’ONU par le secrétaire d’Etat Colin Powell, le 5 février 2003, pour démontrer que l’Irak possédait des armes biologiques de destruction massive. "Preuves" dont Powell lui-même a admis plus tard la fausseté, demandant à la CIA et au Pentagone d’expliquer pourquoi ils lui avaient fourni des "informations inexactes".

Mais désormais le reality show de la guerre est passé à de nouveaux épisodes : on accuse maintenant  l’Iran de vouloir fabriquer des armes nucléaires (en passant sous silence le fait qu’Israël en possède depuis des décennies, et les tient pointées contre l’Iran et d’autres pays). Des émissions populaires comme « Stars Earn Stripes » contribuent aussi à alimenter l’idée de l’ennemi et de la nécessité de se défendre.

Wesley Clark pourrait réaliser une version italienne de l'émission en recrutant un comparse exceptionnel : Massimo D’Alema, qui en 1999, quand il était Premier ministre, a mis les bases et les forces armées italiennes aux ordres du futur animateur du reality show « Stars Earn Stripes ».

mercredi 24 juin 2009

Présence de potassium-40 radioactif dans le sol serbe

Les retombées de la guerre criminelle de l'OTAN contre l'ex-Yougoslavie. À lire ici

vendredi 17 avril 2009

Le dernier jour de Sania - Ce qu’une jeune Serbe vous dirait de la guerre

Un dimanche de mai 1999, sur le pont de Varvarin, en Serbie
par Jürgen ELSÄSSER
Sanjas letzter Tag
Sania Milenković est née le 30 novembre 1983 à Kruševac, au centre de la Serbie. Lorsque les bombardements de l’OTAN débutèrent, elle avait 15 ans et mesurait 1 mètre 80. Elle avait des yeux bruns qui prenaient au soleil un éclat doré, des cheveux bruns mi-longs rejetés sur le côté gauche, quelques mèches rebelles tombaient parfois sur son grand front. Elle portait des bijoux discrets – une mince chaîne avec un fermoir à vis, au doigt un demi-jonc, à l’oreille de petits anneaux ronds. Ce qui frappait dans son visage c’était la bouche, la lèvre supérieure bien dessinée, la lèvre inférieure pleine, quand elle riait on voyait étinceler ses dents, les coins de sa bouche rejoignaient ses oreilles.Elle avait effectivement une petite envie, mais pas au genou, au bras.

Bref, on aurait pu la prendre pour une version féminine de Leonardo di Caprio, qu’elle avait en poster dans sa chambre ; comme tout le monde elle cherchait chez son bien-aimé quelque chose d’elle-même. Sania et Leonardo, ç’aurait été un couple de rêve, pourquoi a-t-il fallu qu’un iceberg survienne et coule le Titanic ? Sania était romantique, elle lisait et relisait des romans d’amour, en musique elle aimait Whitney Houston, Luna et Hari Mata Hari. Et elle chantait avec eux « Znam pricu o sreci, je connais une histoire qui parle de bonheur. »

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