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dimanche 1 mars 2015

Yaşar Kemal, un souffle millénaire

par Mustafa Can, Aftonbladet, 28/2/2015. Traduit par  Fausto Giudice, Tlaxcala

L'extraordinaire écrivain Yaşar  Kemal vient de s'éteindre à Istanbul à l'âge de 91 ans. il nous laisse une œuvre épique inégalée, aux profondes racines populaires. Précurseur méconnu de ce qu'on appellera le "réalisme magique", Yaşar  Kemal n'aura pas eu les honneurs du Prix Nobel. Pourtant la Suède est sans doute le pays où il a été le plus lu en dehors de Turquie et c'est là qu'il trouva refuge dans les années 1970, quand la dictature militaire voulait le mettre à l'ombre pour l'éternité. Un représentant de la nouvelle génération d'écrivains suédois, lui aussi d'origine kurde, évoque l'auteur de l'épopée de Mèmed.-FG

Mustafa Can évoque un Yaşar  Kemal triste dans un restaurant chinois à Fridhemsplan à Stockholm
   



Yaşar  Kemal (1923 - 2015)
En apprenant  la mort de Yaşar  Kemal, je pense à une nuit deux jours avant le réveillon du Nouvel An 2006 , à La Havane.

Gabriel García Márquez était assis, entouré de belles femmes et d'hommes graves en costumes, aux larges épaules, sur les divans, au fond de la boîte de nuit "Le chat borgne", aux pieds du légendaire Hôtel Nacional où des mafieux, des espions, des stars de cinéma, des politiciens, des écrivains et d'autres célébrités se côtoyaient en d'autres temps.

Encouragé par mon ami Lars Asklund , je suis allé vers l'écrivain et l'ai remercié pour de magnifiques expériences de lecture. Márquez a hoché la tête et a demandé prudemment d'où je venais.
- Suède. Mais je suis originaire du Kurdistan turc.
- Oh, du même pays que Yaşar  Kemal, s'est-il  exclamé, ravi et a levé son verre.  Bien que je n'ai pas mentionné que je rencontrais parfois Yaşar  Kemal, Márquez a continué :
- C'est très bon confrère et un inspirateur. Salue-le bien de ma part quand tu le rencontres.
Cinq mois plus tard, nous étions quelques personnes attablées avec un Yaşar  Kemal attristé dans un restaurant chinois à Fridhemsplan à Stockholm. Pour lui remonter le moral - il était venu rendre visite à son ami confrère à l'agonie Mehmet Uzun - je lui ai parlé de la rencontre avec Márquez.
- Il a donc dit : «collègue inspirateur»?, a ri Kemal. C'est peut-être une manière pour le bon Márquez de reconnaître que j'ai précédé les Latino-Américains dans le réalisme magique.

Non, à la différence de son collègue colombien le Kurde Yaşar  Kemal, qui écrivait en turc, n'a jamais eu le prix Nobel de littérature. Un prix dont il voulait rarement parler - même s'il y fut candidat pendant de longues années.

- Si vous avez reçu les récits avec le lait maternel, vous ne devez pas passer votre temps à penser aux prix, vous devez simplement raconter, avait-il lancé dans un bistrot d'Istanbul après un séminaire littéraire au consulat suédois en 2004.

Kemal racontait avec verve comment ses parents kurdes avaient fui de la région du Lac de Van pour échapper aux armées russes en 1915. Comment le fait de grandir dans la seule famille kurde d'un village turkmène pauvre, Hemite, dans la plaine entre les monts Taurus et la Méditerranée, l'avait  conduit à maîtriser mieux la langue turque que sa langue maternelle .

Yaşar  Kemal baissait la voix quand il évoquait la perte de son père, qui lui manqua toute sa vie, qui fut abattu dans une mosquée par son frère adoptif quand il avait à peine cinq ans. Et il haussait de nouveau le ton et retrouvait sa bonne humeur quand il disait que c'était les bardes, les conteurs oraux qui, avant même qu'il eût appris à écrire, qui  l'avaient inspiré à aller de village en village pour recueillir des histoires plus ou moins vraies, les  mémoriser et les restituer sous une forme dramatisée. Des récits qui pouvaient durer des jours.  Et le travail de tri des livres dans la bibliothèque déserte d'Adana, la ville de la région, et la rencontre avec Homère, Cervantès, Stendhal, Tchekhov ...

- La littérature occidentale m'a offert un nouveau monde. Ces auteurs m'ont fait réaliser plus tard que "ma" La littérature devait jaillir de l'histoire de ma famille et de mon peuple avec son trésor de contes, de chansons populaires et de mythes.

Dès son premier roman Mèmed le Mince ("İnce Memed", 1955), il est devenu la figure de proue  de la littérature turque. L'inspiration pour les œuvres sur le petit orphelin maigre et rebelle Mehmed, expliquait Kemal, est venue des hommes dans la famille de sa mère. Tous étaient des hors-la-loi révolutionnaires, aucun d'eux ne mourut de vieillesse.

Son paysage d'enfance dans la plaine fertile de Çukurova était son propre Macondo. Yaşar  Kemal dépeint dans son épopée les conditions de vie des opprimés et ce qui arrive à la fois à l'homme et à  la société dans des temps de bouleversement. Lorsque la société paysanne rencontre la modernité, que la pauvreté se confronte au capitalisme, le désir de libération rencontre encore un système politique brutal.

Bien que l'œuvre de Kemal se déroule principalement durant le 20ème siècle,  elle est traversée par un souffle millénaire où chaque objet a son histoire secrète et diverses époques s'interpénètrent. Sur  la plaine de Çukurova les sites préhistoriques du Néolithique et de l'ancienne Cilicie ont laissé leurs traces. Avec des temples, des inscriptions lapidaires et des villages troglodytes prophétiques. Hittites et Babyloniens, Perses, Arméniens et Kurdes, Romains, Grecs, Arabes et Turcs. Une cohorte de souverains et d'esclaves, de paysans et de seigneurs féodaux qui tous se meuvent entre des paysages d'ombres nocturnes et des mondes féériques éblouissants .

Les romans résonnent simultanément de nombreuses voix différentes. Il y a des ruptures, des exodes de masse et des colons. La haine, la vengeance, la suspicion et la violence sont toujours présentes. Mais aussi la révolte, l'amour, la beauté, l'imagination débridée et la quête irrépressible de l'homme qui,  même en des temps chaotiques, rêve de lumière et de paix.

Pour l'athée Yaşar  Kemal, l'homme était la mesure de toute chose. Mais sans la nature, l'homme n'est qu'une coquille vide. À la question de savoir pourquoi il commence presque tous ses romans avec de longues descriptions lyriques de la nature, il répondait :
-Je suis un athée avec une angoisse de mort  parfois paralysante. La nature ne est ni bonne ni mauvaise, elle est juste grandiose, et sa beauté est peut-être mon principal argument contre la mort.

Enfant, il pouvait passer des heures, des journées à observer le vol d'un papillon, le vol des oiseaux, les abeilles sauvages aux reflets bleutés  montant et descendant en nuages ​​étincelants au-dessus la plaine, les formations nuageuses, les changements de nuances des monts Taurus, les têtes épineuses des chardons, les pêchers et abricotiers en fleurs, les amandiers sauvages explosant en rose et pourpre. Il respirait le parfum du thym sauvage et fermait les yeux en écoutant le vent, le chant des ruisseaux et des perdrix au plumage brun-roux.

Le vieux paysan, le tractoriste, le cueilleur de coton, le gardien de nuit, l'écrivain public, l'instit intérimaire, le rebelle et socialiste, fut pendant de longues années l'une des rares consciences publiques de la nation turque. À contrecœur, comme son ami Orhan Pamuk.

Yaşar  Kemal détestait parler de politique, mais ne pouvait nénamoins pas rester à l'écart de la politique. Surtout lorsqu'il s'agissait de la liberté d'expression et de la répression systématique des Kurdes.
- Je suis un écrivain, pas un commentateur politique. Ma tâche est d'écrire aussi bien que possible, mais quel choix ai-je lorsque des gens assoiffés de liberté qui descendent dans la rue sont persécutés et même condamnés à plusieurs siècles de prison, sont torturés, assassinés?
Monument à Mèmed le Mince dans le village natal de Yaşar  Kemal, Hemite, nommé aujourd'hui Gökçedam
C'était à ses yeux immoral d'être politiquement neutre, de s'enfermer et ne s'adonner qu'à la littérature, quand le monde autour brûlait. Particulièrement dans les dictatures et les démocraties fragiles où tout le monde ne sait pas lire écrire, il était du devoir de l'intellectuel de mettre l'éthique avant l'esthétique, de mettre en lumière  l'inflation de la valeur civilisationnelle de la société et perturber l'ordre social.

Les médias turcs ont mené pendant de longues années des campagnes de diffamation et de haine contre Kemal. Au fil des ans il a été souvent condamné ou menacé de procès et d'emprisonnement pour soutien au terrorisme et pour propagande séparatiste. Je me souviens de la mine triste de Yaşar  Kemal quand une jeune femme, au cours d'une rencontre d'écrivains dans une librairie, lui a demandé quel effet ça lui faisait d'être désormais plus connu comme militant des droits de l'homme que comme écrivain:

- Je ne suis qu'un homme parmi les hommes. Être humain implique peut-être avant tout de se sentir responsable de tout ce qui se passe dans le monde et de se confronter à la fois au présent et au passé. Surtout maintenant dans l'hystérie marchande du pluralisme libéral.
Chaque fois que je rencontrais Yaşar  Kemal, il me demandait toujours des nouvelles de la Suède - "ma seconde patrie" - et évoquait la rue où il a vécu durant son exil pendant quelques années à la fin des années 70. Årstavägen 29.

Il décrivait le froid, l'obscurité, les rues désertes et la solitude. Et ce que  l'absence de langue pour communiquer  fait de l'homme, l'isolant du reste de la société, le faisant se sentir une victime impuissante. Car ce qui en fin de compte sauve l'homme est sa capacité de communiquer. Mais ...

- Je n'ai jamais été aussi productif que durant l'exil en Suède, j'ai écrit plusieurs livres en quelques années. Le silence et le calme que j'ai rencontrés là-bas, je ne les ai jamais rencontrés avant ou après. Malgré ma nostalgie du pays, j'ai été très heureux en Suède.

Il y a deux ans, lors d'une brève rencontre dans  une galerie à Istanbul, j'ai demandé Yaşar  Kemal s' il savait qu'il avait été dans les années 70 l'écrivain étranger le plus emprunté dans les bibliothèques suédoises.

Son rire bruyant a résonné entre les murs:
- En tout cas, ce n'est pas ça qui donne le prix Nobel.
 

samedi 30 novembre 2013

Violence sexiste : ni régurgitation d'archaïsmes, ni anomalie de la modernité

par Annamaria Rivera, 27/11/2013. Traduit par  Fausto Giudice
Original : Violenza sessista: né rigurgito dell’arcaico, né anomalia della modernità

Maintenant que le fémicide et le féminicide (ou gynécide, gynocide) ont attiré l'attention des médias et des institutions, le risque est grand que, constituant un thème en vogue, la violence de genre soit utilisée pour vendre, alimenter les news, et solliciter le voyeurisme du public masculin. Un deuxième risque, déjà visible, est que la dénonciation et l'analyse soient absorbées, donc émoussées et banalisées par un discours public - médiatique, institutionnel, mais aussi des "expert-es " -, constellé de clichés, de stéréotypes, de lieux communs, plus ou moins grossiers. Essayons d'en démonter quelques-uns, maintenant que les projecteurs sur la Journée internationale contre la violence de genre se sont éteints et que la logorrhée s'est quelque peu tarie.
Tout d'abord : la violence de genre n'est pas une régurgitation d'archaïsmes ni une  anomalie de la modernité. Bien qu'elle soit l'héritière de croyances, de préjugés, de structures, de mythologies propres aux systèmes patriarcaux, elle est un phénomène intrinsèque de notre époque et de notre ordre social et économique. Elle est d'ailleurs tout à fait transversale, étant présente dans les pays dits avancés comme dans ceux dits arriérés, dans les classes sociales les plus diverses, dans des milieux cultivés ou incultes.

Le dogme selon lequel la modernité occidentale serait caractérisée par un progrès absolu et incontestable dans les relations entre les genres, tandis que les autres seraient immergé-es dans les ténèbres du patriarcat, est dénué de tout fondement.  Pour prendre des données connues, selon le dernier rapport (2013 ) sur le Gender Gap (fossé entre les genres) du Forum économique mondial, dans 136 pays sur tous les continents, les Philippines figurent à la 5ème place mondiale pour l'égalité des sexes (après l'Islande, la Finlande, la Norvège et le Suède), tandis que l'Italie n'est qu'à la 71ème, après la Chine et la Roumanie, et dans une tendance contraire à celle de la plupart des pays européens .

Exemples choisis de modernité
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Pourtant, il n'y a pas toujours un rapport inversement proportionnel entre la conquête de l'égalité de genre et la violence sexiste. Le cas de la Suède (mais aussi, à des degrés divers, celui du Danemark, de la Finlande et de la Norvège) est exemplaire. Ce pays, depuis toujours à l'avant-garde pour garantir la parité de genre, de manière à occuper, comme nous l'avons dit, la 4ème place sur 136 pays, connaît un nombre croissant de viols, qui ont quadruplé en vingt ans, au point de concerner une femme sur quatre.  Cela ne dépend pas seulement du fait que le nombre de plaintes a augmenté rapidement à la suite d'une prise de conscience croissante des femmes, mais aussi d'une augmentation réelle des cas.

Pour rester en Europe et faire une référence désormais historique, il convient de rappeler qu'un pays comme la Yougoslavie, qui à l'époque se distinguait par un niveau élevé d'émancipation féminine, certainement plus élevé que dans l'Italie de l'époque, a connu, au cours de la guerre civile, l'horreur des viols ethniques. Le recours au pénis comme arme pour frapper les ennemis à travers le corps des femmes montre, entre autres choses, la continuité entre la haine et à la violence «ethniques» et le viol des femmes, visant à leur anéantissement : le viol cache toujours un désir ou une volonté de s'en prendre à l'identité et à l'intégrité de la personne - femme .

Il existe diverses raisons complexes qui peuvent expliquer pourquoi dans des sociétés " avancées" le nombre de viols et fémicides augmente. Pour en citer une : tous les hommes ne sont pas en mesure ou disposés à accepter des changements qui affectent les rôles et le statut des femmes, qui sont en fait souvent vécus comme une menace pour leur virilité ou pour  leur «droit» à la possession, si ce n'est à la domination.  Le récit de la masculinité est devenu moins crédible aujourd'hui que dans le passé. Et beaucoup d'hommes semblent effrayés par les représentations et les images de la capacité d'entreprendre, y compris sur le plan sexuel, des femmes (plus que par la réalité d'une  autonomie véritable, au moins en Italie, où elle est faible). Cette inadaptation de la société (mâle) se reflète aussi dans la pratique des institutions à l'égard de la violence de genre, souvent tardive  et /ou inadéquate . Par exemple, dans de nombreux cas qui se traduits par un fémicide, les victimes avaient dénoncé à plusieurs reprises leurs persécuteurs.

Tout cela pour dire que le sadisme, la volonté de réifier et / ou détruire les femmes et les autres sont à l'œuvre dans notre propre société, sous des formes plus ou moins latentes, jusqu'à ce que certaines conditions ne permettent plus qu'ils se manifestent ouvertement. Le système de domination et d'appropriation des femmes (pour utiliser le concept clé de la sociologue féministe Colette Guillaumin) a tendance à frapper - de viol ou de fémicide - non seulement les étrangères ou celles qui, comme en Yougoslavie, ont été transformées en autres et en ennemies, mais aussi les femmes avec lesquelles il existe des relations d'intimité ou de proximité. Il suffit de dire qu'à l'échelle mondiale 40 % des femmes tuées l'ont été par un homme proche d'elles. Et, pour évoquer à nouveau l'Europe, selon les Nations Unies la moitié des femmes assassinées entre 2008 et 2010 l'ont été par des personnes auxquelles elles étaient liées par une relation étroite (pour les hommes ce chiffre tombe à 15%).

Pour toutes ces raisons, il faut se méfier des schémas évolutionnistes et d'un facile optimisme progressiste : le préjugé, la domination et /ou la discrimination fondée sur le genre - comme celles fondées sur la «race», la classe ou l'orientation sexuelle - ne sont pas nécessairement un résidu archaïque du passé, un signe d'arriération ou de modernité inachevée, destiné à disparaître bientôt. Ce sont plutôt des traits qui appartiennent intrinsèquement et structurellement aussi à la modernité tardive - peut-être faudrait-il dire la modernité décadente. Pour le dire avec les termes des éditrices de “Il lato oscuro degli uomini”, (Le côté obscur des hommes), un livre précieux  qui vient de paraître dans la collection " sessismoerazzismo " des éditions Ediesse, la violence masculine contre les femmes est à la fois un "produit de l'ordre patriarcal " et "le résultat de transformations modernes des relations entre les femmes et les hommes" (p. 33 ).

Selon un autre lieu commun courant, pour contrecarrer et éliminer la violence de genre il suffirait d'un changement culturel, de manière à ranger définitivement au placard les derniers vestiges de la culture patriarcale et de traditions rétrogrades. Pieuse illusion : peut-on dire que la Suède est un pays dominé par la culture patriarcale ? Bref, s'il est vrai que la violence sexiste est un phénomène structurel, comme c'est admis, elle est ancrée dans de multiples dimensions. Pour le dire succinctement, la domination masculine a une matrice culturelle et symbolique, certes, mais aussi très matérielle. Si nous nous limitons au cas italien, le néolibéralisme, la crise de l'État-providence, l'exaltation du modèle du libre marché, les privatisations, puis  la crise économique et les politiques d'austérité ont signifié pour les femmes un retour en arrière dans de nombreux domaines. Et le retour en arrière signifie une perte d'autonomie, donc une perte de confiance en soi, une subordination et une vulnérabilité plus grandes.


Bien sûr, en Italie, une contribution majeure à la réification - marchandisation du corps des femmes a été apportée par la télévision, en particulier celle de Berlusconi. Généralement vulgaire, sexiste et raciste, elle a été et est un élément crucial de l'offensive contre les femmes et leurs revendications d'égalité, d'autonomie et de libération. Elle a fini par conditionner non seulement le langage des politiciens, de plus en plus ouvertement sexiste, mais la structure même du pouvoir et des institutions politiques. Sans parler de l'utilisation du corps des femmes comme des pots-de-vin : échange de marchandises d'échange d'un système si large et profond de corruption qu'il est devenu système de gouvernement. Et il est indéniable que, aujourd'hui en Italie, il y a une complicité considérable de la société,  des institutions, de l'opinion publique, même d'une partie de la population féminine avec un tel imaginaire et une telle utilisation du corps des femmes .

Et alors,  il n'y a rien à faire? Bien au contraire. Mais la question doit avant tout être posée en termes politiques. Ce n'est pas la récente décision - mesure typique de "large entente" [cohabitation à l'italienne actuellement au gouvernement, NdT] - qui affronte la question de la violence masculine en termes d'urgence (et à côté de mesures répressives contre le «terrorisme» des opposants au TGV Turin-Lyon, les vols de cuivre et autres) qui va nous apporter le salut. Nous ne pouvons pas non plus avoir la naïveté de croire que l'attention accordée à cette question par les institutions et les médias dominants représente un progrès certain et irréversible. Et ce n'est pas non plus principalement aux femmes de soigner (encore une fois !) le " côté obscur des hommes ". C'est à nous toutes qu'il échoit de contribuer à reconstruire une subjectivité collective libre, combative, consciente de sa propre autonomie et détermination, à même de saper l'exercice de la domination masculine, à quelque échelle et dans quelque contexte il se manifeste .




 

vendredi 15 mars 2013

La vallée de larmes : un classique du XXIème siècle classique du XXIème siècle

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Le premier roman d'Antonio Beltrán Hernández, auteur mexicain vivant entre Paris et Mexico et écrivant aussi bien en espagnol qu'en français, pourrait, par son intrigue, être un roman policier. Mais un roman policier (ou plutôt, un thriller linguistique) écrit par un disciple du grand Borges, tout aussi fasciné que son maître par les langues, de l'hébreu et de l'arabe au japonais et à l'islandais, en passant par le suédois, le sanskrit et le persan, langues que l'auteur a étudiées. Ce pourrait être un roman d'espionnage avec la CIA pour protagoniste.
Ce pourrait être un Bildungsroman (roman d'apprentissage), celui d'une jeune avocate de l’aristocratie chilienne qui déchire le voile de la vérité et déclare la guerre à la famille et à la classe au sein de laquelle elle a grandi.
Ce pourrait être un roman historique, puisqu'il revisite le XXème siècle et certaines de ses tragédies, des conséquences ultimes de la Seconde Guerre mondiale aux guerres néocoloniales du début de notre siècle. Ce pourrait être un roman philosophique, sur le thème de l'impunité et de la justice. Ce pourrait être un roman américain, puisqu'il se déroule en grande partie entre Santiago, Valparaiso, Chuquicamata, Buenos Aires, Mexico, Chicago et New York. Ce pourrait être un roman européen, puisqu'il se déroule aussi bien à Paris qu’à Uppsala, Lund, Bräkne-Hoby, Göttingen, Vienne et Berlin. Ce pourrait être un roman asiatique, puisqu'il nous promène dans l’Inde des Védas et du Mahâbhârata et nous emmène au Vietnam en guerre et dans le Japon de Kobe et Nagasaki.
Et ce pourrait être un roman gastronomique, puisqu'il nous fait découvrir quelques exquis mets mexicains et quelques breuvages non moins exquis. Ce pourrait être aussi un roman scientifique puisqu’il nous met en face de l’horreur atomique et psychopharmacologique et du bonheur des avancées technologiques et de la conquête de l’espace. Ce pourrait être, enfin, un roman théologique, sur le thème du Mal, de la Faute et de la Rédemption dans cette vallée de larmes où nous vivons.
La vallée de larmes, pour dire les choses simplement, est tout cela à la fois. Bref un texte appelé à devenir un "classique du XXIème siècle", destiné au public d'un monde définitivement réduit aux dimensions d'un village – on dit "globalisé" -, et dont la culture quotidienne est désormais un patchwork qui s'apparente à un costume d'Arlequin.
Toutes ces couleurs vont se mettre en mouvement, comme dans un disque de Newton, pour faire éclater devant nos yeux la vérité, une vérité, la vérité toute simple et banale – aussi évidente qu’invisible – perceptible uniquement depuis la banlieue du monde, cette cité perdue qui pour certains se trouve au-delà de l’infini.
Pour venir creuser davantage notre grande vallée, il vous sera permis de pleurer de douleur et d’émotion, mais aussi de bonheur. Et ce même bonheur vous permettra aussi, peut-être, de rire.

  • Antonio Beltrán Hernández La vallée de larmes Tragédie géopolitique à fin heureuse
    éditions
    workshop19, Tunis,  mars 2013
    ISBN 978-9938-862-04-1 15X21, 260 p.
    12 Dinars tunisiens 16 Euros 20 Francs suisses

Distribution Tunisie : AFRIQUE CULTURE 71 205 521
Diffusion France/Belgique/Suisse : L'OISEAU INDIGO
http://www.loiseauindigo.fr

Distribution France/Belgique : POLLEN-LITTÉRAL
http://www.pollen-diffusion.com

Distribution Suisse : SERVIDIS
http://www.servidis.ch

Reste du monde : contacter l’éditeur
éditions workshop19 Atelier tunisien de création 41 rue d’Iran, 1002 Tunis ++216 22 679 040   ++33 6 13 99 28 86
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https://twitter.com/workshop19edit  @workshop19edit

Contacter l'éditeur contact[at]workshop19.info Contacter l'auteur abh[at]workshop19.info
Texte de 4 de couverture
Un roman ne se raconte pas, ne se résume pas, et encore moins celui que, cher lecteur, tu tiens entre les mains. Un roman ? Ou bien il se lit, et alors il peut laisser une marque indélébile dans l'esprit de son lecteur, ou bien il s'ignore, et alors il reste un mystère entier pour son non-lecteur. Contentons-nous de dire que l’auteur déteste connaître à l’avance l’histoire des films qu’il va voir, pourvu qu’il soit sûr que le film est bon.
Partons donc du principe que ce livre est bon et ne dévoilons donc pas son intrigue.  Tout est d’ailleurs contenu dans son titre et son sous-titre.  Le premier ne fait pas seulement référence au Salve Regina, mais aussi à l’épisode du même nom (Tåredalen) du film de Bergman « Scènes de la vie conjugale (Scener ur ett äktenskap) ».  Le sous-titre part d’une ferme conviction de l’auteur : les grands tragédiens, de Sophocle à Shakespeare, sont les précurseurs des bons thrillers. Et ce thriller linguistique vous mènera jusqu’au bout du bruit et de la fureur, de la guerre et de la paix, de la souffrance la plus extrême et, enfin, de la justice.

Antonio Beltrán Hernández n’a jamais été un militant politique.  Sa première passion était la science-fiction.  Il vivait dans la Lune et au-delà, il collectionnait toutes les coupures de journaux concernant la conquête de l’espace, il apprit l’alphabet cyrillique en déchiffrant les noms des cosmonautes dans un livre en édition quadrilingue, « космонавт и его родина   —  Le cosmonaute et sa patrie », pendant sa première adolescence il croyait que le monde finirait dans une conflagration nucléaire, et sa vocation définitive, le cinéma, lui fut inoculée par « 2001, l’odyssée de l’espace ».
Cependant, quelque chose changea en lui lorsqu’il lut la préface de Sartre à « Les Damnés de la Terre » de Frantz Fanon (…en le premier temps de la révolte, il faut tuer : abattre un Européen c'est faire d'une pierre deux coups, supprimer en même temps un oppresseur et un opprimé : restent un homme mort et un homme libre).  Puis « Cent ans de solitude » lui fit redécouvrir, par sa magie, l’univers de son Amérique.
Et Borges le transporta au-delà de l’infini.
Aujourd’hui, il n’est ni scientifique ni historien ni stratège ni linguiste, et sa carrière de directeur de la photographie de cinéma connaît des petits hauts et des grands bas. Mais il nous fera voyager, dans ces pages, à travers les arcanes de notre insaisissable vallée de larmes.
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mercredi 2 janvier 2013

En dépit de ses affirmations, Ikea Israël refuse de livrer aux Palestiniens de Cisjordanie, alors qu’il fournit les colons

par Adri Nieuwhof, 4 et 28/12/2012. Traduit par JPP et Fausto Giudice
Ikea affirme publiquement que son magasin israélien fournit quiconque, sans distinction de race, de religion ou de nationalité. Mais une nouvelle fois, la preuve est faite que les affirmations d’Ikea sont fausses.
En mon nom et à ma demande, un Palestinien parlant hébreu, Iyad Misk, qui vit en Cisjordanie, a appelé Ikea pour s’informer sur les livraisons dans son village palestinien de Beit Sahour, près de Bethléhem.
Dans un courriel du 3 décembre, on me fait savoir que ma demande a été transférée à la société Moviley Dror qui fait les livraisons pour le magasin.
Le représentant « Sholy » de la société déclare que, bien que la livraison au check-point près de Bethléhem soit possible, Moviley Dror n’entre pas dans les zones de l’Autorité palestinienne. Parce que c’est dangereux, prétend Sholy.
Sholy précise que Moviley Dror ne passe pas le check-point, même si la zone est classifiée comme Zone C selon les Accords d’Oslo (une partie du village de Beit Sahour est en Zone C). La Zone C couvre plus de 60 % de la Cisjordanie et se trouve sous le total contrôle militaire israélien.
Environ 150 000 Palestiniens vivent en Zone C, selon le bureau des Nations-Unies pour la Coordination des affaires humanitaires (OCHA). Au total, 650 000 colons israéliens vivent en Cisjordanie occupée, dont 300 000 à Jérusalem Est, rapportait le journal britannique The Guardian, en juillet. Il est évident que ces colons représentent un marché substantiel pour Ikea.

Après l'incendie du magasin Ikea de Nethanya, qui l'a détruit en 2011, le magasin de Rishon Lezion, ouvert le 9 mars 2010, est le seul magasin IKEA à fournir le marché israélien
Les pratiques d’apartheid par les livraisons Ikea
Le même jour, je demandai aussi à Who Profits (un projet de recherche sur la coalition des Femmes pour la paix, basé à Tel Aviv) de contacter Ikea par téléphone pour voir ce qui se passe quand il lui est demandé de livrer dans une colonie israélienne, également en Cisjordanie.
Who Profits m’indique dans un courriel qu’il a bien sollicité Ikea pour une livraison à domicile dans la colonie de Beitar Ilit – sachant que pour livrer à Beitar Ilit, il faut aussi passer par les check-points. Et que, comme les autres colonies en Cisjordanie, Beitar Ilit se trouve en Zone C.
La demande est donc également transférée à Moviley Dror. Quand il est demandé à la société Moviley Dror si elle livre les produits Ikea à Beitar Ilit, la réponse est, « oui ». La réponse de Moviley Dror prouve bien qu’Ikea passe les check-points pour livrer ses produits aux colons israéliens en Cisjordanie, mais pas aux Palestiniens natifs de la Cisjordanie.
Des employés du magasin de Rishon Lezion chantant la "chanson d'IKEA"
Colonies illégales en vertu du droit international
Suite à l’annonce par Israël de la construction de 3000 nouveaux logements en Cisjordanie occupée, vendredi, le Royaume-Uni, la France, la Suède, le Danemark et l’Espagne ont convoqué leur ambassadeur israélien pour protester contre cette décision, rapporte The Guardian. Dans un communiqué, le secrétaire général des Nations unies, Ban Kimoon, exprime sa vive préoccupation et sa déception devant le projet d’Israël, réaffirmant que les colonies sont illégales en vertu du droit international.
Malgré une position claire du droit international sur l’illégalité des colonies israéliennes en Cisjordanie, depuis des années, Ikea assure les livraisons des produits de son magasin d’Israël jusqu’au domicile des colons. Par ailleurs, la porte-parole d’Ikea, Ulrika Englesson Sanman, m’indique dans un courriel du 28 novembre qu’Ikea « ne veut exclure ni individu ni groupe d’individus de la possibilité d’être ses clients ».
Dans le passé, la société locale de transport ne pouvait pas « livrer dans les zones contrôlées par les autorités palestiniennes ». Et Englesson Sandman de prétendre encore que cette société "s’arrangeait pour que la livraison à domicile des produits Ikea puissent se faire aux gens vivant dans les zones contrôlées par les autorités palestiniennes".
Il ne semble pas qu’elle soit fidèle à cet engagement.
Le Dr Jeff Handmaker, maître de conférences en droit, en droits de l’homme et en développement à l’Institut international des Études sociales de l’université Erasmus de Rotterdam, me confirme dans un courriel du 4 décembre que « la nouvelle information qui survient corrobore qu’Ikea et ses sous-traitants en livraison se rendent complices de violations du droit humanitaire international et des droits de l’homme, en soutenant activement le transfert des Israéliens vers les colonies illégales et en renforçant le bouclage des zones palestiniennes. »
De plus, « Ikea se fait complice de l’apartheid israélien par une discrimination flagrante en faveur des seuls colons juifs de Cisjordanie, ne tenant aucun compte de l’oppression de la population palestinienne majoritaire qui n’est pas en mesure de faire même des achats dans le magasin Ikea, à plus forte raison de se faire livrer ses produits. »

Shlomi Gabay, le directeur général d'IKEA Israël

Ikea tente d'esquiver sa responsabilité dans les pratiques discriminatoires de livraison de son magasin israélien
Ikea n'a aucune intention de mettre un terme aux livraisons de ses produits aux colonies illégales israéliennes en Cisjordanie : c'est ce qu'explique une lettre du géant du meuble du 10 décembre. 
Depuis des années, Ikea a facilité la livraison de produits de son magasin d'Israël aux résidents des colonies illégales de la Cisjordanie occupée. Ikea a été informée à plusieurs reprises que le fait de faciliter de tels servcies de transport lui faisait courir le risque d'être accusée de complicité avec l'entreprise de colonisation israélienne.
Le Business & Human Rights Resource Centre de Londres a demandé à Ikea de répondre sur la fait que la société de transport d'Ikea Israël,  Moviley Dror, effectue des livraisons aux colonies israéliennes mais refuse de livrer des produits aux centre de population palestiniens en Cisjordanie.
Dans sa réponse (qui peut être téléchargée sur le site du Business & Human Rights Resource Centre), Ikea tente d'éluder sa responsabilité dans cette discrimination flagrante et cette normalisation d'une situation illégale, évitant de répondre à la question sur les livraisons aux colonies. L'enrteprise déclare simplement que c'est son franchisé local qui est reponsable de la gestion locale, des investissements et des décisions commerciales liés à son magasin en Israël.
Ikea répète son affirmation que son franchisé israélien avait organisé la livraison à domicile de produits Ikea à des clients vivant dans les zones contrôlée par "les autorités palestiniennes". Mais comme The Electronic Intifada l'a rapporté le mois dernier, Moviley Dror refuse d'effectuer des livraisons à Beit Sahour, prétendant que ce village palestinien de la zone de  Bethléhem était trop dangereux (mais le pssage des barrages routiers israéliens pour livrer la colonie de Beitar Illit ne semble pas poser de problèmes).
“Si le service de livraison n'a pas fonctionné comme prévu, nous le regrettons et nous allons nous en occuper”, peut-on lire dans la lettre du 10 décembre. Tout en regrettant les pratiques discriminatoires de son franchisé israélien, Ikea ne propose pas de solution.
Il semble qu'Ikea refuse de comprendre la différence entre les Palestiniens autochtones qui vivent en Cisjordanie sous occupation israélienne et les colons israéliens qui résident illégalement dans cette zone.
Le service des réclamations d'Ikea : "Faites une chaise et prenez place"
Ikea “pas convaincant”, dit un expert
J'ai demandé au Dr. Jeff Handmaker de commenter la réponse d'Ikea. Voici ce qu'il m'a écrit le 20 décembre :
Dans sa réponse à Business and Human Rights, Inter IKEA Systems B.V. ne traite que la moitié du problème, à savoir le traitement différencié de colons illégaux et de Palestiniens vivant sous occupation.
Mais même cela n'est pas convaincant. Même si le franchisé IKEA était à même de résoudre la question des livraisons à des Palestiniens, la plupart d'entre eux ne sont pas en mesure de visiter leur magasin, vu les contrôles israélien de tous leurs mouvements pour entrer et sortir des territoires occupés et sont donc de toute façon exclus de la clientèle d'Ikea.
Néanmoins, IKEA Systems B.V. ne répond pas pas sur le problème principal, à savoir la complicité ouverte de leur franchisé avec une violation sérieuse des droits humains, en apportant son soutien à l'entreprise de colonisation.
 IKEA Systems B.V. reste entièrement complice de violations de la législation internationale, tant que son franchisé ne refusera pas de vendre, et donc de livrer, des produits à des colons vivant dans les territoires occupés.

dimanche 26 août 2012

Mon témoignage devant la justice colombienne dans l’affaire Joaquín Pérez Becerra

par Jens Holm , 24/8/2012. Traduit par  Fausto Giudice, Tlaxcala
OriginalMitt vittnesmål i colombiansk domstol i fallet Joaquín Pérez Becerra
EspañolMi testimonio ante la justicia colombiana en el caso Joaquín Pérez Becerra
Jens Holm est député du Parti de gauche (Vänsterpartiet) pour la ville de Stockholm au parlement suédois. Eurodéputé de 2006 à 2009.

 
Hier, j'ai témoigné au consulat colombien de Stockholm dans l’affaire Joaquín Pérez Becerra. Joaquín est accusé par le gouvernement colombien de terrorisme et d'être un combattant des FARC. Joaquín - qui est un citoyen suédois, vivant à Stockholm depuis 1994 - est le rédacteur en chef d’Anncol, l’Agence de presse Nouvelle Colombie. J'ai participé à sa création vers 1996. Joaquín a ensuite pris le relais en tant que rédacteur. J’ai donc été appelé comme témoin par l'avocat de la défense. Ceux qui veulent en savoir plus sur cette affaire peuventt lire par exemple cet article sur Aftonbladet kultur.
J'ai témoigné via Skype depuis le bureau du consul à l'ambassade colombienne de Stockholm à Östermalm. Il est difficile de témoigner à travers un interprète anglais-espagnol via un écran d'ordinateur. Mais ça va. Mon témoignage a pris 3 heures et demie. Après ça, j'étais tout à fait épuisé, mais content. J’ai commencé en jurant de dire la vérité et rien que la vérité. Le juge m'a informé que dire des mensonges ou ne pas dire la vérité devant un tribunal colombien peut conduire à des poursuites pénales et en fin de compte en prison. J’ai trouvé que c’était tout à fait OK.
L’avocat de la défense Rodolfo Rios Lozanoa commencé par poser des questions sur moi, la personnalité de Joaquín et Anncol. J’ai dit qu’Anncol était un site d’information que moi-même, Joaquín et Dick Emanuelsson avions créée vers 1996 dans le but de diffuser une information alternative sur la Colombie. Anncol a toujours été un projet de base, sans grandes ressources financières. J'ai également dit que Joaquín a travaillé pendant son séjour en Suède. J’ai présenté son certificat de travail de la municipalité de Täby. J’ai expliqué qu’il est tout à fait normal pour des réfugiés politiques ayant obtenu l'asile en Suède de poursuivre leurs activités politiques dans des organisations d'exilés, des radios communautaires, des sites web etc.
J’ai eu ensuite droit à une longue philippique de la procureure Nancy Esperanza Pardo. Elle m’a interrogé pendant au moins deux heures. Elle a fait tout ce qu'elle pouvait pour dépeindre Anncol comme le bras de guérilla en Suède / Europe. Comment Anncol était-elle financée ? Qui décidait sur son contenu? Pourquoi a-t-elle été fondée ? Et ainsi de suite. Beaucoup de questions sont revenues plusieurs fois, mais sous des angles légèrement différents. Il est assez évident que le procureur et peut-être une grande partie des Colombiens ont une autre image d’Anncol. Ils semblent voir Anncol comme une agence de presse professionnelle avec de gros moyens financiers. Cela n'a jamais été le cas de mon temps et ce n'est pas non plus le cas aujourd’hui. Je lui ai dit que le budget de mon temps était de l'ordre de 300 à 400 dollars, argent que nous avons collecté ou apporté de nos propres poches.


Joaquín Pérez Becerra
J'ai aussi dit que Joaquín n’a jamais eu affaire à la police en Suède et qu'il n'a jamais été soupçonné de quoi que ce soit. J'ai également exprimé ma grande surprise devant le fait que le gouvernement colombien a tenté de fermer Anncol et qu'il a exhorté le gouvernement suédois à le faire. J'ai fait remarquer que c'était quelque chose que le gouvernement suédois n'a évidemment pas fait puisque Anncol fonctionne entièrement dans le cadre de la loi. Maintenant, si Joaquín était vraiment le tristement célèbre terroriste que la procureure tente de dépeindre, pourquoi n'ont-ils pas tout simplement contacté le ministère suédois des Affaires étrangères et demandé son extradition vers la Colombie? Une telle demande n’est de fait jamais venue de Colombie, d'après les informations que j'ai eu du ministère suédois des Affaires étrangères.
Le juge a conclu en me posant des questions pendant environ 30 minutes. Il voulait en savoir plus sur le travail de Joaquín à Täby, la liste de l’Union européenne sur les "organisations terroristes" et il voulait savoir ce que je pensais des FARC. J'ai de nouveau montré le certificat d'emploi de Joaquín. En ce qui concerne la liste terroriste de l'UE (où figurent entre autres les FARC) j’ai déclaré que j'étais opposé à l'idée d'avoir une liste d’ organisations à stigmatiser. C’est fermer d’avance la porte à des pourparlers de paix et des négociations. Ce fut aussi la ligne du gouvernement suédois lors de la discussion sur les listes de terroristes dans le sillage du 11 Septembre 2001. En ce qui concerne les FARC, j’ai répondu que je condamne leurs actes de violence, qu’ils étaient inacceptables et que les FARC devraient mettre fin à leur lutte armée.
Ma conclusion est que je pense que les choses se présentent bien pour Joaquín Pérez. La procureure  a fait tout son possible pour essayer de dépeindre Anncol comme faisant partie des FARC, qui l’auraient financée et décidé de ses contenus. C’est bien sûr tout à fait faux, d'après ce que j’en sais. Si elle n’a rien d’autre à proposer que ce qu'elle a présenté au tribunal hier, il est impossible que Joaquín puisse être condamné pour terrorisme. Cela suppose que la justice colombienne fonctionne comme il se doit. Et on ne peut que l’espérer… Je suis surpris que la procureure ait consacré tant de temps à poser des questions sur le contenu d'Anncol. C'est une chose d'exprimer son opinion, c'en est une autre de participer activement à des activités illégales et violentes. Cette distinction ne semble pas très claire aux yeux de la procureure.
Le procès de Joaquín concerne le droit d'exprimer son opinion, de s'organiser librement en associations et le droit des réfugiés à poursuivre leur engagement politique une fois qu'ils sont arrivés en Suède. C'est exactement ce que Joaquín Pérez a fait. Le gouvernement colombien peut ne pas aimer les textes publiés sur le site Anncol, mais c’est comme ça que ça fonctionne dans une démocratie. On peut penser différemment. Pour citer Voltaire: je ne partage pas vos opinions, mais je me battrai bec et ongles pour votre droit à les exprimer. C'est l’essence de la liberté d'expression.
Mais ce procès, c'est aussi celui du père d'une fillette de douze ans, fiancé à sa compagne, citoyen suédois et employé communal de Täby qui a été kidnappé et emmené dans le pays qu'il a fui. Il est temps pour le père, le fiancé, le Suédois et l’agent de santé de retourner dans son pays. Il est temps pour Joaquín Pérez Becerra de revenir en Suède!

Manifestation devant l'ambassade de Colombie à Stockholm :

"Joaquín Pérez Becerra est un journaliste suédois, pas un terroriste
Colombie, lib
ère-le maintenant !
"

mardi 5 octobre 2010

« Sverige ut ur Afghanistan ! »

Fausto Giudice a écrit cet article il y a plus de 3 ans et demi, exprimant l’espoir que la jeunesse suédoise se réveille rapidement et descende dans la rue pour crier : « Suède hors d’Afghanistan ! » On n’en est malheureusement pas encore là. Et le conservateur Reinfeldt (à peine réélu) est toujours au pouvoir et veut tripler le nombre de soldats suédois en Afghanistan, alors que d’autres pays s’empressent de sortir du bourbier afghan. Pour soutenir notre exigence, le mouvement Afghanistansolidaritet organise, de concert avec IrakSolidaritet, une semaine Afghanistan du 4 au 9 octobre, avec entre autres des expositions, la première d’un film afghan, un séminaire le mercredi 6 octobre à 18 h 30 à ABF (Stockholm) avec Julian Assange, porte-parole de Wikileaks, Pratab Chatterjee de CorpWatch et d’autres, ainsi qu’une manifestation – que nous espérons importante – le samedi 9 octobre octobre à 13 h.place Norra Bantorget, avec entre autres Julian Assange, l’ancien ministre social-démocrate de la Défense  Thage G Peterson et l’écrivaine Maria-Pia Boëthius.

 Un slogan postmoderne toujours d'actualité
par Fausto Giudice, 2 mars 2007

Svenska  English  Español  Italiano 

Qui parmi ceux qui, comme moi, arpentaient les rues de Stockholm à la fin des années 60 et au début des années 70 en criant « USA hors du Vietnam, du Laos et du Cambodge ! », aurait jamais pu penser que nos successeurs des nouvelles générations auraient à descendre à nouveau dans la rue, quarante ans plus tard, en criant « Suède hors d’Afghanistan » ?

La jeunesse suédoise de 2007 n’en est pas encore là – à descendre dans la rue pour exiger le retrait des soldats suédois de Mazar-i-Sharif – mais cela ne saurait tarder. Les slogans de notre jeunesse demandent donc à être modifiés. Dans notre monde globalisé, il faut désormais crier : « Danemark, hors d’Irak ! », « Népal, hors d’Haïti ! », « Fiji , hors du Congo ! », sans oublier « Éthiopie, hors de Somalie ! »
 


Il y a 250 soldats suédois en Afghanistan. Il est question maintenant d’augmenter leur nombre. Les quatre partis de la coalition gouvernementale dirigée par le jeune Fredrik Reinfeldt –modérés, libéraux, centristes et chrétiens-démocrates – a hérité de ce dossier de son prédécesseur social-démocrate. La social-démocrate et chrétienne ministre de la Défense Leni Björklund avait défrayé la chronique en signant un accord de coopération militaire avec l’Arabie saoudite et suite à des accusations de népotisme qui n’ont pas eu de suite. Mais sa décision d’envoyer des soldats suédois combattre en Afghanistan, sous commandement US et dans un cadre, certes avalisé par l’ONU, mais néanmoins de l’OTAN, n’avait pas suscité autant de polémiques. Même la mort de deux soldats suédois, victimes d’un attentat, en novembre 2005, n’avait pas suscité de grandes interrogations ou protestations. C’est que les Suédois sont longs à la détente, après cinq siècles de protestantisme luthérien et un siècle de social-démocratie. Vladimir Lénine avait conclu d’un bref séjour à Stockholm au début du siècle dernier : « Lorsque les sociaux-démocrates décideront de faire la révolution, ils iront demander la permission au Roi. »

Mais les sociaux-démocrates ont perdu le pouvoir aux élections d’octobre 2006 et ont été remplacés par une coalition dirigée par le « Parti du rassemblement modéré », le vieux parti conservateur de droite qui se présente désormais comme le « nouveau parti des travailleurs » et, pour sacrifier au « political correct », se paye même le luxe d’avoir dans son gouvernement une belle Noire, la libérale Nyamko Sabuni, née au Burundi de parents congolais, et qui est, comme il se doit ministre de l’Intégration et de l’Égalité des chances.
Mais revenons à l’Afghanistan. L’ISAF y compte 32 000 soldats provenant de 37 pays. Présentée comme une ”mission de paix et de reconstruction” par ses promoteurs – le ministre italien des Affaires étrangères Massimo d’Alema l’a présentée, lors du débat au Sénat du 21 février de ”mission politique et de paix” -, cette mission est une mission de guerre. En témoignent les nombreux morts parmi les combattants et les civls afghans et parmi les soldats qui la composent, qu’ils soient britanniques, danois (389 soldats – 3 tués) ou norvégiens (540 soldats – 1 tué). La Suède n’est pas membre de l’OTAN mais elle est entrée dans la ”Partenariat pour la Paix” en 1994 et c’est dans ce cadre qu’elle participe aussi à deux autres missions, en Bosnie (IFOR, puis SFOR et aujourd’hui IFOR) et au Kosovo (KFOR). Que font donc les soldats suédois en Afghanistan ? On nous dit qu’ils ”reconstruisent”. Mais les deux soldats tués à Mazar-i-Sharif en novembre 2005,
Jesper Lindblom et Tomas Bergqvist, faisaient partie d’une unité spéciale secrète, le SSG –« groupe de protection spéciale » - sur lequel il est impossible d’avoir la moindre information, étant donné que ses activités relèvent du Secret défense en vertu de la joliment nommée « sekretesslagen » (« loi du secret »). il serait en tout cas étonnant que le SSG s’occupe de creuser des puits et de dispenser des soins médicaux. Plus vraisemblablement, il s’occupe de renseignement et d’opérations contre-insurrectionnelles. Curieusement, ce sigle, SSG, est aussi celui du
"Special Service Group", une brigade indépendante de commandos de l’armée pakistanaise composée de 2100 hommes et chargée des « opérations spéciales ». Le SSG pakistanais a mené des opérations clandestines contre les occupants russes en Afghanistan dans les années 80, puis ces dernières années dans le cadre de l’opération US baptisée « Enduring Freedom ».
Bizarrement, aucun journaliste suédois d’investigation – mais y en a-t-il encore ? – ne s’est livré à une enquête sur le SSG suédois.
Autre argument pour dénoncer le caractère guerrier de la mission suédoise : le gouvernement envisage sérieusement d’engager des avions de chasse JAS Gripen – les fameux avions fabriqués par SAAB – en Afghanistan. Là aussi, on est loin du creusement de puits, des soins médicaux et autres activités de reconstruction. Comme pour l’engagement prévu par l’Allemagne de 8 avions de reconnaissance Tornado en Afghanistan, il y a là matière à débat et en Suède, ce débat, longtemps rampant, a enfin éclaté au grand jour, avec la publication d’un
appel signé par de nombreuses personnalités, dont plusieurs sociaux-démocrates, parmi lesquels Thage G. Peterson, 73 ans, qui fut ministre de la Défense de 1994 à 1997. Cet appel dit tout simplement que les soldats suédois n’ont par leur place dans une mission de guerre en Afghanistan et que la Suède aurait mieux à faire que d’envoyer des soldats dans ce pays sinistré. Comme l’a fait remarquer Petersson, l’envoi de soldats suédois en Afghanistan permet de soulager les forces de l’OTAN, qui peuvent ainsi porter le principal de leur effort de guerre sur l’Iraq. Bref, participer à la guerre en Afghanistan, c’est participer à la guerre en Irak. De toute façon, les deux guerres sont pensées, organisées et planifiées au même endroit, le Commandement central stratégique US, basé à Tampa en Floride. Commandement auprès duquel sont d’ailleurs détachés des officiers suédois.
« L’Afghanistan peut devenir le Vietnam de la Suède » : c’était le titre d’un éditorial du quotidien social-démocrate Aftonbladet le 9 janvier dernier.
Depuis 200 ans, la Suède n’avait été directement impliquée dans un aucun conflit militaire, se contenant de fournir des casques bleus aux missions de l’ONU. La sacro-sainte neutralité suédoise a été fortement érodée ces dernières années. Les sociaux-démocrates, qui portent une lourde responsabilité dans cette érosion, semblent être en train de faire marche arrière, suivis par leurs alliés écologistes du « Miljöparti », qui contrairement à ce qu’on pourrait croire ne signifie pas le « parti du milieu » mais le « parti de l’environnement ». Mais, étant en minorité au Parlement, ils n’ont aucune chance d’y bloquer l’augmentation des effectifs militaires en Afghanistan et encore moins d’obtenir un retrait des troupes. Il ne leur reste donc qu’une solution : mobiliser l’opinion et descendre dans la rue comme l'ont fait les opposants italiens à la présence de troupes en Iraq et Afghanistan et à l'extension de la base militaire US de Vicenza.. On va donc finir par entendre dans les rues de Stockholm résonner ce slogan authentiquement postmoderne : « Sverige ut ur Afghanistan ».

Le mouvement suédois de solidarité avec le Vietnam (1965-1975) fut le plus important dans le monde en dehors des USA. Il culmina en 1972 avec une manifestation de 50 000 personnes à Stockholm et un appel au retrait des troupes US signé par 2,3 millions de Suédois, soit 28% de la population du pays

jeudi 14 janvier 2010

Les contes de la mondialisation capitaliste- 1 : les salariés arabes des Vikings n'iront pas à Poitiers

Épisode 1
27/12/2009
Une usine d’«AutoLiv» à Nadhour complètement détruite par un incendie


« Un grave incendie a complètement détruit, hier, à Nadhour, Gouvernorat de Zaghouan l’usine suédoise «AutoLive» spécialisée dans la construction des accessoires de voitures. L’incendie qui c’est déclaré vers 15h a ravagé la totalité du bâtiment qui s’étale sur plus de 3 mille mètres carrés », rapportent les medias tunisiens aujourd’hui.
Incendie Nadhour
Images de l’incendie publiées par le journal « Al Ousbouai »
L’usine qui employait 700 personnes été fermée ce jour là  pour vacances annuelles qui ont commencé le même jour  dans lequel  l’incendie s’est produit.
Cet incendie coïncide avec l’annonce de l’équipementier automobile suédois Autoliv, lundi dernier 21 décembre que la production de son usine d’assemblage des ceintures de sécurité implantée en Tunisie sera transférée en Turquie ce qui se traduira par la perte de 650 postes. Il s’agit précisément de l’usine du Nadour que cet incendie vient de détruire complètement.
L’équipementier automobile suédois Autoliv  compte 5 sites de production qui emploient 1750 personnes en Tunisie.
Épisode 2
05/01/2010
Tunisie - 30 salariés tunisiens d'Autoliv à Poitiers

Après le gigantesque incendie qui s’est déclenché, samedi 26 décembre 2009, à l’usine d’Autoliv de Nadhour, quelque 30 employés tunisiens seront temporairement transférés à Poitiers pour soutenir et coopérer avec leurs collègues français, selon un communiqué de presse publié par Autoliv, lundi 4 janvier 2010. C’est ce qu’a rapporté Business Wire sur son site.
Le processus d'habillage en cuir restera à Nadhour dans un bâtiment loué, en utilisant la main-d'œuvre existante. Ces opérations de couture emploient 700 personnes.
Autoliv a déjà commencé les plans pour reconstruire l'usine de volant en Tunisie. L’usine devrait être, de nouveau, pleinement fonctionnelle d'ici l'été 2010.
Les machines de fabrication ont été détruites par le feu. Toutefois, pratiquement tous les outils essentiels ont été extraits des décombres après l'incendie et sauvés grâce à des mesures rapides et résolues des employés d’Autoliv. Plus d’une centaine d’outils pour le moulage et la mousse, récupérés sur les lieux, ont été expédiés à l'usine européenne principale d’Autoliv à Poitiers, en France. Après avoir effectué les tests finaux, ces outils et ces machines sont actuellement en production à grande échelle.
Jan Carlson, président et chef de la direction d'Autoliv a indiqué : «Nos équipes en France et en Tunisie ont fait un travail fantastique, sans relâche depuis l'incident (…). Malgré l’incendie, nous nous engageons à livrer les produits à temps à nos clients».
«Nous sommes très reconnaissants envers nos clients, les autorités gouvernementales et bien sûr nos employés qui ont tous travaillé ensemble pour résoudre cette situation très difficile», a ajouté M. Carlson.
Rappelons qu’Autoliv est un équipementier automobile suédois. Il s’agit du numéro un mondial des airbags et ceintures de sécurité. La société possède une assurance qui devrait couvrir tous les dégâts matériels causés par le feu.

Épisode 3
12/01/2010
Un préfet français demande à ce que l'on refuse les visas des salariés tunisiens d’Autoliv

Le préfet de la Vienne (centre-est de la France) a refusé à l'entreprise suédoise Autoliv de faire venir dans sa région des ouvriers tunisiens, apprend-on de différentes sources de presse française.
Il s’agit de la trentaine d’ouvriers dont l’usine a été ravagée fin décembre par un incendie.
«Dès que le préfet, Bernard Tomasini, a lu ça dans la presse, il m'a demandé d'appeler le consulat de France en Tunisie pour stopper la délivrance des visas», a expliqué à la presse le secrétaire général de la préfecture Jean-Philippe Setbon.
«L'argument est simple. Il y a un an, Autoliv a licencié une centaine de personnes. Ils ont fait le choix de délocaliser en Tunisie. Très bien. Mais qu'ils l'assument et qu'ils ne fassent pas venir ici des travailleurs tunisiens» a ajouté le secrétaire général.
«Nous sommes opposés à la venue d'employés tunisiens puisque ici, il y a des gens compétents qui ont besoin de travail», a déclaré pour sa part Patrice Gonnet, délégué CFDT.
Il y a de quoi s’interroger sur les prérogatives du préfet et s’il a le droit de demander au consulat à Tunis de ne pas délivrer les visas nécessaires à cette entreprise suédoise.

Ce geste politique (à la veille d’élections régionales en France) reflète très bien la mentalité de certains responsables français et ne saurait, en tout cas, être bien interprété de ce côté de la Méditerranée.


R.B.H.
À suivre...