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vendredi 15 mai 2009

Les nouveaux va-t-en-guerre : Comment les Verts allemands ont fini par entrer dans l’OTAN

par Jutta DITFURTH. Traduit par Michèle Mialane. Édité par Fausto Giudice, Tlaxcala
Original : Junge Welt - Neue Kriegspartei-Der Weg der Grünen in die NATO, basé sur le livre »Das waren die Grünen« („C’était les Verts“), München: Econ Taschenbuch Verlag 2000

Il y a dix ans, pour la première fois depuis 1945, l’Allemagne prenait part à une guerre. Personne n’aurait imaginé que ce seraient les Verts, parti naguère antimilitariste et pacifiste, qui faciliteraient l’entrée en guerre de l’OTAN contre la Yougoslavie. Les premières bombes tombèrent le 24 mars 1999. Des êtres humains ont été tués, dans des prés, des maisons, des trains, alors qu’ils s’enfuyaient, dans des hôpitaux, des usines, des écoles. Dans certains hôpitaux, le courant fut coupé, entraînant l’interruption des radiothérapies pour les cancéreux, l’arrêt des couveuses et des appareils de dialyse.


Au cours des 78 jours de guerre l’OTAN a procédé à 38000 attaques aériennes et a largué 9160 tonnes de bombes. Ces frappes ont transformé les usines chimiques et les raffineries de pétrole en usines à poison. Du phosgène a abîmé les voies respiratoires, de la dioxine cancérigène s’est accumulée dans des corps humains. Du mercure, du zinc, du plomb et du cadmium ont contaminé les châteaux d’eau. La Yougoslavie avait même fourni à l’OTAN la localisation de ses usines chimiques, pour éviter les dommages en cas de frappes , mais l’OTAN les a justement choisies pour cibles . Les bombardiers A-10ont de plus largué sur la Yougoslavie environ 30 000 projectiles représentant au total dix tonnes d’uranium appauvri. Une intervention humanitaire d’un grand « rayonnement », cancérigène et polluante. Greenpeace et les Verts n’ont pas ouvert la bouche. La realpolitik a un prix.


Aucun parti ne vient au « pouvoir », en Allemagne sans rompre avec des positions fondamentales de la gauche ; il lui faut rejeter l’anticapitalisme et prêter serment de fidélité à l’OTAN. Nous l’avons constaté depuis 1945 avec le SPD, puis les Verts et maintenant La Gauche. Seules les modalités varient.



1973 : quand Joschka, militant du groupe Révolutionärer Kampf (Lutte révolutionnaire) affrontait la police dans les rues de Francfort


Les Verts étaient les enfants des nouveaux mouvements sociaux et avaient leurs racines dans les mouvements pacifistes et antinucléaires. Entre 1989 et 1991 leur virage à droite leur a fait perdre environ10 000 membres, pour la plupart militants de gauche. Ceux qui les on remplacés auraient en grande partie aussi bien eu leur place chez les libéraux du FDP.


Et pourtant au début on était plutôt pacifiste. Le premier programme des Verts, en 1980, prévoyait la dissolution immédiate de l’OTAN et du Pacte de Varsovie, le désarmement « unilatéral » et la suppression de la Bundeswehr. Le « Manifeste pour la paix » de 1981 rejetait l’intervention de la Bundeswehr même en cas d’agression de l’Allemagne par une armée étrangère. En 1983 les Verts ont décidé « la dissolution des deux blocs militaires, l’OTAN et le Pacte de Varsovie. Nous devons sortir de l’OTAN.» Et les Verts le répètent lors de la campagne législative de 1987 : « Il faut sortir de l’OTAN, car l’OTAN exclut la paix et que l’affaiblissement, la désintégration et finalement la disparition de cette alliance sont une condition sine qua non de la paix. L’OTAN n’est pas réformable. » Cette année-là les Verts obtinrent leur score maximal avec 8,3% des voix.


Mais entre temps l’aile droite du Parti, les « realos » [adeptes de la realpolitik, regroupés autour de Joschka Fischer et Daniel Cohn-Bendit, qui avaient créé en 1981 l’Arbeitskreis Realpolitik, le Cercle de travail realpolitik opposés, aux « fundis », ou fondamentalistes éco-socialistes, auxquelles appartenait l’auteure, NdR Tlxcala] avaient commencé à fricoter avec le SPD derrière le dos du parti. Petra Kelly s’en méfiait : « Aux yeux des realos l’OTAN est brusquement devenue presque un alliance pacifiste. Cela veut dire qu’ils renoncent à la non-violence.» Mais les realos refusaient de l’admettre ouvertement. En 1988 Joseph Fischer prétendait dans un débat publié par Stern qu’il « détalerait » des Verts si le parti était un jour intégré à l’OTAN et acceptait le principe du monopole étatique de la violence.


Daniel Cohn-Bendit était dès le commencement des affrontements tendant à la guerre civile en Yougoslavie au début des années 90 partisan d’une intervention militaire. Il fut l’un des premiers à faire des parallèles douteux en comparant la situation à Gorazde à celle des Juifs dans le ghetto de Varsovie et il demanda une intervention militaire (FAZ du 21/4/1994). Au début Cohn-Bendit ne représentait qu’une petite minorité belliciste, à coloration raciste. Lors d’une assemblée au niveau fédéral, en octobre 1993, il hurla qu’il fallait envoyer des troupes en Bosnie, car les musulmans bosniaques sont un élément de la culture européenne : « des hommes de notre sang ».



1985: Joschka Fischer devient ministre de l’Environnement de Hesse. Il est encore en baskets et sans cravate. Le Spiegel fait sa une : « La terreur des industriels Joschlka Fischer, Premier ministre vert de l’Environnement »

Une prestation théâtrale

Bientôt Cohn-Bendit et Fischer engagèrent un affrontement remarquablement mis en scène, destiné à influencer la base du parti et les électeurs verts. Fischer s’opposait à Cohn-Bendit, continuant apparemment à refuser toute intervention militaire allemande dans les Balkans : « Je suis convaincu que des soldats allemands, en un lieu où la soldatesque hitlérienne a sévi durant la Deuxième guerre mondiale, ne peuvent qu’attiser un conflit et non l’apaiser. »

Mais, comme s’il décrivait déjà sa future attitude, il ajouta : « Je crains fortement qu’à l’avenir le gouvernement allemand, la coalition (la coalition CDU-FDP, JD) et les généraux ne recourent à la tactique du saucissonnage pour chercher, voire faire naître, des occasions de faire sauter les barrières qui existent encore en matière de diplomatie pour l’Allemagne réunifiée. En prenant comme prétextes les questions humanitaires et les droits humains.»

Les dissensions publiques de Cohn-Bendit et Fischer au sujet de la guerre avaient pour but de transformer les Verts en parti de gouvernement – c’est à dire, en Allemagne : militariste - à temps pour les élections de 1998 au Bundestag, et d’entraîner avec eux des électeurs et membre du parti, naguère alternatifs de gauche. Cohn-Bendit jouait son propre rôle : le belliciste épris de violence. Fischer jouait un rôle de composition : l’antimilitariste bourrelé de scrupules.

Les Verts se sont ralliés de plus en plus promptement aux exigences de leur partenaire de coalition, votant avec eux toutes les décisions, en passant par l’envoi de Casques bleus jusqu’à la guerre. En 1995 j’écrivais : « Si quelqu’un (des Verts) a encore quelque doute sur l’effet pacificateur de la guerre, il se fait peu à peu engluer dans la toile d’araignée de la logique nationaliste pangermanique. Il n’est pas un autre parti en Allemagne qui soit à ce point capable d’attirer et de retenir une partie d’une classe moyenne sceptique, de sensibilité écologique et pas encore tout à fait dépourvue de morale sociale dans les rets de la politique actuelle : retour au Reich, si nécessaire à la guerre.» Pour avoir signalé le danger pour les Verts d’en arriver à approuver des interventions militaires allemandes, j’ai alors été la cible des attaques de la gauche elle-même et taxée d’exagération

Un prétexte émotionnel dont Fischer avait besoin pour l’acte final de son show lui a été fourni par les Serbes de Bosnie en 1995 avec l’attaque des zones sous protection de Srebrenica et Zepa. Les évènements, alors pas entièrement éclaircis – avait-on affaire à un massacre ou à une bataille ? – ont suffi à Fischer pour déclarer : « La gauche allemande ne court-elle pas grand danger de perdre son âme en se dérobant à la résistance contre ce nouveau fascisme et sa politique de violence, quelles que soient les excuses dont elle se pare? » Mais la clientèle verte n’était toujours pas prête à partir en guerre, et donc Fischer ne prit pas position en faveur de l’intervention allemande.



1991 : ça y est, il a adopté la cravate ! 1998 : enfin au pouvoir suprême
Photos Herlinde Koelbl, Munich

Enfin au but

En 1998 les Verts purent enfin entrer au gouvernement. Mais ils n’étaient pas au pouvoir. Schröder était sans doute le chef de cuisine et Fischer le garçon de salle - une mise au point sur la hiérarchie interne – mais, pour filer la métaphore idiote de Schröder, le bistrot appartenait à d’autres. Ni l’un ni l’autre ne touchèrent à la question de la propriété ou à l’appartenance à l’OTAN ou au service de ses intérêts.

Des journalistes pas très malins - ou qui se payaient la tête de leur public –se demandèrent avec inquiétude après les élections de 1998 si Washington accepterait un ex-révolutionnaire comme ministre des Affaires étrangères. Ces doutes allemands amusèrent beaucoup les médias usaméricains. Une porte-parole du Département d’État déclara « Mais les Verts ne sont pas une inconnue pour nous, ni Fischer une surprise. »En 1998 Fischer s’était « très bien conduit lors d’une rencontre avec des membres de la Commission des Affaires étrangères du Congrès» à Washington (d’après le Département d’État). Le Congrès n’a rien contre Joseph Fischer ; les ex-gauchistes complètement apprivoisés sont parfois très utiles.

À la surprise de tous ceux qui le connaissaient, Fischer déclara après sa nomination aux Affaires étrangères : « Je n’ai jamais rien eu contre les USA ni contre l’OTAN . J’étais du petit nombre qui, au Congrès des Verts en 1985, a voté contre la décision de sortir de l’OTAN. » Personne ne s’en souvient, mais aujourd’hui on trouverait certainement quelques « Fischer’s Friends » pour en témoigner.

Fischer, devenu ministre des Affaires étrangères en 1998, déclara dans un style très wilhelminien : « Je ne connais pas de politique étrangère verte, je ne connais plus que la politique allemande.» « Le nouveau gouvernement allemand » ne modifiera pas « fondamentalement (…) la politique étrangère de l’Allemagne » constate elle aussi, avec satisfaction, la FAZ :« Le Chancelier Schröder et son Ministre des Affaires étrangères Fischer approuvent, fidèles à leur promesse de rester dans la continuité, les principes de politique extérieure que Kohl avait gravés dans le marbre. »

« Une simple formalité »

Le 16 octobre 1998, le vieux Bundestag prit avec l’accord des nouveaux élus une décision anticipatoire autorisant la participation de l’Allemagne à d’éventuelles frappes aériennes de l’OTAN sur la Yougoslavie. Fischer recommanda aux Verts de voter en sa faveur. Neuf seulement d’entre eux sur 48 votèrent contre la guerre. Mon commentaire « L’Allemagne est prête à lancer une nouvelle guerre. L’OTAN a un gouvernement rouge-vert à sa botte» (ND du 14/11/1998). À nouveau on m’accusa d’exagérer. La guerre a débuté 5 mois après

Plus tard Fischer se lamenta : « Nous avons eu (le 12 octobre 1998) 15 minutes pour décider de la guerre ou de la paix. » Bien sûr cela aussi est faux. La décision avait été prise juste après les élections au Bundestag lors d’une visite à Washington de Fischer et Schröder, alors candidat à la chancellerie. Le 9 octobre 1998, avant même de prêter serment, Gerhard Schröder et Joseph Fischer ont effectué une visite à Washington. Avant même d’avoir rencontré William Clinton, Schröder et Fischer se sont déclarés prêts à poursuivre la politique du gouvernement précédent – y compris contre la Yougoslavie. La décision de participer à la guerre de l’OTAN a été prise juste après l’entretien avec Clinton. Le soir même, les ambassadeurs de l’OTAN à Bruxelles lui donnaient une légitimité juridique. Lorsque le Conseil de l’OTAN s’est réuni, le 12 octobre, il ne s’agissait plus que « d’une simple formalité ».



2001 : le ministre visite les troupes allemandes de la KFOR à Tetovo, en Macédoine


La trace baveuse de Fischer

Fischer est entré aux Affaires étrangères sans disposer d’aucun pouvoir. D’emblée il a laissé derrière lui une trace baveuse et s’est soumis à l’appareil bureaucratique en place. Il a soutenu les écoles élitaires pour enfants de diplomates « Fischer a étendu une main protectrice même sur les avantages fiscaux accordés aux diplomates, et depuis, ses troupes lui mangent dans la main » a révélé la Zeit. Les louanges que lui accorde la FAZ sont elles aussi dévastatrices pour un prétendu homme de gauche : « Mais le plus bel atout dont dispose Fischer vis-à-vis des diplomates, c’est d’avoir défendu avec succès face à son partenaire de coalition le maintien complet des allocations d’expatriation. Les gros sous sont les pères de l’amitié.» Fischer « a laissé en place même des intimes de son prédécesseur » et a placé aux principaux postes d’ambassadeurs des proches du gouvernement Kohl.

La pression des USA sur le gouvernement fédéral s’est accentuée. Les autres méthodes de contrainte s’étaient avérées inopérantes en Yougoslavie. L’OTAN considérait ce pays comme un «verrou» pour ses intérêts en Asie centrale. On avait essayé de faire sauter ce «verrou» par des moyens « pacifiques », en faisant jouer tous les ressorts de la société civile. On avait déstabilisé l’économie yougoslave avec l’aide du Fonds monétaire international (FMI). On avait offert des crédits de la Banque mondiale1 à la Yougoslavie en échange de son allégeance.

Une propagande à faire dresser les cheveux sur la tête

En janvier 1999 la Secrétaire d’État usaméricaine aux Affaires étrangères, Madeleine Albright, finit par menacer Milosevic d’interventions de l’OTAN. Mais l’opinion allemande n’était pas encore prête. Il a encore fallu le prétendu massacre de Racak. Le chef de la mission d’observation de l’OCDE au Kosovo, William Walker, a « découvert », le 16 janvier 1999, 40 corps dans une fosse près du village de Racak. Aussitôt il dénonça dans tous les médias occidentaux « le massacre perpétré par les Serbes » à l’encontre de « civils kosovars albanais innocents ». Walker avait autrefois été chef de section à l’ambassade US au Salvador, puis ambassadeur entre 1988 et 1991. On l’accuse d’avoir été responsable de la livraison d’armement aux Contras du Salvador pour attaquer le Nicaragua. Lorsqu’en 1989 un bataillon de paramilitaires instruits par les USA avait assassiné à l’Université de San Salvador six jésuites ainsi que leur cuisinière et sa fille de quinze as, « suspects » de sympathie pour des paysans opprimés, Walker avait déclaré : « Dans de telles situations le contrôle peut toujours nous échapper. »

Walker se vantait d’être plus crédible que les Serbes pour l’opinion mondiale. Il avait raison. La découverte de cadavres atrocement mutilés fit le tour du monde et parvint admirablement à justifier la guerre. Plus tard il s’avéra que ce massacre était un montage. Des recherches menées par des journalistes français, usaméricains et finlandais montrèrent que l’on avait ôté leur uniforme à des combattants de l’UCK tués au cours d’un accrochage armé pour les faire ensuite passer pour des civils. Les médecins légistes finlandais remirent leur rapport à Fischer, alors à la présidence de l’UE. Ce dernier ne le publia pas. Mais l’OTAN, pour plus de sûreté, entama une ronde dans l’opinion publique pour se légitimer. Là-dessus on lança les négociations de Rambouillet, où l’on exigea de la Yougoslavie la signature de conditions inacceptables pour tout État souverain (voir jW-Thema du 6/2/2009)La Yougoslavie ne pouvait que refuser, sous peine d’accepter un statut de colonie et l’occupation de tout son territoire par les troupes de l’OTAN.

Alors que par le passé le ministre des Affaires étrangères Joseph Fischer avait vu dans Auschwitz la raison pour laquelle les troupes allemands n’avaient rien perdu dans les Balkans, maintenant il instrumentalisait le génocide des Juifs européens pour justifier une guerre en violation du droit international. Seuls les Verts, avec leur aura d’ex-pacifistes et d’antifascistes, pouvaient faire passer chez des citoyens de la gauche alternative de sensibilité pacifiste cette macabre justification: Auschwitz contraignait l’Allemagne à participer à une guerre de l’OTAN contre la Yougoslavie. Helmut Kohl (CDU) et Guido Westerwelle (libéraux du FDP) auraient été dans ce rôle ridicules et impensables. Si un gouvernement CDU/FDP avait bombardé Belgrade, des marches en étoile auraient bloqué les rues de toutes nos villes avec le soutien du SPD, des Verts et des dirigeants syndicaux.

Milosevic – Staline – Hitler

Le 24 mars 1999 la guerre commence. Joseph « Wilhelm » Fischer prétend que le Kosovo est la proie d’un fascisme « barbare, « grossier» voire « primitif ». Selon ses propres termes : « Ce fut un véritable choc pour nous de voir Milosevic prêt à emboîter le pas à Staline et Hitler : mener une guerre pour exterminer un peuple tout entier.» Et : « Si l’on veut stopper la «SS serbe », on ne peut se passer des bombes .» Aujourd’hui Fischer mise sur la courte mémoire des êtres humains lorsqu’il nie avoir établi un douteux parallèle entre la situation au Kosovo et Auschwitz et l’avoir ainsi relativisé ce dernier. Mais des traces sont restées. Peu après les début de la guerre, Fischer se justifiait ainsi de l’avoir approuvée : « Je n’ai pas seulement appris à dire « Plus jamais la guerre !», mais aussi « Plus jamais Auschwitz ! » Le magazine US Newsweek lui ayant demandé : « You see a direct parallel to the Nazi era? (Vous voyez là un parallèle direct avec l’époque nazie ?, NdT) », il lui a répondu :« I see a parallel to that primitive fascism. Obviously, the ’30s are back, and we cannot accept that. (J’y vois un parallèle avec ce fascisme primitif. Apparemment, les années 30 sont de retour et nous ne pouvons accepter cela. NdT)»

Bien sûr Fischer n’était pas tout seul, il avait derrière lui, en matière de politique de guerre, la majorité des cadres verts et, depuis le Congrès sur la guerre du 14 mai 1999 à Bielefeld, également la majorité du parti.

D’autres institutions du mouvement pacifiste, comme la « Fondation hessoise pour la recherche sur la paix et le traitement des conflits » se révélèrent martiaux conseillers de l’OTAN sur la bonne manière de gagner la guerre. Le camp rouge-vert approuva aussi la guerre avec tant de vigueur dans les médias bellicistes que la Frankfurter Rundschau se refusa à publier une critique de la comparaison établie entre Auschwitz et Kosovo. Des survivants des camps durent payer en avril 1999 38 000 DM pour faire insérer un texte et se faire entendre. C’était une lettre ouverte au ministre des Affaires étrangères, Fischer, et à celui de la Défense, Scharping : « Contre un nouveau mensonge sur Auschwitz. – Nous, survivants d’Auschwitz et autres camps d’extermination, condamnons l’abus que vous-mêmes et d’autres politiques faites de la mémoire des morts d’Auschwitz, Juifs, Roms, Sinti et Slaves, dont les fascistes hitlériens ont organisé et perpétré l’assassinat au nom de la race de seigneurs allemande. Pressés de trouver des arguments en faveur de votre funeste politique, vous n’hésitez pas à minimiser la gravité d’un crime jusqu’ici sans précédent dans l’histoire humaine. »


Février 2003 : président en exercice du Conseil de sécurité


La complicité des Verts

L’OTAN a transformé le conflit cruel, mais régional, qui se déroulait au Kosovo en guerre contre la Yougoslavie. Que l’Allemagne ait, en la personne de son ex-ministre des Affaires étrangères, Hans-Dietrich Genscher (FDP), attisé ce conflit lorsqu’elle a reconnu en 1991 l’indépendance des Républiques yougoslaves de Slovénie et de Croatie, voilà l’un des nombreux tabous de l’histoire allemande récente.

Le Kosovo est devenu pour l’OTAN un terrain de manœuvres pour s’entraîner aux coopérations internes sur le sol européen et habituer la population allemande (et pas elle seule) aux guerres ainsi qu’une foire-exposition pour les industries d’armement. La guerre avait pour but d’ouvrir la voie vers l’Asie centrale, en supprimant un obstacle aux intérêts géostratégiques dans la région.

En pleine guerre l’OTAN célébrait son 50e anniversaire lors du sommet d’avril 1999 à Washington. Elle se déclara alliance guerrière à l’échelle mondiale. Ses troupes comptaient déjà 4 millions d’hommes. Contre qui les employer ? Tous ses États membres, y compris le Chancelier fédéral d’alors, Gerhard Schröder, ont signé le nouveau et fort agressif Concept stratégique. Et pas la moindre critique de la part de Fischer, le «ministre des droits humains » . Il faudrait y songer, alors qu’aujourd’hui, on manifeste contre la machine de guerre qu’est l‘OTAN à l’occasion de son 60e anniversaire et que certains Vers brandissent le drapeau pacifiste, pendant que des troupes Allemagnes assassinent en Afghanistan avec l’assentiment des Verts.

Environ 5000 êtres humains ont été tués, en Yougoslavie, avec la complicité des Verts. Ne l’oublions pas.

1 - En 1996 les USA avaient lancé entre autres le « Southeast European Cooperative Initiative » (SECI). Son but : intégrer totalement les pays riverains du Danube au capitalisme : économie de marché, prévention des conflits, sécurité et stabilité


Joschka Fischer en décembre 2008. Tout ce qui lui reste de vert, c’est…sa cravate !

mardi 21 octobre 2008

La guerre pour l'Ossétie du Sud

Petite leçon d'histoire pour les ignorants et ceux qui croient tout savoir
par Daniele Scalea

La Géorgie : de Jason à Gamsakhourdia
La Géorgie a fait partie de la Russie jusqu'en 1991 où, renaissant des cendres de l'Union Soviétique, elle est devenue une nation indépendante. A l'origine, dans cette zone du Caucase occidental, différents pays coexistaient, dont le plus important était le Royaume de Colchide donnant sur la mer Noire et bien connu des Grecs anciens : en effet, selon la mythologie, c'est ici que Jason et les Argonautes trouvèrent la Toison d'or avec l'aide de Médée, princesse du pays.
D'autre part, la partie la plus montagneuse à l'est et au sud de la Géorgie appartenait au Royaume de Kartli (connu des Grecs et des Romains sous le nom de “Iberia”).
Ces deux royaumes ont été les premiers à adopter le christianisme comme religion officielle, dès le début du 4ème siècle. Après avoir été conquise par Rome en 66 avant JC et dirigée d'abord par les Romains puis par les Byzantins pendant presque un demi-millénaire, la Géorgie d'aujourd'hui était alors un champ de bataille durant les guerres entre les Byzantins et les Perses : cette situation a eu un rôle dans la désintégration politique du pays qui, au 7ème siècle, devint une proie facile pour l'expansion arabe. Au 11ème siècle, le pays réussit à se débarrasser du pouvoir arabe et, pour la première fois, il se retrouva uni en un seul royaume, la Géorgie, et commença à s'étendre dans tout le Caucase en repoussant les Turcs seldjoukides.
Déjà au 13ème siècle, la Géorgie capitula trop rapidement devant la progression implacable des Mongols et elle commença à se morceler en plusieurs petits États, dont certains furent plus tard annexés à l'Empire Ottoman tandis que d'autres furent rattachés à l'Empire Perse.
Ce n'est qu'à partir de 1762 que le pays retrouva son indépendance : la partie orientale fut réunifiée sous Héraclius (Irakli) II dans le Royaume de Kartlie-Kakhétie.
En 1793, ce royaume conclut un Traité d'amitié avec l'empire russe, et devient alors un protectorat de la Russie, le Tsar étant reconnu comme le dirigeant légitime de la Géorgie Orientale (laquelle conserva cependant son autonomie dans sa politique intérieure).En 1783 ce royaume signa avec l’Empire russe le Traité de Gueorguievsk, par lequel ils e mettait sous la protection du tsar, qui était reconnu comme souverain légitime de la Géorgie orientale (à laquelle était néanmoins garantie une autonomie interne).
Le 22 décembre 1800, à la demande du roi de Géorgie, George XII, le Tsar Paul 1er de Russie signe l'annexion volontaire du Royaume de Kartlie-Kakhétie à la Russie.
Durant l'été 1805, malgré l'aristocratie locale, hostile à l'annexion, l'armée russe remporte une victoire décisive en repoussant une attaque des Perses (la bataille de la rivière Askerani). Cinq ans plus tard, les troupes du Tsar Alexandre 1er englobent également le royaume d'Iméréthie, à l'ouest de la Géorgie.
Durant les décennies suivantes, les Russes mènent de nombreuses guerres contre les Turcs et les Perses et étendent considérablement les frontières de la Géorgie avec la conquête de l'Adjarie, des villes de Lomse et de Poti, et de l'Abkhazie.
Après la Révolution russe de 1917 et l'arrivée au pouvoir à Petrograd des sociaux-démocrates bolcheviks, de nombreuses régions de l'Empire dirigées par les menchéviks, déclarent leur indépendance : la Finlande, les États baltes, la Biélorussie, l'Ukraine et les pays transcaucasiens qui de ce fait, sans oublier les nombreuses et provisoires formations politiques créées par les “blancs”, les contre-révolutionnaires tsaristes.
Peu de ces déclarations d'indépendance étaient motivées par un véritable esprit national présent au niveau populaire, esprit national qui était d’ailleurs généralement absent de la culture des classes dirigeantes locales : de fait, après la Révolution de février, le corps de l'ancien Empire russe n’avait pas été touché.
Ce qui l’a fait exploser et éclater en morceaux fut la violente prise de pouvoir par les bolcheviks qui occupèrent la capitale, Petrograd, en novembre 1917 et qui, début 1918, firent dissoudre de force l'Assemblée constituante qui venait d'être élue, puisque leurs représentants s’y trouvaient en nette minorité.
C'est alors que ces forces politiques, ayant perdu le pouvoir en Russie, prirent leur revanche contre les bolcheviks en proclamant l'indépendance des régions périphériques qu'elles avaient sous leur contrôle.
De ces gouvernements séparatistes éphémères, celui de la Géorgie fut considéré comme le plus stable et le plus efficace du point de vue administratif, même si la “République Démocratique de Géorgie” n'était en fait qu'un protectorat de la Grande-Bretagne (qui avait pris des mesures militaires contre les bolcheviks, comme l’avaient fait aussi les autres puissances de l'Entente). Durant sa courte existence, le gouvernement menchévik géorgien se démarqua également par son agressivité : il entra d'abord en guerre contre l’Arménie pour la conquête de certains territoires ethniquement mixtes, puis il attaqua l'armée blanche de Moïsseïev et de Denikine afin d'étendre les frontières de la Géorgie vers Sotchi (qui est aujourd'hui une station balnéaire russe sur les bords de la Mer Noire). Ce qui ne fit que les affaiblir pour la confrontation finale avec les bolcheviks qui, entre-temps, avaient mis fin à la guerre civile et s'étaient attelés à regagner les régions séparatistes : en février 1921, l'Armée Rouge entra en Géorgie et prit, en quelques jours, le contrôle des Mencheviks et de la république pro-britannique, incorporant le pays dans l'URSS naissante (d'abord dans la République transcaucasienne soviétique puis, en 1936, dans la République Socialiste Soviétique de Géorgie, une des trois RSS).
Quand le dirigeant des bolcheviks et le Président de la Russie, Vladimir Ilitch Oulianov (plus connus sous le nom de Lénine) meurt après une longue maladie, c'est un Géorgien qui lui succède : Joseph Vissarionovitch Djougachvili, né à Tbillissi (alors Tiflis), qui restera dans l'histoire sous le nom de Staline, l'homme qui tint les rênes du pouvoir de la Russie pendant plus de 30 ans.
Un demi-siècle plus tard, l'incroyable et courte histoire de l'Union Soviétique prit fin.
La Géorgie déclara son indépendance le 9 avril 1991 et son premier Président (élu en 1990 quand le pays faisait encore partie de l'URSS) fut Zviad Gamsakhourdia, un ancien et célèbre dissident pendant l'époque communiste.
L'indépendance proclamée avec le slogan “la Géorgie aux Géorgiens” ne pouvait que préoccuper les nombreuses minorités ethniques vivant autour de l'entité administrative de Tbilissi, que Gamsakhourdia et ses sympathisants nationalistes considéraient à tort, comme un bloc national monolithique. En particulier, les régions d'Adjarie et d'Abkhazie (qui furent annexées à la Géorgie par les Russes qui les avaient soustraites aux Turcs) ainsi que l'Ossétie du Sud (dont les habitants sont semblables à ceux de la province russe de l'Ossétie du Nord) réclamèrent le même droit à l'indépendance que Tbilissi (et sa mise en oeuvre immédiate). Déjà en 1989, l'Ossétie du Sud, une province autonome de la République Socialiste Soviétique de Géorgie, fut la scène de violents combats opposant les Ossètes, loyaux à Moscou, et les Géorgiens, nationalistes.
Le Conseil Régional d'Ossétie décida de déclarer la sécession avec la République Socialiste Soviétique de Géorgie mais celle-ci riposta en levant le statut d'autonomie de l'Ossétie, ravivant ainsi les combats.
Ces récents conflits fratricides en Géorgie n'étaient pas qu'interethniques mais aussi politiques : le 6 janvier 1992, le gouvernement dirigé par Gamsakhourdia fut renversé par un coup d'État sanglant et qui ne fut pas du tout rapide, puisqu’il durait déjà depuis presque deux semaines.
Gamsakhourdia trouva refuge en Tchétchénie (après un court séjour en Arménie) sous le gouvernement rebelle du Général Djokhar Moussaïevitch Doudaïev. Les meneurs du coup d'État nommèrent un nouveau président, en la personne de l’ancien Ministre des Affaires étrangères Soviétique au temps de Gorbatchev, Édouard Chevardnadze. Les combats entre les sympathisants du nouveau Président et les partisans du précédent durèrent pendant deux ans. Puis en septembre 1993, une guerre soudaine éclata entre l'armée géorgienne et les Abkhazes qui refusent, encore aujourd'hui, de se soumettre à l'autorité de Tbilissi, étant donné qu'ils représentent la majorité dans la partie nord-ouest du pays. Les combats furent terribles et les Abkhazes réussirent à repousser les troupes de Tbilissi et à chasser des milliers de Géorgiens qui vivaient en Abkhazie. Gamsakhourdia sauta sur l'occasion et, dès la fin septembre 1993, il retourna dans son pays entraînant ses partisans armés à tenter une révolte. L’insurrection semblait en bonne voie mais Chevardnadze, en autorisant la Géorgie à rejoindre la Communauté des États Indépendants, reçut le soutien des pays voisins, et surtout de la Russie qui lui fournit des hommes et des armes : dès le mois de novembre, les rebelles étaient vaincus et le mois suivant, leur dirigeant, Gamsakhourdia, mourut dans des circonstances qui n'ont jamais vraiment été élucidées.
Pendant ce temps, la longue période de troubles et de combats fratricides avait coûté très cher à la toute nouvelle République de Géorgie : comme l'Abkhazie, l'Ossétie du Sud avait réussit à obtenir son indépendance. Aussi bizarre que cela puisse paraître, de nombreux séparatistes tchétchènes ont combattu pour la liberté des Abkhazes tandis que l'aide des Russes avait été cruciale pour les Ossètes du Sud.

La “Révolution des Roses” : Saakachvili, Président de Géorgie
Au cours de la décennie qui suivit, le Président Chevardnadze reçut deux fois la reconnaissance de son peuple, en gagnant les élections de 1995 et de 2000. Les élections qui eurent lieu le 2 novembre 2003, et qui furent prétendument truquées selon les médias et les organisations pro-US, furent le détonateur d'un nouveau remaniement politique violent, dénommé “Révolution des Roses”. Chevardnadze a souvent répété que ceux qui voulaient et ont mené ce coup d'État, étaient les USA ; et, inutile de dire que l’ex-Président géorgien ne peut pas être suspecté d'anti-américanisme. Il suffit par exemple de rappeler que, lorsqu'il était Ministre des Affaires étrangères de Russie, au cours d’une réunion avec les USA, il demanda au Président usaméricain de l'époque, George H. W. Bush, quelle politique étrangère il suggérait à l’URSS, car il souhaitait abandonner toute ambition de défense des enjeux nationaux. Cependant, en tant que Président de la Géorgie, Chevardnadze s'avéra être trop indépendant et, surtout, trop enclin à garder de bonnes relations avec Moscou.
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L'explosion du conflit
La guerre

lundi 25 août 2008

Ils jouent avec le feu ou quand l’histoire bégaie

par Hergen MATUSSIK, 17 Août 2008, traduit par Michèle Mialane, tous deux de Tlaxcala
Originalfassung Wiederholungen und Propaganda: Das Spiel mit dem Feuer


La conjoncture politico-militaire actuelle ressemble à un effort considérable de ses acteurs , en particulier du « monde occidental » pour reconstituer le scénario qui a précédé la Deuxième guerre mondiale. C’est ainsi que Zbig Brzezinski, l’un des manitous de la politique étrangère usaméricaine, compare les évènements en Géorgie à l’invasion de la Tchécoslovaquie par Hitler et aux manœuvres de Staline en Finlande (huffingtonpost.com ; welt.de). Il confirme ainsi que les voyous préférés de l’histoire récente sont au rendez-vous pour fournir les bonnes comparaisons au bon moment.

La Russie met fin à l’agression de la Géorgie - soutenue par l’ Occident , USA en tête- contre l’Ossétie du Sud en mettant en fuite sans grand remue-ménage les troupes géorgiennes et toute la presse occidentale « reconnue » - c’est à dire le Ministère de la Propagande du « monde libre » - en fait un « agresseur » désireux de s’annexer la « pauvre petite Géorgie ».

Les faits laissent nos journalistes complètement froids - le tir de roquettes sur Tshkinvali au cours de la nuit d’ouverture des Jeux Olympiques, et les 2000 morts -à ce jour- qui en sont la conséquence directe- les « conseillers militaires » usaméricains présents en Géorgie depuis un bon moment, la fourniture massive d’armement israélien et usaméricain à ce pays, ainsi que les intérêts économiques en jeu - quel idiot pourrait encore croire qu’il s’agit de liberté et d’autodétermination de peuples dont le consommateur moyen de médias est à peine en état d’énoncer le nom et moins encore de les localiser ? mais les USA continuent à dévider leur discours va-t’en guerre ( Cheney : « ...must not go unanswered » ; Rice : »This is not Prague in 1968 ») et trouvent un soutien chez le autres gouvernements des pays membres de l’OTAN, qui révèle de plus en plus son vrai visage : celui d’une alliance impérialiste offensive visant à l’hégémonie mondiale. Fidèle à son attitude dans le conflit israélo-palestinien et à son soutien inconditionnel à Israël, l’Europe reprend largement le bla-bla-bla usaméricain, avec juste un petit bémol dans le meilleur des cas - peut-être seulement parce qu’ils seraient les premières victimes (collatérales) d’une opération militaire et que quelques Européens encore en vie en ont fait l’expérience personnelle.

- La lie de l'humanité, je présume ?
- L'assassin sanguinaire de travailleurs, je suppose ?
Caricature de David Low dans l'Evening Standard de Londres après l'attaque allemande sur la Pologne et l'entrée simultanée de l'Armée rouge le 17 septembre 1939, en application du pacte Hitler-Staline

Quasiment en réponse à l’issue humiliante de l’attaque criminelle contre l’Ossétie du Sud la Pologne et les USA mettent à exécution leur vieux projet de positionnement d’antimissiles (« défensifs ») à la frontière russo-polonaise. Un processus que certains commentateurs ont comparé à au pacte d’assistance entre l’Angleterre et la Pologne avant la Deuxième guerre mondiale (6 avril 1939). On peut effectivement constater une certain parallélisme entre les deux - on pourrait en établir aussi entre leurs conséquences, possibles dans le second cas. L’Angleterre a perdu son empire mondial dans l’affaire (du point de vue des élites qui détenaient cet empire, il est possible de considérer qu’elle ne l’a pas perdu , mais qu’il a été transformé et modernisé). Il est possible que les efforts évidents des USA et de leurs alliés pour se mettre sur le dos, en plus des foyers de crise et de guerre actuels - Afghanistan et Irak - l’Iran et à sa suite tout le Proche-Orient, ainsi que des fronts de plus en plus militarisés en Europe centrale entraînent les mêmes conséquences : un conflit devenu incontrôlable et la fin du « siècle américain » avant même son début.

S’y ajoutent le conflit kossovar, qui n’est résolu qu’en apparence, et au prix d’une humiliation infligée à la Serbie, alliée traditionnelle de la Russie dans les Balkans, la poudrière nucléaire du Pakistan, la peur soigneusement attisée du fondamentalisme islamique, l’« option » de la frappe nucléaire et de la guerre contre l’Iran et pour finir l’endettement gigantesque de « l’unique superpuissance » , qui peut entraîner son insolvabilité (autrement dit : sa faillite), joint à l’état général inquiétant du système financier international. Dans ce contexte, la perspective d’un conflit mondial est loin d’être impensable . Et à coup sûr un tel conflit « redistribuerait les cartes » ( et s’accompagnerait sans doute d’une énorme chute de la population mondiale)

Comme c’était déjà le cas en 1939, il est bien difficile d’arrêter les élites quand elles ont commencé à jouer avec le feu (en 1939 il a été impossible d’empêcher la catastrophe.) La dissolution de l’OTAN, à qui la fin de l’union Soviétique a fait perdre toute raison d’être, constituerait un pas dans la bonne direction. C’est à cela que les peuples européens devraient pousser leurs gouvernements.


Et ce droit à l’autodétermination des peuples, dont on nous rebat les oreilles, serait pour une fois respecté !