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lundi 18 janvier 2016

Alessandro Stella: “L'Autonomie ouvrière en Italie était un mouvement des mouvements, elle n'a jamais été une organisation centralisée”

El pèsol negre. Traduit par  Fausto Giudice, Tlaxcala
Original: Alessandro Stella: “La Autonomía obrera en Italia fue un movimiento de movimientos, nunca fue una organización centralizada“ 

Alessandro Stella a été un militant de l'Autonomie ouvrière italienne, issue du groupe Potere Operaio (Pouvoir ouvrier). Comme beaucoup d'autres, dans un contexte général de radicalisation, il avait opté pour la lutte armée. Il de publier un livre en espagnol aux éditions Virus, Días de sueños y de plomo (Jours de rêves et de plomb), un récit qui, au-delà de l'autobiographie, est une chronique des luttes de la  génération des années de plomb. Le 17 décembre dernier, il a animé une intéressante conversation à l'Athénée anarchiste la Ruda de Manresa, en Catalogne. Nous en avons profité pour lui voler quelques précieuses minutes (que nous aurions aimé prolonger indéfiniment) pour une interview.
En quoi consistait – à grands traits - l'Autonomie ouvrière ? A quelles sources s'était-elle alimentée ?
Pendant le biennio  rosso, les 2 années rouges (1919 et 1920) il y a eu un phénomène très répandu d'occupations d'usines, de champs, de grandes propriétés foncières. Les conseils ouvriers étaient la forme de représentation de la base ouvrière, sans implication des syndicats. Ce fut certainement une référence pour nous.
L'Autonomie ouvrière a été un mouvement qui a émergé dans les années 70 en Italie, issu du 68 et du 69 italiens, du mouvement ouvrier et des assemblées ouvrières qui sont nées dans certaines usines comme Alfa Romeo à Milan. Ce sont les ouvriers qui les premiers misé sur les conseils d'usine qui étaient déjà une innovation. Mais ensuite, principalement sous l'impulsion des jeunes dans les grandes usines, on a dit  : "Nous devons aller plus loin, parce que les conseils ouvriers sont aussi des représentations des gens. Et nous voulons que chacun soit responsable. La forme de l'assemblée, c'est ce qui doit être mis en avant. Et il faut que ce soit l'assemblée qui prenne les décisions ".

vendredi 8 janvier 2016

Le mouvement opéraïste en Italie
Conférence-débat d'Oreste Scalzone à Saint-Ouen le 9 janvier

Oreste Scalzone a été l’un des acteurs du mouvement opéraïste en Italie dans les années 1960-1970.
Il viendra nous faire part de son expérience dans le mouvement ouvrier-étudiant de ces années lumineuses en Italie, suivies peu après par cette sombre période des années de plomb.
Il est important de comprendre ce que furent les luttes sociales en Italie dans les années 1960-1970, comment elles furent menées, leurs succès et leurs échecs.
C’est dans ce laboratoire que furent élaborées des théories programmatiques qui auraient dû conduire au remplacement de la société bourgeoise de classe par un autre mode de production où seraient abolis l’exploitation et le profit.
Un courant, né hors le Parti Communiste Italien dévolu au réformisme parlementaire et à la négociation,  revendiquait une pleine autonomie d’action de la classe ouvrière.
Des formes de grève inédites ont été imaginées, créant une culture politique d’auto-émancipation.
Des mots d’ordre nouveaux ont émergé, plus adaptés à la transformation de la classe ouvrière, massifiée dans des unités de production de plus en plus grandes et mécanisées.
Les assemblées d’ouvriers, appelés Comités Ouvriers de Base, devinrent le lieu qui les a affranchis des syndicats institutionnels.
Ce moment fut celui de l’OPERAISME, autour de deux mouvements, Lotta Continua de tendance spontanéiste, et Potere Operaio qui s’affichait plutôt comme léniniste.
Porteur d’un projet révolutionnaire, il avait réussi à articuler concrètement son analyse de la restructuration de la classe ouvrière et du capital avec la nécessaire tâche de dépassement des classes.
Leurs revendications étaient incompatibles avec le capitalisme, en phase avec les formes de luttes radicales, parce qu’elles étaient d’une efficacité exemplaire, poussaient à la radicalisation des ouvriers en lutte.
En 1969, la signature d’un contrat national a été la plus grande victoire ouvrière depuis la fin du fascisme.
En raison de cette défaite historique,    la réponse du Capital fut d’une violence inouïe.
Un attentat à Milan, œuvre avérée quelques années plus tard de groupuscules d’extrême droite, et faussement attribué à la gauche, fit plusieurs morts en décembre 1969.
La répression s’abattit sur les militants…
Le reflux et la contre-révolution (mondiale) furent initiés à ce moment, d’autant que la jonction avec d’autres couches de la société n’a pas été réalisée.
Nous sommes encore orphelins d’un véritable travail dialectique qui saurait nouer en en réalisant un dépassement, la réalité sociale avec une production idéologique émancipatrice.