Alliance zapatiste de libération sociale, fondée à Paris le 12 mars 1995 Liberté, justice, démocratie, partout et pour tous! التحالف الزباتي من أجل التحرر الاجتماعي تأسس بباريس في 12 مـــارس 1995. حرية، عدالة، ديمقراطية في كل مكان وللجميــــــع yekfibasta[at]gmail.com :للاتصال
jeudi 17 mars 2016
La (re)colonisation du Mexique
La colonización de México
vendredi 27 juin 2014
TISA/ACS : L’investisseur est roi
jeudi 1 novembre 2012
Le référendum islandais et les silences médiatiques
Original: O referendum islandês e os silêncios da mídia
Traductions disponibles : English
En 2003, sous la pression néolibérale, l’Islande a privatisé son système bancaire, jusque-là public. Suivant leurs intérêts, les grandes banques usaméricaines et anglaises, déjà engagées sur le marché secondaire dans la spirale des subprimes, ont transformé Reykjavik en grande plate-forme financière internationale et en une des plus grandes victimes du néolibéralisme. Avec juste 320.000 habitants, l’île est devenue un paradis fiscal pratique pour les grandes banques.
Des groupes comme Lehman Brothers se servaient du crédit international du pays dans le but d’attirer des investissements européens, essentiellement britanniques. Cet argent était alors injecté dans le tourbillon financier dirigé par les banques usaméricaines. La faillite de Lehman Brothers a mis l’Islande en première ligne car elle a du, de ce fait, assumer une dette dix fois supérieure à son Produit Intérieur Brut. Le gouvernement s’est vu dans l’obligation de renationaliser ses trois banques, dont les dirigeants ont été renvoyés devant les tribunaux et certains condamnés à des peines de prison.
Afin d’assurer le remboursement de cette dette colossale, le gouvernement a décidé que chaque Islandais, quel que soit son âge, devrait payer 130 euros chaque mois pendant 15 ans. Le peuple a exigé la tenue d’un référendum sur ce point et, par 93 % des suffrages, a refusé de payer une dette dont la responsabilité incombait au système financier international, à partir de Wall Street et de la City de Londres. La dette extérieure du pays, forgée par l’irresponsabilité des banques associées aux plus grandes institutions financières mondiales, a conduit la nation à la cessation de paiement et plongé les Islandais dans le désespoir. La crise a pris une dimension politique avec la volonté du peuple de tout changer. Une assemblée populaire, formée spontanément, a décidé d’élire une assemblée constituante composée de 25 citoyens, sans étiquette politique de parti, afin de rédiger la nouvelle Constitution du pays. Pour pouvoir se déclarer candidat à cette assemblée, le soutien de 30 personnes suffisait. Il y a eu près de 500 candidats. Les élus ont consulté la population qui pouvait, via internet, formuler des propositions et observations sur le texte. Le gouvernement a pris acte de cette initiative et officialisé le travail de cette assemblée en soumettant le document final à l’approbation par le référendum qui s’est tenu le 20 octobre.
En étant approuvé par plus de deux tiers des votants, le texte constitutionnel doit ensuite être ratifié par le Parlement. Bien que l’Islande soit un petit pays, éloigné tant de l’Europe que de l’Amérique, avec une économie dépendante de marchés extérieurs, (elle exporte du poisson, surtout de la morue), son exemple pourrait inspirer d’autres peuples, asphyxiés par l’irrationalité de la dictature financière.
Pendant ces quelques années, où les Islandais ont résisté à la pression des grandes banques internationales, les grands média internationaux ont passé sous un silence convenu le processus en cours à Reykjavik. Voilà la meilleure preuve que les Islandais sont peut-être en train d’ouvrir une voie vers une pacifique révolution mondiale des peuples.
samedi 19 mai 2012
Catastroïka, le film
samedi 12 septembre 2009
Le Parti de gauche allemand : une impasse
Original : »Sackgasse Linkspartei« , sur www.jutta-ditfurth.de et http://blog.prinz.de/wahl09/2009/09/11/%c2%bbsackgasse-linkspartei%c2%ab/- Sur l’auteure
La Frankfurter Allgemeine Zeitung, dont nul n’ignore que c’est ma lecture de chevet, regrettait récemment la disparition d’une « scène intellectuelle d’inspiration de gauche », qui lui manquait « surtout maintenant», «à un moment où la critique sociale serait dans son élément ... pas un seul chuchotement révolutionnaire à la ronde. Le rouge fait le mort (Rot stellt sich tot) »(1). La bourgeoisie a des problèmes d'identité. Elle a besoin de contradicteurs, pour que les lignes de front soient claires.
Mais il y a la Linkspartei, un parti de gauche, non ? « Maintenant nous allons faire une autre redistribution, qui sera plus juste", a déclaré Gregor Gysi la nuit dernière sur la ZDF ( "TV- Dreikampf", 10.9.2009 [2ème chaîne de télévision publique, NdT]).
Ah oui ? Voyons donc de quoi le Parti de la gauche est capable, là où il est associé au gouvernement, par exemple à Berlin, où SPD et Linkspartei gouvernent ensemble depuis 2002.
Le gouvernement SPD/Linkspartei a supprimé les aides pour les sans-abri et les personnes handicapées (2002), a aboli l’indemnité pour les aveugles (2005), a supprimé les tickets sociaux pour les transports publics (2004) pour les réintroduire plus tard, à cause des protestations violentes, à un prix trois fois plus élevé. Berlin a été un pionnier dans l'abolition de la gratuité du matériel scolaire (2003), a augmenté les tarifs des crèches (2003), baissé le budget de la jeunesse de 400 millions (2001) à 230 millions d'euros (2005) et créé 24.000 emplois à 1 Euro (de l’heure), ce qui a permis d’éliminer des emplois bien rémunérés aux tarifs des conventions collectives.
Beaucoup de personnes qui, auparavant, avaient été licenciées de leurs emplois à durée indéterminée en crèche par exemple, se sont retrouvées au même poste, cette fois-ci pour 1 € de l’heure.
Le Parti de gauche est coresponsable de la privatisation de sociétés municipales de logement. En 2004, la Gemeinnützige Siedlungs- und Wohnungsbaugesellschaft (GSW) a été vendue à un consortium de sociétés internationales de gestion de fonds, Whitehall (Goldman Sachs) et Cerberus, pour 405 millions d'euros. Le Sénat SPD/Linkspartei a vendu 1700 appartements de la Wohnungsbaugesellschaft Berlin-Mitte (WBM) à l'investisseur Puma Brandebourg Limited, qui a spéculé ouvertement sur la hausse des loyers (2). Rien qu’avec la vente de plus de 4500 appartements entre début 2007 et l'automne 2008, les sociétés immobilières berlinoises ont été en mesure de réaliser un chiffre d'affaires d'environ 272 millions d'euros (3).
Simultanément, les subventions aux associations d’aide aux locataires ont été réduiets ou supprimées. Ce serait quand même assez embêtant que des locataires mieux informés se défendent. La conséquence de la vente des logements appartenant au Land de Berlin [qui est une ville-région, NdT] ont été des augmentations de loyer et donc l’évacuation de locataires socialement vulnérables.
Sur les 209.000 logements municipaux privatisés à Berlin de puis 1995, plus de 57%, environ 120.000, l’ont été entre 2002 et 2005, alors que le Parti de gauche était au pouvoir (4).
Jamais depuis 1945, la santé publique de Berlin n’a été autant démolie que sous le règne SPD/Linkspartei au Sénat. De nombreux hôpitaux sont désormais privatisés. Le nouveau propriétaire est l’entreprise Vivantes, qui porte un ajout à consonance alternative à son nom : "Réseau pour la santé." Ce «réseau» n’est autre qu’un Konzern (grande entreprise), dans la gueule duquel presque tous les secteurs de soins aux patients hospitalisés et gestion du troisième âge sont jetés morceau par morceau.
De 2003 à 2004 39 millions d'euros pu être économisés dans le secteur de la santé de Berlin, en grande partie, parce que 13.000 salariés ont du renoncer à leurs primes de Noël et de congés payés, sous la menace de licenciement, du Sénat de "gauche" et des patrons de Vivantes. Depuis que l'entreprise a été créée, près de 4.000 emplois à plein temps et environ 1.000 places de formation ont été supprimés. Les travailleurs sont soumis à un chantage: la faillite ou la baisse des salaire. Le cabinet de consultants McKinsey a empoché des honoraires de 2,7 millions d'euros. Les licenciements et la réduction drastique du personnel font des cliniques Vivantes un objet très attractif pour les investisseurs.
Les soins médicaux aux patients des caisses-maladie au niveau des capacités scientifiques et techniques actuelles ne sont plus garantis. La pénurie de personnel et le stress du personnel hospitalier mettent la vie des patients en danger. Il n’est pas recommandé d’être livré à une clinique Vivantes dans une ambulance Vivantes avec un soupçon d'accident vasculaire cérébral.
C’est de gauche, ça ? Il n'y a pas de parti de gauche pour lequel on puisse voter.
Notes:
(1) Christian Geyer, »Rot stellt sich tot«, Frankfurter Allgemeine Zeitung v. 8.4.2009. L’expression fait allusion au slogan des années 1970-1980 : Lieber rot als tot, plutôt rouge que mort, réponse au slogan des années 1950 Lieber tot als rot [NdT]
(2) Ralf Schönball: »Wohnhäuser in Berlin für eine Milliarde gesucht«, in: Tagesspiegel v. 15.3.2006
(3) IHK Newsletter Bau- und Immobilienwirtschaft Nr. 7 v. 9.9.2008
(4) www.bmgev.de/privatisierung/konferenz-dokumentation/praesentationen/praesentation-andrej-holm.pdf, consulté le 10.9.2009
Oskar Lafontaine, chef de la Linkspartei, dans le miroir d'Angela Merkel. Ludvik Glazer-Naudé
Un bilan détaillé et critique de 20 ans de PDS / Linkspartei, se trouve dans le livre de Jutta Ditfurth »Zeit des Zorn. Streitschrift für eine gerechte Gesellschaft« [«Temps de la colère. Pamphlet pour une société juste »]. München: Droemer Verlag 2009, 272 S., 16,95 Euro.