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vendredi 9 novembre 2012

Du Larzac à Notre Dame des Landes : occupons les terres !

Attac France exprime sa solidarité à celles et ceux qui luttent aujourd'hui à Notre-Dame-des-Landes, appelle les citoyen-ne-s à fonder, partout en France, des comités locaux en soutien à la mobilisation contre ce projet d'aéroport, et à un large rassemblement le samedi 17 novembre.


Notre-Dame-des-Landes devient le symbole d’un monde en crise profonde et des résistances qui opposent des alternatives de vie à des projets mortifères. “Tout y est, souligne Geneviève Azam, membre du Conseil scientifique et de la commission écologie&société d'Attac France, accaparement et bétonnage des terres, destruction du bocage, des zones humides et de la biodiversité, le tout orchestré au profit d’une multinationale, Vinci, devenue grand aménageur et assurant la confusion entre intérêts publics et privés”.

Ce projet, conçu y a quarante ans, hors crise énergétique, hors crise climatique, hors crise alimentaire, hors crise financière, hors développement d’autres moyens de transport internes que l’avion, se voulait un projet de désenclavement d’une région, pointe occidentale d'une Europe à six membres.

Contre vents et marées, il s’accélère alors que l’Europe s’est élargie, que la globalisation est en crise et alors que l’avenir est à la relocalisation des activités. Une fois les milliards enfouis, ce projet risque bien de connaître le même sort que le paquebot France mis à l’eau une dizaine d’années auparavant, et qui a fini dépecé et envoyé à la ferraille.

Face à de telles passions destructrices, une résistance locale n’a cessé de dénoncer le projet et de produire une expertise attestant son irrationalité économique, sociale, environnementale. Le conflit prend désormais une dimension nationale et internationale, qu’il faut renforcer autant que nous le pouvons. “C’est pourquoi, le 17 novembre, nous serons présents à Notre-Dame-des-Landes pour la manifestation de réoccupation, décidée après l’expulsion manu militari des occupants de la ZAD [zone d'aménagement différé, rabaptisée zone à défendre] et la destruction des expériences collectives d’occupation des sols” affirme Aurélie Trouvé, co-présidente d'Attac France.

“Nous avons en mémoire le conflit qui a opposé les paysans du Larzac et des citoyens venus du monde entier à l’extension du camp militaire” rappelle Geneviève Azam. Au-delà des différences d’époque et de contexte, ces luttes ont en commun une résistance contre des décisions politico-administratives et une fuite en avant dangereuse : au Larzac contre une militarisation pensée comme au temps de la guerre froide, des guerres coloniales et de l’affrontement des blocs, à Notre Dame des Landes contre un projet démentiel d’aéroport international imaginé à la fin des Trente Glorieuses. Le Larzac est un symbole d’une convergence des luttes, des paysans travailleurs aux ouvriers des Lip, des associations non-violentes et antimilitaristes aux associations kanakes. L’annulation du projet a été obtenue en 1981 après une mobilisation très large, locale, nationale et internationale.

C’est la même ambition que nous avons pour Notre-Dame-des-Landes. C’est pourquoi, Attac appelle à développer, partout où c’est possible, des comités locaux contre cet aéroport. Et nous nous engageons, dans le mouvement altermondialiste, à internationaliser ce conflit qui fait écho à bien d’autres grands projets inutiles et imposés. Dès la fin de cette semaine, à Florence (Italie), lors de la rencontre des mouvements sociaux européens du 8 au 11 novembre, où les forces mobilisées contre ces grands projets inutiles et imposés se rassembleront.

Paris le 6 novembre 2012


jeudi 29 mars 2012

Mali: Sempiternelle ritournelle ?

par Koro Traoré , 26/3/2012

En soixante-deux ans d’indépendance, le Mali a été dirigé pendant trente-trois ans par des militaires, 23 ans de dictature musclée sous Moussa Traoré (1968-1991) et dix ans de bureaucratie militaire laxiste sous Amadou Toumani Touré (2002-2012).
Le nouveau coup de force des jeunes officiers, le 22 mars 2012, à quarante (40) jours du 1er tour de l’élection présidentielle de 2012 et à quatre jours du 21ème anniversaire de l’éviction de Moussa Traoré, paraît devoir plonger le pays dans une nouvelle zone de turbulence.

Proclamation des putschistes à la télévision malienne le 22 mars 2012

Comme si trente-cinq ans après le meurtre symbolique du père fondateur de la nation, Modibo Keita, précisément par des militaires, le Mali paraît happé par une nouvelle spirale de violence, lourde d’incertitudes, comme si ce pays était voué à une errance faute d’avoir expié cet acte sacrilège.

Héritier d’un triple empire, l’Empire du Ghana, l’Empire du Mali et l’Empire Songhaï, foyer historique de l’Empire Mandingue qui forgea sous Soundiata Keita, la Charte du Mandé, lointaine préfiguration des règles de bonne gouvernance moderne, le Mali vit la nouvelle irruption touarègue comme une réminiscence cauchemardesque de l’invasion de 1076 qui vit la désintégration de l’Empire Songhaï d’Askia Mohammad, sous le coup de boutoir des forces berbères déferlant d'Afrique du Nord pour islamiser l’Afrique occidentale.


Contrecoup de l’élimination de Mouammar Kadhafi, le Mali subit de plein fouet les effets du reflux massif des groupes armés Touareg de Libye. Recrutés pour sécuriser le sud de la Libye et soutenir la croissance économique libyenne, en véritables soldats laboureurs dans l’optique de Kadhafi, leur reflux massif vers leur ancienne zone de déploiement au Mali et au Niger, a provoqué une modification de la donne régionale.

Anciens vigiles de l’empire islamique, dont ils constituaient avant terme les forces de déploiement rapide, les Touaregs, littéralement en arabe, «Al- Tawareq-Les urgences» caressent le projet de détacher du Mali, le territoire de l’Azawad, dans le nord du pays.


Géographiquement, à des milliers de kilomètres de la capitale malienne, Bamako, en concurrence avec Al-Qaeda au Maghreb islamique (AQMI), le Mouvement national de libération de l'Azawad (MNLA) a développé à Ménaka, Gao et Tombouctou, une action en vue de réunifier, sous son égide, l'ensemble des populations azawadies dans toutes leur composantes: Songhay, Touareg, Arabes, Peuhls, afin de réussir l'Unité du Peuple de l'Azawad.


Jouant de l’effet de surprise, visant tout à la fois à crédibiliser ses revendications, à impressionner la population, Ansar Eddine (soldats de la religion) ont infligé une série de revers militaires aux troupes gouvernementales, fragilisant considérablement le pouvoir central, en révélant au grand jour son impéritie.


La première alerte aura été l’humiliante défaite d’Aguelhok, où la base de l‘armée est tombée le 24 janvier 2012, faute de munitions. Galvanisés par ce premier succès inattendu, Ansar Ed Edine enfoncera le clou en portant une estocade stratégique à Tessalit, lieu d’une bataille décisive, dans une ville stratégique, proche de la frontière algérienne et dotée d'une base et d'un aérodrome militaire.


Trois unités de l’armée ont dû battre en retraite en Algérie, le 4 mars, laissant le contrôle de la base et de l'aérodrome aux mains du MNLA, laissant sur le terrain un fort contingent de tués et blessés, sans compter les prisonniers et les déserteurs.


En deux mois de combats, l'armée malienne a perdu le contrôle de la plus grande partie de l'Azawad, avec des pertes de militaires tués, capturés ou déserteurs estimées à au moins un millier d'hommes.


Se superposant aux camouflets successifs infligés par la France et la Mauritanie dans leur exercice du droit de poursuite des combattants d’AQMI sur le territoire malien, la perte du camp militaire d’Amachach, le 10 mars 2012, dans la région de Kidal, humiliation suprême, a installé un climat de méfiance jusqu’au plus haut niveau de l'armée malienne.


Le général Gabriel Poudiougou, chef d’état-major général des armées, ivre de colère face au rapatriement par l’Algérie, le 16 mars dernier, de plus de 100 militaires maliens à l’aéroport de Bamako, a ordonné le retour sur le champ des combattants sur le front de GAO, les menaçant du peloton d’exécution devant ce deuxième rapatriement de militaires maliens par l’Algérie depuis janvier.


La situation en février 2012
Les combats ont provoqué l’exode de déjà près de 195.000 personnes depuis la mi-janvier 2012, selon l'OCHA, le Bureau de coordination des Nations unies pour les affaires humanitaires, accentuant la crise alimentaire qui frappe près de trois millions de Maliens du fait de la sécheresse prolongée dans le nord du pays.

Face aux revers successifs de l’armée, la crise politique et sociale qui se profilait et menaçait d’emporter le pays, un groupe d’intellectuels conduit par la prestigieuse militante Aminata Traoré, ancien ministre de la Culture, a donné de la voix proclamant leur opposition au démembrement du Mali, dénonçant au passage la démoralisation des combattants et leur démotivation (
lire la Déclaration d’intellectuels, hommes et femmes de culture sur la rébellion au nord du Mali ci-dessous).

Latent depuis la décennie 1990, le conflit entre le Nord et le Sud du Mali s’est exacerbé avec l’effondrement de la Libye et son passage, par une invraisemblable légèreté occidentale, sous gouvernance islamique avec l’intervention de l’Otan.


Une exacerbation amplifiée par la volonté prêtée à un ancien dirigeant touareg Iyad Ag Ghali de vouloir instaurer la Charia au Mali et surtout le laxisme du président Amadou Toumani Touré, que ses détracteurs accusent d’avoir utilisé des Touaregs de Libye pour contrer la rébellion du nord du Mali, suscitant la méfiance des officiers de grades intermédiaires.


L’opposition malienne reprochera à ATT son népotisme, son corporatisme, sa gestion laxiste du pouvoir d’Etat, la gabegie de son administration agrémentée de corruption. Celui qui passait pour l’homme de la relève en phase de transition démocratique en a payé le prix. Déposé par ses frères d’armes de la même manière qu’il avait procédé avec son prédécesseur Moussa Traoré.
Amadou Toumani Touré, dit ATT
En contradiction avec son rôle premier, Amadou Toumani Touré, à l’époque colonel dans l’armée, avait en effet été l’instrument décisif du premier printemps africain en prenant la tête d’un Conseil de transition pour le salut du peuple qui se retira sagement au bout d’un peu plus d’un an, au profit des civils et d’élections pluralistes.

Sombre présage, le coup d’Etat de ce quarteron de sous-officiers du camp militaire de Kati, à 15 km de Bamako, s’est surtout traduit par des pillages dans les ministères et les commerces privés.


Face au double défi représenté par le réveil de la révolte touareg, encadrée notamment par le  Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA) et l’activisme des katibas d’AQMI (Al-Qaïda au Maghreb islamique), le Mali risque fort d’en sortir très affaibli, confronté à la progression quasi quotidienne de l’offensive touareg dans le Nord.

Une sanctuarisation d’AQMI dans une région saharo-sahélienne dont la chute de Kadhafi a accentué la déstabilisation, amplifiée de surcroît par la circulation d’un arsenal consistant, entraînerait un bouleversement géostratégique de la zone aux confins de six pays (Algérie, Libye, Mali, Mauritanie, Niger, Sénégal) de l’ancienne Afrique occidentale francophone.

Près de quarante partis politiques se préparaient à se disputer le suffrage des Maliens, pays au nationalisme chatouilleux, partisan d‘un panafricanisme résolu et d’un non alignement revendiqué et assumé, affligé toutefois d’un parlementarisme hérité des pratiques corrosives de la défunte IIIème République française.

Classé parmi les pays les moins avancés de la planète, le Mali s’enorgueillissait en revanche d’une expérience démocratique, très imparfaite mais réelle, inaugurée en mars 1991 avec le renversement du régime du général Moussa Traoré.

Face à un monde arabe en ébullition, une Europe en crise systémique, faute d’une refonte drastique du système politique malien visant à l’instauration d’un pouvoir exécutif fort, avec de solides contrepouvoirs, à défaut d’un sursaut moral, le Mali risque de plonger dans une longue crise de langueur.


Crise à tous égards inopportunes ; alors qu’il a, paradoxalement, vocation à constituer, de par son histoire et sa configuration géographique, l’épicentre d’un nouvel ensemble confédéral, antidote à la balkanisation de l’Afrique et barrage contre les ingérences occidentales et de leurs alliés pétro monarchiques, tant l’Arabie saoudite par ses achats massifs de terres arables que les autres émirats dont le vecteur de pénétration est le salafisme sous couvert de finance islamique.


Effet d’endoctrinement, d’embrigadement, d’entrainement par émulation, de mimétisme, de zèle prosélyte ou de lubrification des rapports ? Quoiqu’il en soit, trois des principaux dirigeants de la rébellion proviennent du corps diplomatique malien ayant servi dans les monarchies pétrolières, conséquence de la stratégie erratique occidentale et de l’instrumentalisation de la religion musulmane à des fins politiques et de l’impunité pétro-monarchique de la part des pays occidentaux.


Un an après l’intervention militaire occidentale contre la Libye, l’onde de choc libyenne ne cesse de faire sentir ses effets avec la déstabilisation du pré-carré africain de la France, la contestation  de la dynastie Wade au Sénégal et la prolifération islamiste dans la zone sahélienne.


En ces heures périlleuses, il est à espérer que le coup de poker des putschistes fasse l’effet d‘un électrochoc à l’effet de réveiller la conscience civique des Maliens et à les inciter, les militaires, à la défense de la Patrie, et, les civils à la défense de la République et de la Démocratie.


Enrôler les islamistes d’Al Qaïda pour combattre l’athéisme de l’Union soviétique, avant de mener une guerre décennale contre le terrorisme de leur ancien allié d’Al Qaïda, pour finir par faire intervenir enfin l’Otan pour instaurer la charia en Libye, …….on aurait rêvé meilleure perspicacité de la part d’un hémisphère qui se réclame de l’intelligence athénienne, de l’ordre romain et du rationalisme cartésien français.


Un peu d‘intégrité et de perspicacité auraient pu épargner au Mali une nouvelle épreuve, dans ces circonstances-là, de même qu’un zeste de sagesse africaine aurait fait, sans nulle doute, un peu de bien à l’humanité.

Déclaration d’intellectuels, hommes et femmes de culture sur la rébellion au nord du Mali
État des lieux
Comment comprendre la rébellion armée qui, aujourd’hui, endeuille le Mali et condamne des dizaines de milliers d’innocentes et d’innocents à l’insécurité et au déplacement forcé, lorsqu’on ne veut pas s’en tenir au schéma réducteur du conflit ethnique ?
La rébellion qui a débuté le 17 janvier 2012 crée dans notre pays une situation de guerre civile.
L’heure est grave : l’intégrité du territoire national et la cohésion sociale sont aujourd’hui menacées.
L’honnêteté intellectuelle et la rigueur qu’exige la gravité de la situation actuelle du Mali imposent de lire cette rébellion à la lumière du système mondial et de ses crises.
Les réformes structurelles mises en œuvre à partir de la décennie 80 en vue de corriger les dysfonctionnements du modèle néolibéral, n’ont pas atteint les objectifs visés en terme d’amélioration des conditions de vie des populations, notamment l’accès à l’alimentation, l’eau, l’éducation, la santé et l’énergie domestique. Ce constat, qui est valable pour l’ensemble du pays, revêt des conséquences particulières au Nord.
Enjeux
Le Nord Mali se caractérise par l’extrême complexité des enjeux géopolitiques, économiques et stratégiques, sans la compréhension desquels aucune paix durable n’y est envisageable.
Le septentrion malien a souvent été le théâtre de soulèvements d’une partie de la population qui revendique son autonomie par la voie des armes. Tous les régimes, coloniaux et postcoloniaux ont été confrontés à cette situation. De l’indépendance à ce jour, les réponses de l’Etat, qui ont été à la fois militaires, politiques et socio-économiques, n’ont pas pu y instaurer la paix sur une base durable.
La mauvaise gestion, le clientélisme et la corruption que l’on relève dans la gestion des affaires publiques, exacerbent les frustrations et le sentiment d’exclusion à l’échelle du pays sans pour autant justifier la violence armée dans les autres régions.
Par ailleurs, la manière de gérer la libération des otages occidentaux a conforté AQMI dans la création au Mali d’un sanctuaire en liaison avec le terrorisme international.
Nous sommes dans un processus programmé de désintégration de l’Etat et de cristallisation des identités ethniques et régionales. De ce point de vue, nous questionnons même la genèse de l’appellation « régions du Nord ».
N’y a-t-il pas une volonté d’affaiblir des Etats de la CEDEAO et l’Organisation elle-même ?
N’allons-nous pas vers une résurgence du vieux projet de l’Organisation des Etats Riverains du Sahara (OERS) ?
Après le découpage du Soudan, nous sommes en droit de nous interroger sur l’intention des pays de l’OTAN de procéder à une nouvelle balkanisation de l’Afrique. Ne sommes-nous pas de fait en présence d’un processus de dépossession des ressources agricoles et minières africaines, qui constituent aujourd’hui une partie importante des réserves mondiales pour la relance de la croissance économique globale ?
De l’approche globale que nous privilégions, il ressort que l’issue à cette guerre fratricide récurrente n’est ni militaire ni financière mais politique, économique, sociale, culturelle et diplomatique.
Face à cette situation, nous, intellectuels, hommes et femmes de culture du Mali, signataires de ce document déclarons que:
− L’intégrité du territoire, l’unité nationale et la cohésion sociale du Mali sont des acquis sacrés.
− Le septentrion n’est pas une planète à part, mais bel et bien une région du Mali, particulièrement vulnérable, qui n’en a pas moins subi les politiques néolibérales qui ont aggravé les inégalités, les injustices, la corruption et l’impunité. De Kayes à Kidal, les Maliens paient cher pour le dépérissement de l’Etat que nous voulons plus responsable, comptable et souverain.
− La Paix véritable et durable dans le Nord de notre pays et sur l’ensemble du territoire, est au prix d’une nouvelle compréhension de la situation du Mali et de la bande Sahélienne qui intègre les enjeux sous-régionaux et mondiaux.
− Nous réfutons le discours réducteur de la guerre ethnique.
− Nous déplorons le déficit de communication et de dialogue sur les causes internes et externes des questions majeures qui engagent le destin de la nation.
− Nous condamnons le recours à la violence armée comme mode de revendication dans un contexte démocratique et déplorons les pertes en vies humaines.
− Nous condamnons avec énergie les agressions physiques, la destruction des biens et la stigmatisation de nos compatriotes Kel-Tamasheq et de peau blanche, nos frères et sœurs, alliés et voisins de quartier, de ville qui aiment et se reconnaissent dans le Mali, leur patrie, notre patrie commune à tous.
− Nous soutenons résolument nos forces armées et de sécurité dans leur mission sacrée de défense du territoire national.
− Nous sommes Un Seul et Même Peuple, uni par une longue histoire multiséculaire de rencontres, de brassages et de résistances à l’adversité.
− La paix s’impose d’autant plus que les femmes et les enfants sont pris dans l’étau dans un conflit qui n’est pas le leur.
− Les élections de 2012 sont donc une occasion historique de renouveler la réflexion sur un projet de société adapté à nos réalités, davantage fondé sur la culture de l’être et des relations humaines à même de garantir la prospérité, la paix, la stabilité et la sécurité pour tous.
Nous signataires de la présente Déclaration, présentons nos condoléances les plus attristées aux familles des victimes et à toute la nation malienne. Nous exprimons notre solidarité à toutes les familles déplacées victimes de violences.
Bamako, le 7 février 2012
Les signataires
- Aminata Dramane TRAORE, Essayiste
- Abdoulaye NIANG, Socio-Economiste
- Adama SAMASSEKOU, Linguiste
- Filifing SAKO, Anthropologue
- Hamidou MAGASSA, Socio-Economiste
- Ismaïl DIABATE, Artiste-Peintre
- Jean-Bosco KONARE, Historien
- Mohamédoun DICKO, Historien
- Mariam KANAKOMO, Communicatrice
- Ousmane TRAORE, Administrateur civil, Juriste
- Doulbi FAKOLY, Ecrivain
- Kaourou DOUCOURE, Universitaire
- Abderhaman SOTBAR, Professeur
- Cheick PLEAH, Professeur
- Mohamed COULIBALY, Ingénieur
- Abdoul MADJIDOU HASSAN, Gestionnaire
- Mahamadou H. DIALLO, Imam
- Boubacar COULIBALY, Gestionnaire
- Mme SiSSOKO Safi SY, CAHBA
- Mme TOURE Alzouharata, Gestionnaire
- Mme Awa MEITE VAN TIL, Designer
- Dr Daba COULIBALY, Enseignant-Chercheur
 

jeudi 27 août 2009

Le Honduras, ligne de front du combat pour la démocratie


par ATTAC FRANCE, 17/8/2009

Le coup d’Etat du 28 juin 2009 contre le président élu du Honduras, Manuel Zelaya, a fait de ce petit pays centraméricain la ligne de front du combat pour la démocratie en Amérique latine. Les putschistes civils et militaires, véritable concentré de l’oligarchie locale, sont en train d’installer une dictature dont la région a une tragique expérience : assassinats (déjà au moins une dizaine), disparitions, tortures - notamment par le sinistre Bataillon 3-16 créé par la CIA dans les années 1980 -, arrestations par milliers, contrôle absolu des médias, etc.
Pour exiger le retour à l’ordre constitutionnel, donc le rétablissement du président Zelaya dans ses fonctions, et face à l’intensification de la répression, les forces populaires regroupées dans le Front national de résistance ont adopté une stratégie d’actions non violentes. Des éléments provocateurs à la solde des putschistes tentent cependant de les dévoyer pour justifier les exactions de l’armée et de la police. Le courage des démocrates honduriens force l’admiration et le mouvement Attac leur témoigne sa totale solidarité.

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mercredi 26 novembre 2008

Lettre de la prison d'Inezgane des détenus politico-sociaux de Sidi Ifni

De la prison d’Inezgane, nous vous adressons nos salutations militantes,

Notre maintien en prison est la preuve flagrante de la démagogie qui se cache derrière le nouveau concept du pouvoir et le slogan de « l’ère nouvelle ». Tout le bavardage et les applaudissements qui célèbrent la soi-disant amélioration des institutions pénitentiaires et de leur rôle éducatif et correctif ne sont que discours creux et mensonges, au regard de ce que vivent les détenus politiques et de droit commun dans la prison d’Inezgane.

En ce qui concerne les cellules, il y en a de deux sortes :

- les cellules de l’ancien quartier appelé « caserne ». Au nombre de 7, elles ont une surface de 6mx8m avec à l’intérieur une latrine et une douche d’1m² chacune et un bat-flanc près de la porte que nous utilisons comme cuisine où nous posons un réchaud électrique sur lequel les prisonniers préparent leur repas. Cela signifie qu’il ne reste pour les prisonniers –dont le nombre atteint 86 par cellule- que 40m². Les prisonniers sont donc obligés de rester recroquevillés toute la journée (20h/24) ce qui provoque des douleurs dans les articulations, surtout celles des genoux. La sortie dans la cour ne dure que 2 heures le matin de 9h à 11h et 2 heures l’après-midi de 14h30 à 16h30, sauf les samedis, dimanches et jours de fête, jours où les gardiens ne travaillent pas et les prisonniers restent enfermés toute la journée dans la cellule.
- Les cellules du nouveau quartier appelé « quartier »* ont une surface de 7mx5m avec une latrine d’1m². 68 prisonniers y sont entassés.
- Il y a aussi une autre cellule qui n’a d’infirmerie que le nom, où 16 lits superposés sont alignés sur 24m²… et où sont regroupés 28 prisonniers, diabétiques, asthmatiques, tuberculeux, sous dialyse, atteints de rhumatisme ou de sida.
- Le quartier des mineurs, appelé « Pipi » comprend 6 cellules de moins de 35m² où sont entassés plus de 400 prisonniers de 5 à 17 ans !!
- Une cellule est réservée aux homosexuels, fermée par une porte en fer et disposant d’une petite fenêtre grillagée : elle ressemble à un cachot et se trouve effectivement près de 3 autres cachots qui sont des cellules sans ouvertures où l’on enferme les prisonniers que l’administration punit parce qu’ils n’ont pas obéi ou selon l’humeur du personnel administratif ou son désir de vengeance. C’est ce qui est arrivé au détenu politique Mohamed Hafid Iazza. Les pensionnaires de ces trois cachots et de la cellule pour homosexuels sont perpétuellement en bute à des insultes, des provocations, des moqueries et des humiliations de la part des gardiens et des autres détenus.
- Il y a aussi une autre cellule pour les fous et les malades mentaux qui se trouve elle aussi près des cachots. Ils sont au nombre de 40.
- Enfin il y a le quartier des femmes qui seraient au nombre de 45 réparties en deux cellules plus une autre réservée aux femmes enceintes.
- Il y a 4 blocs de douches d’eau froide, disposant chacun de 6 pommeaux, ce qui est totalement insuffisant, ce qui pousse les détenus soit à prendre la douche froide dans les cellules soit à ne pas en prendre du tout. Il y a donc environ 1400 prisonniers pour les 4 blocs de douches qui ne sont utilisables que pendant une heure de temps lors de la sortie à la cour. La majorité des prisonniers souffre de maladies de la peau, conséquence de la transpiration, du manque de douche et d’hygiène et des infections.

La prison d’Inezgane est connue pour être l’une des pires du Maroc. Il n’y a pas un seul médecin malgré la situation sanitaire déplorable des détenus. Ainsi Hassan Talbi est parvenu à une situation critique du fait de la négligence de l’administration pénitentiaire. Un médecin, rattaché à la prison d’Aït Melloul * vient une fois par semaine, bénévolement, le mercredi.

Cette situation remet en question les propos du Ministre de la Santé, Yasmina Baddou, qui prétend que son ministère a déployé des efforts en faveur de la santé pénitentiaire alors qu’une prison de 1400 détenus ne dispose même pas d’un médecin !!

Face à la propagation des maladies et à l’absence de soins, l’hospitalisation est affaire de relations et de corruption. Il en est de même pour les visites, l’accès aux cuisines ou à l’économat. Il n’y a pas de bibliothèque ni de terrain de sport ni d’activités de loisir. La vie des prisonniers se limite à manger et à dormir et à la consommation de drogues qui sont vendues librement et en quantité sous les yeux des responsables, du fait de la présence d’un baron de la drogue qui monopolise ce commerce dans la prison. Comme on dit, créer le besoin crée l’offre et la demande et le sureffectif des prisonniers constitue un marché propice à toutes sortes de commerces qui commencent avec le « chef de chambre »* et finit par l’administration : les prix de la place dans une cellule varient selon le quartier et l’emplacement dans la cellule.

Le quotidien de la vie du prisonnier c’est la répression, l’injustice, les pires formes de discrimination, La loi qui règne à la prison d’Inezgane est la loi du plus fort et du plus violent.

C’est dans cet enfer de la prison d’Inezgane que sont placés les prisonniers politiques. D’autres rapports détaillés suivront qui concerneront les différents « services » de la prison pour dévoiler l’ampleur de la sauvagerie qui règne dans la prison et illustre ce qu’est « la nouvelle ère ». Cette sinistre réalité nous pousse à lutter davantage. Nos bourreaux oublient que le fait de nous éloigner de nos camarades et de nos familles ne fait que renforcer davantage notre amour pour notre terre et pour nos familles, davantage notre conviction de la justesse de notre cause et de la légitimité de nos idées et de nos principes.

Nos salutations à tous les camarades et militants dans le combat, malgré la répression et les souffrances

Venceremos Nous vaincrons سننتصـر

Signataires N° d’écrou
Bara Brahim 81101
Zakaria Rifi 82034
Hassan Agharbi 81934
Ouahadani Med 80932

Liste des détenus de la prison d’Inezgane, inculpés auprès de la Cour d’appel d’Agadir (20) :

Brahim Bara (Attac), Hassan Agharbi (Attac), Mohamed El Ouahadani (CMDH) , Ahmed Boufim (CMDH), Zinelabidin Radi (ANDCM), Abdelkader Atbib, Brahim Harbili (élève, condamné à 1 an de prison) , Abderrahmane Dahbi, Souljane Haouari, Khader Bouri, Omar Aarab condamné à 1 an), Karim Chara, Miloud Boutakat, Abdelmalek Idrissi (conseiller municipal), Zakarya Rifi (ANDCM), Khadija Zyane (CMDH), Mohamed Aissam, HusseinTizgarine, Ahmed Ahgoun, Hussein Boumzough, Mustapha Elkasbi, Mohamed Lamrani

D’autres ont été inculpés et sont en liberté provisoire (9)

Fayçal Moukhilif, Khalil Ezzin, Mounir Zakarya, Abderrahmane Ben Ahmed, Abdellatif Makiza, Bouchaib El Ghati, Khalid Bouchra (Attac), Brahim Boumrah (Attac), Hassan Moumni (Attac), Ahmed Elhallaoui

Liste des détenus de la prison deTiznit (4)

Redouane Mliouih(condamné à deux mois de prison. Actuellement libéré), Abdelwahed Elhamraoui, Azeddine Amahil condamné à 6 mois), Hassan Tizgarine (2 d’entre eux sont déjà condamnés à 6 mois et un an de prison)

Prison de Salé

Brahim Sebaalil (CMDH) a été condamné à 6 mois de prison et est détenu à la prison de Salé.

A signaler que l’arrestation de ces personnes s’échelonne à des dates différentes depuis le 7 juin. D’autres personnes sont encore recherchées.

Liste des chefs d’inculpation (variables selon les inculpés)

- Constitution et direction d’une bande criminelle
- Insultes à fonctionnaires
- Destruction d’installations industrielles
- Entrave à la circulation
-Rassemblement armé
-Participation à une manifestation non autorisée
-Destruction d’installations portuaires et des voies d’accès
- Troubles à l’ordre public par la diffusion malveillante de fausses informations

Le Secrétariat National d'ATTAC Maroc a reçu, depuis la prison d’Inezgane une lettre signée de prisonniers politiques –dont certains sont membres d’Attac- , arrêtés à la suite de la vague de répression qui s’est abattue sur Sidi Ifni à compter du 7 juin dernier. Certains d’entre eux sont là depuis la mi-juin, d’autres les ont rejoint quelques jours ou quelques semaines plus tard.

Cette lettre relate les conditions de détention dans lesquelles vivent donc, depuis maintenant 5 moi nos camarades prisonniers politiques et droits communs, adultes et mineurs. Ces conditions sont à peine imaginables : chaque prisonnier dispose d’un espace vital de 80 ou 85 cm², c’est-à-dire qu’il ne peut s’allonger et reste donc en permanence recroquevillé, 20 heures sur 24 les jours de semaine, 24 heures sur 24 les week-end et jours de fête.

Les conditions sanitaires lamentables entraînent de nombreuses maladies, notamment de la peau et la promiscuité –jusque dans la cellule dite « infirmerie » favorise la propagation des maladies contagieuses. Et il n’y a pour 1400 prisonniers aucun médecin affecté à la prison !

C’est la raison pour laquelle, le jeudi 13 novembre, 32 prisonniers politiques de la prison d’Inezgane auxquels s’est joint Brahim Sebaalil, détenu à la prison de Salé, ont observé une grève de la faim d’avertissement de 24 heures. Il est encore temps que des mesures soient prises avant qu’ils ne soient amenés à entreprendre des actions plus dures.

Le Secrétariat National d’Attac Maroc appelle à ce que les enfants soient immédiatement soustraits à cet environnement malsain et préjudiciable à leur santé mentale et physique et soient remis à leurs familles ou accueillis dans des centres adaptés à leur âge et leur offrant les conditions de vie, de scolarité et de santé auxquelles tout enfant est en droit de prétendre.

Le Secrétariat National d’Attac dénonce la condamnation inique de sept prisonniers de Sidi Ifni à des peines d’un an, 8 mois et 6 mois de prison ferme, confirmées en appel le 4 novembre dernier. Il demande la mise en liberté immédiate de l’ensemble des prisonniers politiques qui , rappelons-le, sont incarcérés pour avoir défendu les droits des citoyens de Sidi Ifni à des services publics gratuits et de qualité et à un développement local à même de leur permettre de trouver un emploi et de jouir des ressources de la région et l’arrêt de toute poursuite à leur égard.

Le Secrétariat National d’Attac Maroc vous prie de bien vouloir relayer par tous les moyens à votre disposition l’information sur les conditions inacceptables qui prévalent à la prison d’Inezgane afin que soient alertés l’opinion et les pouvoirs publics.Il appelle toutes les organisations de droits humains à se mobiliser pour faire cesser cette torture quotidienne et exiger de l’administration pénitentiaire et de son ministère de tutelle le Ministère de la Justice que des mesures immédiates soient prises afin que les prisonniers de cette prison puissent vivre dans des conditions décentes, salubres et respectueuses des droits fondamentaux de la personne humaine.

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