Alliance zapatiste de libération sociale, fondée à Paris le 12 mars 1995 Liberté, justice, démocratie, partout et pour tous! التحالف الزباتي من أجل التحرر الاجتماعي تأسس بباريس في 12 مـــارس 1995. حرية، عدالة، ديمقراطية في كل مكان وللجميــــــع yekfibasta[at]gmail.com :للاتصال
vendredi 9 novembre 2012
Du Larzac à Notre Dame des Landes : occupons les terres !
jeudi 29 mars 2012
Mali: Sempiternelle ritournelle ?
Proclamation des putschistes à la télévision malienne le 22 mars 2012
Comme si trente-cinq ans après le meurtre symbolique du père fondateur de la nation, Modibo Keita, précisément par des militaires, le Mali paraît happé par une nouvelle spirale de violence, lourde d’incertitudes, comme si ce pays était voué à une errance faute d’avoir expié cet acte sacrilège.
Contrecoup de l’élimination de Mouammar Kadhafi, le Mali subit de plein fouet les effets du reflux massif des groupes armés Touareg de Libye. Recrutés pour sécuriser le sud de la Libye et soutenir la croissance économique libyenne, en véritables soldats laboureurs dans l’optique de Kadhafi, leur reflux massif vers leur ancienne zone de déploiement au Mali et au Niger, a provoqué une modification de la donne régionale.
Anciens vigiles de l’empire islamique, dont ils constituaient avant terme les forces de déploiement rapide, les Touaregs, littéralement en arabe, «Al- Tawareq-Les urgences» caressent le projet de détacher du Mali, le territoire de l’Azawad, dans le nord du pays.
Géographiquement, à des milliers de kilomètres de la capitale malienne, Bamako, en concurrence avec Al-Qaeda au Maghreb islamique (AQMI), le Mouvement national de libération de l'Azawad (MNLA) a développé à Ménaka, Gao et Tombouctou, une action en vue de réunifier, sous son égide, l'ensemble des populations azawadies dans toutes leur composantes: Songhay, Touareg, Arabes, Peuhls, afin de réussir l'Unité du Peuple de l'Azawad.
Jouant de l’effet de surprise, visant tout à la fois à crédibiliser ses revendications, à impressionner la population, Ansar Eddine (soldats de la religion) ont infligé une série de revers militaires aux troupes gouvernementales, fragilisant considérablement le pouvoir central, en révélant au grand jour son impéritie.
La première alerte aura été l’humiliante défaite d’Aguelhok, où la base de l‘armée est tombée le 24 janvier 2012, faute de munitions. Galvanisés par ce premier succès inattendu, Ansar Ed Edine enfoncera le clou en portant une estocade stratégique à Tessalit, lieu d’une bataille décisive, dans une ville stratégique, proche de la frontière algérienne et dotée d'une base et d'un aérodrome militaire.
Trois unités de l’armée ont dû battre en retraite en Algérie, le 4 mars, laissant le contrôle de la base et de l'aérodrome aux mains du MNLA, laissant sur le terrain un fort contingent de tués et blessés, sans compter les prisonniers et les déserteurs.
En deux mois de combats, l'armée malienne a perdu le contrôle de la plus grande partie de l'Azawad, avec des pertes de militaires tués, capturés ou déserteurs estimées à au moins un millier d'hommes.
Se superposant aux camouflets successifs infligés par la France et la Mauritanie dans leur exercice du droit de poursuite des combattants d’AQMI sur le territoire malien, la perte du camp militaire d’Amachach, le 10 mars 2012, dans la région de Kidal, humiliation suprême, a installé un climat de méfiance jusqu’au plus haut niveau de l'armée malienne.
Le général Gabriel Poudiougou, chef d’état-major général des armées, ivre de colère face au rapatriement par l’Algérie, le 16 mars dernier, de plus de 100 militaires maliens à l’aéroport de Bamako, a ordonné le retour sur le champ des combattants sur le front de GAO, les menaçant du peloton d’exécution devant ce deuxième rapatriement de militaires maliens par l’Algérie depuis janvier.
La situation en février 2012
Face aux revers successifs de l’armée, la crise politique et sociale qui se profilait et menaçait d’emporter le pays, un groupe d’intellectuels conduit par la prestigieuse militante Aminata Traoré, ancien ministre de la Culture, a donné de la voix proclamant leur opposition au démembrement du Mali, dénonçant au passage la démoralisation des combattants et leur démotivation ( lire la Déclaration d’intellectuels, hommes et femmes de culture sur la rébellion au nord du Mali ci-dessous).
Latent depuis la décennie 1990, le conflit entre le Nord et le Sud du Mali s’est exacerbé avec l’effondrement de la Libye et son passage, par une invraisemblable légèreté occidentale, sous gouvernance islamique avec l’intervention de l’Otan.
Une exacerbation amplifiée par la volonté prêtée à un ancien dirigeant touareg Iyad Ag Ghali de vouloir instaurer la Charia au Mali et surtout le laxisme du président Amadou Toumani Touré, que ses détracteurs accusent d’avoir utilisé des Touaregs de Libye pour contrer la rébellion du nord du Mali, suscitant la méfiance des officiers de grades intermédiaires.
L’opposition malienne reprochera à ATT son népotisme, son corporatisme, sa gestion laxiste du pouvoir d’Etat, la gabegie de son administration agrémentée de corruption. Celui qui passait pour l’homme de la relève en phase de transition démocratique en a payé le prix. Déposé par ses frères d’armes de la même manière qu’il avait procédé avec son prédécesseur Moussa Traoré.
Sombre présage, le coup d’Etat de ce quarteron de sous-officiers du camp militaire de Kati, à 15 km de Bamako, s’est surtout traduit par des pillages dans les ministères et les commerces privés.
Face au double défi représenté par le réveil de la révolte touareg, encadrée notamment par le Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA) et l’activisme des katibas d’AQMI (Al-Qaïda au Maghreb islamique), le Mali risque fort d’en sortir très affaibli, confronté à la progression quasi quotidienne de l’offensive touareg dans le Nord.
Une sanctuarisation d’AQMI dans une région saharo-sahélienne dont la chute de Kadhafi a accentué la déstabilisation, amplifiée de surcroît par la circulation d’un arsenal consistant, entraînerait un bouleversement géostratégique de la zone aux confins de six pays (Algérie, Libye, Mali, Mauritanie, Niger, Sénégal) de l’ancienne Afrique occidentale francophone.
Près de quarante partis politiques se préparaient à se disputer le suffrage des Maliens, pays au nationalisme chatouilleux, partisan d‘un panafricanisme résolu et d’un non alignement revendiqué et assumé, affligé toutefois d’un parlementarisme hérité des pratiques corrosives de la défunte IIIème République française.
Classé parmi les pays les moins avancés de la planète, le Mali s’enorgueillissait en revanche d’une expérience démocratique, très imparfaite mais réelle, inaugurée en mars 1991 avec le renversement du régime du général Moussa Traoré.
Face à un monde arabe en ébullition, une Europe en crise systémique, faute d’une refonte drastique du système politique malien visant à l’instauration d’un pouvoir exécutif fort, avec de solides contrepouvoirs, à défaut d’un sursaut moral, le Mali risque de plonger dans une longue crise de langueur.
Crise à tous égards inopportunes ; alors qu’il a, paradoxalement, vocation à constituer, de par son histoire et sa configuration géographique, l’épicentre d’un nouvel ensemble confédéral, antidote à la balkanisation de l’Afrique et barrage contre les ingérences occidentales et de leurs alliés pétro monarchiques, tant l’Arabie saoudite par ses achats massifs de terres arables que les autres émirats dont le vecteur de pénétration est le salafisme sous couvert de finance islamique.
Effet d’endoctrinement, d’embrigadement, d’entrainement par émulation, de mimétisme, de zèle prosélyte ou de lubrification des rapports ? Quoiqu’il en soit, trois des principaux dirigeants de la rébellion proviennent du corps diplomatique malien ayant servi dans les monarchies pétrolières, conséquence de la stratégie erratique occidentale et de l’instrumentalisation de la religion musulmane à des fins politiques et de l’impunité pétro-monarchique de la part des pays occidentaux.
Un an après l’intervention militaire occidentale contre la Libye, l’onde de choc libyenne ne cesse de faire sentir ses effets avec la déstabilisation du pré-carré africain de la France, la contestation de la dynastie Wade au Sénégal et la prolifération islamiste dans la zone sahélienne.
En ces heures périlleuses, il est à espérer que le coup de poker des putschistes fasse l’effet d‘un électrochoc à l’effet de réveiller la conscience civique des Maliens et à les inciter, les militaires, à la défense de la Patrie, et, les civils à la défense de la République et de la Démocratie.
Enrôler les islamistes d’Al Qaïda pour combattre l’athéisme de l’Union soviétique, avant de mener une guerre décennale contre le terrorisme de leur ancien allié d’Al Qaïda, pour finir par faire intervenir enfin l’Otan pour instaurer la charia en Libye, …….on aurait rêvé meilleure perspicacité de la part d’un hémisphère qui se réclame de l’intelligence athénienne, de l’ordre romain et du rationalisme cartésien français.
Un peu d‘intégrité et de perspicacité auraient pu épargner au Mali une nouvelle épreuve, dans ces circonstances-là, de même qu’un zeste de sagesse africaine aurait fait, sans nulle doute, un peu de bien à l’humanité.
- Aminata Dramane TRAORE, Essayiste
- Abdoulaye NIANG, Socio-Economiste
- Adama SAMASSEKOU, Linguiste
- Filifing SAKO, Anthropologue
- Hamidou MAGASSA, Socio-Economiste
- Ismaïl DIABATE, Artiste-Peintre
- Jean-Bosco KONARE, Historien
- Mohamédoun DICKO, Historien
- Mariam KANAKOMO, Communicatrice
- Ousmane TRAORE, Administrateur civil, Juriste
- Doulbi FAKOLY, Ecrivain
- Kaourou DOUCOURE, Universitaire
- Abderhaman SOTBAR, Professeur
- Cheick PLEAH, Professeur
- Mohamed COULIBALY, Ingénieur
- Abdoul MADJIDOU HASSAN, Gestionnaire
- Mahamadou H. DIALLO, Imam
- Boubacar COULIBALY, Gestionnaire
- Mme SiSSOKO Safi SY, CAHBA
- Mme TOURE Alzouharata, Gestionnaire
- Mme Awa MEITE VAN TIL, Designer
- Dr Daba COULIBALY, Enseignant-Chercheur
jeudi 27 août 2009
Le Honduras, ligne de front du combat pour la démocratie
Le coup d’Etat du 28 juin 2009 contre le président élu du Honduras, Manuel Zelaya, a fait de ce petit pays centraméricain la ligne de front du combat pour la démocratie en Amérique latine. Les putschistes civils et militaires, véritable concentré de l’oligarchie locale, sont en train d’installer une dictature dont la région a une tragique expérience : assassinats (déjà au moins une dizaine), disparitions, tortures - notamment par le sinistre Bataillon 3-16 créé par la CIA dans les années 1980 -, arrestations par milliers, contrôle absolu des médias, etc.
Pour exiger le retour à l’ordre constitutionnel, donc le rétablissement du président Zelaya dans ses fonctions, et face à l’intensification de la répression, les forces populaires regroupées dans le Front national de résistance ont adopté une stratégie d’actions non violentes. Des éléments provocateurs à la solde des putschistes tentent cependant de les dévoyer pour justifier les exactions de l’armée et de la police. Le courage des démocrates honduriens force l’admiration et le mouvement Attac leur témoigne sa totale solidarité.
mercredi 26 novembre 2008
Lettre de la prison d'Inezgane des détenus politico-sociaux de Sidi Ifni
De la prison d’Inezgane, nous vous adressons nos salutations militantes,
Notre maintien en prison est la preuve flagrante de la démagogie qui se cache derrière le nouveau concept du pouvoir et le slogan de « l’ère nouvelle ». Tout le bavardage et les applaudissements qui célèbrent la soi-disant amélioration des institutions pénitentiaires et de leur rôle éducatif et correctif ne sont que discours creux et mensonges, au regard de ce que vivent les détenus politiques et de droit commun dans la prison d’Inezgane.
En ce qui concerne les cellules, il y en a de deux sortes :
les cellules de l’ancien quartier appelé « caserne ». Au nombre de 7, elles ont une surface de 6mx8m avec à l’intérieur une latrine et une douche d’1m² chacune et un bat-flanc près de la porte que nous utilisons comme cuisine où nous posons un réchaud électrique sur lequel les prisonniers préparent leur repas. Cela signifie qu’il ne reste pour les prisonniers –dont le nombre atteint 86 par cellule- que 40m². Les prisonniers sont donc obligés de rester recroquevillés toute la journée (20h/24) ce qui provoque des douleurs dans les articulations, surtout celles des genoux. La sortie dans la cour ne dure que 2 heures le matin de 9h à 11h et 2 heures l’après-midi de 14h30 à 16h30, sauf les samedis, dimanches et jours de fête, jours où les gardiens ne travaillent pas et les prisonniers restent enfermés toute la journée dans la cellule.
Les cellules du nouveau quartier appelé « quartier »* ont une surface de 7mx5m avec une latrine d’1m². 68 prisonniers y sont entassés.
Il y a aussi une autre cellule qui n’a d’infirmerie que le nom, où 16 lits superposés sont alignés sur 24m²… et où sont regroupés 28 prisonniers, diabétiques, asthmatiques, tuberculeux, sous dialyse, atteints de rhumatisme ou de sida.
Le quartier des mineurs, appelé « Pipi » comprend 6 cellules de moins de 35m² où sont entassés plus de 400 prisonniers de 5 à 17 ans !!
Une cellule est réservée aux homosexuels, fermée par une porte en fer et disposant d’une petite fenêtre grillagée : elle ressemble à un cachot et se trouve effectivement près de 3 autres cachots qui sont des cellules sans ouvertures où l’on enferme les prisonniers que l’administration punit parce qu’ils n’ont pas obéi ou selon l’humeur du personnel administratif ou son désir de vengeance. C’est ce qui est arrivé au détenu politique Mohamed Hafid Iazza. Les pensionnaires de ces trois cachots et de la cellule pour homosexuels sont perpétuellement en bute à des insultes, des provocations, des moqueries et des humiliations de la part des gardiens et des autres détenus.
Il y a aussi une autre cellule pour les fous et les malades mentaux qui se trouve elle aussi près des cachots. Ils sont au nombre de 40.
Enfin il y a le quartier des femmes qui seraient au nombre de 45 réparties en deux cellules plus une autre réservée aux femmes enceintes.
Il y a 4 blocs de douches d’eau froide, disposant chacun de 6 pommeaux, ce qui est totalement insuffisant, ce qui pousse les détenus soit à prendre la douche froide dans les cellules soit à ne pas en prendre du tout. Il y a donc environ 1400 prisonniers pour les 4 blocs de douches qui ne sont utilisables que pendant une heure de temps lors de la sortie à la cour. La majorité des prisonniers souffre de maladies de la peau, conséquence de la transpiration, du manque de douche et d’hygiène et des infections.
La prison d’Inezgane est connue pour être l’une des pires du Maroc. Il n’y a pas un seul médecin malgré la situation sanitaire déplorable des détenus. Ainsi Hassan Talbi est parvenu à une situation critique du fait de la négligence de l’administration pénitentiaire. Un médecin, rattaché à la prison d’Aït Melloul * vient une fois par semaine, bénévolement, le mercredi.
Cette situation remet en question les propos du Ministre de la Santé, Yasmina Baddou, qui prétend que son ministère a déployé des efforts en faveur de la santé pénitentiaire alors qu’une prison de 1400 détenus ne dispose même pas d’un médecin !!
Face à la propagation des maladies et à l’absence de soins, l’hospitalisation est affaire de relations et de corruption. Il en est de même pour les visites, l’accès aux cuisines ou à l’économat. Il n’y a pas de bibliothèque ni de terrain de sport ni d’activités de loisir. La vie des prisonniers se limite à manger et à dormir et à la consommation de drogues qui sont vendues librement et en quantité sous les yeux des responsables, du fait de la présence d’un baron de la drogue qui monopolise ce commerce dans la prison. Comme on dit, créer le besoin crée l’offre et la demande et le sureffectif des prisonniers constitue un marché propice à toutes sortes de commerces qui commencent avec le « chef de chambre »* et finit par l’administration : les prix de la place dans une cellule varient selon le quartier et l’emplacement dans la cellule.
Le quotidien de la vie du prisonnier c’est la répression, l’injustice, les pires formes de discrimination, La loi qui règne à la prison d’Inezgane est la loi du plus fort et du plus violent.
C’est dans cet enfer de la prison d’Inezgane que sont placés les prisonniers politiques. D’autres rapports détaillés suivront qui concerneront les différents « services » de la prison pour dévoiler l’ampleur de la sauvagerie qui règne dans la prison et illustre ce qu’est « la nouvelle ère ». Cette sinistre réalité nous pousse à lutter davantage. Nos bourreaux oublient que le fait de nous éloigner de nos camarades et de nos familles ne fait que renforcer davantage notre amour pour notre terre et pour nos familles, davantage notre conviction de la justesse de notre cause et de la légitimité de nos idées et de nos principes.
Nos salutations à tous les camarades et militants dans le combat, malgré la répression et les souffrances
Venceremos Nous vaincrons سننتصـر
Signataires N° d’écrou
Bara Brahim 81101
Zakaria Rifi 82034
Hassan Agharbi 81934
Ouahadani Med 80932
Liste des détenus de la prison d’Inezgane, inculpés auprès de la Cour d’appel d’Agadir (20) :
Brahim Bara (Attac), Hassan Agharbi (Attac), Mohamed El Ouahadani (CMDH) , Ahmed Boufim (CMDH), Zinelabidin Radi (ANDCM), Abdelkader Atbib, Brahim Harbili (élève, condamné à 1 an de prison) , Abderrahmane Dahbi, Souljane Haouari, Khader Bouri, Omar Aarab condamné à 1 an), Karim Chara, Miloud Boutakat, Abdelmalek Idrissi (conseiller municipal), Zakarya Rifi (ANDCM), Khadija Zyane (CMDH), Mohamed Aissam, HusseinTizgarine, Ahmed Ahgoun, Hussein Boumzough, Mustapha Elkasbi, Mohamed Lamrani
D’autres ont été inculpés et sont en liberté provisoire (9)
Fayçal Moukhilif, Khalil Ezzin, Mounir Zakarya, Abderrahmane Ben Ahmed, Abdellatif Makiza, Bouchaib El Ghati, Khalid Bouchra (Attac), Brahim Boumrah (Attac), Hassan Moumni (Attac), Ahmed Elhallaoui
Liste des détenus de la prison deTiznit (4)
Redouane Mliouih(condamné à deux mois de prison. Actuellement libéré), Abdelwahed Elhamraoui, Azeddine Amahil condamné à 6 mois), Hassan Tizgarine (2 d’entre eux sont déjà condamnés à 6 mois et un an de prison)
Prison de Salé
Brahim Sebaalil (CMDH) a été condamné à 6 mois de prison et est détenu à la prison de Salé.
A signaler que l’arrestation de ces personnes s’échelonne à des dates différentes depuis le 7 juin. D’autres personnes sont encore recherchées.
Liste des chefs d’inculpation (variables selon les inculpés)
- Constitution et direction d’une bande criminelle
- Insultes à fonctionnaires
- Destruction d’installations industrielles
- Entrave à la circulation
-Rassemblement armé
-Participation à une manifestation non autorisée
-Destruction d’installations portuaires et des voies d’accès
- Troubles à l’ordre public par la diffusion malveillante de fausses informations
Le Secrétariat National d'ATTAC Maroc a reçu, depuis la prison d’Inezgane une lettre signée de prisonniers politiques –dont certains sont membres d’Attac- , arrêtés à la suite de la vague de répression qui s’est abattue sur Sidi Ifni à compter du 7 juin dernier. Certains d’entre eux sont là depuis la mi-juin, d’autres les ont rejoint quelques jours ou quelques semaines plus tard.
Cette lettre relate les conditions de détention dans lesquelles vivent donc, depuis maintenant 5 moi nos camarades prisonniers politiques et droits communs, adultes et mineurs. Ces conditions sont à peine imaginables : chaque prisonnier dispose d’un espace vital de 80 ou 85 cm², c’est-à-dire qu’il ne peut s’allonger et reste donc en permanence recroquevillé, 20 heures sur 24 les jours de semaine, 24 heures sur 24 les week-end et jours de fête.
Les conditions sanitaires lamentables entraînent de nombreuses maladies, notamment de la peau et la promiscuité –jusque dans la cellule dite « infirmerie » favorise la propagation des maladies contagieuses. Et il n’y a pour 1400 prisonniers aucun médecin affecté à la prison !
C’est la raison pour laquelle, le jeudi 13 novembre, 32 prisonniers politiques de la prison d’Inezgane auxquels s’est joint Brahim Sebaalil, détenu à la prison de Salé, ont observé une grève de la faim d’avertissement de 24 heures. Il est encore temps que des mesures soient prises avant qu’ils ne soient amenés à entreprendre des actions plus dures.
Le Secrétariat National d’Attac Maroc appelle à ce que les enfants soient immédiatement soustraits à cet environnement malsain et préjudiciable à leur santé mentale et physique et soient remis à leurs familles ou accueillis dans des centres adaptés à leur âge et leur offrant les conditions de vie, de scolarité et de santé auxquelles tout enfant est en droit de prétendre.
Le Secrétariat National d’Attac dénonce la condamnation inique de sept prisonniers de Sidi Ifni à des peines d’un an, 8 mois et 6 mois de prison ferme, confirmées en appel le 4 novembre dernier. Il demande la mise en liberté immédiate de l’ensemble des prisonniers politiques qui , rappelons-le, sont incarcérés pour avoir défendu les droits des citoyens de Sidi Ifni à des services publics gratuits et de qualité et à un développement local à même de leur permettre de trouver un emploi et de jouir des ressources de la région et l’arrêt de toute poursuite à leur égard.
Le Secrétariat National d’Attac Maroc vous prie de bien vouloir relayer par tous les moyens à votre disposition l’information sur les conditions inacceptables qui prévalent à la prison d’Inezgane afin que soient alertés l’opinion et les pouvoirs publics.Il appelle toutes les organisations de droits humains à se mobiliser pour faire cesser cette torture quotidienne et exiger de l’administration pénitentiaire et de son ministère de tutelle le Ministère de la Justice que des mesures immédiates soient prises afin que les prisonniers de cette prison puissent vivre dans des conditions décentes, salubres et respectueuses des droits fondamentaux de la personne humaine.
Attac Maroc- 140 rue Cadi Bribri. Rabat (Akkari) Maroc.
Tel : 070 18 60 72 ou 060 84 07 61