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mercredi 25 janvier 2012

Maroc: Abdelwahab Zeidoun عبد الوهاب زيدون

Par Salah Elayoubi, 24/1/2012
Abdelouahab Zeidoun, un des diplômés chômeurs qui s'étaient immolés mercredi dernier est décédé.
Encore une fois, les autorités marocaines démontrent par l'absurde, le peu de cas qu'elles font de la vie de nos compatriotes.
Pour qui connait la pauvreté des équipements de nos hôpitaux, la qualité des soins et du personnel para-médical, comprend qu'à plus ou moins brève échéance, un grand brûlé est condamné, à moins d'un transfert vers un hôpital spécialisé.
Paix à l'âme du défunt !
Condoléances à sa famille !
La lutte continue, jusqu'à la chute de l'absolutisme et l'instauration d'une véritable démocratie !
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 Décès d’Abdelouahab Zeidoun, l’un des immolés par le feu de Rabat
par demainonline, 24/1/2012
Rabat.- Abdelouahab Zeidoun, le diplômé chômeur qui s’était immolé, mercredi dernier à proximité d’un bâtiment du ministère de l’éducation nationale à Rabat, est décédé.

Ce mercredi 18 janvier, quatre jeunes hommes, âgés d’entre 25 à 28 ans, manifestaient pacifiquement contre le chômage depuis le 5 janvier quand pour une raison inconnue, certaines sources, comme l’ex-capitaine Mustapha Adib qui a approché les victimes, parlent de « provocation policière« , ils ont décidé de s’asperger d’essence et de mettre le feu à leurs corps.
Cette scène insoutenable a été filmée par leurs amis et retransmise quasi en direct partout dans le monde. Dans une vidéo diffusée par Demain on voit un jeune homme dont le corps est détruit par le feu hurler de douleur et de résignation « La ilaha illa allah » (il n’y a de dieu qu’Allah).
Ce jeune homme ressemble à s’y méprendre à Abdelouahab Zeidoun.
Jusqu’à aujourd’hui, on croyait que les brûlures dont souffraient ces jeunes hommes étaient certes graves mais pas au point de provoquer la mort. On avait tort. Abdelouahab Zeidoun rejoint la longue liste des martyrs pour une vie meilleure dans un pays où la monarchie et les rapaces qui l’entourent engloutissent annuellement pour leurs « frais » une partie non négligeable du budget de l’Etat. Au lieu de servir le Maroc, la monarchie se sert du Maroc.
Au Maroc, selon les derniers chiffres, près d’un tiers des jeunes Marocains est au chômage et un quart de la population est frappé par la pauvreté.
Vendredi dernier, une bonne centaine de manifestants ont menacé de commettre un « suicide collectif » s’ils n’étaient pas embauchés. Ils l’ont fait à proximité de Benguerir, la ville natale du conseiller royal Fouad Ali El Himma (et capitale de sa formation politique le PAM, Parti de l’authenticité et de la modernité), où l’indice de pauvreté est considéré comme l’un des plus élevés au Maroc. Ces jeunes visaient en fait l’Office chérifien des phosphates (OCP), le mastodonte mondial des phosphates dirigé par Mostapha Terrab, ex-protégé d’André Azoulay et homme du sérail sultanien.
La même scène de suicide collectif s’est répétée à Nador, dans le Rif, où l’animosité envers le régime est très forte.

La dernière chanson chantée par Abdelwahab: Pourquoi cette injustice, pourquoi cette humiliation ?
Mon cœur s'est attristé et ma langue est devenue impuissante à parler
Quand je voulais m'exprimer sur la tragédie de cet être

mardi 5 avril 2011

Appel : Urgence d’un moratoire sur les renvois vers la Tunisie, et d’un accueil digne des Tunisien.ne.s dans l’UE !

http://www.migreurop.org/article1879.html

4 avril 2011 
Depuis deux mois, la Tunisie subit des pressions considérables, notamment de la part de l’Italie, pour renforcer les contrôles à ses frontières et réadmettre ses ressortissants arrivés à Lampedusa. La visite de Silvio Berlusconi ce 4 avril a pour objet d’obtenir des engagements des autorités tunisiennes en ce sens, malgré les appels répétés des organisations de défense des droits des migrants (Migreurop, 22 Février, Mare Nostrum, 2 Mars et REMDH, 23 Mars) et en dépit de la situation exceptionnelle à laquelle le pays doit faire face.
La Tunisie vit des moments historiques et doit relever les défis considérables en termes de construction démocratique. La situation est porteuse d’immenses espoirs mais elle est complexe et rendue particulièrement difficile par la guerre en Libye. La Tunisie a accueilli depuis le début de la crise libyenne plus de 200 000 personnes, soit dix fois plus que l’Italie. Si la majorité des personnes arrivées en Tunisie ont pu être rapatriées vers leur pays d’origine, des milliers d’entre elles sont toujours bloquées dans les campements à la frontière, ne pouvant rejoindre leur pays en guerre, comme c’est le cas pour la Côte d’Ivoire, Érythrée et la Somalie.
Il est hypocrite et immoral de la part de l’UE de se réjouir de la révolution en Tunisie tout en exigeant que celle-ci continue, au nom de la supposée nécessité de protéger l’Europe d’un « déferlement migratoire », à jouer le rôle de garde frontière, comme du temps de la dictature de Ben Ali. Il est urgent au contraire de prendre acte des changements démocratiques et de reconstruire les relations entre l’UE et la Tunisie sur des bases équitables et transparentes. Les États européens ne peuvent pas répondre au processus démocratique en cours par une politique répressive à l’égard des migrant.es, en faisant peser la menace d’un renvoi collectif.
Non seulement cette menace doit être levée, mais les États de l’UE ont la responsabilité d’accueillir dignement celles et ceux qui sont arrivé.e.s en Europe ces dernières semaines. Depuis plus d’un mois, l’arbitraire et l’incohérence caractérisent la gestion de la situation par le gouvernement italien. Le traitement qui est réservé aux Tunisien.n.es dans certains centres de rétention en Italie, la chasse aux migrants dans le sud de la France et le jeu de « ping-pong » dont d’autres sont l’objet à la frontière franco-italienne sont inacceptables.
Il est enfin inadmissible que l’Union Européenne laisse à la Tunisie la seule responsabilité de l’accueil des personnes fuyant la Libye et qui n’ont pas la possibilité de rentrer dans leur pays. L’Union Européenne a le devoir de se montrer à la hauteur de la situation, en prenant exemple sur l’accueil offert par la Tunisie à toutes les personnes fuyant la Libye.
Une situation exceptionnelle appelle des mesures exceptionnelles, et l’UE dispose de tous les outils juridiques et politiques pour y faire face. Les États membres doivent sans plus attendre prendre leurs responsabilités et :
• Déclarer un moratoire immédiat sur les renvois de Tunisien.e.s en Tunisie ;
• Accorder l’admission exceptionnelle au séjour des Tunisiens déjà arrivés en France et en Italie
• Garantir l’accès au territoire européen aux personnes en quête de protection et s’abstenir de toute mesure ou accord qui pourraient l’entraver ;
• Mettre en œuvre le dispositif permettant d’accorder la protection temporaire prévue par la directive du 20 juillet 2001 à tou.te.s celles et ceux qui peuvent s’en prévaloir ;
• Accueillir, dans le cadre de la réinstallation, les réfugié.e.s présent.e.s à la frontière tuniso-libyenne qui le souhaitent ;
• Offrir l’asile ou une protection à toutes les personnes qui ne peuvent être rapatriées du fait de la situation dans leur pays d’origine.
A court terme, il importe de mettre en place un programme européen d’aide et de coopération avec la Tunisie qui permette à ses ressortissant.es d’entrer régulièrement dans les États membres pour y travailler ou y faire des études.
Signataires : ABCDS (Ma), ACORT (F), APDHA (ES), ARCI (I), ASGI (I), ATMF (F), CIRE (B), FTCR (F), GADEM (Ma), GISTI (F), La Cimade (F), Migreurop, LDH (B), SOS Racismo (Es)