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vendredi 19 décembre 2014

Pièces d'échecs : Souvenir des Tupamaros

par   Rolando Gómez, 18/12/2014. Traduit par  Fausto Giudice, Tlaxcala
Original: Piezas de ajedrez: Recuerdo tupamaro

Le sénateur Enrique Erro * est venu dans ma cellule le soir où on lui a annoncé sa prétendue libération (nous avons su plus tard que ce ne était pas le cas, mais seulement un transfert à une prison de Buenos Aires). Il venait réclamer à l'avance ce que je lui avais promis : lui offrir le jeu d'échecs que je fabriquais à la main avec de la mie de pain, et qu'il lui avait tant plu me regarder le faire avec patience et du temps à revendre.
Le jeu n'était pas encore terminé. J'avais commencé par les pions, faciles à faire, qui avaient une tête ronde, une coiffure avec une frange et une jupe à franges supposée leur donner un aspect de pages médiévaux. Mais ceux dont j'étais le plus fier étaient les fous : un casque à pointe, un blason médiéval sur la poitrine, et une lance verticale réalisée en insérant un cure-dent dans la mie avant qu'elle sèche. Les pièces noires étaient colorées avec du café; les blanches avec de la simple salive et un séchage prolongé, ce qui leur avait donné une couleur jaunâtre. Les pièces contenaient des inserts de couleur opposée. Par exemple, le bouclier des fous noirs avait une croix blanche incrustée, le bouclier des fous blancs un cheval noir. À cette époque, j'avais suffisamment de temps pour essayer différents styles et techniques, ce qui me permettait d'écarter ceux qui ne me satisfaisaient pas. Les chevaux avaient un aspect assez réaliste. Le roi blanc, qui était alors le seul que j'avais fait, avait une longue barbe en relief et brandissait une épée couleur café. L'ensemble qui commençait à prendre forme était d'une certaine manière impressionnant. Je n'avais jamais pensé jusqu'alors avoir des qualités d'artisan.

dimanche 25 octobre 2009

Uruguay : José Mujica, un présidentiable sans cravate

par Prensa Latina, 23/10/2009 Traduit par Fausto Giudice


Montevideo, 23 octobre (Prensa Latina) - Un graffiti dessiné sur un mur de Montevideo, capitale de l’Uruaguay déclare: "Alerte Uruguay : un président sans cravate arrive", allusion à José Mujica, candidat du Front Large (Frente Amplio, FA), actuellement au pouvoir, à la présidence.
Âgé de 75 ans, Mujica a été l'un des fondateurs du Mouvement de libération nationale (MLN) Tupamaros, qui a fonctionné en Uruguay dans les années 1960-1970.
Pour cette activité il a été capturé, a passé 14 ans en détention dans diverses unités militaires et a fait partie du groupe de leaders du MLN connu comme «les otages», parmi lesquels se trouvait le fondateur et dirigeant de la guérilla, Raúl Sendic.
Après le retour à la démocratie en Uruguay, il est libéré en 1985, ayant bénéficié d'une amnistie pour les prisonniers politiques.
Après plusieurs années d'ouverture démocratique, il crée avec d'autres membres du MLN, le Mouvement de Participation Populaire (MPP) au sein du Frente Amplio.
Aux élections de 2004 il  a été le député élu avec le plus grand nombre de voix, démissionnant de son poste après avoir été nommé Ministre de l'Elevage, de l'Agriculture et de la Pêche en mars 2005.
Il abandonne ce portefeuille le 3 mars 2008 et retourne à son siège au Sénat.
El Congreso Extraordinario del FA en diciembre de 2008 lo proclamó como el candidato oficial de la coalición de izquierda para presentarse a las elecciones internas de 2009. Le Congrès extraordinaire du FA en décembre 2008 le proclame candidat officiel de la coalition de gauche aux élections internes de 2009.
Il y a été élu candidat de cette organisation à la présidence à l’élection qui a lieu ce dimanche 25 octobre.
Surnommé par ses proches comme par ses adversaires "El Pepe", il est marié à Lucía  la sénatrice Topolansky sénateur et n'a pas d'enfants.
Un langage bon enfant, ouvert, dépourvu de rhétorique, émaillé de nombreux termes et expressions populaires avec souvent des phrases  imprévisibles, ce sont là des traits qui provoquent l’extase des uns et le rejet des autres.
Lorsqu'il eut à définir la façon dont il allait entrer dans la course électorale de cette année, Mujica a déclaré que "la démocratie commence par l'oreille, en écoutant tout le monde."
Le candidat pris la parole à la cérémonie de clôture de la campagne du FA, tenue mercredi dernier dans la capitale, avenue du 18 juillet.
 « Nous sommes à quelques heures de démontrer que le Frente Amplio est la force politique centrale dans ce pays et c’est juste car il a le plus grand appui des masses en Uruguay », a-t-il dit.
Et dans une autre partie de son discours et avec son phrasé de masse typique il a souligné: «L’élection, ce n’est pas El Pepe ou la formule (présidentielle) qui vont la gagner, mais c’est vous, c’est le Front (Large) ».
Bien que le FA conserve la plus forte préférence des électeurs, les derniers sondages lui attribuent  46 pour cent des intentions de vote, pas assez pour l’emporter au premier tour, même si les sondés donnent Mujica gagnant au final.