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jeudi 11 février 2016

En Égypte, la deuxième vie des syndicats indépendants
Le dernier reportage de Giulio Regeni(1988-2016)

Giulio Regeni, 15/1/2016
Traduit par Fausto Giudice, Tlaxcala
 Le quotidien italien il manifesto a publié à titre posthume le dernier article envoyé le 15 janvier dernier par Giulio Regeni, le jeune chercheur italien retrouvé mort au Caire le 2 février, après avoir disparu le 25 janvier. Son corps portait des traces de tortures graves. Une première version de cet article avait été publiée à la mi-janvier sous pseudonyme par l'agence Nena News.-FG
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Les luttes autonomes des travailleurs de l'usine textile de Mahalla Al Kubra depuis 2007 ont ouvert la voie au renversement de Moubarak en 2011

Al-Sissi a obtenu le contrôle du parlement avec le plus grand nombre de policiers et de militaires dans l'histoire du pays tandis que l'Égypte est la lanterne rouge dans tous les classements mondiaux pour en matière de respect de la liberté de la presse. Pourtant, les syndicats indépendants ne renoncent pas. Une rencontre animée vient d'avoir lieu au Centre de service pour les travailleurs et les syndicats (CTUWS), un des points de référence du syndicalisme indépendant égyptien.
Bien que la plus grande salle du Centre ait une centaine de places, le soir de la rencontre elle ne pouvait pas contenir tous les militants et de syndicalistes venus de toute l'Égypte pour une assemblée qui était extraordinaire dans le contexte actuel du pays. Le déclencheur de la rencontre était est une circulaire du Conseil des ministres qui recommande une coopération étroite entre le gouvernement et le syndicat officiel ETUF (seule organisation autorisée jusqu'en 2008), avec le but explicite de contrer le rôle des syndicats indépendants et de les marginaliser parmi les travailleurs.

Même si, aujourd'hui le CTUWS n'est pas représentatif de la constellation complexe du syndicalisme indépendant égyptien, son appel a été reçu, peut-être de façon inattendue, par un très grand nombre de syndicats.

lundi 14 décembre 2015

Tunisie : 1 an de prison ferme pour les trois artistes Fakhri El Ghezal, Ala Eddine Slim & Atef Maatallah
"Chef, c'est pas des terroristes, késkonfai ?
– Collez-leur "détention de zetla (cannabis)"


Le comité de soutien aux trois artistes Fakhri El Ghezal, Ala Eddine Slim & Atef Maatallah a publié un communiqué dans lequel il explique comment les trois artistes ont été emprisonnés et condamnés sur la base d’accusations infondées de détention de stupéfiants.
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Jeudi 19 novembre 2015. Ala Eddine Slim et Yosra Nafti, sa femme enceinte de 8 mois, reçoivent Fakhri El Ghezal et Atef Maâtallah à leur domicile. Deux heures plus tard, une quinzaine de policiers armés font une descente dans le domicile et embarquent les quatre amis. Le mardi 8 décembre, Atef, Ala et Fakhri ont été condamnés à un an de prison pour détention de stupéfiants. 

Trois amis artistes, ayant consacré leur vie à leurs pratiques et leurs travaux, grâce à qui le pays s’est retrouvé présenté, distingué et honoré dans les musées, les festivals et les médias les plus prestigieux au monde, aux casiers judiciaires vierges, instaurant et installant, à travers leurs œuvres, des valeurs de liberté, de solidarité et d’humilité, sont soupçonnés de mener des activités terroristes.

Le mandat de perquisition émis par le procureur de la république de Nabeul stipule explicitement les soupçons de la police quant à des activités terroristes au domicile d’Ala Eddine Slim. Les éléments à charge : des individus barbus qui viennent souvent rendre visite au couple. Ce jeudi-là, la police croit avoir les preuves suffisantes. Deux individus arrivent chez Ala et Yosra, l’un d’eux est barbu (Atef) et l’autre transporte un sac « étrange » (Fakhri). C’est à cause de ce sac que le mandat est émis et la descente effectuée. Ce sac contient une caméra Panasonic que Fakhri utilise pour entamer un nouveau projet de film.

La police oriente alors l’affaire non plus vers la mission officielle qui s’est avérée bâties sur des informations erronées, mais vers une affaire de stupéfiants. 

Ala, Fakhri et Atef passent devant le procureur de la république le mercredi 25. Ce dernier les fait passer devant le tribunal de première instance de Nabeul le mardi 1 décembre. Devant le juge, Fakhri, Atef et Ala nient tous trois avoir consommé du cannabis et défendent leur droit constitutionnel de disposer de leur corps et de ne pas s’assujettir au test urinaire. 

Le PV de la police avance des éléments contradictoires et comporte plusieurs éléments de vice de forme. Le juge déclare un non-lieu pour consommation de stupéfiants mais condamne malgré tout Ala Eddine Slim, Fakhri El Ghezal et Atef Maâtallah à un an de prison ferme et une amende de 1000 dinars [=500 €] chacun pour détention de stupéfiants. Ce qu’ils nient fermement.
Ils rejoignent ainsi la dizaine de millier de détenus incarcérés dans les prisons tunisiennes à cause de la Loi 52 du 18 mai 1992. Une loi unique dans le code pénal tunisien : aucune circonstance atténuante envisageable ni possibilité de sursis. Une loi qui utilise des données personnelles et la violation de l’intégrité physique pour l’obtention de soi-disant preuves matérielles. Une loi qui criminalise une substance et fait de son consommateur un délinquant alors que la substance elle-même est moins nocive que la cigarette et l’alcool et qu’elle peut en plus être bénéfique puisqu’elle est transformée en médicaments et prodiguée comme complément de soins pour une dizaine de maladies (dans plus d’une vingtaine de pays de par le monde). 

La cigarette et l’alcool font des dizaines de milliers de morts chaque année dans ce pays alors qu’elles se vendent légalement et que l’Etat encaisse des taxes astronomiques grâce à elles. Le cannabis, qui ne fait absolument aucun mort ni en Tunisie ni de par le monde, remplit les prisons à hauteur du tiers de la population carcérale environ. Les substances qui tuent remplissent les comptes de l’Etat et une substance qui soigne envoie son consommateur au moins un an en prison (la peine étant de un à trois ans). Des institutions carcérales communément considérées par les autorités elles-mêmes comme surpeuplées et globalement considérées par les ONG internationales et les observateurs tunisiens comme extrêmement difficiles à vivre et comme des usines à créer des frustrations sociales et des tentations extrémistes. 

L’application souvent zélée et liberticide de cette loi rétrograde (Adnène Meddeb et Amine Mabrouk ont été condamné à un an de prison pour simple possession d’un paquet de feuilles à rouler) par un Etat se disant « en guerre contre le terrorisme » qui ne sait pas ou ne veut pas savoir que le djihadisme contemporain (type Daech) est né et prolifère en prison est au mieux de l’inconscience d’Etat, au pire de la complicité avec la diffusion de la pensée djihadiste.

Nous ne soutenons pas Atef Maâtallah, Fakhri El Ghezal et Ala Eddine Slim parce qu’ils sont parmi les artistes tunisiens les plus intéressants, talentueux, prometteurs et distingués de leur génération, ni parce qu’ils ont offert à ce pays infiniment plus qu’il ne leur a offert en retour, nous les soutenons car ils sont victimes d’un fiasco policier les prenant pour des terroristes puis justifiant ce fiasco par l’accusation fallacieuse de consommation de cannabis. Nous les soutenons parce que le rapport de police est rempli d’inexactitudes, de contradictions et de pièces ajoutées au dossier par miracle une heure avant l’audience alors que les prévenus étaient incarcérés depuis 19 jours. 

Nous les soutenons car ils sont victimes d’une loi vieille de 23 ans qui remplit les prisons d’innocents pour les transformer en criminels ou en terroristes puis les relâcher pour qu’ils remplissent les rues de violence. Nous les soutenons et soutenons sans exception tous les consommateurs détenus à cause de la Loi 52 car les statistiques officielles fournies par les Etats et les études sérieuses et de longue haleine menées par des scientifiques éminents, prouvent sans l’ombre d’un doute possible aujourd’hui que le cannabis est une substance infiniment moins nocive sur le plan de la santé publique mais aussi de l’équilibre personnel que des dizaines de produits et de médicaments vendus en toute légalité dans les commerces et les pharmacies.

Nous soutenons les milliers et les milliers de victimes de cette loi inique et absurde et demandons que les promesses électorales du parti au pouvoir et du président en exercice soient respectées immédiatement en ce qui concerne la refonte totale par la révision à la baisse de la Loi 52 en bannissant l’incarcération des consommateurs et en concentrant les efforts de l’Etat contre les réseaux, les trafiquants et les barons de la corruption et de la drogue plutôt que contre les simples citoyens qui consomment ce qui se vend à tous les coins de rues.

Tunis, le 12 décembre 2015
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Ala Eddine Slim et une de ses œuvres
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Atef Maatallah et une de ses œuvres
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Fakhri El Ghezal et une de ses œuvres, Otages  (2009)

mercredi 2 janvier 2013

Tunisie : Les Brigades d'intervention de retour à Thala

La video filmée hier soir à Thala, gouvernorat de Kasserine nous a été envoyée par Jaber Omri, les scènes montrent la maison de la famille du martyr Mohamed Omri après que plus de 20 policiers des brigades d'intervention ait fait irruption vers 3h du matin en lançant des bombes lacrymogènes, ils auraient agressé la sœur du martyr, Hajer Omri, ensuite ils auraient arrêté ses 3 frères : Issam, Ahmed et Khaled Omri, ils les auraient sortis nus de chez eux . La vidéo montre aussi les dommages suite à une irruption dans une autre maison voisine, où les policiers auraient lancé du gaz lacrymogène et auraient piétiné un bébé d'après les témoignages des voisins.
Twitter : @nawaat.com
E-mail: nawaat@gmail.com

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samedi 3 mars 2012

3 mars 2012 : samedi ordinaire à Tunis


Une centaine de personnes ont répondu, ce samedi 3 mars 2012, à l'appel du mouvement Désobéissance (عصيان Assian), qui relayait un appel mondial du mouvement Occupy à descendre dans la rue. Tout s'est bien passé jusqu'à l'arrivée devant le Théâtre municipal, avenue Bourguiba, où, sur ordre venu du ministre de l'Intérieur, les manifestants ont été dispersés avec une "douce violence", c'est-à-dire sans usage de lacrymogènes. Notre reportage photo et vidéo :