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mercredi 19 janvier 2011

La Tunisie, Ben Ali et moi

par Baudoin Loos, Le Soir, Belgique, 18/1/2011

LA TUNISIE LIBÉRÉE célèbre le départ de son tyran. Heurs et bonheurs de dix-neuf ans de couverture du dossier. Un récit très personnel.

La Tunisie, Ben Ali et moi
La Tunisie de « Big Brother » Ben Ali, ici aux élections d’octobre 2009 dans la capitale Du temps où l’ordre du tyran régnait © FETHI BELAID/AFP
Une fois n’est pas coutume : qu’il me soit permis de partager ici les heurs et bonheurs que dix-neuf ans de couverture du dossier tunisien ont pu me faire vivre comme journaliste du Soir. Quand, à 18 h 38 vendredi dernier, une dépêche urgente de l’Agence France Presse annonça que le président Ben Ali avait quitté son pays, une forte émotion m’a envahi et je dus presque réprimer une larme. Voici pourquoi.
Feu Pierre Lefèvre, alors chef du service Monde, avait eu l’idée, en 1992, de m’envoyer à Tunis suivre le congrès du RCD (le Rassemblement constitutionnel démocratique), le parti déjà omnipotent en Tunisie. J’allais d’ailleurs vite comprendre que les partis (ou les pays) qui veillent à ajouter le qualificatif « démocratique » dans leur nom souffrent en réalité d’un gros problème de ce côté.
Des invités de tout le monde arabe étaient attendus à ce congrès qui me permit en effet de nouer de nombreux contacts intéressants. Mais une anecdote me mit au parfum des us et coutumes locales. Je fus en effet contacté par Moncef Marzouki, alors président d’une Ligue tunisienne des droits de l’homme déjà harcelée par le pouvoir. Il m’avait rejoint dans le hall de notre hôtel avenue Bourguiba, mais insista à ma grande surprise pour monter rapidement dans notre chambre. Là, il mit le poste de télévision en marche avec le son bien fort. « Vous comprenez, “ils” ont des oreilles partout ! » L’interview, par ailleurs très instructive, se passa dans ces conditions curieuses…
L’ambassadeur mécontent Par la suite, des amis tunisiens m’apprirent que la teneur de mes articles écrits de Bruxelles déplaisait beaucoup à Son Excellence Monsieur l’Ambassadeur. Ce dernier me convia finalement à un entretien au cours duquel il tenta de me convaincre des bienfaits du régime du président Zine el-Abidine Ben Ali. C’était trop tard : mes indignations en matière de droits de l’homme avaient pris le dessus. Un reportage aux élections de 1994 confirma mon impression. Et déplut d’importance au dit ambassadeur.
C’est ensuite que l’une de mes connaissances tunisiennes, un habitué de l’ambassade, me fit savoir que j’étais officieusement persona non grata en Tunisie. Six années sans reportages allaient suivre. Un « espion » dont je disposais au sein du conseil des ambassadeurs arabes à Bruxelles me raconta alors en 1998 que la Tunisie (et l’Algérie) avait demandé que figurât à l’ordre du jour d’une des réunions mensuelles des ambassadeurs arabes dans un hôtel bruxellois de luxe cette question : « Que faire avec ce Baudouin » (l’usage arabe impose de nommer les gens par leur prénom). Par chance, il n’y eut apparemment pas unanimité sur le sort à me réserver grâce, je crois, à la fougueuse défense de mon « espion ».
Quant à retourner en Tunisie, je dus attendre mon tour. Qui vint en septembre 2000, à l’occasion du retour chez lui du journaliste Taoufik Ben Brik, qui avait passé quelques mois estivaux à Paris après une célèbre grève de la faim menée pour obtenir son passeport. Ben Brik, un drôle de coco à la plume inspirée trempée dans le picrate, avait réuni des députés européens et quelques amis journalistes pour lui faire une garde d’honneur de nature à dissuader le régime de l’embastiller dès son retour. Le scénario allait bien fonctionner : à l’arrivée à l’aéroport de Tunis-Carthage, une foule en liesse nous avait accueillis et Ben Brik put organiser de sympathiques agapes nocturnes bien arrosées.
Mais les articles du Soir continuaient à déplaire en haut lieu. Chaque ambassadeur tunisien affecté à Bruxelles s’en plaignait amèrement, puisque, chose bizarre mais avérée, il était tenu pour personnellement responsable de tout papier négatif paru sur le régime ! On dit même que l’un des ambassadeurs tunisiens dans la capitale belge fut limogé à la suite d’un de mes articles, mais cela n’a pu être vérifié…
L’acrimonie du régime tunisien à mon égard se confirma en tout cas peu de temps plus tard. Un diplomate belge rencontré quelques années plus tôt à Jérusalem me confia en effet qu’à l’occasion d’une visite à Bruxelles du ministre tunisien des Affaires étrangères, en 2002, Louis Michel, alors son alter ego belge, s’entendit demander s’il pouvait « faire taire ce journaliste-là, ce Baudouin, qui nuit à l’image de la Tunisie » ! Selon ma source, des plus fiables, « Big Loulou » vit rouge et fit comprendre d’un ton peu amène à son interlocuteur qu’on ne mangeait pas de ce pain-là en Europe…
J’eus d’ailleurs plusieurs fois l’occasion d’interviewer à Tunis des ministres importants : ceux des Affaires étrangères, de l’Information, de la Justice, des Droits de l’homme (si, si !). Le point commun de tous ces hommes n’étonnera personne : tous, avec un identique zèle pathétique, maniaient une langue de bois ahurissante, même quand ils constataient avec dépit que leurs efforts rhétoriques ne semblaient pas percer mon scepticisme ombrageux.
Les yeux vides de Lassaad Les violations des droits de l’homme dûment répertoriées par des ONG, tunisiennes ou internationales ? « Des inventions de militants mal intentionnés, des ennemis de la Tunisie ! », répondaient-ils d’un air agacé. Mes propres investigations sur place, pourtant, apportaient toujours plus de preuves quant à la validité des rapports terrifiants des organisations compétentes.
Ces investigations furent pour moi l’occasion de croiser des destins émouvants. Je resterai longtemps hanté par le long corps décharné, le visage émacié et les yeux vides de Lassaad, un islamiste torturé pendant des mois et d’une manière abominable qui l’avait laissé handicapé. Son témoignage poignant, infiniment triste, était de ceux qui vous font douter de la nature humaine.
Par le même biais, je pus rencontrer des êtres d’exception. Comme Radhia Nasraoui. Ce merveilleux petit bout de femme, avocate admirable défendant sans relâche les plus démunis, les islamistes par exemple, alors que les barbouzes locales ne perdaient pas une occasion de la maltraiter, l’insulter, de saccager son cabinet, de détruire ses dossiers, de cerner son immeuble.
Le pied de nez de Radhia Radhia cumulait les torts, il est vrai – et quel plaisir ai-je à rédiger ces lignes à l’imparfait ! : son mari, Hamma Hammami, se trouve être le chef d’un parti d’extrême gauche, le Parti communiste ouvrier tunisien, qui menait une opposition radicale au régime de Ben Ali. Au point de prendre le maquis pour plusieurs années. C’est alors que le couple adressa un extraordinaire pied de nez à la flicaille qui le harcelait en réussissant à concevoir un enfant alors que tout l’appareil sécuritaire était mobilisé à la recherche de Hamma !
D’autres profils me viennent à l’esprit, même si je ne puis nommer chacun. Kamel Jendoubi est de ceux qui ont marqué ma vie. Voilà un homme, exilé en France, qui n’a eu de cesse de faire savoir la vérité sur la Tunisie, notamment par le très actif Réseau euro-méditerranéen des droits de l’homme qu’il préside.
Le régime le détestait, preuve de son efficacité. En 2005, lorsque son père décéda, Tunis refusa de lui octroyer un passeport pour qu’il pût rendre un dernier hommage à son géniteur. Malade, Kamel dont je suis si fier d’être l’ami, partait ces jours-ci pour Tunis avec sa famille. Il humera enfin l’air – libre ! – de son pays…
D’autres noms se bousculent dans ma tête. Comme Taïeb Moalla, ce jeune journaliste rencontré à Tunis en 2000 qui devint brièvement le correspondant du Soir avant d’aller vivre à Québec non sans pourtant rester l’homme le mieux informé au monde sur le « who s’who » en Tunisie. Taïeb m’a rendu d’innombrables services, et avec une vivacité qui m’a toujours bluffé.
Son compère Mohamed Bouriga, alias « Omar Khayyam » (un pseudo, pris auprès d’un écrivain-savant persan né mille ans plus tôt) vit aussi au Canada. Lui, sur son blog, cultive avec finesse l’art de distiller des textes exquis de fiction qui mettent en scène Ben Ali dans des postures burlesques.
L’infatigable activisme de mon ami Khemaïs Chammari m’aura également beaucoup profité, lui qui assiégeait littéralement les instances européennes avec ses rapports toujours pareillement convaincants. Le sérieux de ses analyses passionnées m’aura bien aidé pendant toutes ces années.
Sihem leur cloue le bec Sihem Bensedrine, de son côté, conservera une place à part dans mes souvenirs. Comment cette consœur aussi menue que déterminée réussissait-elle de sa voix fluette à clouer le bec aux zélateurs grossiers du régime lors de conférences bruxelloises ou autres où ils venaient avec la ferme intention d’imposer le désordre ? Cela restera toujours un mystère. Mais la ténacité tout en finesse de cette grande dame discrètement soutenue par Omar Mistiri, son mari, restera une constante de ces deux dernières décennies.
Vous parlerais-je aussi des caractères plus faibles que j’ai croisés ? Ce Mezri Haddad, brillant intellectuel qui, également exilé à Paris, m’avait donné des interviews éloquentes où il dénonçait « la trahison des intellectuels et la flagornerie des courtisans » et cela pendant plusieurs années avant de soudainement se faire le chantre du régime et même d’en devenir l’ambassadeur (à l’Unicef). Il a opportunément claqué la porte ce vendredi, quelques heures avant la fuite de son maître…
Plus triste encore est le cas d’Ahmed Manaï, un homme torturé puis exilé à Paris où les sbires du régime réussirent à la retrouver pour le rosser et l’envoyer à l’hôpital. Son livre Un supplice tunisien comportait des lignes presque insupportables. Eh bien ! cet homme a aussi rallié le régime, dans la plus absolue discrétion, sans doute parce qu’il voulait mourir dans son pays…
Quant aux ambassadeurs belges à Tunis, auxquels je rendais toujours visite, j’eus l’occasion d’en croiser de toute sorte. Un Guido Courtois, en 1994, facilita avec Anne-Marie Lizin une interview exclusive de Yasser Arafat. J’oublierai charitablement d’autres ambassadeurs belges pour m’arrêter au dernier, Thomas Antoine, qui avait tout compris sur le régime et me le disait. Un type bien.
Lors de mon dernier reportage, en octobre 2009, à l’occasion des ultimes « élections » que le régime allait organiser, je me rendis d’abord à l’ATCE (Agence tunisienne de communication extérieure, notamment chargée de surveiller la presse étrangère) pour y obtenir mon accréditation. L’hôtesse à l’accueil signala prestement ma présence à Mme Bochra Malki, une charmante quinquagénaire qui s’occupe des journalistes « difficiles » dans mon genre. Elle descendit quatre à quatre pour m’accueillir les bras ouverts et le sourire aux lèvres avec cette exclamation : « Ah, quel plaisir d’accueillir à Tunis la légende Baudouin Loos ! ». Très bon pour l’ego, ce genre de réflexion, même si le côté dérisoire de la scène ne m’échappait pas.
Et d’ailleurs la dame m’expliqua qu’elle me lisait toujours attentivement (ce qui ne pouvait pas être le cas de la plupart des Tunisiens puisque Le Soir y était interdit, que cela soit en version papier ou en ligne), qu’elle appréciait même mes articles à quelques nuances près… « Je peux vous citer ? », ma question facétieuse l’avait rendue rouge écarlate.
Malgré cette « admiration » dont je faisais l’objet, malgré les discrètes filatures dont on me gratifia si souvent, je n’eus cependant jamais les honneurs d’une expulsion en bonne et due forme, contrairement à mon excellente consœur du Monde, Florence Beaugé. Celle-ci fut renvoyée en France au même moment, en octobre 2009. Je vécus très mal cette injustice car Florence et moi avions le même carnet d’adresses, et une plume pareillement critique, pourtant jamais n’eus-je la chance de vivre une belle expulsion. Ne l’avais-je donc point méritée ?

mercredi 10 février 2010

Journalistes menacés en Colombie

APCAL
Agence de presse Canada-Amérique latine
5430, av. Trans-Island, Montréal (Québec)
Canada H3W 3A5
Apcal.agencedepresse@gmail.com 
(438) 888-9345
9-2-2010
APCAL rapporte les déclarations faites aujourd’hui par le journaliste colombien Hollman Morris, à l’occasion de la célébration de la Journée du journaliste en Colombie.  Cette déclaration établit la responsabilité directe de l’actuel président Alvaro Uribe Vélez dans les persécutions réalisées par la police secrète du D.A.S. (Département administratif de la sécurité) sous son gouvernement.  Morris a déclaré que le président Uribe ne peut continuer de nier qu’il ignorait que sa police secrète, le D.A.S., dirigeait et organisait la plus grande persécution contre l’opposition politique qui ait eu lieu en Colombie, et que toute la structure du D.A.S. au niveau national y participait.  «Il est impossible que le président Uribe ne l’ait pas su», a affirmé Morris.
 
«Politiquement, il doit des explications à la société colombienne, il doit répondre à cette société.  Il doit demander pardon au pays, lui et sa police secrète, non seulement aux journalistes Hollman Morris et Claudia Julieta Duque, mais également à toute la société et à l’avenir de ce pays.  La Colombie ne pourra continuer si l’on continue à diffamer et à persécuter l’opposition politique.  Et surtout pas de la façon dont cela a été fait, en appelant, au milieu de la nuit, leurs épouses pour les intimider, en les menaçant et en faisant suivre leurs enfants, en mettant sur écoute leurs téléphones cellulaires et leurs courriers électroniques, en faisant des campagnes de diffamation au niveau national et international.  «Ce pays n’est pas celui que nous, Colombiens, voulons», a poursuivi le journaliste.
 
«Le gouvernement Uribe n’est pas le gouvernement qui a le plus protégé les journalistes.  Il est en fait celui qui les a le plus diffamés, particulièrement ceux de la presse libre et critique de ce pays.  C’est justement pour cela que le président Uribe doit répondre à ces questions, puisque c’est lui qui parle le plus de sécurité démocratique, puisque c’est lui qui a donné la priorité à la sécurité dans ce pays, puisqu’il est le chef direct de la police secrète du D.A.S.  C’est pour cela qu’il ne peut pas nier maintenant qu’il ne savait pas ce que faisait sa police secrète, ni le fait que l’on a créé le tristement célèbre «Groupe 3» (G3), qui a mené une opération d’une telle envergure pour persécuter l’opposition politique en Colombie, et, il importe de le signaler, une aussi grande offensive contre le mouvement de défense des droits de la personne, qu’il a accusé en septembre 2003 d’être constitué de terroristes.
 
En août 2003, Hollman et Claudia Julieta ont travaillé ensemble pour élaborer un documentaire sur le cas de l’assassinat de l’humoriste Jaime Garzón.  La production montre que le D.A.S. a effectué une opération pour faire dérailler l’enquête sur ce crime.  En 2001, alors que Claudia Julieta enquêtait sur ce cas, des attaques avaient commencé à être dirigées contre elle.  Il est prouvé qu’en raison de ce documentaire, diffusé par l’émission télévisée «Contravía» les 17 et 24 août de la même année, la persécution contre les deux journalistes et leurs familles a augmenté.
Les deux journalistes considèrent qu’il est clair que les graves accusations publiques faites par le président Álvaro Uribe contre eux ont coïncidé avec les attaques du «G-3».  En septembre 2003, par exemple, après que le président Uribe eut prononcé un discours contre les défenseurs des droits de la personne, un mémorandum interne du D.A.S. envoyé à Jorge Noguera a qualifié la journaliste Claudia Julieta Duque de “trafiquante en droits de la personne”.
Une autre coïncidence est le fait qu’en novembre 2008, le président Uribe ait déclaré qu’il existe une “meute de bandits” et “une campagne orchestrée par les FARC”.  Il visait ainsi à lier l’ex-procureur («fiscal») général de la Nation, Luis Camilo Osorio, aux groupes paramilitaires.  Claudia Julieta Duque est l’auteure du rapport «Fiscalía General de la Nación: Una esperanza convertida en amenaza, balance de Luis Camilo Osorio».  Le titre peut se traduire par «La «fiscalía» générale de la Nation : un espoir converti en menace – Bilan de Luis Camilo Osorio», la fiscalía étant l’organisme général suprême chargé d’enquêtes judiciaires.  Ce rapport consiste en une compilation des résultats de l’enquête réalisée et diffusée publiquement par Gustavo Petro, alors député et aujourd’hui candidat d’opposition à la présidence, qui a prouvé l’infiltration du paramilitarisme dans la «Fiscalía» au cours de l’administration de l’ex-«fiscal» Osorio.  Le rapport a été publié en 2005.
Comme cela est de notoriété publique, le président Uribe a accusé à plusieurs reprises Hollman Morris d’être «lié par des alliances avec le terrorisme pour filmer des attentats» (mai 2005).  À cette époque, le G-3 avait déjà recueilli des centaines de pages de données des services de renseignement contre Morris, directeur du programme de télévision «Contravía».
En février 2009, le président Uribe a accusé à nouveau Hollman Morris d’être lié aux FARC, et a demandé que l’on mène une enquête pénale parce que le journaliste avait «interviewé sous pression» quatre agents de la police et des soldats récemment libérés.  Uribe l’a accusé de semer les agents de protection de l’État afin de voyager pour se rendre à des rencontres avec ce mouvement de guérilla.  De plus, Juan Manuel Santos, alors ministre de la Défense, a accusé Morris d’être un ‘sympathisant des FARC’, et, presqu’immédiatement, ce journaliste a reçu plus de 50 menaces par courrier électronique.  Quelques mois plus tard, la «Fiscalía» a mis fin à l’enquête contre Hollman Morris en démontrant que le journaliste avait travaillé dans le respect de l’éthique journalistique.
La campagne de diffamation qui a suivi les accusations du président Uribe contre Morris coïncide pleinement avec les recommandations du G-3 et du D.A.S. dans son cas.  Le journaliste attend encore une rectification du chef d’État.
Actuellement, les deux journalistes et leurs familles continuent à être en péril, comme le sont des milliers de personnes, entre autres l’actuel candidat à l’opposition colombienne, Gustavo Petro.  Toutes ces personnes pensent que seulement une action déterminée de la Justice et des directives claires de la présidence de la République pourront provoquer un changement positif dans la situation des personnes persécutées.
Versión española