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mercredi 14 octobre 2015

Les crimes globaux du capital et la guerre contre les migrants



par Antonio Mazzeo
Les images qui resteront de l'été 2015 seront celles qui illustrent les crimes globaux de l'Europe du capital et des profits, des droits violés et déniés, de l'apartheid et des discriminations. Les raids aériens ... Lire la suite
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dimanche 30 août 2015

Exodus 2015 : Rafraîchissons la mémoire des Européens
L'exode des Hongrois en 1956

À en juger par les réactions des autorités, des forces armées, des polices et des médias des pays d'Europe balkanique et centrale face au flux de réfugiés de Syrie, Irak, Afghanistan et Afrique, cette Europe-là semble avoir la mémoire courte, oubliant qu'il n'y a pas si longtemps que cela (et pour les Grecs, cela dure encore aujourd'hui), eux-mêmes avaient fui en masse leurs pays pour sauver leur liberté et leur vie. Un des grands exodes européens de la seconde moitié du XXème siècle a été celui des Hongrois. Faisons donc un petit rappel, grâce à la revue Population, n° 2, 1957, pp. 343-345.

1956: accueil de réfugiés hongrois en Autriche...

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Photo Armée fédérale autrichienne

...et en Suisse

http://tlaxcala-int.org/upload/gal_11418.jpg
 2015: "accueil" de réfugiés syriens, irakiens et afghans en Grèce
Images du 11 août 2015 dans le stade sportif de l'île de Kos. L'homme avec un bâton est un policier

 
Photo Yorgos Karahalis/AP


Photo Angelos Tzortzinis/AFP via Getty Images
 
Photo Angelos Tzortzinis/AFP via Getty Images
 
Du 28 octobre 1956 au 6 mars 1957, soit en 130 jours, l'Autriche a accueilli 170 822 réfugiés hongrois fuyant leur pays, où une révolution avait été écrasée par les chars soviétiques. Cela donne une moyenne quotidienne de 1314 réfugiés. Au 6 mars 1957, 118 000 de ces réfugiés avaient été évacués d'Autriche vers d'autres pays non-socialistes.  Le CIME dont il est question ci-dessous avait été créé en 1951 par les gouvernements européens pour chercher des pays de réinstallation aux quelque 11 millions de personnes déracinées par la guerre. Il a organisé le transport de près d’un million de migrants durant les années 50. En 1980, il a été rebaptisé Comité intergouvernemental pour les migrations (CIM), et, en 1989, Organisation internationale pour les migrations (OIM), qui est son nom actuel.
Question : ce qu'il a été possible de faire pour presque 200 000 réfugiés européens en 1956-57 dans la "petite Europe" de l'époque, à la veille de la création de la CEE, ne le serait pas pour 500 000  réfugiés venant des bordures du continent dans la "grande Europe" de 2015 (28 pays, 550 millions d'habitants) ?







vendredi 19 juin 2015

Après l'opération coup de poing de la police italienne à Vintimille: des clichés abstraits, un racisme institutionnel concret

par Annamaria Rivera, 17/6/2015.
Traduit par  Fausto Giudice, Tlaxcala
Il fallait s' attendre à ce que, comme toujours en Italie, la phase actuelle des migrations et des exodes - l'état d'urgence (l'emergenza), comme ils disent - soit décrite par les médias avec l'habituel  vocabulaire dégradé (ça oui, il l'est): "bivouac", pour désigner l'immobilisation forcée des réfugiés , chassés de partout, près des gares et autres lieux; «état de siège» pour décrire l'arrivée dans ces lieux de groupes de personnes (enfants compris) éprouvées, traumatisées, abandonnées à leur sort, ou traitées comme des animaux dans une cage ou des poissons d'aquarium (c'est le cas à Milan); «nettoyer» la gare, pour la libérer de ces présences indécentes et donc lui «redonner un peu de décence». Sans oublier le maire Pisapia*, qui laisse même échapper une variante du typique "Si vous les aimez tant, amenez-les chez vous", répondant à une journaliste: «Alors vous allez les héberger chez vous, à Sky? »


lundi 1 juin 2015

Le QG de l'Union européenne pour la guerre contre les migrants en Méditerranée établi en Sicile

par Antonio Mazzeo, 1/6/2015
Bruxelles étend la zone d'opérations militaires et de renseignement de l'agence Frontex  à 138 miles nautiques au sud de la Sicile, accroit le budget pour enrayer le flux de bateaux de migrants et établit à Catane une centrale méditerranéenne pour le contrôle des frontières extérieures de l'UE.

"La zone d'action de l'opération Triton est  donc étendue jusqu'à 80 kilomètres de la côte libyenne, mais les unités aériennes et navales pourront  pénétrer dans les eaux du pays, sur demande d'intervention pour des opérations de secours et de sauvetage", a déclaré le Directeur exécutif de Frontex, Fabrice Leggeri. "Le centre de coordination de Triton ouvrira dès que possible à Catane, où les autorités locales nous ont offert un hébergement que nos représentants ont trouvé approprié. La base régionale de Catane est un projet pilote, qui pourra être reproduit dans d'autres États membres, et concerne les hotspots, les centres proposés par la Commission européenne dans son Agenda pour l'immigration, où concentrer les débarquements de migrants et soumettre ceux-ci à un premier passage au crible. L'idée est de développer un système dans lequel le port de débarquement est près du centre de premier accueil, où les migrants seront interviewés et hébergés pour une courte période avant d'être transférés ".

vendredi 24 avril 2015

Dénonçons le crime contre l’humanité commis contre les migrants

par Claude Calame, Le Monde, 8/4/2015
English  Exposing the crimes against humanity committed against migrants 
Plus de 3 400 migrants morts en Méditerranée en 2014, 300 dans la seule deuxième semaine de février 2015, tel est le dramatique bilan de la politique de fermeture des frontières menée par l’Union européenne (UE), de Ceuta et Melilla en face de Gibraltar, au fleuve Evros, en Grèce du Nord. La France n’échappe pas à cette politique d’érection de murs opposés à migrantes et migrants. Non pas en Méditerranée, mais à Calais.
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Khalid Albaih, Soudan
Un récent rapport d’Human Rights Watch (HRW) vient de dénoncer les conditions de survie imposées aux quelque 3 000 migrants qui, à Calais et dans le Calaisis, attendent soit une opportunité de passer clandestinement en Angleterre, soit l’incertain résultat d’une demande d’asile déposée en France : au dénuement total dans une situation d’extrême précarité s’ajoutent répression et exactions policières, entre passages à tabac et attaques au gaz lacrymogène.

mercredi 22 avril 2015

Le massacre des migrants et les responsabilités de l'Europe


par Annamaria Rivera, Micromega, 21/04/2015.Traduit par  Fausto Giudice, Tlaxcala 
Au moins 1 800 morts depuis le début de l'année. Victimes du néocolonialisme occidental, de sa politique de pillage, de guerre, d'ingérence "humanitaire", de déstabilisation, qui trouve souvent des complices dans les élites locales. Victimes aussi des politiques prohibitionnistes, donc migranticides, d'une Union européenne qui a jeté aux orties jusqu'aux plus élémentaires des droits de l'homme - le droit à la vie et à l'asile – qui fondent aussi son ordonnance. Une Union qui, comme l'écrit Barbara Spinelli, avec ses 28 États et ses eurodéputés, mais aussi avec le Haut-commissariat des Nations Unies aux réfugiés, est de fait coupable "de crimes de guerre et d'extermination  en temps de paix".
Face au pire massacre dans l'histoire des exodes en Méditerranée - immédiatement suivi d'un autre naufrage mortel, cette fois près de l'île de Rhodes - la misère morale et politique des institutions et des dirigeants politiques, européens et italiens, s'affiche de manière éclatante.
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