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jeudi 20 janvier 2011

Le coeur de Marseille bat au même rythme que celui de Tunis : photos

Marseille, 15 janvier 2011 : Les Tunisiens n'ont plus peur de s'exprimer






Le 17 janvier, des Tunisiens investissent le Consulat de Marseille pour en chasser les Benalistes, consul en tête !
18 janvier 2011 : Des citoyens tunisiens investissent le consulat




mercredi 19 janvier 2011

Tunis, 19 janvier 2011 : la photo du jour تونس ، 19 يناير 2011 : صورة اليوم

La révolution en Tunisie, source d'inspiration pour la Méditerranée

Pour sa liberté et sa dignité, le peuple tunisien s'est soulevé. Oui, de telles insurrections sont encore possibles aujourd'hui. Elles sont nécessaires. Elles sont prometteuses. Mais elles sont menacées, car elles remettent en cause de puissants intérêts locaux et les structures d'un ordre international établi qui les redoute et travaille d'emblée à les écraser ou à les dévoyer. Elles ont besoin d'unité, de détermination, de lucidité et de solidarité.

Après vingt-trois années de "passivité" apparente, en quelques jours de lutte héroïque et intelligente, sans peur de la répression, sans inflation idéologique, les citoyens et citoyennes de Tunisie - chômeurs avec ou sans diplômes, ouvriers, étudiants, professeurs, avocats, fonctionnaires, commerçants, soldats - ont abattu une dictature brutale et corrompue, ruineuse pour leur pays et honteuse pour leur terre de civilisation ancienne, qui se maintenait au pouvoir en bénéficiant du soutien des organismes financiers, des Etats et des alliances militaires de la région, des experts de la "gouvernance" mondiale.
Cette révolution – car c'en est une – ouvre des perspectives nouvelles, profondément encourageantes pour le peuple tunisien, qui peut maintenant redevenir maître de son sort, restaurer les libertés individuelles et syndicales, régénérer les institutions démocratiques, recouvrer les biens volés ou accaparés par le clan présidentiel, s'attaquer au clientélisme, mobiliser les ressources du pays au service du développement et de la lutte contre la pauvreté.
Elle est une source d'inspiration pour les voisins qui, à des titres divers, affrontent des problèmes comparables, que ce soit au sud ou au nord de la Méditerranée. Elle contribue à créer les conditions d'un nouveau régime de relations internationales, incluant la gestion commune des problèmes de migrations, de sécurité, de coopération économique et culturelle, et associant sur un pied d'égalité des peuples souverains, éclairés, épris de justice et de progrès.
TRANSITION DÉMOCRATIQUE
Mais trois conditions au moins sont requises pour que de telles perspectives se concrétisent. Ne nous cachons pas qu'elles n'ont rien de garanti.
La première, c'est que les Tunisiens ne voient pas leur insurrection réprimée ou dévoyée par les représentants du système à qui le dictateur en fuite a transmis les instruments du pouvoir, et qui pourraient prendre prétexte de "l'anarchie" – au besoin, la provoquer – pour interrompre la transition démocratique. Il faut que se lèvent au sein du peuple les dirigeants à qui il pourra faire confiance pour la difficile navigation qui s'annonce.
La deuxième, c'est qu'elle ne soit pas étranglée de l'extérieur par des pressions militaires, politiques et économiques conjointes. Déjà, des agences d'évaluation annoncent la dégradation de la note tunisienne sur les marchés financiers, et des voix s'élèvent pour signaler les risques qu'un changement de régime en Tunisie ferait courir au "front antiterroriste".
La troisième, donc, c'est que les opinions publiques et les gouvernements du monde, et notamment ceux du pourtour méditerranéen et de l'Union européenne, expriment clairement leur soutien à la transition démocratique en cours et en fassent aussi leur cause.
Nous les appelons à s'engager résolument dans cette voie, en même temps que nous formons des vœux ardents pour la réussite du changement qui vient de commencer à Tunis.

Tewfik Allal, syndicaliste, Etienne Balibar, professeur émérite de l'université Paris-X-Nanterre, Fethi Benslama, psychanalyste, Faouzia Charfi, professeur à la faculté des sciences de Tunis, Khadjia Chérif, présidente de l'Association tunisienne des femmes démocrates (ATFD), Luciana Castellina, cofondatrice d'Il Manifesto, François Gèze, éditeur, Mohammed Harbi, historien, Abdellatif Laabi, écrivain, Jean-Marc Lévy-Leblond, physicien et essayiste, Giacomo Marramao, philosophe, Edgar Morin, Josep Ramoneda, politologue, Rossana Rossanda, cofondatrice d'Il Manifesto, Rajae Aboulaïch, Didier Arnal, Eliane Becache, Amel Ben Abda, Hazem Ben Aïssa, Esther Benbassa, Zohra Ben Lakhdar-Akrout, Fethi Benslama, Rudolf Bkouche, Sadok Ben Rejeb, Noureddine Boudriga, Alice Cherki, Mabrouk Daldoul, Abdellatif Elbadia, Nilufer Gole, Andreas Griewank, Pierre Guenancia, Tuong Ha-Duong, Salah Horchani, Mohammed Jaoua, Jean-Pierre Kahane, Juliette Leblond, Martine Léonard, Bernard Maitte, Mohammed Masmoudi, Benoît Millot, Bernard Quinnez, Mohammed Sifi, Khaoula Taleb-Ibrahimi, Michel Waldschmitt, Mourad Zeraï.

mardi 18 janvier 2011

La Révolution de la dignité !

par Sadri Khiari, Les Indigènes de la République, 17 janvier 2011
Aujourd’hui, comme tous les jours depuis la fuite de Zine el-Abidine Ben Ali, on m’a posé vingt fois la même question : comment expliquer un ébranlement aussi profond en Tunisie - connue pour sa « stabilité » - et la chute soudaine de celui qui en tenait les rênes d’une main de fer ?
Mille explications sont possibles. Mais je n’en retiendrais qu’une. La plus importante à mes yeux : le pouvoir de la clique maffieuse qui entourait le président déchu ne reposait sur aucun dispositif de consensus ou de consentement. Dit autrement, il n’avait aucune autorité morale sur la population. Or, aucun système politique ne peut résister à une absence aussi absolue d’autorité morale. Même dans les couches privilégiées de la population, y compris au sein de ceux qui bénéficiaient directement du régime de Ben Ali, celui-ci, son épouse, leurs proches, suscitaient autant la crainte que le mépris le plus total.
Depuis son accession au pouvoir en novembre 1987, Ben Ali s’est attaché à construire une gigantesque machinerie de répression, de quadrillage, de contrôle et de clientélisation de la population. On a parfois parlé dans les journaux français de l’arrestation de militants politiques ou de responsables syndicalistes, de la torture pratiquée contre des opposants, des intimidations brutales dont ont été l’objet les défenseurs des droits humains, mais le principal de l’action policière se situait ailleurs : il concernait la grande masse de la population, soumise à une pression policière constante, celle des services du ministère de l’Intérieur, bien sûr, mais aussi celle des multiples milices officieuses, celle du Rassemblement constitutionnel démocratique, le RCD, qui n’est pas un parti comme les autres mais une annexe de l’Etat, chargé d’encadrer, de surveiller, de punir, d’acheter, de corrompre, de racketter, tout individu, dans n’importe quelle sphère de sa vie sociale. A ces institutions, il faut ajouter les structures de l’administration, celle que l’on pense au service du citoyen et qui pourtant ont servi, jusqu’à ce jour, à relayer de tout leur poids, les directives des sommets de l’Etat. Autrement dit, elles ont joué le rôle d’instances de répression, d’encadrement, de surveillance et de clientélisation. Le fonctionnement du ministère de la Justice est exemplaire de ce point de vue là.
Il ne s’agit pas d’accuser tous les fonctionnaires, la plupart du temps de braves citoyens, mal rémunérés, travaillant dans des conditions désastreuses et eux-mêmes soumis à la toute-puissance de leurs supérieurs. Il s’agit de noter la faculté du système policier à faire de tout un chacun un complice et un relais du pouvoir.
Que l’on ne se trompe pas : la mécanique policière et bureaucratique mise en place par Ben Ali n’avait pas pour seul but de susciter la peur et l’obéissance. Elle avait pour finalité, bien plus pernicieuse, bien plus efficace que la peur, d’assassiner en chaque individu ce qui fait son humanité. Ben Ali a construit un immense appareil destiné à briser la dignité des Tunisiens ; il a développé une formidable technologie de l’indignité. La compromission voire la complicité, la corruption, les milles magouilles honteuses souvent indispensables pour survivre ou avoir tout simplement la paix, ont été des mécanismes parmi d’autres de la construction systématique de l’indignité. Le mépris total du pouvoir à l’égard du peuple, il fallait que toute la société l’éprouve pour elle-même, il fallait que tout individu l’éprouve pour ses semblables et pour lui-même.
Je le répète : la répression et la peur n’aurait jamais suffi à préserver un pouvoir ne disposant d’aucune autorité morale. En l’absence d’une légitimité de cette nature, Ben Ali et sa bande de voyous ont fait un autre choix : détruire la morale, casser les solidarités, abolir le respect, généraliser le mépris, humilier, humilier et encore humilier. Vous n’êtes rien, vous ne serez jamais rien, des sous-hommes, voilà le message social et moral du régime benaliste. Bourguiba, passablement élitiste, considérait que les Tunisiens n’étaient qu’une « poussière d’individus » dont il allait se charger de faire une nation. Ben Ali, lui, a fait le pari contraire : transformer la nation en poussière d’individus. Ce pari a échoué, car la nation a refusé de devenir poussière. La boue du Palais de Carthage n’est jamais parvenue à submerger l’ensemble de la Tunisie.
A mon avis, parler de la misère, des difficultés sociales, du besoin abstrait de libertés démocratiques ou encore de la répression comme simple fabrique de la peur ou de la soumission, ne permet de comprendre qu’une dimension réduite des événements qui se développent depuis un mois en Tunisie. Mohamed Bouazizi ne s’est pas donné la mort d’une manière si affreuse pour la seule raison qu’il n’avait pas d’emploi et qu’un agent municipal lui avait interdit de gagner quelques sous en vendant des légumes. Il s’est immolé par le feu parce qu’en lui crachant au visage, ce fonctionnaire lui a redit ce que le régime de Ben Ali nous disait tous les jours : tu n’es qu’une merde de chien ; je fais de toi ce que je veux ! Bouazizi en avait très certainement marre d’être pauvre, très pauvre. Il n’a pas supporté de n’être plus un être humain. Paix à son âme ; nous pensons tous à lui ; nous nous sommes tous identifiés à lui, quand bien même certains d’entre nous ont un emploi et vivent confortablement. La force motrice de la révolution tunisienne n’a pas eu d’autres objectifs, en chassant le tyran, de rendre à Bouazizi la dignité qu’on lui refusait. Les Tunisiens ont-ils revendiqué des augmentations de salaires ? La liberté de la presse ? Un nouveau droit quelconque ? Non, ils ont exprimé leur dignité ; ils ont affirmé que leur dignité exigeait le départ de Ben Ali. Et ils l’ont obtenu. L’eut-il compris il n’aurait pas perdu son temps à faire des concessions qui n’étaient concessions qu’à ses propres yeux : des réductions de prix, l’accès libre à internet, des élections puis finalement son départ dans trois ans ! Ubuesque. Ce qui était en jeu, c’était sa tête et immédiatement sa tête.
Tout est-il fini ? Certainement pas. L’effervescence révolutionnaire ne s’est pas éteinte. Partout, la dignité continue de se battre contre l’indignité. Le peuple tunisien n’est plus composé d’individus qui résistent tant bien que mal pour préserver leur qualité d’être humain ; il est un corps collectif qui a en horreur l’idée que les hommes du régime benaliste et quelques politiciens, impatients de partager le gâteau du pouvoir, ne le dépossèdent de sa victoire. Le peuple tunisien n’a confiance qu’en lui-même et il a raison. Le deuxième acte de la révolution a pour enjeu la dissolution des institutions mises en place par l’ancien président - en premier lieu le RCD - et l’élection démocratique d’une assemblée constituante qui redonnera au peuple la souveraineté politique dont il a été privé depuis des décennies. Après, on verra.

"Peut-être on partira, mais on brûlera Tunis"

par Isabelle Mandraud, Le Monde, 17/1/2011

Tunis, envoyée spéciale - Cet homme n'est ni grand ni petit. On ne peut pas le décrire. Il n'a pas de nom. Il faut lui en inventer un : Zyed. Il se terre dans une maison du quartier Bardo, à Tunis, qu'il fait surveiller depuis la rue par de jeunes parents, les nerfs à fleur de peau. "Je change d'endroit toutes les heures", dit-il en refoulant des larmes.
Conseiller de Zine El-Abidine Ben Ali au palais de Carthage, il avait pris contact de sa propre initiative quelques jours avant la chute de l'ex-président parce que, disait-il, il ne voulait pas "être complice des massacres". Pour le rencontrer, ce dimanche 16 janvier, il faut suivre des émissaires à travers un dédale de rues.
Une photo de l'ancien président Ben Ali brûlée à Marseille, samedi 15
Une photo de l'ancien président Ben Ali brûlée à Marseille, samedi REUTERS/JEAN-PAUL PELISSIER

Zyed tente aujourd'hui de fuir la Tunisie, mais son passeport français, qu'il exhibe trop brièvement, est faux. Son récit, souvent interrompu par le bruit de tirs tout proches qui le font violemment sursauter, met en scène les intrigues d'un clan familial sclérosé et une fin de règne agonisante bien avant le début, le 17 décembre 2010, des émeutes en Tunisie. "Il régnait une atmosphère délétère au palais, souligne-t-il. En septembre, il y a eu un accrochage très sérieux entre le président et sa femme, et, à partir de là, la présence de son frère Belhassen et de son fils Imed est devenue de plus en plus forte."
L'ancien conseiller avance aussi le nom de Slim Chiboub, marié à Dorsaf Ben Ali, la fille de l'ancien président, mais écarte celui d'un autre gendre, très en vue, Sakhr El-Materi, décrit comme "un requin qui n'a pas de dents".
"QU'IL CRÈVE"
En octobre, ce clan aurait mis au point, selon lui, un scénario "diabolique" consistant à laisser "le président en poste jusqu'en janvier 2013, puis sa démission aurait été annoncée pour raison médicale, suivie d'un appel pour des élections". Les partis "amis" auraient été instrumentalisés pour créer une polémique en présentant de faux candidats. Des manifestations organisées un peu partout par le RCD, le parti du pouvoir, se seraient conclues par une "manif monstre d'un million de personnes à Tunis pour réclamer la candidature de Leïla".
Mais, le 17 décembre, le suicide de Mohamed Bouazizi, immolé par le feu, change tout. "Ben Ali était totalement indifférent, il a dit quelque chose comme : 'Qu'il crève'. A ce moment, Abdelwahab Abdallah est devenu le véritable régent, et Abdelaziz Ben Dhia le filtre sans qui rien ne passait." Ali Sériati, le chef de la garde présidentielle, fait partie du dispositif.
L'ancien conseiller décrit des acteurs de plus en plus fébriles au fur et à mesure que le mouvement de révolte prend de l'ampleur dans le pays. Le 29 décembre, au lendemain du premier discours du président, il assiste à une réunion de crise. "Abdallah a dit : 'Il faut que tout ça soit manipulé par un groupe affilié à Al-Qaida au Maghreb islamique. Pour nos amis français, c'est la seule solution.' Ce à quoi a répondu Ben Ali, très cynique: 'AQMI en Tunisie, c'est la mort du tourisme, on va se suicider'."
DES APPELS D'ERIC RAOULT
Aux Américains, un même argument devait être présenté : Kasserine, la ville où les manifestations ont été les plus durement réprimées, était un "foyer islamiste". "Il y a eu un air de fête après les déclarations de Michèle Alliot-Marie lorsqu'elle a proposé d'aider à former des policiers tunisiens, poursuit Zyed. Et Eric Raoult appelait tout le temps pour dire qu'il ne fallait pas ouvrir la brèche aux islamistes ; Abdallah l'avait surnommé la 'passerelle'."
Contacté, M. Raoult reconnaît avoir "appelé souvent", mais, assure-t-il, "des amis comme Charfeddine Guellouz ou Habiba Massabi [députée RCD], pas la présidence, ce n'est pas de mon niveau".
La situation, cependant, s'aggrave en Tunisie. Le conseiller, qui révèle que l'ancien chef de l'Etat s'était réfugié dans sa propriété d'Hammamet avant de quitter le pays et avait préenregistré son dernier discours, rapporte cette dernière réunion : "Sériati a prévenu que les militaires, ces 'fils de bâtards', a-t-il dit, fraternisaient avec la population. Il a ajouté: 'Peut-être on partira, mais on brûlera Tunis : j'ai 800 bonhommes prêts à se sacrifier. Dans deux semaines, les mêmes qui manifestent vont nous supplier de reprendre les choses en main.'" Zyed, alors, est parti de son côté.
Isabelle Mandraud

Arrestation de l'ex-chef de la sécurité de M. Ben Ali

L'ex-chef de la sécurité du président Ben Ali, le général Ali Sériati, a été arrêté dans le sud tunisien à la demande de la justice tunisienne, qui l'accuse des récentes exactions commises contre la population. Cet homme-clé de l'ancien régime a été interpellé par l'armée alors qu'il tentait de s'enfuir en Libye.
Pour sa part, Abdelaziz Ben Dhia, 74 ans, conseiller de M.Ben Ali, serait mort d'une crise cardiaque, le 13 janvier, à son domicile de Gammarth, dans la banlieue nord de Tunis. Il serait décédé dans son fauteuil en écoutant à la télévision M. Ben Ali dénoncer ceux qui, disait-il, lui avaient caché la réalité de la Tunisie.

dimanche 16 janvier 2011

Les restes du Régime de Ben Ali résistent et lâchent leurs milices sur la population !!

par xpertunisia,  

Les restes du régime de Ben ALI ont commencé une campagne de terreur organisée sur toute la Tunisie : attaques sur des  civils, des personnalités de l’opposition, des biens publics et privés…
Des attaques parfois tellement barbares qu’on ne peut qualifier que de criminelles et terroristes!
Voici les noms des personnes suspectées d’être à l’origine de ses milices qui sévissent en ce moment en Tunisie:
- Abdel Aziz BEN DHIA
- Abdel Wahab ABDALLAH
- Mohamed GHORIANI
- Abdallah KAABI
- Ahmed Iyadh ELOUEDERNI
- Rafik HAJ KACEM
- Oussama ROMDHANI
- Samir ABIDI
- Ali SERIATI : Celui-là est le chef opérationnel des milices !!!! (NDLR Basta!: il vient d'être arrêté)
- Charf Eddine ZITOUNE
- Jalel BOUDRIGA
- Colonel KRIFA
- Colonel Abdessattar BEN SALAH
- Capitaine Arbi MASS’OUDI
- Capitaine Samir TARHOUNI
- Colonel Ilyes ZALLAK
- Colonel Adnen HATTAB
- General EL Arbi KRIMI
- Azdine KHALFI : directeur de la police des frontières
- Chadhli SAHLI : directeur des services technique au ministères de l’intérieur
- Abdel Krim GHOUMA : Directeur des moyens logistiques
- Ali MANSOUR: Inspecteur Général des forces de l’ordre
- Imed ACHOUR : Inspecteur Général
- Abdallah HMOUDA : Inspecteur Général
- Slah Eddine DHAMBARI
Soutenez l’armée nationale , soutenez les officiers honnêtes de la police nationale ! Soyons Tunisiens et fier de l’être  ! Soyons Ensemble :
Voici quelques conseils :
1- Organisez vous localement : entre gens qui se connaissent du même quartier ou de la même famille !
2- mettez des chartes/brassards avec le drapeau tunisien (brassard ou sur le dos )
3-  rentrer en contact avec les patrouilles proches de l’armée
4- fournir des informations des renseignements précis à l’Armée : Pas de rumeurs, pas de faux témoignage, pas d’exagération, pas d’approximation: il faut pas éparpiller l’effort de l’armée qui souffre déjà d’un sous-effectif par rapport à l’importance de la  mission. Si vous orientez l’armée par rapport à une rumeur /fausse info/ approximation là ou il n’y a pas vraiment de bandes criminelles => les bandes criminelles auront tout le temps d’agir ailleurs!
5- Communiquez avec les quartiers voisins, les cités voisines : utilisez vos portables ou des mails.
6- N’essayez pas d’intervenir  SEUL : SOYEZ Groupés !
7 Le couvre feu ne vous empêche pas d’être dans la rue: soyez calme et ne paniquez pas à la vue de l’armée ! ( mettez la charte et le drapeau)
8- Soyez digne, soyez courageux et rassurer vos proches et vos voisins
9- Ne tombez pas dans le piège de la panique: ne pas avoir peur d’une pénurie d’aliments ou de ravitaillement.
10- Signalez au plus vite tout mouvement suspects ( surtout des groupes de voitures de location)
11- Il faut surtout pas rester enfermé chez-soi: ne restez pas seul, informez les autres et restez informés!
12- tout est dans l’organisation: ne vous fatiguez pas avec des effort inutiles, relayez vous et soyez vigilant et efficace!
13- Si vous quartier et calme: commencer à nettoyer les rue et mettre des drapeaux de la Tunisie.
14- la Tunisie entière est mobilisée: vous êtes tunisien , vous êtes fier, vous êtes dignes, vous êtes citoyens libre et responsables: Empêchez les restes du régime de BEN ALI de propager de désordre ( c’est leur but)
15- relayez ce message
http://xpertunisia.wordpress.com

Tunisie, Acte I de la révolution : remettre les points sur les i

par FG, Basta !, 16/1/2011
Paolo Lombardi
Ceux et celles qui, comme moi, ont partagé la vie, les luttes et les souffrances du peuple tunisien depuis des décennies ne peuvent que se réjouir de la chute du gangster du 7 novembre. Mais cette joie, mêlée d’amertume, ne doit pas nous empêcher de réfléchir.
La première source d’amertume, c’est le constat d’un échec : le peuple tunisien n’a pas eu la présence d’esprit et la capacité organisationnelle suffisante pour se saisir du dictateur et le mettre au frais à la Prison civile du 9-Avril en attendant de le juger. Et il ne faut pas rêver : jamais la pétro-narco-monarchie saoudienne, qui lui a généreusement octroyé l’asile, n’acceptera de le livrer à la justice tunisienne restaurée.
La seconde source d’amertume, c’est le constat d’un retard : le peuple tunisien aurait pu se  débarrasser de Ben Ali il y a longtemps, si seulement…

Si seulement, il avait disposé d’organisations intelligentes, radicales et efficaces. Mais seulement voilà, il n’en disposait pas. Et cela n’était pas le fruit d’une fatalité, mais d’une histoire. Il me semble utile de rappeler rapidement cette histoire. À  verser au dossier du grand déballage et du grand règlement de comptes qui devront obligatoirement avoir lieu comme prélude à la naissance de la Tunisie nouvelle, en Tunisie même et dans la Tunisie planétaire. En effet, grâce à la dictature de Ben Ali et à la mondialisation, la Tunisie aujourd’hui est partout, d’Ottawa à Melbourne, et de Bangkok à Uppsala.
Enfin, le constat le plus accablant qu’il faut bien faire est que, jusqu’à nouvel ordre, le système mis en place par Ben Ali est toujours en place et que l’homme du 7 Novembre continue, depuis le palais de Djeddah où il est hébergé, à dicter le cours des événements en Tunisie. La fameuse Constitution que ses sbires veillent à appliquer scrupuleusement est « sa » constitution, les hommes qui tentent d’exercer le pouvoir par intérim sont ses hommes, et le président qui sera élu  si le processus « constitutionnel » suit son cours risque bien d’être l ’un des siens. Lon de signifier la fin de la révolution tunisienne, la fuite de Ben Ali n'est est donc que le début, le premier acte.
1 – Qui est le Président par intérim ?
Foued Mebazzaa, le président du parlement qui assure l’intérim est un dinosaure de 77 ans qui, depuis le temps lointain de ses études à Aix-en-Provence puis à Paris, avant l’indépendance, a fait preuve d’une fidélité sans failles au parti destourien* et à ses chefs, Habib Bourguiba d’abord et Ben Ali à partir de 1987. Mebazzaa était le directeur de la Sûreté nationale de 1965 à 1967, il a donc dirigé la répression du premier mouvement de révolte de la jeunesse en 1966. C’est le prototype de l’apparatchik obéissant et sans états d’âme. Mais une fois qu’il aura assuré son intérim, il disparaîtra sans laisser de traces, vu qu’il ne peut se présenter à l’élection présidentielle qu’il est chargé d’organiser.
2 – La Constitution
Parmi les dispositions les plus choquantes de la Constitution en vigueur, résultat de tripatouillages opérés par Ben Ali, trois devront être pour le moins amendées : la possibilité d’un nombre illimité de mandats de 5 ans, l’immunité judiciaire du président et la limitation des candidatures aux chefs de partis politiques reconnus. La logique voudrait que le parlement-croupion actuellement en exercice soit dissous et que le processus démocratique commence par l’élection d’une assemblée constituante, après quoi on pourrait procéder à des élections législatives et présidentielle démocratiques. Malheureusement, la Constitution actuelle interdit au Président par intérim de dissoudre le Parlement. Mais on peut faire confiance aux Tunisiens, peuple de juristes, premier peuple arabe à avoir disposé d’une constitution (en 1861) et dont le premier président, Habib Bourguiba, était lui-même un juriste, pour régler ce problème d’une manière formellement satisfaisante.
3 – Quels partis, quels démocrates ?
Dès avant la fuite précipitée de Ben Ali, les candidats au pouvoir ont commencé à se manifester. Les jours et les semaines qui viennent verront apparaître toute une série de personnages qui, la main sur le cœur, assureront avoir toujours été des démocrates sincères et des opposants de la première heure à la dictature, pour solliciter à la fois les suffrages des Tunisiens et la bénédiction des puissances protectrices. Sans entrer dans les détails, rappelons quelques vérités historiques :
a-      Le coup d’État médical par lequel Ben Ali avait destitué Bourguiba, le 7 Novembre 1987, avait été organisé par les services de renseignement italiens, auxquels les services US et français avaient sous-traité l’affaire. L’homme au départ prévu pour remplacer Bourguiba était le général Habib Ammar. Les organisateurs de l’opération changèrent de pion au dernier moment. Lorsque Ben Ali, un policier formé par les US-Américains et agent opérationnel de la CIA depuis les années 1960, apprit qu’il avait été choisi, il…s’évanouit.
b-      L’ensemble de la « gauche laïque et démocratique » tunisienne soutint Ben Ali dès sa prise de pouvoir, signant avec lui un « Pacte national ». La motivation principale du putsch avait été d’empêcher les islamistes du mouvement Ennahda (la Renaissance) d’arriver au pouvoir par une révolution populaire doublée d’un coup d’État. Ben Ali engagea une répression féroce et efficace contre ces islamistes, soutenu dans cette opération par la quasi-totalité de la « gauche laïque et démocratique » - à l’exception de quelques avocats courageux – et de ses relais internationaux, en premier lieu la Fédération internationale des droits de l’homme, avec la bénédiction unanime de l’Occident démocratique saluant en lui un « rempart de notre civilisation » .
c-       Une fois son « travail de nettoyage » des islamistes achevé, Ben Ali s’occupa à son tour de cette « gauche », pratiquant avec adresse la carotte et le bâton : les uns furent réduits au silence et à l’exil, d’autres furent achetés et cooptés dans le pouvoir ou dans ses environs.
d-      Les politiciens ont aussi droit à la retraite. Une mesure salutaire serait d’instaurer une bonne fois pour toutes la retraite à 65 ans pour les hommes et femmes politiques. Cela permettrait de dégager la piste pour les nouvelles générations, dans un pays où 51% de la population a moins de 30 ans.
e-      La révolution tunisienne en cours n’a pas été le fait des groupuscules militants d’opposition, dont la présence dans le pays a été jusqu’ici fantomatique, et qui se sont généralement accommodés d’un exil subventionné par une Union européenne qui s’est acheté une bonne conscience à peu de frais, quelques  Euros distribués à droite ou à gauche (enfin, surtout à gauche). Donc aujourd’hui, aucun groupe politique ne peut asseoir sa légitimité sur la révolution en cours, qui est un mouvement de masse impulsé par la jeunesse diplômée chômeuse, rejointe par la jeunesse scolarisée, les déshérités puis, au dernier moment, les classes moyennes.
4         -  Quelles perspectives
Aucun des courants politiques « historiques » représentés par les exilés qui vont rentrer au pays ne pouvant revendiquer une quelconque légitimité révolutionnaire – ils n’ont été pour rien dans la fuite de Ben Ali -, on peut se demander quelle tournure va prendre le mouvement.  Un embryon de pouvoir populaire est en train de se développer : ce sont les comités d’autodéfense constitués spontanément par la population pour défendre les quartiers contre les opérations armées des sbires du régime, qui, à bord de 4x4, tirent à tout va et pillent. Mais cela ne suffira pas à établir une démocratie. Pour que le peuple participe réellement au jeu électoral, il faut qu’il ait ses propres candidats. Et pour cela, il doit s’organiser. Les diplômés chômeurs se sont, dans un premier temps, tournés vers les structures régionales du syndicat UGTT, mais cela ne vas très loin. Les diplômés chômeurs doivent créer tout simplement un parti et entrer dans le jeu politique. Ce parti de l’intelligence collective pourrait organiser les jeunes diplômés chômeurs et, autour d’eux, la jeunesse scolarisée, les précaires et les déshérités, pour faire entendre la voix du mouvement réel et de ses revendications dans les instances élues. Cette organisation pourrait et devrait être le cadre d’initiatives autonomes de création de richesses et d’emplois, en servant de pépinière de coopératives et d’autres structures d’auto-organisation. Car il est bien entendu qu’il n’y a pas grand-chose à attendre de l’État, fût-il devenu « démocratique ».
5         – Les Tunisiens et le monde
Le message envoyé au monde par le peuple tunisien a été reçu cinq sur cinq dans tout le monde arabe, du Maroc à la Jordanie, en passant par l’Égypte et le Koweït. Tandis que les dictateurs tremblent, les peuples s’organisent. Les Tunisiens sont, avec les Palestiniens, le peuple arabe comptant la plus forte proportion de diplômés. S’ils arrivent à déterminer, par la mise en pratique de leur intelligence collective, le cours des événements politiques, leur expérience aura valeur d’exemple, de l’Atlantique au Golfe et même au-delà. Dans le monde sans frontières où nous (sur)vivons, un battement d’ailes du papillon WikiLeaks peut provoquer un tsunami de Sidi Bouzid à Soliman.

Note
* Destour : mot d’origine turque entré dans la langue arabe et  signifiant constitution. Le premier parti politique tunisien, créé en 1920, s’appelait le Hizb al-Hor al-Destouri, Parti libre constitutionnel. Il réclamait l’adoption dune constitution redonnant aux Tunisiens les droits dont les avait privé l’établissement du protectorat français en 1883.  Son premier chef, le Cheikh Abdelaziz Thâalbi, publie un pamphlet historique, La Tunisie martyre, qui lui vaudra d’être emprisonné. En 1934, Habib Bourguiba et ses amis scissionnent du parti et créent le Néo-Destour, qui dirigera le combat pour l’indépendance. Une fois arrivé au pouvoir en 1956, Habib Bourguiba se débarrassera d’abord des communistes, qui avaient soutenu la lutte pour l’indépendance, en interdisant leur parti en 1957, puis de l’aile nationaliste arabe radicale du Néo-Destour, dirigée par Salah Ben Youssef, assassiné sur ordre de Bourguiba en août 1961 à Francfort-sur-le-Main. Le Néo-Destour devient le Parti socialiste destourien en 1964. En 1988, Ben Ali le rebaptise Rassemblement constitutionnel démocratique (RCD). Le RCD deviendra durant l’ère Ben Ali le passage obligé pour tout Tunisien voulant devenir « quelqu’un », bref « l’ascenseur social » n°1, avec plus de 2 millions de membres revendiqués, soit un quart de la population.  Durant la révolution de janvier 2010-janvier 2011, le RCD s’avèrera rapidement être une coquille vide. Comme son prédécesseur, le RCD est membre de l’Internationale socialiste.

Du même auteur, lire De Sidi Ifni à Sidi Bouzid : la révolte logique des Bac + contre la dictature des Bac –

lundi 10 janvier 2011

Tunisie- Date-limite : 7 février

Les révoltés tunisiens n’ont plus que 28 jours pour finir le travail qu’ils ont commencé. En effet, la date-limite fixée par l’histoire pour mettre fin au règne du Gangster-du-7-Novembre et de sa shampouineuse est celle du 7 février. Pourquoi le 7 février ?
Parce que c’est le 7 février 1986 que deux des modèles de Zaba et Leyla ont été chassés de leur trône par leurs peuples :  Jean-Claude Duvalier, alias Baby Doc, et sa Michèle Bennett, le couple régnant kleptocrate d’Haïti d’une part, et Ferdinand Marcos, et son Imelda, dite « Madame 5% », la femme aux 3000 paires de chaussures, le couple régnant kleptocrate des  Phlippines, d’autre part.

La fuite des Duvalier

La fuite des Marcos



En achevant son opération de nettoyage le 7 février, le peuple tunisien gagnera ainsi sa place dans la galerie des peuples heroïques. Il pourra alors s’atteler au plus difficile, la reconstruction. En commençant par le  jugement des criminels qu’il aura chassés de leurs fauteuils. S’il arrive à se saisir d’eux, bien sûr, et à les mettre au frais à la Prison civile du 9-Avril.

PS : évidemment, si vous préférez choisir une date bien à vous, bien tunisienne, il va falloir faire vite : la prochaine date historique, c’est le 18 janvier, jour du déclenchement de la résistance anti-coloniale en 1952. Et ne dites surtout pas que vous préférez attendre un an, jusqu’au 18 janvier 2012, ou même deux mois, jusqu'au 20 mars ! On a assez attendu ! 23 ans, c’est plus qu’assez !
 Remplacer "Haïti" par "Tunisie"
“C’est pas ma faute”
La chanson de ZABA
(À rapper sur un air et un rythme de votre choix)
[Hommage à ElGeneral, rappeur sfaxien arrêté par la dictature le 6 janvier 2011 et qui vient d'être remis en liberté]

C’est la faute de WikiLeaks
C’est la faute de Robert F. Godec
C’est la faute d’Al Jazeera
C’est la faute d’Al Hiwar
En tout cas, c’est pas ma faute, c’est pas ma faute (bis)

C’est la faute de Fessebouc
C’est la faute de Touitter
C’est la faute de Google
C’est la faute de Bill Gates
En tout cas, c’est pas ma faute, c’est pas ma faute (bis)
C’est la faute des Chinois
C’est la faute des Indiens
C’est la faute des Roumains
C’est la faute des Papous
En tout cas, c’est pas ma faute, c’est pas ma faute (bis)

C’est la faute des volcans islandais
C’est la faute du réchauffement climatique
C’est la faute de la dérive des continents
C’est la faute, c’est la faute…
En tout cas, c’est pas ma faute, c’est pas ma faute (bis)
Auteur : Zine El Abidine Ben Ali
Premiers  éléments du projet de discours de défense devant le Tribunal du Peuple