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dimanche 13 février 2011

La Tunisie libérée du joug d’un dictateur … par sa jeunesse, les Nouzouhs venus du Sud : la révolution pourra-t-elle aboutir ?

par Ginette Hess Skandrani, 9/2/2011
Plusieurs de mes amis, opposants tunisiens de la première heure ou soutiens de cette opposition en France m’ont demandé pourquoi je n’ai rien écrit sur cette libération de la Tunisie alors que je n’arrêtais pas de diffuser les textes d’analyse des uns et des autres sur la situation de ce pays.
J’ai préféré attendre, suivre les événements, essayer de comprendre, voir si cette révolte pouvait continuer sans se faire récupérer comme cela est arrivé tant de fois par le passé.

Cela  fait douze ans que je ne peux me rendre en Tunisie, Ben Ali m’en ayant interdit l’entrée à cause de engagement concret contre le dictature, mon soutien aux prisonniers politiques, ma dénonciation d'un régime corrompu, mes actions publiques contre la banalisation de la répression policière et de la torture.
CELA FAIT DOUZE ANS QUE JE DÉNONCE LE SOUTIEN ÉCONOMIQUE ET POLITIQUE DONT BÉNÉFICIE LE DICTATEUR  SOUS PRÉTEXTE QU’IL CONSTITUERAIT UN REMPART CONTRE LA MONTÉE DE L’ISLAMISME ET PAR SES POSITIONS DE SOUTIEN AU SIONISME comme en témoigne l' installation d’ un « Conseil économique israélien » sur l’avenue Bourguiba, alors que l’encre de ces « accords d’Oslo » qui trahissaient Intifada, n’était pas encore séchée.
Ma fille franco-tunisienne, ainsi que ma petite-fille qui avait tout juste onze ans, ont également eu des problèmes lors de leur arrivée à l’aéroport et gardées au commissariat afin d’être interrogées pendant plusieurs heures. Mon ex-mari a été obligé de produire l’acte de divorce pour pouvoir rentrer en Tunisie. La famille tunisienne, sur place a également été soupçonnée à cause de mes engagements contre la dictature tunisienne. Le pouvoir benaliste était d’une telle férocité qu’il s’en prenait à toute la famille, grande et petite et également aux amis de tous ceux qui osaient le critiquer. Il est vrai qu’étant en France, je prenais moins de risque que la famille qui était au pays. Mais fallait-il se taire pour autant ?
Nous étions peu nombreux, il y a une quinzaine d’années, à soutenir les Tunisiens, à accueillir les réfugiés, à essayer de comprendre comment ce pays qui prétendait respirer l’hospitalité, la douceur de vivre, qui vantait ses plages, son sable fin et son ciel bleu pouvait traiter aussi férocement sa population.
Mes liens avec la Tunisie sont des liens très étroits qui datent de mon mariage avec un Tunisien. J’ai été souvent dans sa famille que j’ai toujours appréciée.
 J’ai beaucoup aimé ce pays malgré le fait que l’on ne pouvait s’exprimer ouvertement dans la rue , dans les cafés, ou le TGM, le train qui faisait le tour de la baie de Tunis. Déjà sous Bourguiba les gens chuchotaient quand ils critiquaient le gouvernement. Sous Ben Al, c’était encore pire, ils attrapaient des torticolis à force de se retourner dans tous les sens pour voir s’ils n’étaient pas écoutés. Ayant été élevée librement en Alsace par des parents engagés communistes et anticolonialistes, je n’avais pas l’habitude de ce genre d’attitude et j’étais souvent mal à l’aise, sans compter que je gênais mes interlocuteurs. Surtout que j’étais très curieuse de nature et je que je posais plein de questions sur l’organisation de la société, sur la politique du pays, sur les liens avec les Palestiniens.
J’ai pris vite conscience que la décolonisation ou la « déprotectoration » de la Tunisie n’était pas terminée et que ce pays dépendait toujours de la France. J’ai vu également déferler cette société de consommation occidentale au détriment des consommations, productions, distributions locales. Le formica devenait roi, ainsi que le pain industriel et le préfabriqué dans une société qui avait des traditions ancestrales et surtout communautaires. C’est cette solidarité familiale, de clan, communautaire qui me plaisait le plus, vu que j’arrivais d’un pays où l’individualisme, le matérialisme, la compétition, l‘élimination des plus pauvres était roi.
 J’ai été accueillie dans une grande famille très ouverte et tolérante. Mes belles sœurs, dont certaines portaient le hijab, d’autres non, étaient très ouvertes et discutaient de tout avec moi, y compris de leurs relations de couple. Plusieurs membres de la famille étaient pratiquants, d’autres se disaient laïcs. Les débats étaient très intéressants. J’avais compris que certains se réfugiaient également dans la pratique de l’islam pour échapper à cette occidentalisation déferlante. J’avais également compris avant l’heure que les accords de partenariat signés entre l’Europe et la Tunisie allaient achever la petite paysannerie du sud, l’artisanat et la petite industrie et détruire ce qui faisait la richesse de la société tunisienne : son hospitalité et sa solidarité avec les plus pauvres.
 La pauvreté du Sud est également issue de ces accords coloniaux signés individuellement par certains pays du Maghreb au détriment de leurs productions locales. Au lieu de négocier groupés, les gouvernements ont préféré aller chacun tout seul à la soupe. Une soupe qui se révéla bientôt indigeste pour les peuples, surtout le peuple tunisien. La révolte des jeunes contre la pauvreté, l’exclusion et le manque d’avenir vient pour beaucoup de cette exploitation européenne à travers les accords de « partenariat » coloniaux.
 Lorsque j’avais compris, avec l’arrivée au pouvoir de Ben Ali, qui avait d’abord suscité un énorme espoir, vu ses promesses de changement, que la Tunisie allait continuer à être traitée comme une éternelle assistée par l’ancien « protecteur », j’ai essayé de discuter. Mais comme ils étaient tous attirés par le progrès, le consumérisme occidental et qu’ils voulaient tous vivre comme des Français…j’ai compris que c’était trop tôt et qu’il fallait attendre.
L’ensemble de la « gauche laïque et démocratique » tunisienne soutint Ben Ali dès sa prise de pouvoir, signant avec lui un « Pacte national ».
La motivation principale du putsch médical pour virer Bourguiba avait été d’empêcher les islamistes du mouvement Ennahdha (la Renaissance) d’arriver au pouvoir par une révolution populaire. Ben Ali engagea une répression féroce et efficace contre ces islamistes, soutenu dans cette opération par la quasi-totalité de la « gauche laïque et démocratique » des deux côtés de la méditerranée. Quelques avocats courageux osèrent s'opposer. Les relais internationaux,  en premier lieu la Fédération internationale des droits de l’homme ont pris position contre les tortures.
La répression était organisée avec la bénédiction unanime de l’Occident démocratique saluant en lui un « rempart de notre civilisation » contre l’islamisme obscurantiste.
 Une fois son « travail de nettoyage » des islamistes achevé, Ben Ali s’occupa à son tour de cette « gauche » timorée. Les uns furent réduits au silence et à l’exil, d’autres furent achetés et ont rejoint le pouvoir.
Lorsqu’il y a eu les premières répressions contre les opposants, arrestations des militants d’Ennahdha suivie par celle des groupes d’extrême-gauche, des militants des droits de l’homme, peu de gens ont bougé en France. Ils ont tous cru le « Super menteur » qui prétendait empêcher l’islamisation de la Tunisie en se servant honteusement de la propagande des généraux algériens responsables du putsch électoral sous le même prétexte. Entre dictateurs, on se sert les coudes.
Lorsque j’ai commencé à dénoncer les arrestations arbitraires, les interrogations dans les ministères, les tortures dans les commissariats, le flicage de la population… je me suis fait traiter de sous-marin des islamistes par cette gauche conditionnée, y compris par LES VERTS dont j'étais une des dirigeantes. (membre du CNIR)
Nous avons crée des comités, des associations en soutien aux Tunisiens, toutes tendances confondues, et lancé une campagne pour le respect des droits de l’homme en Tunisie.
Nous avons organisé des manifestations, des rassemblements, des conférences afin de dénoncer la torture, les arrestations, tout en soutenant les réfugiés tunisiens qui ont réussi à s’enfuir, souvent à travers la Libye et qui se sont regroupés dans une association « Solidarité tunisienne ». Nous avons soutenu les grèves de la faim pour la libération des prisonniers tunisiens.
J’ai également participé pendant deux années à la rédaction du journal de l’opposition « L’Audace » où je tenais une rubrique mensuelle sur les prisonniers. Je réalisais également des interviews des femmes libérées de prison tout en plaçant de temps en temps mes articles de soutien aux Palestiniens.
Je n’ai jamais fait de différence, contrairement à d’autres entre les laïcs et les religieux. Pour moi, ils étaient tous Tunisiens et victimes de la dictature de Ben Ali et de sa clique mafieuse.
J’ai été menacée par la police secrète de Ben Ali à Belleville, agressée et surveillée continuellement.
J’ai également programmé plusieurs émissions sur « Radio Méditerranée », une des dernières radio vraiment libre dont j'étais animatrice,  en invitant des opposants tunisiens afin de débattre de la dictature de Ben Ali et de ses sbires.
Mes enfants et petits-enfants m’ont souvent reproché mon engagement contre le dictateur et ses ramifications, car ils ne pouvaient plus aller en Tunisie. Ce pays était également leur pays de par leur naissance. Ils l’aimaient beaucoup ainsi que la famille qui était restée en Tunisie.

L'AVENIR D'UNE TUNISIE DÉMOCRATIQUE POUR L'ENSEMBLE DU PEUPLE TUNISIEN DANS TOUTE SA DIVERSITÉ
Maintenant que les jeunes ont libéré le pays et donné un coup de pied à Ben Ali ce voleur qui a trouvé refuge au pays des intégristes, il faut espérer qu’ils arriveront également à se débarrasser du système mafieux qu’il avait tissé, de tous les agents officiels et secrets dont il avait parsemé le pays, des mouchards, des indics de toutes sortes et des faux-culs qui arpentaient les trottoirs comme des prostitués, tout en surveillant tout le monde, y compris les touristes.
 Je me demande si une Tunisie démocratique s’intégrant dans un futur Maghreb uni, se tournant résolument vers l’Afrique tout en gardant ses racines méditerranéennes sera réalisable?

UN GOUVERNEMENT D'UNITÉ NATIONALE POURRA-T-IL VOIR LE JOUR DEMAIN?
Lors des manifestations et rassemblement pour la Tunisie à Paris, les militants tunisiens ne sont pas arrivés à faire des cortèges unitaires.Il y avait d’un côté les associations laïques, comme la FTCR ou la LTDH ou les syndicalistes de l’UGTT qui nous reprochaient nos positions sur la décolonisation de toute la Palestine et préféraient que nous ne défilions pas dans leur cortège. De l’autre côté, les représentants d’Ennahdha et de tous leurs sympathisants, qui eux , nous accueillaient favorablement vu qu’ils sont également antisionistes. Mes relations avec Ennahdha ont toujours été correctes, alors que je suis une « libre penseuse » notoire. Je respecte les croyants, qui en principe me le rendent bien. Je déteste également cette laïcité intégriste s’attaquant en priorité aux musulmans et qui me rappelle trop l’inquisition chrétienne qui voulait convertir tout le monde.
Maintenant que la majorité d’entre eux ont retrouvé leurs passeports et sont retournés chez eux, j’espère qu’ils arriveront à dialoguer entre eux et à construire, DÉGAGÉS DU COCON FRANÇAIS ET EUROPÉEN UNE IDENTITÉ TUNISIENNE plurielle et multiculturelle pour laquelle ils se sont tous battus.
Le combat pour une démocratie à la tunisienne, qui n’est pas celle des impérialistes et sionistes occidentaux, une démocratie crée et discutée par l’ensemble du peuple tunisien aura bien du mal à émerger.
Mais cette démocratie-là, initiée par cette jeunesse dans la rue, concrétisée par les nombreuses discussions et négociations entre toutes les tendances politiques et sociales du pays finira par émerger.
J’ai toujours fait confiance au peuple tunisien et je suis sûre qu’il finira par gagner sa libération. Il a donné l’exemple à tous les peuples arabes dont certains, comme Égypte et le Yémen, commencent déjà à suivre son exemple. Il a également suscité beaucoup de réflexions chez la jeunesse européenne qui pourrait bien prendre exemple de son courage et de sa perspicacité.

mercredi 15 septembre 2010

Conférence de soutien aux RROMS et autres gens du voyage le 18 septembre

Animée par Ginette Hess Skandrani
au
Théâtre de la Main d’Or, 15 passage de la Main d’Or
75011 Paris, m° Ledru-Rollin
samedi 18 septembre 2010, 14 heures 30

en première partie, projection du film Liberté, de Tony Gatliff (2010), sur l'odyssée d'un groupe de Rroms pendant l'Occupation

 Notre président, ainsi que son gouvernement sont en train de mener une politique abjecte contre les gens du voyage. Abjecte, car elle est une injure à l'humanité toute entière.

 Les gens du voyage qu'ils soient Tziganes, Manouches, Yéniches ou Gitans, ont autant de droit que les autres citoyens de l’hexaqone, surtout que la majorité d'entre eux ont la nationalité française.
 Les Rroms, que le gouvernement continue à expulser vers la Roumanie sont des Européens et ceci depuis certainement plus longtemps que bien des gens qui les pourchassent.

 Cette attitude envers les gens du voyage nous choque profondément alors que leur musique et leurs danses nous enchantent, que nous adorons tous Django Reinhart, Manitas de Plata ou Chico et les Gypsies, qui sont tous autant gitans que ceux que nous ne tolérons ni sur nos terrains, ni dans nos rues, ni dans nos quartiers et que nous continuons à dénigrer et à humilier. Leurs musiques et leurs danses, leur façon langoureuse de jouer du violon ont animé et continuent à animer bien des soirées en salle ou en plein air.

 Que diriez-vous si nous remplacions gens du voyage par juifs comme cela se faisait avant la deuxième guerre mondiale au moment où ils étaient chassés de partout et mis dans des camps. Vous seriez certainement choqués et nous aussi. Les Tsiganes ont également été
 victimes des nazis et mériteraient qu'on les honore tout autant en leur dressant des stèles et en leur proposant des réparations comme tous ceux qui ont subi un génocide.
 La première des réparation ne serait-elle pas de les accueillir dignement, car les descendants de ceux qui ont subi le génocide nazi ont droit à notre respect.
 Nous demandons que, conformément à la loi les gens du voyage puissent voyager librement d'une région à l'autre sans qu'il leur soit attribué un pass, qu'ils aient des papiers comme tout le monde, qu'ils puissent profiter des aires de repos attribuées dans toutes les villes,
 aménagées et vivables comme décrété par la loi.
 Et surtout nous ne tolérons plus ce racisme envers les gens du voyage que nous apprécions lorsqu'ils sont parmi nous.
 Nous avons contacté des représentants des associations des gens du voyage. J’espère qu’ils seront parmi nous.
 Ginette Hess Skandrani

« Un esprit de liberté » : témoignage
Née en Alsace à une époque très bouleversée, entre un papa communiste et résistant et une maman anarchiste et tout autant résistante, j'ai vécu une enfance extraordinaire et grandi sans m'en rendre compte. Ma prime enfance, sous l’occupation allemande, s'est passée dans une cave. Ma grand-mère maternelle étant à la fois manouche et juive, d’une mère faisant partie des gens du voyage et d’un père juif fils d'un grand propriétaire terrien dans les Vosges, était doublement pourchassée par les nazis.
Mon arrière-grand-mère,  Carolyne Sutter a eu 7 enfants qu’elle a élevé en mendiant et en faisant du troc dans les rues de Chatenois, ayant été abandonnée par son mari qui avait préféré retourner dans le giron familial.
Elle et ses enfants n'avaient jamais été acceptés par la famille juive puisque leur sang était « manouche ».
Tous les  frères et sœurs de ma grand-mère qui n'ont pas réussi à se cacher ou à fuir dans les Vosges ont été déportés. Ils sont tous revenus, mais dans un sale état, surtout celle que j’aimais particulièrement : ma grande-tante Maria. Elle passait son temps à me raconter sa vie aventureuse. Elle vivait de cueillettes, de danses et de chants. Elle était douée pour la médecine des plantes et avait de nombreux clients. Elle dansait aussi quand son mari jouait de l’accordéon dans les fêtes. Ses récits ont bercé mon enfance. Elle avait beaucoup souffert, ayant été enfermée au Struthof puis à Buchenwald. Elle était restée profondément manouche tout en étant sédentaire. Comme elle a été stérilisée, comme beaucoup de femmes tziganes, elle n’a pas eu d’enfants. Toute son affection s’était reportée sur moi. Elle m’emmenait souvent, sans en avertir mes parents, dans un camp manouche qui se trouvait à Logelbach à côté de Colmar. Je m’y amusais avec les gosses manouches, j’aimais leur musique, leurs fêtes, leurs danses. La blondinette que j’étais avait fini par se faire adopter par les autres enfants. C’est ma mère qui a mis le holà car elle n’aimait pas beaucoup cet esprit de liberté qui était déjà bien ancré en moi.
J’ai toujours été attirée par les gens du voyage qu’ils soient Rroms, Manouches, Gitans, Yeniches ou Tsiganes.
Je les ai toujours défendus.
GHS, Septembre 2010

jeudi 5 novembre 2009

Chroniques de la vie quotidienne dans la France sarkozyenne (Vol.II, N°14)-Une autre drôle d'audience


Audience du 30 octobre devant la Cour d’Appel de Paris
Par Mohamed Tehrani pour Basta!, Paris, 4 novembre 2009
L’un des agresseurs de Ginette  Hess Skandrani, Ruben Colleu, condamné pour violence aggravée commise en réunion et avec armes, le 25.10.2006 au domicile de la victime,  à 2 ans d’emprisonnement dont 18 mois avec sursis, et à 10000 euros à titre de D.I en réparation du préjudice,  avait fait appel du jugement prononcé le 3.02.2009.
Ruben Colleu, toujours en fuite en Israël, n’était pas présent à l’audience du 30 octobre. Il a été défendu par deux avocats particulièrement hargneux.
Mme Skandrani est intervenue en demandant pourquoi Colleu n’était pas présent devant la cour d’appel  alors qu’il a fait appel du jugement,  prétendant n’avoir pas été présent dans l’appartement lors de l’agression.  Elle a également réfuté les accusations d’antisémitisme proférées contre elle, en disant qu’elle a défendu bien des causes  mais n’a jamais subi ce genre de ratonnade. Elle se souvient d’avoir été agressée par deux individus : Jordan Benhamou et Mike Sfez qu’elle a reconnu, mais elle a entendu, lorsqu’elle était à terre, la vue voilée par le sang,  plusieurs voix différentes.
Maître Missamou,  l’avocat de Mme Skandrani, a prouvé la matérialité des faits en se basant sur  les déclarations de Mike Sfez, un  des  agresseurs  qui l’avait dénoncé Colleu en certifiant sa présence dans l’appartement.
Les deux avocats dont nous n’avons pas retenu les noms ont été particulièrement virulents  en justifiant la haine des agresseurs contre Mme Hess Skandrani.
Le 1er avocat :
Concernant le  défaut de présentation de Colleu devant la justice française, l’avocat a  dit qu’il faisait son service militaire en Israël  durant trois ans et ne pouvait de ce fait  se libérer. Il a justifié que son client ne maîtrisait pas les procédures judiciaires et qu’il a   également un casier judiciaire vierge. Il a agi sur un coup de tête donc il ne pouvait   s’agir de préméditation.
Il a fait une ébauche concernant la personnalité de Colleu Ruben,  qui a  « émigré  en Israël afin de vivre pleinement son projet. II effectue son service militaire de 3 ans  et il a eu l’autorisation du magistrat instructeur afin de réaliser son projet au cours de la procédure ».
Il a tenté de justifier l’agression, « tout en la condamnant » par plusieurs raisons : il faut essayer de comprendre ces jeunes car ils s’imaginaient par leur action venger 6 millions de morts.  Il explique le lien de parenté de Colleu avec la déportée de Bordeaux Madame Benzazon  et fait le  lien avec l’affaire llan Halimi février 2006.  Il a voulu venger la mort d’Ilan Halimi par cette agression en  octobre 2006 (sic).
Le 2ème avocat :
Pour expliquer cette agression, l’avocat a fait une recherche sur Internet  et  il a découvert que Mme Hess Skandrani  « publiait sur plusieurs sites négationnistes, elle n’arrêtait  pas de nous provoquer par ses propos concernant lsraël ».
Le Président du tribunal a recadré l’avocat lui précisant que ces faits n’avaient rien à voir avec l’affaire, mais celui-ci a poursuivi.
Il a expliqué au tribunal l’exclusion de Ginette Hess Skandrani des Verts par son opposition à la loi Gayssot, ses publications dans l’AAARGH  et la Plume et l’enclume, son lien avec Dieudonné et sa participation à la liste antisioniste.
Il a également fait référence au procès du 27 octobre dernier pour publication d’informations contenant le nom d’un mineur.
Maître Missamou, l’avocat de Ginette Hess Skandrani a rappelé avec justesse que l’affaire devant la 17è chambre correctionnelle du 27 octobre,   n’avait rien à voir avec cette affaire car Ruben Colleu n’avait pas porté plainte pour cette affaire.
Il  a plaidé la confirmation de la peine et a rappelé les traumatismes liés à l’agression avec des certificats médicaux à l’appui.
Concernant Colleu, il a plaidé son défaut  de présentation devant la justice française.
Il y a eu également  préméditation, car la descente chez Mme Hess Skandrani avait été décidée entre les quatre agresseurs en réunion rue des Rosiers.
Réquisitions du Procureur :
En intro, il n’imaginait pas autant de haine en France, des individus,  peut-être manipulés,  agressent lâchement une femme âgée.
Il a rappelé que Ruben Colleu n’a pas fait  le minimum afin de se présenter devant la justice.
En conséquence ; le Procureur a demandé  une requalification des faits car il y a eu des violences aggravées sur la victime et il y a une complicité au moments des faits dans l’appartement (présence confirmée par les déclarations de Mike Sfez)

Le délibéré aura lieu le 20 novembre.

lundi 5 octobre 2009

Colmar en état de siège

Il m'a semblé revenir au moment où les forces de l'ordre nous bloquaient les frontières et nous empêchaient de manifester dans les annéees 7O-80. Rien n'a changé...le nucléaire est toujours un sujet sensible en Alsace, 30 ans plus tard.
Nous sommes arrivés à 14 heures à la gare de Colmar et avons été bloqués lors de la sortie. Nous avons vu près de 5000 personnes confinées autour de la gare, tous les magasins et bistrots fermés, toutes les rues fermées, des hélicoptères survolant la place avec un bruit assourdissant. Colmar était en état de siège. Cela devait rappeler de bien mauvais souvenirs aux vieux Colmariens qui avaient connu l'occupation nazie
Nous devons quand même remercier ces 5000 militant/es qui n'ont pas hésité à braver l'état de siège, afin de demander la fermeture de la plus vieille et la plus usée centrale nucléaire de France. Nombreux d'Allemands et de Suisses ont été bloqués à la frontière, sinon nos effectifs auraient été largement doublés.
La démocratie en a pris un sacré coup, la liberté d'expression également. Les policiers alsaciens et allemands rassemblés pour empêcher les gens de s'exprimer nous faisaient penser aux occypants d'il y a 69 ans...
Ginette Hess Skandrani
redevenue Colmarienne pour quelques jours
et toujours antinucléaire

Colmar, 4 octobre 2009,
Communiqué - Blocage des manifestants - Colmar en état de siège.
"Sortir du nucléaire" dénonce le blocage des manifestants allemands et suisses aux frontières et le placement de Colmar en état de siège par les forces de police.
Le Réseau "Sortir du nucléaire" dénonce fermement les blocages dont sont victimes, aux frontières de la France, les manifestants allemands et suisses qui souhaitent se rendre à Colmar pour participer au grand rassemblement pour la fermeture de la centrale nucléaire de Fessenheim.
Après différentes manoeuvres ces derniers jours pour tenter de perturber la préparation de la manifestation et de dissuader les citoyens de venir à Colmar, les autorités françaises se permettent carrément d'empêcher les gens de venir manifester. C'est intolérable.
De même, le Réseau "Sortir du nucléaire" dénonce les mesures policières insensées mise en place à Colmar qui ressemble à cette heure à une ville assiégée. Tous les piétons sont immédiatement contrôlés, intimidés et dissuadés de se rendre au rassemblement (place de la Gare). Des hélicoptères survolent continuellement la ville. La police continue à appliquer le premier arrêté du maire (pourtant abrogé) qui interdit au piétons et vélos de circuler au centre ville !
Il faut être clair : ce sont les forces de polices qui créent l'insécurité et le danger, alors que les manifestants sont pacifiques et font preuve, eux, de responsabilité. Une fois de plus, il est démontré que le nucléaire ne nuit pas seulement à l'environnement et aux êtres vivants mais aussi à la Démocratie.
Contact presse : 06 64 100 333
Photos en bonne résolution à télécharger ici :
http://www.flickr.com/photos/43160621@N08/
A la UNE du site http://www.dna.fr/
11h30 : Des entrées de Colmar fermées à la circulation
Le service des routes du conseil Général du Haut-Rhin confirme dans un communiqué à 11h30 les fermetures suivantes en vue de la manifestation de Colmar qui doit se tenir à 14h, place de la Gare.
Entrée Est de Colmar via LA SEMM RD 415 fermée et déviée par la RD 418 Horbourg.
Sortie Sainte Croix En Plaine en direction de Colmar fermée sauf accès secours pour Hopital Schweitzer et déviée par A35
Entrée Sud de Colmar via RICO fermée et déviée par la RD 83, contournement Ouest de Colmar.
10h30 : centre ville bouclé et sous haute surveillance
A quelques heures du grand rassemblement anti-nucléaire qui doit se tenir en début d'après-midi place de la Gare, Colmar est plongée dans un grand silence et le centre ville est sous haute surveillance.
L'avenue de la République et les rues voisines sont bouclées et interdites à la circulation des voitures ; pour franchir le dispositif policier, assuré par les gendarmes et les CRS, il faut montrer patte blanche.
Seuls les piétons et les cyclistes accèdent dans le secteur de la place Rapp où l'on voit passer quelques joggeurs.
C'est le calme plat, les commerces du secteur sont fermés à part une pâtisserie de l'avenue de la République.

mercredi 4 février 2009

Condamnation des 3 agresseurs de Ginette Skandrani

Suite à l’agression avec violence aggravée commise en groupe contre Ginette Hess Skandrani à son domicile le 25 octobre 2006, ont été jugés ce jour, 3 février :

- Ruben COLLEU, non présent, car en fuite en Israël mais défendu par son avocat. COLLEU faisait le guet dans la rue, tout en gardant les motos, pendant que les autres agressaient Ginette Skandrani avec des casques de motard.

- Steven ELIE, en train de faire son service militaire en Israël avec l’accord de la Cour et qui a envoyé une lettre accusant les autres membres du groupe qui se sont réunis la rue des Rosiers afin de programmer l'agression.

- Mike SFEZ, que Ginette Skandrani avait reconnu comme l’un de ses deux agresseurs, ce qu’il a essayé de nier, en voulant faire croire qu’il était resté derrière la porte. Le quatrième agresseur était Jordan BENHAMOU, mineur au moment des faits et condamné le 18 novembre 2008 par le Tribunal pour enfants.

L’avocat de SFEZ a essayé de faire passer la victime pour une antisémite, voir une négationniste qui fréquente un certain humoriste. Il lui a également reproché d’avoir divulgué les noms de ses agresseurs sur le net.

Ils ont tous les trois été reconnus coupables et condamnés :

SFEZ à deux ans d’emprisonnement dont 18 mois avec sursis. Les 6 mois pouvant se transformer en travaux d’intérêt général

COLLEU idem que SFEZ.

ELIE coupable par défaut à trois ans d’emprisonnement. Un mandat d’arrêt a été lancé contre lui.
Une somme de 10 000 € doit être versée pour réparation des
dommages ainsi que 1500 € pour les frais de justice.

jeudi 29 janvier 2009

3 février 2009 : Procès contre un deuxième agresseur de Ginette Skandrani

Le prochain procès contre un des nervis sionistes qui avaient violemment agressé Ginette Hess Skandrani à son domicile avec des casques le 25 octobre 2006 - les deux autres étant en fuite dans le pays de la barbarie - aura lieu le 3 février à 13 h 30 devant la 15è chambre au Palais de justice de Paris.
Celui qui était mineur au moment des faits a été jugé le 18 novembre 2008 et a écopé d'un an de prison avec sursis et cinq ans de mise à l'épreuve, 3000 euros de dommages à verser à la victime et 800 euros de frais de justice. Nous verrons si la justice sera plus sévère avec le deuxième qui était majeur et donc responsable de ses actes au moment des faits.

lundi 19 janvier 2009

En Palestine, la Résistance s’appelle Hamas

Le Hamas n’est pas un mouvement terroriste puisqu’il se bat pour la récupération des terres palestiniennes spoliées par l’État sioniste
Par Ginette Hess Skandrani, 19 janvier 2009
L’auteure
Ginette Hess Skandrani est une vétérane des luttes anticolonialistes, antimilitaristes et antinucléaires, depuis le soutien apporté au FLN algérien dans son Alsace natale pendant la guerre d’indépendance algérienne jusqu’au soutien indéfectible qu’elle apporte à la résistance palestinienne depuis 1966, en passant par la lutte contre la centrale nucléaire de Fessenheim, les essais nucléaires français dans le Pacifique, l’installation des fusées Pershing en Allemagne, le soutien aux luttes populaires contres les dictatures algérienne et tunisienne, le soutien au peuple irakien pendant la première et la deuxième guerre d’Irak et durant toute la période d’embargo, la première et la deuxième Intifada en Palestine occupée.Co-fondatrice des Verts français en 1984, elle a fondé l’association La Pierre et L’Olivier en 1990 et l’Alliance zapatiste de libération sociale en 1995. Elle a été exclue des Verts en 2007 pour avoir défendu le projet d’un seul État démocratique en Palestine, le seul qui lui semble viable.

Le Hamas, mouvement de résistance islamique tel qu’il se définit, est actuellement le plus important des mouvements palestiniens. Il est d’obédience musulmane, ce qui me semble tout à fait logique vu qu’il a vu le jour dans un pays musulman, alors que tous les membres et sympathisants de ce mouvement ne sont pas forcément musulmans. Beaucoup de mes amis du FPLP, souvent chrétiens, qui avaient essayé de concilier marxisme et nationalisme arabe, ont fini par rejoindre le Hamas pour continuer la résistance, une fois que le FPLP avait renoncé à la lutte armée. Le Hamas s’est d’ailleurs toujours présenté comme un « mouvement de résistance palestinien ». La dénomination Hamas a été délibérément choisie en raison du rapprochement avec le même mot en arabe, qui signifie « ardeur, zèle », sur le modèle de l'acronyme inversé Fatah.
Le Hamas a été crée en décembre 1987 par le Cheikh Ahmed Yassine au moment de la première Intifada dans laquelle ce mouvement s’était largement investi à côté des mouvements représentés dans l’OLP et des différents comités crées pour l’occasion. Cheikh Yassine, paraplégique et en fauteuil roulant, a passé dix ans de 1994 à 2004 dans les prisons de l’occupant. Le Hamas s’était inspiré à ses débuts du mouvement des Frères musulmans pour se transformer au fur et à mesure de ses combats en un mouvement de résistance et de reconquête des terres spoliées par Israël en 1948, lors de la création de l’État sioniste et celles annexées en 1967, créant des centaines de milliers de réfugiés.
Le Hamas, ainsi que le Jihad islamique, étaient des mouvements tolérés sinon soutenus, par Israël, pour affaiblir l’OLP. Les sionistes voyaient d’un très bon œil ces mouvements religieux car ils s’imaginaient pouvoir les cantonner dans les mosquées. Ils se sont bien trompés, car chaque Palestinien, croyant, pratiquant, ou non, est avant tout un patriote et cherchera toujours à défendre la terre de ses ancêtres.
Les attaques de sa branche armée visent indistinctement civils et militaires israéliens et déstabilisent l’occupant qui a fait pression sur toute la communauté internationale, afin de mettre ce mouvement, sur la liste des organisations terroristes établie par le Conseil de l’Europe, du Canada, du Japon et des USA. Sur cette liste figure également le FPLP.En revanche, pour la Grande-Bretagne et l'Australie, seule la branche armée du Hamas est classée comme terroriste ; pour l'Afrique du Sud, la Russie, la Norvège, le Brésil et d'autres pays, le Hamas n'est pas classé comme terroriste.
Par ailleurs le mouvement a créé un vaste réseau d'assistance sociale en Cisjordanie et dans la Bande de Gaza, et a remporté les élections législatives palestiniennes de 2006 et dirigé deux gouvernements successifs de l'Autorité palestinienne. Le groupe se concentre sur l'aide sociale et médicale, sur des projets religieux et une intense action d’aide aux familles. Il a acquis la confiance de l’ensemble de la population palestinienne.
Le Hamas, comme le FPLP (Front populaire de libération de la Palestine, crée par Georges Habache) ont rejeté les accords d'Oslo de novembre 1993 signés entre Israël et l’OLP, qui ont donné naissance à l’Autorité nationale palestinienne. Le 16 avril 1993, le Hamas a revendiqué la première opération kamikaze qu'il a organisée, elle a été perpétrée contre un bus à Mehola Junction dans la Vallée du Jourdain.
Avant la seconde Intifada, le Hamas a inauguré l'utilisation des attentats-suicides contre des civils israéliens (notamment à Hadera, en avril 1994) et contre des soldats et a étendu la résistance pendant les années du soulèvement palestinien, particulièrement durant la seconde Intifada. Le chef historique du mouvement, le cheikh Ahmed Yassine, est assassiné dans sa chaise roulante, lors d'une attaque ciblée de l'armée israélienne le 22 mars 2004, sur ordre d'Ariel Sharon. Son successeur Abdelaziz Al Rantissi est également assassiné quelques jours après sa désignation. Le changement de direction à la tête du Hamas entraîne un changement de stratégie du mouvement qui a commencé à s'impliquer davantage dans la vie politique. Des représentants du Hamas se sont présentés aux élections municipales palestiniennes de 2005.
Le succès aux municipales a fait apparaître le Hamas comme une opposition politique importante face au Fatah, un an avant les législatives prévues pour janvier 2006. Il apparaît comme une organisation intègre et proche des gens face au Fatah embringué dans des histoires de détournement d’aides internationales et très bureaucratique.En tant que parti de résistance, le Hamas est opposé au partage de son territoire avec Israël et a dénoncé les accords d'Oslo vus comme une trahison de la volonté du peuple. Le Hamas est pour une Palestine arabe, une terre où tous ceux qui le veulent peuvent vivre ensemble quelle que soit leur religion.Le 26 janvier 2006, le Hamas a remporté les élections législatives palestiniennes. Il a obtenu 56 % des suffrages, ce qui lui a donne une majorité parlementaire de 74 sièges sur 132. Le Hamas a ainsi ravi la majorité au Fatah qui ne l’a jamais accepté et qui a toujours voulu prendre sa revanche quitte à faire le jeu de l’occupant. Le président de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, a invité le Hamas à former le nouveau gouvernementCe résultat est perçu comme un net retour en arrière par les gouvernements étrangers qui jouaient le rôle de médiateurs dans le conflit israélo-palestinien. Ils voulaient bien des élections, mais voulaient également choisir les élus. Les USA ont déclaré qu'ils ne traiteraient pas avec le Hamas tant qu'il ne renoncerait pas aux opérations-kamikaze et seulement lorsqu'il accepterait le droit à l'existence pour Israël, ce qui est en contradiction avec la charte actuelle du mouvement.
Pendant la durée de la campagne législative palestinienne, il n'a pas été fait mention d'un objectif de destruction d'Israël, plusieurs commentateurs et médias israéliens précisent néanmoins que ses dirigeants ne renoncent pas explicitement à cet objectif. Pendant cette campagne, le Hamas a soutenu également la légitimité de son action passée, notamment les attaques menées en Israël, à Gaza et en Cisjordanie, qui ont permis l'évacuation de la Bande de Gaza. En février 2006, Khaled Mechaal, chef du bureau politique du Hamas, réfugié à Damas, réitère la proposition de Hudna (trêve) et de mettre fin à la lutte armée si Israël se retire de tous les territoires occupés et reconnaît les droits du peuple palestinien.
Le Premier Ministre par intérim, Ehud Olmert, exclut pour sa part toute négociation avec le Hamas : « Nous ne négocierons pas et nous ne traiterons pas avec une Autorité palestinienne dominée totalement ou partiellement par une organisation terroriste » L'objectif du Hamas est l'établissement d'un État souverain sur le territoire actuellement constitué par Israël, la Bande de Gaza et la Cisjordanie (d'après les frontières d'avant 1967), avec Jérusalem comme capitale. Pour l'accomplissement de ce but, le Hamas soutient son droit à la lutte armée. Selon certains médias, Abdelaziz Al Rantissi, l'un des cofondateurs du Hamas, assassiné par Israël comme son prédécesseur Ahmed Yassine, a affirmé que le but de l'organisation était d'« effacer Israël de la carte ». Ismaïl Haniyeh a été désigné par le Hamas pour former un nouveau cabinet de l'Autorité palestinienne.Depuis l'élection ayant porté au pouvoir le Hamas, c'est la crise en Palestine : fin des subventions internationales, nombreuses attaques de la part d'Israël, bouclage de la bande de Gaza et, plus récemment, des attaques bilatérales entre les deux principales factions palestiniennes, soit le Fatah du président Mahmoud Abbas et le Hamas du Premier ministre Ismaïl Haniyeh. Constatant l'échec des négociations Fatah-Hamas, le président Abbas menace à la mi-décembre de déclencher des élections législatives anticipées, bravant ainsi la Loi Fondamentale (Constitution palestinienne) qui n'accorde qu'au Conseil législatif cette prérogative. Le Hamas rejette la décision d'appeler à de nouvelles élections législatives.

Prise du pouvoir dans la Bande de Gaza
Malgré cet accord, Mohammed Dahlan, membre du Fatah, chef de la Sécurité Intérieure, détesté par tous les militants, accentue les tensions et les amplifie pour leur faire atteindre leur paroxysme en juin 2007. Ainsi, le 15 juin 2007, suite à ce qui s'apparente à une guerre civile entre le Hamas et le Fatah, qui occasionnera 113 morts, les forces de sécurité prennent le contrôle de la bande de Gaza, évinçant totalement le Fatah du territoire.Le 17 juin, le président Mahmoud Abbas limoge Ismaïl Haniyeh de son poste de Premier ministre, nommant à sa place le ministre des Finances Salam Fayyad. Ce nouveau gouvernement siégeant à Ramallah et contrôlant la Cisjordanie n'est pas reconnu par le Hamas, car la Loi Fondamentale impose au Président en cas de limogeage du Premier Ministre, de le remplacer par un membre de la majorité parlementaire, à savoir le Hamas, or le parti de Salam Fayyad n'a obtenu que 2% des suffrages aux législatives contre 56% pour le Hamas, ce qui mène à la scission de fait des Territoires palestiniens en deux entités distinctes. Suite à ces évènements, des divergences apparaissent au sein du Fatah, resté au pouvoir en Cisjordanie quant à l'attitude à adopter.
Le président M. Abbas, toujours revanchard, n’acceptant pas le résultat des urnes, refuse catégoriquement tout « dialogue avec les putschistes, les assassins, les terroristes », qualifiant la prise de contrôle du Hamas de « plan pour diviser Gaza et la Cisjordanie et établir un Émirat, un mini-Etat, contrôlé par un seul groupe, ses fanatiques et ses fondamentalistes ». D'autres, tel Marouan Barghouti, critiquent fermement le coup de force du Hamas à Gaza, tentant cependant de conserver l'objectif de l'unité des Palestiniens.
Le 27 décembre 2008, une offensive israélienne vise à déstabiliser le Hamas dans la Bande de Gaza, officiellement pour mettre fin aux tirs de roquettes sur le territoire israélien : c'est le début de la Guerre barbare de Gaza. Nous sommes spectateurs d’un génocide programmé sous nos yeux.
Nous demandons également à tous nos amis palestiniens, d’oublier leurs rancoeurs et leurs rivalités afin de reprendre le dialogue entre eux, de se serrer les coudes, car leur division ne profite qu’au colonisateur de leur terre. S’ils ont survécu à 61 ans de répression, d’exclusion, de massacres, de spoliation des terres et de l’espace, s’ils ont su résister avec peu de moyens… C’est parce qu’ils étaient unis.

mardi 18 novembre 2008

Le premier agresseur de Ginette Skandrani condamné

Le premier des quatre agresseurs de Ginette Skandrani à être jugé a été condamné mardi 18 novembre 2008 à 1 an de prison avec sursis avec mise à l'épreuve de 5 ans, 3000 € de dommages et intérêts et 800 € de frais de justice.
La procureure, après avoir expliqué que, pour un tel délit, la peine requise pouvait être de 10 ans de prison (violence en groupe et avec armes avec préméditation contre personne vulnérable), n'avait requis que 18 mois, vu que les torts étaient partagés entre les 4 agresseurs (à ce compte, il vaut mieux commettre des agressions à 50...).
Le jeune prévenu, mineur au moment des faits, avait déjà été condamné en mai 2006 à deux mesures éducatives pour violences commises en groupe lors de manifestations.
Son père a condamné l'acte de son fils, expliquant qu'il était introverti et facilement manipulable, et qu'il s'était laissé entraîner dans le groupe, mais que maintenant, il avait retrouvé une stabilité et un bon traval (bijoutier avec un salaire de 2300 € par mois).
On attend maintenant le prochain procès, celui de Mike Sfez, le seul autre inculpé se trouvant sur le territoire français, puisque les complices, Ruben Colleu et Elie Steven, sont à l'abri de la justice française, en Israël, terre promise de délinquants et de criminels.

samedi 15 novembre 2008

Procès d'un des agresseurs de Ginette Skandrani le 18 novembre

Le 25 octobre 2006, Ginette Hess Skandrani, présidente de l'AZLS, était victime d'une grave agression à son domicile dont elle porte encore aujourd'hui les séquelles. Une longue enquête avait permis l'identification des 4 agresseurs, dont deux se sont enfuis en Israël, d'où ils ne peuvent être extradés, puisqu'ils disposent, en plus de leur passeport français, d'un passeport israélien.
L'un des deux autres agresseurs, mineur au moment des faits, sera jugé par le Tribunal pour enfants de Paris le mardi 18 Novembre à 9 heures. 25è chambre -escalier Y , rez- de- chaussée, Palais de justice, 4 Bd du Palais, métro Cité.
Venez nombreux !
Nous republions à cette occasion la lettre ouverte signée par 200 personnes et associations, à laquelle aucune réponse n'a été donnée à ce jour.

Lettre ouverte
Au Premier ministre et au ministre de l’Intérieur
Au CRIF, à la LICRA, au MRAP, à la LDH, à SOS-Racisme
À l’AFPS, au CAPJPO, à l’UJFP et au MSRPP

Questions de principe, questions pratiques, questions vitales

5 novembre 2006
Ginette Hess Skandrani est une femme de 67 ans. Elle est, par tempérament et par conviction, non-violente. Elle ne dispose, pour se protéger, ni d’armes ni de gardes du corps ni d’escorte policière.
Elle est une militante engagée dans le combat anticolonialiste depuis cinquante ans. Depuis quarante ans, elle défend le droit naturel du peuple palestinien à la souveraineté et à la vie. Elle est partisane de la seule solution qui semble logique à la situation coloniale de la Palestine : la création d’un seul État pour tous les habitants de la Terre sainte, sur la base du principe universel : « Une personne, une voix ».
Elle est victime depuis de longues années d’une campagne de dénigrement et de diffamation émanant de diverses composantes, de « droite » comme de « gauche », de la nébuleuse des partisans de l’État d’Israël comme « État juif ». Cette campagne a été ponctuée par des agressions physiques, des menaces de mort verbales, écrites, téléphoniques ou électroniques, des piratages informatiques, des mises sur écoute téléphonique « sauvage », des cambriolages et des « filatures ».
Mercredi 25 octobre, la campagne a atteint un nouveau palier : un commando de quatre hommes l’a agressée à son domicile parisien, dans une action préméditée et concertée. Pendant que deux membres du commando s’acharnaient sur elle, au risque de la tuer ou de la rendre irrémédiablement invalide, deux autres membres faisaient le guet au pied de l’immeuble.
Ces hommes n’ont pas agi de leur propre initiative : ils ont reçu des ordres, qu’ils ont exécutés en bons petits soldats. Ces hommes sont en effet des citoyens français et israéliens, soldats d’active ou de réserve de l’armée israélienne, agissant sur ordre. Les ordres viennent d’organisations qui, sous couvert de respectabilité et de représentativité, ne sont que des officines établies en France d’une puissance non seulement étrangère mais de surcroît hostile aux valeurs françaises et aux principes qui fondent notre république.
Cette grave atteinte au droit à la vie et à la sécurité d’une militante infatigable de la cause humaine nous amène à poser un certain nombre de questions à tous ceux qu’elle devrait interpeller. Nous précisons que nous nous exprimons à titre personnel, en tant qu’amis, frères, sœurs de Ginette Hess Skandrani. Certains d’entre nous ont été victimes des mêmes campagnes de dénigrement et de menaces qu’elle, du fait de leurs engagements.

Question au gouvernement :
Vous avez interdit il y a quelques mois la tribu Ka, une organisation de jeunes Noirs révolutionnaires, par un décret d’application de la loi de 1936 sur les ligues factieuses. Or, cette Tribu Ka, quelle que soit l’appréciation que l’on puisse porter sur ses idées et opinions, ne s’était rendue coupable d’aucun crime ou délit, d’aucun acte de violence ni contre des biens ni contre des personnes. Qu’attendez-vous pour dissoudre, en application du même décret, les deux organisations armées qui se sont rendues coupables d’une série de crimes et délits, dont la tentative de meurtre sur un commissaire de police, et dans les rangs desquelles il faut chercher les agresseurs de Ginette Hess Skandrani ? Attendez-vous donc qu’il y ait mort d’homme – ou de femme – pour interdire la Ligue de défense juive et le Bêtar-Tagar ?
Question au ministre de l’Intérieur :
Qu’envisagez-vous de faire pour assurer la protection et la liberté de déplacement des personnes visées par ces organisations subversives ? Estimez-vous que ces personnes doivent, faute de protection par la république, s’armer et prendre en charge leur propre défense ?
Question aux défenseurs des droits humains :
Vous avez pour l’instant observé un silence prudent sur l’agression dont a été victime Ginette Hess Skandrani. Cela veut-il dire que vous approuvez cette agression ? Dans ce cas, il faudra vous en expliquer publiquement.
Question aux défenseurs du « droit à l’existence d’Israël » :
Certains d’entre vous ont proféré, répété ou répandu des calomnies contre Ginette Hess Skandrani. Cela a contribué de manière déterminante au climat qui aboutit à l’agression du 25 octobre. Approuvez-vous cette agression ? Si oui, expliquez-nous pourquoi. Si non, faites-le savoir haut et fort.
Tout un chacun comprendra que la réponse à ces questions de la part de ceux que nous interpellons aujourd’hui sera déterminante pour empêcher la dérive violente et sectaire dans laquelle veulent nous entraîner les partisans du suprématisme d’un groupe sur l’ensemble de la société.
Les petites frappes qui ont exécuté l’ordre de tabasser Ginette Hess Skandrani ne sont que des robots programmés et manipulés pour faire mal. Nous n’avons pour eux que mépris et commisération et nous laissons à la justice et à la police le soin de les mettre hors d’état de nuire. Nous n’avons en effet aucune vocation à créer une milice de justiciers. Mais nous ne saurions tolérer le silence et l’inaction de tous ceux qui prétendent lutter pour la liberté, la démocratie et la justice. Car ce silence et cette inaction vaudraient complicité.