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lundi 19 janvier 2009

En Palestine, la Résistance s’appelle Hamas

Le Hamas n’est pas un mouvement terroriste puisqu’il se bat pour la récupération des terres palestiniennes spoliées par l’État sioniste
Par Ginette Hess Skandrani, 19 janvier 2009
L’auteure
Ginette Hess Skandrani est une vétérane des luttes anticolonialistes, antimilitaristes et antinucléaires, depuis le soutien apporté au FLN algérien dans son Alsace natale pendant la guerre d’indépendance algérienne jusqu’au soutien indéfectible qu’elle apporte à la résistance palestinienne depuis 1966, en passant par la lutte contre la centrale nucléaire de Fessenheim, les essais nucléaires français dans le Pacifique, l’installation des fusées Pershing en Allemagne, le soutien aux luttes populaires contres les dictatures algérienne et tunisienne, le soutien au peuple irakien pendant la première et la deuxième guerre d’Irak et durant toute la période d’embargo, la première et la deuxième Intifada en Palestine occupée.Co-fondatrice des Verts français en 1984, elle a fondé l’association La Pierre et L’Olivier en 1990 et l’Alliance zapatiste de libération sociale en 1995. Elle a été exclue des Verts en 2007 pour avoir défendu le projet d’un seul État démocratique en Palestine, le seul qui lui semble viable.

Le Hamas, mouvement de résistance islamique tel qu’il se définit, est actuellement le plus important des mouvements palestiniens. Il est d’obédience musulmane, ce qui me semble tout à fait logique vu qu’il a vu le jour dans un pays musulman, alors que tous les membres et sympathisants de ce mouvement ne sont pas forcément musulmans. Beaucoup de mes amis du FPLP, souvent chrétiens, qui avaient essayé de concilier marxisme et nationalisme arabe, ont fini par rejoindre le Hamas pour continuer la résistance, une fois que le FPLP avait renoncé à la lutte armée. Le Hamas s’est d’ailleurs toujours présenté comme un « mouvement de résistance palestinien ». La dénomination Hamas a été délibérément choisie en raison du rapprochement avec le même mot en arabe, qui signifie « ardeur, zèle », sur le modèle de l'acronyme inversé Fatah.
Le Hamas a été crée en décembre 1987 par le Cheikh Ahmed Yassine au moment de la première Intifada dans laquelle ce mouvement s’était largement investi à côté des mouvements représentés dans l’OLP et des différents comités crées pour l’occasion. Cheikh Yassine, paraplégique et en fauteuil roulant, a passé dix ans de 1994 à 2004 dans les prisons de l’occupant. Le Hamas s’était inspiré à ses débuts du mouvement des Frères musulmans pour se transformer au fur et à mesure de ses combats en un mouvement de résistance et de reconquête des terres spoliées par Israël en 1948, lors de la création de l’État sioniste et celles annexées en 1967, créant des centaines de milliers de réfugiés.
Le Hamas, ainsi que le Jihad islamique, étaient des mouvements tolérés sinon soutenus, par Israël, pour affaiblir l’OLP. Les sionistes voyaient d’un très bon œil ces mouvements religieux car ils s’imaginaient pouvoir les cantonner dans les mosquées. Ils se sont bien trompés, car chaque Palestinien, croyant, pratiquant, ou non, est avant tout un patriote et cherchera toujours à défendre la terre de ses ancêtres.
Les attaques de sa branche armée visent indistinctement civils et militaires israéliens et déstabilisent l’occupant qui a fait pression sur toute la communauté internationale, afin de mettre ce mouvement, sur la liste des organisations terroristes établie par le Conseil de l’Europe, du Canada, du Japon et des USA. Sur cette liste figure également le FPLP.En revanche, pour la Grande-Bretagne et l'Australie, seule la branche armée du Hamas est classée comme terroriste ; pour l'Afrique du Sud, la Russie, la Norvège, le Brésil et d'autres pays, le Hamas n'est pas classé comme terroriste.
Par ailleurs le mouvement a créé un vaste réseau d'assistance sociale en Cisjordanie et dans la Bande de Gaza, et a remporté les élections législatives palestiniennes de 2006 et dirigé deux gouvernements successifs de l'Autorité palestinienne. Le groupe se concentre sur l'aide sociale et médicale, sur des projets religieux et une intense action d’aide aux familles. Il a acquis la confiance de l’ensemble de la population palestinienne.
Le Hamas, comme le FPLP (Front populaire de libération de la Palestine, crée par Georges Habache) ont rejeté les accords d'Oslo de novembre 1993 signés entre Israël et l’OLP, qui ont donné naissance à l’Autorité nationale palestinienne. Le 16 avril 1993, le Hamas a revendiqué la première opération kamikaze qu'il a organisée, elle a été perpétrée contre un bus à Mehola Junction dans la Vallée du Jourdain.
Avant la seconde Intifada, le Hamas a inauguré l'utilisation des attentats-suicides contre des civils israéliens (notamment à Hadera, en avril 1994) et contre des soldats et a étendu la résistance pendant les années du soulèvement palestinien, particulièrement durant la seconde Intifada. Le chef historique du mouvement, le cheikh Ahmed Yassine, est assassiné dans sa chaise roulante, lors d'une attaque ciblée de l'armée israélienne le 22 mars 2004, sur ordre d'Ariel Sharon. Son successeur Abdelaziz Al Rantissi est également assassiné quelques jours après sa désignation. Le changement de direction à la tête du Hamas entraîne un changement de stratégie du mouvement qui a commencé à s'impliquer davantage dans la vie politique. Des représentants du Hamas se sont présentés aux élections municipales palestiniennes de 2005.
Le succès aux municipales a fait apparaître le Hamas comme une opposition politique importante face au Fatah, un an avant les législatives prévues pour janvier 2006. Il apparaît comme une organisation intègre et proche des gens face au Fatah embringué dans des histoires de détournement d’aides internationales et très bureaucratique.En tant que parti de résistance, le Hamas est opposé au partage de son territoire avec Israël et a dénoncé les accords d'Oslo vus comme une trahison de la volonté du peuple. Le Hamas est pour une Palestine arabe, une terre où tous ceux qui le veulent peuvent vivre ensemble quelle que soit leur religion.Le 26 janvier 2006, le Hamas a remporté les élections législatives palestiniennes. Il a obtenu 56 % des suffrages, ce qui lui a donne une majorité parlementaire de 74 sièges sur 132. Le Hamas a ainsi ravi la majorité au Fatah qui ne l’a jamais accepté et qui a toujours voulu prendre sa revanche quitte à faire le jeu de l’occupant. Le président de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, a invité le Hamas à former le nouveau gouvernementCe résultat est perçu comme un net retour en arrière par les gouvernements étrangers qui jouaient le rôle de médiateurs dans le conflit israélo-palestinien. Ils voulaient bien des élections, mais voulaient également choisir les élus. Les USA ont déclaré qu'ils ne traiteraient pas avec le Hamas tant qu'il ne renoncerait pas aux opérations-kamikaze et seulement lorsqu'il accepterait le droit à l'existence pour Israël, ce qui est en contradiction avec la charte actuelle du mouvement.
Pendant la durée de la campagne législative palestinienne, il n'a pas été fait mention d'un objectif de destruction d'Israël, plusieurs commentateurs et médias israéliens précisent néanmoins que ses dirigeants ne renoncent pas explicitement à cet objectif. Pendant cette campagne, le Hamas a soutenu également la légitimité de son action passée, notamment les attaques menées en Israël, à Gaza et en Cisjordanie, qui ont permis l'évacuation de la Bande de Gaza. En février 2006, Khaled Mechaal, chef du bureau politique du Hamas, réfugié à Damas, réitère la proposition de Hudna (trêve) et de mettre fin à la lutte armée si Israël se retire de tous les territoires occupés et reconnaît les droits du peuple palestinien.
Le Premier Ministre par intérim, Ehud Olmert, exclut pour sa part toute négociation avec le Hamas : « Nous ne négocierons pas et nous ne traiterons pas avec une Autorité palestinienne dominée totalement ou partiellement par une organisation terroriste » L'objectif du Hamas est l'établissement d'un État souverain sur le territoire actuellement constitué par Israël, la Bande de Gaza et la Cisjordanie (d'après les frontières d'avant 1967), avec Jérusalem comme capitale. Pour l'accomplissement de ce but, le Hamas soutient son droit à la lutte armée. Selon certains médias, Abdelaziz Al Rantissi, l'un des cofondateurs du Hamas, assassiné par Israël comme son prédécesseur Ahmed Yassine, a affirmé que le but de l'organisation était d'« effacer Israël de la carte ». Ismaïl Haniyeh a été désigné par le Hamas pour former un nouveau cabinet de l'Autorité palestinienne.Depuis l'élection ayant porté au pouvoir le Hamas, c'est la crise en Palestine : fin des subventions internationales, nombreuses attaques de la part d'Israël, bouclage de la bande de Gaza et, plus récemment, des attaques bilatérales entre les deux principales factions palestiniennes, soit le Fatah du président Mahmoud Abbas et le Hamas du Premier ministre Ismaïl Haniyeh. Constatant l'échec des négociations Fatah-Hamas, le président Abbas menace à la mi-décembre de déclencher des élections législatives anticipées, bravant ainsi la Loi Fondamentale (Constitution palestinienne) qui n'accorde qu'au Conseil législatif cette prérogative. Le Hamas rejette la décision d'appeler à de nouvelles élections législatives.

Prise du pouvoir dans la Bande de Gaza
Malgré cet accord, Mohammed Dahlan, membre du Fatah, chef de la Sécurité Intérieure, détesté par tous les militants, accentue les tensions et les amplifie pour leur faire atteindre leur paroxysme en juin 2007. Ainsi, le 15 juin 2007, suite à ce qui s'apparente à une guerre civile entre le Hamas et le Fatah, qui occasionnera 113 morts, les forces de sécurité prennent le contrôle de la bande de Gaza, évinçant totalement le Fatah du territoire.Le 17 juin, le président Mahmoud Abbas limoge Ismaïl Haniyeh de son poste de Premier ministre, nommant à sa place le ministre des Finances Salam Fayyad. Ce nouveau gouvernement siégeant à Ramallah et contrôlant la Cisjordanie n'est pas reconnu par le Hamas, car la Loi Fondamentale impose au Président en cas de limogeage du Premier Ministre, de le remplacer par un membre de la majorité parlementaire, à savoir le Hamas, or le parti de Salam Fayyad n'a obtenu que 2% des suffrages aux législatives contre 56% pour le Hamas, ce qui mène à la scission de fait des Territoires palestiniens en deux entités distinctes. Suite à ces évènements, des divergences apparaissent au sein du Fatah, resté au pouvoir en Cisjordanie quant à l'attitude à adopter.
Le président M. Abbas, toujours revanchard, n’acceptant pas le résultat des urnes, refuse catégoriquement tout « dialogue avec les putschistes, les assassins, les terroristes », qualifiant la prise de contrôle du Hamas de « plan pour diviser Gaza et la Cisjordanie et établir un Émirat, un mini-Etat, contrôlé par un seul groupe, ses fanatiques et ses fondamentalistes ». D'autres, tel Marouan Barghouti, critiquent fermement le coup de force du Hamas à Gaza, tentant cependant de conserver l'objectif de l'unité des Palestiniens.
Le 27 décembre 2008, une offensive israélienne vise à déstabiliser le Hamas dans la Bande de Gaza, officiellement pour mettre fin aux tirs de roquettes sur le territoire israélien : c'est le début de la Guerre barbare de Gaza. Nous sommes spectateurs d’un génocide programmé sous nos yeux.
Nous demandons également à tous nos amis palestiniens, d’oublier leurs rancoeurs et leurs rivalités afin de reprendre le dialogue entre eux, de se serrer les coudes, car leur division ne profite qu’au colonisateur de leur terre. S’ils ont survécu à 61 ans de répression, d’exclusion, de massacres, de spoliation des terres et de l’espace, s’ils ont su résister avec peu de moyens… C’est parce qu’ils étaient unis.

lundi 5 janvier 2009

Rassemblement quotidien pour Gaza à Paris

Nous appelons à un rassemblement quotidien devant la Fontaine des Innocents, métro Châtelet-Les Halles, qui durera aussi longtemps que nos soeurs et frères palestiniens de Gaza subiront la barbarie nazie israélienne.
Nous serons là tous les soirs à partir de 17 heures à partir d'aujourd'hui lundi 5 Janvier 2009
- Pour dénoncer la tuerie sanguinaire et préméditée qui est en train de se perpétrer à Gaza.
- Pour dénoncer un génocide programmé. Nous" ne pourrons pas dire que nous ne savions pas"
- Pour exiger l'arrêt immédiat de ce massacre commis sous nos yeux et ceux du monde entier.
- Pour dénoncer la mauvaise foi de nos hommes politiques et de nos médias qui osent rendre Hamas responsable de ce carnage.
- Pour amener notre soutien aux Palestiniens de Gaza, ainsi qu'à leurs dirigeants légitimes qui sont des démocrates élus dans des élections programmées par les Occidentaux. Nous soutenons Hamas sans restriction aucune.
- Afin de dire à notre gouvernement, ainsi qu'à l'Europe : Nous ne vous avons pas élus afin que vous puissiez être complices d'un génocide.
Nous ne désirions surtout pas laisser les rues de Paris aux sionistes qui soutiennent des assassins.
A l'initiative de l'AZLS, du Collectif Cheikh Yassine et de la Pierre et l'Olivier
Paris, 5 Janvier 2009

samedi 3 janvier 2009

Cherchez l’erreur

Compte-rendu d’une manifestation pour Gaza
par FG, 3/1/2009

Samedi après-midi, je me suis rendu, avec des copains, dans la métropole régionale la plus proche de la petite localité de la France profonde dans laquelle je vis, pour participer à une manifestation de solidarité avec Gaza martyre.
Nous étions entre 2500 et 3000. Nos avons défilé pendant deux bonnes heures, sillonnant le centre-ville en boucle, pour achever notre périple là où nous l’avions commencé, sur la place principale de la ville, entre le Monoprix et le MacDo.
Nous étions donc environ 3000, dont, au bas mot, 2900 musulmans de tous âges, de toutes origines, de toutes couleurs, de toutes branches, de tous sexes.
J’ai cherché des chrétiens, je n’en ai pas vu.
J’ai cherché des communistes, je n’en ai pas vu.
J’ai cherché des trotskystes, j’en ai vu deux, qui ont distribué un tract puis sont repartis.
J’ai cherché des nouveaux partisans anticapitalistes, j’en ai vu un.
J’ai cherché des altermondialistes blancs, j’en ai vu trois.
J’ai cherché des anarchistes, je n’en ai pas vu.
J’ai cherché des écologistes, j’en ai vu deux.
J’ai cherché des juifs, je n’en ai pas vu.
J’ai cherché des laïcs, j’en ai vu 7 ou 8.
J’ai cherché des francs-maçons, j’en ai peut-être vu, mais je ne les ai pas reconnus.
La télévisions locale a filmé le défilé, pour montrer au journal du soir que seuls des Musulmans avaient manifesté pour les Musulmans de Gaza.Le long du défilé, les gens sur les trottoirs, silencieux, nous regardaient plutôt froidement, quand ce n’était pas avec des mines hostiles.À un moment, je me suis demandé où j’étais, dans quelle France. Où étaient-ils, tous ces Français de souche laïcs, progressistes, démocrates, humanistes, libertaires, prêts à s’enflammer pour toute cause ?
En fin de manifestation, des amis arabes informés m’ont rassuré : la gauche, les partis, les syndicats, vont manifester au même endroit, mercredi prochain. Ouf, j’avais eu peur.
Peur que les progressistes-démocrates-humanistes-libertaires français de souche se soient dits que, en fin de compte, les bombes de 500 kg et d’une tonne lâchées sur les Gazaouis allaient apporter à ceux-ci la liberté, la démocratie, la libération des femmes et la laïcité. Mais non, je faisais preuve de mauvais esprit.
Et pourtant, je me souvenais qu’en août 2006, quand nous manifestions dans ma petite ville contre l’agression israélienne contre le Liban, les ténors locaux de la « gauche pro-palestinienne » avaient déclaré textuellement à la presse régionale qu’ils critiquaient l’attaque israélienne contre le Liban parce qu’ « elle faisait le jeu des islamistes du Hezbollah ». Ce à quoi j’avais répondu : « C’est comme si vous aviez été à Londres en 1941 et aviez déclaré que vous critiquiez Hitler pour avoir attaqué l’Union soviétique parce qu’ainsi il faisait le jeu de Staline. »
Et un permanent d’un éminent syndicat de gauche m’avait alors rétorqué : « Oh tu sais la guerre, la guerre, c’est toujours mauvais. Je pense que c’étai une erreur de prendre les armes contre les Allemands en 40-42. » « Donc, lui avais-je rétorqué, tu aurais choisi Vichy et la collaboration ? »
Il était devenu tout rouge et était parti sans rien dire.
Plus tard, un autre ténor de la gauche locale avait pris la parole en fin de manif pour déclarer qu’il fallait donner toutes ses chances à la résolution de l’ONU instaurant le cessez-le-feu au Liban. J’étais intervenu après lui pour dire que cette résolution n’avait qu’on objectif : sauver l’armée israélienne de la pire défaite de son histoire et que cette guerre de 33 jours était vraiment historique car elle avait vu pour la première fois l’armée israélienne subir une défaite stratégique.
Mes amis de gauche firent évidemment grise mine en entendant mes propos et vinrent me voir pour me dire : « Mais enfin, le Hezbollah, c’est des islamistes, on ne peut quand même pas les soutenir ». Ce à quoi je répondis en citant la phrase de De Gaulle à un de ses lieutenants qui critiquait les choix de ses ministres dans le premier gouvernement formé à la Libération : « Sans les juifs, les communiste et les francs-maçons, la France n’aurait pas été libérée ». Et j’ajoutai : »Avez-vous écouté ou lu un seul des discours de Hassan Nasrallah faits pendant les 33 jours de guerre ? Moi, j’en ai lu huit. Nasrallah est le Ho Chi Minh du Moyen-Orient. Ses discours étaient tous purement politiques et n’avaient rien de religieux, mis à part les formules d’usage. Si je soutiens le Hezbollah ou le Hamas, ce n’est pas parce qu’ils sont islamistes, mais parce qu’ils incarnent la Résistance. Et comme par hasard, le peuple palestinien est de culture musulmane, même ses minorités chrétiennes. Vous ne pouvez pas lui demander de produire une Arlette Laguillier, une Marie-George Buffet, un Olivier Besancenot ou une Ségolène Royal. La résistance népalaise est maoïste, la résistance colombienne est communiste, la résistance mexicaine est zapatiste. La résistance palestinienne est aujourd’hui « islamiste », c’est une réalité qu’il vous faudra accepter, ou alors dites clairement que vous soutenez les collabos de Ramallah autour d’Abou Mazen. »
Notre tentative de dialogue s’était arrêtée là.
Ces mêmes camarades ont préféré, cette fois-ci, ne pas tenter d’organiser la moindre manifestation dans notre ville, préférant aller « donner leur sang pour Gaza » de manière confidentielle, en sachant pertinemment que les Gazaouis n’ont pas besoin de sang et que, même s’ils en avaient besoin, ce sang français ne leur parviendra jamais.
C’est pourquoi j’ai emmené trois copains à la métropole la plus proche pour aller tenter de sauver l’honneur perdu des non-Musulmans. Ce qui m’avait convaincu à faire ce geste minimal, c’était la phrase terrible prononcée hier par la Reine Rania de Jordanie, une femme belle, intelligente, active – et palestinienne - : « Le silence sur Gaza, c’est de la mécréance ».
En défilant avec 2990 musulmans et musulmanes, qui, entre « Israël assassin » et « Gaza résistance », criaient « Il n’y a de Dieu que Dieu » (slogan le plus repris), je me suis demandé combien de temps encore j’allais pouvoir résister à l’appel de l’Islam et rester un compagnon de route des musulmans libres et actifs tout en gardant mes convictions de laïc agnostique.
Et je sentais une profonde compréhension pour tous ces convertis qui défilaient au milieu des « musulmans de souche ». Eux ont été tellement dégoûtés par l’hypocrisie et la vacuité dominantes de la laïcité-progressiste-démocratique-humaniste-libertaire dominante qu’ils ont choisi l’Islam comme on choisit son camp dans une guerre.
Résistance ou collaboration, telle est l’alternative, en Palestine comme partout ailleurs, même ici, entre McDo et Monoprix. Jusqu'à quand allons-nous laisser les Musulmans résister seuls ? Jusqu'à ce qu'on nous traite nous-mêmes comme on les traite, eux et elles ?

mercredi 31 décembre 2008

Pour un 2009 N-R-V !!!

De Gaza à Salonique
De Bagdad à Kandahar
Du Chiapas à la Colombie
Du Saskachewan à la Terre de Feu
De Srinagar à Mindanao
De Mogadiscio à Goma
De Nouméa à Port-au-Prince
Du Nunavut au Kalaallit Nunaat

Noir pour la colère
Rouge pour que ça bouge
Vert pour une seule Terre !
En 2009, NRV-vous !





samedi 12 juillet 2008

Aux lecteurs

Une erreur de manipulation a fait disparaître du monde connu le blog Basta ! يكفي.
Nous travaillons à restaurer le blog. Nous vous demandons un peu de patience. La rédaction

Un tuyau : vous pouvez retrouver nos articles par une recherche sur google. Cliquer sur la mention "En cache" pour l'article qui vous intéresse, vous pourrez ainsi le lire.
Exemple de référence google :
Basta ! يكفي: Sidi Ifni, 7 juin 2008
Paris : Manifestation de soutien à la révolte de Sidi Ifni .... vide sous "Ajouter un fil" ce lien : http://azls.blogspot.com/feeds/posts/default?alt=rss. ...azls.blogspot.com/2008/06/sidi-ifni-7-juin-2008.html - 208k - En cache - Pages similaires - À noter

mercredi 15 mars 1995

Manifeste zapatiste

Réunis à Paris le 12 mars 1995, les soussignés, hommes et femmes libres, rendent public ce MANIFESTE ZAPATISTE

Le 1er janvier 1994, des hommes, des femmes et des enfants, parmi les plus humbles et les plus obscurs de la planète, se sont levés et ont dit : « Basta ! » Le message des survivants du génocide que fut la « Conquête du Nouveau Monde » est d'une simplicité lumineuse. Il nous dit : « La survie des peuples ne peut être obtenue que par un combat de toutes et de tous pour la liberté, la justice et la démocratie. Il ne peut y avoir de paix sans justice, sans dignité.» Habitants du prétendu « premier monde », originaires de partout, nous avons reçu ce message. Si le zapatisme, c'est cela, alors nous sommes zapatistes !En s'organisant eux-mêmes, en créant des structures démocratiques incluant tout le monde, en se dotant, au prix d'immenses sacrifices, des moyens nécessaires pour défendre cette auto-organisation, les insurgés du Chiapas mexicain nous ont montré une voie. Cette voie zapatiste nous semble la seule possible face au désordre mondial actuel. Ce désordre, loin d'être naturel, est délibérément organisé, à l'enseigne d'un « nouvel ordre mondial », par les dirigeants du cartel financier, militaire, politique et industriel des Etats-Unis d'Amérique du Nord, de l'Union européenne et du Japon, contre les peuples du monde. Au nom du «marché», ce cartel ne sème partout que mort, destruction et misère. Ceux qui lui résistent, ils les tue ; ceux qui voudraient lui résister, il les anesthésie.
L'esprit qui anime les combattants zapatistes de la liberté se résume en une phrase, que nous faisons notre: « Tout pour tous, rien pour nous-mêmes! » Cette voie n'est pas facile, nous en sommes conscients. Nous nous sommes mis au travail. Nous vous proposons de nous rejoindre pour, ensemble, oeuvrer à un projet politique de longue haleine, qui demandera des sacrifices et n'aura de succès que si nous le voulons toutes et tous. Ce projet est simple. Il est ambitieux. Il est révolutionnaire.
Voici les principes de ce projet :
1 - Fonder un combat sur une politique des besoins réels
Sous réserve de laisser les peuples et communautés humaines concernés définir avec exactitude ces besoins réels, selon les pays et régions, nous affirmons d'ores et déjà la primauté des besoins de base suivants pour chaque peuple : Terre • Travail •Toit • Santé • Alimentation • Éducation • Liberté• Indépendance • Démocratie • Justice • Paix, POUR TOUS !
2 - Organiser ce combat au sein d'une alliance
Cette alliance se construira au jour le jour, rassemblant des personnes, des groupes et des communautés humaines, sans exclusive et sans frontières.
3 - Unir dans ce combat et cette alliance gens du Nord et du Sud de la planète
La liberté et la relative prospérité des uns ne peuvent avoir qu'un goût amer et un caractère très précaire si elles se font sur le dos des autres, au prix de leur vie comme peuples, comme groupes, comme individus. Suédois, Rwandais, Chinois, Guatémaltèques, Papous : tous ou personne.
4 - Pratiquer les principes que nous proclamons
Le dégoût éprouvé par de grandes parties de la population pour tout ce qui ressemble à « la politique » a une raison très simple : les politiciens ont pris l'habitude de pratiquer la langue fourchue. Ils disent une chose et en font une autre. Ils proclament des principes qu'ils sont les premiers à fouler aux pieds. Ils disent : «démocratie» et pensent « mon pouvoir ». Nous voulons changer cela. Nous le pouvons, dès maintenant, au jour le jour. Pour nous, la politique est un acte de volonté, un exercice quotidien de liberté, un risque à prendre, un combat. Nous ne voulons pas le pouvoir ; nous voulons façonner nous-mêmes notre destin, tous ensemble.
5 - Vivre la solidarité
On ne peut pas être solidaire tout le temps ? Nous pensons que si ! Nous devons oeuvrer à développer une culture solidaire, fondée sur des rapports d'égalité entre citoyens. C'est la condition de notre survie à tous. Nous n'entrerons vivants dans le XXIe siècle que si nous comprenons cela et prenons nos dispositions en conséquence.
6 - Élaborer notre programme ensemble
II découle tout naturellement des principes énoncés plus haut que nous ne pourrons faire entrer ce programme dans la réalité que si nous y travaillons tous ensemble, chacune et chacun apportant sa contribution : on n'a pas le choix !
Nous appelons donc toutes celles et tous ceux qui se reconnaissent dans ce manifeste à nous rejoindre, pour construire ensemble l'Alliance zapatiste de libération sociale [AZLS], association ayant pour objet déclaré de « lutter pour la liberté, la justice et la démocratie, en Europe et dans le monde », et pour drapeau les trois couleurs : noir, rouge et vert, en bandes verticales.
Le noir pour la colère, le rouge pour que ça bouge, le vert pour une seule Terre !
Liberté, Justice, Démocratie !
Tout pour tous, rien pour nous-mêmes !
Krim Berrabia • Claudia Chávez • Fausto Giudice • Gilbert Kambiré • Ginette Skandrani
ORGANISEZ-VOUS ! REJOIGNEZ-NOUS ! ADHÉREZ À L'AZLS ! LISEZ BASTA ! JOURNAL DE MARCHE ZAPATISTE Si VOUS SOUSCRIVEZ À CE MANIFESTE ET VOULEZ REJOINDRE, SOUTENIR OU CONTACTER L'AZLS, VEUILLEZ NOUS ÉCRIRE PAR COURRIER POSTAL OU ÉLECTRONIQUE OU NOUS TÉLÉPHONER
Alliance zapatiste de libération sociale • 1 impasse Laperrine • 11 000 Carcassonne 06 13 99 28 86 • COURRIEL :
azls2006@yahoo.fr