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vendredi 19 juin 2015

Après l'opération coup de poing de la police italienne à Vintimille: des clichés abstraits, un racisme institutionnel concret

par Annamaria Rivera, 17/6/2015.
Traduit par  Fausto Giudice, Tlaxcala
Il fallait s' attendre à ce que, comme toujours en Italie, la phase actuelle des migrations et des exodes - l'état d'urgence (l'emergenza), comme ils disent - soit décrite par les médias avec l'habituel  vocabulaire dégradé (ça oui, il l'est): "bivouac", pour désigner l'immobilisation forcée des réfugiés , chassés de partout, près des gares et autres lieux; «état de siège» pour décrire l'arrivée dans ces lieux de groupes de personnes (enfants compris) éprouvées, traumatisées, abandonnées à leur sort, ou traitées comme des animaux dans une cage ou des poissons d'aquarium (c'est le cas à Milan); «nettoyer» la gare, pour la libérer de ces présences indécentes et donc lui «redonner un peu de décence». Sans oublier le maire Pisapia*, qui laisse même échapper une variante du typique "Si vous les aimez tant, amenez-les chez vous", répondant à une journaliste: «Alors vous allez les héberger chez vous, à Sky? »


vendredi 18 octobre 2013

Lesbos/Grèce, la nouvelle “cage” pour migrants

par Migreurop, 17/10/2013
Migreurop, le Réseau Euro Meditérannéen pour les Droits de l’Homme (REMDH), Welcome 2 Europe, Jeunes sans Frontières (Jugendliche ohne Grenzen – JOG) et leurs amis afghans et membres, qui ont été détenus dans l’enfer de Pagani en 2009 et de retour à Lesbos ces derniers jours ont écrit ensemble un communiqué de presse sur l’ile de Lesvos et le centre nouvellement ouvert sur l’ile.
Les récentes tragédies à Lampedusa ont mis en lumière, une fois de plus, l’indifférence dominante de l’Union européenne face au sort des migrants. Aux portes de l’Europe, en Italie comme dans les îles grecques, les migrants sont sujets à des contrôles arbitraires aux frontières, et à des mesures sécuritaires qui mettent leurs vies en danger.
Ces derniers jours, plus de 80 migrants ont réussi à gagner l’île de Lesbos, malgré les nombreux refoulements qui ont lieu en Mer Egée. Ces femmes, ces enfants et ces hommes, qui fuient des pays dévastés, des régimes dictatoriaux ou d’insupportables conditions socio-économiques, sont victimes de violences et de l’indifférence des autorités grecques et européennes. En l’absence d’une réglementation claire, la police et les garde-côtes laissent les survivants de ces dangereuses traversées dans des limbes juridiques, sans aucune forme de protection, de soins et d’information.
Les migrants qui arrivent sur l’île de Lesbos doivent s’enregistrer afin de pouvoir ensuite quitter l’île. Néanmoins, l’enregistrement ne se déroule généralement qu’après leur arrestation et leur détention dans un nouvel établissement près du village de Moria. Ouvert le 25 septembre 2013, ce centre de détention, décrit officiellement comme un “centre de premier accueil”, est de facto un centre fermé, entouré de barrières et de fil barbelé. Il devrait par la suite également comprendre 600 places pour l’enfermement sur de plus longues périodes. La police locale, assistée par l’agence européenne Frontex, est responsable de l’identification des migrants, mais aussi des recherches d’informations sur les routes migratoires empruntées. Ces procédures ne signifient pas pour autant que les migrants accèdent à une protection, elles constituent en revanche des stratégies de contrôle, de surveillance et de dissuasion supplémentaires. Demander l’asile est actuellement impossible.
En 2009, des habitants de Lesbos, des migrants et des réseaux de militants internationaux ont réussi à faire fermer le vieux centre de détention de l’île, situé dans la zone industrielle de Pagani. Pagani est devenu le symbole des conditions inhumaines de détention, un Guantanamo dans la mer Egée. Trois ans plus tard, les militants locaux ont ouvert “Pikpa”, un village de solidarité auto-organisé où des centaines de réfugiés ont été accueillis. Cette expérience d’hospitalité réelle montre que l’enfermement n’est pas nécessaire.
http://w2eu.net/files/2010/09/dsc00932.jpg
Les personnes qui ont perdu la vie en mer Égée, comme ailleurs en mer Méditerranée, et celles qui sont détenues dans de véritables ”cages”, nous rappellent la violence du régime européen des frontières. Ces pratiques ne peuvent pourtant pas empêcher les personnes de se déplacer ; elles ne font que créer des trajectoires migratoires plus dangereuses.
Nous ne tolérons pas cette situation. L’exemple du centre d’accueil auto-organisé de Pipka à Lesbos, l’hospitalité de la population locale aux arrivants, prouve qu’il existe des alternatives à la militarisation du contrôle des frontières, aux refoulements et aux centres de détention. Cette alternative est basée sur la solidarité.
Ensemble, nous n’acceptons pas la détention de personnes en recherche de protection et de sécurité. Nous voulons les accueillir en Europe. Leur liberté de mouvement nous concerne tous. Nous n’accepterons jamais d’autres Pagani.
Source :

mercredi 17 octobre 2012

Ghazi Béji : L’errance d’un blasphémateur



Par Isabelle Mandraud, Le Temps (Suisse), 16/10/2012

Ghazi Béji à Paris. Le premier candidat au statut de réfugié politique. (Camille Millerand )

Ghazi Béji, un jeune Tunisien de 28 ans, a fui son pays après avoir diffusé sur Internet des caricatures et un pamphlet sur Mahomet. Arrivé fin septembre à Paris après un long périple, il a reçu le soutien de nombreuses personnalités et associations. Voici son récit
Sans cette image d’une vilaine blessure au torse, les quelques photos prises d’étape en étape par Ghazi Béji, posant en tee-shirt, souriant, pourraient passer pour un banal album de vacances. Mais c’est un tout autre périple que ce jeune Tunisien de 28 ans décrit: sept pays parcourus, sept mois d’épreuves, la clandestinité, les coups, la faim, le froid, l’épuisement, la peur. La longue errance d’un blasphémateur, condamné dans son pays à 7 ans et demi de prison pour avoir publié sur Internet des caricatures et un pamphlet sur le Prophète. Ghazi Béji n’avait jamais quitté la Tunisie.
Échoué depuis fin septembre à Paris, où il bénéficie de l’aide de plusieurs associations de défense des droits de l’homme, cet athée revendiqué espère y trouver refuge. Un comité de soutien international s’est constitué en sa faveur, avec des signataires de poids – parmi ­lesquels figurent le philosophe Jean-Luc Nancy, l’éditeur Antoine Gal­limard, les écrivains Patrick Cha­moiseau, Abdelwahab Meddeb et Patrick Deville, ou encore les historiens Benjamin Stora et Sophie Bessis. Ils agissent au nom «du droit inaliénable à la liberté de conscience tel que stipulé dans l’article 18 de la Déclaration universelle des droits de l’homme votée à l’ONU en 1948» et de la protection d’une personne menacée de mort. Une situation qui fait aujourd’hui de Ghazi Béji le premier candidat au statut de réfugié politique de la Tunisie post-révolution. Mais comment accorder l’asile politique au ressortissant d’un pays qui vient de se libérer d’une dictature?
Sept mois plus tôt, le 8 mars, cet employé d’un atelier de pâtes alimentaires à Mahdia, sa ville natale, titulaire d’un diplôme en agro­alimentaire, a ramassé toutes ses économies, 1000 euros, et s’est enfui. Son ami et complice, Jabeur El-Mejri, venait d’être attrapé par la police et incarcéré. Aucun avocat n’a voulu le défendre. Bochra Belhadj Hmida, elle, prendra le dossier de Ghazi Béji, après sa fuite. «Par principe», dit cette avocate engagée, bien connue à Tunis.
Ce sont même deux avocats qui avaient déposé une plainte après la publication par Jabeur et Ghazi de caricatures de Mahomet dans la blogosphère. Auteur d’un texte en arabe, non traduit, L’illusion de l’islam, Ghazi Béji n’y est pas allé avec le dos de la cuillère en accusant notamment le Prophète de pédophilie. La justice tunisienne a condamné les deux compères à la même peine de prison. Les menaces de mort n’ont pas tardé à pleuvoir.
Bien sûr, Ghazi Béji ne se serait pas lancé dans une telle aventure sous Ben Ali, mais une fois le régime de l’ancien dictateur tombé, lui qui a participé avec enthousiasme aux manifestations de janvier 2011 pense que tout est permis dans la nouvelle Tunisie. «La majorité des musulmans ne connaissent rien à leur religion, justifie-t-il dans l’appartement parisien où il est hébergé. Pour moi, tous les problèmes des pays arabes sont liés à la religion, sinon, pourquoi les gens sont pauvres alors que tous ces pays sont riches?» «Le problème, s’entête-t-il, c’est l’islam.» Naïf ou inconscient, il ira même jusqu’à porter les épreuves de son brûlot au Ministère tunisien de l’intérieur, pour un visa d’impression, qu’il n’obtiendra évidemment pas.
Le 8 mars, donc, Ghazi Béji, affolé, attrape un taxi collectif et passe la frontière tuniso-libyenne, la première qui lui vient à l’esprit. Une nuit à Tripoli, en plein conflit, lui suffit pour réaliser qu’il s’est trompé de destination. Il rebrousse chemin, repasse la frontière, et se dirige de l’autre côté, vers l’Algérie, à Tébessa d’abord, puis à Alger, qu’il rejoint en bus. «Ce n’est pas la solution, ici», se dit-il en observant les hommes portant barbes et kamis dans la rue. Le 20 mars, il prend un avion, direction Istanbul, Turquie. Hésite: «Un pays musulman…»
Jusque-là, pas besoin de visa. Mais un jour, sur les conseils d’un Algérien à qui il a confié son passeport par mesure de précaution, il se décide à gagner l’Europe, via la Grèce, en traversant à la nage la rivière Evros, point de passage bien connu des clandestins. «Il était 4 h 30 du matin, il faisait froid mais la traversée n’est pas très longue», raconte Ghazi Béji dans un anglais de fortune, en bégayant un peu. Il se déshabille et place toutes ses affaires dans un sac. Au milieu, le courant est trop fort, il perd tout, ses lunettes, son sac, son appareil photo. «Arrivé de l’autre côté, j’étais nu.»
Quelques kilomètres plus loin, la police grecque lui fournit un ­vague laissez-passer provisoire. Comme on lui demande comment il a fait sans vêtements, il répond avec un doux sourire: «Beaucoup de gens meurent à cet endroit dans la rivière. J’ai pris les habits sur un mort…»
L’épisode signe le début d’un incroyable parcours, qui lui fera partager les brimades et souffrances endurées par les migrants clandestins, un univers qu’il découvre, avec la peur lancinante d’un retour forcé dans son pays d’origine. De tout cela, Ghazi Béji ne montre rien, s’appliquant à retracer sur une carte son itinéraire avec une distance déroutante – sauf quand il parle des «barbus» qu’il ne nomme pas autrement que «terroristes».
«C’est quelqu’un qui a subi des traumatismes importants et a été exposé plusieurs fois à la mort. Son détachement est une sorte de défense», a constaté le psychanalyste Fethi Benslama, qui fait partie de son comité de soutien. Pour beaucoup, il est aussi représentatif d’une génération de jeunes Tunisiens contestataires et culottés, qui n’a pas hésité à déboulonner Ben Ali. Avec Ghazi Béji, s’ajoute une dimension de provocation – comme lorsqu’il clamait à Mahdia sa volonté d’immigrer en Israël.
Moyennant quelques euros – il est devenu un habitué du réseau de transfert d’argent Western Union, utilisé par sa famille et ses amis pour l’aider –, un taxi le dépose à Alexandroupoli. Il passe une nuit dans une maison inhabitée, se bat avec des «Algériens qui veulent lui voler son argent» et repart, pour Thessalonique puis Athènes. Il y rencontre un Algérien qui lui offre le gîte pour deux nuits. Le reste du temps, il dort dans un jardin public.
Il commence la tournée des ambassades occidentales… Toutes l’éconduisent, mais celle de France le met en garde: passé trente jours, il risque 6 mois de prison pour séjour irrégulier. Ghazi Béji se décide à passer, le 21 avril, la frontière avec la Macédoine à travers une forêt. Il y rencontre un groupe de huit immigrants clandestins nord-africains, qu’il suit. «La police macédonienne m’a attrapé, frappé. Je suis resté en prison pendant sept heures, puis ils m’ont relâché dans la forêt, côté grec. J’ai attendu une nuit, j’ai bu l’eau d’une source, et le lendemain, je suis repassé.»
Dénoncé par un commerçant dans le premier village où il débarque, il est à nouveau pris par la police, et rejeté dans la forêt. Il retente sa chance le lendemain, se cache sous un pont et parvient à gagner en bus la capitale, Skopje, où il ne s’attarde pas. C’est à pied qu’il s’achemine vers la frontière serbe, franchie péniblement à travers les montagnes. «C’était très dur, je me cachais à chaque patrouille», dit-il.
Dans la première localité – il en a oublié le nom, mais conserve le souvenir de photos de Milosevic placardées –, il est attrapé par la police et placé dans un camp de rétention. Un choc. «Il y avait beaucoup de monde, des Pakistanais, des Afghans, des Africains… Le matin, les policiers nous ont fait aligner contre un mur, et l’un deux s’est fait prendre en photo devant nous en montrant ses muscles. Puis ils nous ont entassés dans un bus et rejetés de l’autre côté. A notre descente, ils nous ont fait allonger par terre, les mains sur la nuque, et nous ont frappés avec des bâtons. J’étais épuisé, malade.»
Après un jour, il repasse. Prend un bus pour Belgrade, puis poursuit obstinément son chemin vers la Roumanie, la destination qu’il s’est fixée, il ne sait trop expliquer pourquoi. A la frontière, il se fait une nouvelle fois arrêter, offre 50 euros pour être relâché, et parvient enfin, le 27 avril, en terre roumaine, à Jimbolia.
De là, la police le conduira directement à Timisoara, un camp de réfugiés «divisé en deux parties, affirme-t-il, l’une mangeait, l’autre regardait. Les premiers étaient des Syriens, des Irakiens aidés par une association américaine; les autres des Africains, beaucoup d’Algériens, des Asiatiques…» Un jour, il aperçoit une humanitaire américaine et l’interpelle: «Ici les gens n’ont rien.» Le lendemain, Ghazi Béji est envoyé par les autorités roumaines par le train dans un autre camp, près de la frontière avec l’Ukraine, à Radauti, où il restera vingt-cinq jours. «On nous donnait 10 euros par mois, on ne mangeait que des pommes de terre, il faisait froid, froid…»
Tout cela, Ghazi Béji l’a déjà vécu. Mais la situation s’envenime avec la découverte, par d’autres réfugiés, de son identité et de sa situation qu’il a imprudemment évoquées par téléphone avec sa famille ou des journalistes. «Il y avait une mosquée à l’intérieur du camp et, chaque jour, des réfugiés discutaient de la meilleure façon de me tuer. Ils ne m’appelaient pas par mon prénom, ils disaient «le porc». Ils me frappaient, m’ont forcé à avaler mes chaussettes…»
Une nuit, Issam, un réfugié palestinien, le mord au torse cruellement, et la plaie saigne abondamment. Décision est alors prise par l’administration du camp de le renvoyer. Il signe des papiers – qu’il possède toujours avec des documents qui attestent de son parcours – et, moyennant 70 euros, obtient des autorités roumaines un passeport gris, un «document provisoire de voyage», «valable jusqu’en août 2014», et, pour 60 euros de plus, une carte de résident.
Pendant deux mois, Ghazi Béji va se terrer à Radauti dans un studio déniché par un prêtre… qui lui enjoint d’aller prier. A partir de là, tout un réseau d’entraide parvient à organiser sa venue via la Hongrie, Vienne, Lucerne, Zurich, jusqu’à Paris. Où il attend depuis, cloîtré, dans l’appartement d’un militant.

mardi 2 août 2011

Italie : révoltes logiques

Accrochages en Italie entre police et demandeurs d'asile
LEMONDE.FR avec AFP | 01.08.11 



Le 1er août 2011 à Bari.
Le 1er août 2011 à Bari.AFP/-

Des demandeurs d'asile ont bloqué pendant plusieurs heures, lundi 1er août, une route et une voie ferrée près d'un centre d'accueil de migrants à Bari, dans le sud de l'Italie, pour exiger le statut de réfugié, provoquant des affrontements avec les forces de l'ordre.
Le face-à-face a fait trente-cinq blessés, parmi lesquels figurent notamment des policiers et quelques passants ayant reçu des pierres jetées par les manifestants, qui s'en sont aussi pris avec leurs projectiles à un autobus qui passait à proximité.

Le 1er août 2011 à Bari.
Le 1er août 2011 à Bari.AFP/-

Les manifestants, au nombre de plusieurs centaines et pour certains armés de barres de fer, ont bloqué la voie ferrée avec de grosses pierres et allumé des feux le long de la voie. Une trentaine d'entre eux ont été arrêtés. Les demandeurs d'asile entendaient protester contre les lenteurs administratives retardant le traitement de leurs dossiers de demande du statut de réfugié.

"SANCTIONS"

La manifestation s'est achevée en début d'après-midi avec l'engagement écrit pris par le préfet adjoint de Bari (Pouilles) de répondre aux demandes formulées d'ici à mercredi, après une réunion qui aura lieu à Bari sous l'égide du secrétaire d'Etat à l'intérieur, Alfredo Mantovano. Celui-ci a par ailleurs demandé "des sanctions contre ceux qui seront reconnus responsables de ces actions".

Dans la soirée, d'autres accrochages ont eu lieu près d'un centre d'accueil situé à Isola Capo Rizzuto, en Calabre. Une trentaine de demandeurs d'asile qui manifestaient devant le centre ont été dispersés par les forces de l'ordre.

Plusieurs manifestations ont marqué ces dernières semaines les centres d'accueil pour migrants, remplis notamment de travailleurs africains ayant fui le conflit en Libye.

Sur le Net, des Italiens en révolte contre la "caste" politique
LEMONDE.FR avec AFP | 22.07.11



Le compte Twitter de Spider Truman, le "vengeur précaire" qui fait parler toute l'Italie.
Le compte Twitter de Spider Truman, le "vengeur précaire" qui fait parler toute l'Italie.Capture d'écran du compte Twitter de Spider Truman.

Depuis quelques semaines, un certain "Spider Truman", qui affirme avoir travaillé plusieurs années à la Chambre des députés italienne avant d'en être licencié, fait un tabac sur le Net en dévoilant les avantages des parlementaires.

Sa page Facebook est "aimée" par 341 800 internautes et le nombre de ses fans ne cesse de croître. Dans son blog "les secrets de la caste", il affirme que certains parlementaires se disent victimes de vols pour toucher l'assurance et vont jusqu'à s'envoyer des menaces de mort pour obtenir des gardes du corps.

Selon le blogueur anonyme, le Parlement emploie neuf coiffeurs payés 11 000 euros par mois. Une affirmation démentie par la Chambre des députés qui a indiqué qu'il n'y en avait que... sept touchant 2 400 euros alors que le salaire moyen en Italie ne dépasse pas 1 300 euros.

Ces révélations ont déclenché une révolte sur le Net. "Parasites et profiteurs !", tempête Valeria sur un blog. "Ils nous volent notre avenir", abonde Fausto tandis que Simon met en garde : "A leurs yeux, nous sommes 60 millions de marionnettes (...) mais il faut qu'ils soient prudents car 60 millions, cela fait beaucoup de gens, ils jouent avec le feu".

"Les politiciens ont des privilèges absurdes et des salaires exorbitants... C'est comme si on était revenu à la Grèce antique, avec les dieux sur le mont Olympe qui décident du sort de la plèbe. Il est temps que l'Italie se réveille et dise 'ça suffit !' à ces injustices", explique à l'AFP le blogueur Leonardo Monti, 21 ans.

"Ce dont nous avons besoin, c'est une bonne pendaison publique", n'hésite pas à dire mtmchat sur un blog. D'autres internautes sont en revanche plus fatalistes. "Nous sommes des moutons et nous méritons cela", lâche F. Rodi.

UNE RÉMUNÉRATION MENSUELLE DE 11 704 EUROS

Selon les médias, ces privilèges s'élèvent à plusieurs millions d'euros par an : voitures avec chauffeur, billets d'avion et de train, tickets de cinéma ou de théâtre, rabais au restaurant ou sur les frais de santé... Et la rémunération moyenne des parlementaires est de 11 704 euros par mois en Italie, soit deux fois plus que la moyenne européenne.

Pour Sergio Rizzo, auteur de La Caste, un best-seller sur les privilèges des parlementaires, les Italiens sont furieux car "dans un moment difficile sur le plan financier, les politiciens n'ont pas été trop durs avec leurs privilèges". Ils devraient "être attentifs à ce qui se passe sur Internet car c'est vraiment inquiétant", souligne-t-il.

Le chef du gouvernement, Silvio Berlusconi, n'a pas réagi directement aux critiques contre la "caste".
Le chef du gouvernement, Silvio Berlusconi, n'a pas réagi directement aux critiques contre la "caste".REUTERS/STRINGER/ITALY

Le plan d'austérité voté la semaine dernière prévoit une diminution du recours aux voitures de fonction et aux avions d'Etat et une baisse des retraites des parlementaires de plus de 90 000 euros bruts par an, comme pour les autres Italiens. Un projet de réforme réduisant le nombre de parlementaires doit par ailleurs être examiné vendredi en conseil des ministres.

En revanche, la réduction des salaires des politiciens au niveau moyen européen a été renvoyée après les prochaines élections, en 2013.

Le chef du gouvernement, Silvio Berlusconi, troisième homme le plus riche du pays, qui a fait sa carrière sur son image d'homme politique non conforme, n'a pas réagi directement aux critiques contre la "caste". Mais au sein de l'opposition et des milieux d'affaires, les appels se multiplient en faveur d'une véritable réduction de ces privilèges. "Il est inacceptable que tout le monde fasse des sacrifices sauf les politiques", a dénoncé la "patronne des patrons", Emma Marcegaglia.

La presse mondiale en parle

Italian MPs' salaries to be cut after public outcry in the wake of austerity measures (Mirror - UK)
http://www.mirror.co.uk/news/top-stories/2011/07/22/italian-mps-salaries-to-be-cut-after-public-outcry-in-the-wake-of-austerity-measures-115875-23287924/

Italian insider threatens Europe's greatest MPs' expenses scandal  (the indipendent - UK)http://www.independent.co.uk/news/world/europe/italian-insider-threatens-europes-greatest-mps-expenses-scandal-2315899.html

Italian MPs sent themselves bogus death threats to qualify for protection (Daily Telegraph - UK)
http://www.telegraph.co.uk/news/worldnews/europe/italy/8652767/Italian-MPs-sent-themselves-bogus-death-threats-to-qualify-for-protection.html


Fenômeno de audiência em rede social italiana expõe os políticos (Correio - Brasil)http://correiodobrasil.com.br/fenomeno-de-audiencia-em-rede-social-italiana-expoe-os-politicos/270767/

Politicians avoid austerity, Italy enraged (Associated Press - USA)http://news.yahoo.com/politicians-avoid-austerity-italy-enraged-102346497.html

Perkbuster' slams Italian MPs (NZ Herald - Nuova Zelanda)http://www.nzherald.co.nz/world/news/article.cfm?c_id=2&objectid=10739599&ref=rss

Un topo en el Parlamento italiano denuncia en Facebook privilegios y despilfarro (Lavanguardia - ES)http://www.lavanguardia.com/internacional/20110719/54187616675/un-topo-en-el-parlamento-italiano-denuncia-en-facebook-privilegios-y-despilfarro.html

Italien: Privilegien-Blog wird zum Renner (Eurones - DE)http://de.euronews.net/2011/07/21/italien-privilegien-blog-wird-zum-renner/

Spider Truman, o bufo italiano que pôs o Parlamento em alvoroço (Publico - PT)
http://www.publico.pt/Mundo/spider-truman-o-bufo-italiano-que-pos-o-parlamento-em-alvoroco_1503853

18 Milliarden Euro für Dienstwagen (Berner Zeitung - CH)http://www.bernerzeitung.ch/ausland/europa/18-Milliarden-Euro-fuer-Dienstwagen/story/25696901

Καταχρήσεις βουλευτών αποκαλύπτει πρώην υπάλληλος της βουλής στην Ιταλία  (Otenet - Gr)http://www.otenet.gr/portal/portal/info/news/worldnews?media-type=html&user=anon&js_panename=worldnews&action=portlets.PsmlPortletAction&eventsubmit_doview=2993971

Volée de bois vert contre les abus des parlementaires italiens (Reuters - Fr)http://maghreb.msn.com/Actualites/Monde/Reuters/2011/July/7636809.aspx

Scandal over MP perks angers austerity-hit Italy (AFP - Usa)
http://news.yahoo.com/scandal-over-mp-perks-angers-austerity-hit-italy-043104538.html

Spider Truman : un Wikileaks italien qui dézingue la caste politique (Eitb - Fr)
http://www.eitb.com/infos/europe/detail/704383/spider-truman--wikileaks-italien-qui-dezingue-caste-politique/