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mardi 9 juin 2009

Le gouverneur d’Oaxaca Ulises Ruiz Ortiz commandite l’assassinat d’un dirigeant du CODEP

par le CODEP-APPO, 8/6/2009. Traduit par Esteban G. Édité par Fausto Giudice, Tlaxcala
Original : EN OAXACA, ULISES RUIZ MANDA ASESINAR A DIRIGENTE DEL CODEP

English: In Oaxaca, Ulises Ruiz orders the assassination of a leader of CODEP

Depuis plusieurs semaines, une intense campagne de diffamation, de harcèlement et de persécution à l’échelle de l’État d’Oaxaca a été orchestrée et s’est déchaînée contre le Comité de Défense des Droits du Peuple (CODEP-APPO) à partir des hautes sphères du gouvernement d'Ulises Ruiz Ortiz [gouverneur d’Oaxaca]. La première conséquence de cette campagne a été le meurtre de Sergio Martínez Vásquez, membre du Conseil du CODEP au niveau de l’État. Il convient de mentionner que ce fourbe assassinat a été précédé d’une surveillance de nos bureaux et de filatures policières, de menaces voilées et ouvertes envers divers membres du CODEP.



Le camarade Sergio travaillait comme chauffeur de taxi et selon les premières informations, le 7 juin, il avait effectué une course à l'agence de Pino Suarez, dans le district de Juxtlahuaca, à Oaxaca. Il a été assassiné dans la nuit avec des armes de forte puissance. Son corps ayant été découvert aujourd'hui, 8 juin, vers 7 heures du matin. Vu la façon d'opérer et certaines informations collectées, tout semble confirmer que les auteurs de ce meurtre ont été les groupes paramilitaires qu’Ulises Ruiz entretient dans la région.




Carlos Latuff, 2006



Il est clair que la campagne orchestrée par le gouvernement et réalisée par divers personnages et groupes de l'État contre le CODEP, vise à détruire une des organisations les plus anciennes et les plus importantes de l'État (cette année nous atteignons 28 ans d’existence), composée par des communautés indigènes mixtèques, triquis, zapotèques et mazatèques ; d’autant plus que nous avons dénoncé les groupes qui, de manière ouverte ou dissimulée, se sont mis au service des intérêts du gouvernement de l’État et fédéral, en divisant les mouvements, en les médiatisant ou en les achetant en échange de bénéfices et de vies dorées personnelles ou pour le groupe. La situation s’est aggravée suite au travail que le CODEP réalise contre les mines avec les communautés de la Vallée d'Ocotlán, d’Oaxaca,et qui a été étendu à d'autres régions de l'État, en s’associant avec d'autres luttes pour l’environnement au niveau national.



Foto
6 mai 2009: opération militaro-policière contre la mine canadienne de San José del Progreso, occupée depuis plusieurs mois par des habitants d' Ocotlán exigeant sa fermeture pour cause de pollution des cours d'eau et aquifères de la zone. Photo
Octavio Vélez/LA JORNADA

Il convient de mentionner que dans la continuité des agressions contre le CODEP, pendant l’évacuation de la mine de San José del Progreso, à Ocotlán et après avoir presque fait tuer notre camarade Agustín Ríos en le rouant de coups - les séquelles du lynchage commencent à apparaître -, le gouvernement a donné l’ordre d'appréhender ce camarade ainsi que plusieurs autres camarades, y compris ceux qui ne se trouvent pas sur le territoire de l'État, comme la professeure Jaquelina López Almazán, ce qui démontre la manipulation arbitraire et perverse des lois que se permet URO [Ulises Ruiz Ortiz].

Face à l’assassinat du camarade Sergio Martínez Vásquez, et aux attaques et attentats par lesquels ils espèrent isoler et anéantir le CODEP, nous appelons à la plus large solidarité, les organisations et les personnalités nationales et internationales, en diffusant et en participant avec générosité aux dénonciations et à l'information sur les actions que nous aurons à mener prochainement.

NOUS EXIGEONS EN CONSÉQUENCE :

1. QUE LA LUMIERE SOIT FAITE IMMÉDIATEMENT SUR L’ASSASSINAT DU CAMARADE SEGIO MARTINEZ VASQUEZ.

2. L’ARRÊT DES AGRESSIONS ET DU HARCÈLEMENT DÉCHAÎNÉ CONTRE LE CODEP.

3. LA PRISON POUR ULISES RUIZ ORTIZ, POUR LES CRIMES COMMIS CONTRE LE PEUPLE D'OAXACA.

• NOUS RENDONS RESPONSABLE LE GOUVERNEMENT D'ULISES RUIZ ORTIZ DE CE QUI PEUT ARRIVER AUX MEMBRES DU CODEP.

• NOUS REFUSONS LA DIFFAMATION, LE HARCÈLEMENT ET LES AGRESSIONS CONTRE LE CODEP

À TROIS ANS DE LA TENTATIVE D’ÉVACUATION,
POUR NOS MORTS DISPARUS ET NOS PRISONNIERS POLITIQUES,
NI PARDON, NI OUBLI!

COMITÉ DE DÉFENSE DES DROITS DU PEUPLE - ASSEMBLÉE POPULAIRE DES PEUPLES D'OAXACA
CODEP-APPO
VOUS POUVEZ NOUS CONTACTER À : codep_cnpp_oax@yahoo.com.mx




"Ulises va tomber !" - Carlos Latuff, 2006



vendredi 28 novembre 2008

Appel urgent d'Oaxaca

Oaxaca de Juárez, Oaxaca, 27 novembre 2008
Call in English
À toutes les organisations, collectifs et personnes d’Oaxaca, du Mexique et du monde.À L'Autre Campagne.Aux organismes nationaux et internationaux des droits humains.Aux médias.Aux membres de l'APPO.Aux sympathisants de l'APPO au Mexique et dans le monde.
ACTION URGENTE, FACE :
AU TRANSFERT POSSIBLE DES CAMARADES PRISONNIERS POLITIQUES ET DE CONSCIENCE PEDRO CASTILLO ARAGON ET VÍCTOR HUGO MARTINEZ TOLEDO DU PÉNITENCIER DE SANTA MARÍA IXCOTEL, D’OAXACA. NOUS CRAIGNONS QU'ILS SOIENT TRANSFÉRÉS VERS UNE PRISON DE HAUTE SÉCURITÉ.
Nous sollicitons votre intervention U R G E N T E face au transfert de PEDRO CASTILLO ARAGON et de VÍCTOR HUGO MARTINEZ TOLÈDE, (ainsi qu'e celui de 9 autres prisonniers dont nous ne connaissons pas les noms) de la CENTRALE PÉNITENTIAIRE de SANTA MARÍA IXCOTEL, d’OAXACA vers un lieu inconnu aujourd'hui jeudi 27 novembre 2008.
ARRIERE-FOND :
PEDRO CASTILLO ARAGON est membre du Comité de Défense Citoyenne (CODECI) organisation membre de l'APPO. Il est adhérent à l'Autre Campagne et fait partie du Comité des Prisonniers Politiques de Santa María Ixcotel, d’Oaxaca. Étudiant en droit à la Faculté de Droit de l'Université Autonome Benito Juarez d'Oaxaca (UABJO).
Il est originaire de San Pedro Ozolotepec, Miahuatlán, Oaxaca. Âgé de 31 ans, il est emprisonné depuis 2002 pour son aide et son militantisme en tant que conseiller dans le mouvement Indigène à Oaxaca.
VÍCTOR HUGO MARTINEZ TOLÈDE : Membre de l'Assemblée Populaire des Peuples d'Oaxaca (APPO), arrêté depuis le 3 novembre 2006. Participant actif du mouvement populaire d’Oaxaca.
LES FAITS :
Dans une opération policière surprise, coordonnée par lesautorités de l’État et fédérales, ainsi que par leurs polices respectives sous le commandement d’Alan Loren Peña Arqueta, directeur de l'Agence d’État de Recherches d'Oaxaca AEIO, a été effectuée très tôt ce matin une opération de recherche dans les installations dudit pénitencier, où se trouvent injustement emprisonnés nos camarades de luttes sociales.
Des médias officiels indiquent que ces 11 personnes ont été transférées dans un avion de la PFP avec le numéro de série XC-OPF. Jusqu'à présent, familles et amis ignorent le lieu où ils ont été menés, les vraies raisons de leur transfert, ainsi que leur état physique et moral.
Les autorités responsables de l’opération n'ont rendu publique aucune version officielle qui éclaire les raisons du transfert de nos camarades ni les noms des autres 9 détenus. Les raisons de cette opération et de la perquisition dans ce pénitencier n'ont pas non plus été données.
En ce moment où il n’existe aucune information qui clarifie la situation de nos compagnons, nous craignons un possible transfert vers des prisons à haute sécurité.
NOTRE APPEL :
À être vigilants sur la situation de nos camarades prisonniers politiques. Il est en effet clair pour nous que cette action répond seulement à des motifs politiques afin de continuer à réprimer et d'abattre physiquement et moralement le mouvement populaire d'Oaxaca qui exige la justice et la liberté pour ses prisonniers politiques.
Nous sommes sûrs que cette opération ne vsie qu'à donner un coup au mouvement d'Oaxaca face à ses avancées dans la construction d'une autre Oaxaca.
Nous demandons respectueusement, à tous ceux qui reçoivent ce message, de se prononcer pour la présentation immédiate de nos prisonniers et contre un quelconque transfert vers des prisons de haute sécurité, ainsi que pour une explication des véritables raisons politiques de ces faits.
Nous rendons le mauvais gouvernement d'Ulises Ruíz Ortíz, le gouvernement fédéral de Felipe Calderón et les commandements de la police responsables de l'intégrité de nos camarades. Aucune action ne pourra arrêter la lutte pour la liberté et la justice engagée par le peuple d’Oaxaca.
Nous exigeons l’ARRÊT de la criminalisation des combattants sociaux qui se trouvent actuellement en prison !
BASTA ! à la répression généralisée contre le mouvement du peuple d'Oaxaca !
Halte au terrorisme d'État !
Le Comité des Prisonniers Politiques de Santa María Ixcotel
Le Comité de Défense Citoyenne (CODECI)
La Voix d’Oaxaca Construisant l'Autonomie et la Liberté (VOCAL)
Traduit par Esteban G., Tlaxcala

dimanche 2 novembre 2008

Escalade de la répression: le journaliste Pedro Matias kidnappé et torturé à Oaxaca

par Scott CAMPBELL , traduit par Isabelle Rousselot et révisé par Fausto Giudice

Pedro Matias, journaliste connu du quotidien local Noticias, et correspondant de l'hebdomadaire national Proceso, a été kidnappé, battu, torturé et dévalisé dans la nuit de samedi dernier à Oaxaca. Reporters sans Frontières a indiqué:

« Pedro Matías Arrazola a été enlevé dans la soirée du 25 octobre, alors qu’il quittait le siège du quotidien pour regagner son domicile. Ses geôliers l’ont passé à tabac et terrorisé pendant des heures, en simulant notamment son exécution. Ils l’ont tour à tour menacé de le traîner au sol avec leur véhicule, de lui couper les parties génitales, de le violer et de le décapiter, en lui demandant cyniquement comment il préférerait mourir. L’avertissement concerne aussi sa famille, qu’ils ont déclaré avoir “localisée”.

Il n’a été relâché que le lendemain matin dans la localité de Tlacolula de Matamoros, à une trentaine de kilomètres d’Oaxaca, dépouillé de son véhicule et de ses papiers. »

Matias fait beaucoup de reportages sur les mouvements sociaux à Oaxaca, donnant une couverture juste, voire plutôt favorable à leur cause. Selon Reporters sans Frontières, il collabore aussi à une radio où il a critiqué le PRI (le Parti Révolutionnaire Institutionnel), le parti qui gouverne Oaxaca depuis presque 80 ans.

Ce n'est pas la première attaque dirigée contre Noticias ou ses journalistes ; le journal est, depuis de nombreuses années, le seul grand média d'information local, qui critique le gouvernement de l'État. Le Mexique est égalemement le pays le plus dangereux du continent américain pour les journalistes

Le 19 novembre 2004, des hommes armés et masqués ont pris le contrôle des entrepôts et des presses d'imprimerie de Noticias, les ont occupés pendant plusieurs jours et ont assassiné un jeune de 19 ans.

Le 17 juin 2005, le gouverneur de l'État d’Oaxaca, Ulises Ruiz, avec l'aide d'un député, membre du parlement de l'État et d'un syndicat contrôlé par le PRI, le CROC (Confédération révolutionnaire ouvrière et paysanne), ont fomenté une grève contre Noticias dans le but de le faire fermer. Des membres du syndicat, des paramilitaires et la police locale ont bloqué le bâtiment et retenu, à l'intérieur, 31 employés de Noticias, coupant l'électricité, le téléphone et l'eau. Au bout d'un mois, les malfrats ont pris d'assaut le bâtiment, traînant dehors les 31 employés et détruisant les bureaux.

Le 9 août 2006, durant la révolte d'Oaxaca, deux hommes masqués et armés, ont pénétré dans les bureaux de Noticias, tirant sur le matériel et les gens, blessant deux employés.

Le 16 janvier de cette année, deux journalistes de Noticias ont reçu des menaces de mort de Rubén Marmolejo Maldonado, alias «El Dragón», un chef des porros (des hommes de main stipendiés) qui a engagé de nombreux conflits sur le campus de l’Université autonome Benito Juárez d’Oaxaca (UABJO) et qui a organisé des attaques contre l'APPO (l'Assemblée Populaire des Peuples d'Oaxaca). La chaire de la faculté de droit et de sciences sociales de l’UABJO l’a accusé de travailler pour le gouvernement de l’État.

Et maintenant, Pedro Matias a été kidnappé et torturé. Si cet événement doit être perçu comme un nouvel acte de répression gouvernementale contre Noticias, il s'inscrit également dans le climat de plus en plus tendu de répression contre le mouvement social qui s'intensifie ces deux dernières semaines. Le 16 octobre, à Oaxaca, trois membres de l'APPO ont été arrêtés pour le meurtre de Brad Will qui s'est produit le 27 octobre 2006, plus de 300 mandats d'arrêt ont été émis et le 25 octobre, ont eu lieu l'assaut et le saccage sans mandat d'une maison appartenant au CODEP, groupe aligné sur l'APPO, par l'AFI, l'équivalent mexicain du FBI.

Les choses ne peuvent qu'empirer à l'approche de novembre, un mois chargé en anniversaires. Le 2 novembre n'est pas seulement le jour des morts mais il marque aussi l'échec de l'attaque des forces policières spéciales de la Police fédérale préventive (PFP) contre la barricade de la Radio Universidad. Et le 25 novembre est la date du deuxième anniversaire des attaques massives et brutales de la PFP et de la police paramilitaire, fédérale et locale contre l'APPO. Manifestement, le gouvernement d'Oaxaca essaye d'intimider et d'effrayer, de façon préventive, une population rebelle qu'il craint toujours autant.



Source : Repression escalates : Well-known reporter Pedro Matías kidnapped and tortured in Oaxaca

Article original publié le 29/10/2008

Sur l’auteur

Scott Campbell, Isabelle Rousselot et Fausto Giudice sont membres de
Tlaxcala, le réseau de traducteurs pour la diversité linguistique. Cette traduction est libre de reproduction, à condition d'en respecter l’intégrité et d’en mentionner l’auteur, le traducteur, le réviseur et la source.

URL de cet article sur Tlaxcala :
http://www.tlaxcala.es/pp.asp?reference=6226&lg=fr