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mercredi 25 mars 2009

Colombie : Le Statut Rural est déclaré inconstitutionnel

La Minga Indigène et Populaire pour la Résistance a gagné
par ACIN, l'Association des Conseils Municipaux Indigènes du Nord du Cauca, Cxab Wala Kiwe
La Cour constitutionelle a déclaré que les peuples indigènes n'ont pas été consultés en amont
La monstruosité inventée par « Uribito » ignorait la Convention 169 de l'OIT et les droits constitutionnels indigènes
L’absence de consultation est aggravée par l’assassinat de 1.200 indigènes
Le principal instrument pour légaliser la spoliation des terres des déplacés est inconstitutionnel Lire l'article
ici
Original : Declaran inconstitucional el Estatuto Rural

lundi 24 novembre 2008

COLOMBIE : Un peuple armé seulement avec la force de la parole

La Grande Marche historique que les médias de masse s’obstinent à ignorer
par Níkolas STOLPKIN
Colombia: Un pueblo armado tan sólo con la fuerza de la palabra

La Colombie n'est pas ce « paradis » décrit par la chaîne CNN qui parvient jusqu’en Amérique latine. Il faut que cela soit très clair. Cette campagne de propagande pour attirer des touristes est une façon de cacher aux yeux du monde un conflit qui maintient le peuple colombien noyé dans la peur, la misère et la mort. La Colombie est plus que ce « petit sourire » insouciant propagé avec insistance par CNN. Elle est larmes, joie, douleur, impuissance…Elle est peur, misère et mort, mais par-dessus tout elle reste toujours ESPOIR. Elle n'est pas un peuple vaincu, bien au contraire, elle a des cicatrices marquées par la lutte. Ce serait une erreur de l’enfermer dans un symbole qui ne la représente pas réellement. La Colombie est indigène, noire, métisse, paysanne, urbaine, étudiante, au chômage, déplacée, victime de violence, elle est exploitée…


Aujourd'hui, tandis que beaucoup regardent des feuilletons, des programmes comiques, des « sagas » de « célébrités » locales ou des catastrophes naturelles, la Colombie vit une grande marche historique que les médias de masse s’obstinent à ignorer. Une marche populaire qui refuse d'accepter la politique dictatoriale d'un gouvernement et d’institutions contaminées jusqu'à la moelle par le narco-paramilitarisme. En ce moment cette marche se dirige vers Bogotá, capitale de la Colombie. C’est la Minga des Peuples, la résistance indigène et populaire, résistance sociale et communautaire, la Colombie organisée avec une seule voix qui dit : ASSEZ! Plus d’humiliation, plus de disparitions, de persécution politique, de misérables conditions de travail et de salaire, de conduite répressive contre les travailleurs, les étudiants, les urbains, les indigènes, les paysans, ¡BASTA YA!

Beaucoup d'« analystes » sont surpris du fait que ce soient les « indigènes » qui conduisent cette mobilisation massive (1). Toutefois, il n'y a pas lieu d’être surpris puisque les indigènes et les paysans colombiens portent sur leurs épaules des années de lutte contre des politiques répressives et d’exclusion que mettent en œuvre, tour à tour, les gouvernements génération après génération, c’est pourquoi les niveaux d'organisation sont très développés.

En outre, il faut souligner que cette politique n’est pas exclusivement dirigée contre le monde indigène mais contre l'ensemble du peuple colombien. Et ce que le gouvernement colombien souhaite voir en ce moment c’est un « problème indigène » et non un problème colombien. Ils sont gênés que les peuples indigènes et paysans mettent sur la table les demandes et les revendications de tous les Colombiens victimes de la politique répressive et d’exclusion. Cela les dérange de savoir que les peuples oubliés de la Colombie sont capables de s'organiser et de mobiliser des masses, bien que les médias de masse, tant locaux qu’internationaux, s’obstinent à les taire ou d'une certaine façon à les ignorer.

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jeudi 20 novembre 2008

Assez de répression contre les peuples indigènes de Colombie !

par la CAOI - COORDINADORA ANDINA DE ORGANIZACIONES INDÍGENAS, 13 Novembre 2008

Le gouvernement d’Uribe ordonne d’arrêter la marche vers Bogotá par le sang et le feu, afin de neutraliser la solidarité avec la Minga indigène et populaire
Plus de dix mille indigènes, appuyés par des paysans, afrodescendants, syndicalistes, organismes des droits humains, étudiants, Colombiens aux pieds nus, en poncho, chapeau retroussé, sac au dos et "tres puntas (1), ont forcé les périmètres de sécurité et ont porté la parole dans les rues principales d'Ibagué.
Ni les ESMAD (2), ni les carabiniers qui ont utilisé la noblesse des chevaux contre les marcheurs, ni l'intervention des émissaires d'Uribe, du Maire d'Ibagué, Jesús María Botero, et des délégués du Ministère Public qui ont essayé de persuader les manifestants de ne pas entrer dans la capitale du Tolima, n’ont pu freiner la force de la raison et de la parole; ils sont arrivés au parc Manuel Murillo Toro, en face du palais départemental, où ils ont effectué l'assemblée publique et ce n’est qu’à partir de 17h30 qu’ils sont allés à l'autre extrémité de la ville, pour se reposer au centre des foires - FEXPO.
« Il y a eu un ordre présidentiel pour continuer à délégitimer l'esprit de la Minga, mais nous arriverons à Bogotá à pas d'Indien avec la force du peuple », des milliers de marcheurs qui se sont ralliés à la parole de l'autre Colombie, sont partis très tôt en caravane vers la commune de Gualanday, de là ils marcheront environ 12 kilomètres jusqu'à la localité d’El Chicoral, où ils feront l’assemblée publique pour délivrer la parole et déterrer la mémoire de la lutte, avec un nouveau Pacte pour la Réforme Agraire Intégrale venant des peuples et des secteurs sociaux du pays le plus spolié du monde.
RÉPRIMER POUR ISOLER
Aujourd'hui, à Ibagué, la Minga a acheminé la parole et la dignité que les seigneurs de la guerre ne supportent pas, c'est pourquoi ils ont provoqué les gens avec insistance et comme ils ne sont pas parvenus à leur but, ils ont agressé la communauté pour lui barrer l’accès au centre de la ville.
À l'entrée d’Ibagué, une pancarte gigantesque de la Police Nationale attendait la Minga, qui disait : « À Ibagué, toutes les personnes ont la garantie d'exprimer et de défendre leurs idées. Parce qu’ Ibaguévient en premier», signé la Police Nationale.
« Ce message m'a surpris car normalement cette attitude n’est pas celle de la force publique, toutefois, nous pensons que c’était un geste d'amabilité envers la Minga des Peuples, après toute les agressions dont nous avons été victimes, nous autres, paysans, indigènes, Afrocolombiens, femmes, étudiants, enfants, jeunes, syndicalistes, entre autres », a assuré un marcheur de la Minga.
Certains pensaient qu'ils allaient respecter la parole qu’apportaient les indigènes main dans la main avec les groupes sociaux et populaires qui se sont ralliés depuis le Cauca jusqu'à Ibagué. Mais ils se sont trompés, une fois de plus ils ont été confrontés au cynisme des seigneurs de la guerre, puisque ceux-ci se sont opposés à ce qu'ils entrent dans la ville, et face au refus de la Minga, ils ont attaqué une nouvelle fois la communauté pour empêcher sa rencontre avec les syndicats et les autres organisations qui les attendaient.
Ils ont empêché la progression de la marche pendant longtemps, mais finalement la Minga a poursuivi son chemin. Parvenant à la réunion entre peuples et organisations sociales à Ibagué, ils ont permis une augmentation de la prise de conscience et de la sagesse, à partir de chaque ville, afin de veiller à cet enfant qui a besoin de grandir avec l'apport et l’engagement de toutes et de tous : la Minga des Peuples.

LETTRE DE L’ORGANISATION NATIONALE INDIGÈNE DE COLOMBIE - ONIC
En octobre, nous peuples indigènes de Colombie, les paysans, les communautés afrocolombiennes et les secteurs sociaux, nous sommes mobilisés au niveau régional dans les villes et sur les routes du pays avec notre Minga nationale de résistance indigène et populaire pour exiger de l'État et du gouvernement national la protection de nos vies et nos droits fondamentaux, de l’égard pour la tragédie humanitaire qui saigne et condamne à la misère des millions de citoyens colombiens ; ainsi que pour dénoncer devant la communauté nationale et internationale les étiquettes infâmes et criminelles accolées par le gouvernement national qui qualifient nos luttes sociales de terroristes, et les chefs, autorités et organisations représentatives qui les conduisent de délinquants.
Nous nous mobilisons pour exiger que le gouvernement national honore les engagements d'État souscrits avec les peuples indigènes, pour défendre nos droits territoriaux ancestraux et les ressources naturelles qu’en fidèles gardiens de la nature nous avons protégé pendant des millénaires ; pour exiger l’abrogation des lois inconstitutionnelles sans consultation qui nous spolient des droits acquis et pour solliciter que l'État colombien signe sans réserve la Déclaration des Nations Unies sur les Droits des Peuples Indigènes
Nous nous mobilisons pour démasquer les mensonges et les combines qui accompagnent les statistiques trompeuses et les discours populistes du gouvernement national, quand il s'agit de justifier ses omissions dans l'accomplissement de ses fonctions constitutionnelles et son manque de volonté politique pour garantir l’application de nos droits légaux et humains.
En réponse à notre Minga nationale de résistance indigène et populaire, qui a toujours eu un caractère pacifique et se déroule dans le cadre des droits légaux à la protestation sociale, à la liberté d'expression et d'association, le président Uribe, le seigneur de la guerre et de la violence, a ordonné à la force publique de nous traiter comme des terroristes et des objectifs militaires. Le résultat est que la police et l'armée nationale démontrent une fois de plus leur brutalité et leur excès contre la population civile désarmée, ils nous massacrent trois frères et laissent une centaine de nos compagnons estropiés par balles réelles et par des engins explosifs non conventionnels.
Par dignité et en l’honneur de nos morts, nous exigeons un débat ouvert avec le président Uribe, pour que, face à la communauté nationale et internationale, il puisse répondre de ses politiques de génocide et explique les mesures du gouvernement pour conjurer les menaces sur la vie, l'intégrité, le maintien et la survie de vastes secteurs de la population colombienne. Il convient d'indiquer que, nous, peuples indigènes, réclamons depuis plus de quatre ans un dialogue direct avec le président, sans que cela soit possible. Le président n'aime pas les auditoires qu'il ne peut pas coopter où son ego en campagne présidentielle permanente peut être contesté. Il n'aime pas les vérités publiques et encore moins celles que nous proclamons et auxquelles nous travaillons pour la construction d'un État social pluriethnique, multiculturel, rassembleur, tolérant et surtout respectueux des libertés citoyennes, garant des droits humains et respectueux du droit international humanitaire.
Après de multiples obstacles, décès, violence et terrorisme d'État, la Minga nationale de résistance indigène et populaire a enfin obtenu de pouvoir rencontrer le président Uribe le 2 novembre dernier dans la réserve de La María de Piendamó.
De cette entrevue avec le gouvernement national qui n’a pas réussi à aborder, ni à satisfaire les points du débat, il ressort clairement pour nous que le président n'est pas intéressé à protéger et à garantir les droits collectifs, humains et de travail des citoyens colombiens. Que le président s'obstine à définir comme objectif militaire en qualifiant de terroristes et d’alliés de la guérilla, ceux qui, comme nous, défendent les droits humains des Colombiens et qui rejettent pour son caractère inconstitutionnel le Traité de Libre Échange avec les USA. Que la politique de « sécurité démocratique » exige génocide, alliances avec les paramilitaires, crimes d'État, faux positifs et le règne de la violence pour faire peur à tous ceux qui comme nous s’opposent au bradage aux entreprises transnationales des ressources naturelles de tous les Colombiens.
Il est aussi clair qu'au-dessus du bien-être, de l’avenir et des droits des citoyens colombiens, il y a les intérêts des entreprises transnationales et des chefs d'entreprise alliés du gouvernement national. Que le Statut de développement rural est la stratégie législative du gouvernement pour légitimer la spoliation territoriale commise par le feu et le sang par les paramilitaires et imposer les monocultures et les agrocarburants au détriment de la sécurité alimentaire des Colombiens. Que le gouvernement continuera à impulser le Plan Colombie, pour nous obliger au déplacement forcé de nos territoires.
Mais il est surtout clair que la comptabilité de la sécurité démocratique est conçue pour ajouter les meurtres perpétrés par la force publique contre des citoyens civils colombiens désarmés et non protégés; de même que les soldats et les policiers de la patrie peuvent aussi se transformer en assassins et criminels, pour satisfaire la haine viscérale que leur Commandant en Chef des forces armées réserve aux secteurs sociaux, populaires et démocratiques de la nation, dont nous faisons partie, nous qui nous opposons à sa violence militaire, politique et économique.
Face aux déclarations mensongères du gouvernement national lors de la rencontre de La María, qui défendait à outrance la violence et le génocide pour protéger les intérêts étrangers et légiférer en leur faveur; ainsi que face à son refus de s’engager à protéger et garantir les droits humains, légaux et collectifs des citoyens colombiens et sa volonté de continuer à massacrer et appauvrir le peuple colombien, la Minga nationale de résistance indigène et populaire a décidé de sortir des territoires indigènes et de se mobiliser à Bogotá, capitale de la république, pour se transformer tout au long de son parcours en Minga Nationale des violentés, des criminalisés, des exclus, des invisibles et victimes de l'État, du gouvernement national, des entreprises transnationales, du modèle paramilitaire de développement et de tous ceux qui prétendent se remplir les poches au prix de la faim, de la misère, du manque de bien-être et de l’avenir de la majorité des Colombiens.
Du 10 au 25 novembre, la Minga nationale de résistance indigène et populaire marchera de Cali à Bogota, en portant la parole, en rassemblant et en transmettant sa clameur de vie, de liberté et de souveraineté parmi les Colombiens pour se transformer en forum social itinérant et en la journée d'unité communautaire, sociale et populaire la plus grande de notre histoire.
La Minga est devenue maintenant le pays, nous sommes les étudiants atteints dans notre dignité, les travailleurs méprisés et menacés, les syndicalistes, journalistes et enseignants assassinés pour avoir pensé et voulu construire la Colombie accueillante, les défenseurs de l'eau et des ressources naturelles comme biens publics, les victimes de la violence de l'État et des groupes illégaux, les défenseurs des droits humains qui exigeons de vrais procès, la justice et la réparation pour les crimes de guerre. Nous sommes aussi les chômeurs et tous ceux dont les droits légaux et humains ont été bafoués.
Nous sommes maintenant la Minga Nationale et nous réclamons avec dignité la souveraineté du peuple colombien, de ceux qui ont été assassinés par les soldats de la patrie pour satisfaire avec des faux positifs les demandes de morts qu'exige la politique de sécurité démocratique. Nous sommes la Minga et nous nous opposons aux politiques génocidaires et xénophobes de l'actuel gouvernement national et à ce qu’elles soient poursuivies par un mandat présidentiel de plus. Nous sommes la Minga des paysans du lait cru et des volailles de la basse-cour.. La Minga des Afrocolombiens qui ne veulent pas voir des cultures de palme remplacer les sources de notre sécurité alimentaire. Nous sommes la nation des chrétiens et catholiques qui croyons en la paix avec la justice sociale comme condition pour la réconciliation nationale et pour dépasser les causes structurelles du conflit.
Nous sommes également la Minga avec laquelle nous rejetons et nous nous opposons aux néocolonialismes et aux esclavages économiques et militaires modernes, ces vieilles pratiques qui aujourd'hui amènent 18 de nos peuples indigènes au bord de l’extinction.
Aujourd’hui nous sommes une nation qui se dirige vers la Place Bolívar à Bogotá, pour exiger du gouvernement national qu’il réponde du génocide, des crimes de lèse-humanité et des disparitions forcées débouchant sur des meurtres d'État. Qu’il réponde de la misère, de la malnutrition de nos enfants et du manque d’avenir pour nos nouvelles générations. Nous sommes une nation qui dit non au TLC [Traité de Libre Échange], qui exige la mise à plat de l'actuel modèle de développement et qui demande que soit abrogée toute la législation de spoliation basée sur l’absence de consultation et contraire aux droits des peuples.
En tant que nation, nous combattons pour nos droits à la terre et aux territoires pour leurs légitimes propriétaires, nous exigeons du gouvernement national d'accomplir les engagements ratifiés avec le peuple colombien. Aujourd’hui, nous sommes une nation qui demande à la Communauté Internationale et à ses organismes de protection des droits humains de nous accompagner et de vérifier la crise humanitaire et de leurs droits que les Colombiens sont en train de subir.
Nous sommes aujourd’hui une nation en résistance sociale et pacifique qui demande à la Cour Pénale Internationale d'intervenir dans notre pays pour punir les responsables de notre tragédie.
QUE LE SILENCE SOIT CONVERTI EN UN SEUL CRI DE RÉSISTANCE, POUR LA TERRE MÈRE !
LE GRAND CONSEIL DU GOUVERNEMENT INDIGÈNE - ONIC
Bogotá, 11 novembre 2008
(1) « tres puntas » : Nagual ou Nahual à « trois pointes » homme ou femme perpétuant une croyance préhispanique. En relation avec l’univers, utilisant des plantes hallucinogènes pour dépasser les limites de la perception afin d’atteindre d’autres niveaux de conscience. Après plusieurs générations, beaucoup ont appris à « voir », c'est-à-dire à percevoir le monde, non comme une interprétation, mais comme un flux constant d’énergie. [Assimilés à tort à des sorciers], le Nahualisme a été une pratique socialement acceptée comme le sont à notre époque, la religion ou la science. Avec le temps, leurs postulats ont gagné dans l’abstraction et la synthèse, se convertissant en une espèce de proposition philosophique dont les pratiquants portaient le nom de toltecas [ne pas confondre avec les guerriers toltecas]. Le Nahual des « trois pointes » a la faculté de transmettre ses connaissances de manières diverses, ce qui permet une diversification de lignées. Son esprit lumineux exerce un effet de dispersion sur le groupe en cassant la structure de pensée linéaire dans la transmission, et crée dans certains esprits un désir d’action et de changement et une découverte à la prédisposition de s’impliquer. Le nahualli à trois pointes est un sage, il sait s’exprimer, il a dans son intérieur une réserve (d’énergie), il a du cœur, vigilant, attentif, solidaire, il ne fait de mal à personne (Manuscrit Florentin). Source : http://www.wikilearning.com/monografia/la_regla_del_nahual_de_tres_puntas-los_naguales_de_tres_puntas/19418-9
(2) ESMAD : Escadrons Mobiles Anti-émeute, de la police nationale colombienne.
Images de la Marche à Cali, Palmira, Armenia et Ibagué

Source : CARTA DE LA ORGANIZACIÓN NACIONAL INDÍGENA DE COLOMBIA - ONIC

Traduit par Esteban G. et révisé par Fausto Giudice, Tlaxcala

lundi 27 octobre 2008

Colombie : Guerre sale et terreur contre le mouvement indigène

par ACIN

D’où que viennent les balles assassines, cette guerre est contre les peuples. Quelle que soit l’origine du plan meurtrier, son résultat bénéficie aux intentions de ceux qui veulent nous dépouiller de notre processus et de notre territoire. Ces actes calculés de lâcheté et de cruauté, de la part d’hommes armés de fusils contre des civils et des comuneros*, ont pour objectif de nous réduire au silence et de nous engager dans une guerre contre nos droits et nos plans de vie.


Plus de 7000 indigènes et représentants d’autres secteurs sociaux et populaires du Cauca et du Sud-Ouest Colombien sont rassemblés en ce moment dans le Territoire de Paix, de Négociation et de Vie en commun de La María Piendamó dans le Cauca. C’est ainsi qu’a commencé la Minga de célébration des 516 ans de résistance et que se consolide le “Branle-bas des Peuples” de résistance au régime de terreur du capital transnational. Simultanément, arrivent des rapports sur les actions et rituels qui s’annoncent dans le reste du pays de la part des peuples indigènes.



Dans la soirée du 12 octobre, l’Assemblé des Peuples réunie en Minga à La María a assisté à des actes protocolaires d’installation de la Minga et a écouté les paroles des autorités [communautaires, NdR]. L’agenda des tours à venir prévoit des réunions et des rencontres avec des dirigeants et des représentants d’autres mouvements sociaux et populaires.


La réaction des ennemis des peuples contre notre lutte pour la justice et le respect ne s’est pas faite attendre. Le langage de terreur et de mort assombrit cette heure de dignité.


Nous écoutons les paroles émouvantes de Ligia Coicué, compagne du comunero assassiné Nicolas Valencia Lemus et celles de son frère, le dirigeant indigène Silvio Valencia. Pendant que nous écrivons cette note, affligés par ce crime, nous recevons confirmation de l’assassinat d’un autre comunero indigène identifié comme Celestino Rivera, jeune de 25 ou 27 ans de la réserve indigène de Jambaló et habitant la fraction de Zumbico. Son corps sans vie a été retrouvé à 2 mètres du chemin de Toribío à Jambaló, dans fraction de Quinamayó. Le cadavre portait au moins les traces de deux coups de fusil dans le crâne. Des comuneros des alentours disent avoir entendus 4 coups de feu vers 9 heures et demie de samedi soir 11 octobre, suivis du bruit d’une motocyclette qui démarrait.



En même temps, la Conseillère Principale du CRIC (Conseil régional indigène du Cauca) a reçu un appel du gouverneur du Cauca l’avertissant de rapports des services de renseignement mettant en évidence l’intention de la colonne Teófilo Forero des FARC d’assassiner le dirigeant indigène et Conseiller du CRIC Feliciano Valencia. Il semble que la Conseillère ait réussi à enregistrer la conversation avec le gouverneur. Il ne nous a pas été possible de contacter la Conseillère au moment de la redaction de ce communiqué.

Depuis les menaces du CEC [« Campesinos Embejucados del Cauca », « Paysans furieux du cauca », groupe terroriste clandestin, NdT], envoyées le 11 Août 2008, ont été assassinés 5 indigènes dans le Nariño, 3 à Riosucio Caldas et 3 dans le Cauca (le gouverneur de Canoas en a réchappé). Ont par ailleurs été assassinés un dirigeant afro (noir, NdT) à Tumaco, deux dirigeants paysans du Cauca ainsi que Olga Luz Vergara -de la Route Pacifique des Femmes- et sa famille à Medellín.



D’où que viennent les balles assassines, cette guerre est contre les peuples. . Quelle que soit l’origine du plan meurtrier, son résultat bénéficie aux intentions de ceux qui veulent nous dépouiller de notre processus et de notre territoire. Ces actes calculés de lâcheté et de cruauté, de la part d’hommes armés de fusils contre des civils et des comuneros, ont pour objectif de nous réduire au silence et de nous engager dans une guerre contre nos droits et nos plans de vie. Qu’ils s’en aillent, ceux qui apportent la guerre, ceux qui usent des armes contre la vie, ceux que se servent de la mort pour nourrir leur rapacité. Qu’ils dégagent!

* Comuneros : habitants des communautés (comunidades), paysans indigènes. En 1781, un soulèvement dit des comuneros eut lieu dans l’actuelle Colombie, (vice-royaume de Grenade), annonçant les mouvements d’indépendance du siècle suivant.(NdT)

Pour plus d’information sur la mobilisation en cours, consulter:
ONIC et NASACIN


Écouter les audios sur les mobilisations:
10/12/2008
Asesinado Comunero Indígena vía a Toribío, Cauca
10/12/2008
Actividades del 12 de octubre de 2008 en Boyacá y los Santanderes
10/12/2008
Actividades del 12 de octubre de 2008 en Casanare
10/12/2008
Minga del pueblo Embera Chamí 12 de octubre de 2008
10/12/2008
Minga pueblos Indígenas en el Cauca 12 de octubre de 2008
10/12/2008
Minga pueblos en La Guajira 12 de octubre de 2008
10/12/2008
Minga de los pueblos en el Quindío 12 de octubre de 2008
10/12/2008
Último avance Minga de los pueblos en el Cauca 12 de octubre de 2008


Source : Colombia: Guerra sucia y terror contra el movimiento indígena

Article original publié le 12 Octobre 2008

Sur les auteurs

Traduit par Nuria Álvarez Agüí et révisé par Fausto Giudice, Tlaxcala