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jeudi 10 janvier 2013

Les violeurs-assassins de Delhi face à la justice

Lundi 7 janvier 2013

Cinq accusés du viol collectif d'une étudiante à New Delhi ont comparu lundi pour la première fois devant un tribunal, à huis clos, dans un climat de tension après cette agression qui a bouleversé le pays.

Âgés de 19 à 35 ans, ils encourent la peine de mort pour l'enlèvement, le viol et le meurtre d'une étudiante de 23 ans le 16 décembre dans un autobus.

Selon une source judiciaire interrogée par l'AFP sous le couvert de l'anonymat, deux des auteurs présumés ont offert de collaborer avec la justice, en qualité de témoins, en échange d'une peine plus clémente.

"Un acte d'accusation a été fourni aux accusés et la prochaine audience se tiendra le 10 janvier", a annoncé Namrita Aggarwal, magistrate au tribunal de Saket, dans le sud de Delhi, à l'issue d'une audience à huis clos décidée pour rétablir un semblant d'ordre dans un chaos mêlant avocats et journalistes.

Des avocats rattachés au complexe judiciaire de Saket ont manifesté avant l'audience pour s'opposer à une défense accordée aux accusés, qui vivent pour la plupart dans des bidonvilles de la capitale.

La semaine dernière, des avocats ont jugé "immoral" d'apporter leur conseil aux auteurs présumés, présentés comme étant Ram Singh, Mukesh Singh, Vijay Sharma, Akshay Thakur et Pawan Gupta.

Ils étaient attendus pour la première fois devant la justice jeudi mais n'avaient finalement pas été présentés.

Le sixième accusé, se présentant comme ayant 17 ans, a subi des examens osseux pour vérifier son âge afin qu'il soit jugé par un tribunal pour mineurs.

Les prévenus comparaissent en général plusieurs mois après les faits en Inde mais, dans ce cas particulier, la procédure a été accélérée.

La nature particulièrement ignoble de cette agression a entraîné, fait rare pour ce type de faits divers, des manifestations d'habitants en colère et suscité un vif débat sur les violences infligées aux femmes et l'apathie de la justice et de la police devant ce type de crime restant souvent impuni.


Les accusés ont comparu un peu plus d'une semaine après la mort de la victime dans un hôpital de Singapour où elle avait été transférée pour tenter d'être sauvée après trois interventions chirurgicales et un arrêt cardiaque en Inde.

La police a fait état d'une "sécurité maximale" pour l'audience, de craintes d'agressions envers les prévenus. Un homme a été arrêté la semaine dernière alors qu'il essayait de placer une bombe à proximité du domicile de l'un d'eux.

Selon les experts judiciaires, la cour devrait transférer l'affaire à un autre tribunal doté de pouvoirs permettant une instruction accélérée.

La victime, dont le nom doit rester anonyme en vertu de la loi en matière de viol, avait passé la soirée au cinéma avec son compagnon, âgé de 28 ans.

Après avoir tenté en vain d'arrêter plusieurs rickshaws, le couple était monté dans un bus habituellement destiné au ramassage scolaire mais qui était occupé par un groupe d'hommes ayant pris le véhicule pour une "virée nocturne".

Les hommes ont alors violé plusieurs fois l'étudiante avant de l'agresser sexuellement avec une barre de fer et de la jeter à moitié nue hors du bus. Son compagnon a lui aussi été passé à tabac et jeté du bus, selon l'accusation et le propre témoignage du petit ami.

Samedi, l'accusation a indiqué que les traces de sang retrouvées sur les vêtements des accusés correspondaient au sang de la victime.

Dans des entretiens à l'AFP et à une chaîne de télévision indienne, le petit ami a dit vendredi son impuissance à sauver la jeune femme face à la cruauté de ses agresseurs. Il a aussi dénoncé le temps perdu par la police et l'indifférence des passants alors que le couple gisait en sang sur la route.

De nombreuses voix, y compris de la part de la famille de la victime, se sont élevées pour que les auteurs soit pendus.

Mardi 8 janvier 2013
Deux accusés vont plaider non coupables
Deux accusés du viol collectif d'une étudiante de 23 ans dans un autobus à New Delhi, décédée des suites de l'agression, vont plaider non coupables, a annoncé mardi leur avocat à l'AFP.

"Ils vont plaider non coupables pour tous les chefs d'accusation. Rien n'a encore été prouvé", a déclaré leur conseil, M. L. Sharma. Six personnes, dont une affirmant être mineure, ont été arrêtées après l'agression le 16 décembre et cinq accusés majeurs doivent être jugés pour enlèvement, viol et meurtre.

Les deux suspects que représente cet avocat sont le frère du chauffeur du bus, présenté comme étant Mukesh Singh, et un manoeuvre, Akshay Thakur.

Les cinq accusés, âgés de 19 à 35 ans, ont comparu lundi pour la première fois devant une magistrate d'un tribunal de New Delhi, qui leur a fait lecture à huis clos de l'acte d'accusation.

La prochaine audience a été fixée à jeudi.

Samedi, l'accusation a indiqué que les traces de sang retrouvées sur les vêtements des suspects correspondaient au sang de la victime mais M.L. Sharma a précisé qu'il entendait contester les preuves recueillies par la police, se refusant à plus de commentaires.

Il n'était pas possible de savoir dans l'immédiat qui allait représenter les trois autres suspects.

Une source au sein du tribunal pour enfants de New Delhi a déclaré à l'AFP sous le couvert de l'anonymat que le cas du sixième accusé, qui dit avoir 17 ans, sera examiné lors d'une audience le 15 janvier, une fois que les résultats des examens osseux décidés par les autorités seront connus.

Mercredi 9 janvier 2013
Un 3e accusé plaidera non coupable
Un troisième accusé dans l'affaire du viol collectif d'une étudiante de 23 ans dans un autobus de New Delhi plaidera non coupable pour les chefs de viol collectif et de meurtre, a indiqué mercredi son avocat.

"Je représente Ram Singh et je plaiderai non coupable", a déclaré à l'AFP l'avocat du suspect, M. L. Sharma, qui défend également deux des autres accusés.

Ram Singh est le chauffeur du bus à l'intérieur duquel l'agression s'est produite.

"Quiconque ayant commis ce crime atroce doit être puni mais mes clients ne sont pas les coupables", a ajouté l'avocat.
 
Jeudi 10 janvier 2013
L’affaire transférée pour accélérer l’instruction
 Les accusés doivent comparaître ce jeudi pour une 2e audience à Saket, dans le sud de New Delhi.

L’affaire de viol collectif d’une étudiante à New Delhi devait être transférée ce jeudi à un tribunal chargé de juger rapidement les cinq auteurs présumés, dont trois ont l’intention de plaider non coupables selon leur avocat.

Les cinq accusés majeurs, âgés de 19 à 35 ans, devaient comparaître jeudi lors d’une deuxième audience convoquée par un tribunal du district de Saket, dans le sud de la capitale, après une première comparution lundi à huis clos conformément à la règle en vigueur dans les affaires de viol en Inde.

Ils plaideront non-coupables

Une source judiciaire a indiqué lundi que l’affaire devait être officiellement transférée jeudi à une autre instance pour permettre une instruction accélérée.
Selon l’avocat de trois des accusés, M.L. Sharma, ses clients ont l’intention de plaider non coupables des chefs d’accusation d’enlèvement, viol et meurtre, lorsque l’affaire aura été transférée.

Les deux autres auteurs présumés n’ont pas encore de conseil tandis que le sixième accusé, 17 ans, devait comparaître devant un tribunal pour enfants.

Vive émotion en Inde


Ce fait divers a révolté l’opinion en Inde et fait descendre dans la rue de New Delhi des milliers de femmes réclamant plus de sécurité et une meilleure prise en compte par la police et la justice des violences sexuelles.

M.L. Sharma a indiqué jeudi qu’il prouverait que ses clients ne sont pas responsables de l’agression mais il a démenti vouloir accuser la victime.

L’avocat rejette la faute sur… les victimes

Dans un récent entretien à Bloomberg, l’avocat jugeait que le petit ami de l’étudiante était « pleinement responsable » de l’agression car le couple n’aurait pas dû se trouver la nuit dans les rues. « Jusqu’à présent je n’ai pas vu un seul exemple de viol d’une femme respectée », affirmait-il également.

L’avocat a toutefois assuré qu’il n’avait pas tenté de diffamer la victime. « J’ai parlé à Bloomberg mais je n’ai rien dit sur la victime. Je leur ai seulement dit que les femmes sont respectées en Inde, qu’elles sont des mères, des sœurs, des amies, mais dites-moi quel pays respecte une prostituée. »

Interrogé pour savoir s’il considérait donc la victime comme une prostituée, cet avocat a répondu : « Non, pas du tout mais je dois protéger mes clients et prouver qu’ils n’ont pas commis ce crime abominable. »
Source : AFP

samedi 29 décembre 2012

"Damini Nirbhaya", la victime du viol de New Delhi est morte : Nous exigeons la justice, la liberté et les droits pour les femmes!


 
La jeune femme dont le viol atroce par six hommes le 16 décembre dernier, dans un bus de New Delhi a provoqué un immense mouvement de protestation dans toute l'Inde, est morte vendredi 28 décembre à l'hôpital de Singapour où elle avait été transportée. Sa dépouille est arrivée à 4 h30 dimanche matin à Delhi et elle a été incinérée au cours d'une cérémonie privée quelques heures plus tard. On ignore son nom, mais les manifestants l'ont surnommée Damini (Coup de foudre), en référence à un film de Bollywood de 1993 dont l'héroïne prend la défense d'une domestique victime d'un viol. Le Journal Times of India l'a surnommée Nirbhaya (Coeur Vaillant). Transformée en figure mythique digne de figurer dans le panthéon hindou, "Damini Nirbhaya" est appelée à devenir l'emblème de la révolte historique de décembre 2012, qui est la première révolte civile de masse contre le système des politiciens et policiers corrompus qui éclate au nom de la liberté et des droits des femmes, dans un pays où les femmes subissent une oppression millénaire prenant des formes particulièrement cruelles.
Ce samedi a vu des marches et des rassemblements exigeant le respect des droits et de la liberté des femmes se produire dans tout le pays, et non plus seulement dans les métropoles de Delhi, Mumbai, Bangalore et Kolkota. Un des slogans diffusés par les télévisions privées est : "Candles, not lathis" : "des bougies, pas de matraques".


Plus de 4000 personnes se sont rassemblées samedi matin  à Delhi, dans un des rares endroits où les rassemblements ne sont pas interdits, le Jantar Mantar, pour lui rendre hommage et continuer la lutte engagée. Une banderole déclarait : "We don't want your condolences! We don't want your fake sentiments! We demand immediate action to strengthen the laws against sexual violence."("Nous ne voulons pas de vos condoléances ! Nous ne voulons pas de faux sentiments ! Nous exigeons une action immédiate pour renforcer les lois contre la violence sexuelle !")
Le rassemblement a adopté la résolution suivante :

It's a Time for Grief, Mourning and For a Solemn Resolve - To Take the Struggle Forward for a World Where Women Can Have Freedom, Rights and Justice.  We condole the sad passing of the brave rape survivor of Delhi, who battled her assailants and her horrendous injuries with so much courage and endurance. We stand by her family in this time of unimaginable grief and mourning.


Gather for a Condolence Meeting at 11am, Jantar Mantar.

This is a time for mourning, for inner reflection, and also for a resolve to take the struggle forward for justice, rights, and freedom for women in our society. We all feel immense anger and outrage at the cruel way in which a young woman’s life was taken. It is important that the anger be directed at the root causes of violence against women in society, as well as at the system and institutions that fail to defend women’s right to freedom without fear.

As we approach a sad end to the year, full of grief and anger, let us resolve that the new year to come will be one where we resist discrimination and violence against women in every way – in our homes, on the streets and public spaces, in every institution. Let us declare zero tolerance for discrimination and violence against women, and vow to uproot patriarchal oppression from our society.

Let us unite to demand accountability from the government, police, judiciary. No longer will we tolerate the anti-women statements and policies from those in power. We demand justice, freedom and rights for women!

AIPWA, AISA, RYA, Jan Sanskriti Manch, 
and Many Other Common Students, Women and Men
         
Le corps quitte le Mount Elizabeth Hospital à Singapour

Résolution de condoléances
C'est un temps pour le chagrin, le deuil et pour une résolution solennelle : faire avancer la lutte pour un monde où les femmes peuvent avoir la liberté, des droits et de la justice.
Rassemblement de condoléances à 11h, Jantar Mantar.
Nous pleurons la triste disparition de la courageuse victime du viol de Delhi, qui a lutté contre ses agresseurs et ses horribles blessures avec tant de courage et d'endurance. Nous sommes aux côtés de sa famille en ce moment de chagrin et de deuil inimaginable.
C'est un moment de deuil, de réflexion intérieure, et aussi pour une résolution de faire avancer la lutte pour la justice, les droits et la liberté des femmes dans notre société. Nous ressentons tous une immense colère et indignation devant la façon cruelle dont la vie d'une jeune femme a été prise. Il est important que la colère soit dirigée vers les causes profondes de la violence contre les femmes dans la société, ainsi que vers le système et les institutions qui ne parviennent pas à défendre le droit des femmes à la liberté sans peur.
Alors que nous approchons d'une triste fin d'année, pleine de chagrin et de colère, prenons la résolution que la nouvelle année à venir sera celle où nous résisterons à la discrimination et à la violence contre les femmes dans tous les sens - dans nos maisons, dans les rues et les espaces publics, dans chaque institution. Décrétons une tolérance zéro pour la discrimination et la violence contre les femmes, et engageons-nous à éradiquer l'oppression patriarcale de notre société.
Unissons-nous pour demander des comptes au gouvernement, à la police, à l'appareil judiciaire. Nous ne tolérons plus les déclarations et les politiques contre les femmes du pouvoir en place. Nous exigeons la justice, la liberté et les droits pour les femmes!
AIPWA, AISA, RYA, Jan Sanskriti Manch,
et beaucoup d'autres étudiants, femmes et hommes ordinaires
 Traduction BASTA! 

Ce rassemblement s'est prolongé tout au long de la journée et de la soirée, les gens affluant par milliers avec des bougies. La foule a empêché la Première ministre du gouvernement local de Delhi, Sheila Dikshit, de se joindre au rassemblement d'hommage à la victime, et elle a du prendre la fuite. Dans la journée on a appris qu'une jeune fille de 14 ans, victime d'un viol en bande dans le Gujarat, avait tenté de se suicider en avalant du poison. Une autre jeune fille, âgée de 18 ans, a mis fin à ses jours dans l'Uttar Pradesh, suite à l'inaction de la police, qui a laissé courir son violeur. 
Shah Rukh Khan, le plus célèbre acteur de Bollywood, a twitté un message disant que "Damini" avait forcé l'Inde à se confronter à une réalité honteuse. "Le viol incarne la sexualité telle que notre culture et société l'ont définie. Je suis vraiment désolé de faire partie de cette société et culture", écrit la star.

Pour voir des photos des protestations, cliquer sur l'image


Indian protestors hold a placard as they take part in a rally in front of a statue of Mahatma Gandhi in Lucknow on December 29, 2012, after the death of a gangrape victim from the Indian capital New Delhi (AFP Photo / STR) 
Manifestation à Lucknow, au Mémorial Mahatma Gandhi
UTTAR PRADESH












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KARNATAKA
"Pidita ko shraddhanjali"="respect pour la victime de Delhi", ont écrit ces petites filles dans la cour de leur école à Ahmedabad