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samedi 14 mars 2009

L'exclusion des expulsés : la reconstruction du camp de Nahr El Bared vue du côté des Palestiniens

par Nadia Hasan, 10/3/2009
Traduit par Isabelle Rousselot, révisé par Fausto Giudice ,
Tlaxcala
Nadia Hasan est une militante palestinienne, née au Chili et qui vit entre l'Amérique du Sud et le Moyen-Orient. Elle rêve du jour où tous les Palestiniens pourront exercer leur droit au retour. Elle fait partie de Tlaxcala. Son blog :
http://palestinaresiste2.blogspot.com/


La première pierre du processus de reconstruction du camp de Nahr El Bared a été posée lundi 9 mars lors d'une cérémonie organisée par le gouvernement libanais et par l'UNRWA (United Nations Relief and Works Agency for Palestine Refugees in the Near East / Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine au Proche-Orient), 18 mois après la destruction totale du camp par l'armée libanaise lors d'un combat contre les militants du groupe Fatah El Islam.

De nombreuses personnes étaient invitées pour l'occasion : les responsables des organismes impliqués dans le processus de reconstruction, des journalistes, des diplomates ainsi qu'une délégation palestinienne sélectionnée et restreinte.

Dans une tente improvisée, et sous la supervision de l'armée et des services de renseignement du gouvernement libanais, Tarek Mitri, lmnistre libanais de l'Information, Abbas Zaki, ambassadeur de l'Autorité palestinienne, Khalid Makkawi, président du Comité pour le dialogue entre Palestiniens et Libanais, et Karen Abu Zayed, Commissaire Général de l'UNRWA au Liban, ont exprimé leurs remerciements envers ceux impliqués dans le processus de reconstruction du camp et ont loué les efforts qu'ils ont réalisés pour aider plus de 40 000 réfugiés dont les maisons ont été rasées après qu'ils avaient été forcés de fuir, pour se réfugier dans le camp voisin de Beddawi. Seuls 17 000 ont pu revenir et se réinstaller dans des abris d'urgence précaires, construits par l'UNRWA.

Les différents représentants ont tous convenu que le démarrage de la reconstruction du camp était un signe clair que le terrorisme avait échoué et que des efforts communs devraient être entrepris pour éviter que ces actes de vandalisme, comme ceux de 2007, se reproduisent que ce soit dans un camp palestinien ou sur le sol libanais.

Après sa reconstruction, Nahr El Bared devrait devenir le seul camp de réfugiés palestiniens à être sous le contrôle direct de l'État libanais, et devrait représenter un modèle pour les 11 autres camps de réfugiés palestiniens au Liban.

Aucun des discours n'a évoqué l'absence des réfugiés à cette cérémonie alors que ces mêmes réfugiés étaient constamment cités dans les discours, ceux-là même que Zaki et Makkawi ont remercié pour leur patience et leur dignité face à l'attaque militaire de grande envergure, qui a duré trois mois, et lors de laquelle ils ont perdu tous leurs biens, y compris leurs maisons – ces maisons qu'ils ont construit de leurs mains il y a 60 ans, après avoir été expulsés de leur patrie par les gangs terroristes sionistes qui ont occupé la Palestine en 1948 – sans oublier la pénurie d'aide humanitaire sans laquelle ils ont du vivre durant ces 18 derniers mois.

Il n'était pas non plus mentionné que beaucoup de réfugiés n'ont toujours pas le droit de revenir dans le « nouveau camp » puisque l'accès au camp nécessite une autorisation de l'armée et des services de sécurité libanais. Beaucoup n'ont pas réussi à obtenir les permis nécessaires pour leur permettre de traverser les nombreux postes de contrôle où les forces libanaises contrôlent les mouvements, autant pour entrer dans le camp que pour en sortir.

Le camp a été entièrement rasé, effaçant toute trace des maisons, une étape importante et nécessaire pour que le gouvernement libanais puisse commencer le processus de reconstruction. Mais, il n'existe plus, non plus, de trace des atrocités commises par l'armée libanaise là-bas, qui, telle des oiseaux de proie, a attaqué les maisons, détruisant tout sur son passage, et comme si cela ne suffisait pas, a aspergé les murs avec des liquides inflammables, sans oublier auparavant de marquer sa présence avec des graffitis injurieux contre les Palestiniens. Aucune trace ne demeure, tout a été effacé, tout comme une partie de la mémoire collective d'un peuple, la mémoire d'un peuple qui a créé dans ce petit espace de quelques kilomètres carrés, une maison où il a demeuré pendant 60 ans, tout en luttant pour retourner dans son pays.

A quelques mètres de la cérémonie, des centaines de résidents palestiniens de Nahr El Bared étaient rassemblés dans des zones dégagées pour eux par l'armée libanaise, entourées par des barbelés et sous le contrôle rigoureux des soldats armés. Non seulement, on leur refusait l'accès à la cérémonie mais on leur demandait aussi de se tenir en rangs, de chaque côté de la rue, pour regarder passer les délégations et les autorités étrangères ainsi que tous les curieux qui, n'étant pas palestiniens, pouvaient, eux, y assister. Ils avaient l'air de passer un joli week-end à la campagne tandis que les réfugiés étaient, eux, interdits de voir les ruines, de s'asseoir sur le lieu où étaient leurs maisons et de pleurer. Ces réfugiés dont la dignité et le courage étaient loués à l'intérieur de la tente par les représentants des différentes autorités gouvernementales, étaient battus à l'extérieur lorsqu'ils ont essayé à plusieurs reprises mais sans succès, de rentrer dans le kilomètre carré où s'étaient trouvées leurs maisons pendant 60 ans.

Sans journalistes pour rendre compte de ce qui se passait, les soldats avaient toute liberté, une fois de plus, pour maltraiter une population civile qui ne demande rien d'autre que le droit d'être traitée comme des êtres humains, rien d'autre que le droit de voir de leurs propres yeux, ce qui se passait, de sauver quelque chose s'il y avait encore quelque chose à sauver, de pouvoir retourner là-bas, de revenir dans leurs secondes maisons.

Les femmes et les enfants, les vieux et les jeunes, tous étaient entassés de l'autre côté de la barrière, et séparés des invités privilégiés par une barrière de soldats, hurlant des slogans contre le Président de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas et l'invitant à venir voir de ses propres yeux, ce que son peuple vivait, le même peuple qu'il a mentionné, à plusieurs reprises, dans ses discours, mais selon de nombreux réfugiés palestiniens au Liban, qu'il a en fait complètement oublié.

« Mes parents sont arrivés ici en 1948 après avoir été expulsés de Palestine par les sionistes. Je suis née quelques mois plus tard, dans une tente fournie par l'UNRWA, j'ai vécu ici toute ma vie, mais j'ai toujours rêvé de retourner dans ma patrie, la Palestine. J'ai vu les forces libanaises massacrer mes frères et soeurs dans le camp de réfugiés de Tell El Zaatar, puis la même chose s'est produite à Sabra et Chatila et, à nouveau, ici à Nahr El Bared où ils ont rasé toutes nos maisons. Mais je suis toujours là, je me tiens devant eux, et je hurle à leurs visages sans aucune crainte. Ils peuvent nous prendre la vie, ils peuvent passer nos maisons au bulldozer mais ils ne briseront jamais notre esprit de résistance, » a déclaré Um Mohammad, qui, accompagnée de ses 3 filles et de ses 2 petits-enfants, a rejoint la foule des protestataires.

Les médias libanais et arabes ont retransmis la cérémonie, en ignorant ce qui se passait sur les côtés de l'espace fermé comme si les Palestiniens n'existaient pas, comme si ce qui leur arrivait n'avait pas la moindre importance. Pas même les médias liés à la résistance, ceux-là même qui chaque jour et chaque seconde, lancent leurs attaques contre les sionistes et font partie, par leurs paroles, en public et à l'étranger, de la cause palestinienne, combattant côte à côte avec les Palestiniens contre l'occupation sioniste, mais quand quelque chose se produit chez eux, quand une opinion est exprimée qui pourrait leur faire perdre des voix aux élections, ou même pire, quand des troubles politiques pourraient leur faire perdre des sièges au pouvoir, alors ils préfèrent rester silencieux et tourner la tête de l'autre côté.

Ce qui est évident, après cette cérémonie d'ouverture, est l'intention latente du gouvernement libanais d'essayer de faire oublier, avec une couverture médiatique, les rumeurs qui courent sur l'avenir du camp, sur l'éventuelle construction d'une base militaire dans la zone, sur le déploiement de forces militaires permanentes à l'intérieur des camps de réfugiés au Liban, et donc sur l'avenir de plus de 450 000 réfugiés palestiniens qui ont, encore une fois, été réduits au silence sous la menace des armes.


Note de l'éditrice de Palestine Think Tank : avant de publier cet article, j'ai eu avec l'auteure un bref échange de mails et je souhaite vous faire partager son point de vue :

« Je dois dire qu'après avoir à nouveau relu mon article, je trouve qu'il ne reproduit encore pas assez ce qui s'est produit et que j'ai vu hier, qu'il ne rend pas assez justice aux réfugiés palestiniens qui se trouvaient retranchés de force sur les côtés du camp et qui regardaient les étrangers et les VIP passer le poste de contrôle qui les empêchait eux, de traverser. Ils n'ont pas pu mettre un pied sur leurs maisons détruites et pleurer sur leurs pertes, mais en même temps, des gens comme moi, et plus de 200 000 autres étaient là à les regarder comme si nous étions des touristes avec rien de mieux à faire pour occuper notre week-end.

Mon article ne rend pas assez justice aux milliers de Palestiniens qui se tenaient de l'autre côté des barbelés avec les armes des soldats pointés sur leurs têtes, au cas où ils oseraient bouger, interdits de participer à une cérémonie où les autorités libanaises et palestiniennes célébraient le démarrage du processus de reconstruction du camp, un processus qui, comme chacun le sait ici, ne sera jamais une réalité, mais ils étaient là, présents. Les Palestiniens leur hurlaient dessus et leur faisaient comprendre qu'ils n'oublieraient jamais ce qui se passait ici, même si le monde entier n'en a rien à faire.

Les fusils et les chars de l'armée libanaise n'étaient pas assez puissants pour faire taire ces gens, ils ne le seront jamais assez.

Je dois dire que j'avais auparavant vu beaucoup d' »actions directes » menées par l'armée (sioniste) contre les Palestiniens mais rien de comparable à ce que j'ai vu hier.

J'aurais aimé écrire mieux, crois-moi, j'aurais souhaité, pour une fois, rendre justice à ces gens qui hier s'agrippaient à mes bras, m'implorant de faire quelque chose, de prendre des photos, de faire savoir aux gens ce qui leur arrivait. J'étais la seule de ce côté du camp, aucun journaliste, aucun média, pas de gens curieux, tous étaient occupés à écouter les discours vides des autorités.

Ça a été une expérience douloureuse, mais aussi un réel privilège pour moi de me trouver là-bas hier, de partager avec eux ces moments de colère, car peu importe que le monde continue à ignorer leur souffrance quotidienne, ils hurlent toujours, sans crainte, malgré les nombreux chars pointés sur eux, ils continuent de résister. Et hier ce fut un pur moment de résistance. »


lundi 29 décembre 2008

« Chaque jour est Achoura et chaque lieu est Karbala »


Sayed Nasrallah appelle à manifester lundi

Le secrétaire général du Hezbollah Sayed Hassan Nasrallah a comparé la guerre menée contre la bande de Gaza, à celle qui a été menée contre le Liban en 2006. Se prononçant dans la complexe du Maître des martyrs, (Sayed ash-Shouhada), par le biais s'un grand écran, il a évoqué la présence d'un projet américano israélien qui vise à imposer aux arabes un compromis, selon les conditions israéliennes, sans les territoires de 1967, sans Jérusalem, sans le retour des réfugiés. Et à enrayer tous ceux qui veulent le contre carrer, notamment, le Liban, la Syrie, la Bande de Gaza et l'Iran.Sayed Nasrallah a accusé certains pays arabes d'être complices dans ce projet, voire d'en être des partenaires à part entière, révélant que le soutien de ces états aux frappes israéliennes est plus fort aujourd'hui contre la Bande de Gaza, qu'il ne l'était il y a deux ans contre le Liban. Le commandant de la résistance islamique au Liban s'est adressé directement à l'Egypte, lui demandant de changer sa politique, d'ouvrir le passage de Rafah, de soutenir la résistance du peuple palestinien. Il s'est également adressé au peuple égyptien, lui demandant de descendre "par millions" dans la rue pour forcer l'ouverture du terminal de Rafah.: "Que le peuple (égyptien) sorte par millions dans la rue. La police égyptienne peut-elle tuer des millions d'Egyptiens? Peuple d'Egypte, vous devez ouvrir le terminal de Rafah avec la force de vos corps", a-t-il scandé.

LE DISCOURS DANS SON INTEGRALITE

Il est certes regrettable que l'on quitte une année et d'en commencer une nouvelle alors que nous sommes face à un grand désastre qui s'est abattu sur nos chers frères, coûtant la vie à plus 300 d'entre eux, et blessant plus de 1000 dans la bande de Gaza opprimé, abandonnée, mais qui résiste en même temps patiente et supporte toutes les difficultés. Aujourd'hui nous n'avons pas besoin d'évoquer le modèle, celui de l'Imam Hussein (s), car nous sommes face à une nouveau modèle vivant de Karbala, devant une nouvelle scène de Karbala. Quand nous nous remémorons l'histoire, nous comprenons de quoi il s'agit. Il s'agit d'une catégorie qui refuse l'oppression et qui décide de résister. Cette catégorie se trouve devant deux choix: celui de capituler et celui de résister. Or ce groupe là, il opte pour le deuxième choix, pourtant ce groupe là a été affamé, menacé, martyrisé, mais il ne rebrousse jamais. Là-bas, Hussein a créé l'exemple et a fondé cette école islamique du refus de l'injustice et de la lutte contre l'injustice. Du temps de l'Imam Husssein, ils lui ont proposé de deux une: L'humiliation ou le martyre. Mais il a refusé l'humiliation. Car Dieu à ses adorateurs l'humiliation. Le messager aussi, et les croyants aussi doivent refuser l'humiliation. Pourquoi le refus de l'humiliation. Parce que nous ne pouvons obéir aux tyrans, aux oppresseurs, aux despotes et admettre une vie sans dignité et sans droits. Ceci est en harmonie avec le coté humain de l'homme. Ceci fut le cas durant la guerre 20006. La résistance, les résistants, le public de la résistance ont du choisir entre ces deux options. Vous avez refusé la vie de traîtres et avez opté pour la dignité. Malgré les destructions dévastatrices des milliers de vos maisons et malgré les milliers de tués et de blessés, et malgré tous ceux qui vous ont fermé leurs portes et vous ont critiqué.Le résultat en est la victoire du sang contre l'épée. Ce qui se passe à Gaza ressemble à ce qui s'est passé au Liban et le résultat inchallah sera le même. Gaza assiégé par la faim, la terreur, et qui a subi hier les frappes terroristes et des martyrs aura le même résultat que le Liban. Hier, Ismail Haniyeh est sorti des décombres et annoncé malgré les frappes israéliennes meurtrières: "Nous s'allons pas abdiquer, quoiqu'ils fassent nous n'allons pas accepter l'humiliation"Ca c'est la véritable Karbala Permettez-moi de dire des choses franchement. Durant la guerre de juillet je n'ai pas parlé franchement. La situation à gaza est certes plus difficile .Nous avons aujourd'hui besoin de parler franchement sur tout ce qui se passeIl y a un projet américano-israélien dans la région qui veut imposer un compromis aux arabes, appelé le processus de paix avec Israël. Il y a encore le Liban, la Syrie et la Liban et la Bande de Gaza. Ils veulent imposer leurs conditions aux Arabes, par la force, par la pression, par l'exclusion , par le blocus , en suscitant les troubles internes, en menant les guerre de nerfs et les perpétrant les attentas. Certains régimes arabes sont des partenaires et font partie de ce projet; certain parlent de silence arabe, ce n'est pas vrai, il y a un partenariat totale de la part de certains régimes arabes et plus particulièrement, de la part de ceux qui ont conclu un accord avec Israël. Ces régimes agissent sur tous les fronts pout imposer la capitulation devant les sionistes et les américains. Il y a eu une complicité arabe à la guerre menée contre nous en 2006, c'était bien plus qu'un feu vert, c'était une exigence arabe. Certains ont même contacté les Israéliens pour leur demander décapiter le Hezbollah le frapper l'anéantir. C'est la même chose qui se passe dans la Bande de GazaNs avons entendu des responsables israéliens dire que le soutien arabe dans la guerre contre la Bande de Gaza est plus fort que ce soutien lors de la guerre 2006. C’est vrai, mais encore, ces régimes arabes qui soutiennent la guerre contre la bande de gaza, ils œuvrent en faveur du blocus, en faveur de la pénurie.Tel est le paysage réel de la situation, même la zizanie interne sa véritable raison d’être ce sont ces régimes arabes qui ont financé cette guerre, c’est le même scénario qui a eu lieu avec l’ancien gouvernement libanais ; Ceux là ne sont pas neutres, ils sont convaincus de ce qu’ils font dans le cadre de leur engagement au projet américain ; et quand il y a des conflits internes, ils se désistent, y compris au niveau politique et médiatique. Personne n’a demandé à ces régimes de combattre à la place des palestiniens ou de la résistance. Aujourd’hui, de nouveau on accuse la victime : qu'un responsable israélien incombe au Hamas la responsabilité de cette offensive peut être compréhensible. En revanche, je vous interroge, peut-on croire qu’un tel discours puisse sortir de la bouche d’un Arabe. Ce même homme qui a promis de casser les pieds de celui qui ose entrer en Egypte. Dans une telle situation, je comprends quand l’imam Hussein a dit : " je jure par Dieu de préférer le martyre à une vie humiliante avec les oppresseurs ". Le Hamas est accusé d’être responsable de ce qui se passe à Gaza parce qu’il a refusé de reconduire la trêve, une trêve destinée à prolonger le blocus qui affame des milliers d’hommes de femmes et d’enfants. Aujourd’hui, nous écoutons le même discours que celui de la guerre de juillet; c’est le même au niveau des médias; certains d’entre eux décrivent la situation à Gaza comme si les palestiniens sont morts d’un accident de voitures, et utilisent le terme de morts, au lieu de martyrs, pour désigner les Palestiniens tués par les bombardements israéliens. Les gens de Gaza ont choisi le martyre, la résistance, la dignité comme vous (les Libanais) l’avez fait en 2006; rien ne les empêchera de poursuivre la voie de la résistance et de la lutte contre l’oppression. Nous avons une responsabilité, notre mission, notre devoir est de faire cesser cette offensive, de l’empêcher de se poursuivre, de se prolonger, la responsabilité des gouvernements arabes est de pousser les peuples à bouger, et celle des peuples c’est de défier l’oppression de leurs dirigeants et de descendre dans les rues par millier. Celui qui se fait tuer dans cette action sera promu au rang de martyr sur la voie de Jérusalem. Pendant la guerre de juillet, je n’ai rien demandé, ni de l’extérieur ni de l’intérieur, mais là, dans la guerre de Gaza je vous demande de descendre par milliers dans les rues pour manifester contre cette agression. Mais aussi, je demande à tous les peuples arabes de demander au régime égyptien de bouger, car il est la pierre angulaire dans ce conflit. On ne lui demande pas de lutter à la place du Hamas ou des Palestiniens, mais de soutenir le peuple palestinien pour pouvoir résister. Car l’Egypte c’est la mère du monde; ce n’est pas la Croix rouge ni le croissant rouge, elle doit trancher sa position, tout ce qu’on lui demande c’est de rouvrir le passage de Rafah. Telle est la responsabilité de l’Egypte. Avant je m’adressais avec réserve aux régimes arabes, aujourd’hui je vais être franc, je dis aux Egyptiens si vous n’ouvrez pas le passage de Rafah, vous êtes complices dans le crime commis contre les gens de Gaza, vous êtes complices dans le blocus contre les enfants de Gaza, vous êtes partenaires dans le massacre de centaines d’innocents. Ce discours, les responsables égyptiens doivent l’entendre; le monde arabe doit entendre ce discours, ils doivent savoir qu’ils sont accusés par la nation arabe et musulmane, par les prophètes de cette nation, du meurtre de Gaza. Je m’adresse au peuple égyptien, le résistant, le noble, nous savons comment il pense, ce qu’il a dans le cœur.Je vous interroge: est-ce que la police égyptienne peut s’opposer à des millions d’Egyptiens, o Egyptiens vous pouvez rouvrir le passage de Rafah à l’aide de vos bras et vos poitrines. Nous savons qu’il existe dans l’armée égyptienne un nombre de généraux et de responsables militaires qui sont toujours arabes dans le cœur et dans le sang, et qui se préoccupent de la nation arabe. Celui qui a le pouvoir de changer l’équation, c’est l’Egypte; si le passage de Rafah s’ouvre de nouveau, c’est l’épopée de 2006 qui se répétera, car la résistance palestinienne aura la force pour lutter, pour tenir et il vaincra l’ennemi, car cet ennemi ne peut pas tenir longtemps il ne peut pas mener une guerre de long souffle. Certains nous demandent, comme ils le font déjà au Liban, d’aller vers une paix juste et globale. Vous qui courez vers cette paix, vous n’avez rien récolté sinon des guerres sanglantes, des massacres sans précédent. Depuis les accords de Camp David, les palestiniens n’ont rien gagné. Cette paix, ce n'est rien d'autre que d'accepter les conditions israéliennes, pendant que nous nous faisons massacrer. Et malgré ces massacres, vous persistez à demander une paix juste et globale. Avez-vous recouvert vos droits? Qu’avez-vous récolté ? Votre dignité ? Certains nous parlent de la protection de la Communauté internationale. Où est donc cette protection aujourd’hui? Où sont les résolutions internationales pour protéger un peuple démuni. Mes frères et sœurs, au regard de ce qui se passe à Gaza vous devez être convaincus que ce qui protège nos peuples c’est la résistance, toutes les autres options ne sont que mirage et illusion. A-t-on besoin, nous les Arabes, pour atteindre cet état de conscience, de milliers de massacres, de milliers d’exterminations ? Il est regrettable que cet ennemi à qui vous implorez une paix juste et globale, celui-là même qui vous massacre chaque année, qui vous viole vos droits. A-t-on besoin de plus de massacres pour comprendre que nous sommes face à un ennemi criminel et raciste qui refuse même de négocier sous nos conditions ?Au Liban, depuis le début de l’offensive israélienne contre Gaza, Olmert, Livni, Barak et des responsables israéliens ont adressé des menaces contre le Liban et ils ont mis en état d’alerte les colonies sionistes dans le nord. Là, deux possibilités se présentent, soit tout ce que font les Israéliens au nord sont des mesures préventives, soit il faut se méfier. Car le timing israélien semble parfait, vide politique israélien et américain, crise économique mondiale, l’ennemi israélien prépare quelque chose contre le Liban et il a besoin d’une opération pour redorer le blason de son armée, il faut donc être prudent et ne pas sous-estimer la situation. Même la question des huit roquettes (retrouvées en état de lancement au Liban-sud la semaine passée) est douteuse, car c’est juste avant le déclenchement de la guerre contre Gaza qu’elles ont été trouvées.Quand ces roquettes ont été découvertes ils nous ont directement accusé disant que seulement le Hezbollah peut agir dans cette région. Je leur dis nous au Hezbollah nous avons le courage de dire ce que faisons et nous ne sommes pas sur les bancs des accusés.Ce qui s'est passé est certes suspicieux. Israël ne peut-il pas le faire? Envoyer quelqu'un pour placer ces roquettes. Ou alors à travers ses collaborateurs. Pour justifier une action contre le Liban. Certains politiciens ont déjà commencé à véhiculer cette logique. Est- il possible que des roquettes trouvées peuvent justifier une agression contre le Liban??Je veux inviter le Liban qui a vaincu Israël deux fois, en 200 et en 2006, d'être prudent. Franchement, j'ai même averti les résistants au sud d'être particulièrement prudents, parce que notre ennemi est hypocrite, insidieux et traitre. Nous ne savons pas quels sont les plans conçus contre nous. Mais je déclare que nous, au Liban, dans la résistance, n'avons peur d'aucune agression. Je déclare que nous sommes prêts à faire face à toute attaque parce que nous appartenons à l'école qui refuse l'humiliation. Nous au Liban et dans le monde arabo-islamique sommes appelés assumer notre responsabilité historique et religieuse, par rapport à ce qui se passe à Gaza. Parce que les résultats vont se répercuter sur toute la nation islamique. Demain qui a été annoncé un jour de deuil par le guide de la révolution islamique Sayed Ali Khamenei, nous devons y exprimer notre solidarité avec le peuple palestinien et les martyrs qui sont tombés.Je vous invite à une grand rassemblement, femmes, hommes jeunes et enfants, à proximité du stade d'ar-Raya, et je demande la suspension de cérémonies de commémoration de Achoura prévus pour demain pour participer à ce rassemblement. Il faut que le monde entier entende notre voix, et voit nos poings, pour qu'il sache que nous n'avons peur de rienJ'avais l'habitude de vous faire cette invitation pour la commémoration du 10ème jour d'Achoura. Je nous demande cette fois-ci de la faire demain lundi comme si c'était le dixième de Achoura, car chaque jour est Achoura, et chaque lieu est Karbala.
Source :
http://www.almanar.com.lb/newssite/NewsDetails.aspx?id=68498&language=fr

dimanche 23 novembre 2008

Sabra, Chatila et l’amnésie collective

par Gilad ATZMON

Waltz With Bashir est un nouveau film israélien à couper le souffle, un documentaire animé réalisé par Ari Folman

En 1982, Folman était soldat d’infanterie dans les Forces Israéliennes de Défense. Il avait alors dix-neuf ans. 24 ans plus tard, en 2006, il constate à sa grande surprise qu’il n’a aucun souvenir de cette guerre, ni des massacres de Sabra et Chatila. Le film est un voyage dans le passé oublié de Folman.

Ce documentaire est construit comme un enchaînement d’entretiens et de conversations en dessins animés, entre Folman et ses camarades de régiment, des psychologues et Ron Ben Yishai, un reporter télé israélien légendaire, qui fut parmi les premiers à révéler les massacres perpétrés à Sabra et à Chatila. La mise en scène vise à construire une narration personnelle et cohérente au passé, à partir des mémoires parcellaires des autres.

C’est un film éminemment sWaltz With Bashirensible et émouvant. Jusqu’à un certain point, il s’agit d’une tentative particulièrement courageuse de se confronter au passé dévastateur d’Israël, et en particulier aux massacres de Sabra et Chatila. Toutefois, nous sommes sommés de ne pas oublier que les massacres perpétrés dans ces deux camps de réfugiés palestiniens, bien que minutieusement préparés par l’armée israélienne, ont été effectués physiquement par les Phalanges chrétiennes libanaises.

Cela pourrait expliquer la raison pour laquelle les Israéliens sont tellement enthousiastes de ce film. D’un côté, ce n’est pas eux qui ont effectivement massacré. De l’autre, le fait qu’ils aiment ce film est censé faire d’eux des humanistes pur sucre. Ils seraient censés faire la clarté sur leur sombre passé…

Quand les informations au sujet des massacres éclatèrent dans les médias israéliens, le Premier ministre de l’époque, Menahem Begin, réorque à ses détracteurs : « Ce sont des Arabes qui tuent des Arabes, et des juifs qui se critiquent les uns les autres… » Tout semble indiquer que si les Israéliens peuvent aisément vivre avec un film dénonçant les massacres de Sabra et Chatila, c’est précisément parce qu’il s’était agi d’Arabes tuant des Arabes. Ainsi, il faut remarquer que le film Jénine, Jénine de Mohammad Bakri, qui raconte l’histoire du massacre de Jénine, un assaut meurtrier perpétré par la soldatesque israélienne, n’a pas du tout, mais alors, pas du tout été apprécié par les Israéliens. Manifestement, les Israéliens ne veulent rien entendre au sujet de leurs exactions meurtrières, dès lors qu’elles sont évoquées par un de leurs concitoyens arabes…

Dans Valse avec Bachir, Folman est à la recherche de son passé perdu. Il franchit une première étape grâce à un ami psychologue, qui arrive à lui faire réaliser une introspection très utile. La mémoire, explique ce psychologue, peut être très créatrice. Lorsque c’est nécessaire, elle invente, tout bonnement, un passé…

Voilà qui peut nous aider à comprendre les réflexions de Folman et de ses compagnons. Comme on peut s’y attendre, dans le film, le soldat de Tsahal est, plus ou moins, une victime. Il fait partie d’une énorme machine de guerre, il ne fait qu’obéir aux ordres. Le soldat, en tant qu’individu, est impuissant : il ne peut pas arrêter le massacre, il ne peut au mieux qu’en référer à ses supérieurs. Il n’a que deux possibilité : tirer, et pleurer, rétrospectivement, ou alors, comme dans le cas de Folman, il peut se réfugier dans l’amnésie ou le refoulement.

Intelligemment fait et beau, tout le film est en animation, ce qui nous permet de supposer que toute mémoire retrouvée, ou que toute narration verbale du passé doit être construite. Toutefois, la dernière scène du film est une prise de vue réelle. Elle nous emmène dans les camps de réfugiés palestiniens dévastés, au milieu de Palestiniens en larmes. Cela, afin de nous dire : « Mesdames et Messieurs, ce qui va suivre n’est pas un souvenir personnel ; cette prise de vue n’est pas une déconstruction en dessin animé. Non, c’est un massacre RÉEL, qui s’est déroulé sous notre nez ! »


J’ai fait, personnellement, mon service dans Tsahal, exactement à la même époque, et exactement dans la même guerre. Bien que loin d’avoir été un soldat d’infanterie, certaines des scènes du film m’ont semblé particulièrement familières. Tandis que je le regardais, je me suis surpris, à l’occasion, à chialer comme une Madeleine. Cette guerre a changé mon existence, tout autant qu’elle a bouleversé la vie de beaucoup de personnes – des Israéliens, des Palestiniens et des Libanais. Cette guerre fut le départ d’un périple personnel qui m’a conduit, en fin de compte, à partir d’Israël, avec la ferme intention de ne plus jamais y remettre les pieds. Je sais que je ne suis pas le seul Israélien à avoir réagi de cette manière. Toutefois, j’ai quitté Israël avec une détermination très claire à ne pas être impliqué dans ce conflit. Manifestement, j’ai échoué. Pour diverses raisons, qui sont loin derrière moi désormais, je suis aujourd’hui bien plus engagé dans les problématiques relatives au discours palestinien que je ne l’aurais jamais été, si j’étais resté en Israël.

Bien qu’on soit subjugué par la qualité et la transparence de ce film, il y a des mises au point d’ordre général qui doivent être faites. Il semble bien qu’en réalité, ce soient des Israéliens et d’ex-Israéliens qui produisent, aujourd’hui, la critique la plus éloquente et la plus acerbe d’Israël, du sionisme et de l’identité juive. Qu’il s’agisse de Shlomo Sand, d’Israel Shahak, d’Ari Folman, de Gideon Levi, d’Ilan Pappe, d’Oren Ben Dor, d’Eyal Sivan, d’Uri Avnery, d’Amira Hass, d’Avram Burg, de Daniel Barenboim, de moi-même et d’autres, tous, nous voyons dans la guerre israélienne notre propre conflit, et nous considérons qu’elle se situe dans la portée de notre propre responsabilité.
Nous divergeons, entre nous, sur bien des sujets, mais nous sommes unanimes sur une chose : ce désastre, en Palestine, c’est notre putain de bordel, à nous. Contrairement à la petite poignée de juifs occidentaux occasionnels qui sortent tels des diables de leur boîte, une fois par mois, à grand bruit, pour pousser collectivement leur cri de guerre : « Pas en notre nom ! », nous savons que, malheureusement, toutes ces horreurs sont bel et bien perpétrées en notre nom. Nous en ressentons, tous, une immense honte, nous nous sentons coupables, et nous insistons à faire tout ce qui est en notre pouvoir pour apporter un changement. Je suppose que cela suffit à rendre notre voix pertinente et sans ambiguïté.

Le film rencontre un succès phénoménal, en Israël. Les Israéliens adorent chialer collectivement, et exprimer des regrets pour les Phalangistes (libanais) chrétiens, qui ont tué en leur nom. Apparemment, quand ils ressortent des cinés, ils se disent : « Il n’y a qu’ici, dans notre pays merveilleusement libre, que les citoyens soient prêts à affronter leur pays avec un tel courage ! »

Je suis allé voir sa première représentation à Londres, dans le cadre du London Jewish Film Festival. Ce festival est sponsorisé par le gouvernement israélien, parmi une interminable liste d’organisations sionistes de la droite la plus enragée. On pourrait à bon droit se demander pour quelle raison des institutions sionistes soutiennent ainsi une critique aussi sévère d’Israël. Je ne peux suggérer qu’une seule réponse possible : Israël aime se présenter en société ouverte, libérale, au sens de ‘progressiste’, anglo-saxon, de ce terme. Si tel est bien le cas, c’est là, véritablement, une décision extrêmement intelligente, extrêmement sinistre et calculée. Cela présente les Israéliens non seulement comme des humanistes, mais cela permet même de flanquer les institutions sionistes enragées au cœur même de la solidarité avec les Palestiniens.

De plus, aussi longtemps qu’Israël réussira à générer une forme ou une autre d’auto-désapprobation impitoyable, il ne restera pas grand-chose, comme espace de manœuvre critique, pour les authentiques ennemis d’Israël. Autant nous méprisons, à juste titre, Israël et les institutions sionistes, autant nous ferions bien d’en reconnaître la sophistication…

À la suite de la projection du film au London Jewish Film Festival, il y a eu un bref débat avec David Polonsky, le directeur artistique du film. Je lui ai posé cette question, toute simple :

« Si les Israéliens ont autant de difficulté à ses remémorer ce qui leur est arrivé voici tout juste vingt-six ans, comment se fait-il que tout Israélien se souvienne très exactement de ce qui s’est passé, en Europe, entre 1942 et 1944 ? »

De manière très étonnante, alors qu’il s’agissait d’une manifestation juive et que ma question était plutôt du genre provocateur, personne, dans la salle, n’a montré le moindre signe d’emportement. Je suppose que les juifs, dès lors qu’ils se retrouvent entre eux, finissent par se poser beaucoup de questions qu’ils éviteraient soigneusement d’aborder dans un débat plus ouvert. Toutefois, Polonsky n’a pas réellement pu m’apporter de réponse. C’est tout à fait compréhensible…

Le film lui-même, toutefois, peut offrir deux réponses possibles, fournies, toutes deux, par le psychiatre, ami de Folman. La mémoire est une construction, elle n’a que peu de rapport avec la réalité, dit-il. Apparemment, les institutions israéliennes et juives, ainsi que les individus israéliens et juifs, sont extrêmement imaginatifs et productifs, quand il s’agit de construire et d’élaborer une mémoire personnelle, et collective, de la souffrance juive. En revanche, dès lors que c’est par des juifs qu’elle est imposée, la souffrance est totalement refoulée, dans les cultures israélienne et juive contemporaines.

Plus loin, dans le cours du film, le même psychiatre suggère que l’amnésie de Folman puisse être le résultat de son implication dans l’Holocauste. Vous étiez impliqué dans le massacre, bien longtemps avant qu’il ne se produisît, à travers la mémoire que vos parents avaient conservée d’Auschwitz. Jusqu’à un certain point, cette suggestion apporte une solution à l’interrogation incessante de Folman : son refoulement avait commencé, bien avant les massacres de Sabra et Chatila…

Une fois de plus, nous vérifions que le Stress Juif Post-Traumatique est, en réalité, un désordre dû à un Stress Pré-Traumatique. La mentalité juive (et israélienne) est une préparation institutionnelle à une tragédie encore à venir.

Dans un article précédent sur le syndrome de stress pré-traumatique (SSPT), j’écrivais :

« En présence du SSPT, le stress résulte d’un événement fantasmatique, d’un épisode imaginaire situé dans le futur – bref, d'un événement qui ne s’est jamais produit. A la différence du SSpT [syndrome du stress post-traumatique], dans lequel le stress est la réaction directe à un événement ayant pu [ou non, parfois…] se produire dans le passé, dans l’état de SSPT, le stress est de toute évidence la manifestation d’un événement potentiel imaginaire. Dans le cas du SSPT, c'est une illusion qui préempte la réalité et le contexte dans lequel le fantasme de terreur est focalisé devient lui-même une réalité dangereuse. Poussé à l’extrême, y compris un projet de guerre totale contre le reste du monde est une réaction qu’on ne saurait totalement écarter. »

Si le psychiatre ami de Folman dit vrai, alors l’amnésie de Folman n’est rien d’autre qu’un syndrome de stress pré-traumatique. L’amnésie de Folman, sur les événements de la guerre, s’explique en tant que refoulement d’une mémoire antérieure, lointaine, de l’Holocauste. C’est là, de fait, l’ultime catharsis juive, la résurrection de la tragédie (à venir), à la lumière d’une tragédie passée. Le trauma est présent, de manière prématurée.

Si le psychiatre du film est dans le vrai, cela pourrait expliquer la raison pour laquelle la foule composée d’Israéliens et de juifs qui assistaient au London Jewish Film Festival ont aimé ce film. Le syndrome de stress pré-traumatique est l’essence de l’existence juive, dans laquelle l’être au monde se résout à la lumière du passage de tragédies passées à une tragédie future. La vie n’a de sens qu’aussi longtemps que nous sommes préparés, constamment et de manière effroyable, à quelque nouvelle catastrophe, à la lumière d’une ancienne catastrophe.
La question à laquelle devra répondre le pacifiste exalté est la suivante : quelle chance une identité tellement autodestructrice est-elle susceptible de laisser à la paix ? Autrement dit : comment pouvez-vous faire la paix avec un sujet qui est ainsi obsédé par sa destruction prochaine ?

Personnellement, je n’ai pas de réponse à cette question. La seule chose que je puisse faire, c’est rappeler cette vieille blague juive :

Ce qui suit est un télégramme juif :

« Peux commencer te ronger sangs. Stop. Détails suivront. Stop. »


Source : Sabra, Shatila and Collective Amnesia

Article original publié le 15/11/2008

Sur l’auteur

Traduit par Fausto Giudice, Tlaxcala

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