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mercredi 11 avril 2012

L’histoire et la culture selon Ali Abunimah, par Gilad Atzmon




Dans le clip ci-dessus je réfléchis sur l’attitude d’Ali Abunimah vis-à-vis de l’histoire et de la culture.
Je soutiens que si Israël se définit comme l’État des juifs et ses chars d’assaut sont décorés avec des symboles juifs, nous sommes en droit de nous demander qui sont les Juifs et que sont le judaïsme et la judéité. Dans mes écrits j’essaie de comprendre le rôle et l’impact de la culture juive dans la politique israélienne et la politique juive, car je le crois nécessaire pour atteindre la paix dans la région et au-delà.
Cependant Ali Abunimah n’est pas d’accord. En réponse à un exposé que j’ai fait en Décembre 2010 pendant la Conférence de Stuttgart pour un seul État, il a suggéré que l’histoire et la politique sont étrangères à la culture, laquelle est une position inhabituelle qui contredit tous les principes intellectuels et philosophiques de l’humanité, de l’histoire, de la politique et de la culture.
Abunimah dit : « Parler de la culture juive est une erreur, parce que ces mêmes arguments pourraient utilisés contre n’importe qui. Nous pourrions donner la faute à la culture allemande pour l’histoire de l’Allemagne... ».
Quelqu’un devrait dire à Abunimah que c’est exactement ce que font les intellectuels, les historiens et les politologues : ils enquêtent sur l’origine des pensées politiques dans la culture, l’idéologie, la religion et le patrimoine. Par exemple, ceux qui étudient l’époque nazie essaient de comprendre ce qu’elle devait à l’influence de Wagner, des symphonies allemandes, de la culture protestante, de la philosophie allemande, du traité Des Juifs et leurs mensonges de Martin Luther, d’Hegel et de l’esprit allemand, du pré romantisme allemand, de la Lebensphilosophie, de Heine, d’Athènes contre Jérusalem et ainsi de suite.
Pour moi il est évident qu’Abunimah n’a pas bien réfléchi sur ce qu’il a dit. Mais il n’est jamais trop tard pour admettre une erreur et la rectifier.

Collection Résistances, Editions Demi Lune
Traduit de l'anglais par Marcel CHARBONNIER
Traduction française de l’ouvrage de Gilad ATZMON The Wondering Who? également disponible dans la boutique en ligne du Réseau Voltaire.



dimanche 18 mars 2012

Granting No Quarter? Gilad Atzmon's Response To Ali Abunimah & Co.“Pas de quartier” ? La réponse de Gilad Atzmon à Ali Abunimah & Co. ¿Sin cuartel? La respuesta de Gilad Atzmon a Ali Abunimah y Cía.

Back in 2005, seven years ago, our friend Gilad Atzmon was indirectly linked to the birth of Tlaxcala. At that time one of the founding members of this group had interviewed him and the many translations that we made of that interview were the germ of what is today the international network of translators for linguistic diversity. This month Gilad has been the subject of a senseless attack in the U.S. – where he is on tour to present his book “The Wandering Who?” – through a petition of signatures entitled “Granting No Quarter.” Such a pamphlet is headed by the signature of Ali Abunimah, a Palestinian-born US-American citizen who lives in Chicago, from where he runs the website Electronic Intifada. It seems reasonable to wonder what are the objectives of such a a lynching and who is behind the writing of that letter, apart from Abunimah & Co. Below, readers will find both the declaration of war and the response by Gilad Atzmon.- Tlaxcala
Notre ami Gilad Atzmon, qui est indirectement à l’origine de la création de Tlaxcala en 2005 – c’est à l’occasion de traductions en diverses langues d’une interview de lui que le noyau fondateur de ce réseau international de traducteurs pour la diversité linguistique s’était connu -, vient de faire l’objet d’une attaque insensée aux USA, où il se trouve en tournée pour présenter son livre The Wandering Who ? Cette attaque a la forme d’une pétition intitulée « sans quartier ». Cet appel calomnieux semble avoir été rédigé et lancé par Ali Abunimah, un citoyen usaméricain d ‘origine palestinienne résidant à Chicago qui dirige le site Electronic Intifada, dont est en droit de se demander quels buts il poursuit avec cet appel au lynchage et s’il est le seul auteur de ce texte. Nous publions la réponse de Gilad Atzmon, ainsi que l’appel de ceux qui lui déclarent la guerre.-Tlaxcala
Hace siete años, en 2005, nuestro amigo Gilad Atzmon participó de manera indirecta en el nacimiento de Tlaxcala. Por aquel entonces uno de los fundadores de este colectivo lo había entrevistado y las múltiples traducciones que hicimos de aquel encuentro fueron el germen de lo que hoy es la red internacional de traductores por la diversidad lingüística. Ahora, Gilad acaba de ser objeto de un ataque sin sentido en USA –donde se encuentra de gira para presentar su libro “The Wandering Who?– bajo la forma de una petición de firmas titulada “Sin cuartel”. Este libelo está encabezado por la firma de Ali Abunimah, un ciudadano usamericano de origen palestino que vive en Chicago, desde donde dirige el sitio web Electronic Intifada. Es lícito preguntarse qué objetivos persigue un linchamiento como éste y quién está detrás de la escritura de la carta, aparte de Abunimah y Cía. A continuación, los lectores encontrarán la declaración de guerra y la respuesta de Gilad Atzmon.- Tlaxcala

jeudi 22 septembre 2011

Obama, l'État palestinien et la schizophrénie sioniste

par Gilad Atzmon, 20/9/2011. Traduit par Fausto Giudice, Tlaxcala


Ceux qui suivent la presse hébraïque et comprennent  l'État juif peuvent être quelque peu intrigués de découvrir que, alors que la presse en hébreu n’accorde que peu d'attention, lui donnant une place insignifiante, à la campagne actuelle des dirigeants actuels palestiniens en faveur de la reconnaissance de leur  État, les médias israéliens de langue anglaise sont saturés d’informations sur la perspective d'une résolution pro-palestinienne à l'ONU la semaine prochaine.
 
Si vous voulez comprendre ce décalage évident entre la presse juive en hébreu et en anglais prises, il reflète clairement une scission dans la psyché collective juive.
 
Je suppose que certains peuvent être surpris d'apprendre qu’ Israël et les Israéliens veulent réellement que l'initiative palestinienne aille de l'avant et soit couronnée de succès. Ils veulent un État palestinien, car c'est la seule solution qui permettrait de sauver “l'État  des seuls Juifs” d'un effondrement démographique.
 
De récents sondages en Israël prouvent que la majorité des Israéliens sont très excités au sujet de la «solution à deux États». Non seulement les Israéliens ne se sentent  pas menacée par l'idée d'un  État palestinien, mais ils l’aiment réellement, car cela permettrait d’installer leur réalité dans le cadre du droit international. Il faut aussi se rappeler que le parti Kadima, qui a remporté les deux dernières élections en Israël, a été et est encore attaché au «désengagement», une séparation claire entre les «Juifs» et les Palestiniens par le biais d’un retrait  unilatéral israélien. En d'autres termes, un  État palestinien atteint exactement le même  objectif :  il exonère les Israéliens de toute responsabilité quant aux territoires qu’ils ont autrefois occupés  et détruits. Il est évident que certains éléments en Israël s'opposent à l'initiative palestinienne à  l'ONU: Je suppose que le ministre des Affaires étrangères Avigdor Lieberman n'est pas trop heureux à ce sujet. Les colons de Cisjordanie peuvent également être très en colère, mais pour quelque raison, même eux sont relativement calmes ces jours-ci.
 
Et pourtant, le lobby juif dans le monde entier s'oppose totalement à l'initiative palestinienne à l'ONU: il s’en tient clairement à l’ image très simpliste d'un État juif expansionniste du «fleuve [le Jourdain, NdT] à la mer». Et à ce qu’ il semble, il ne va pas renoncer à son rêve de sitôt.
 
Ce que nous voyons ici en pratique, c’est une crise d'identité claire ou même un clivage schizophrénique entre les aspirations des sionistes israéliens et de  ceux de diaspora. Alors que les Israéliens sont en train de revenir à la vieille attitude du ghetto juif, préférant se serrer, rester ensemble et s'entourer de vastes et impénétrables murailles de béton, le discours de la diaspora juive sioniste récit est axé sur la confrontation, belliqueux, va-t-en guerre militant et expansionniste. Ils veulent  le tout, avec ou sans les Palestiniens.
 
Une fois encore, nous remarquons qu’Israël et le sionisme ont évolué en deux discours séparés et opposés. Alors qu'Israël cherche à maintenir son identité racialement orientée par une politique de ségrégation, le discours sioniste en diaspora continue d’insister sur une résolution de la question juive par les moyens d'un conflit sans fin.
 
Mais jetons un regard sur  l'Amérique; essayons de comprendre comment  l’ “unique superpuissance” mondiale traite ce dispositif judéocentrique schizophrène.
 
Le président Obama et son administration sont évidemment très confus. D'une part, ils sont soumis à certaines pressions incessantes infligées par le lobby juif. Le Lobby ne laisse pas une grande marge de manœuvre à l'administration US. Mais d'autre part, aussi bien l'administration US que le gouvernement israélien se rendent compte que, en ce qui concerne Israël et sa “sécurité”, l'initiative palestinienne à  l'ONU n'est pas une si mauvaise idée. De fait, Israël ne peut pas rêver mieux.
 
Il est clair maintenant que le président Obama ne va pas être sauvé par l'un des soi-disant "meilleurs amis de l'Amérique». Pour l'AIPAC [American Israel Public Affairs Committee] et le Lobby, Obama est un instrument. À ce jour le lobby a l’habitude de considérer les politiciens US comme des marionnettes serviles. Israël, d'autre part, ne va pas sauver l'Amérique non plus. Il est trop suspicieux vis-à-vis de l'administration US actuelle. Israël en a même carrément  assez de l'actuelle administration US. Il serait heureux de voir Obama battu.
 
En conséquence, l'administration US se dirige tout droit vers une humiliation inévitable à l'ONU. Elle aura à opposer son veto  à une décision votée par de nombreux alliés des USA. Ceci est clairement un désastre pour Obama. Et pourtant, un seul homme peut sauver l'Amérique de son destin funeste. Cet homme n'est autre que le président de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas. Seuls Abbas et l'Autorité palestinienne peuvent sauver la mise aux USA.
 
Mais le sens de tout cela est aussi très embarrassant. Cela signifie que le président palestinien Mahmoud Abbas (qui est une figure relativement faible dans la politique palestinienne tout comme dans la diplomatie internationale) est la seule personne qui peut sauver notre “unique superpuissance” mondiale d'un fiasco diplomatique.
 
Je n’arrive pas à décider si c'est drôle ou triste, mais laissez-moi vous dire que c’ est certainement volatile.
 
Le temps est sans aucun doute  venu pour les USA, la Grande-Bretagne et l’Occident de trouver la force de s'opposer au lobbying sioniste et au pouvoir de Jérusalem.

samedi 27 août 2011

Craintes palestiniennes pour une source d’eau ancienne en Cisjordanie : les citernes millénaires

par  Tom Perry توم بيري, Reuters, 28/7/2011. Traduit par  Fausto Giudice, Tlaxcala 
Original: Palestinians fear for ancient West Bank water source
Traductions disponibles : Deutsch  
 

 

 ARAB AL RASHAYIDA, Cisjordanie, 28 juillet (Reuters) - Creusées dans le roc, les citernes en forme de grottes qui parsèment le désert au-delà de Bethléem, recueillent depuis des siècles l’eau de pluie qui est fournier aux bergers et à leurs troupeaux durant l’été.
Sous un soleil de plomb, un Bédouin âgé explique que les citernes telles qu’ils se les rappelle de son enfance, dont beaucoup ont été restaurées afin de fonctionner parfaitement ces dernières années, permettent à nouveau à sa communauté de chevriers de survivre.
C’est pourquoi, conclut-il, les autorités israéliennes qui contrôlent la Cisjordanie, en ont démoli au moins trois dans la zone depuis novembre 2010.

« Leur but est peut-être de nous faire partir. Mais nous ne partirons pas », dit Falah Hedawa, un homme de 64 ans, assis sur des coussins sous sa tente familiale dressée dans les collines qui descendent vers la Mer Morte.
Plus loin dans le désert, une mare stagnante est la seule trace qui reste d’une des citernes, creusée à flanc de colline, qui a été détruite récemment. Une piste boueuse sur le terrain par ailleurs sec indique le chemin suivi par l’eau jusqu’à un ouadi, une vallée qui devient rivière lorsqu’il pleut.
Israël a démoli 20 citernes de collecte d’eau de pluie en Cisjordanie durant les six premiers mois  de cette année, selon le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations unies (OCHA), qui surveille les conditions dans les territoires palestiniens occupés depuis 1967.
Ces démolitions font partie d’une accélération marquée des démolitions d’infrastructures palestiniennes dans la « Zone C » » - les 60% de la Cisjordanie sur lesquels Israël exerce un contrôle total.
Définie par les accords intérimaires de paix conclus entre Israël et les Palestiniens dans les années 1990, cette zone C est celle où se trouvent toutes les colonies israéliennes de Cisjordanie.
Pendant les six premiers mois de 2011, plus de Palestiniens ont perdu leurs maisons que pendant 2009 et 2010 réunis, selon l’OCHA. Beaucoup d’entre eux étaient des Bédouins. Jusqu’à présent cette année, un total de 342 structures appartenant à des Palestiniens ont été démolies dans cette zone.
Comble du cynisme, les démolitions sont exécutées au prétexte que ces structures, dont quelques-unes sont de simples tentes, ont été érigées sans la permission des Israéliens, ce qui est quasi impossible à obtenir, selon les Palestiniens.
En ce qui concerne les citernes, l’administration civile israélienne de Cisjordanie dit que dans au moins deux cas, et probablement davantage, elle a procédée aux démolitions parce qu’elles  étaient situées dans des zones d’entraînement militaire où l’utilisation des armes à feu pourraient représenter un danger pour leurs usagers.
“Justification historique”
 Cela , affirment les Palestiniens, n’est qu’une excuse qui fait partie d’un système de restrictions de la part des Israéliens dont le but est d’entraver leur développement tout en favorisant  l’extension des colonies.
Les ONG qui soutiennent le programme de restauration des citernes se disent fort inquiètes : les Bédouins, dont le nombre avoisine les 27.500 dans la zone C, comptent parmi les Palestiniens les plus pauvres.
En restaurant des vieilles citernes, les initiateurs du projet espéraient pouvoir contourner les restrictions sévères imposées par les Israéliens à la construction de nouvelles infrastructures hydrauliques, un facteur qui a contribué, selon l’Autorité palestinienne, à aggraver la pénurie d’eau à travers toute la Cisjordanie.
“Ces citernes sont justifiées par l’histoire”, dit  Nadi Farraj, un expert agricole palestinien qui a contribué à la restauration d’environ 140 vieilles citernes ces quatre dernières années.
Les Bédouins racontent que certaines citernes datent de l’époque nabatéenne et ont donc environ 2 000 ans. Pendant les travaux de restauration, les ouvriers recrutés dans les communautés bédouines, ont découvert divers objets dont des casques militaires de l’époque ottomane.
Sur un site isolé dans le désert, parmi des structures de pierres que l’on croit être les restes d’une église chrétienne, les ouvriers ont trouvé des fragments d’antiques sols en mosaïque pendant qu’ils restauraient deux citernes où on mène aujourd’hui les chèvres à boire.
Des photos prises pendant les travaux de restauration montrent des espaces en forme de grottes, soutenus par des piliers et des voûtes. Les citernes ne sont pas toutes souterraines. Quelques-unes sont des bassins creusés au fond de ouadis et destinés à retenir les eaux de pluie.
Atteindre les sites éloignés est souvent la partie la plus dure du travail, dit Farraj. Une fois arrivés là,  les ouvriers doivent enlever les sédiments, consolider l’imperméabilité des cloisons avec du plâtre et ensuite reconstituer les canaux de collecte de l’eau de pluie vers la citerne.
“Pénurie d’eau partout”
Dans le désert, aux portes de la ville de Zaatara, une citerne porte un symbole chrétien qui prouve qu’ elle est antérieure à l’expansion de l’Islam du 7e siècle depuis la péninsule arabique, selon un notable local, Ahmad Abou Rabada.
Cette citerne est l’une des deux citernes dont la restauration a été interrompue par Israël en juin sous prétexte que la région se trouvait à l’intérieur d’une zone de tir. Abou Rabada affirme qu’aucun tir n’y a été entendu depuis des années.
“Ils ont invoqué toutes sortes de prétextes”, dit-il.
Il craint que la démolition de la citerne par l’administration civile ne soit imminente.
Les démolitions ont été condamnées par les Nations-Unies. DanChurchAid, une ONG de l’Eglise danoise qui a financé le programme, soutient que cinq des citernes sur lesquelles elle a travaillé ont été démolies cette année, trois par l’armée israélienne et deux par des colons juifs.
"Je trouve ça extrêmement inquiétant. Toute la Corne de l’Afrique et le Moyen-Orient font face à des sécheresses d’envergure cette année ", dit  Mads Lindegarde, représentant régional de  DanChurchAid, qui fait partie d’une coalition d’ONG ayant constitué le Groupe d’urgence pour l’eau, l’assainissement et l’hygiène dans les territoires palestiniens.
 « La destruction d’antiques citernes d’eau et de ressources d’eau en général, c’est de la folie, et tout particulièrement dans une situation où les gens souffrent d’une
pénurie d’eau », dit-il.
Les démolitions ne font qu’aggraver une pénurie d’eau dans toute la Cisjordanie, selon Shadad Attili, chef de l’Autorité Palestinienne pour l’Eau.
"Quel est leur message? 'Abandonnez cette terre—c’est leur unique message", dit-il.
 Tout en niant vouloir déplacer les Bédouins par de telles méthodes, Israël a un plan pour les reloger dans des constructions en dur.
 "Ils auront de la terre gratuitement, de l’électricité, de l’eau, ce qui améliorera probablement leur situation ", affirme un porte-parole de l’administration civile israélienne. "Ils ne peuvent pas continuer à nomadiser et la terre est limitée."
"Pour les Bédouins, c’est la seule solution."

jeudi 18 août 2011

Allez, les Israéliens, encore un effort pour devenir des révolutionnaires arabes !

Un magnifique reportage photo sur le mouvement de protestation sociale qui traverse Israël depuis début août. les organisateurs appellent à une marche d'un million de personnes dans 50 villes le 3 septembre.

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A guard tries to prevent a protester from storming the Knesset, Israel's parliament, in Jerusalem August 16, 2011 during a protest against the high living costs in Israel. Israel's parliament interrupted its summer recess on Tuesday to debate popular protests against high living costs but there seemed to be little sense of urgency among the smattering of lawmakers, some of whom tapped away on mobile phones and iPads. Reuters
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Protesters run as they try to storm the Knesset, Israel's parliament, in Jerusalem August 16, 2011 during a protest against the high living costs in Israel. Israel's parliament interrupted its summer recess on Tuesday to debate popular protests against high living costs but there seemed to be little sense of urgency among the smattering of lawmakers, some of whom tapped away on mobile phones and iPads. Reuters
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Israeli activists hold placards during a protest calling for social justice, including lower property prices at the Southern city of Be'er Sheva, Israel 13 August 2011. Demotix
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Thousands of people march in the streets during a protest against the rising cost of living on August 6, 2011 in Tel Aviv, Israel. Protests across Israel were spurred following a Knesset vote to approve the national housing committees law, which places the authority for approving building projects in the hands of regional committees. Getty
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A woman walks among tents in a tent camp during an ongoing protest calling for social justice, including lower property prices in Israel, in a main boulevard in Tel Aviv August 14, 2011. Reuters
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Protesters march during a massive protest calling for social justice including lower property prices in Israel, on a main road in Tel Aviv, in this aerial view taken August 6, 2011. A quarter-million Israelis marched for lower living costs on Saturday in a swelling protest that has thrust the economy onto the political agenda and put pressure on Prime Minister Benjamin Netanyahu. Reuters
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Demonstrators protesting against Israel's separation barrier in the controversial West Bank near Bethlehem are arrested. Three men were injured with rubber bullets and 10 foreigners were arrested. Palestinian Territory. August 10 2011. Demotix
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A general view shows Israeli activists during a protest calling for social justice, including lower property prices in Israel, at the southern city of Be'er Sheva August 13, 2011. Reuters
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Israeli police arrest a demonstrator as thousands of people march in the streets during a protest against the rising cost of living on August 6, 2011 in Tel Aviv, Israel. Protests across Israel were spurred following a Knesset vote to approve the national housing committees law, which places the authority for approving building projects in the hands of regional committees. Getty
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Approximately 200,000 people took to the streets in protest over the rising cost of living. Protesters marched from Habima Square to the Kirya defence compound. Israel. 6th August 2011. Demotix
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Demonstrators protesting against Israel's separation barrier in the controversial West Bank near Bethlehem are arrested. Three men were injured with rubber bullets and 10 foreigners were arrested. Palestinian Territory. August 10 2011. Demotix
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An Israeli man rests in a tent in an encampment set up to protest against the rising costs of living in Israel, in Beersheba southern Israel, Saturday, Aug.13, 2011. The signs read" Homes for the crowds" and "Affordable housing now". (AP Photo / Tsafrir Abayov)
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National figures, and religious leaders inside the Palestinian part of Jerusalem, and the West Bank, threatened with expulsion from the city, meet for the 409th day of their sit-in protest. Israel. 12 August 2011. Demotix
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Demonstrators protesting against Israel's separation barrier in the controversial West Bank near Bethlehem are arrested. Three men were injured with rubber bullets and 10 foreigners were arrested. Palestinian Territory. August 10 2011. Demotix
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Israeli activists hold placards during a protest calling for social justice, including lower property prices in Israel, at the southern city of Be'er Sheva August 13, 2011. Demotix
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Demonstrators protesting against Israel's separation barrier in the controversial West Bank near Bethlehem are arrested. Three men were injured with rubber bullets and 10 foreigners were arrested. Palestinian Territory. August 10 2011. Demotix
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In this photo taken Thursday, Aug. 11, 2011, an Ultra Orthodox Jewish man speaks on the phone while his family stand beside a protest encampment against the rising costs of living in Israel, in Tel Aviv, Israel. Arabs and ultra-Orthodox Jews are among the poorest in Israel, but they are almost nowhere to be seen among the hundreds of thousands of people protesting the country's corrosive social inequality. (AP Photo/Ariel Schalit)
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An Israeli protester plays a musical instrument as he lays on a provisory sofa in a tent camp during an ongoing protest calling for social justice, including lower property prices in Israel, in a main boulevard in Tel Aviv August 14, 2011. Reuters
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[The musician above two days later:] People sleep in an encampment set up to protest against the rising cost of living in Israel, Tel Aviv, Israel Tuesday, Aug. 16, 2011. For five weeks now Israelis are protesting against the soaring coast of living. (AP Photo/Ariel Schalit)
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A person sleeps beneath a mosquito net in a tent in an encampment set up to protest against the rising cost of living in Israel, Tel Aviv, Israel Tuesday, Aug. 16, 2011. For five weeks now Israelis are protesting against the soaring coast of living. (AP Photo/Ariel Schalit)
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Israeli protesters build a cement tent at a tent camp during an ongoing protest calling for social justice, including lower property prices in Israel, in a main boulevard in Tel Aviv August 14, 2011. Reuters
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For the first time Israeli Arab joined Jewish left activists and took to the street in the main square in Jaffa [August 13, 2011] to protest high cost living in Israel. Demotix
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Israeli play chess as they sit near tents at a tent camp during an ongoing protest calling for social justice, including lower property prices in Israel, in a main boulevard in Tel Aviv August 14, 2011. Reuters
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An Arab woman shouts slogans during a protest against the costs of living in Israel, in Jaffa a mixed Arab and Jewish part in Tel Aviv, Israel,Saturday, Aug. 13, 2011. Arabs and ultra-Orthodox Jews are among the poorest in Israel, but they are almost nowhere to be seen among the hundreds of thousands of people protesting the country's corrosive social inequality.The signs read" We demand public housing"and " The government against the people, the people against the government'. (AP Photo/Ariel Schalit)
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A placard reading 'Power to the people' leans on a tent at a tent camp during an ongoing protest calling for social justice, including lower property prices in Israel, in a main boulevard in Tel Aviv August 14, 2011. Reuters
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A car covered with religious signs is parked on a sidewalk opposite tents at a tent camp during an ongoing protest calling for social justice, including lower property prices in Israel, in a main boulevard in Tel Aviv August 14, 2011. Reuters
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An Israeli woman walk past tents set up on a main boulevard as part of an ongoing protest calling for social justice, including lower property prices in Israel, in a main boulevard in Tel Aviv August 14, 2011. Reuters
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An Israeli man rests by a tent in a camp setup to protest against the rising costs of living, Tel Aviv, Israel, Thursday, Aug. 11, 2011. (AP Photo/Oded Balilty)
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In this photo taken on Aug. 3, 2011, Israelis cool off in a pool at a protest tent encampment against the costs of living in Israel, in Tel Aviv. Israel on Sunday, Aug. 7, 2011, formed a panel of government ministers and some of the country's leading economic experts to draw up a plan to reduce the soaring cost of living, marking a new effort to defuse demonstrations over prices that drew over a quarter-million people onto the streets the night before. (AP Photo/Oded Balilty)
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In this photo taken Wednesday, Aug. 10, 2011 a Palestinians flag hangs on a tent at protest encampment against the costs of living in Israel, in Jafa , a mixed Arab Jewish neighborhood of Tel Aviv, Israel . The sign reads" We will go back to our homes". Arabs and ultra-Orthodox Jews are among the poorest in Israel, but they are almost nowhere to be seen among the hundreds of thousands of people protesting the country's corrosive social inequality.

Netanyahou durcit les conditions de détention des prisonniers politiques palestiniens

Cette semaine j’ai reçu une lettre d’Ali, un prisonnier politique palestinien en Israël. Ali est l’un des 126 prisonniers palestiniens qui ont passé plus de 20 ans en prison. Il écrit : "J’ai déjà passé 23 ans de ma vie dans les prisons israéliennes mais la prison n’a pas pu me briser. Je suis toujours un Palestinien qui lutte contre l’occupation de toutes les façons possibles." Il explique comment il combat la décision du Premier ministre israélien Netanyahu de supprimer "notre droit de finir nos études à l’Open University (Université ouverte, université d’enseignement à à distance)".

Une pratique absurde

Netanyahou a annoncé son intention de durcir les conditions de vie des prisonniers palestiniens dans les prisons israéliennes le 23 juin dernier. Il a qualifié les études universitaires que peuvent suivre les prisonniers palestiniens de "pratique absurde" et a dit qu’il avait maintenant l’intention de mettre un terme à leur inscription dans des cursus d’études universitaires.

La Communauté Européenne avait une opinion différente au sujet des études universitaires pour les prisonniers politiques dans les années 1980. En tant que membre du Comité Hollandais pour l’Afrique du Sud, j’ai participé à la mise en place du Programme Spécial Européen pour les victimes de l’apartheid financé par la Communauté Européenne. On a dépensé chaque année des millions de dollars dont une grande partie a servi à financer les études de détenus politiques emprisonnés en Afrique du Sud.

Représailles et punition collective

Le coup de colère de Netanyahou est la conséquence du refus du Mouvement Islamique de donner suite à un appel international lui demandant de prouver qu’un soldat israélien emprisonné à Gaza depuis 2006 était encore en vie. D’une manière surprenante Netanyahou a affirmé qu’Israël respectait le droit international dans son traitement des prisonniers politiques palestiniens. Son projet de punition collective des prisonniers politiques palestiniens est difficilement conciliable avec le droit international. Les représailles et les punitions collectives sont interdites selon le droit international y compris par l’Article 33 de la quatrième Convention de Genève relative à la protection des civils en temps de guerre.
Il n’a fallu qu’ un mois à l'administration pénitentiaire israélienne pour accéder au désir de Netanyahou d’ interdire aux prisonniers palestiniens de poursuivre leurs études universitaires.
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Prisonniers palestiniens, par Mohamed Sabaaneh


lundi 4 juillet 2011

Le mariage à la grecque de Netanyahou

par Barak Ravid ברק רביד ? Haaretz, 1/7/2011. Traduit par Fausto Giudice, Tlaxcala
Netanyahou a investi au cours des 18 derniers mois dans les relations avec la Grèce. Il a gagné son pari : la Grèce vient de bloquer dans ses ports les bateaux de la Flottille pour Gaza.
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou apparaît généralement comme trop “sûr de lui de dominateur”. Mais cette fois-ci, son arrogance semble quelque peu justifiée. Son investissement personnel dans les relations avec le  Premier ministre grec Georges Papandréou, au cours des 18 derniers mois, durant lesquels il a multiplié les liens diplomatiques avec ce pays européen plongé dans la crise, semble avoir porté le coup de grâce à la Flottille pour Gaza.
 
Dans un discours prononcé jeudi soir lors de la remise de diplômes de l'École des pilotes des forces aériennes israéliennes, Netanyahou a évoqué les efforts diplomatiques déployés pour empêcher la Flottille de Gaza de prendre la mer. Le seul dirigeant dont Netanyahou a mentionné le nom dans son discours a été celui du Grec Georges Papandréou.
 
La veille, le Premier ministre israélien s'était entretenu avec son homologue grec, le suppliant d'émettre un ordre pour interdire aux bateaux d'appareiller de Grèce vers la Bande de Gaza.

Contrairement à d’autres occasions dans le passé, Papandréou a répondu positivement, et un haut responsable israélien impliqué dans les pourparlers entre le Premier ministre grec et Netanyahou a déclaré qu'Israël savait dès jeudi après-midi que la Grèce prévoyait de bloquer le départ des bateaux depuis ses ports.
 
L’idylle entre Netanyahou et Papandréou a commencé en février 2010, lorsque les deux hommes se sont rencontrés par hasard au restaurant Pouchkine à Moscou. Netanyahou a profité de cette occasion pour discuter avec le Premier ministre grec de la position extrémiste de la Turquie  contre Israël et ils sont vite devenus amis.

Les deux dirigeants israélien et grec se sont parlé, depuis leur rencontre à Moscou, au moins une fois par semaine.

La Flottille turque pour Gaza de mai 2010 a provoqué de vives inquiétudes dans les rangs des services de renseignement et de l’armée en Grèce, qui ont commencé à faire pression sur le gouvernement pour qu'il renforce ses liens diplomatiques avec Israël. Papandréou s’est laissé facilement convaincre.
 
En juillet 2010, il est arrivé à Jérusalem, la première visite officielle d'un Premier ministre grec en Israël en 30 ans. Quelques semaines plus tard, Netanyahou s’est rendu à Athènes, et il a passé une journée entière avec Papandréou et d'autres responsables grecs sur une île voisine de la capitale.
Ile de Poros, 17 août 2010: Papandréou offrant une petite croisière à Netanyahou à bord d'une des trois vedettes  lance-missiles achetées par la Grèce à Israël six ans auparavant. Ces dames étaient aussi de la partie.

Des diplomates israéliens peuvent attester que l'amitié florissante entre les deux pays au cours des 18 derniers mois a été rien moins que spectaculaire. Les échanges de renseignements se sont intensifiés, les forces aériennes israélienne et grecque ont mené une série d’exercices communs et Netanyahou a demandé l'aide de Papandréou pour faire passer plusieurs messages au Président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas.
 
Une bonne partie des discussions entre Netanyahou et Papandréou au cours des derniers mois, ont tourné autour de la grave crise financière que la Grèce subit actuellement. Netanyahou a récemment décidé de venir en aide à son nouvel ami lors d'une réunion de ministres des Affaires étrangères et de dirigeants européens, les suppliant de fournir une aide financière à la Grèce.

“Netanyahou est devenu le lobbyiste de la Grèce auprès de l'Union européenne”, dit un diplomate israélien.
 
Ces dernières semaines, lorsque les efforts pour empêcher le départ imminent de la Flottille pro-palestinienne pour Gaza ont atteint leur paroxysme, Netanyahou a récolté les fruits de son investissement dans les liens Israël-Grèce et son pari sur ce pays européen a payé.

Il a pu créer une alternative viable aux relations avec la Turquie sous plusieurs aspects, montrant à Erdogan qu'Israël n'hésitera pas à se rapprocher de son pire ennemi en Occident.

Et à l’heure de vérité, la Grèce s’est exécutée et a ordonné le blocage de tous les départs de ses ports vers Gaza. La décision de la Grèce, avec l'annonce de la Fondation d'aide humanitaire turque IHH qu'elle n'enverrait pas le Mavi Marmara, et la déclaration du Président de Chypre interdisant aux bateaux d'appareiller pour Gaza ont scellé le sort de la Flottille presque définitivement.
 
“Les organisateurs de la Flottille n'ont pas tenu compte du fait que la Grèce de juillet 2011 n'est pas celle de mai 2010”, dit un haut responsable israélien qui a travaillé intensivement, ces derniers mois, à  empêcher la mission de la Flottille pour Gaza d'avoir lieu.

“Aujourd'hui, c’est une autre Grèce à laquelle Israël a à faire”, ajoute-t-il. “Les organisateurs de la Flottille ne l'ont pas compris, et aujourd'hui ils en paient le prix”.

samedi 18 juin 2011

L'avocat laïc, maudit par les rabbins, revient 20 ans plus tard sous forme de chien et...

...il est condamné à la mort par lapidation! Cela se passe dans l' "Unique Démocratie du Moyen-Orient"!!!

Un tribunal rabbinique ultra-orthodoxe de Jérusalem a récemment condamné à mort par lapidation un chien errant accusé d'être la réincarnation d'un avocat laïque qui avait insulté les juges religieux il y a 20 ans, a rapporté aujourd'hui le site d'information Ynet.
Selon le journal en ligne, le chien, de grande taille, a pénétré il y a quelques semaines dans le Tribunal rabbinique en charge des litiges économiques du quartier juif utra-orthodoxe de Méa Shéarim à Jérusalem, effrayant juges et plaignants et refusant de quitter les lieux malgré les menaces.
Un des juges présents s'est soudain souvenu que 20 ans plus tôt, le tribunal, insulté par un célèbre avocat laïque, avait maudit ce dernier, décédé depuis, et appelé sur lui la malédiction divine pour qu'il se réincarne en chien, considéré comme "impur" selon la Halacha, la stricte tradition religieuse juive, selon la même source.
Dans la foulée, le juge en question a condamné à mort par lapidation l'animal, qui a toutefois réussi à échapper aux enfants du quartier, appelés à exécuter la sentence, conclut Ynet. Une association israélienne pour la défense des animaux a de son côté porté plainte. Certains courants du judaïsme croient à la transmigration des âmes.
Source: AFP, 17/6/2011

jeudi 30 septembre 2010

Mohamed Al Durrah in memoriam

par Agustín Velloso, 30/9/2010. Traduit par Fausto Giudice, Tlaxcala 
Il y a dix ans, jour pour jour, le 30 septembre 2000, l'enfant palestinien Mohamed Al Durrah était tué par un sniper de l'armée israélienne.

Les sionistes ont fait des milliers de victimes palestiniennes comme ce garçon de douze ans, certains plus jeunes (y compris dans le ventre de leur mère), d'autres plus âgés (y compris dans leur lit), et tous méritent qu'on s'en souvienne.
Sans aucun doute, la mort d'Al Durrah, qui survint au second jour de la seconde Intifada,  peut être vue ajourd'hui, en ces temps de conversations de paix à coup de "oui, mais" et sans nouvelles intifadas, comme un condensé de la situation des Palestiniens dix ans après l'événement.
Peu importent combien de conversations similaires auront lieu, quelle sera la contribution de la "communauté internationale" à la solution du conflit du Moyen-Orient, ce que dit l'Autorité palestinienne de Ramallah,  puisque les sionistes continueront à tuer, à mutiler,  à détruire, à voler, bref, à pratiquer le génocide rampant à Gaza et le nettoyage ethnique en Cisjordanie avec tous les moyens à leur disposition.
Combien d'autres Mohamd Al Durrah connaîtront-ils le même sort dans les dix années à venir ?
Depuis le début de la seconde Intifada en septembre 2000 jusquà la fin de ce mois de septembre 2010, Israel a tué 1859, mille-huit-cent-cinquante-neuf enfants de moins de 18 ans.
Même si les chifres à venir se monteront à plusieurs milliers, seuls leurs êtres chers se souviendront des victimes. Les autres, s'ils arrivent à chercher à s'informer, ne sauront que ce racontent les wikipédias du moment et les autres médias prosionistes et proimpérialistes : ce qu'ils appellent “l'incident de "Mohamed Al Durrah", qui “fut pris dans un tir croisé entre des soldats israéliens et les forces de sécurité palestiniennes", disculpant l'armée israélienne : "une enquête de l'armée israélienne d'octobre 2000 a conclu que celle-ci n'avait probablement pas tiré sur Al Durrah", ou encore : "il s'agissait d'une mise en scène des manifestants palestiniens", pour ne pas parler de ceci :  "les communautés juives et israéliennes ont déclaré que les allégations palestiniennes ne sont que l'actualisation d'une vieille difffamation, la vieille accusation antisémite de sacrifices d'enfants par les juifs".
Grace à l'amitié US, Israël retourne ainsi le couteau dans la plaie.
Espérons que la résistance inversera la vapeur avant que cette situation se prolonge dix ans de plus.
 Carlos Latuff

dimanche 13 juin 2010

Erdogan, le nouveau héros du monde islamique

par Kourosh ZIABARI, 8/6/2010. Traduit par  Isabelle Rousselot et édité par Chloé Meier, TlaxcalaOriginal : Erdogan, the new hero of Islamic world
Recep Tayyip Erdoğan, le Premier ministre turc, a suscité l'admiration internationale après avoir courageusement fulminé contre les dirigeants de Tel Aviv, leur reprochant le massacre des militants pacifistes à bord de la Flottille de la Liberté. Ce convoi d'aide humanitaire se dirigeait vers la bande de Gaza afin de briser le blocus qui dure depuis trois ans dans cette enclave dévastée par la guerre.

Assiégée, la bande de Gaza se bat depuis trois ans contre une situation sociale et économique qui se détériore, et elle a besoin de toute urgence d'une aide humanitaire pour se sortir de la crise à laquelle elle doit faire face. Plus de 80 % de sa population, qui compte 1,5 millions de personnes, vit en dessous du seuil de pauvreté. Le taux de chômage y atteignait 41,3 % en 2008. Selon le World Food Program (le Programme alimentaire mondial) des Nations Unies, environ 70 % des Gazaouis vivent dans une précarité alimentaire et la grande majorité d'entre eux est dépendante de l'assistance des Nations Unies pour couvrir ses besoins élémentaires.

Dessin d'Ali Kahlil, Bahreïn
Selon l'Organisation Mondiale de la Santé, 98 % des activités industrielles à Gaza ont été stoppées et le blocus de l'enclave imposé par Israël depuis 2007 a donné lieu à une grave pénurie de carburant, d'argent, de gaz destiné à la cuisine et d'autres approvisionnements fondamentaux.

L'opération militaire menée par Israël à Gaza fin 2008 et début 2009 a provoqué la destruction de plus de 7 500 maisons palestiniennes et le déplacement de plus de 3 500 familles. Comme Tel Aviv empêche l'entrée de matériel d'infrastructure et de construction, les maisons détruites n'ont pas pu être reconstruites et ces 3 500 familles sont toujours sans toit et sans protection. Selon Sameh Habeeb, journaliste et photographe indépendant qui vit à Gaza, les forces israéliennes ont lancé une attaque massive contre les infrastructures de Gaza en juin 2006, après l'emprisonnement d'un soldat israélien, Gilad Shalit, par le Hamas. Shalit est le seul prisonnier israélien incarcéré dans les prisons des autorités palestiniennes, alors que le régime d'Israël détient 7 383 prisonniers palestiniens, dont 340 enfants.

Habeeb rapporte que le pont principal qui relie les zones sud et nord de Gaza a été entièrement détruit lors de l'assaut israélien, de même que l'unique centrale électrique de la bande de Gaza, prise pour cible par un escadron de F16 lors d'un raid sur la ville. Autre construction vitale pour Gaza que les forces israéliennes ont totalement détruite: salah El-Din, la seule autoroute importante de la région. Bien que le gouvernement japonais ait proposé un plan pour la reconstruire, Israël ne n'a jamais donné son feu vert.

Jusqu'à présent, Tel Aviv a bloqué tous les efforts internationaux pour rebâtir Gaza et rénover ses infrastructures en ruine. La majorité des Gazaouis sont privés d'installations sanitaires, d'électricité, d'une éducation correcte, d'eau potable et de denrées alimentaires suffisantes.

Le Premier ministre turc avait déjà déploré précédemment qu'Israël ne permette pas l'entrée dans la bande de Gaza de matériels de construction. « Israël n'autorise toujours pas la reconstruction. La Turquie n'est pas autorisée à construire des écoles, des maisons, des hôpitaux. Les Israéliens laissent entrer de la nourriture et des médicament, mais c'est tout » a-t-il déclaré au Philadelphia Inquirer en 2009.

Précurseur des transformations politiques et de la révolution idéologique en Turquie, Recep Tayyip Erdoğan qui a accédé au pouvoir en raison des origines musulmanes du parti AKP, a engagé de sérieux efforts ces dernières années pour défendre la cause du peuple palestinien. Il est devenu un franc détracteur du régime israélien et a fustigé Tel Aviv à de multiples occasions. En 2009, il a inspiré une admiration mondiale en quittant le débat télévisé organisé dans le cadre du Forum Economique Mondial de Davos (Suisse) et auquel participait également Shimon Peres. Faisant référence au massacre des citoyens palestiniens dans la guerre de Gaza, Erdoğan a accusé le Président israélien de « tuer des gens », puis il est sorti de la pièce furieux, sous les yeux du secrétaire des Nations Unies, le Général Ban Ki Moon, reprochant au modérateur du débat de ne pas l'avoir autorisé à répondre aux fausses déclarations de Shimon Pérès.

Annulant sa visite en Amérique Latine suite aux récents événements qui se sont produits dans la bande de Gaza, Erdoğan a déclaré devant le parlement de Turquie qu'Israël devrait être sévèrement puni pour le meurtre des militants pacifistes dans les eaux internationales : « Le massacre perpétré par Israël sur les bateaux amenant une aide humanitaire à Gaza mérite la réprobation et la condamnation. »

  Ô Khalid des Turcs, redonne vie au Khalid des Arabes*!
Recep Tayyip Erdoğan
Dessin d'
Emad Hajjaj, alias Mahjoob, Jordanie
Tentant d'interpeller la minorité juive de Turquie, Erdoğan a laissé entendre que la réponse de son pays à de tels actes serait ferme et sans complaisance: « L'amitié de la Turquie est solide, mais d'un autre côté, son inimitié est violente. Personne ne doit tester la patience de la Turquie. La nation turque entretient une relation historique d'amitié et de collaboration avec le peuple juif. Ici, en Turquie, les juifs comprennent qui est le véritable responsable de ces évènements.»

Quant au message adressé par Erdoğan à Israël, il est sans ambiguïté: « Le régime sanglant, aujourd'hui au pouvoir en Israël, doit absolument être puni. Même les pirates et les bandits ne touchent pas aux gens non armés, ni aux enfants, ni aux personnes âgés. Eux l'ont fait. Qui plus est, ils tentent, sans aucune honte, de se justifier." La Turquie, qui a annulé ses exercices militaires conjoints avec Israël, est le seul État musulman à maintenir tous ses liens diplomatiques avec Tel Aviv. Les parlementaires ont appelé le gouvernement à prendre des mesures concrètes pour réduire les liens avec le régime sioniste; le gouvernement paraît favorable à de telles mesures. Il semble que seuls le tourisme et les transactions financières avec Israël - qui profitent à la Turquie - retiennent Ankara de se détacher de Tel Aviv. Selon le Ministre turc de la culture et du tourisme, les citoyens israéliens représentent plus de 2,1 % des 20 millions de touristes qui visitent le pays annuellement.

Erdoğan , qui a avertit fermement Israël que celui-ci risquait de perdre l'un de ses meilleurs amis du Moyen Orient, est en train de gagner une popularité croissante dans le monde musulman grâce à ses récentes déclarations au sujet du régime israélien. Le 2 juin 2010, Reuters a publié un article intitulé « La tension en Israël stimule la popularité de la Turquie auprès des Arabes », consacré à l'estime grandissante pour le Premier ministre turc. On peut y lire : « Déjà populaire pour sa défense de la cause palestinienne, le Premier ministre turc, Tayyip Erdoğan, a suscité une nouvelle vague de sympathie en appelant à ce que l'État juif soit puni pour le raid en mer. Le Conseil de Sécurité de l'ONU a condamné la tuerie. »En fin de compte, en tant que régime globalement haï, Israël semble apporter la popularité et la renommée à ceux qui contestent sa politique et ses actions unilatérales, hypocrites et épouvantables.

* Ghazi Khalid ibn al-Walid (592-642), aussi connu sous le nom de Sayfu al-Läh al-Masiül (l'épée brandie de Dieu), était un Sahabi - un compagnon du Prophète Mohammed - d'une grande intelligence dans l'art de la guerre et l'un des commandants les plus brillants de l'histoire. Il a été particulièrement remarqué pour ses tactiques et ses prouesses militaires lorsqu'il était à la tête des forces du Prophète Mohamed, puis  de celles de ses successeurs immédiats, les premiers Califes  Rashidun (bien-guidés), Abou Bakr et Omar. C'est sous son commandement que l'Arabie, pour la première fois dans l'histoire, a été unie sous une seule entité politique, le califat.


  Baker Alhashki, Jordanie
 

samedi 8 mai 2010

Hier l'Afrique du Sud, aujourd'hui Israël : pourquoi le boycott

Pourquoi boycotter Israël en 2010?
L’année 2010 marque le cinquantième anniversaire du début du boycott de l'Afrique du Sud et le cinquième  du boycott d'Israël. Malgré le temps écoulé et les différences entre les deux cas, l'instauration de l'apartheid en Afrique du Sud, la complicité de la communauté internationale, le soutien d'Israël à l'Afrique du Sud, la résistance noire et une participation internationale des citoyens conscients par le boycott, répondent bien aux préoccupations de ceux qui se demandent pourquoi ils devraient boycotter Israël. L’expérience du boycott de l’Afrique du Sud contient aussi des leçons intéressantes pour ceux qui sont déjà les partisans du BDS (Boycott-désinvestissement-sanctions) et des avertissements pour les militants.
Ce qui est proposé ci-dessous est un exercice de comparaison historique pour mieux comprendre ce qui se passe en Palestine à la lumière de ce qui s'est passé en Afrique du Sud. 

Carlos Latuff
L'apartheid en Afrique du Sud et le sionisme en Palestine 
En 1948, l'État d'Israël s’est établi en Palestine et le Parti national a pris le pouvoir en Afrique du Sud, qu’il a gardé jusqu'en 1994. Immédiatement et les années suivantes, les gouvernements des deux pays ont légiféré et agi de manière décisive contre les Palestiniens et les Noirs, en faveur, respectivement, des Juifs et des Afrikaners,
Le but ultime du Parti national était de déplacer tous les Sud-Africains noirs dans des zones réservées pour eux, les bantoustans, et d'accorder un permis pour déplacer comme «travailleurs invités» sur le territoire réservé aux Afrikaners, environ 87% du pays.
L'objectif ultime du sionisme, incarné en Israël est que son territoire (dont il n'a jamais défini les frontières) soit exclusivement pour les juifs du monde entier: «L'État d'Israël se considère comme la création du peuple juif tout entier et ses portes sont ouvertes, conformément à ses lois, à tous les Juifs désireux d'immigrer. »
http://www.mfa.gov.il/MFA/ MFAArchive/2000_2009/2001/8 / The% 20Goals% 20of% 20Zionism% 20Today
Aussi bien les sionistes en Palestine que  les Afrikaners en Afrique du Sud représentent une minorité en guerre contre la majorité de leurs habitants. Ils viennent à l’origine de l'étranger pour s'installer au milieu d'une vaste majorité de population autochtone, respectivement arabe et noire, non sans grave dommage pour celle-ci. Logiquement, leur domination ne peut être assurée que par la force des armes et par un système politique illégitime protégé par des lois répugnantes.
Pour les Blancs, les Noirs étaient une main-d’œuvre bon marché à leur service, sujets à tout type de restrictions et de sévices, tenus à s’y conformer sous peine de payer par l'emprisonnement ou même leur vie toute manifestation de protestation et de résistance.
Les Palestiniens qui sont devenus contre leur gré des citoyens israéliens en 1948, ont été soumis à la loi martiale au cours des quinze années qui ont suivi (y compris les détentions arbitraires, c'est à dire non ordonnées par un juge, les déportations et les couvre-feux), contrairement aux Juifs qui n’étaient pas concernés par cette législation. Des terres appartenant aux Palestiniens ont été confisquées et par la suite destinées exclusivement à des Juifs.
Par la suite ils ont vécu jusqu’à ce jour - et leur situation ne fait qu'empirer -, soumis à une large discrimination,  légale de la part du gouvernement et de traitement par la majorité de la population juive.
Les Palestiniens vivant en Cisjordanie, à Gaza et Jérusalem-Est quand Israël a occupé ces zones durant la guerre de 1967, sont restés depuis lors sous occupation militaire, soumis en outre à des attaques meurtrières, des déportations, des incarcérations massives, sans oublier le siège de Gaza depuis 2007.
Déshumanisation des Noirs et des Palestiniens
Le lieutenant-colonel Pienaar, qui, commandait en mars 1960  la force de police responsable du massacre, à Sharpeville, des Noirs qui manifestaient contre l'apartheid, a déclaré après les événements : «La mentalité des indigènes ne leur permet pas de se réunir pour manifester pacifiquement. Pour eux, se rassembler signifie violence. » Il a également nié « avoir donné l'ordre de tirer » et a ajouté qu'il « l’aurait fait dans une telle situation. »
La déshumanisation de la victime est une composante essentielle de l'apartheid et du sionisme. Les mots par  lesquels les dirigeants israéliens définissent les Palestiniens ne laissent aucun doute à ce sujet.
Rafael Eitan, chef de l'armée israélienne: «Quand nous aurons colonisé la terre, tout ce que les Arabes seront capables de faire, ce sera de courir d'un endroit à l'autre comme des cafards drogués dans une bouteille. » http: / / news.bbc.co.uk / 2/Hi / middle_east/4034765.stm
Golda Meir, Premier ministre : «Quelque chose qui s'appelle le peuple palestinien, ça n’existe pas ... Ce n'est pas que nous sommes arrivés et les avons jetés dehors, et pris possession de leur pays. Les Palestiniens n'existaient pas.»  http://www.monabaker.com/quotes.htm   
Menahem Begin, Premier ministre : (les Palestiniens) « sont des bêtes marchant sur deux jambes. » http://www.monabaker.com/quotes.htm  

Carlos Latuff

Les mensonges et la propagande comme politique parallèle à celle des crimes d'État
Israël refuse systématiquement de reconnaître les crimes qu'il commet, et ne peut le faire parce qu'il ya des témoins qu’il ne peut réduire au silence, comme les Palestiniens, ou que ces crimes sont d'une envergure énorme, comme l'attaque sur Gaza en décembre 2008, donc il ment sur ce qui s'est passé et utilise la litanie des roquettes tirées par le Hamas, du droit à la légitime défense, des terroristes présumés qui s’apprêtaient à mener un attentat, et ainsi de suite.
Il le fait parce qu'il sait que l'opinion publique mondiale ne prendra pas la peine d'aller au-delà des gros titres en sa faveur et rares sont ceux qui vont voir les rapports des droits de l'homme des Nations unies, d’Amnesty International , de Human Rights Watch, sans parler des organisations de défense des droits humains des Palestiniens: le Centre palestinien pour les droits de l'homme, Badil, Stop the Wall etc., qui mettent en lumière les graves violations commises par Israël contre les Palestiniens de manière continue.
En Juin 2006, un obus tiré par l'armée israélienne a tué sept Palestiniens d’une même famille, dont cinq enfants, qui passaient la journée à la plage de Gaza. La machine de propagande d'Israël s’est immédiatement mise en route, et le monde a reçu l’information qu’une mine posée par le Hamas avait été la cause de ces morts.
Il a fallu que Human Rights Watch envoie sur place un expert militaire, ancien conseiller du Pentagone, Marc Garlasco, pour que quelques médias se fassent l’écho de son rapport : « L'explication de l'armée israélienne est profondément erronée. Parmi les restes il y avait un éclat d'obus sur laquelle était gravé 155MM. Ce type de projectile est utilisé par Israël dans les canons avec lesquels il bombarde régulièrement le nord de Gaza » http://www.guardian.co.uk/world/2006/jun/14/israel1 
Les condamnations non suivies de sanctions de la communauté internationale équivalent à une collusion avec l'État-voyou
Le massacre de Sharpeville a provoqué une condamnation mondiale et l’appel à des sanctions. Dans les mois suivants, il y a eu diverses initiatives diplomatiques, notamment l'abstention de la France et du Royaume-Uni pour le vote de la résolution du Conseil de sécurité appelant à la fin de l'apartheid (résolution S/4300) et l'opposition  du représentant des USA, qui a critiqué l'imposition de sanctions contre l'Afrique du Sud et a déclaré que son pays allait s'y opposer.
Pour sa part, l'Assemblée générale, dans sa résolution non contraignante 1761, de 1962, invite ses membres à titre individuel ou collectivement, à rompre leurs relations diplomatiques avec l'Afrique du Sud conformément à la Charte, ainsi qu’au boycott commercial et autres mesures similaires.
En 1963, face à la tendance internationale croissante à punir et à isoler le régime d'apartheid, l'ambassadeur US auprès des Nations unies critique cette position avec l'argument selon lequel elle n’obtiendra pas le résultat souhaité et provoquera l'intransigeance du gouvernement sud-africain. Toutefois, des mesures mineures sont prises sur le commerce des armes, et on discute pour savoir si l'embargo doit faire la distinction entre les armes de répression interne et celles de défense, etc.
L’Afrique du Sud ignorera la résolution 276 de 1970 du Conseil de sécurité, soutenue par la Cour internationale de Justice, qui a déclaré illégale l'occupation de la Namibie par l'Afrique du Sud. La France et le Royaume-Uni se sont abstenus.
En 1976, il ya un nouveau massacre de centaines de Noirs, dont de nombreux enfants, à Soweto. Cela provoque une vague de condamnations internationales et certaines entreprises étrangères commencent à retirer de l'argent du pays.
Desmond Tutu s’est rendu fin 1984 aux USA, où il a critiqué la politique de «dialogue constructif» de ce pays et a déclaré qu'on pourrait mettre fin à l'apartheid «dès demain» avec une politique de fermeté. Pendant ce temps, c’est dans la répression des Noirs que se manifeste la fermeté: le gouvernement décrète l'état d'urgence en 1986 et la police tue des centaines de manifestants tout au long de l'année.
Israël reçoit, dans le pire des cas, les condamnations pour des actes similaires et plus cruels. Toutefois, ce n’est pas par la rhétorique des présidents, de ministres des Affaires étrangères et secrétaires généraux de l'ONU que la justice pourra être servie, mais avec l'application rigoureuse de la loi aux cas de violations graves des droits de l'homme.
En Palestine, il n'y a pas de justice, mais la communauté internationale s’attend à ce qu’il y ait  la paix sans travailler pour établir ce préalable qu’est la justice.
La réponse de l'État-voyou aux protestations : la répression sans limites
En 1977, le chef du Mouvement de la Conscience noire, Stephen Biko, a été assassiné en garde à vue. Immédiatement, le gouvernement a arrêté d'autres dirigeants pour éviter les manifestations de rue.
La liste des dirigeants palestiniens assassinés tant à l'intérieur qu'à l'extérieur de la Palestine est longue et celle des prisonniers est incroyable: environ 10.000. Détenus pendant des années, sans procès dans de nombreux cas - ce qui est connu comme détention administrative -, torturés, sans aucun droit aux visites familiales, dans des conditions abjectes.
Personne n'est en sécurité avec un État-voyou comme Israël, ni les militants ni les Palestiniens étrangers à la résistance. Ni bien sûr les enfants qui ont le malheur de vivre dans une zone habitée par un membre de la résistance ou passant dans une rue où se déroule un « assassinat ciblé».
En Juillet 2002, un missile israélien a tué le dirigeant du Hamas Salah Schéhadé, sa femme, ses enfants et plusieurs voisins. En 2009, une plainte pénale déposée en Espagne contre les auteurs, - qui, évidemment, n'ont été jugés ni en Israël ni ailleurs -, sur laquelle la justice espagnole s'est déclarée incompétente.
Israël a utilisé les plus sévères formes de répression contre toutes les formes de résistance, et pas seulement celle armée, comme veut le faire croire la propagande sioniste (omettant qu’elle est légitime contre une occupation militaire et en retour la qualifie de «terroristes»), mais contre tous les Palestiniens.
Le chiffre de quatre cents enfants tués par l'une des armées les plus puissantes du monde lors de l'attaque de Gaza en un mois, entre 2008 et 2009 donne une idée claire de ce qu'est le terrorisme. Celui-ci est pratiqué chaque jour des années par Israël et le «dès demain» de Tutu semble hors d'atteinte pour ceux qui sont encore en vie.
Les villages de Bi’ lin et Ni’ lin en Cisjordanie, internationalement connus pour leurs manifestations pacifiques et leur «résistance non-violente à l'occupation» contre le mur de séparation, des centaines de blessés, autant de personnes arrêtées et une douzaine de morts, des mains de l'armée la plus «morale du monde» et de ses tireurs d'élite, respectivement. http://www.rebelion.org/noticia.php id = 948 
Grâce à la complicité internationale, Israël et l'Afrique du Sud se moquent de l’embargo
En 1977, la Résolution 418 du Conseil de sécurité déclare le commerce des armes avec l'Afrique du Sud «une menace à la paix» et adopte un embargo obligatoire sur celles-ci. Il convient de noter que l'apartheid n’est pas déclaré une menace à la paix, ce qui est surprenant, d'autant plus qu’il avait été en vigueur depuis 1948, soit 30 ans et que l'Afrique du Sud avait attaqué militairement les pays voisins.
Néanmoins, le pire est que l'embargo a été une farce, en grande partie parce que le Conseil de sécurité a créé un comité de sanctions, mais sans lui donner un système de contrôle. On a peine à croire que ce manquement était involontaire de la part de politiques au statut et à l'expérience en rapport avec leurs fonctions au Conseil de sécurité.
Selon le rapport des experts de l'ONU sur l’embargo et les  sanctions de 1999,  « il est évident que les armes ont continué à arriver en Afrique du Sud». La conclusion des experts est que «l'embargo sur les armes n'a pas réussi à affaiblir la capacité militaire de l'Afrique du Sud. Au contraire, le régime raciste a réussi à augmenter sa production interne d'armes. Il y a eu de nombreuses informations sur des échanges secrets d’armes avec d'autres pays et sur le fait que l'embargo n'est pas universellement respecté ». http://www.un.org/Docs/sc/ comités / sanctions / Background.doc
Israël a joué le rôle le plus important dans cette violation de l'embargo. Les échanges politiques et militaires entre les deux pays ne pouvaient pas être plus étroits, y compris les relations avec des dirigeants sud-africains qui étaient des nazis et le développement commun de technologies et d'armements nucléaires.
Le Premier ministre Rabin a reçu à Jérusalem en 1976 le Premier ministre d'Afrique du Sud Vorster, qui avaient été interné dans un camp de concentration britannique comme nazi et avait envoyé son armée envahir l'Angola. Lors du dîner de gala Rabin a porté un toast à « l'idéal commun de justice et de coexistence pacifique». Vorster a répondu en déclarant qu’ ' «Israël et l'Afrique du Sud sont victimes des ennemis de la civilisation occidentale».
Il a été 35 ans et les mensonges des gouvernants n'ont pas changé, ni les relations internationales injustes. On peut consulter l'article intéressant (dont la citation ci-dessus est extraite et qui présente de manière brève et précise le cœur du problème, également exposé dans plusieurs livres): "Frères d’armes: pacte secret d'Israël avec Pretoria", de Chris McGreal, publié par The Guardian le 7 Février 2006. 
Les USA, champions des États voyous et criminels
Loin des réunions bilatérales à Jérusalem, l'Assemblée générale reste confrontée au Conseil de sécurité en raison de l'apartheid. Le droit de veto antidémocratique des cinq membres permanents provoque l'enlisement des décisions de la majorité. Celle-ci a adopté en 1977 une recommandation d'embargo pétrolier contre l'Afrique du Sud, mais une fois encore les USA, la Grande-Bretagne, la France et d'autres pays puissants se sont abstenus.
En 1981, avec l'arrivée de Reagan à la présidence US, le Département d'État US annonce une politique de « dialogue constructif avec l'Afrique du Sud », une politique étrangère qui rappelle immédiatement celle de l'Espagne d'aujourd'hui.
En réalité, cela signifiait alors un soutien à l'Afrique du Sud, comme aujourd'hui, on soutient Israël. Obama a dit la même chose au Président du Liban lors de la visite de ce dernier à Washington en décembre 2009, se référant à la paix dans la région: «Ce que nous partageons est un engagement à résoudre ces problèmes par le dialogue et la négociation plutôt que par violence. » [http://palestinethinktank.com/ 2009/12/27/obama-and-suleiman- oubliez-la rhétorique-let-le face-and-the-money-Tell-the story-/]
Les USA étaient même prêts à aller plus loin. Dans la même année 1981, ils ont rompu avec l'exigence commune de leurs alliés - Grande-Bretagne, France, Allemagne et Canada – envers l' Afrique du Sud de mettre en œuvre le plan des Nations Unies pour l'indépendance de la Namibie et le lient au retrait des troupes cubaines d'Angola .
Dans les années suivantes les deux puissances mondiales, les USA et l'Union soviétique, s'affrontent par pays d'Afrique australe interposés, qui reçoivent des fournitures d'armes des uns et des autres.
Israël est depuis de nombreuses années le principal destinataire de l'aide militaire usaméricaine. Une fois disparue l'Union soviétique, les USA, devenus désormais  fournisseur universel, ont signé  en août 2007 un accord avec Israël lui accordant une aide militaire de 30 milliards de dollars pour les dix prochaines années. Le même fournisseur prévoyait un autre accord militaire avec ses alliés arabes (Égypte et Arabie Saoudite) de 20 milliards.
Selon le New York Times, des fonctionnaires du département d'État ont qualifié cette aide d' "un investissement à long terme dans la paix." [http://www.nytimes.com/2007/ 08/16/world/middleeast/16cnd- israel.html? _r = 1 & hp]
On peut apprécier le véritable engagement  usaméricain en faveur de la paix au Moyen-Orient aujourd'hui, comme on le voyait en Afrique du Sud hier, à l'occasion de la dernière agression israélienne contre le Liban en 2006:
En juillet de cette année-là, les USA on bloqué une condamnation  d'Israël par l'ONU et ont été le seul des quinze pays membres du Conseil de sécurité à bloquer la demande libanaise d'appel au cessez-le-feu et tout autre mesure relative à une cessation de  l'attaque israélienne contre le Liban.
En août 2006 ils ont intensifié l'envoie d'armes sophistiquées à Israël du type utilisé dans ses attaques aériennes, en particulier les bombes à guidage laser et par satellite, tout en multipliant les déclarations de sa secrétaire d'État Condoleezza Rice et de l'ambassadeur à l'ONU, Bolton sur « le droit d'Israël à se défendre »,  « la cause principale du problème est le Hezbollah », « le président ne va pas prendre de décisions sur les questions militaires liées à Israël» recueillies par les agences du monde entier  (Reuters , AP, Al-Jazira, etc.) 
La communauté internationale appuie l'État criminel
En 1985, le gouverneur de la banque centrale sud-africaine s'est rendu en Europe à la recherche d'aide pour résoudre la crise financière de son pays, mais ne trouve pas de soutien. De leur côté les travailleur des mines d'or annoncent une grève pour augmenter la pression.
Les politiciens israéliens Voyage beaucoup en ces temps à l'Occident, quoique plus ou moins cachés dans la lumière des plaintes qui pleuvaient de divers pays afin d'apporter son message de «l'autodéfense», «guerre contre le terrorisme islamique »et« l'attachement au processus de paix ", pour contrer leur image auprès des citoyens de ces pays.
Malheureusement, ils sont reçus et pire, ils multiplient et améliorent les accords de toutes sortes dans tous les domaines entre l'UE et Israël, en dépit des lois internationales et européennes prévoient la suspension de la coopération avec les pays qui violent gravement les droits de l'homme.
Le soutien américain à Israël est la plus notoire, mais c'est une grave erreur de penser que l'UE a un rôle mineur. Les informations fournies ne laissent pas place au doute:
"L'UE et Israël sont engagés à élaborer un partenariat étroit qui est bénéfique dans les échanges politiques, et les finances, y compris la coopération sur les questions sociales, scientifiques, technologiques et culturels.
L'objectif du plan d'action est d'intégrer progressivement Israël dans les politiques et programmes européens. Chaque mesure prise se fera par accord mutuel et le plan d'action est conçu pour refléter les intérêts et les priorités d'Israël et son niveau de développement. "
http://ec.europa.eu/external_ relations / Israël / index_fr.htm
Peu importe que le partenariat euro-méditerranéen signé entre l'UE et Israël, publié en Juin 2000 dans le Journal officiel des Communautés européennes, dans son article premier déclare que l'un des buts de l'accord est de « favoriser la coopération régionale, avec la but de renforcer la coexistence pacifique et la stabilité économique et politique. »
Son deuxième article déclare que «les relations entre les partenaires et les dispositions du présent accord doivent  être fondées sur le respect des droits de l'homme et des principes démocratiques qui guident leur politique intérieure et internationale et constituent un élément essentiel du présent accord"
http://www.delisr.ec.europa. eu / Anglais / content / eu_and_ pays / asso_agree_en.pdf
L'Espagne a des accords de coopération dans les domaines militaire, de l’énergie, de l’agriculture, de l’environnement, de la culture, de l'éducation, de la fiscalité et du tourisme, contribuant ainsi efficacement à l'occupation militaire israélienne.
(Liste et textes des accords: http://www.embajada-israel.es/espana_israel.aspx )
En 1985, le gouvernement sud-africain interdit aux médias de rendre compte des manifestations dans les zones désignées comme étant en état d’urgence et restreint le mouvement des journalistes.
Le journal britannique The Guardian a indiqué le 10 Janvier 2009, que "pendant les deux semaines de bombardement de la bande de Gaza, la plupart des journalistes en ont été tenus à l'écart pour des raisons de sécurité. Les Israéliens semblent satisfaits du résultat "
http://www.guardian.co.uk/ Reporters world/2009/jan/10/gaza-israel--foreign journalistes
En Europe, il n'ya pas de protestations ou de plaintes contre cette violation de la liberté de l'information, et il n'y en a pas non plus en Espagne contre l'impossibilité d'accéder à partir des ordinateurs des  bibliothèques publiques aux sites internet du Hamas, parce que les techniciens ont des ordres des décideurs politiques de bloquer l'accès aux pages de la résistance. Avec la censure ici et le manque d'information sur la Palestine, les principaux journaux espagnols pontifient sur le problème islamiste au Moyen-Orient.
La collaboration et le soutien ne se passent pas seulement entre les gouvernements, de nombreuses autres institutions étatiques coopèrent également dans leur propre domaine: principalement les entreprises mais aussi les syndicats, universités, associations, etc. 
Le "dialogue constructif", feu vert aux crimes d'Israël
En 1986, des commandos sud-africains attaquent des centres de l’ANC au Zimbabwe, au Botswana et en Zambie ; Botha justifie ces « attaques légitimes contre le terrorisme ».
Il y avait alors quatre ans qu'Israël avait envahi le Liban pour attaquer les bases du Fatah, laissant des dizaines de milliers de morts et de déplacés internes, et des dégâts matériels considérables.
http://www.maannews.net/eng/ ViewDetails.aspx? id = 212235
Desmond Tutu signale à nouveau l'échec de la politique de «dialogue constructif» de Reagan, demande des sanctions économiques internationales et déclare qu' «il n'y a aucune garantie qu’elles puissent faire tomber de l'apartheid, mais c’est la seule option non-violente qui nous reste et il ya des chances qu’elle marche. »

En 1989, Mobil, la seule grande entreprise encore présente en Afrique du Sud, annonce son retrait. Plusieurs entreprises prennent des mesures allant dans ce sens envers Israël, mais les progrès sont lents. On peut consulter à ce sujet le site web du Mouvement BDS: http://www.bdsmovement.net/?q = node / 4
En 1989, Mandela, toujours en prison, se retrouve avec Botha dans son bureau au Cap. Israël refuse toujours de rencontrer les représentants palestiniens démocratiquement élus lors des élections législatives de 2006, sous le regard d'observateurs internationaux, qui ont attesté de leur validité.
Le traitement par Israël des dirigeants palestiniens qui ne sont pas des collaborateurs, consiste à les éliminer par des «assassinats ciblés» (Abou Ali Mustafa, G Kanafani, Ahmed Yassine, Abdel Aziz Al-Rantissi etc.) ou à les enfermer pour la vie (Arafat, M. Barghouti , A. Saadat, etc.).
Le 11 Février 1990 Mandela est libéré sans conditions, mais il maintient sa demande à la communauté internationale de maintenir la pression sur l'Afrique du Sud, faisant valoir que la levée des sanctions risquerait d’arrêter le processus vers la fin totale de l'apartheid.
Quatre jours plus tard, 20.000 Afrikaners manifestent à Pretoria contre cette libération. Durant l'été 2005, dix mille colons manifestent près de Gaza contre le retrait des colonies à Gaza.
La presse occidentale n’a pas signalé que, en vertu du droit international, ce retrait ne signifie pas la fin de l'occupation militaire, vu que c'est le contrôle du territoire et non la position de l'occupant, qui définit celle-ci.
http://www.npr.org/templates/histoire / story.php? st4761855 & ps  
L'État-voyou utilise tous les moyens à sa disposition
Au début des années 90 on assiste à une recrudescence de la violence entre membres de l'ANC et ceux de l'Inkatha, faisant des centaines de morts. Mandela et d'autres dirigeants de l’ANC accusent la police de prendre le parti de l’ Inkatha et contre l’ANC, dans un effort pour promouvoir les différences ethniques et d'affaiblir l’ANC dans ses négociations avec le gouvernement.
Après les élections dans les territoires occupés en 2006, certaines des actions du gouvernement israélien, fortement appuyé par des acteurs étrangers, en particulier les envoyés des USA, ont consisté à promouvoir avec une grande intensité  les luttes intestines palestiniennes entre les deux grands partis Fatah et Hamas, avec le même résultat : des dizaines de morts, la violence accrue, et d'énormes dégâts à la cause nationale, ce qui joue en faveur des instigateurs.
Le 1er septembre 1990 est rendu public le rapport d'enquête du juge Richard Goldstone sur la mort de 18 manifestants par des tirs de la police, qui a eu lieu au mois de mars précédent à Sebokeng. Le rapport critique l'action de la police et dit que la police a utilisé une force "exorbitante et disproportionnée avec tout objectif légitime qu’elle aurait pu avoir."
http://www.nelsonmandela.org/ OMalley / index.php / site / q / 03lv02039/04lv02040/05lv02041. htm
Goldstone ne pouvait pas soupçonner que 20 ans plus tard il répéterait ses recherches en Israël et dans les Territoires occupés sur l’attaque de Gaza, à une échelle beaucoup plus grande. Bien que ce rapport ait contribué à lui forger une renommée internationale, Israël et ses alliés l’ont critiqué et ont fait tout leur possible pour le discréditer et évidemment pour nier  les conséquences logiques des conclusions de son rapport : en faire la pierre angulaire d'un procès devant les organismes internationaux compétents pour les crimes de guerre et contre l'humanité. 
La force de la résistance populaire: fermeté jusqu’à la victoire 
En Février 1991, les pays de la Communauté européenne décident de lever les sanctions économiques une fois que le Parlement sud-africain aura abrogé trois lois fondamentales de l'apartheid, mais Mandela menace immédiatement d’une mobilisation générale pour empêcher les investissements étrangers si l’accord est conclu.
Pendant les deux années qui suivent (durant laquelle les sanctions seront partiellement levées) Mandela ne demande pas publiquement la fin des sanctions, qui se produit le 25 Septembre 1993.
Deux semaines auparavant Arafat et Rabin ont signé avec le président Clinton, la Déclaration de principes, aussi connue comme l'Accord de Washington. Il n’est pas exigé d’ Israël de reconnaître les droits nationaux du peuple palestinien, de respecter le droit au retour des réfugiés, de renoncer à l’occupation, mais simplement d’accepter de négocier avec les Palestiniens.
Ces derniers, de leur côté, acceptent d'entamer des pourparlers avec l'occupant et agresseur en échange d’un renoncement au droit international et d’un oubli des résolutions des Nations Unies sur le conflit israélo-palestinien.
Aujourd'hui, on peut ne pas observer sans surprise et sans gêne le parcours réalisé par l'Autorité palestinienne durant les années gaspillées à "parler" à partir d'une position de faiblesse accusée avec un ennemi très puissant et implacable.
En 1993, Mandela et De Klerk reçoivent le Prix Nobel de la Paix en mai 1994 le premier est élu comme premier président démocratiquement élu d'Afrique du Sud.
En juin 1994, le Conseil de sécurité lève  l'embargo sur les armes et Pretoria est de nouveau admis à l’ONU et dans toutes ses agences.
En 1994, Arafat, Rabin et Pérès reçoivent  le Nobel de la Paix et le Prix Prince des Asturies pour la Concorde.
Depuis cette date, la situation des Palestiniens n'a pas bougé, bien au contraire, elle s'est détériorée considérablement et à certains égards, peut être considérée comme catastrophique. à 63 ans se sont écoulés depuis la création de l'État d'Israël, durant laquelle sa position sur la scène internationale s'est accrue.
Les dirigeants palestiniens embarqués dans les négociations n'y ont rien gagné, si ce n’est un moyen de gagner leur vie. La résistance palestinienne opposée à ces négociations a été punie régulièrement et sévèrement par Israël et ses alliés. Toutefois, elle maintient la dignité, et ne cesse pas, de sorte que, grâce à elle, la situation n’est  pas pire. 
Le droit international, l'apartheid, le sionisme et l'occupation militaire
L'apartheid a été condamné par l'Assemblée générale des Nations Unies dans sa résolution 1761 de 1962, comme une violation de la Charte des Nations Unies et une menace à la paix et la sécurité internationales.
Le sionisme a été condamné par l'Assemblée générale des Nations Unies en 1975 "comme une forme de racisme et de discrimination raciale", dans sa résolution 3379. En 1991, celle-ci est devenue la seule résolution de l'ONU qui ait été révoqué et, depuis lors, la situation s'est progressivement détériorée pour les Palestiniens.
L'occupation militaire par Israël de territoires palestiniens a été déclaré illégale par le Conseil de sécurité des Nations Unies, notamment par la  Résolution 242, qui déclare irrecevable l'acquisition de terres par la guerre et exigeant le retrait de l'armée israélienne territoires occupés en juin 1967.
De nombreux juifs israéliens nés dans d'autres pays, dont ils ont la nationalité, bénéficient de 87% des territoires palestiniens, tandis que les autochtones sont obligés de vivre dans des parties isolées les unes des autres dans les 13% restants, sans liberté de la mouvement, dans ce qui est également connu comme bantoustans palestiniens.
Le système de l'apartheid en Afrique du Sud comme l'occupation militaire en Palestine, sont contraires au droit international et cela ressort d'innombrables documents de l'Organisation des Nations Unies et de ses organes subsidiaires. On peut consulter "L'Organisation des Nations Unies dans la lutte contre l'apartheid"  et «La question de Palestine à l'Organisation des Nations Unies» 
Cependant, cette reconnaissance a peu servi à ses victimes, car bien que la législation  internationale exige que les pays membres de l'ONU agissent contre ces systèmes avec les moyens à leur disposition pour les éradiquer, l'histoire montre que c'est plutôt le contraire qu'ils ont fait pendant de nombreuses années dans le cas sud-africain et qu’ils continuent à faire dans le cas de la Palestine.
La situation politique des Noirs sud-africains a changé en 1994, avec la fin de l'apartheid et la présidence de Nelson Mandela, mais les Palestiniens, qui ont aussi connu un tournant apparent en 1994 avec l'arrivée d'Arafat dans les territoires occupés et sa présidence l'Autorité palestinienne, s'est détériorée depuis lors jusqu'à une situation extrême, en particulier à Gaza.
Desmond Tutu, archevêque émérite du Cap, a déclaré après le dernier de ses voyages en Palestine, "à passer par les check-points je me rappelais comment les choses s'étaient passées dans mon pays sous l'apartheid: l'arrogance des policiers et des soldats, tu dépends de leur volonté pour passer ou non. Mais il ya des choses qui se passent en Israël et ne se sont jamais passés dans l’Afrique du Sud de l'apartheid, par exemple, les châtiments collectifs ».
http://www.guardian.co.uk/ books/2009/may/28/hay- festival de tutu-Israël-Palestine-solution
Ces châtiments collectifs constituent un crime de guerre en vertu du droit international, en particulier les lois de la guerre et la Quatrième Convention de Genève de 1949. Conformément à la loi, les Palestiniens sous occupation sont des personnes protégées et le châtiment collectif qu'Israël leur applique est donc un crime de guerre.
La peine pour les criminels de guerre, émise dans les procès de Nuremberg et de Tokyo, est la peine capitale, qui peut être commuée en réclusion à perpétuité.
Plus les crimes de guerre et contre l'humanité d'Israël en Palestine redoublent, comme ailleurs au Moyen-Orient, un nombre croissant de pays signataires de la Charte des Nations Unies, sans renoncer à celle-ci, modifient leur législation nationale pour empêcher leurs juges d’agir contre les responsables.
L'Espagne est parmi eux. Cela s'est produit avec La loi organique 6 / 1985 du 1er Juillet, du  pouvoir judiciaire, en particulier l'article 23.4. Lire: Espagne : Un coup contre la justice universelle, par Javier CHINCHÓN ÁLVAREZ
L'ONU et les sanctions face à l'apartheid et à l'occupation militaire 
Le laxisme inépuisable de la communauté internationale et le soutien vital des USA et de l'Union européenne à Israël sont en contraste avec les dizaines de résolutions du Conseil de sécurité sur l'Afrique du Sud, qui a fait l'objet de diverses mesures de la pression de la part de cette communauté de 1960 à 1994.
La communauté internationale, euphémisme pour désigner les USA et leurs comparses, continue à ne pas réagir à l'énormité des crimes commis par Israël depuis 1948  contre les Palestiniens et les pays de la région, notamment le Liban de manière cruelle en 2006.
Il n'ya pas de cas similaires dans le monde pour la durée - à partir du moment de la création de l’État d’Israël il ya 62 ans -, et pour la cruauté : des millions de réfugiés sans possibilité de retour, des milliers de morts, de blessés, d’emprisonnés, de torturés, d’expulsés de leurs maisons sans recours possible à la justice ni droit à une indemnisation, des générations qui se succèdent sous l'occupation militaire, avec la destruction de maisons, de biens, de cultures, d’infrastructures ...
Il est clair que Israël n'a aucun scrupule à commettre autant de violations qu’il le souhaite, ni ne recule devant leur  gravité, bien au contraire, parce qu'il sait qu'on ne le jugera pas pour ça. Gaza a récemment été un exemple parfait de complicité internationale avec Israël, s’il en fallait encore un après plus de soixante ans de tolérance.
Tout cela sous les yeux du Conseil de sécurité des Nations Unies, doté de manière spécifique par la Charte des Nations Unies de «la responsabilité primordiale du maintien de la paix et de la sécurité internationales ».
La Charte ajoute que «dans l'accomplissement de ces devoirs, le Conseil de sécurité agira conformément aux buts et principes des Nations Unies."
Elle indique également que «les Membres de l'Organisation conviennent d'accepter et d'appliquer les décisions du Conseil de sécurité en vertu de la présente Charte».
http://www.un.org/fr/documents/charter/chap5.shtml
Le premier responsable de l’impunité israélienne, ce sont les USA, membre permanent du Conseil de sécurité, pays le plus puissant sur terre et principal soutien d'Israël, qui ne cesse d’opposer des vétos à toutes les résolutions condamnant Israël.
Ce sont les États, individuellement et ensemble, en particulier au sein de l'Organisation des Nations Unies, qui détiennent les instruments juridiques et la force de coercition nécessaires pour maintenir la paix et le respect des droits de l'homme dans le monde.
Par conséquent, outre qu'elle est contraire au droit international et au sens commun, il est immoral, ainsi que nuisible pour le bien-être de l'humanité et les idéaux de justice, de liberté, d'égalité et de progrès pour tous les peuples, que ce soient les États qui permettent et même encouragent Israël à bien des égards.
Il existe plusieurs mesures et sanctions internationales contre les systèmes politiques du type ici décrit, qui ont été utilisées dans différents contextes:
http://www.globalpolicy.org/ component/content/article/202 / 42346.html (Lois et règlements applicables dans le cas de sanctions et rôle des organisations internationales)
http://www.scn.org/wwfor/ iraqlaw.html (la législation internationale et les sanctions)
Les sanctions peuvent être diplomatiques, économiques et militaires. Ce que je tiens surtout à souligner ici, c'est tout d'abord que ces mesures sont conçues pour être utilisées lorsque la gravité de la situation l'exige, d'autre part elle sont une tactique, pas une fin.
On ne peut pas brandir contre la mise en œuvre de ces mesures un prétendu droit d'Israël à se défendre, et encore moins l'existence d'un processus de paix, qui est inférieur à l'égard du droit international (qui de plus est constamment violé par Israël), et encore moins une guerre contre une menace islamiste présumée.
Les crimes qu'Israël a commis et commet encore sans aucune perspective d’y mettre fin exigent l’application immédiate de sanctions par les autres pays pour y mettre fin et empêcher leur multiplication.
Une fois cet objectif atteint, les mesures disparaîtront, puisque ce qui est recherché, c’est d'isoler un gouvernement qui, pour son propre compte ou avec le soutien de son peuple, porte gravement atteinte à la Charte des Nations Unies. 

La campagne de boycott des oranges "sanguin(air)es" sud-africaines Outspan avait démarré aux Pays-Bas

La campagne BDS contre Israël et l'expérience du cas sud-africain
Face à la persistance de graves violations des droits de l'homme et du droit international par Israël et la complicité de la communauté internationale, un nombre croissant de personnes dans le monde se retrouvent aux côtés de la victime pour tenter de mettre fin à ces violations.
Dans le cas de l'Afrique du Sud, comme les gouvernements, les institutions internationales et les grandes entreprises étaient restés silencieux et n’ont rejoint que  très lentement la lutte de masse plus ou moins organisés, c’étaient des individus en petits groupes à travers des libres associations et des activités à petite échelle qui ont augmenté au fil du temps et ont gagné le respect et la force, qui ont mené le combat contre l'injustice, l'inhumanité et l'impunité.
Il ne s’agit  pas d’une lutte contre les Israéliens, ni contre les Sud-Africains, ou d'une lutte contre les juifs, autrement dit  une manifestation d'antisémitisme, comme ce n'était pas une contre les Blancs, parce qu’ils étaient blancs, mais une action contre la discrimination des Palestiniens en Israël et l'occupation militaire par celui-ci de la bande de Gaza, de la Cisjordanie et de Jérusalem-Est.
Ce mouvement populaire est connu sous le nom de mouvement ou de campagne BDS, qui signifie en  anglais, mouvement mondial de boycott, désinvestissement et sanctions pour la Palestine. http://www.bdsmovement.net/
Comme indiqué dans ce site, « le 9 Juillet 2005, après l'avis consultatif rendu par la Cour internationale de Justice sur le mur de séparation qu'Israël construit illégalement sur des terres palestiniennes, la grande majorité des citoyens palestiniens a appelé les citoyens du monde préoccupés par la situation en Palestine au boycott d'Israël, de la même manière qu’on a boycotté l'Afrique du Sud sous l'apartheid, jusqu'à ce qu'il se conforme entièrement au droit international et reconnaisse le droit inaliénable des Palestiniens à l'autodétermination. »
Avec ce mouvement à la fois palestinien et international, ses partisans tentent de faire pression sur Israël pour mettre fin pacifiquement à l'occupation et à l'agression contre les Palestiniens. Comme on le voit, l'un des piliers de la campagne est précisément le rappel de l'histoire du boycott contre l'Afrique du Sud.
L'attaque israélienne folle contre Gaza entre décembre 2008 et janvier 2009, qui a provoqué 20 fois plus de morts qu’à  Sharpeville, plus de 5000 blessés et des dégâts incalculables, a donné une impulsion au mouvement BDS, qui a cinq ans d’âge. 
Le rôle des citoyens conscients et les risques qu'ils prennent
Tandis que les politiciens occidentaux continuent leur farce sur la paix et le dialogue entre l'agresseur et la victime, des milliers de personnes sont arrêtées au milieu des années quatre-vingt dans de nombreuses villes du monde entier pour avoir manifesté en faveur du Mouvement pour la liberté en Afrique du Sud.
Aujourd'hui les partisans  du BDS font face à une menace sérieuse de leurs propres autorités. Le nombre de ceux qui sont persécutés dans les pays démocratiques occidentaux augmente. Le maire de la ville française de Seclin, Jean-Claude Willem, a appelé à boycotter Israël. Il a été jugé et condamné à une amende de 1000 euros en 2002, mais son châtiment ne s'arrête pas là. Ayant porté l'affaire devant la Cour européenne des droits de l'homme, il a perdu de nouveau, car celle-ci a estimé que son action "correspondait à une action discriminatoire et donc condamnable».
Lire : A propos de la décision de la Cour de justice européenne contre Jean-Claude Willem
Cinq militants BDS  écossais sont jugés ces jours-ci pour «comportement raciste», pour une protestation contre le siège israélien de la bande de Gaza. Ils ont interrompu une représentation au Festival international d'Édimbourg, en 2008, du Jerusalem Quartet, composé de quatre musiciens qui affichent le titre  d ' «ambassadeurs culturels» de l'État d'Israël et de "musiciens distingués des Forces de défense israéliennes."
La répression contre les partisans du BDS se manifeste en Espagne, où la police a violemment réprimé des militants dans plusieurs villes pour avoir manifesté leur soutien à un boycott pacifique d'Israël.
Israël augmente la pression sur les gouvernements des pays alliés pour qu’ils poursuivent et répriment les actions  BDS. Pour cela il utilise une fois de plus l'argument éculé  de la « montée de l'antisémitisme en Europe », « la menace de destruction d'Israël », «les liens terroristes internationaux ». 
No comas naranjas manchadas de sangre par Kalvellido
Ne mange pas des oranges tachées de sang, par Juan Kalvellido, Tlaxcala
Conclusion
Les crimes odieux commis par Israël à Gaza il y a un peu plus d'un an, ont une fois de plus rappelé à ceux qui se préoccupent des droits de l'homme, qu’il n'est pas acceptable moralement et qu’on ne peut raisonnablement attendre d'institutions internationales ou des gouvernants qu’ils se  conforment à la loi qu’ils ont eux-mêmes adoptées pour préserver ces droits selon l'Organisation des Nations Unies:
«Nous, peuples des Nations Unies,
 
Résolus
  • à préserver les générations futures du fléau de la guerre qui deux fois en l'espace d'une vie humaine a infligé à l'humanité d'indicibles souffrances,
  • à proclamer à nouveau notre foi dans les droits fondamentaux de l'homme, dans la dignité et la valeur de la personne humaine, dans l'égalité de droits des hommes et des femmes, ainsi que des nations, grandes et petites,
  • à créer les conditions nécessaires au maintien de la justice et du respect des obligations nées des traités et autres sources du droit international,»
De plus, bien avant l'assaut sur Gaza, Israël a pratiqué dans ses 62 ans d'histoire des violations du droit international, et rien n’indique qu’il va y mettre fin sans intervention extérieure.
C'est pourquoi, avec l'exemple de ce qui s'est passé pour l'apartheid en Afrique du Sud au siècle dernier, il y a urgence à s’unir et à s’organiser aux côtés des victimes, les Palestiniens aujourd'hui, comme hier les Noirs, pour faire cesser ces violations.