vendredi 3 octobre 2008

Lettre à Nicolas

Par Denis Robert, jeudi 2 octobre 2008
Le président français a demandé, lundi soir à New York, que les "responsables du désastre soient sanctionnés et rendent des comptes". La crise financière devrait être au centre des discussions de l’assemblée générale des Nations Unies qui se sont ouvertes ce mardi.

Cher Nicolas,
Toi et moi sommes empêtrés depuis bientôt trois ans dans cette sale affaire qui porte le nom d’un multinationale bien connue à Luxembourg. Tu es devenu Président de la République, je suis devenu mis en examen pour "*recel de vol de secret bancaire*". C’est une différence de taille entre nous.
À te lire ces jours-ci, je constate avec joie à quel point nous poursuivons le même but. Cette lutte implacable à mener contre les dérives du système financier. Tu as plus de pouvoir que moi dans ce combat, mais j’aimerais ici te rappeler quelques évidences.
Nous en avions déjà parlé, alors que tu n’étais que candidat à la présidentielle. C’était dans les coulisses d’une émission de télévision où je t’avais offert mon livre, "La Boîte noire". J’y faisais le parallèle entre les krachs boursiers et les accidents d’avions. Il existe des boîtes noires de la finance qui permettent d’observer et de retracer les parcours de l’argent.
Ce qu’il y a de compliqué à dénicher dans le marasme financier qui nous occupe, c’est la bonne information. Ce n’est pas en lisant les journaux, ni même en interrogeant les banquiers, fussent-ils centraux, que tu la trouveras. Il faut mettre en place des moyens de contrôle indépendant. Les autoroutes de la finance ressemblent au réseau autoroutier mondial. En plus simple car tout y est centralisé.
En particulier l’information. Je raisonne ici en terme de flux. Pour bien les observer, il faut trouver les bonnes places et inventer les bons radars. Les gens n’ont encore pas bien intégré l’idée que l’argent était devenu un bien immatériel se déplaçant à la vitesse du son. De grosses centrales sont chargées sur cette planète d’organiser ce trafic, de transformer l’argent en titres, de conserver ces titres. Elles ont leurs stations de péages, leurs tours de contrôle, leurs coffres-forts électroniques, leurs informaticiens, leurs secrets.
Rappelle-toi la crise argentine, en décembre 2001. Elle aurait pu être évitée si ces centrales avaient joué un rôle préventif au lieu de ne penser qu’au profit de leurs clients. Mais, je suis bête, tu sais tout cela, toi qui connais si bien Clearstream. Eh oui, cette foutue multinationale a vu passer en 2007 près de 300 trillions d’euros en flux financier sans son réseau autoroutier.
Et sa concurrente directe, Euroclear, encore davantage. C’est là que se concentre une partie des flux financiers planétaires. Par ces trous de souris de la finance, ces points de passage obligés. De Lehmann Brothers à Merrill Lynch en passant par Goldman Sachs ou Morgan Stanley, toutes ces banques qui plongent aujourd’hui ont bâti leur business grâce à ces boîtes noires de la finance.
L’information s’y cache. Là-bas ou chez Swift, l’agence de routing financier. En plaçant des gendarmes et des contrôleurs indépendants dans ces trois endroits, tu peux anticiper les crises, prévenir le trafic, visualiser les dérives. Ce n’est pas très loin de chez nous. Ces sociétés privées ont leurs sièges à Luxembourg et à Bruxelles. Je me demande ce que tu attends pour mettre en place les moyens qui permettent aux citoyens de connaître "avec franchise, la vérité dans la crise économique et financière que nous connaissons". Comme tu dis si bien.
Bien à toi,
Denis
Denis Robert pour Siné Hebdo
"Les vrais mafieux lisent le Financial Time ou le Wall Street Journal"
Voilà ce qu’écrivait Denis Robert dans « Une affaire personnelle » sorti en avril dernier :
Parmi les sociétés qui ont réalisé le plus de bénéfices en une trentaine d’années, on trouve d’abord des banques. Le magazine Forbes a établi en 2007 le Hit Parade des sociétés mondiales cotées en Bourse. Les critères du palmarès étaient les bénéfices. On mesure ici la rentabilité et non le chiffre d’affaires qui n’indique que la masse. Les banques américaines se partagent les premières places du classement, avec en tête Citygroup, qui était déjà premier l’an dernier. Il arrive devant Bank of America, qui a gagné une place. La banque britannique HSBC se place en troisième position. Ces banques sont toutes clientes de la multinationale qui me fait des procès et ont eu un représentant à son conseil d’administration. Les banques américaines occupent six des sept premières places. BNP Paribas est le premier groupe français et se place en quatorzième position, loin devant les pétroliers comme Total ou l’assureur Axa.

Les banques sont le fleuron du capitalisme. Elles sont aussi les sociétés les plus incontrôlables. L’un ne va pas sans l’autre. Toutes ces banques arrivées en tête du hit parade de Forbes ont ouvert des milliers de comptes dans tous les paradis fiscaux de la planète. D’un côté, on vente leur sérieux et leur stratégie. D’un autre, on les laisse défiscaliser à tout va. Les journaux n’évoquent jamais ce double jeu. Les journaux ne parlent jamais de leur pouvoir, mais se lamentent sur leur sort en cas de faillite ou de krach. Les banques sont de très gros annonceurs. La plupart des médias appartiennent ou sont gérés par des pools bancaires. Les banques sont à l’origine et à la conclusion de tout ce qui fait la vie économique et financière de nos sociétés. Elles sont intouchables. Elles sont la façade légale et la porte d’entrée du crime organisé dans nos sociétés. Je me suis intéressé à elles parce que j’ai compris qu’elles étaient une des clés du système de contrôle et d’appauvrissement de nos sociétés.

La banque, l’argent ne lui coûte rien.

Elle le fabrique et le revend. Le cash c’est pour la galerie ou les distributeurs automatiques. 99 % des masses monétaires qui circulent par le monde sont virtuelles. Cette fausse monnaie est investie en actions et en obligations. Puis, pour une part considérable, cachée dans des paradis lointains. Seules les banques savent y aller. Elles peuvent y libérer leurs rapacités. La seule différence entre une banque et une autre réside en sa communication. L’image qu’elle donne au monde. En vitrine, elles minaudent. Dans l’arrière-cuisine, elles sortent les griffes et les couteaux.

Les banquiers se sont partagé la planète. Mais à force de tirer sur les bénéfices, le marché se réduit. Alors les banques se bouffent entre elles. C’est leur côté mante religieuse. Les batailles sont terribles en coulisse. BNP a croqué Paribas. Citygroup a dévoré la banque d’investissement de Shroders. Deutsche Bank et Dresdner Bank ont muté. HSBC a englouti le Crédit commercial de France. L’espagnole Banco Bilbao a digéré la Banca Nazionale del Lavoro italienne. La hollandaise ABN Amro s’est farcie la Banque populaire de Vénitie. Fortis a mangé la Banque générale de Luxembourg. Après avoir roté un bon coup, elles continuent leur business qui consiste souvent à piller les États. Et donc à faire les poches des habitants de ces États.

Les banques vendent aux gogos leur capacité à faire gagner de l’argent. Elles sont la cheville essentielle du piège qui s’est refermé sur nous. Derrière la vitrine et l’apparence de sérieux, elles participent au dynamitage de nos démocraties. Elles nous attirent et nous entubent à coup de publicités hypnotisantes. Envoyez-vous en l’air avec un pass auto à 3 %, réalisez votre rêve de Home sweet home avec un crédit immobilier à 4 %, allongez-vous sur un matelas vacances à 5 %.

Pourtant à la seconde où un citoyen remet à son banquier ce qui lui appartient, ces dépôts deviennent, par une loi mécanique, un emprunt pour la banque. Qu’est-ce qu’il vient de déposer sinon le fruit de son travail ou de son héritage ? Qu’est-ce que la banque vient d’encaisser sinon de l’argent qui ne lui appartient pas ? Le premier succès des banques et le fait qu’elles soient les entreprises les plus florissantes de la planète repose sur ce hiatus. En créant le monopole de la circulation de l’argent, puis en inventant sa dématérialisation, elles font passer pour un service à leurs clients ce qui est un devoir très rémunérateur pour elles.

Les banquiers se servent de nos économies pour spéculer sur les marchés et inventer, avec la complicité des traders et autres dealers, de nouveaux produits de plus en plus pointus. Des fonds alternatifs qui donnent la possibilité de vendre du temps et du vent. Vous achetez des titres que vous ne payez qu’à 1 % de leur valeur. Vous les revendez dans la foulée en faisant une grosse marge. Et vous empochez le bénéfice. Si le marché plonge, ce n’est pas grave. La banque éponge avec l’argent de ses clients. Quand vous êtes à la tête d’une banque, vous êtes souvent à la fois acheteur et vendeur. Ce casino géant est toujours gagnant pour vous banquier, puisque vous spéculez avec l’argent des autres.

Les banques sont de belles putes maquillées avec distinction.

Leurs propriétaires sont des types souriants qui vous regardent les mains dans les poches de leur joli costume gris. Ils sourient tous de la même manière, le bridge éclatant. Ils vous fixent de leur regard clair. Ils sont debout devant leur banque, comme les tenanciers des bordels d’Amsterdam ou d’ailleurs. Vous passez en matant la vitrine. Vous entrez, choisissez votre pute, grimpez un escalier, suivez un couloir. Puis vous vous dirigez vers une suite de chambres qui sont communes à toutes les filles. Les chambres sont l’outil de travail collectif. Elles sont gérées par une hôtelière qui paie le personnel pour changer les draps, donner les clés, surveiller le bon déroulement des opérations. L’argent encaissé est reversé à l’hôtelière qui le refile au propriétaire en se gardant une commission. Le système fonctionne.

Chaque banque a un nom différent, une vitrine distincte, mais, à l’étage du dessus, les employés qui bossent pour les banquiers se retrouvent derrière les mêmes écrans et se partagent le même marché. En bas, le banquier peut continuer à vous montrer ses dents en faisant son baratin. En haut, les employés turbinent pour le collectif. Les organismes de compensation financière sont l’outil de travail commun à toutes les banques de la planète. On les appelle aussi des chambres. Elles paient des informaticiens, des chargés de clientèle, des programmeurs pour veiller au bon déroulement des transactions. Que vous achetiez à crédit une voiture, une maison ou une semaine de détente en Sicile, la banque vend un produit qu’elle a trouvé chez un grossiste commun. Libres à elles de le vendre plus ou moins cher, de vous l’envelopper de rose ou pas. C’est un travail d’image et de communication. Un travail de gagneuse. Les banques vous aguichent puis vous baisent.

(Les banques, chap. 19)

(…)
Les vrais mafieux lisent le Financial Time ou le Wall Street Journal et descendent à l’Hôtel Royal de Luxembourg ou au Beau Rivage à Genève. Ils ne mangent pas de pâtes à Little Italy, mais plutôt dans un Milanese food de Londres où on sert des spaghettis aux truffes dans des coupes à champagne. Ils se sont civilisés, policés, politisés. Ils achètent des clubs de football avec des copains traders ou des actions du CAC 40 parce que c’est plus clean.
(…)
Rien n’est nouveau dans cette fabrication d’une mythologie simpliste. Nous sommes dans la société du spectacle parachevé. En 1967, Guy Debord expliquait déjà que la mafia et l’Etat était associée : La mafia n’est pas étrangère dans ce monde, elle y est parfaitement chez elle. Elle règne en modèle de toutes les entreprises commerciales avancées.

En mettant dans le même panier organisation mafieuse et société commerciale avancée, Debord fait référence à un temps où les entreprises commerciales n’étaient pas avancées, où des limites plus claires existaient entre mafia et Etat. L’avancement des sociétés tient à leur modernisme, à leur adaptation à l’époque. Le système mafieux reposant sur une organisation secrète et militaire et sur la terreur ne peut plus fonctionner pour une raison simple : son manque de rentabilité. Le mafieux a dû s’adapter et se civiliser pour survivre puis prospérer.

Les criminels ont un besoin vital de points aveugles sur la planisphère pour pratiquer leurs substitutions et phagocyter les systèmes démocratiques. Ils ont besoin de trous noirs et de processus discrets. D’endroit où ils savent qu’on ne viendra pas les emmerder. Même si un risque minimum existe toujours de les importuner. Je représente, par mon travail et certains de mes livres, une quantité infinitésimale de dérangement pour eux.

J’ai mis les pieds dans l’arrière-cuisine du village financier. J’ai compris le fonctionnement de ce bordel très policé. La multinationale à laquelle je me suis intéressé loue son savoir-faire, son impunité et ses coffres-forts à toutes les banques de la planète. Elle offre, moyennant commissions, quantité de services. Elle prête de l’argent, investit, archive, cautionne. Au besoin, s’arrange pour qu’il soit très difficile d’en retrouver la trace.

Nous avons localisé des lieux sur la planète, où la délinquance financière - ses ramifications, sa diversité, son implantation, sa nature protéiforme - est repérable. Des techniciens de la finance ont créé un outil complexe, subtil et performant, dont les règles de fonctionnement ne sont connues que des initiés. L’outil subtil des banquiers a permis la mondialisation financière. Il est un point aveugle de la finance mondiale. Une maison close où l’argent peut entrer, tranquillement, sans frapper. Et ressortir sans prévenir. Seuls quelques banquiers ont la clé. Pour entrer, il faut payer. L’abonnement est cher. On peut s’abonner directement, ou s’abonner chez un abonné, ou chez l’abonné d’un abonné d’un abonné. Ça marche en cascade. Chacun sa commission. Chacun ses fusibles.

Les chambres de compensations internationales sont les clés de voûte du capitalisme clandestin.

De manière générale, une clé de voûte est un élément unique qui permet de maintenir la cohésion des multiples éléments l’entourant.

Le capitalisme clandestin a pris le pas sur l’autre qu’on pourrait appeler le capitalisme officiel. Ou la vitrine légale. Le but ultime du capitalisme, l’officiel comme le clandestin, reste la fabrication de profit destiné à une minorité de privilégiés. Il nous enchaîne et nous plie à son service. Refuser sa logique devient de plus en plus difficile. Surtout quand on est journaliste ou écrivain. Dès que vous résistez, le système vous marginalise puis, si vous résistez vraiment, cherche à vous briser.
(in Mafia, chap. 48)
(…)

Certains banquiers sont comme les barons de Cosa nostra. Ils démarrent soldati, montent en grade. Capodecina, consigliere. Pour finir : capo dei capi. Ils agissent, mais ne parlent pas. L’omertà est la règle. La discipline dans les deux cas est militaire. Je ne parle pas des chefs d’agence ou des petits banquiers. Eux ce sont des soldats. Je parle de leurs généraux. Je parle des types à la tête des banques.
Le crime est à l’intérieur de nos sociétés. À l’intérieur des banques.

(in "le long repas de l’apocalypse", chap. 59)

Du samedi 4 au dimanche 26 octobre 2008, Denis Robert expose des toiles qu’il décrit comme une confrontation entre le langage de l'informatique (des banquiers) et celui d’un texte jeté à la main.
Galerie W
44 rue Lepic Paris 18 de 10h30 à 20h00 7/7 jours
01 42 54 80 24



John Bid & John Fortune


The Last Laugh - George Parr - Subprime - subtitulos

mercredi 1 octobre 2008

Le gouvernement US refuse un visa d'entrée à Fernando Báez, pour présenter son livre Histoire universelle de la destruction des livres

Lire ici


Gobierno de Estados Unidos prohíbe visita de Fernando Báez para presentación de su libro La Historia Universal de la Destrucción de los Libros

Il governo degli Stati Uniti proibisce la visita di Fernando Báez per la presentazione del suo libro Storia universale della destruzione dei libri

The United States Government Prohibits Fernando Báez from Visiting the U.S. in Order to Introduce His Book, A Universal History of the Destruction of Books

Governo dos Estados Unidos proíbe visita de Fernando Báez para apresentação de seu livro História universal da destruição dos livros

Den amerikanska regeringen hindrar Fernando Báez från att besöka USA för att presentera sin bok A Universal History of the Destruction of Books

Die US-Regierung untersagt den Besuch von Fernando Báez zur Präsentation seines Buches Die Universalgeschichte der Verrnichtung von Büchern

Comment échapper à la vraie-fausse monnaie de singe : les clubs de troc en Argentine

Une expérience utile de sécession économique
par Jorge ALDAO

En ces temps de “crise financière mondiale”, l’expérience argentine s’avère très instructive.
En Argentine, le recours aux « clubs de troc » a trouvé son origine dans la réaction à la l’application de la politique économique des années 90, qu’un Ministre des Relations Extérieures du gouvernement de ce pays avait définie comme étant une « relation charnelle avec les USA » (et évidemment, avec le FMI).
Ces “relations charnelles” avaient généré un déclin économique et social qui déboucha sur une crise et sur la chute du gouvernement élu du président Fernando De la Rúa en décembre 2001.
Cette situation complexe avait obligé Adolfo Rodríguez Saa, premier des 4 présidents, qui se sont succédés en 11 jours dans ces circonstances particulières, à déclarer le pays en cessation de paiement de la dette extérieure.
Le défilé de 4 présidents en l’espace de 11 jours, donne une idée de la décomposition institutionnelle du pays, accompagnée de mesures comme le « corralito » (le gouvernement empêchant les retraits bancaires afin d’éviter les « corridas bancaires »), la généralisation du non-paiement des prêts hypothécaires, les pillages dans les banlieues de Buenos Aires, des « cacerolazos » [manifestation bruyante au moyen de casseroles, de bassines, etc. sur lesquelles les protestataires frappent violemment] de plus en plus fréquents organisées par les épargnants contre les banques, le blocage des routes et des rues par des « piquetes » (piquets de chômeurs), et la manifestation qui dégénéra avec de nombreux morts au milieu de l’historique Plaza de Mayo [Place de Mai], poussant De la Rúa à renoncer à la présidence.
C’est donc bien avant, pendant la décennie des années 90 et jusqu’à 2002, que nous autres Argentins avons vécu et subi ce que le monde développé est en train de subir aujourd’hui avec la crise financière mondiale, car l’Argentine avait déjà une économie virtuellement dollarisée, il n’y avait ni argent ni crédit et un taux de chômage très élevé.
Mais finalement, ce fut un avantage, comme ce le fut pour la Russie lorsque sa crise économique avait abouti à une cessation de paiement de la dette souveraine de ce pays.
Car dans les deux cas, le fait d’avoir d’extrêmes difficultés à recourir au financement extérieur, a forcé les deux pays à sortir de la crise en usant de leur ressources intérieures, ce qui pour l’Argentine, signifie aujourd’hui un montant relativement bas de la dette extérieure (bien que la dette intérieure soit élevée).
C’est pour cela qu’après 2002, lorsque l’Argentine est entrée dans une étape de forte croissance avec une diminution du chômage (stimulée par la hausse des prix des produits de première consommation] les « clubs de troc » ont perdu l’importance qu’ils avaient eu dans les périodesments les plus critiques.
Et même si aujourd’hui, ils connaissent un certain regain, ce n’est pas dû à la crise financière mondiale et à ses conséquences pour l’Argentine (qui parvient à les amortir) mais plutôt à cause du gouvernement pseudo-progressiste de Cristina Fernández de Kirchner, qui recule sur le secteur économique et privilégie, plus que son époux, (l’ex-président Néstor Kirchner) « l’option préférentielle pour les plus riches » (pour paraphraser le Concile Vatican II et la Théologie de la Libération) et les grandes entreprises à qui elle verse toutes sortes d’aides et de subventions.
De toute façon, l’expérience argentine des « clubs de troc » garde toute sa valeur pour les habitants des pays dans lesquels circule la « monnaie de singe »(dinero trucho*) ; en Argentine on parle de « cuasimonedas », « presque-monnaies » (les tickets utilisés par certaines entreprises pour payer une partie du salaire font partie de ces cuasimonedas). Dans les pays frappés par taux élevé du chômage dont les familles manquent de liquidités, les « clubs de troc » ont toute leur utilité.
Dans cette expérience de lutte, il est bon de rappeler une autre remarquable facette ; lorsque la classe moyenne s’aperçut que son épargne et ses dépôts bancaires étaient en train d ‘être confisqués, c’est dans la rue qu’elle descendit manifester en frappant sur des casseroles et en faisant coïncider ses actions avec les manifestations des piqueteros chômeurs autour d’un même slogan « piquet et casserole, un seul combat» ("piquete y cacerola, la lucha es una sola")
Mais cette « romance » entre, d’un côté, la classe moyenne spoliée par les banques et de l’autre les ouvriers sans emploi à cause des délocalisations des usines, n’a guère duré. Dès lors que les caceroleros étaient parvenus à récupérer leur épargne, leur slogan unitaire fut oublié. Ils se sont retournés contre les piqueteros en se plaignant qu’ils barraient les routes et empêchaient la libre circulation. Oubliée aussi, la violence de la part de cette classe moyenne - lorsque le gouvernement avait inventé le « corralito » - déferlant contre les banques et leurs employés ; (Ils en étaient arrivés au point de frapper et de cracher à la figure des employés des banques qui ne pouvaient faire autrement que de leur refuser le paiement de leur épargne. La destruction des façades de certaines banques faisait également partie de leur violence).


Les clubs de troc
En Argentine, c’est en 1995 que les clubs de troc prennent formellement naissance, lorsqu’un groupe de personnes (qui depuis un certain temps déjà, se réunissaient au sujet des problèmes écologiques dans leur zone, située à Bernal, une commune de la banlieue de Buenos Aires) décida de prendre à bras le corps le problème du chômage qui excluait, de facto, leurs voisins, du marché formel, par manque de revenus leur permettant de subsister.
Cette exclusion provoquée par le chômage brutal n’était pas seulement la conséquence de la délocalisation, vers le Brésil ou la Chine, des usines argentines, mais également de l’implantation à grande échelle des chaînes de supermarchés qui achetaient massivement leurs produits à l’extérieur, acculant à la fermeture les petits commerces qui achetaient et vendaient des produits du pays.
En outre, la situation de la population s’aggravait – même celle qui travaillait dans les administrations provinciales et municipales – puisque la politique économique avait déjà privé de finances ces administrations locales qui avaient pallié leur défaillance, en émettant des « bons de dette publique » avec lesquels ils s’acquittaient d’une partie des salaires mensuels déjà très bas, des employés publics.
Cependant, beaucoup de commerces n’acceptaient pas cette « cuasimonedas » (avec ces noms curieux de produits telluriques, tels les« Patacones », « Quebrachos » et « Federales » ou des noms techniques comme « Lecop », « Lecor », « Bocanfor », « Bocades » etc…) de la part de la population à faibles revenus qui souffrait de manques sérieux, vu que ces bons représentaient jusqu’à 30% de la monnaie en circulation dans le pays, mais bien qu’ils étaient acceptés avec prudence dans la province qui les avaient émis, ils étaient refusés dans le reste de l’Argentine.
Face à cette situation – que les créateurs du Club appelaient compétence darwinienne – ils ont imaginé une association de pronsommateurs (« prosumidores »), c'est-à-dire des producteurs consommateurs, une idée attribuée à Alvin Toffler.
Pourtant, de ce concept, pronsommateurs, ils éliminaient l’aspect néocapitaliste qui se nourrit en profitant des avantages de la mondialisation et du développement cybernétique pour que les consommateurs soient, en même temps, les collaborateurs dans la conception ou la production, avec en retour, des miettes pour leur travail, et les plus grands bénéfices pour ceux qui détiennent le contrôle du processus.
Les fondateurs des clubs de troc rappelaient cette phrase d’Henry Ford « si je ne paye pas correctement mes employés, peu d’entre eux pourront acheter mes voitures ». Ils signalaient qu’un employeur se faisait une idée fausse, s’il remplaçait 100 ouvriers par un système industriel robotisé sans comprendre que si tous les industriels agissaient de même, cela engendrait des millions de chômeurs, et que marché pour les produits de ces entreprises disparaîtrait, puisque personne ne pourrait acheter leur production.
Autrement dit, à l’origine du Club de Troc, il y a la conception écologique de l’équilibre entre la nature et l’être humain qui ensuite s’applique à une conception de l’économie dans laquelle on cherche l’équilibre entre producteurs et consommateurs.
Les clubs du troc n’ont aucune affiliation politique ni religieuse, ils fonctionnent seulement sur la base de membres pronsommateurs.
De plus, leur organisation structurelle est horizontale, sans hiérarchie ni permanents payés, chaque pronsommateurs a le droit d’entrer et de sortir du club comme il le désire. Il suffit que chacun respecte l’un des douze principes du Réseau Global du Troc, à savoir la rotation permanente des rôles et des fonctions afin de diminuer les risques de bureaucratisation.

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mardi 30 septembre 2008

Les passeports biométriques, composants d'un programme de surveillance?

Des Suisses cherchent à bloquer l'introduction de passeports et de cartes d'identité biométriques - décidée en application des accords passés avec le groupe de Schengen - en recueillant des signatures pour un référendum.
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Qui tire profit de « l’image positive » de l’Afrique ?

par Vladislav MARJANOVIC, 17 Septembre 2008

Une préoccupation de la diaspora africaine
Que racontent de l’Afrique les grands médias occidentaux ? Essentiellement quelques histoires indigentes de guerres, crises, maladies et famines . Mais ces images elles-mêmes sont occultées par d’autres plus effrayantes : celles des migrants. Chaque jour il en arrive dans des embarcations délabrées. Beaucoup meurent en route, mais les autres en sont déjà à briser les remparts de la forteresse Europe et on les voit dans presque tous les pays européens et ils font peur. Ils prennent le travail des autochtones, dealent de la drogue, se prostituent et sont une menace pour les bonnes mœurs. On en est déjà à craindre que l’Europe ne s’africanise et ne soit menacée de déclin, parce que les immigrants africains apportent dans leurs bagages la barbarie et l’anarchie.
Bien sûr les communautés africaines installées en Occident veulent corriger cette image négative qu’on donne de leur continent et de ses habitants. Comme elles sont maintenant organisées et possèdent leurs propres médias, elles s’efforcent de les utiliser pour expliquer à l’opinion publique occidentale qu’il y a aussi une autre Afrique, une Afrique de créatifs et de gagneurs, parvenus dans divers domaines à des réussites qui leur ont assuré une reconnaissance au niveau international. En outre ils font remarquer qu’il y a en Afrique beaucoup moins de guerres que par le passé, que le processus de paix est en marche, la démocratie établie et la presse de plus en plus libre. À leur avis on devrait mettre en avant ces conquêtes lorsqu’on parle de l’Afrique. Les autres sujets qui pourraient ternir cette image positive seraient plutôt du domaine du linge sale et le linge sale se lave en famille, ou du moins, on essaie.
Cette « philosophie des médias » n’est pas neuve. Elle était de règle dans les pays ex-communistes. Dès l’enfance on vous ressassait qu’il fallait donner aux étrangers une « image positive » de votre pays et de son système politique. Et ce n’était pas difficile, les médias vous montraient le chemin. Dans les journaux des pays communistes on ne trouvait que des images positives : des discours politiques exposant les avancées dans la réalisation des plans quinquennaux, des ouvriers et ouvrières rayonnants, des remises de prix à des représentants de l’« intelligentsia honnête » (entendez par là : fidèle à la ligne du parti), des nouvelles de rendements record dans tel ou tel kolkhoze, un peu de sport et terminé. Dans les sociétés communistes, les conflits n’existaient pas, vous disaient les médias, et si par hasard il y en avait, c’était très accessoire. Les douleurs d’enfantement de la société nouvelle, telle était l’explication officielle. Tant l’apparence est importante ...

lundi 29 septembre 2008

Le 11 septembre et « l’Inquisition américaine »

par Michel CHOSSUDOVSKY , 11 Septembre 2008

L’actuelle « guerre au terrorisme » est une forme moderne d’inquisition. Elle contient tous les ingrédients essentiels des Inquisitions française et espagnole.
Afin de justifier un agenda militaire, on utilise la chasse aux « terroristes islamiques » et une guerre préventive mondiale pour « protéger la patrie ».
On décrit la « guerre mondiale au terrorisme » (GMAT) comme un « choc des civilisations », une guerre entre des valeurs et des religions concurrentielles, alors qu’il s’agit en réalité d’une véritable guerre de conquête guidée par des objectifs stratégiques et économiques.
La GMAT est le pilier idéologique de l’Empire américain. Il définit la doctrine militaire américaine, incluant l’usage préventif d’armes nucléaires contre les « États qui financent » le terrorisme.
La doctrine de « guerre défensive » préventive et la « guerre au terrorisme » contre al-Qaïda représentent des éléments de base de la Stratégie de sécurité nationale américaine telle que formulée au début de l’année 2002. Le but est de dépeindre « l’action militaire préventive », c’est-à-dire la guerre, comme un acte « de légitime défense » contre deux catégories d’ennemis, les « États voyous » et les « terroristes islamiques », qui possèderaient, dit-on, des armes de destruction massive.
La logique de « l’ennemi extérieur » et du scélérat, prétendument responsable de la mort de civils américains, a priorité sur le bon sens. Dans la conscience des Américains, les attaques du 11 septembre 2001 justifient des actes de guerre et de conquête :
« Les pertes de vie du 11 septembre 2001 l’ont démontré, le but précis des terroristes est de faire un grand nombre de victimes civiles, et ces pertes pourraient augmenter de façon exponentielle si les terroristes faisaient l’acquisition d’armes de destruction massive ». (Stratégie de sécurité nationale, Maison-Blanche, Washington, 2002)

dimanche 28 septembre 2008

Derrière le « rideau de fer» dans le Nord du Sri-Lanka

par Ian Hart, Août 2008
« J’étais dans mon lit quand le bruit d’une explosion m’en a tirée. D’autres ont suivi, tout autour de ma maison, toutes les deux minutes. Je n’ai pas pu quitter mon domicile tant qu’elles se sont poursuivies, et chacune était accompagnée de bruits effrayants. » Ce sont les mots de Madame Imelda Sukumar, représentante du gouvernement dans le district de Mullaitivu, pour décrire ce qu’elle a enduré d’effroyable dans la nuit du 6 au 7 août 2008. (Un représentant du gouvernement est le plus haut fonctionnaire en poste dans un district et parle pratiquement au nom du gouvernement.) « (...) Le médecin du centre médical situé à proximité m’a emmenée à l’hôpital. J’étais légèrement blessée et ma tension très élevée. À l’hôpital il y avait de nombreux blessés. J’ai vu un bébé très gravement atteint. Cinq ou six blessés ont dû être transportés dans d’autres hôpitaux en raison de la gravité de leur état.(...) J’ai aussi vu des blessés tenter de s’éloigner de l’hôpital, par crainte des explosions qui continuaient tout autour. »
Étant donné que le gouvernement censure sévèrement les nouvelles concernant la zone de combats dans le Nord et que la presse est empêchée de pénétrer dans cette région, les nouvelles qui filtrent à travers ce rideau de fer ne laissent rien présager de bon : juste au moment où le gouvernement intensifie son offensive militaire, la crise humanitaire s’aggrave chez les civils, en particulier chez les réfugiés de l’intérieur.
Il y a quelques mois le gouvernement a promis de conquérir Kilinochchi et le reste de la région de Vanni avant la fin août. Pour tenir cette promesse un peu ambitieuse, les forces gouvernementales ont intensifié leurs attaques sur plusieurs fronts dans la région de Vanni, fief du LTTE, en recourant à des blindés anti-roquettes, des bombes à fragmentation, à l’artillerie, aux tirs de mortier, aux hélicoptères et bombardiers K’fir.

samedi 27 septembre 2008

La véritable origine de l'arobase, ou pourquoi @ doit se prononcer 'ad' et non 'at'

L'arobase (@) est un signe qui figure dans les adresses de courrier électronique depuis qu'Internet règne sur le quotidien de notre communication. Ce signe est beaucoup plus ancien qu'on ne le croit et ne vient pas de l'anglais d'Amérique, mais – c'est plus inattendu – du latin et de France.On se souvient qu'au temps des manuscrits médiévaux, les copistes par économie de place remplaçaient certains groupes de lettres par un signe unique, voire certaines lettres par un simple signe diacritique. C'est ainsi que sont apparues certaines ligatures encore en usage aujourd'hui en français comme æ?. C'est également ainsi que sont nés l'esperluette (&) pour noter la conjonction de coordination latine puis française et, ainsi que le tilde (~) sur certaines voyelles pour indiquer leur nasalisation, ou l'eszett(ß), ligature du « s long » et du « s final », employée en français jusqu'au XVIII e siècle et encore couramment employée aujourd'hui en allemand.

jeudi 25 septembre 2008

Ceux qui se lèvent aux côtés de la Bolivie et d’Evo le font pour tous les peuples et tous les temps !

Appel à la Rencontre internationale de solidarité avec la Bolivie à Santa Cruz, Bolivie, du 23 au 25 octobre 2008

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1. Nous, habitants dignes de ce continent, Abya Yala1, luttons depuis des siècles pour restaurer le Sumak Kawsay 2 (le bien vivre), dont nous avons été dépossédés par les envahisseurs et les colonisateurs qui se sont succédés. À chaque époque, ils ont assassiné les dirigeants dignes et dépouillé les peuples de leurs richesses. Possédés par leur cupidité, ils ont violé tous les droits des hommes et ceux de la Pachamama3 avec la complicité et l’aval des membres des hiérarchies religieuses, qui ont pactisé avec le pouvoir politique et économique à chaque époque de l’histoire.


2. 516 ans après le début de la conquête de notre continent, les nouveaux envahisseurs et conquistadors cherchent à faire avorter le nouveau mouvement de libération en Amérique latine. Nus assistons au retour des descendants des assassins et pillards, dont la politique néolibérale provoque de nouveaux massacres et pillages.


3. L’impérialisme usaméricain et ses alliés des secteurs oligarchiques d’Amérique latine cherchent à stopper les processus de libération, entre autres à Cuba, au Venezuela, en Bolivia, en Équateur, au Paraguay et au Nicaragua. Les oppresseurs laissent ainsi tomber leur toison de brebis, laissant apparaître pleinement leurs gueules de loups rapaces, prêts à tout pour sauver leur système politique, économique, social et culturel, devenu caduc. La Bolivie est aujourd’hui la cible de la plus grande offensive de ces secteurs qui croient être les maîtres du monde et ont l’intention de s’approprier de manière permanente l’eau, le gaz, le pétrole et la terre qui appartiennent a peuple bolivien.


4. En Bolivia, les groupes qui forment la "media luna"4 sont des groupes fascistes civiques et préfectoraux, héritiers des hommes qui avaient servir Hitler dans son projet de mort et s’étaient enfuis après la défaite de 1945 dans divers pays dont la Bolivie. Ces groupes ne peuvent pas comprendre que l’heure a sonné : ce qui a été volé doit éter restituté à ses propriétaires légitimes.


Ils ne supportent pas qu’en Bolivie, pour la première fois dans l’histoire de l’Amérique latine, le peuple ait élu comme président, avec plus de 53% des voix, le frère aymara Evo Morales Ayma,héritier des rébellions de Tupac Katari, Bartolina Sisa, Tupak Amaru et du Che Guevara; un homme enfanté par la Pachamama, qui s’est forgé dans l’insurrectioon sociale à la lumière du feu millénaire de la feuilel sacrée de coca; un homme qui a convoqué la nouvelle Assemblée constituante et a gagné proprement et dignement toues les batailles; qui lutte pour une authentique réforme agraire dans un pays dont plus de 80% des habitants sont pauvres et qui a été confirmé comme président par par 67,4 % des voix au référendum du 10 Août ; qui a nationalisé les ressources stratégiques comme le pétrole et le gaz naturel ; qui a mis en oeuvres des mesures de solidarité sociale en faveur des déshérités ; qui par un geste digne, a expulsé l’ambassadeur US à La Paz Philip Goldberg, qui conspirait contre la souveraineté de la Bolivie et ne respectait pas le droit à l’autodétermination des peuples. Toutes ces mesures et d’autres illustrent l’engagement irrévocable d’Evo à servir le peuple qui l’a élu et confirmé à son poste..


5. Ces secteurs antidémocratiques qui n’acceptent pas leur défaite et désespéré à l’idée de perdre leurs privilèges, ont lancé le plan de division du pays pour l’autonomie des États de Santa Cruz, Tarija, Beni et Pando, et ils ont mis en oeuvre une nouvelle phase de leur plan putschiste, en utilisant le groupe terroriste baptisé "juventud cruceñista" (« jeunesse de Santa Cruz »), en s’emparant des sièges d’institutions publiques. Guidés par leur désir frénétique de déstabiliser le gouvernement légitime du président Evo Morales, ils massacrent et assassinent des dizaines d’indigènes et de paysans désarmés à Porvenir (Pando), lesquels rejoignent par leur sacrifice les milliers de héros et martyrs qui ont offert leur vie pour la récupértaion défintive Sumak Kawsay sur notre continent.


6. Face à cette situation, au nom du cri aimant et rebelle de la Pachamama pour la justice, au nom des femmes et hommes dignes que nous sommes, désireux de laisser à nos fils et filles une planète où la fraternité universelle puisse être vécue, de par l’exercice du droit à une vie digne, à l’autodétermination des peuples et dans le respect de la coexistence interculturelle et plurculturelle, pour un monde juste et fraternal, nous appelons toutes les organisations indgènes, afroaméricaines, paysannes, ouvrières, féminines, les mouvements sociaux et étudiants, les réseaux, intellectuels,personnalités, amis et amis des causes révolutionnaires, à participer à la Reencontré internationale de solidarité avec la Bolivia, qui aura lieu à Santa Cruz de Bolivia du 23 au 25 Octobre 2008, pour unir nos forces et nos coeurs et témoIgner ensemble à la face du monde que LA BOLIVIE N’EST PAS SEULE À LUTTER.


Pour cela nous faisons notres ces mots du président Evo Morales :

"Je me tromperai souvent – qui ne se trompe jamais -, mais dans la lutte contre la colonisation néolibérale, jamais je ne me tromperai, jamais je ne vous trahirai. "
(Evo Morales, Umala 3 Mai 2008)

Appel lancé par :

* Confederación de Pueblos de la Nacionalidad Kichwa del Ecuador/Confédération des peuples de nationalité kichwa de l’Équateur (ECUARUNARI) – Ecuador
* Confederación de Nacionalidades Indígenas del Ecuador/Confédération des nationalités indigènes d’Équateur (CONAIE) - Ecuador
* Organización Nacional Indígena de Colombia/Organisation nationale indigène de Colombie (ONIC) - Colombia
* Consejo de Todas las Tierras/Conseil de toutes le terres - Chile
* Movimiento Sin Tierra/Mouvement des Sans Terre (MST) - Brasil
* Vía Campesina - Brasil
* Tlaxcala, le réseau des traducteurs pour la diversité linguistique

Pour signer l'appel et plus d'informations :

agenciaplurinacional@yahoo.com - todosconbolivia@yahoo.es


Notes du traducteur

1 - Abya Yala est le nom choisi en 1992 par les nations indigènes d'"Amérique" pour désigner le continent au lieu de le nommer d'après Amerigo Vespucci.
L'expression « Abya Yala » vient de la langue des Kunas, un peuple indigène de Panama et de Colombie qui utilise cette expression pour nommer l'Amérique. Les mots signifient « terre dans sa pleine maturité ». Le leader indigène aymara de Bolivie Takir Mamani a proposé que tous les peuples indigènes des Amériques nomment ainsi leurs terres d'origine, et utilisent cette dénomination dans leurs documents et leurs déclarations orales, arguant que « placer des noms étrangers sur nos villes, nos cités et nos continents équivaut à assujettir notre identité à la volonté de nos envahisseurs et de leurs héritiers. » La proposition de Takir Mamani a reçu un accueil favorable dans divers secteurs. La
première rencontre continentale des peuples et groupes ethniques d’Abya Yala a eu lieu à La Paz en Octobre 2006.

2 - Sumak Kawsay : « bien vivre », expression d’ un concept ancestral des indigènes d’Équateur, du Pérou et de Bolivie, sur la manière d’être au monde, dans le respect des hommes et de la nature, dont l’introduction dans la nouvelle Constitution est actuellement débattue en Équateur, pour marquer une rupture avec la conception capitaliste de la société, de la croissance et du développementLa Pachamama.

3 - Pachamama : Terre-Mère dans la civilisation Tiwanaku (Ve-XIe siècle) puis dans la civilisation inca, à laquelle les Quechuas et Aymaras continuent de faire des offrandes (challa ou pago) le 1er Août de chaque année. Elle est associée à la fécondité, donc à une femme et une mère qui prodigue bienfaits et soins, et nourrit ses enfants. Le terme vient des mots quechua pacha, qui signifie à la fois " terre " et " temps ", et mama, "mère".

4 - Media Luna : litt. le croissant, terme désignant les 4 départements de l’est de la Bolivie dont les préfets ont pris la tête de la subversion « sécessionniste » contre le gouvernement central.



Une Bolivienne agite un drapeau aymara, la wipala, à La Paz, le 12 Octobre 2006, lors de la clôture de la première rencontre continentale des peuples et groupes ethniques d’Abya Yala . Photo AIZAR RALDES/AFP/Getty Images


Source : Tlaxcala, Traduit par Fausto Giudice

Article original publié le 24 Septembre 2008


mardi 23 septembre 2008

Chroniques de la vie quotidienne dans la France sarkozyenne (Vol.II, N°1) - Le Festival d'Avignon comme on ne vous l'a jamais raconté

Appel à témoins de Patrick Mohr
Son procès aura lieu le 13 octobre, à 8h30 à Avignon. Il cherche des témoins et surtout des photos ou films de la scène. Si vous avez fréquenté le festival cet été, fin juillet, ou si vous connaissez du monde qui y était, contactez-le (theatrespirale@bluewin.ch) et/ou faites tourner le message.

Je m'appelle Patrick Mohr. Je suis né le 18 septembre 1962 à Genève. Je suis acteur, metteur en scène et auteur. À Genève je dirige une compagnie, le théâtre Spirale, je co-dirige le théâtre de la Parfumerie et m'occupe également du festival "De bouche à oreille".
Dans le cadre de mes activités artistiques, je viens régulièrement au festival d'Avignon pour y découvrir des spectacles du « in » et du « off ». Notre compagnie s'y est d'ailleurs produite à trois reprises. Cette année, je suis arrivé dans la région depuis le 10 juillet et j'aiassisté à de nombreux spectacles.
Le Lundi 21 juillet, je sors avec mon amie, ma fille et trois de ses camarades d'une représentation d'une pièce très dure sur la guerre en ex-Yougoslavie et nous prenons le frais à l'ombre du Palais des Papes, en assistant avec plaisir à un spectacle donné par un couple d'acrobates.
À la fin de leur numéro, je m'avance pour mettre une pièce dans leur chapeau lorsque j'entends le son d'un Djembé (tambour africain) derrière moi. Etant passionné par la culture africaine (j'y ai monté plusieurs spectacles et ai eu l'occasion d'y faire des tournées), je m'apprête à écouter les musiciens. Le percussionniste est rejoint par un joueur de Kamele Ngoni (Sorte de contrebasse surtout utilisée par les chasseurs en Afrique de l'Ouest).
À peine commencent-ils à jouer qu'un groupe de C.R.S se dirige vers eux pour les interrompre et contrôler leur identité. Contrarié, je me décide à intervenir. Ayant déjà subi des violences policières dans le même type de circonstances il y a une vingtaine d'année à Paris, je me suis adressé à eux avec calme et politesse. Le souvenir de ma précédente mésaventure bien en tête. Mais je me suis dit que j'étais plus âgé, que l'on se trouvait dans un haut lieu culturel et touristique, dans une démocratie et que j'avais le droit de m'exprimer face à ce qui me semblait une injustice.
J'aborde donc un des C.R.S et lui demande : « Pourquoi contrôler vous ces artistes en particulier et pas tous ceux qui se trouvent sur la place? » Réponse immédiate. « Ta gueule, mêle-toi de ce qui te regarde ! « Justement ça me regarde. Je trouve votre attitude discriminatoire. » Regard incrédule. « Tes papiers ! » « Je ne les ai pas sur moi, mais on peut aller les chercher dans la voiture. » « Mets-lui les menottes ! » « Mais vous n'avez pas le droit de. » Ces mots semblent avoir mis le feu aux poudres. « Tu vas voir si on n'a pas le droit.» Et brusquement la scène a dérapé.
Ils se sont jetés sur moi avec une sauvagerie inouïe. Mon amie, ma fille, ses camarades et les curieux qui assistaient à la scène ont reculé choqués alors qu'ils me projetaient au sol, me plaquaient la tête contre les pavés, me tiraient de toutes leurs forces les bras en arrière comme un poulet désarticulé et m'enfilaient des menottes. Les bras dans le dos, ils m'ont relevé et m'ont jeté en avant en me retenant par la chaîne. La menotte gauche m'a tordu le poignet et a pénétré profondément mes chairs.
J'ai hurlé : « Vous n'avez pas le droit, arrêtez, vous me cassez le bras ! » « Tu vas voir ce que tu vas voir espèce de tapette. Sur le dos ! Sur le ventre ! Sur le dos je te dis, plus vite, arrête de gémir ! » Et ils me frottent la tête contre les pavés me tordent et me frappent, me traînent, me re-plaquent à terre. La foule horrifiée s'écarte sur notre passage. Mon amie essaie de me venir en aide et se fait violemment repousser. Des gens s'indignent, sifflent, mais personne n'ose interrompre cette interpellation d'une violence inouïe. Je suis traîné au sol et malmené jusqu'à leur fourgonnette qui se trouve à la Place de l'Horloge, 500 m . plus bas.
Là, ils me jettent dans le véhicule, je tente de m'asseoir et le plus grand de mes agresseurs (je ne peux pas les appeler autrement), me donne un coup pour me faire tomber entre les sièges, face contre terre, il me plaque un pied sur les côtes et l'autre sur la cheville il appuie de tout son poids contre une barre de fer.
« S'il vous plait, n'appuyez pas comme ça, vous me coupez la circulation. »
« C'est pour ma sécurité. »
Et toute leur compagnie de rire de ce bon mot.
Jusqu'au commissariat de St Roch, le trajet est court mais il me semble interminable. Tout mon corps est meurtri, j'ai l'impression d'avoir le poignet brisé, les épaules démises, je mange la poussière. On m'extrait du fourgon toujours avec autant de délicatesse. Je vous passe les détails de l'interrogatoire que j'ai subi dans un état lamentable.
Je me souviens seulement du maquillage bleu sur les paupières de la femme qui posait les questions.
« Vous êtes de quelle nationalité ? »
« Suisse. »
« Vous êtes un sacré fouteur de merde »
« Vous n'avez pas le droit de m'insulter »
« C'est pas une insulte, la merde » (Petit rire.)
C'est fou comme la mémoire fonctionne bien quand on subit de pareilles agressions. Toutes les paroles, tout les détails de cette arrestation et de ma garde à vue resterons gravés à vie dans mes souvenirs, comme la douleur des coups subis dans ma chair.
Je remarque que l'on me vouvoie depuis que je ne suis plus entre les griffes des CRS. Mais la violence physique a seulement fait place au mépris et à une forme d'inhumanité plus sournoise. Je demande que l'on m'ôte les menottes qui m'ont douloureusement entaillé les poignets et que l'on appelle un docteur. On me dit de cesser de pleurnicher et que j'aurais mieux fait de réfléchir avant de faire un scandale. Je tente de protester, on me coupe immédiatement la parole. Je comprends qu'ici on ne peut pas s'exprimer librement.
Ils font volontairement traîner avant de m'enlever les menottes. Font semblant de ne pas trouver les clés. Je ne sens plus ma main droite. Fouille intégrale. On me retire ce que j'ai, bref inventaire, le tout est mis dans une petite boîte.
« Enlevez vos vêtements ! »
J'ai tellement mal que je n'y arrive presque pas.
« Dépêchez-vous, on n'a pas que ça à faire. La boucle d'oreille ! »
J'essaye de l'ôter sans y parvenir.
« Je ne l'ai pas enlevée depuis des années. Elle n'a plus de fermoir. »
« Ma patience à des limites vous vous débrouillez pour l'enlever, c'est tout ! »
Je force en tirant sur le lobe de l'oreille, la boucle lâche.
« Baissez la culotte ! »
Je m'exécute.
Après la fouille ils m'amènent dans une petite cellule de garde à vue.
4m de long par 2m de large. Une petite couchette beige vissée au mur. Les parois sont taguées, grattées par les inscriptions griffonnées à la hâte par les détenus de passage. Au briquet ou gravé avec les ongles dans le crépis. Momo de Monclar, Ibrahim, Rachid.. chacun laisse sa marque .
L'attente commence. Pas d'eau, pas de nourriture. Je réclame en vain de la glace pour faire désenfler mon bras. Les murs et le sol sont souillés de taches de sang, d'urine et d'excréments. Un méchant néon est allumé en permanence. Le temps s'étire. Rien ici qui permette de distinguer le jour de la nuit.
La douleur lancinante m'empêche de dormir. J'ai l'impression d'avoir le coeur qui pulse dans ma main. D'ailleurs alors que j'écris ces lignes une semaine plus tard, je ne parviens toujours pas à dormir normalement.
J'écris tout cela en détails, non pas pour me lamenter sur mon sort. Je suis malheureusement bien conscient que ce qui m'est arrivé est tristement banal, que plusieurs fois par jour et par nuit dans chaque ville de France des dizaines de personnes subissent des traitements bien pires que ce que j'ai enduré. Je sais aussi que si j'étais noir ou arabe je me serais fait cogner avec encore moins de retenue. C'est pour cela que j'écris et porte plainte. Car j'estime que dans la police française et dans les CRS en particulier il existe de dangereux individus qui sous le couvert de l'uniforme laissent libre cours à leurs plus bas instincts.
(Évidemment il y a aussi des arrestations justifiées, et la police ne fait pas que des interventions abusives. Mais je parle des dérapages qui me semblent beaucoup trop fréquents.)
Que ces dangers publics sévissent en toute impunité au sein d'un service public qui serait censé protéger les citoyens est inadmissible dans un État de droit. J'ai un casier judiciaire vierge et suis quelqu'un de profondément non-violent, par conviction, ce type de mésaventure me renforce encore dans mes convictions, mais si je ne disposais pas des outils pour analyser la situation je pourrais aisément basculer dans la violence et l'envie de vengeance. Je suis persuadé que ce type d'action de la police nationale visant à instaurer la peur ne fait qu'augmenter l'insécurité en France et stimuler la suspicion et la haine d'une partie de la population (des jeunes en particulier) face à la police. En polarisant ainsi la population on crée une tension perpétuelle extrêmement perverse.
Comme je suis un homme de culture et de communication je réponds à cette violence avec mes armes. L'écriture et la parole. Durant les 16h qu'a duré ma détention (avec les nouvelles lois, on aurait même pu me garder 48h en garde à vue), je n'ai vu dans les cellules que des gens d'origine africaine et des Gitans. Nous étions tous traités avec un mépris hallucinant. Un exemple, mon voisin de cellule avait besoin d'aller aux toilettes. Il appelait sans relâche depuis près d'une dem-heure, personne ne venait. Il s'est mis à taper contre la porte pour se faire entendre, personne. Il cognait de plus en plus fort, finalement un gardien exaspéré surgit. »Qu'est ce qu'il y a ? »
« J'ai besoin d'aller aux chiottes. »
« Y a une coupure d'eau. »


«Mais j'ai besoin. »
« Y a pas d'eau dans tout le commissariat, alors tu te la coinces, pigé. »
Mon voisin qui n'est pas seul dans sa cellule continue de se plaindre, disant qu'il est malade, qu'il va faire ses besoins dans la cellule.
« Si tu fais ça on te fait essuyer avec ton t-shirt. »
Les coups redoublent. Une voix féminine lance d'un air moqueur : « Vas-y avec la tête pendant que tu y es. Ca nous en fera un de moins. »
Éclats de rire dans le couloir comme si elle avait fait une bonne plaisanterie.
Après une nuit blanche vers 9h du matin on vient me chercher pour prendre mes empreintes et faire ma photo. Face, profil, avec un petit écriteau, comme dans les films. La dame qui s'occupe de cela est la première personne qui me parle avec humanité et un peu de compassion depuis le début de ce cauchemar.
« Hé bien, ils vous ont pas raté. C'est les CRS, ah bien sûr. Faut dire qu'on a aussi des sacrés cas sociaux chez nous. Mais ils sont pas tous comme ça.»
J'aimerais la croire. Un officier vient me chercher pour que je dépose ma version des faits et me faire connaître celle de ceux qui m'ont interpellé. J'apprends que je suis poursuivi pour : outrage, incitation à l'émeute et violence envers des dépositaires de l'autorité publique. C'est vraiment le comble. Je les aurais soi-disant agressés verbalement et physiquement. Comment ces fonctionnaires assermentés peuvent-ils mentir aussi éhontément ? Je raconte ma version des faits à l'officier. Je sens que sans vouloir l'admettre devant moi, il se rend compte qu'ils ont commis une gaffe.
Ma déposition est transmise au procureur et vers midi je suis finalement libéré. J'erre dans la ville comme un boxeur sonné. Je marche péniblement. Un mistral à décorner les boeufs souffle sur la ville. Je trouve un avocat qui me dit d'aller tout de suite à l'hôpital faire un constat médical. Je marche longuement pour parvenir aux urgences où je patiente plus de 4 heures pour recevoir des soins hâtifs. Dans la salle d'attente, je lis un journal qui m'apprend que le gouvernement veut supprimer 200 hôpitaux dans le pays, on parle de couper 6000 emplois dans l'éducation. Sur la façade du commissariat de St Roch j'ai pu lire qu'il allait être rénové pour 19 millions d'Euros. Les budgets de la sécurité sont à la hausse, on diminue la santé, le social et l'éducation. Pas de commentaires.
Je n'écris pas ces lignes pour me faire mousser, mais pour clamer mon indignation face à un système qui tolère ce type de violence. Sans doute suis-je naïf de m'indigner. La plupart des Français auxquels j'ai raconté cette histoire ne semblaient pas du tout surpris, et avaient connaissance de nombreuses anecdotes du genre. Cela me semble d'autant plus choquant. Ma naïveté, je la revendique, comme je revendique le droit de m'indigner face à l'injustice. Même si cela peut paraître de petites injustices. C'est la somme de nos petits silences et de nos petites lâchetés qui peut conduire à une démission collective et en dernier recours aux pires systèmes totalitaires. (Nous n'en sommes bien évidemment heureusement pas encore là.)
Depuis ma sortie, nous sommes retournés sur la Place de Papes et nous avons réussi à trouver une douzaine de témoins qui ont accepté d'écrire leur version des faits qui corroborent tous ce que j'ai dit. Ils certifient tous que je n'ai proféré aucune insulte ni n'ai commis aucune violence. Les témoignages soulignent l'incroyable brutalité de l'intervention des CRS et la totale disproportion de leur réaction face à mon intervention.
J'ai essayé de retrouver des images des faits, mais malheureusement les caméras qui surveillent la place sont gérées par la police et, comme par hasard, elles sont en panne depuis début juillet. Il y avait des centaines de personnes sur la place qui auraient pu témoigner, mais le temps de sortir de garde à vue, de me faire soigner et de récupérer suffisamment d'énergie pour pouvoir tenter de les retrouver. Je n'ai pu en rassembler qu'une douzaine. J'espère toujours que peut être quelqu'un aura photographié ou même filmé la scène et que je parviendrai à récupérer ces images qui prouveraient de manière définitive ce qui c'est passé.
Après 5 jours, soudain, un monsieur africain m'a abordé, c'était l'un des musiciens qui avait été interpellé. Il était tout content de me retrouver car il me cherchait depuis plusieurs jours. Il se sentait mal de n'avoir rien pu faire et de ne pas avoir pu me remercier d'être intervenu en leur faveur. Il était profondément touché et surpris par mon intervention et m'a dit qu'il habitait Grenoble, qu'il avait 3 enfants et qu'il était français. Qu'il viendrait témoigner pour moi. Qu'il s'appelait Moussa Sanou. « Sanou , c'est un nom de l'ethnie Bobo. Vous êtes de Bobo-Dioulasso ? » « Oui. » Nous nous sommes souris et je l'ai salué dans sa langue en Dioula. Il se trouve que je vais justement créer un spectacle prochainement à Bobo-Dioulasso au Burkina-Faso. La pièce qui est une adaptation de nouvelles de l'auteur Mozambicain Mia Couto s'appellera « Chaque homme est une race » et un des artistes avec lequel je vais collaborer se nomme justement Sanou. Coïncidence ? Je ne crois pas.
Je suis content d'avoir défendu un ami, même si je ne le connaissais pas encore. La pièce commence par ce dialogue prémonitoire. Quand on lui demanda de quelle race il était, il répondit : « Ma race c'est moi. » Invité à s'expliquer il ajouta "Ma race c'est celui que je suis."
Toute personne est à elle seule une humanité. Chaque homme est une race, monsieur le policier.
Patrick Mohr, 28 juillet 2008

vendredi 19 septembre 2008

Déclaration de Le Feyt - Irak : la paix est une option


[FRA] CAMPAGNES est née. Nous vous prions de signer, publier et diffuser la « Déclaration de Le Feyt - Irak : la paix est une option ».
[ESP] Nació
CAMPAÑAS. Se ruega firmar, publicar y difundir la «Declaración de Le Feyt: la paz en Iraq es una opción» en Tlaxcala.
[ENG]
CAMPAIGNS is born. Please sign, publish and spread the «Le Feyt Declaration: Peace in Iraq is an option».
Français:
http://www.tlaxcala.es/detail_campagne.asp?lg=fr&ref_campagne=5
Español: http://www.tlaxcala.es/detail_campagne.asp?lg=es&ref_campagne=5
English : http://www.tlaxcala.es/detail_campagne.asp?lg=en&ref_campagne=5
Deutsch: http://www.tlaxcala.es/detail_campagne.asp?lg=de&ref_campagne=5
Português: http://www.tlaxcala.es/detail_campagne.asp?lg=po&ref_campagne=5
Italiano: http://www.tlaxcala.es/detail_campagne.asp?lg=it&ref_campagne=5
Català: http://www.tlaxcala.es/detail_campagne.asp?lg=ca&ref_campagne=5
Arabic: http://www.tlaxcala.es/detail_campagne.asp?lg=ar&ref_campagne=5
Svenska: http://www.tlaxcala.es/detail_campagne.asp?lg=sv&ref_campagne=5
Nederlands: http://www.tlaxcala.es/detail_campagne.asp?lg=ot&ref_campagne=5

[FRA] La nouvelle section
CAMPAGNES est à votre disposition sur Tlaxcala. Vous pourrez y publier vos appels et pétitions en une douzaine de langues. Envoyez vos propositions à cmp@tlaxcala.es
[ESP] La nueva sección
CAMPAÑAS está a vuestra disposición en Tlaxcala. En ella podréis publicar vuestras campañas y peticiones en una docena de lenguas. Enviad vuestras proposiciones a cmp@tlaxcala.es
[ENG] The new section
CAMPAIGNS is at your disposal at Tlaxcala. There you can publish your appeals and petitions in a dozen languages. Send your proposals to cmp@tlaxcala.es

jeudi 18 septembre 2008

Les maoïstes amorcent la réforme en République du Népal

par Alberto CRUZ, CEPRID, 2 Septembre 2008 Traduit par Fausto Giudice, Tlaxcala

Le Parti communiste du Népal (maoïste) dirige désormais le gouvernement du pays de l’Himalaya. Cela n’a pas été un chemin facile. Il a mené pendant plus de 10 ans une guerre populaire révolutionnaire qui lui a permis de prendre le contrôle du 80 % du territoire, à l’exception de la vallée de Katmandou. C’est sur la base de cette réalité indéniable et des défaites militaires retentissantes qu’il a infligées à l’armée qu’il a accepté de signer un accord politique avec une alliance de sept partis qui a permis la réalisation d’une série de mobilisations populaires qui ont abouti à la déroute de la monarchie féodale qui avait gouverné le pays durant 240 ans.

Après cette déroute monarchique, un gouvernement provisoire a élaboré une constitution, également provisoire et, des élections ont finalement eu lieu, après deux reports dus aux atermoiements réitérés de l’Alliance de Sept Partis à mettre en œuvre certains aspects de l’accord en 22 points signé avec les maoïstes. Dans ces élections, le PCN(m) est le parti qui a obtenu le meilleur score avec 30 % des voix. Les partis réactionnaires et “modérés” ont subi un échec écrasant masqué seulement par l’adoption du système proportionnel qui leur a garanti un nombre suffisant de sièges pour obliger le PCN(m) à pactiser, allant même jusqu’à faire toutes les manoeuvres possibles pour l’écarter du nouveau gouvernement.

Cette situation, qui a duré quatre mois, a permis que le président de la nouvelle république du Népal – la première mesure après les élections a été l’abolition de la monarchie - soit un droitier du Congrès Népalais et que le vice-président soit un représentant du Forum des Droits du Peuple Madhesi (FDPM) - qui a fait le serment de prise de fonction en hindi et non en népalais, comme cela était prévu dans la Constitution provisoire. Le FDPM est une organisation d’origine hindouiste qui réclame une ample autonomie pour la zone la plus riche du pays, politiquement pro-monarchiste et partisane de maintenir les liens actuels avec l’Inde.

Non contents de ravir les postes principaux de l’État aux maoïstes, les partis réactionnaires et leurs alliés sociaux-démocrates du Parti communiste du Népal - Unification Marxiste-Léniniste (PCN-UML) ont réformé la constitution provisoire pour que le Premier ministre puisse être destitué par une majorité simple de l’assemblée et non par les deux tiers, comme cela avait été décidé avant la victoire électorale des maoïste. Cela faisait apparaître clairement comment ils entendent faire face à la volonté populaire quand elle leur est défavorable, et dans le même temps, les problèmes qu’aurait à affronter le PCN (m) s’il parvenait à diriger le gouvernement, ce qui a finalement été le cas.

Les alliances au Népal sont très fragiles et la devise pourrait être : “Tout pour le pouvoir”. Les alliés d’hier sont les ennemis d’aujourd’hui et les ennemis d’aujourd’hui pourront être alliés demain. Après avoir été battu dans l’élection pour les charges de président et de vice-président, le PCN (m) a décidé de ne pas prendre la tête du gouvernement, malgré son incontestable triomphe électoral et de se maintenir dans l’opposition. Deux semaines plus tard, il a changé de position et a accepté d’assumer la charge de Premier ministre et de former un gouvernement après avoir fait un pacte avec les sociaux-démocrates du PCN-UML – le nom de cette organisation ne doit pas induire en erreur, ils ont renoncé depuis de nombreuses années au marxisme- léninisme, et même à quelque type de marxisme que ce soit, ils collaboraient avec la monarchie dans sa période la plus dure, en arrivant à présider le gouvernement durant neuf mois, ils appuyaient à fond les actions de l’armée contre la guérilla maoïste et ont une position absolument conservatrice sur des thèmes cruciaux comme la réforme agraire. Leur force réside exclusivement dans les classes moyennes urbaine - avec le FDPM (qui reconnaît que le pari maoïste sur l’autodétermination l’intéresse) et les autres petits partis avec lesquels ils ont depuis toujours maintenu une alliance étroite. Selon l’accord, le PCN (m) comptera neuf ministres, le PCN-UML six, le FDPM quatre et les autres formations mineures comme le Parti Communiste du Népal-Unis, le Janamorcha Népal et le Sadbhawana chacun un.

Par conséquent, s’il est permis au PCN (m) de diriger le gouvernement sans contretemps au moins deux ans, le temps que la Constitution soit définitivement élaborée et que des nouvelles élections se tiennent, ce qui est en voie de se mettre en route au Népal n’est pas plus qu’une réforme, et pas une révolution, puisque des portefeuilles importants comme celui des Affaires Étrangères ou celui de l’Agriculture et des Coopératives restent aux mains des madhésistes alors que les sociaux-démocrates ont obtenu l’Intérieur et l’Industrie. Les maoïstes ont comme plats de résistance les ministères de la Défense, des Finances et du Travail.

La formation de la nouvelle armée

Qu’est-ce qui a conduit à ce retournement total des maoïstes? Fondamentalement, la crainte de ne pouvoir accomplir un des principaux objectifs du PCN (m): la formation d’une nouvelle armée avec l’incorporation dans ses rangs de la majeure partie des structures de l’Armée Populaire de Libération, son bras armé durant la guerre révolutionnaire. Depuis qu’en novembre 2006, a été signé l’accord avec l’alliance des sept partis, l’intégration de l’APL dans l’armée népalaise a été repoussée à plusieurs reprises, les ex-guérilleros, cantonnés dans des campements sous contrôle de l’ONU, se transformant pratiquement en mendiants. Les retards dans le paiement de soldes ont été fréquents (ils n’ont rien perçu depuis quatre mois), la situation sanitaire dans les campements est déplorable, l’électricité manque et des maladies apparaissent à cause des situations sanitaires et d’hygiène déplorables qui existent dans ces camps où ils sont regroupés. Ce qui est recherché avec ce type d’agissements, de la part de la réaction et de ses alliés sociaux-démocrates, c’est que les ex-guérilleros renoncent à intégrer la nouvelle armée, et qu’ils abandonnent les campements en partant chercher de quoi vivre. Selon L’ONU, 19.602 ex-guérilleros sont répartis en permanence dans sept camps (les autres 12.000 les ont quittés pour mener des activités politiques) et ils constituent le contingent qui devrait être incorporé à la nouvelle armée népalaise.

Le Congrès Népalais, le parti traditionnel de caciques, de propriétaires fonciers et de réactionnaires qui a gouverné le Népal depuis des temps immémoriaux, avait accepté dans un premier temps l’incorporation des ex-guérilleros, ainsi que le prévoyaient les accords de novembre 2006, mais après la victoire électorale maoïste, il a nuancé en disant que cette incorporation aurait lieu “un par un et après la réalisation d’épreuves physiques et écrites, comme tout autre candidat à l’armée”. C’est, jusqu’à présent, aussi la position officielle des généraux de l’armée. De plus, le CN a fait tout son possible pour que le portefeuille de la Défense ne revienne pas aux maoïstes et il a proposé que ce soient les sociaux-démocrates du PCN-UML qui le détiennent, proposition qui n’a pas été mal accueillie par ces partisans de la thèse de la viabilité (l’alliance avec la droite et les secteurs néolibéraux comme unique possibilité dans un monde globalisé) et qui sont considérés, et comment, comme une « gauche correcte », celle qui n’a pas de volonté révolutionnaire et qui s’intéresse seulement à rendre le système plus fonctionnel, dans le style du Chili de Bachelet ou du Brésil de Lula.

Le PCN (m) avait insisté sur le fait que seul un Ministère de Défense contrôlé par lui pourrait mettre en place le processus de formation de la nouvelle armée et il considérait ce point non seulement comme non négociable, mais comme un casus belli. Les esprits dans les campements sont très échauffés et seule une solution de cette affaire peut éviter une reprise du conflit. Tout le monde est conscient de cela, et c’est la raison pour laquelle il y a eu ces changements d’alliance surprenants et variables et la raison principale pour laquelle le PCN (m) a fait marche arrière et a accepté de diriger le gouvernement.

Le défi auquel il fait face n’est pas des moindres. Le Premier ministre a donné un délai de six mois pour que l’intégration soit terminée et cela a apaisé un peu les esprits dans les campements. Mais la méfiance des maoïstes envers l’armée est grande, puisqu’ils n’ont pas pu obtenir le châtiment ou la mise à la retraite des généraux les plus impliqués dans la répression monarchiste et dans les tueries durant la guerre populaire révolutionnaire. De plus, l’armée s’est même systématiquement opposée à discuter quelque réforme structurelle que ce soit pendant ces deux années de transition et c’est seulement maintenant, devant l’évidence, qu’elle s’accommode d’une sorte de négociation. En théorie, l’armée se tient tranquille et ne s’ingère pas dans le processus politique, mais en pratique elle continue d’être autonome, échappant à tout contrôle démocratique. De fait, l’une des instances créées après la signature de l’accord de paix, le Conseil de Sécurité nationale, n’existe que sur le papier, s’est réuni une seule fois en deux ans et ne s’est jamais réuni depuis les élections d’avril. Aussi bien les USA que l’Inde voient dans l’actuelle armée népalaise un appui solide pour éviter que les maoïstes prennent le contrôle du pays (1).De là l’importance de la proposition maoïste et la pression qu’ils exercent dans ce sens pour que leurs combattants s’incorporent dans le nouvelle armée.

Cette incorporation des ex-guérilleros impliquerait une réelle démocratisation de l’armée népalaise. Bien qu’ils aient dit qu’ils obéiraient aux ordres du gouvernement légitime, les chefs de l’armée résistent férocement à la perspective de perdre leurs privilèges, alléguant que l’incorporation des ex-guérilleros impliquerait “un endoctrinement politique”. Et ceci ils le disent sans rougir, alors que durant des décennies la principale mission de l’armée népalaise a été de défendre la monarchie. Il n’est donc pas étonnant qu’au Népal, et de manière spéciale à Katmandou, des rumeurs circulent, intéressées ou non, d’une rébellion imminente dans l’armée au cas où l’incorporation avait lieu sans que soit respectées les conditions qu’elle y mettait: un par un. Le général en chef l’a dit bien clairement : « le Premier ministre doit entendre que les tentatives de casser la chaîne de commandement ne seront pas tolérées et, que par conséquent, il y aura un affrontement lamentable » (2) Depuis le nouveau Ministère de Défense on lui a répondu que “la décision sur l’intégration n’appartient pas à l’armée, mais au gouvernement choisi par le peuple” (3).

Menace fictive ou réelle - il ne faut pas oublier que l’armée népalaise a été battue militairement par la guérilla, bien que ces trois dernières années elle ait pu se réapprovisionner et améliorer sa préparation grâce à l’aide apportée par les USA, la Grande-Bretagne et l’Inde - les symptômes ne sont pas bons et le PCN (m) peut accepter une solution intermédiaire, une partie de ses effectifs allant dans l’armée et le gros des troupes dans la police, dans un processus similaire à ce qui s’est passé au Salvador quand la guérilla de FMLN s’est incorporée seulement à la police et non à l’armée, bien qu’en échange ait été décidée une réduction des effectifs de cette dernière. Les maoïstes proposent que l’armée du Népal réduise ses effectifs de 90.000 hommes actuellement à 50.000.

Selon la constitution provisoire (article 145) c’est le Conseil de Sécurité Nationale qui contrôle “la mobilisation, le fonctionnement et l’utilisation” de l’Armée. Le CSN est présidé par le Premier ministre, et composé par le ministre de la Défense et trois autres ministres nommés par le Premier ministre. Il en est ainsi parce que dans la tradition du Népal, l’armée a toujours agi à son gré et en dépendant uniquement du Palais Royal. Le Ministère de la Défense a toujours eu un rôle purement décoratif.

Un exemple de ce que les relations sont tendues avec l’armée a été fourni à l’occasion de la prestation de serment du dirigeant suprême maoïste, Pushpa Kamal Dahal “Prachanda”, comme Premier ministre : l’escorte n’a pas été fournie par des effectifs de l’armée ou de la police, mais par les combattants de l’Armée Populaire de Libération. Une réponse des maoïstes aux mises en garde du chef de l’armée, sans doute.


Prachanda participe à la commémoration du 7ème anniversaire de la création de l'Armée population de libération le 24 Novembre 2007 à Chitwan. Photo AFP/Getty Images

Le “négociationisme” du PCN (m)

Les maoïstes ont adopté une attitude modérée et consensuelle, conscients que l’establishment de Katmandou et les forces monarchiques feront tout qu’ils peuvent pour freiner la transition vers une démocratie stable, égalitaire, républicaine et laïque. Il en résulte que le PCN (m) parle d’amorcer un processus de réformes au Népal, et non une révolution.

Ce processus de réformes peut se voir dans l’accord imuulsé par les maoïstes et qui concerne des aspects comme le combat contre la corruption, le népotisme et le favoritisme dans les diverses sphères gouvernementales, phénomènes qui sont responsables de la désastreuse hausse des prix des aliments de base comme le riz (qui a augmenté de 13 ,5 % cette année), l’huile et le beurre de bufflonne (+ 18,8 %). À eux seuls ces produits absorbent 52% des dépenses habituelles des Népalais.

La tâche à laquelle s’attellent les maoïstes est énorme et le chemin n’est ni facile ni court. Néanmoins, au cœur du parti a surgi un certain débat sur ce qui dans l’organisation maoïste est appelé le “négociationisme”.

Le marxisme accepte la possibilité de parvenir à des compromis pour atteindre certains objectifs, mais il considère impossible de réussir la révolution avec trop de compromis et c’est ce qui fait débat aujourd’hui à l’intérieur du PCN (m). Les maoïstes ont dissous la plupart de leurs gouvernements locaux, qui ont fonctionné durant la période de la guérilla, ainsi que les tribunaux populaires. Les coopératives, les communes et les institutions sanitaires et éducatives sont maintenant plus faibles que durant la lutte de guérilla. Et par une dernière décision, qui était la clé pour atteindre l’accord qui leur a permis de prendre la tête du gouvernement, ils ont dissous la structure militaire qui encadrait leurs jeunes. Un secteur important du parti considère que ce sont là trop de concessions dans un laps de temps aussi court. La tâche du PCN (m) dans le nouveau gouvernement devra être de reprendre le cap ou sinon on pourra dire que la révolution est terminée au Népal. Mais il faudra attendre la suite des événements et voir la marge de manœuvre dont il pourra disposer. Il est évident que le test sera la nouvelle armée.


Prachanda lors de l'intronisation de la nouvelle Assemblée constituante le 27 Mai 2008 à Katmandou.


Les maoïstes indiens
Tout le processus népalais a été suivi de très près par les maoïstes indiens. Bien que leur lutte soit pratiquement inconnue en Occident, les maoïstes indiens connaissent une croissance politique et militaire constante et étendent leur influence dans divers États du pays. Ils sont actifs dans 14 des 28 États de l’Union Indienne (Chatisgarh, Jharkhand, Uttar Pradesh, Asma, Uttaranchal, Kerala, Tamil Nadu, Bengale Occidental, Gujarat, Andhra Pradesh, Madhya, Orissa, Maharashtra et Bihar), ce qui, en chiffres, signifie que dans 182 districts, sur les 602 que compte le pays, ce sont les maoïstes qui contrôlent la situation (4). Il faut noter qu’en avril dernier on considérait qu’ils étaient actifs dans 165 districts. Cela indique une progression imparable, qui a lieu non seulement dans les campagnes mais commence à se manifester dans les villes, en particulier dans les zones ouvrières et industrielles de Delhi, Mumbai, Pune et Jammu, où ils alternent les actions de propagande et les actions armées.


Le Premier ministre indien
Manmohan Singh (g.) accueille Prachanda à New Delhi le 15 Septembre 2008.
Photo Reuters Pictures

Les maoïstes indiens (naxalites) (5) appuient de manière prudente le PCN (m), bien qu’ils l’aient mis en garde de ne pas entrer au gouvernement et l’aient incité à poursuivre la lutte des classes au Népal sans la moindre conciliation avec l’oligarchie. Dans une résolution, le Comité Central du Parti communiste de l’Inde (maoïste) a salué le triomphe électoral des maoïstes népalais comme “un verdict contre la monarchie féodale, l’expansionnisme indien et l’impérialisme US”. Ils espèrent que le PCN (m) tiendra ses engagements de réviser les traités signés entre l’Inde et le Népal, dès 1950, tous favorables à l’Inde. Et ils ont salué comme un geste « courageux » le fait que le premier pays visité par le nouveau Premier ministre ait été la Chine et non l’Inde, comme cela se faisait traditionnellement, marquant ainsi moins de dépendance que les gouvernements antérieurs par rapport aux voisins indiens.

Notes

(1) Alberto Cruz, "2065, el comienzo del nuevo Nepal
(2) The Katmandu Post, 12 août 2008 .
(3) The Himalayan Times, 28 août 2008.
(4) The Hindu, 23 août 2008.
(5) Lire F. Giudice, « Tonnerre de printemps » : Naxalbari, 25 mai 1967

Les maoïstes du Népal
Un essai photo de Jonas Bendiksen, Agence Magnum, Avril 2008



Prachanda en Europe !
Pushpa Kamal Dahl "Prachanda", Premier ministre du Népal, sera à Francfort-sur-le-Main (Allemagne), le dimanche 21 Septembre 2008, pour préésenter le livre de Cornelia Schröder, "Revolution in Nepal - Eine neuve Welt ist möglich" (Révolution au Népal - Un nouveau monde est possible) et parler de la situation actuelle dans son pays.
Presseclub Frankfurt
Saalgasse 3060331 Frankfurt am Main
Dimanche 21 Septembre 2008, 18 h
Organisé par
UNF United Nepalese Front
INSOF Internationalist Nepalese Solidarity Forum Germany
Zambonverlag, Frankfurt

mercredi 17 septembre 2008

Nouvelle pub pour l’eau en bouteille : Eau Secours !


Paris, le 17 septembre 2008 : Alors que les ventes d’eau en bouteille coulent à pic en chutant de 6,5% en 2007, la Chambre syndicale des eaux minérales vient de lancer une nouvelle campagne publicitaire axée sur la pureté supposée de ses produits, déclinée dans la presse et sur internet.

Pour Clara Osadtchy, coordinatrice des campagnes d’Agir pour l’Environnement, « le secteur de l’eau en bouteille risque de boire la tasse si il ne prend pas rapidement conscience de la demande du grand public pour des produits réellement écologiques ne produisant pas une cohorte de déchets pour une large part non recyclée. »

Dans sa campagne publicitaire, la Chambre syndicale des eaux minérales prône la pureté d’un produit pour en expliquer le prix : Agir pour l’Environnement rappelle qu’une étude de l’Université de Heidelberg a toutefois montré en mars 2006 des taux en Antimoine (un métal toxique) 95 à 165 fois plus élevés dans l’eau en bouteille que dans l’eau du robinet, contaminée par le plastique de la bouteille. Une enquête de la DGCCRF de mars 2007 a également relevé la non-conformité de 22% des eaux minérales échantillonnées, pour déficit par rapport aux teneurs indiquées ou pour dépassement par rapport à des normes maximales. Les industriels tentent de sauvegarder leurs intérêts économiques bien compris en manquant de transparence auprès des consommateurs et en dénigrant bien souvent l’eau du robinet, le produit alimentaire le plus contrôlé par les pouvoirs publics.

Agir pour l’Environnement regrette que la Chambre syndicale des eaux minérales espère via cette campagne publicitaire regagner un marché en chute depuis 2003, régression pourtant favorable à l’environnement en permettant une économie certaine d’énergie et de matières premières liées aux millions de bouteilles qui sont ensuite jetées chaque année. Agir pour l’environnement invite les consommateurs à boire l’eau du robinet dans les localités où elle est de qualité, jusqu’à 400 fois moins cher et moins polluante pour l’environnement.

Une fois encore, en optant pour un geste écologique, boire l’eau du robinet, le consommateur fait également un geste économique. Agir pour l’Environnement appelle le Ministère de l’Ecologie à faire cesser immédiatement cette nouvelle campagne de blanchiment écologique et à renforcer les actions de prévention des déchets.

Contact presse :
Clara Osadtchy, coordinatrice des campagnes d’Agir pour l'Environnement - Tél. 01.40.31.34.48/ 06.71.89.49.73