lundi 19 mars 2012

Netwar 2.0 : Vers une convergence de la rue et du réseau

par Giorgio Griziotti - Dario Lovaglio - Tiziana Terranova
Il y a un an environ une nouvelle force d'expression de la multitude sur le réseau s'est imposée à l'attention mondiale, d’abord dans la bataille Wikileaks et ensuite, à partir de la Tunisie, dans les révolutions arabes et dans les mouvements 15M et Occupy.

Après un an clé, dense de menaces et de promesses, ces dernières nées d'un mouvement mondial complètement nouveau, la gouvernance financière, consciente de la grande menace que l’autocommunication horizontale des multitudes fait peser sur sa domination, cherche à reprendre avec force l’attaque contre la liberté sur le réseau.


Arrivent alors la tentative, peut-être déjouée, de faire passer le Stop Piracy Online Act (SOPA) et le Protect ip Act (PIPA), puis la fermeture effective de Megaupload aux USA.


Aujourd'hui nous sommes appelés à un autre grand combat mondial contre ACTA (Anti-Counterfeiting Trade Agreement), traité liberticide de défense du copyright et de pénalisation de la contrefaçon.  Préparé en secret par les exécutifs d'une quarantaine de Pays et sans aucun débat public ou parlementaire, ACTA, dont le rapporteur français, Kader Arif, a tout quitté  en claquant la porte ( « Je ne participerai pas à cette mascarade » a-t-il déclaré ), a été déjà signé par Obama, qui pourtant s'était refusé à avaliser SOPA.  Il ne sera pas adopté en Europe avant d’être éventuellement approuvé par le Parlement Européen. Les manifestations en Pologne et dans de nombreux Pays dont la France et les 2,5 millions de signatures en désaccord ont poussé la Commission Européenne à prendre quelques distances.  Elle a sollicité l’avis de la Cour européenne de justice pour déterminer si l’accord était incompatible, d’une façon ou d’une autre, avec les principes fondamentaux de l’UE ou avec la protection des droits de l’homme.


Le renforcement du copyright met en évidence un paradoxe : d'un côté ce renforcement est indispensable au capital pour maintenir et augmenter sa position rentière basée sur la capture de du « temps de cerveau disponible » et la propriété des données, de l'autre il entrave la coopération sociale qui est hautement productive parce qu’elle n’est pas fondée sur la division du travail mais construite autour de la valeur produite par la circulation de flux de désirs, des perceptions, des affects.  Cette circulation, qui excède la capacité de capture du capital, produit des nouvelles sédimentations de sens et une immense production de commun.


Cette contradiction est au cœur de  la bataille interne parmi les deux ailes du capitalisme :  celle des historiques, les incumbent comme dit Yochai Benkler[1], constituée par les conglomérats de l’Entertainment, pour lequel le copyright est vital et  celle des Corporates du Web 2.0 appelée par Mackenzie Wark[2] “ la classe vectorielle”  et qui s'alimente vraiment de cette production commune. Il s’ensuit que SOPA et PIPA sont d'un côté défendues par les Majors et par les cariatides des media verticaux tels Murdoch et compagnie[3] et de l'autre combattues par Google, Facebook, Ebay, Amazon et même par le converti de dernière minute: Microsoft… cependant il s’agit  de faux cavaliers blancs dont l’objectif n'est pas une présumée liberté d'expression sur le net mais la construction d’énormes et rentables chasses gardées, comme justement signalé par Infofreeflow [4]. Nous ne pouvons donc pas être d'accord avec Manuel Castells lorsqu’il dit  dans une interview[5] récente que Google est « plus un allié qu'un ennemi » car  il est simplement « un business et pas une idéologie ». Une contradiction dans les termes lorsque on parle d'une des premières capitalisations mondiales ;  et que dire ensuite  de la stratification ethnique pratiquée sur son célèbre campus, Googleplex, où les travailleurs ont un badge de couleur différent, de droits d'accès différents et de formes d’interdiction de socialisation ?


De manière plus générale le débat sur Internet après la fermeture du site Megaupload par le FBI, renforcé par la décision de Twitter de mettre en place une autocensure qui fait le jeu des pouvoirs constitués, a été caractérisé par deux tendances: d'une part les enthousiastes du réseau qui voient en Megaupload un medium important grâce à ses caractéristiques d'horizontalité et de liberté de l'échange d’information, de l'autre ceux qui critiquent un capitalisme spécifiquement numérique fondé sur la capture et l’exploitation de données.


Le concept « capitalisme numérique» suggérerait la séparation entre un capitalisme en réseau et un autre « matériel », où le premier serait caractérisé par un conflit dialectique entre le parasitisme et la coopération sociale et le second par un autre conflit entre la figure de l'entrepreneur et celle de l'ouvrier.


Cependant le capitalisme ne fait pas de distinction entre production immatérielle et matérielle et cela est vrai pour les entreprises du numérique telles que Amazon ou Apple. Le capitalisme numérique n'est pas une sphère en elle-même pour reprendre la critique traditionnelle du capitalisme cognitif dont la définition exclut la dimension matérielle de la production et de l'exploitation, thèse soutenue par l’article de Wu Ming sur Fétichisme de la marchandise numérique et exploitation cachée : les cas Amazon et Apple[6]. Les conditions de travail dans les entreprises numériques— des vies remplies de stress et de dépressions et un nombre alarmant de suicides — indiquent clairement que ce qui se produit dans les entrepôts d'Amazon et les usines à smartphones du chinois Foxconn n'est pas de nature différente des impitoyables dictats “up or out” qui poussent à une compétitivité au dernier sang dans les gratte-ciels de La Défense.


Même dans le secteur des technologies numériques de l'information et de la communication nous assistons à des grands investissements qui vont des immenses, bien que cachées et anti écologiques, servers farms de Google et en général du Cloud Computing jusqu'au déploiement  de nouveaux réseaux (4G), alors qu’en même temps on utilise toutes les pratiques possibles de réduction des coûts et de discrimination du travail salarié.  La massive adoption forcée de l'offshore vers l'Inde ou autres pays à bas salaires ou encore la récente loi française qui précarise et rend expulsables les jeunes immigrés à peine sortis des Écoles d'ingénieurs payées à prix élevé en sont une démonstration.
Capitol Hill, Seattle, décembre 2011: sur un mur du bâtiment occupé puis évacé violemment par la police, ces mots de Thomas Müntzer (1489-1525), chef de la révolte paysanne allemande du XVIème siècle, prononcés sous la torture avant qu'il soit décapité : "Toutes choses sont communes" ou, avec les mots d'ajourd'hui :"Tout pour tous !"
Le capitalisme numérique est aussi fortement impliqué dans la gouvernance globale du capitalisme financier. Celui-ci opère dans un continuum de production et de circulation qui simultanément intensifie les rythmes d’exploitation et de prolétarisation du travail salarié et siphonne une large composante du travail libre produit avec des dispositifs (PC, smartphones et tablettes) souvent acquis par des mécanismes de financement à crédit. Cela force l’utilisation de moyens de paiement compulsifs (iTunes, Ebay/Paypal, Amazon Oneclick) et pousse certains acheteurs dans la boucle de la dette et de l’exploitation financière.


Sans nier l'existence de l'exploitation de la production matérielle en particulier dans les usines on veut souligner que le réseau est l’attracteur qui catalyse et réorganise l’ensemble des configurations productives au-delà de toute division fictive entre matériel et immatériel, réel et virtuel, ou entre media verticaux et horizontaux. Le réseau en effet n’est pas constitué seulement par les flux de données, la programmation ou le développement et les déploiements des logiciels mais aussi par les infrastructures, les serveurs, les laptops, les smartphones et autres tablettes et par les conséquences implicites à l’envahissement pervasif de ces dispositifs.


Dans la mesure où nous n'assistons pas à un clash entre deux capitalismes, mais à un procès de reconfiguration qui s’organise autour de l'hégémonie de la finance, de l'information et de la circulation, il semble clair que le seul mode pour changer la situation présente passe par l'auto-organisation du travail vivant des multitudes sur le territoire et dans les réseaux.
ANONYMOUS et OCCUPY
Parmi les exemples d'auto-organisation multitudinaire en réseau qui ont émergé depuis quelques années l'expérience d'Anonymous nous semble absolument cruciale. Ce groupe est au centre de la grande réaction en réponse à la fermeture de Megaupload et à la mobilisation contre Acta. Sans vouloir refaire toute son histoire en quelques lignes Anonymous naît pratiquement avec la campagne contre la secte de scientologie et s’affirme ensuite avec celle du soutien à Wikileaks qui attaque directement les plateformes névralgiques de paiement comme Visa, Mastercard, Paypal, coupables d'avoir bloqué, de leur propre  initiative et sans aucune justification juridique, les dons au site.


Suit l'OpTunisie en soutien à la révolte, et ensuite l'importante opération contre Sony, en réponse à l’arrestation du hacker George Hotz, qui a permis l’accès public au catalogue de la multinationale.


Il est intéressant de remarquer comment Anonymous et les actions des hackers sur le net interviennent de façon toujours plus complémentaire et intégrée aux mouvements Occupy et 15M et au même moment en alternative aux plateformes de communication sociale corporatives comme Facebook ou Twitter. Au-delà de l'osmose et des évidentes différences de contexte et d'action parmi les grandes instances du mouvement global, de fortes similitudes émergent sur les principes et les modalités d'organisation.


Le fonctionnement de l'infrastructure technique qui héberge le débat politique d'Anonymous est axé autour de l'Internet Relay Chat (IRC), la première forme de communication instantanée (chat) sur Internet, qui permet le dialogue simultané de groupes entiers de personnes au moyen de chambres de discussion appelez “canaux”. La topologie du réseau IRC, comme souligné par Dmytri Kleiner[7], préserve les principes de la communication parmi les pairs (peer to peer) par rapport à l'actuelle configuration de type client/serveur des plateformes de social networking basées sur le web.


Les Anonymous ont créé et utilisent des multiples canaux autonomes comme lieux de débats politiques et pour d’autres activités à fond plus humoristique et potache (lulz) ou consacrées aux discussions sur le social. Les canaux de débat ont une fonction semblable à celle des assemblées du mouvement Occupy et 15M et dans les deux cas la coordination de ces instances de discussion est lâche et non-hiérarchique.


Comme évoqué dans un récent article[8] il existe un code éthique de fonctionnement d’Anonymous selon lequel le leadership ou la célébrité ne sont pas, dans aucun cas, une fin en soi.  Anonymous offre ce que Mike Wesch[9] définit comme “une critique virulente du culte postmoderne de la célébrité, de l'individualisme et du concept d'identité…” .  Ceci s'exprime en premier lieu dans le refus d'identification forcée avec son nom et prénom, ce qui habituellement définit le modèle politique-économique de plateformes comme Facebook. L'anonymat dans ce cas permet d'exercer, dans l’environnement électronique, le même contrôle que celui qu’ont adopté les assemblées du 15M pour éviter un comportement egocentrique ainsi que pour une obstinée et scrupuleuse recherche du consensus.


Les canaux IRC qui constituent les différentes factions d'Anonymous sont ouverts au public mais ils demandent un minimum de compétences techniques et de connaissances de l’environnement  pour y accéder ou en devenir des administrateurs (ops). Les « ops » ont la charge de maintenir l’ordre et donc la possibilité d'exclure des personnes qui transgressent les règles culturelles et les règlements en vigueur : sur le canal Anonops par exemple il est défendu faire l’apologie de la violence ou de s’en  prendre aux media.  Les « ops » peuvent participer au débat mais ils ne déterminent pas les plans d'action ou les opérations des Anonymous.


Comme dans le mouvement des Indignados, chez les Anonymous ce sont aussi les personnes qui s'investissent le plus dans le travail qui détiennent une autorité naturelle ;  cependant cela ne leur permet pas d’exercer une influence particulière. Les règles sont plus strictes pour ce qui concerne les relations vers l'extérieur : un Anon qui ne se serait pas impliqué dans les actions directes, de type Déni de Service (Ddos[10] ), et qui se permettrait d'en parler avec un journaliste risque l'expulsion. Chez les Indignés tous peuvent s'exprimer sur le mouvement à titre personnel dans les mass media verticaux mais personne ne peut s'en servir pour s’ériger comme représentant ou porte-parole.


À partir de cette convergence réelle on peut présumer qu'à l’avenir les barrières techniques qui séparent ces instances du mouvement vont se dissoudre; aujourd’hui nous portons sur nous des dispositifs connectés toujours plus puissant, qui permettent à nos corps et à nos esprits d’interagir par le moyen de nos sens avec les réseaux. Nos vies (le grec bios) sont maintenant plus socialement intégrées, de manière plus intense et continue, via l’internet mobile, via de multiples réseaux et des millions d’applications : un nouveau paradigme que nous avons défini comme bio-hypermédia[11].


Nous avons le sentiment que le bio-hypermédia sera un medium clé et qu’il permettra d’intégrer encore plus significativement aussi bien les mouvements de la rueque ceux qui se manifestent en réseau.



 

Debout, partisans grecs ! Rise up, Greek partisans !

360 jours d'attente-De la Tunisie à la Sicile : un voyage sur les traces des migrants disparus

En mars 2011, des milliers de jeunes sont partis des côtes tunisiennes pour
rejoindre l'Italie. Lors de ces chaudes journées, entre l'émotion de la
révolution et l'excitation face à l'ouverture des frontières, plusieurs
centaines de jeunes ont disparu. Ils voyageaient à bord de quatre bateaux,
le premier parti le 1er mars, le deuxième le 14 mars et les deux derniers
le 29 mars. Dès lors, leurs familles attendent des informations que les
institutions italiennes et tunisiennes n'ont pas été capables de fournir.

360 jours ont passé et les parents des disparus attendent encore. Alors que
le printemps arrive, combien de jeunes s'apprêtent à partir et à quitter la
Tunisie ? Combien d'entre eux réussiront à rejoindre la Forteresse Europe
et comment seront-ils accueillis ?

 En soutien à la campagne “Da una sponda all'altra: vite che contano/D'une
rive à l'autre: des vies qui comptent”, promue par des activistes et des
parents de disparus et un an après la disparition des ces jeunes, Stalker,
en collaboration avec Amisnet et avec le Comité des familles de tunisiens
disparus, entreprend un parcours de narration, de dénonciation et de
sensibilisation, participant ainsi à la construction d'une action commune
de solidarité et réclamant les mêmes droits pour tous, sur les deux rives
de la Méditerranée, là où les institutions embarrassées semblent ne pas
vouloir voir les dramatiques conséquences de leurs choix politiques.

 Le voyage commencera le 19 mars, au siège tunisien de la Fondation
Orestiadi, au Palais Bach Hamba de Tunis, où nous rencontrerons les
familles des disparus. Le voyage se poursuivra vers la Sicile où le 30
mars, à Gibellina, dans le cadre de l'exposition « Islam in Sicilia, un
giardino tra due civiltà/Islam en Sicile, un jardin entre deux
civilisations », sera inauguré le travail OUELADDNA FINN/WAITING NEWS. Dans
cette installation, le Canal de Sicile sera symbolisé par un désert de
sable bleu et les voix de ceux qui demandent de l'aide pourront être
écoutées par les visiteurs. Nous chercherons à retisser les routes, les
informations, les responsabilités. Le Canal comme un espace d'attente, la
longue et dramatique attente de ceux qui n'ont pas de nouvelles de leurs
propres enfants, de ceux qui luttent pour savoir, une attente qui est à la
fois une expression d'amour envers des êtres chers, un acte poétique et une
action civile.
Contact :
0039 - 3282912150
00216 - 53095209

dimanche 18 mars 2012

Granting No Quarter? Gilad Atzmon's Response To Ali Abunimah & Co.“Pas de quartier” ? La réponse de Gilad Atzmon à Ali Abunimah & Co. ¿Sin cuartel? La respuesta de Gilad Atzmon a Ali Abunimah y Cía.

Back in 2005, seven years ago, our friend Gilad Atzmon was indirectly linked to the birth of Tlaxcala. At that time one of the founding members of this group had interviewed him and the many translations that we made of that interview were the germ of what is today the international network of translators for linguistic diversity. This month Gilad has been the subject of a senseless attack in the U.S. – where he is on tour to present his book “The Wandering Who?” – through a petition of signatures entitled “Granting No Quarter.” Such a pamphlet is headed by the signature of Ali Abunimah, a Palestinian-born US-American citizen who lives in Chicago, from where he runs the website Electronic Intifada. It seems reasonable to wonder what are the objectives of such a a lynching and who is behind the writing of that letter, apart from Abunimah & Co. Below, readers will find both the declaration of war and the response by Gilad Atzmon.- Tlaxcala
Notre ami Gilad Atzmon, qui est indirectement à l’origine de la création de Tlaxcala en 2005 – c’est à l’occasion de traductions en diverses langues d’une interview de lui que le noyau fondateur de ce réseau international de traducteurs pour la diversité linguistique s’était connu -, vient de faire l’objet d’une attaque insensée aux USA, où il se trouve en tournée pour présenter son livre The Wandering Who ? Cette attaque a la forme d’une pétition intitulée « sans quartier ». Cet appel calomnieux semble avoir été rédigé et lancé par Ali Abunimah, un citoyen usaméricain d ‘origine palestinienne résidant à Chicago qui dirige le site Electronic Intifada, dont est en droit de se demander quels buts il poursuit avec cet appel au lynchage et s’il est le seul auteur de ce texte. Nous publions la réponse de Gilad Atzmon, ainsi que l’appel de ceux qui lui déclarent la guerre.-Tlaxcala
Hace siete años, en 2005, nuestro amigo Gilad Atzmon participó de manera indirecta en el nacimiento de Tlaxcala. Por aquel entonces uno de los fundadores de este colectivo lo había entrevistado y las múltiples traducciones que hicimos de aquel encuentro fueron el germen de lo que hoy es la red internacional de traductores por la diversidad lingüística. Ahora, Gilad acaba de ser objeto de un ataque sin sentido en USA –donde se encuentra de gira para presentar su libro “The Wandering Who?– bajo la forma de una petición de firmas titulada “Sin cuartel”. Este libelo está encabezado por la firma de Ali Abunimah, un ciudadano usamericano de origen palestino que vive en Chicago, desde donde dirige el sitio web Electronic Intifada. Es lícito preguntarse qué objetivos persigue un linchamiento como éste y quién está detrás de la escritura de la carta, aparte de Abunimah y Cía. A continuación, los lectores encontrarán la declaración de guerra y la respuesta de Gilad Atzmon.- Tlaxcala

vendredi 16 mars 2012

La malédiction syrienne

par Rabha Attaf, 16/3/2012
Un an, 8500 morts, 200 000 déplacés, 30 000 réfugiés, après le début de la révolte populaire syrienne - bilan provisoire dont il faudra un jour clairement établir les multiples responsabilités- la Communauté internationale semble tergiverser quant aux mesures à prendre pour contraindre le président Bachar Al Assad à stopper sa sanglante répression.  Résultat : devant ce qui apparait à première vue comme une valse-hésitation de l’Occident, l’héritier dictateur a appliqué son propre calendrier transitionnel  -avec notamment le vote d’une nouvelle constitution et des élections législatives prévues en juin-  tandis que l’armée syrienne, appuyée de miliciens  réaffirme chaque jour sa puissance de feu, notamment dernièrement,  par les prises de Homs et d’Idlib en un temps- éclair.
Acculé à  défendre son régime, Bachar Al Assad est soutenu par une partie non négligeable de la population : les Syriens craignant d’être massacrés par les vainqueurs en cas de chute du régime et ceux opposés à une intervention étrangère, de  peur de subir le sort des Irakiens ou des Libyens.
On ne saurait les en blâmer ! Car il faut reconnaitre cette réalité de plus en plus manifeste malgré l’écran de fumée érigé par les médias occidentaux : ce qui a commencé par un soulèvement populaire le 15 janvier 2011, est devenu au fil des mois, une insurrection armée parrainée. Avec notamment  le soutien financier de la Turquie et de l’Arabie Saoudite,  ainsi que  la fourniture d’armes par Israël. Sans oublier la présence active, pendant plusieurs mois, des forces spéciales de l’OTAN - françaises et anglaises- sur le terrain, aux côtés de l’opposition armée. Présence reconnue par une source militaire britannique, comme le rapporte Michel Chossudowsky du Centre pour la Recherche sur la globalisation*.  Cette information “sensible” a aussi été confirmée  par les “fuites” issues du think thank Stratfor, un organisme  financé par le Pentagone, et  mises en ligne fin février par Wikileaks.
 
Pas étonnant donc que  l’Iran,  la Russie et  la Chine, affichent leur soutien au régime syrien -ces deux derniers pays bloquant, par leur veto systématique,  toute résolution du Conseil de sécurité de l’ONU qui pourrait donner le feu vert a une intervention militaire en Syrie. Les Iraniens, pour leur part, savent qu’après la Syrie, ils seront les prochains dans la ligne de mire. La campagne d’intoxication menée contre l’Iran par les médias occidentaux et les principaux leaders de l’Union européenne ne laisse en effet  planer aucun doute, même si les “fuites” Wikileaks, toujours issues de Statfor, révèlent qu’en novembre 2011, “des commandos israéliens, en collaboration avec les forces kurdes, ont détruit quelques installations souterraines utilisées principalement pour la défense iranienne et les projets de recherche nucléaire”**. Quant aux Russes et aux Chinois, ils savent pertinemment que le dessein de l’impérialisme US  est d’asseoir sa domination, une fois l’Iran “neutralisé”, sur le golfe Persique et l’Asie centrale, deux régions riches en pétrole et donc vitales pour l’économie américaine.
 
Principaux soutiens à cette politique dans la région : les pétromonarchies du Golfe, menées en particulier par l’Arabie Saoudite et le Qatar dans un concert de diabolisation de Bachar Al Assad, ont obtenu que la Ligue arabe suspende l’adhésion de la Syrie,  tout comme elle l’avait fait pour la Libye avant l’intervention militaire de l’OTAN. Inquiétant quand on sait que les populations civiles n’ont pas été épargnées ! Des lors, l’insistance de la Turquie sur l’ouverture de “couloirs humanitaires” destinés à mettre sous protection les populations civiles ne trompe personne… les droits humains étant souvent instrumentalisés pour masquer des opérations purement militaires.
 
Il est incontestable que Bachar Al Assad devra un jour, comme de nombreux autres dictateurs de la région, répondre de violations des droits humains mais aussi de décennies de blocage des réformes politiques. Mais il n’en demeure pas moins que derrière l’escalade croissante de l’intervention américaine en Syrie, se profile la préparation d’une guerre beaucoup plus vaste, aux conséquences globales.
 
Dès lors, l’opposition politique syrienne, notamment le Conseil National Syrien et la Coordination des comités locaux, doit donc rester vigilante et réaffirmer haut et fort la volonté des Syriens de demeurer un peuple souverain. Au risque de voir la Syrie, dans un avenir proche, devenir un protectorat US, au même titre que l’Afghanistan et l’Irak.
 
* Michel Chossudovsky, www.globalresearch.com
** Wikileaks Stratfor e-mails, The global intelligence files, February 27th 2012

Pour un mouvement de masse européen de solidarité avec le peuple grec et de résistance active aux politiques d’austérité


Athènes, 13 mars 2012 - Pourquoi les malheurs du peuple grec émeuvent-ils tant l’opinion publique en Europe ? Et pourquoi, de jour en jour, cette émotion de plus en plus diffuse et profonde se transforme-t-elle en volonté d’agir, de faire quelque chose afin de manifester sa solidarité à la population grecque ? La réponse n’est pas difficile : si le drame grec émeut et même révolte les gens, c’est parce qu’il n’est plus perçu comme extérieur à leurs préoccupations, comme un cas isolé, une exception à la règle. En somme, parce qu’il est reconnu comme ce qu’il a toujours été, dès son début, un cas-test inventé et imposé de force par ceux d’en haut afin d’expérimenter et de mesurer sur les cobayes grecs les capacités d’endurance et de résistance des victimes de leurs politiques avant de les généraliser partout en Europe !
Ce n’est donc pas une surprise si le parallélisme entre la Grèce d’aujourd’hui et l’Espagne de 1936 fait mouche et est repris par tant d’acteurs politiques et sociaux en Europe. La résistance du peuple grec en 2012 fait barrage à l’extension de l’agression brutale du capital contre le monde du travail en Europe exactement comme la résistance des peuples de l’ Etat espagnol faisait barrage en 1936 à l’extension de la peste brune –et au déclenchement de la guerre- partout en Europe et au monde ! Si le barrage grec cède maintenant, c’est qu’il y aura bientôt inondation de pratiquement toute la plaine européenne...
Le fait qu’il y a de plus en plus de citoyens européens, de syndicats ouvriers, de formations politiques et de mouvements sociaux qui perçoivent le drame grec comme étant emblématique d’une toute nouvelle époque historique du capitalisme néolibéral, est une nouveauté absolue aux conséquences très importantes. En effet, ceci signifie que le vent est en train de tourner dans cette Europe malgré et contre la propagande officielle, appuyée par les grands médias, qui continuent de prêcher (depuis deux ans !) que « la faute est exclusivement celle des Grecs ». Mais, elle signifie surtout que des franges de plus en plus consistantes des sociétés européennes sont désormais disponibles sinon prêtes à donner à leur sentiment de solidarité envers le peuple grec un sens et un contenu nouveau : celui qui fait de la résistance grecque à la barbarie capitaliste L’AVANT-POSTE d’un combat commun plus universel, qui les concerne directement parce que c’est leur propre combat contre les mêmes politiques du même ennemi de classe !
La conclusion saute aux yeux : les ingrédients sont désormais réunis pour tenter de construire un mouvement de masse en Europe à la fois en solidarité avec le peuple grec et contre les politiques d’austérité pratiquées par les directions de l’UE. Mais, dira-t-on, de quel mouvement parle-t-on ? Quelles pourraient être son ampleur et sa durée, ses structures et sa radicalité ?
Tout d’abord, nous considérons que ce mouvement pourrait et devrait se construire sur la base de caractéristiques fondamentales suivantes : être européen c’est-à-dire s’étendre à tout le continent, être unitaire, « généraliste », de masse, de longue haleine et disposer des structures stables à la base de nos sociétés (comités de base autogérés et fédérés). Nous nous expliquons…
a)      L’exigence d’être totalement unitaire est fondée sur la reconnaissance du fait que les politiques d’austérité actuelles visent un très large éventail des secteurs sociaux, menaçant au moins certains d’eux d’une véritable extinction ! En somme, même s’il y a exagération dans la prétention de nos bons amis américains de parler au nom des fameux 99% de la société, le fait est qu’on n’a jamais vu autant de gens objectivement et parfois, même « subjectivement » unis contre un même ennemi de classe non seulement commun et –chose très importante- perçu comme tel. C’est exactement sur cette « communauté » d’intérêts qu’il faudra bâtir la nature profondément unitaire de ce mouvement, en évitant tout sectarisme et « avant-gardisme ». Le « tous ensemble » doit dominer.
b)      Il est évident qu’une telle situation (plutôt inédite) favorise la création d’un mouvement de masse car il s’agit de vouloir mobiliser et regrouper toutes les victimes de cette véritable « guerre sociale » du capital contre l’écrasante majorité des citoyens. Cette caractéristique est accentuée par le fait que l’offensive réactionnaire n’est plus seulement « économique » mais qu’elle déborde sur le social, le politique et même le culturel et l’éthique. En somme, elle est globale, posant des dilemmes véritablement existentiels à la société et aux citoyens.
c)      Étant donné que ces politiques d’austérité frappent –bien qu’avec des intensités différentes- toutes les populations européennes, il va de soi que ce mouvement peut et doit être européen -et qu’il doit être organisé comme tel-, autrement il est condamné d’avance à l’échec…
d)     La longue durée de ce mouvement est rendue obligatoire par le fait qu’il est censé se confronter à une offensive de longue haleine de l’ennemi de classe global, laquelle nous fait entrer dans une nouvelle période historique. Cette longue durée est renforcée par la perspective -tout à fait réelle- que la crise grecque s’éternise sans pouvoir trouver à court terme une issue favorable à l’un ou à l’autre camp.
e)      La conséquence logique en est que le mouvement européen de masse doit  se préparer à une lutte de longue haleine, planifier ses activités et s’investir dans un projet a long terme. Ceci veut aussi dire qu’il doit se doter des structures non pas éphémères mais ayant une certain continuité et stabilité.
f)       Ce mouvement doit aussi être « généraliste », c’est-à-dire ne pas se limiter a une résistance partielle (p.ex. strictement économique) à l’offensive réactionnaire qui est « globale », étant à la fois économique, sociale, culturelle, patriarcale, environnementale et même « philosophique » et éthique. Il doit donc, regrouper sous le même toit organisationnel toutes les résistances, essayant  – ce qui n’est pas donné d’avance - de les doter d’un dénominateur commun afin de les unifier  dans la lutte.
Ceci étant dit, il reste à cerner avec plus de précision le rôle que devra jouer dans un tel mouvement européen la solidarité avec le peuple grec. D’abord, il faut dire que cette solidarité avec la Grèce n’est pas un fardeau mais plutôt un atout de taille pour la construction et le développement d’un mouvement de masse contre les politiques d’austérité. La résistance du peuple grec émeut - à juste titre - des millions d’Européens et ce faisant elle facilite grandement la prise de conscience que les malheurs des Grecs illustrent le sort que les puissants de ce monde réservent à nous tous. Réagissant d’abord avec leurs tripes face au drame grec, les salariés et autres citoyens européens prennent juste après conscience qu’ils font aussi partie de ce drame, par-delà les frontières et les intérêts dits « nationaux », par-delà et contre toute la propagande officielle. En somme, ils découvrent la communauté d’intérêts de ceux d’en bas et l’internationalisme en acte, chose d’une importance capitale à une époque de crise systémique si cataclysmique qu’elle ressuscite les « démons » (nationalistes, racistes et même…guerriers) des années 30 chez plusieurs factions de la bourgeoisie européenne…
Cependant, il faut admettre que ce sentiment de solidarité n’est pas éternel, il doit être entretenu jour après jour afin d’être suffisamment fort et diffus pour pouvoir « entretenir » un mouvement de solidarité de longue haleine qui soit articulé en comités de base partout en Europe. Alors, les perspectives du « laboratoire » grec sont-elles propices à entretenir l’intérêt, l’émotion et surtout le sentiment de solidarité active que suscite ce drame grec ?
La réponse à cette question capitale est un Oui catégorique. Oui, elles peuvent garantir tout ca pour deux raisons : a) parce que tout indique qu’il n’y a pas d’issue prochaine au drame grec car aucun de ses deux protagonistes (ceux d’en haut et ceux d’en bas) n’a les moyens d’écraser l’autre. Ce qui nous conduit à la conclusion que l’actuel équilibre instable pourrait s’éterniser, conduisant soit à un pourrissement de la situation, soit à des explosions de plus en violentes mais sans lendemain. En tout cas, on peut être sûr que la crise grecque est ici pour y rester et dominera l’actualité européenne (et internationale) pour longtemps. b) parce que la colère de l’immense majorité de la population grecque est si profonde que la suite de l’histoire sera émaillée d’événements et d’explosions de tout ordre aptes à maintenir mobilisée l’opinion publique européenne favorable au combat du peuple grec. Il y a aura sûrement des « temps morts » mais ils ne seront pas en mesure de faire baisser la tension du mouvement de solidarité, d’autant plus que nous pouvons déjà prévoir qu’il y aura de plus en plus d’ « événements » similaires dans d’autre pays européens.
C’est d’ailleurs la crise grecque et le combat du peuple grec qui offrent tout à fait naturellement la revendication et le mot d’ordre central du mouvement européen : refus et répudiation de la dette qui n’est pas la nôtre et refus total des mesures et des plans d’austérité. Et le tout sous l’enseigne très éthique de la notion fondamentale d’« état de nécessité » du droit international qui impose que la satisfaction des besoins élémentaires des humains ait la priorité absolue sur la satisfaction des créanciers. Dans la situation actuelle de polarisation grandissante entre ceux qui prônent la soumission à l’austérité au nom du remboursement de la dette et ceux qui rejettent catégoriquement ce chantage, ces deux revendications/mots d’ordre seraient largement suffisants au moins pour le lancement de ce mouvement européen. Et ceci d’autant plus que chacun (mouvement social, syndicat, force politique ou simple individu) serait libre au sein de ce mouvement de défendre et de mettre en avant ses propres conceptions du contenu et de la forme des luttes à mener à condition, évidemment, de partager et de défendre les deux revendications centrales susmentionnées.
Evidemment, l’acceptation d’un cadre programmatique si peu fourni n’est pas exempte ni de risques ni de dangers pour le développement de ce mouvement. Cependant, ces risques doivent être acceptés et assumés en toute conscience car ce qui importe le plus actuellement, c’est qu’il y ait le plus grand regroupement possible de forces de toute sorte derrière le rejet net et clair des politiques d’austérité de la réaction européenne. Ce regroupement maximal est imposé par le besoin urgentissime de faire apparaitre au niveau européen une force de masse capable de rivaliser avec notre ennemi de classe commun si bien rodé, organisé, expérimenté, coordonné, surarmé et surtout décidé à en découdre avec la plèbe. Ici le facteur temps joue un rôle capital et l’ignorer serait déjà ouvrir la porte à son écrasement : on ne peut pas se permettre le luxe d’attendre que mûrissent ni les fameuses « conditions objectives » ni les mystérieuses « conditions subjectives », car l’ennemi de classe n’attend pas et est déjà en train de lancer une offensive frontale contre laquelle il faut nous défendre avant qu’il soit trop tard. C'est-à-dire avant que le mouvement populaire soit défait et perde toute capacité de résistance -peut être - pour des décennies !...
Voici donc, une première ébauche d’un projet concernant l’urgente nécessité de construire et faire développer en Europe la réponse de ceux d’en bas à la guerre que sont en train de lancer contre eux la Sainte Alliance de l’UE, du FMI et du capital. Le débat est lancé. Passons aux actes…
 

lundi 12 mars 2012

Αυτοδιαχείριση! Autogestion !

"Luttes et perspectives pour l'autogestion en temps de crise"
Conférence
Vendredi 16 mars 2012 à 19 h
Faculté de droit, Athènes
avec
Leta Zotaki, présidente de l'Union syndicale des médecins de Kilkis et membre de l'assemblée d'occupation de l'hôpital
Makis Georgiadis, journaliste, membre de l'équipe des travailleurs non-payés de la chaîne de télévision ALTER
Aphrodite Politi, journaliste d'Eleftherotypia
Un membre de l'assemblée des occupants du Ministère de la Santé
Organisée par le Syndicat des employés du livre et du papier de l'Attique, le site web vathikokkino.com et le journal ouvrier Drasi (Action)

Ενδιαφέρουσες πρωτοβουλίες, εγχειρήματα και συζητήσεις σε ενδιαφέροντες καιρούς 

Ενόψει της συζήτησης με θέμα «Αγώνες και προοπτικές αυτοδιαχείρισης στην εποχή της κρίσης»


του Σπύρου Ραυτόπουλου

Την ώρα που τα κόμματα ετοιμάζονται για την πατροπαράδοτη εκλογική τελετουργία, την ώρα που η κοινοβουλευτική αριστερά αντικρύζει τα δύσπιστα βλέματα της εκλογικής της βάσης και η εξωκοινοβουλευτική κομματισμένη αριστερά αναζητά κοινούς τόπους και συμμαχίες ώστε να μετατραπεί κι αυτή σε κοινοβουλευτική, η κοινωνία αναζητά τρόπους να ξεπεράσει μόνη της τη μιζέρια στην οποία θέλουν να την καταδικάσουν, επιχειρεί να ξαναμπεί στο κέντρο της Πολιτικής με 'Π' κεφαλαίο, αναζητά μια Δημοκρατία με 'Δ' κεφαλαίο.

Οι καταλήψεις που τόσο δυσαρέστησαν τις συνδικαλιστικές και κομματικές ηγεσίες, τα αυτοδιαχειριστικά πειράματα, οι πρωτοβουλίες αλληλεγγύης, όλα αυτά δηλαδή τα οποία περιφρονεί η συντήρηση και με τα οποία καγχάζει η αριστερή ορθοδοξία και ο αμετανόητος δογματισμός της, θα βρεθούν κατά το επόμενο διάστημα στο επίκεντρο του κοινωνικού ενδιαφέροντος και της κοινωνικο-πολιτικής δραστηριότητας. Οι πρωτοβουλίες αυτές θα πολλαπλασιάζονται και πιθανότατα με εκθετικό ρυθμό, τόσο εντός όσο και εκτός επικράτειας. Η πρωτοβουλία του «Συλλόγου Υπαλλήλων Βιβλίου-Χάρτου Αττικής», του διαδικτυακού «Βαθύ Κόκκινο», και της εργατικής εφημερίδας «Δράση» είναι ένα εξαιρετικό δείγμα τέτοιων πρωτοβουλιών και είναι βέβαιο ότι θα βρει απήχηση και ότι θα έχει ανάλογη συνέχεια.

Ας μην ξεχνάμε ότι αυτό που πλήρωσε και πληρώνει η ανθρωπότητα δεν είναι ότι απόθεσε τις ελπίδες της στη μια ή στην άλλη ιδεολογία, αλλά ότι άλλοτε συνειδητά και άλοτε χωρίς να το καλοκαταλάβει, ανέθεσε εν λευκώ σε αυθεντίες (ατομικές ή και συλλογικές) που εντάσσονται σε κάποια από αυτές τις ιδεολογίες και στους θιασώτες τους, να της λύσουν όλα τα προβλήματα, τοπικά, περιφερειακά, εθνικά, παγκόσμια.
Υποβάθμισε τη δική της γνώση, εμπειρία και φαντασία και εμπιστεύτηκε τη σωρευμένη... σοφία και το αλάνθαστο της σκέψης αποστόλων και σωτήρων τους οποίους αποδέχτηκε ως εργολάβους στην υποτιθέμενη κοινωνική ανοικοδόμηση που η ιδεολογία τους υποσχόταν. Η κοινωνία περιορίστηκε σε ρόλο πειραματόζωου και πολιτικού αντικειμένου που άπαξ ανά τετραετία αναβαθμίζεται σε βαθμολογητή των κυβερνητικών πεπραγμένων και αξιολογητή των νέων «προοπτικών» και υποψηφιοτήτων. 

Μέσα στο γκρίζο αυτό τοπίο της παραπολιτικής, των πολιτικοκοινωνικών ψυχαναγκασμών και ιδεοληψιών, πρωτοβουλίες όπως η εκδήλωση της Παρασκευής 16 Μαρτίου στη Νομική, πρωτοβουλίες που θέλουν να αναδείξουν τη σημασία και αξία της άμεσης συμμετοχής της εργατικής και κοινωνικής βάσης στον αγώνα ανατροπής αυτής της άθλιας πραγματικότητας, έχουν ιδιαίτερη σημασία για τους πολίτες. Αποτελούν ελπίδα, ανοίγουν δρόμους για την επαναδραστηριοποίηση της κοινωνίας, για τη λαϊκή δημιουργικότητα και φαντασία, για μια εποικοδομητική ανταλλαγή γνώσης και εμπειρίας από διαφορετικές πρακτικές, προσφέρουν χρήσιμα μαθήματα από λάθη του παρελθόντος, δίνουν ευκαιρίες για διατύπωση νέων προτάσεων συνεργασίας, προσέγγισης και αλληλέγγυας στάσης μεταξύ υποσυνόλων της παραγωγικής και λαϊκής βάσης, αποτελούν θεμέλιο και εφαλτήριο για την κατάκτηση μιας κοινωνίας με Ισότητα, Δικαιοσύνη, Δημοκρατία.
 πηγή: http://diakyvernisi.blogspot.com/2012/03/blog-post_11.html

Le CADTM dénonce la campagne de désinformation sur la dette grecque et le plan de sauvetage des créanciers privés

par CADTM , 10/3/2012
Plus de 85% des créanciers privés (banques, assurances, fonds de pension…) ont accepté jeudi soir de participer à la restructuration de la dette grecque en effaçant 107 milliards d’euros. Sur le papier, ces créanciers renoncent ainsi à 53,5% de leurs créances. Mais contrairement aux apparences, le CADTM affirme que cette opération est surtout une bonne nouvelle pour les banques grecques et européennes (principalement françaises et allemandes), pas pour le peuple grec à qui on promet de nouvelles détériorations de ses conditions de vie.
En effet, les créanciers et le gouvernement grec ont mis en place un montage complexe : les créanciers privés échangent leurs titres grecs contre de nouveaux d’une valeur (faciale) inférieure. Ainsi, pour une obligation échangée d’un montant initial de 100 euros, les créanciers vont recevoir un nouveau titre d’une valeur faciale de 46,5 euros. Loin de perdre à ce petit jeu, les créanciers privés troquent des titres qui se vendaient entre 15 et 30 euros sur le marché secondaire pour des titres bien plus sûrs.


Toutes les options disponibles pour la Grèce, par Carlos Latuff
De surcroît, la Troïka octroie un nouveau prêt de 130 milliards à la condition que le montant soit utilisé pour payer la dette et soutenir les banques. Alors que tous les grands médias reprennent le refrain officiel selon lequel la dette grecque est réduite de 107 milliards d’euros, ils oublient d’intégrer les 130 milliards de nouveaux crédits octroyés par la Troïka qui viennent l’augmenter. En bout de course, les créanciers privés s’en sortent très bien et sont remplacés par des créanciers publics internationaux (BCE, Etats de la zone euro, FMI) qui vont exercer une pression constante sur les autorités grecques afin d’aggraver les mesures antisociales.
De plus, alors qu’en cas de litige 85% des anciens titres dépendaient de la législation grecque, l’entièreté des nouveaux titres dépendra de la justice de Londres. L’objectif des créanciers est de limiter la possibilité de la Grèce de décréter un défaut de paiement ou une annulation.
Pour le CADTM, ce nouveau plan est une supercherie car, sous prétexte de venir en aide à la Grèce, il sauve la mise aux créanciers privés qui portent pourtant une lourde responsabilité dans l’endettement de la nation hellène. Les banques ont utilisé une partie de l’argent public injecté afin de les sauver de la faillite en 2008-2009 pour spéculer sur la dette grecque et ont pu réaliser d’énormes profits avant de pousser la Grèce vers la grave crise qu’elle connaît.
Selon le CADTM, tous les prêts de la Troïka à la Grèce octroyés depuis mai 2010 sont odieux, ils sont frappés de nullité car ils constituent une violation permanente des droits économiques, sociaux, civils et politiques des citoyens grecs.
Le CADTM tient une nouvelle fois à saluer le courage et la détermination du peuple grec qui lutte contre les politiques d’austérité inhumaines imposées par la Troïka. Le AAA des créanciers (Austérité Austérité Austérité) doit laisser la place au AAA des peuples : Audit Annulation Autre politique.
Pour le CADTM, la solution passe nécessairement par la mise en place d’une politique radicalement différente. En Grèce comme dans les autres pays soumis à la Troïka, il faut mettre fin au remboursement de la dette et abandonner les mesures antisociales. Afin de lutter contre la campagne mensongère sur la crise grecque, il faut renforcer l’audit citoyen de la dette publique qui doit aboutir à la répudiation de la part illégitime ou odieuse. Le CADTM soutient pleinement la Campagne d’audit de la dette grecque et les comités d’audit qui se mettent en place dans plusieurs autres pays européens. Le CADTM appelle à multiplier les actions de solidarité avec le peuple grec et à constituer un large front social européen contre les politiques d’austérité.
CADTM :
CADTM Belgique
Renaud Vivien, juriste
Eric Toussaint, président
CADTM France
Damien Millet, porte-parole du CADTM France, France@cadtm.org
Comité Grec contre la Dette – CADTM
Sonia Mitralia, animatrice du Comité grec contre la dette - CADTM
Yorgos Mitralias, animateur du Comité grec contre la dette- CADTM

samedi 10 mars 2012

"La Grèce vit en pleine banqueroute depuis sa naissance" : Edmond About, La Grèce contemporaine (1855)

Ce livre sur la Grèce de l'auteur de L'homme à l'oreille cassée, retrouve aujourd'hui une actualité brûlante. Lire notamment le chapitre VII - Les finances - à partir de la p. 297 ("La Grèce vit en pleine banqueroute depuis sa naissance") et les chapitres sur la dette intérieure et extérieure (à partir de la p. 313)
"La Grèce est le seul exemple connu d'un pays vivant en pleine banqueroute depuis le jour de sa naissance.[...] Il a fallu que les puissances protectrices de la Grèce garantissent sa solvabilité pour qu'elle négociât un emprunt à l'extérieur. Les ressources fournies par cet emprunt ont été gaspillées par le gouvernement sans aucun fruit pour le pays; et, une fois l'argent dépensé, il a fallu que les garants, par pure bienveillance, en servissent les intérêts: la Grèce ne pouvait point les payer.[...] Les riches propriétaires, qui sont en même temps des personnages influents, trouvent moyen de frustrer l’État. Les employés, mal payés, sans avenir assuré, sûrs d'être destitués au premier changement de ministère, ne prennent point, comme chez nous, les intérêts de l’État."

samedi 3 mars 2012

3 mars 2012 : samedi ordinaire à Tunis


Une centaine de personnes ont répondu, ce samedi 3 mars 2012, à l'appel du mouvement Désobéissance (عصيان Assian), qui relayait un appel mondial du mouvement Occupy à descendre dans la rue. Tout s'est bien passé jusqu'à l'arrivée devant le Théâtre municipal, avenue Bourguiba, où, sur ordre venu du ministre de l'Intérieur, les manifestants ont été dispersés avec une "douce violence", c'est-à-dire sans usage de lacrymogènes. Notre reportage photo et vidéo :










vendredi 2 mars 2012

Colombie : Manifeste pour la paix, jusqu'à la dernière goutte de nos rêves

Pour signer cet appel, aller ici


Il existe dans le cœur de l'Amérique un refuge humain enlacé à trois cordillères, bercé par d'exubérantes vallées, des forêts touffues, et baigné par deux océans. Des sources et des fleuves impétueux convertissent ses terres en merveilles de fertilité, débouchant au sud dans l'Amazonie - ce qui convertit la Colombie en objet de grandes convoitises. Et c’est là que commence le martyre d'un peuple : dans la cartographie de la cupidité d'une poignée d'hommes. La Colombie, bien qu'elle ait tout pour rendre une vie digne possible à la totalité de ses 48 millions d'habitants, doit subir une élite qui perpétue la violence coloniale, ancrée dans un pouvoir local qui offre les richesses du pays au pouvoir transnational et condamne le peuple à une sanglante histoire de spoliations.
 

Nous avons déjà oublié combien de générations n'ont jamais connu un semblant de paix, ni de volonté des dirigeants pour permettre que cette terre héberge enfin, une démocratie réelle -non une pantomime macabre de rituels électoraux vidés de toute substance démocratique par l'extermination de l'opposition politique. À force de répression incessante pour étouffer tout germe de dignité, les gouvernants ont cherché à nous forcer à enfouir douloureusement nos cris d'humanité pétrifiée.
1. L’empathie sociale, premier pas vers une paix véritable
Nous avons décidé de conjuguer le sentiment de notre peuple à la première personne du pluriel, parce que nous sommes pluriels, et parce que nous faisons de l'empathie sociale le premier pas vers une véritable paix: le sentiment de notre peuple clame justice dans la voix de ses exilés, spoliés, appauvris, exclus, disparus, emprisonnés, muselés, torturés, assassinés. Et nous décidons d'être ‘nous-mêmes’ aussi avec nos prisonniers et nos morts, parce que si la violence d'une élite intolérante a cherché à effacer leurs idées et leurs rêves en les éliminant physiquement ou en les séparant de nous au moyen de méprisables grilles, en nous leur soif de justice et de dignité demeure vivante en nous. 
2. Terreur mise en place par les latifundistes au profit du grand capital
Nous sommes 68% de Colombiens à vivre dans la pauvreté, nous sommes huit millions à errer dans les rues dans l'indigence. Nous sommes plus de 5 millions à avoir été déplacés violemment par les forces de répression officielles ou paramilitaires qui collaborent fidèlement avec l’armée. Nous avons été soumis à la terreur mise en place par les latifundistesen faveur du grand capital transnational, au détriment de nos conditions de survie et de dignité, au détriment de la souveraineté alimentaire et de la paix. Les massacres, bombardements, aspersions et empoisonnements du sol et de l'eau provoquent nos marches endeuillées de déguerpissement forcé. Nous autres, les paysans, afro-descendants et indigènes qui avons essayé de vivre sur les terres de nos ancêtres, avons été exilés. Nous crevons de douleur, car la limite de résignation devant la souffrance a été dépassée. Lorsque nous protestons, nous subissons l'extermination, ou nous sommes soumis à l'ostracisme et au silence qu'impose la terreur d’État.
3. Ouvrir les espaces de tolérance à la revendication sociale pour parler de paix
Nous sommes huit mille prisonniers politiques dont tous les droits humains sont violés, huit mille prisonniers politiques qui crions au milieu de l'indifférence de cette société muselée et poussée à l'aliénation, qui crions, sous les tortures aberrantes, que la dignité ne s'arrache pas comme on arrache les ongles, que les grilles n'empêchent pas les rêves d'exister. L'institution carcérale, que nous dénonçons comme camp d'extermination de la revendication sociale, arrive même à nous refuser l'assistance médicale comme forme de torture, nous poussant à la mort. L'organisation sociale, la pensée critique, l'étude de l'histoire et de la société colombienne ont été proscrites. En tant que défenseurs des droits humains, syndicalistes, intellectuels critiques, artistes engagés avec leur environnement, environnementalistes, leaders communautaires ou paysans, nous sommes considérés,comme des criminels et des « terroristes ».
Nous sommes des défenseurs de la paix, et on nous fait taire car nous n’acceptons pas que des dizaines de milliers d'enfants meurent annuellement, en Colombie, de dénutrition, de manque d'eau potable et de maladies curables; car nous réclamons une éducation gratuite conçue pour la souveraineté ; car nous réclamons que la santé soit un droit et non une marchandise ; car nous élevons nos voix contre le pillage de nos ressources. L'État mène une guerre contre la pensée et l'empathie: les forces de l'ordre officielles ou paraétatiques nous assassinent sans que nous ayons même empoigné les armes. Une infinité de voix gisent dans les fosses communes, autant d'autres sont éparpillées sur le sol, entre les flaques de sang que laissent les tueurs à gages payés pour éliminer toute voix dissidente.
4. Guerre sale, la  guerre dont on ne parle pas
Nous autres civils, sommes en train d'être décimés par la guerre sale: le terrorisme d'État fait aussi partie de la guerre, cette partie que les médias de masse n’évoquent jamais et qui, pourtant, représente le flot le plus impétueux du bain de sang. La clé de la paix est d'exiger que cesse, de la part de l’État, la pratique de l'extermination de la participation politique civile, car lorsque cette participation politique se retrouve systématiquement mise à l’écart, les moyens de la revendication sociale deviennent armés.
Nous ne sommes pas “la démocratie la plus ancienne de l'Amérique Latine”, parce que nous ne l'avons pas connue. On nous oblige à nous taire pour être complices de la sanguinaire « Sécurité », qui n'est rien d'autre que celle nécessaire aux multinationales pour pratiquer le pillage sans avoir à écouter la juste revendication populaire ; une « sécurité » qui se traduit par la violation de la souveraineté alimentaire pour la majorité.
5. L'interventionnisme des USA, qui soutient la guerre, est un danger régional
Ceux-là mêmes qui ont changé une partie des Colombiens appauvris en chair à canon pour protéger les intérêts des multinationales et d'une minorité créole permettent l'installation de la menace impérialiste contre nos frères de la région. Nous avons été condamnés à renoncer à la souveraineté que nous avions héritée des campagnes de libération du XIXe siècle et nous assistons à l'installation de bases militaires US à partir desquelles s'imposent les doctrines d'anéantissement des droits humains et l'utilisation du narcotrafic comme outil supplémentaire de domination. En vertu de l'immunité qui leur est octroyée par l'État colombien, les USaméricains jouissent d'une impunité totale pour les crimes qu'ils peuvent commettre en Colombie. Les USA justifient leur interventionnisme au prétexte de la « lutte contre le narcotrafic » alors qu'en réalité celui-ci vient remplir leurs propres coffres et vient renforcer le gouvernement et ses structures narco-paramilitaires tout en criminalisant le paysan qui cultive la feuille de coca, tout en sachant que celle-ci n'est pas la cocaïne.
6. La paix, ce n'est pas dégrader l'opposant à l'extrême
Les gouvernants qui posent, exhibant des mains coupées, et qui partent en éclats de rire jubilatoires à côté de cadavres sont les mêmes qui veulent nous changer tous en partisans enthousiastes de l'extermination. Ce sont les mêmes qui ont fixé des tarifs à la vie, suscitant les mal nommés « faux positifs » qui ne sont rien d'autre que des assassinats de civils pour mettre en œuvre les montages militaro-médiatiques de la guerre psychologique : cela en utilisant les cadavres pour l'exhibitionnisme nécrophile qui cherche à dégrader l'opposant en le présentant dans des sacs noirs, comme des morceaux de viande. Nous disons que les Colombiennes et les Colombiens ne sont pas des morceaux de viande et nous dénonçons cette stratégie de la terreur d'État qui rend malade la société tout entière, en avilissant l'éthique.

On entend s'élever les clameurs des voix qui demandent la paix et la justice sociale pour le plus grand nombre : une paix qui doit naître du débat commun.
7. Une négociation politique, des changements structurels, une remise en question du modèle économique
La solution que réclame le peuple colombien est politique : mettre en œuvre des changements structurels de fond qui éliminent la situation de spoliation, d'inégalité et d'exclusion qui a donné lieu aux multiples formes de résistance. Il est urgent de réaliser une véritable réforme agraire, il est urgent que cesse la pratique de l'État d'exterminer l'opposition politique, il est urgent de démanteler la stratégie paramilitaire, d'arrêter de livrer le pays en concessions à des multinationales (des multinationales minières demandent aujourd’hui 40% du territoire), de mettre fin à la soumission à la botte US. Il s'agit de redessiner les bases du modèle de développement de la société colombienne : le fait qu’elle soit une économie dépendante, conçue comme un libre service, avec un développement endogène nul, est la racine de la guerre.
Il ne s'agit pas de négocier superficiellement ni de négocier des prébendes pour la « réinsertion » des insurgés, car cela ne conduirait qu'à réinsérer des milliers de femmes et d'hommes au sein du cauchemar de la faim qui s'accroît tous les jours dans les ceintures de misère des villes. Il ne s'agit pas non plus de négocier une « réinsertion » pour avaliser le fait qu'ensuite des milliers de « réinsérés » désarmés soient exterminés, comme cela s'est produit plus d'une fois dans l'histoire de la Colombie. Nous en appelons à la responsabilité sociale et historique : nous ne voulons pas cautionner un autre génocide monstrueux et nous ne pouvons pas non plus souhaiter que le paysan spolié se résigne à l'indignité.
8. Redéfinir les parties en conflit avec une vision intégrale, pour marcher vers la paix
La paix n'est pas un accord uniquement entre le gouvernement et la guérilla, parce que les parties prenantes dans ce conflit vont au-delà de cette définition étroite qui ne cherche qu'à enlever au conflit son caractère essentiellement social et économique : les parties prenantes c'est nous, tous les Colombiens ; nous considérons aussi que les multinationales qui bénéficient de la spoliation en fomentant des massacres et des déplacements de population sont partie prenante au conflit ; de même que les USA qui interviennent constamment dans nos affaires. L'un des points cruciaux du problème est le commerce gigantesque que le complexe militaro-industriel US et européen réalise avec le gouvernement colombien : l'achat d'engins de destruction est financé par le budget public et par une dette extérieure croissante que l'on fait supporter illégitimement au peuple colombien tout entier.
9. Pour la paix et la justice sociale jusqu'à la dernière goutte de nos rêves
Nous ne croyons pas à des accords qui se baseraient uniquement sur la remise des armes, parce que ce qui soutiendrait une paix véritable en Colombie ce serait que les rapaces renoncent à leur rapacité, cessent le saccage des ressources de la Colombie qui va de pair avec la spoliation et le génocide de sa population. Pour parvenir à la paix il faudrait que les latifundistes, les multinationales, l'institution militaire désactivent leur appareil paramilitaire ; et que cessent définitivement les machinations de la justice militaire et autres stratagèmes de la machinerie lugubre d'impunité qui perpétue l'horreur. Les dépenses militaires sont considérables : plus de 12 milliards de dollars par an ; pour parvenir à la paix, nous réclamons que cette somme soit investie dans la santé, l'éducation, le logement, le développement endogène.
Nous voulons pouvoir participer au débat politique large, à la construction sociale sans être assassinés ; nous voulons que cesse l'extermination de la revendication sociale, que les prisonniers politiques soient libérés, que cessent les disparitions forcées... Ce sont quelques pas à accomplir.
Notre intention est de les rapprocher du rêve d'un peuple qui, à force de terreur, a tardé à naître. Nous lançons un appel à l'opinion publique internationale pour qu'elle se solidarise avec le peuple colombien et qu'elle l'accompagne dans un processus de négociation politique du conflit social et armé. Nous considérons que le conflit est avant tout social et qu'il devient armé du fait de l'intolérance politique de l'État et que le principal facteur de poursuite de la guerre en Colombie est le maintien sous perfusion, par les USA, de l'appareil de l'État.
Au cœur de l'Amérique, au son des tambours, des flûtes, des accordéons, l'âme d'un peuple danse ; ce peuple préserve, dans la polychromie de sa peau, des millénaires d'histoire ; il conserve les savoirs cachés, susurrés par les forêts. Un peuple pleure sur les tombes éparpillées sous les latitudes silencieuses de son pays. Le cœur de la Colombie bat au rythme d'une géographie pleine de cascades chantantes, d'une multitude de nuances de vert ; elle se fait escarpements, elle s'étale, elle se cache dans ses forêts, elle plonge, abyssale et océanique ; rien en elle n'est avarice, elle est toute abondance ; son peuple réclame de pouvoir vivre dignement dans ce paradis que quelques-uns prétendent s'approprier : « pour la paix, jusqu'à la dernière goutte de nos rêves ! »
Février 2012, à partir de l'empathie essentielle, l'équipe de collaborateurs de La Pluma
 Pour signer cette appel, aller ici
Premières signatures
Monde
Atilio A. Boron, politólogo argentino
Santiago Alba Rico, escritor, España
Franck Gaudichaud, Catedrático. Francia
Bernard Duterme, Sociólogo, director del Centro Tricontinental (CETRI) basado en Louvain-la-Neuve, Bélgica
Fausto Giudice, escritor y traductor. Miembro fundador de Tlaxcala, la red de traductores por la diversidad lingüística
Michel Collon, periodista, Bélgica
Luis Casado, escritor, Editor de Politika, Chile, colaborador de La Pluma
PAIZ (Partido de Izquierda) Chile
Salvador Muñoz Kochansky, Presidente PAIZ (Partido de Izquierda). Chile
Camilo Navarro, Sociólogo. Miembro Dirección PAIZ. Chile
Luis Alberto Jaqui Muñoz. Administrador Público. Universidad de Santiago de Chile (Ex UTE). Coordinador Nacional Estudiantil PAIZ (Partido de Izquierda). Chile
Silvia Cattori - Periodista suiza
Carlos Aznárez, periodista, director de Resumen Latinoamericano, Argentina
José Bustos, periodista argentino residente en Francia, colaborador de La Pluma
Manuel Talens, novelista, traductor y articulista, miembro fundador de Tlaxcala, la red de traductores por la diversidad lingüística.
Renán Vega Cantor, historiador. Profesor titular de la Universidad Pedagógica Nacional, de Bogotá, Colombia. Premio Libertador, Venezuela, 2008
Miguel Ángel Beltrán V., Profesor del Departamento de Sociología de la  Universidad Nacional de Colombia y perseguido político
Víctor Montoya, escritor boliviano

Carlos (Koldo) Campos Sagaseta de Ilúrdoz, Poeta, dramaturgo y columnista, Republica Dominicana
Ossaba, Artista Plástico, Colaborador de La Pluma. Francia
María Piedad Ossaba, periodista, directora de La Pluma. Francia
Lilliam Eugenia Gómez, Ph.D. Eco-Etología, IA. Colaboradora de La Pluma Colombia.
Álvaro Lopera, Ingeniero químico, Colaborador de La Pluma Colombia.
Juan Diego García, Doctor en Sociología, Colaborador de La Pluma. España
Marta Lucía Fernández, filósofa, Colaboradora de La Pluma. Colombia.
Jorge Eliécer Mejía Diez, abogado colombiano, colaborador de La Pluma. Bélgica
Lía Isabel Alvear. Ingeniera Agrónoma. Colaboradora de La Pluma. Colombia.
Rafael Enciso Patiño, Economista Investigador. Colaborador de La Pluma. Venezuela
Matiz, artista colombiano. Colaborador de La pluma. Bélgica
Éric Meyleuc poeta, escritor, hombre de teatro y militante sindical. Francia
Salvador López Arnal, colaborador de rebelión y El Viejo Topo.
Elio Ríos Serrano, médico, ambientalista y escritor. Maracaibo, Venezuela
Gilberto López y Rivas, Profesor-Investigador Instituto Nacional de Antropología e Historia, Cuernavaca, Morelos, México
Pedro Vianna, poeta, escritor, hombre de teatro y militante asociativo. Francia
Cristina Castello- Poeta y periodista argentina residente en Francia
André Chenet. Poeta y editor de revistas. Francia
Sandrine Féraud. Poeta. Francia
Cédric Rutter, periodista. Bélgica
David Acera Rodríguez, actor. Asturias (España)
Sinfo Fernández Navarro, Traductora Rebelion.org. Madrid
Susana Merino, Traductora Rebelión. Buenos Aires, Argentina
Agustín Velloso, profesor de la UNED. Madrid
Rosina Valcárcel, escritora, Lima, Perú
José Antonio Gutiérrez D. analista político solidario con los movimientos populares de Colombia
Carlos Casanueva Troncoso, secretario general Movimiento Continental Bolivariano 
Dick Emanuelsson, Reportero Suecia-Honduras
Mirian Emanuelsson, Reportera Suecia-Honduras
José Rouillon Delgado  Sociólogo-Educador Lima-Perú
Martín Almada, Defensor de los Derechos Humanos de Paraguay.
Graciela Rosenblum, presidenta Liga Argentina por los Derechos del Hombre, Argentina
Annalisa Melandri, periodista. Italia 
Sandra Marybel Sánchez, miembro del Colectivo de Periodistas por la Vida y la Libertad de Expresión. Honduras
Miguel Segovia Aparicio, Poeta; Barcelona, España
Badi Baltazar, escritor. Bélgica
Antón Gómez-Reino Varela, Tone. Activista social. Galicia
Winston Orrillo, Premio Nacional de Cultura del Perú
Azalea Robles, periodista, poeta.
Myriam Montoya, Poeta. Francia
Jaime Jiménez, abogado colombiano
Enrique Santiago Romero, abogado, ex director del CEAR. España
Hernando Calvo Ospina, periodista y escritor colombiano. Francia
 Ramón Chao, periodista y escritor gallego. Francia
Jaime Corena Parra, Físico, Ingeniero Industrial y Doctor en Didáctica de las Ciencias. Venezuela
Fernando Reyes U., Economista. Venezuela
Sergio Camargo, escritor y periodista colombiano. Francia
Colectivo Regional de apoyo a Vía Campesina y Salvación agropecuaria. Colombia
Campaña Permanente por la Libertad de lxs Prisionerxs Políticxs Colombianxs, Capítulo Cono Sur
Juan Cristóbal, poeta peruano y periodista
Cristóbal González Ramírez. Periodista y profesor universitario retirado  y pensionado. Colombia
Antonio Mazzeo, periodista, escritor, Italia 
Mario Casasús,  periodista, México
Mario Osava, Periodista, Brasil
Félix Orlando Giraldo Giraldo, Médico. Colombia
Polo Democrático Alternativo-Seccional Suiza.
ARLAC-Suiza
Mónica Alejandra Leyton Cortes .Estudiante; Miembro del Colectivo Soberanía y Naturaleza. Colombia
Eliecer Jiménez Julio-Periodista-Suiza
Ángela Peña Marín socióloga MsC en educación Ambiental, Colombia
Marta Eugenia Salazar Jaramillo, comunicadora social, Colombia
 Diana María Peña Economista, Colombia
Adolfo León Gómez; Economista; Colombia
Héctor Castro, abogado. Francia
Argentine
Aurora Tumanischwili Penelón, FeTERA FLORES (Federación de trabajadores de la energía de la República Argentina en CTA)
Guillermo López., FeTERA FLORES (Federación de trabajadores de la energía de la República Argentina en CTA)
Ingrid Storgen, Responsable del colectivo Amigos por La Paz en Colombia.
Marta Speroni, Militante por los DD.HH.
Igor Calvo, Militante de base del FNRP Honduras
Aline Castro, Red por ti América, Brasil.
María Rosa González, Comunicadora Social Alejandro Cabrera Britos, Delegado general, ATE, Senasa Martínez, Dilab en CTA
Carlos Guancirrosa, Agrupación Enrique Mosconi
Carlos Loza, Junta Interna de ATE, AGP (Asociación General de Puertos en la Central de Trabajadores de La Argentina, CTA)
Eduardo Espinosa (Asociación de Trabajadores del Estado, en CTA), Ministerio de Desarrollo Humano de la Provincia de Buenos Aires
Carina Maloberti, Consejo Directivo Nacional - ATE-CTA
Convocatoria por la Liberación Nacional y Social, Frente Sindical, Argentina:
Agrupación Martín Fierro ( Varela - Alte. Brown - Matanza - Mar del Platay Neuquen )
Agrupación "Germán Abdala" - ATE-Ministerio de Trabajo de la Nación,
Movimiento de Trabajadores Desocupados Flamarión-Rosario, Democracia Popular-Rosario, Comunidad Campesina de Tratagal-Salta, Biblioteca Popular Fernando Jara-Cipoletti-Río Negro, Unión de Trabajadores de la Provincia de Chubut.
Europe
RedHer Europa (Red europea de Hermanadas y Solidaridad con el pueblo colombiano)
Tribunal Internacional de Opinión Sur de Bolivar, Paris, Francia
La Confederación General del Trabajo del Estado Español (CGT).
Colectivo Coliche, La Rioja. España
El Comité de Solidaridad Internacionalista de Zaragoza. España
PASC Projet Accompagnement Solidarité Colombie. Canadá
CO.S.A.L. XIXÓN(Comité de Solidaridad con America Latina de Xixon)
ASSIA (Acción Social Sindical Internacionalista).Estado Español
Komite Internazionalistak de Euskal Herria-País Vasco
Comitato di Solidarietà con i Popoli del Latino America Carlos Fonseca (Italie)
Colectivo Iquique de la Universidad de Zaragoza. Estado español
Colombie
RedHer Colombia (Red de Hermandad y Solidaridad con Colombia)
Aca - Asociación Campesina De Antioquia
Acader - Asociación Campesina Para El Desarrollo Rural- Cauca
Afasba - Asociación De Familias Agromineras Del Sur De Bolívar y Bajo Cauca Antioqueño
Alianza De Mujeres De Cartagena: "Nelson Mándela"
Amar – Arauca
Ascatidar – Arauca
Asedar – Arauca
Asoagros - Asociación De Agrosembradores. Valle
Asociación Agroambiental Y Cultural De Taminango – Nariño
Asociación Agrominera Del Rio Saspí – Nariño
Asociación De Arrierros De La Montaña De Samaniego – Nariño
Asociación De Mujeres Y Familias Campesinas Sanpableñas - Cima Nariño
Asociación Movimiento Campesino De Cajibío – Cauca
Asociación Agroambiental Y Cultural De Arboleda – Nariño
Asojer – Arauca
Asonalca – Arauca
Asoproa – Antioquia
Cabildo Indígena del Sande Nariño
Cabildo Indígena de Betania Nariño
Cecucol - Centro Cultural Las Colinas. Valle
Ced Ins - Instituto Nacional Sindical
Cima - Comité De Integración Del Macizo Colombiano
Cisca - Comité De Integración Social Del Catatumbo
Cna – Choco
Cna - Coordinador Nacional Agrario
Cna Huila
Colectivo Icaria – Antioquia
Colectivo Orlando Zapata – Antioquia
Colectivo Soberanía Y Naturaleza
Colectivo Surcando Dignidad – Valle
Comité De Integración Del Galeras - Ciga Nariño
Confluencia De Mujeres Para La Acción Pública
Confluencia De Mujeres Para La Acción Pública – Antioquia
Confluencia De Mujeres Para La Acción Pública – Atlántico
Confluencia De Mujeres Para La Acción Pública – Centro
Confluencia De Mujeres Para La Acción Pública – Eje Cafetero
Confluencia De Mujeres Para La Acción Pública – Nororiente
Confluencia De Mujeres Para La Acción Pública – Suroccidente
Comité De Derechos Humanos De La Montaña De Samaniego – Nariño
Consejo Comunitario Del Remate Rio Telembi Nariño
Coordinador Nariñense Agrario
Corporación "Somos Mujer y Nación"
Corporación Aury Sará Marrugo
Corporación Jurídica Libertad – Medellín
Corporación Sembrar
Corporación Social Nuevo Día – Medellín
Cospacc - Corporación Social Para El Asesoramiento Y Capacitación Comunitaria
Cut  - Subdirectiva Arauca
Escuelas Agroambientales De La Unión – Nariño
F.C.S.P.P. - Fundación Comité De Solidaridad Con Los Presos Políticos
Fcspp - Seccional Valle
Fedeagromisbol - Federación Agrominera Del Sur De Bolívar
Fedejuntas – Arauca
Frente De Mujeres Populares De Bolívar
Fundación De D.H Joel Sierra – Arauca
Fundación Del Suroccidente Y Macizo Colombiano - Fundesuma Nariño
Fundación Territorios Por Vida Digna – Cauca
Fundación Tomas Moro –Sucre
Kavilando – Antioquia
Lanzas Y Letras – Huila
Movimiento De Mujeres De Los Pueblos De Nariño
Movimiento Juvenil De Nariño
Movimiento Juvenil Macizo Joven De Nariño
Mujeres Sobre Ruedas
Nomadesc - Asociación Para La Investigación y Acción Social
Organizaciones Sociales De Arauca
Periódico Periferia – Medellín
Pup – Poder y Unidad Popular
Proceso Nacional Identidad Estudiantil- Palmira
Proceso Nacional Identidad Estudiantil-Cali
Red  De Jóvenes Populares De Cartagena
Red De Agrosembradores De La Cordillera Nariñense
Red De Chigreros De Guachavez – Nariño
Red De Familias Lorenceñas "Las Gaviotas" – Nariño
Red Proyecto Sur - Huila
 
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jeudi 1 mars 2012

Ciao Lucio, adesso sei un angelo: adieu à Lucio Dalla

Le chanteur-auteur-compositeur Lucio Dalla vient de mourir à Montreux d'une crise cardiaque. Il avait 68 ans. C'était le plus doué, le plus chaleureux, le plus humouristique, le plus jazzy des chanteurs de la génération surgie dans les années 60. Il rejoint au paradis des artistes Fabrizio De André. Il avait percé avec sa chanson 4 Marzo 1943 (sa date de naissance) au Festival de San Remo de 1971. Les organisateurs du festival l'avaient contraint à changer le refrain.
4 Marzo 1943
Lucio Dalla
Parole: Paola Pallottino
Dice che era un bell'uomo
e veniva, veniva dal mare...
parlava un'altra lingua...
però sapeva amare;
e quel giorno lui prese mia madre
sopra un bel prato..
l'ora più dolce
prima di essere ammazzato.
Così lei restò sola nella stanza,
la stanza sul porto,
con l'unico vestito
ogni giorno più corto,
e benché non sapesse il nome
e neppure il paese
m'aspetto' come un dono d'amore
fino dal primo mese.
Compiva sedici anni quel giorno
la mia mamma,
le strofe di taverna
le cantò a ninna nanna!
e stringendomi al petto che sapeva
sapeva di mare
giocava a far la donna
col bimbo da fasciare.
E forse fu per gioco,
o forse per amore
che mi volle chiamare
come nostro signore.
Della sua breve vita, il ricordo,
il ricordo più grosso
e' tutto in questo nome
che io mi porto addosso.
Versione originale censurata:
E anche adesso che bestemmio
e bevo vino,
per ladri e puttane
sono Gesù Bambino
Versione “ufficiale”:
E ancora adesso che gioco a carte
e bevo vino
per la gente del porto
mi chiamo Gesù bambino.
E ancora adesso che gioco a carte
e bevo vino
per la gente del porto
mi chiamo Gesù bambino.

Se io fossi un angelo (Si j'étais un ange) (1985) à NY Madison Square Garden (Live1995)


Se io fossi un angelo
chissà cosa farei
alto, biondo, invisibile
che bello che sarei
e che coraggio avrei
sfruttandomi al massimo
è chiaro che volerei
zingaro libero
tutto il mondo girerei
andrei in Afganistan
e più giù in Sudafrica
a parlare con l'America
e se non mi abbattono
anche coi russi parlerei
angelo se io fossi un angelo
con lo sguardo biblico li fisserei
vi do due ore, due ore al massimo
poi sulla testa vi piscerei
sulle vostre belle fabbriche
di missili, di missili
se io fossi un angelo, non starei nelle processioni
nelle scatole dei presepi
starei seduto fumando una marlboro
al dolce fresco delle siepi
sarei un buon angelo, parlerei con Dio
gli ubbidirei amandolo a modo mio
gli parlerei a modo mio e gli direi
" Cosa vuoi tu da me tu"
" I potenti che mascalzoni e tu cosa fai li perdoni"
" ma allora sbagli anche tu"
ma poi non parlerei più
un angelo non sarei più un angelo
se con un calcio mi buttano giù
al massimo sarei un diavolo
e francamente questo non mi va
ma poi l'inferno cos'è
a parte il caldo che fa
non è poi diverso da qui
perché io sento che, son sicuro che
io so che gli angeli sono milioni di milioni
e che non li vedi nei cieli ma tra gli uomini
sono i più poveri e i più soli
quelli presi tra le reti
e se tra gli uomini nascesse un ancora Dio
gli ubbidirei amandolo a modo mio
a modo mio...