De acuerdo con el análisis que el criminólogo José Luis Mejía Contreras hace del material fotográfico que aquí se muestra, la escena donde 22 personas perdieron la vida en un presunto enfrentamiento con militares en Tlatlaya (el 30 de junio), fue “totalmente manipulada”. Los cuerpos de 14 de los fallecidos fueron “sembrados” y “desaparecieron evidencias”. Las imágenes le permiten afirmar al especialista que los fallecidos fueron sometidos y posteriormente fueron asesinados con disparos realizados a menos de 30 centímetros de distancia.
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Le lundi 30 juin 2014,
dans la localité de Tlatlaya, située dans l'État de Mexico (à ne pas
confondre avec le District fédéral où se trouve la capitale, à 230 km de là),
à la frontière avec l'État de Guerrero, un incident mystérieux impliquait des
soldats du 102ème Bataillon d'Infanterie et des jeunes hommes
présentés comme des criminels auteurs d'un enlèvement crapuleux de plusieurs
femmes, qui se touvaient dans une boutique sans portes ni fenêtres. Bilan :
22 morts parmi les "criminels", aucune victime du côté des
militaires. Les faits se sont passés entre 7 et 8 heures du matin, les
services du procureur n'ont été avertis par l'armée qu'à 10 h 30 et les
médias ne sont arrivés sur les lieux qu'à 16 h. quand les corps avaient déjà
été empotés, ne pouvant voir que leurs 3 véhicules, chargés sur des camions
et portant peu de traces du prétendu échange de tirs.
Le 26 septembre, l'agence d'images mvt de Mexico recevait une enveloppe, déposée anonymement, contenant 22 photos des victimes de la tuerie, prises avec un appareil à basse définition. Celles-ci ont été analysées par des criminologues, qui ont conclu que toutes les victimes avaient toutes été abattues de face, par des tirs à très faible distance (30 cm), qu'il n'y avait aucune douille de balle sur les lieux où était censée avoir eu lieu la fusillade, et que les corps avaient de toute évidence étaient "semés" sur la scène censée du crime. Bref, une sinistre mise en scène. Désormais, au nom de la guerre contre le crime organisé, l'armée et les autres forces de "sécurité" mexicaines recourent à la méthode colombienne dite des "faux positifs", qui consiste à présenter des victimes d'exécutions extrajudiciaires, en particulier des jeunes des quartiers défavorisés, comme des guérilléros, en organisant des mises en scène après leur exécution. Une pratique qui, dans le cas du Mexique, a été condamnée par la délégation de l'Union européenne et l'organisation US Human Rights Watch.
Pour voir les photos (âmes sensibles, s'abstenir), cliquer sur l'image
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Alliance zapatiste de libération sociale, fondée à Paris le 12 mars 1995 Liberté, justice, démocratie, partout et pour tous! التحالف الزباتي من أجل التحرر الاجتماعي تأسس بباريس في 12 مـــارس 1995. حرية، عدالة، ديمقراطية في كل مكان وللجميــــــع yekfibasta[at]gmail.com :للاتصال
mardi 14 octobre 2014
Las ejecuciones de Tlatlaya: un falso positivo* a la mexicana Les exécutions de Tlatlaya : un faux positif à la mexicaine
Thomas Sankara vit !
Commémorations à Ouagadougou, Bobo Dioulasso, Montpellier,
Bayonne, Paris, Genève, Lausanne, Torino, Milano, London, Montréal, New York.
Programme : http://thomassankara.net/spip.php?article1668
Programme : http://thomassankara.net/spip.php?article1668
dimanche 12 octobre 2014
12 de Octubre 12th October 12 Octobre 12 Ottobre
¡Ni día
de la Raza, ni de la Hispanidad, ni del Encuentro entre dos mundos, ni de
ninguna otra tontería soporífera, aquel fue el día del Inicio del genocidio y
de la Resistencia que aún persiste, contra los Conquistadores de cualquier
color!
Ni
Journée de la Race, ni de l'Hispanité, ni de la Rencontre des deux mondes, ni
d'aucun autre boniment soporifique, ce 12 octobre 1492 fut celui du début du
génocide et de la Résistance qui continue, contre les Conquistadors de tout
poil !
Not a Columbus'
Day, nor a Day of the Race, nor of Hispanic Heritage, nor of the Encounter
between two worlds, nor any other soporific idiocy: this was the opening day of
genocide and of the resistance that still goes on against the Conquistadors,
whatever their colour!
Libellés :
12 Octobre,
Abya Yala,
Amériques,
Journée de la résistance indigène
mardi 7 octobre 2014
Mexique-"Y el señor andaba bailando": la nuit d'Iguala
Español México – "Y el señor andaba bailando": la noche de Iguala
par Fausto Giudice, 7/10/2014

Une des structures les plus importantes issues de la Révolution sont les écoles normales rurales, qui forment les instituteurs ruraux, généralement eux-mêmes issus de milieux paysans et indiens (les Mexicains disent "indigènes"). Vivant en internat, les normaliens alternent formation théorique et pratique, passant la quatrième année de leur cursus comme instituteurs-stagiaires dans une école primaire rurale. Le gouvernement d'Enrique Peña Nieto veut tout simplement les liquider comme "résidu anachronique", arguant que, désormais, on n'en a plus besoin. Cela entraînerait tout bonnement la disparition de l'école de base dans toutes les zones rurales abandonnées par l'État. Les normaliens font donc de la résistance depuis plusieurs années, payant un lourd tribut : 2200 d'entre eux ont été arrêtés depuis 2000.
Les luttes des normaliens sont des luttes de survie, donc violentes. Les lieux et
objets emblématiques de ces luttes sont les autobus, les péages d'autoroutes et
les boîtes en fer blanc. Explications : les normaliens ont en permanence la
fringale et le ventre vide, vu que le gouvernement leur coupe les vivres. Ils
sont obligés de financer eux-mêmes leurs déplacements entre les écoles où ils
sont internés, leur lieu d'origine et les localités où ils font leurs stages.
Ils récupèrent donc des autobus privés ou publics, occupent – "libèrent"
- des péages d'autoroutes, dont ils demandent aux préposés de dégager et
démontent les caméras de surveillance et organisent des "coperachas",
des collectes d'argent, parfois un peu trop insistantes, ce qui déclenche
parfois des bagarres généralisées, par exemple avec les chauffeurs de taxis
collectifs, de bus ou de camions qui s'insurgent contre ce "racket".
Les malheureux chauffeurs ont des circonstances atténuantes: ils sont déjà
soumis aux exigences de "mordida" (orig. morsure), le bakchich
traditionnel prélevé sous tout prétexte par les policiers, et au racket des
gangs criminels. Mais le plupart des gens sollicités acceptent sans problèmes
de mettre un petit billet dans les boîtes de conserves tendues par les normaliens
en lutte, qui pourraient être leurs enfants ou leurs petits frères.
Entretemps, les normaliens ont participé activement et en masse au grand rassemblement du 2 octobre sur le Zócalo de Mexico en commémoration de Tlatelolco.
Pour demain mercredi 8 octobre, est prévue au même
endroit une grande manifestation contre la boucherie d'Iguala, qui s'ajoute à
la longue liste qui va de Tlateloclo à Acteal, en passant par Aguas Blancas en
1995 et le massacre d'étudiants dit du Jour de Corpus Christi, le 10 juin 1971,
effectué par le groupe clandestin des Halcones, les "faucons" formés
par la CIA, crime pour lequel le président d'alors, Luis Echeverría Álvarez, inculpé en 2005,
a bénéficié d'un non-lieu pour "absences de preuves" en 2009.
Faudra-t-il attendre l'an 2048 pour que des poursuites soient engagées contre
le président Enrique Peña Nieto, auquel les deux premiers responsables du
massacre d'Iguala sont étroitement liés ?
Ces deux hommes sont :
par Fausto Giudice, 7/10/2014
Un maire mafieux, complice d'un gouverneur d'État mafieux, couvert par un Président mafieux,
donne l'ordre à ses hommes de tuer puis va danser, pendant que les tueurs
agissent dans la nuit, tuant, blessant, kidnappant des jeunes étudiants en lutte,
mais aussi des passants, des footballeurs, des passagers de taxi, bref tout ce
se trouve sur le parcours de leurs projectiles. Bilan provisoire de l'horreur
qui vient d'ensanglanter la ville d'Iguala de la Independencia : 49 morts, 17
blessés, 22 policiers municipaux détenus, un maire en fuite, recherché par
Interpol, et un pays tétanisé par ce nouvel épisode la chronique noire d'une
plongée dans l'abîme. Retour sur les événements de la nuit d'Iguala.
D'abord un peu d'histoire et de géographie.
Les scènes se passent dans l'État du Guerrero, dans le sud du Mexique, nommé d'après Vicente Guerrero, le 2ème président éphémère (8 mois) du Mexique indépendant au destin tragique : venu au pouvoir par un coup d'État, il fut destitué par un autre coup d'État et capturé puis fusillé par un acte de traîtrise (une invitation à déjeuner) préfigurant un acte similaire qui provoquera la mort, presque un siècle plus tard, d'Emiliano Zapata. Le Guerrero, connu à l'étranger, pour son haut lieu de cauchemar climatisé touristique d'Acapulco –une Babylone du Pacifique – est à l'image du reste du Mexique : livré à la prédation sauvage de la part d'un conglomérat de groupes criminels –narco-gangs, partis politiques, policiers pourris, bureaucrates corrompus, entrepreneurs mafieux, élus par achat de votes - collaborant tous entre eux. Ce pauvre Mexique, "si loin de Dieu et si proche des USA", est aujourd'hui réduit à l'état d'une Colombie, où les frontières entre "politique" et "parapolitique" (terme colombien désignant les représentants parlementaires des groupes paramilitaires auxquels l'armée et la police sous-traitent le "sale travail") se sont effacées, connaît une très forte conflictualité sociale. Les conflits qu'il vit portent sur des thèmes universels : la terre, l'eau, l'éducation, la santé, bref la défense des communs contre la prédation qui, au nom du marché, détruit le cadre de vie et les conditions mêmes de survie de la population. Une des batailles les plus spectaculaires qui se livre depuis des années concerne l'éducation. Dans ce domaine comme dans d'autres (la structure agraire) les régimes qui se sont succédé au Mexique depuis 20 ans ont tous poursuivi le plan visant à démanteler les acquis de la Révolution mexicaine de 1910, autrement dit l'éducation libre et gratuite pour tous.
D'abord un peu d'histoire et de géographie.
Les scènes se passent dans l'État du Guerrero, dans le sud du Mexique, nommé d'après Vicente Guerrero, le 2ème président éphémère (8 mois) du Mexique indépendant au destin tragique : venu au pouvoir par un coup d'État, il fut destitué par un autre coup d'État et capturé puis fusillé par un acte de traîtrise (une invitation à déjeuner) préfigurant un acte similaire qui provoquera la mort, presque un siècle plus tard, d'Emiliano Zapata. Le Guerrero, connu à l'étranger, pour son haut lieu de cauchemar climatisé touristique d'Acapulco –une Babylone du Pacifique – est à l'image du reste du Mexique : livré à la prédation sauvage de la part d'un conglomérat de groupes criminels –narco-gangs, partis politiques, policiers pourris, bureaucrates corrompus, entrepreneurs mafieux, élus par achat de votes - collaborant tous entre eux. Ce pauvre Mexique, "si loin de Dieu et si proche des USA", est aujourd'hui réduit à l'état d'une Colombie, où les frontières entre "politique" et "parapolitique" (terme colombien désignant les représentants parlementaires des groupes paramilitaires auxquels l'armée et la police sous-traitent le "sale travail") se sont effacées, connaît une très forte conflictualité sociale. Les conflits qu'il vit portent sur des thèmes universels : la terre, l'eau, l'éducation, la santé, bref la défense des communs contre la prédation qui, au nom du marché, détruit le cadre de vie et les conditions mêmes de survie de la population. Une des batailles les plus spectaculaires qui se livre depuis des années concerne l'éducation. Dans ce domaine comme dans d'autres (la structure agraire) les régimes qui se sont succédé au Mexique depuis 20 ans ont tous poursuivi le plan visant à démanteler les acquis de la Révolution mexicaine de 1910, autrement dit l'éducation libre et gratuite pour tous.
Une des structures les plus importantes issues de la Révolution sont les écoles normales rurales, qui forment les instituteurs ruraux, généralement eux-mêmes issus de milieux paysans et indiens (les Mexicains disent "indigènes"). Vivant en internat, les normaliens alternent formation théorique et pratique, passant la quatrième année de leur cursus comme instituteurs-stagiaires dans une école primaire rurale. Le gouvernement d'Enrique Peña Nieto veut tout simplement les liquider comme "résidu anachronique", arguant que, désormais, on n'en a plus besoin. Cela entraînerait tout bonnement la disparition de l'école de base dans toutes les zones rurales abandonnées par l'État. Les normaliens font donc de la résistance depuis plusieurs années, payant un lourd tribut : 2200 d'entre eux ont été arrêtés depuis 2000.
Venons-en à Iguala de la Independencia. C'est une ville de 120 000
habitants, à mi-chemin de Mexico et d'Acapulco. Elle est entrée dans
l'histoire puisque c'est là que fut signé et proclamé le Plan d'Iguala,
déclaration d'indépendance du Mexique, fruit d'un accord entre Iturbide,
le monarchiste qui se voulait empereur et Guerrero, le libéral,
républicain et franc-maçon. Et c'est à Iguala, en ce même jour
historique du 24 février 1821, que le tailleur et coiffeur José Magdaleno
Ocampo inventa le drapeau mexicain. Jamais depuis la conquête espagnole Iguala n'avait si peu mérité son nom originel en langue
nahuatl (la langue des Aztèques) de yohualcehuatl, qui signifie "là où la nuit apporte la sérénité".
Ce qu'a apporté la nuit du vendredi 26 au samedi 27
septembre 2014 à Iguala, a été tout le contraire de la sérénité. Dans l'après-midi, les
normaliens en lutte de l'École normale rurale Raúl Isidro Burgos d' Ayotzinapa,
à 126 km de là, étaient arrivés en ville pour collecter de l'argent afin de
financer leur déplacement collectif vers la capitale, pour y participer à la
grande manifestation prévue le jeudi 2 octobre, en commémoration du massacre de
Tlatelolco. Le 2 octobre 1968, plusieurs centaines d'étudiants en lutte de la
capitale avaient été massacrés par des snipers des escadrons de la mort sur la
Place des Trois-Cultures. Ce traumatisme n'a jamais été guéri, le crime étant
resté impuni à ce jour, 46 ans plus tard. Symbole de la criminalité du pouvoir
en place, Tlateloco déclenche une prise de conscience qui conduit certains
militants étudiants à rejoindre la voie de la lutte armée, dans laquelle divers
militants se sont engagés durant les années 1960. Parmi eux Lucio Cabañas et
Genaro Vázquez, étudiants de cette même école d'Ayotzinapa. Lucio fonda le Parti
des Pauvres et tomba au combat le 2 décembre 1974, âgé de 36 ans. Genaro, plus
âgé que lui (il avait 7 ans de plus) et avec une déjà longue expérience de
lutte syndicale, passa à la lutte armée en 1968, après avoir été libéré de
prison par ses camarades, créant l'Asociación Cívica Nacional Revolucionaria (ACNR).
Il est mort le 2 février 1972 à Morelia, dans des circonstances restées
mystérieuses à ce jour : il semble qu'il ait été laissé mourir par les
militaires qui avaient découvert son identité suite à un accident de voiture
dans lequel il avait été gravement blessé.
Cabañas et Vázquez sont considérés comme des héros, au même titre que Che Guevara ou Emiliano Zapata, par les normaliens en lutte d 'aujourd'hui Ce vendredi-là, les normaliens se retrouvent en plein Iguala face aux policiers municipaux accompagnés de tueurs du gang criminel Guerreros Unidos, sous les yeux de militaires et de policiers fédéraux complices, qui laisseront faire. Les tueurs attaquent et tirent. Les normaliens se dispersent, les tueurs les poursuivent. Bilan de la nuit : 6 morts, 17 blessés graves et une soixantaine de normaliens disparus, c'est-à-dire kidnappés par les escadrons de la mort. La réaction de toute la société mexicaine est un mélange d'indignation et de résignation rageuse. Tout le monde se met à enquêter : la "justice" – le procureur ordonne l'arrestation de 22 policiers municipaux -, les citoyens, les médias. Quelques jours plus tard une douzaine de kidnappés réapparaissent, vivants. On vient de retrouver les corps des 43 autres, brûlés, dans 6 fosses communes.
Cabañas et Vázquez sont considérés comme des héros, au même titre que Che Guevara ou Emiliano Zapata, par les normaliens en lutte d 'aujourd'hui Ce vendredi-là, les normaliens se retrouvent en plein Iguala face aux policiers municipaux accompagnés de tueurs du gang criminel Guerreros Unidos, sous les yeux de militaires et de policiers fédéraux complices, qui laisseront faire. Les tueurs attaquent et tirent. Les normaliens se dispersent, les tueurs les poursuivent. Bilan de la nuit : 6 morts, 17 blessés graves et une soixantaine de normaliens disparus, c'est-à-dire kidnappés par les escadrons de la mort. La réaction de toute la société mexicaine est un mélange d'indignation et de résignation rageuse. Tout le monde se met à enquêter : la "justice" – le procureur ordonne l'arrestation de 22 policiers municipaux -, les citoyens, les médias. Quelques jours plus tard une douzaine de kidnappés réapparaissent, vivants. On vient de retrouver les corps des 43 autres, brûlés, dans 6 fosses communes.
![]() |
| Les travailleurs de l'Ecole normale d'Ayotzinapa exigent : -le châtiment des assassins de normaliens -la destitution des fonctionnaires complices Ayotzinapa unie jamais ne sera vaincue |
Entretemps, les normaliens ont participé activement et en masse au grand rassemblement du 2 octobre sur le Zócalo de Mexico en commémoration de Tlatelolco.
![]() |
| Zócalo, 2 octobre. Photos Argelia Zacatzi Pérezmezcali |
| Les normaliens exigent de revoir en vie leurs camarades disparus |
Ces deux hommes sont :
-
le maire d'Iguala,
actuellement "en fuite" et recherché par Interpol : après avoir donné
l'ordre à ses sbires de tirer sur les normaliens, dans la soirée, il est allé
danser. "Y el señor andaba bailando", commentait une présentarice de
télévision. L'homme a le profil classique du "parapolitique" mexicain
du XXIème siècle. José Luis Abarca Velázquez a commencé comme
marchands de sombreros sur les marchés, puis s'est retrouvé à la tête de grands
supermarchés et d'autres entreprises lucratives. L'explication du mystère de
son enrichissement est simple : c'est un blanchisseur d'argent du crime
organisé. Avec cet argent, il a pu s'acheter un poste de maire après s'être acheté
une place au PRD, le parti de la "Révolution démocratique", qui
mérite ses guillemets car il n'est qu'un PRI bis, c'est-à-dire, une machine
mafieuse de pouvoir (remarque en passant : les 2 partis sont membres de l'Internationale
socialiste, lisez ceci
si vous cherchez encore de bonnes raisons de vous foutre en colère. Mais bon,
l'IS a quand même attendu le 17 janvier 2011 pour exclure le RCD du dictateur
tunisien ben Ali, trois jours après chute et sa fuite, et le 31 janvier 2011
pour exclure le PND de Moubarak, 12 jours avant la chute de celui-ci). Le PRD a
bien sûr exclu Abarca de ses rangs…il y a deux jours, ce qui fait rire jaune
les Mexicains. Je vous mets sa photo, au cas où vous le croiseriez, Interpol
vous donnera une récompense. Sa page existe toujours sur Facebook, où son
dernier post, en date du 29 septembre, souhaite un bon dimanche à ses
administrés. Vous pouvez écrire à Mark Zuckerberg pour lui demander de
supprimer cette page, puisque c'est celle d'un criminel recherché par Interpol…
-
Le gouverneur du Guerrero,
Ángel Aguirre Rivero, lui aussi, bien sûr "militant" du PRD et élu en
2011. Lui aussi lié aux Guerreros Unidos, le gang local de narcotueurs et a
pratiqué les retours d'ascenseur avec Abarca, ce qui est normal puisqu'ils
mangeaient au même râtelier. Voici deux photos du bonhomme: la première, photoshopée, de sa campagne électorale de 2011 et la seconde, qui le montre sous
son vrai visage. Notez l'impudence du candidat, qui a carrément utilisé comme
message de sa campagne le subliminal "Unidos transformaremos
Guerrrero" (Unis nous transformerons Guerrero), qui évoquait immédiatement
ses narcocriminels d'amis, protecteurs et financeurs, les Guerreros Unidos.

lundi 6 octobre 2014
Alexis Tsipras, version 3.0 : coopté par la Sainte Alliance des Socialos* et des Jèzes**
Español
Alexis Tsipras, versión 3.0: cooptado por la Santa Alianza de los sociatas y los jesuatas
English
Alexis Tsipras version 3.0: co-opted by the Holy Alliance of Socrats and Jesucrats
Italiano
Alexis Tsipras, versione 3.0: cooptato dalla Santa Alleanza dei sociocratici e dei gesucratici
par Fausto Giudice, 6/10/2014
J’ai découvert l’existence d’Alexis Tsipras il y a pas mal d’années, quand il n’était que le jeune leader inconnu d’un groupuscule gauchiste dont personne n’avait entendu parler en dehors de son pays, la Grèce. C’était au hasard d’une navigation sur la toile, et j’avais trouvé une vidéo d’un groupe d’étudiants se livrant à une sorte de happening bondage sur Tsipras, qui, hilare, se laissait ficeler sur une chaise.
Ma première réaction
avait été : « Ach ! Die Junge Garde des Sekretariats ! » La jeune garde du
secrétariat : c’est ainsi qu’on appelait dans l’Allemagne des années 70
les jeunes socialistes, généralement de tendance gauchiste, qui, une fois
passée la trentaine, devenaient des caciques du parti social-démocrate. On a vu
le même phénomène dans toute la social-démocratie européenne.
« Wer hat uns verraten ? Sozialdemokraten. Wer hatte recht ?
Liebknecht ! »(« Qui nous a trahis ? Les sociaux-démocrates. Qui avait raison ? Liebknecht ! ») : ce refrain « rouge » des années 1920 est
revenu à la mode dans les années 1960, lorsque la jeunesse radicale – les
soixante-huitards avant la lettre – affrontait la social-démocratie, alliée
(déjà ? eh oui !) dans une « grande coalition » avec les
démocrates-chrétiens, mettant en œuvre son « aggiornamento » datant
de 1959, quand, à Bad Godesberg, le SPD avait officiellement et définitivement
abandonné toute référence marxiste, adoptant comme devise « Le marché
autant que possible, l'intervention publique autant que nécessaire».
Entre les années 1920 et les années 1960, bien de l’eau avait coulé sous les ponts de Berlin : à la chute du régime nazi, nos bons sociaux-démocrates, revenus dans les bagages des « libérateurs » alliés, se mirent naturellement au service de ceux-ci, tandis que leurs cousins communistes se lançaient dans l'aventure d'un socialisme prussien à l'ombre du Grand Frère soviétique.
Et c’est ainsi que l’on eut deux Allemagne pour le prix d’une, pendant 40 ans. Quand des étudiants en révolte distribuaient des tracts dans les rues de Berlin, Munich, Hambourg ou Francfort, contre la guerre du Vietnam pour contre les lois d’exception instaurées par la « grande coalition » noire-rouge, l’Allemand moyen qui passait par là leur lançait : « Si vous n’êtes pas contents, allez donc en face », autrement dit : « Si notre paradis démocratique capitaliste ne vous convient pas, allez donc vivre dans l’enfer est-allemand du ‘socialisme réel’ ». Le discours quotidien de Samaras et de l'Aube Dorée en Grèce contre les "rouges" ne fait que répéter ces vieilles litanies, longtemps après que l'URSS a disparu.
Puis vint 89 et la réunification. Ce ne sont pas seulement les territoires allemands qui ont été réunifiés, mais aussi le paysage politicien : tous les résidus de gauche communiste/stalinienne et de sociaux-démocrates critiques encore attachés au marxisme se sont eux aussi réunifiés pour constituer un parti qui s’est mis corps et âme sous la coupe des sociaux-démocrates, faisant taire ses dissidents par les méthodes habituelles en usage dans tous les partis atteints de crétinisme parlementaire. Ce parti, Die Linke, puisqu’il faut l’appeler par son nom, est aujourd’hui totalement entré dans le système de la démocratie représentative, parlementaire, corrompue et belliciste. C’est là que nous en revenons au camarade Tsipras.
Son parti, SYRIZA, est au moment où j’écris, crédité de 36% des intentions de vote. De nouvelles élections peuvent être annoncées à tout instant par le Premier ministre grec de droite, Samaras, qui est en discussion avec la patronne, j’ai nommé Angie, la chancelière Merkel, pour prendre une « décision », qui s’apparentera plus à un Diktat qu’à autre chose. Concrètement, les choses doivent se jouer en février prochain, lorsque le Parlement devra élire un nouveau président de la République. Il manque à la "grande coalition" Nouvelle démocratie-PASOK la vingtaine de députés nécessaires pour atteindre le quota nécessaire de voix nécessaire (180) pour valider l'élection. Il ne resterait alors qu'à Samaras qu'à dissoudre le parlement et organiser de nouvelles élections.
Donc, Tsipras se voit déjà en chef de gouvernement à Athènes. Mais vu que les résultats des élections démocratiques, dans la bonne vieille Europe démocratique, se décident dans les couloirs du pouvoir avant d’être sanctionnées par les urnes, il s’agite tous azimuts. Il faut qu’il obtienne le feu vert des patrons de l’Europe, qu’il trouve des alliés pour combler le gap entre les 36% dont il est crédité et les 51% (en fait moins, puisque dans le système grec, le parti venant en tête des élections reçoit un bonus de 50 sièges) dont il aurait besoin pour pouvoir « gouverner ». Il a donc adopté la voie du compromis et de la « rénovation ». D’abord, il a fait son possible pour se débarrasser de l’aile gauche de Syriza, sans y parvenir pour l'instant. Puis il a mis de l’eau dans son retsina, en cessant de tonitruer contre l’Union européenne, Bruxelles, Francfort et Berlin. Plus question de sortir de l’Euro. Plus question de refuser de payer la dette odieuse de la Grèce. Plus question d’organiser des manifestations de rue, des protestations populaires, pour répondre à l’énorme colère du peuple grec et la canaliser vers des lendemains qui chanteraient.
Le personnel de l’hôpital de Kilkis déclenche un mouvement d’occupation autogestionnaire de son hôpital menacé de fermeture. Qui s’y oppose et fait capoter le projet ? Les chefs syndicaux liés à Syriza.
Le personnel de médias condamnés à mort tente de se lancer dans des expériences autogestionnaires ? Syriza ne fait rien pour l'aider.
Les 595 femmes de ménage du ministère des Finances sont licenciées, pour tester les réactions à l'épuration des services publics exigée par la Troïka (Commission européenne-Banque centrale européenne, FMI) : elles organisent la résistance et appellent à une journée internationale de solidarité. Qui leur met des bâtons dans les roues, ordonnant à toutes ses sections d’Europe de ne pas répondre aux appels de comités locaux de solidarité avec le peuple grec ? Syriza.
Le gouvernement grec instaure de nouvelles taxes ubuesques (immobilière et sur le fuel domestique) pour pressurer la population, menacée des pires sanctions en cas de non-paiement. Qui refuse d’organiser des mouvements collectifs et solidaires de non-paiement des taxes iniques ? Syriza.
Pendant ce temps, le chef voyage. En septembre, il a été en quatre endroits, Thessalonique, Vienne (Autriche), Cernobbio (Italie) et…la Cité du Vatican. Il a sûrement fait d’autres voyages intéressants, mais, ne disposant pas d’un service de renseignement professionnel, je me contenterai d’évoquer ces quatre épisodes.
Alexis Tsipras, versión 3.0: cooptado por la Santa Alianza de los sociatas y los jesuatas
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Alexis Tsipras version 3.0: co-opted by the Holy Alliance of Socrats and Jesucrats
Italiano
Alexis Tsipras, versione 3.0: cooptato dalla Santa Alleanza dei sociocratici e dei gesucratici
par Fausto Giudice, 6/10/2014
J’ai découvert l’existence d’Alexis Tsipras il y a pas mal d’années, quand il n’était que le jeune leader inconnu d’un groupuscule gauchiste dont personne n’avait entendu parler en dehors de son pays, la Grèce. C’était au hasard d’une navigation sur la toile, et j’avais trouvé une vidéo d’un groupe d’étudiants se livrant à une sorte de happening bondage sur Tsipras, qui, hilare, se laissait ficeler sur une chaise.
Pour ma génération, pétrie d’histoire des révolutions écrasées en Europe, la
social-démocratie originelle – germanique et scandinave – a au plus tard en
1919 cessé d’être un parti de la classe ouvrière pour devenir, au mieux (dans
la Vienne rouge des années 1920) un parti pour la classe ouvrière. Quand la
classe ouvrière et les soldats allemands se soulèvent en 1918, emmenés par la Ligue
Spartakus de Rosa Luxembourg et Wilhelm Liebknecht, qui dirige la
répression ? Le social-démocrate Noske, rapidement surnommé le Bluthund
(chien de sang, ou chien de rouge) pour avoir, en tant que ministre de la
guerre, déclaré : « Il faut que quelqu'un fasse
le chien de sang : je n'ai pas peur des responsabilités ». C’est
Noske, appuyé par son parti, dirigé par Friedrich Ebert, bientôt président de
la minable république de Weimar, qui a organisé le massacre des ouvriers et
soldats organisés en conseils (soviets) à Kiel puis, en janvier 1919, à Berlin.
Ses corps francs assassinèrent, entre beaucoup d’autres, Rosa Luxembourg et
Karl Liebknecht.
![]() |
| Le quintette des "commissaires du peuple" sociaux-démocrates qui proclament la République de Weimar |
Entre les années 1920 et les années 1960, bien de l’eau avait coulé sous les ponts de Berlin : à la chute du régime nazi, nos bons sociaux-démocrates, revenus dans les bagages des « libérateurs » alliés, se mirent naturellement au service de ceux-ci, tandis que leurs cousins communistes se lançaient dans l'aventure d'un socialisme prussien à l'ombre du Grand Frère soviétique.
Et c’est ainsi que l’on eut deux Allemagne pour le prix d’une, pendant 40 ans. Quand des étudiants en révolte distribuaient des tracts dans les rues de Berlin, Munich, Hambourg ou Francfort, contre la guerre du Vietnam pour contre les lois d’exception instaurées par la « grande coalition » noire-rouge, l’Allemand moyen qui passait par là leur lançait : « Si vous n’êtes pas contents, allez donc en face », autrement dit : « Si notre paradis démocratique capitaliste ne vous convient pas, allez donc vivre dans l’enfer est-allemand du ‘socialisme réel’ ». Le discours quotidien de Samaras et de l'Aube Dorée en Grèce contre les "rouges" ne fait que répéter ces vieilles litanies, longtemps après que l'URSS a disparu.
Puis vint 89 et la réunification. Ce ne sont pas seulement les territoires allemands qui ont été réunifiés, mais aussi le paysage politicien : tous les résidus de gauche communiste/stalinienne et de sociaux-démocrates critiques encore attachés au marxisme se sont eux aussi réunifiés pour constituer un parti qui s’est mis corps et âme sous la coupe des sociaux-démocrates, faisant taire ses dissidents par les méthodes habituelles en usage dans tous les partis atteints de crétinisme parlementaire. Ce parti, Die Linke, puisqu’il faut l’appeler par son nom, est aujourd’hui totalement entré dans le système de la démocratie représentative, parlementaire, corrompue et belliciste. C’est là que nous en revenons au camarade Tsipras.
Son parti, SYRIZA, est au moment où j’écris, crédité de 36% des intentions de vote. De nouvelles élections peuvent être annoncées à tout instant par le Premier ministre grec de droite, Samaras, qui est en discussion avec la patronne, j’ai nommé Angie, la chancelière Merkel, pour prendre une « décision », qui s’apparentera plus à un Diktat qu’à autre chose. Concrètement, les choses doivent se jouer en février prochain, lorsque le Parlement devra élire un nouveau président de la République. Il manque à la "grande coalition" Nouvelle démocratie-PASOK la vingtaine de députés nécessaires pour atteindre le quota nécessaire de voix nécessaire (180) pour valider l'élection. Il ne resterait alors qu'à Samaras qu'à dissoudre le parlement et organiser de nouvelles élections.
Donc, Tsipras se voit déjà en chef de gouvernement à Athènes. Mais vu que les résultats des élections démocratiques, dans la bonne vieille Europe démocratique, se décident dans les couloirs du pouvoir avant d’être sanctionnées par les urnes, il s’agite tous azimuts. Il faut qu’il obtienne le feu vert des patrons de l’Europe, qu’il trouve des alliés pour combler le gap entre les 36% dont il est crédité et les 51% (en fait moins, puisque dans le système grec, le parti venant en tête des élections reçoit un bonus de 50 sièges) dont il aurait besoin pour pouvoir « gouverner ». Il a donc adopté la voie du compromis et de la « rénovation ». D’abord, il a fait son possible pour se débarrasser de l’aile gauche de Syriza, sans y parvenir pour l'instant. Puis il a mis de l’eau dans son retsina, en cessant de tonitruer contre l’Union européenne, Bruxelles, Francfort et Berlin. Plus question de sortir de l’Euro. Plus question de refuser de payer la dette odieuse de la Grèce. Plus question d’organiser des manifestations de rue, des protestations populaires, pour répondre à l’énorme colère du peuple grec et la canaliser vers des lendemains qui chanteraient.
Le personnel de l’hôpital de Kilkis déclenche un mouvement d’occupation autogestionnaire de son hôpital menacé de fermeture. Qui s’y oppose et fait capoter le projet ? Les chefs syndicaux liés à Syriza.
Le personnel de médias condamnés à mort tente de se lancer dans des expériences autogestionnaires ? Syriza ne fait rien pour l'aider.
Les 595 femmes de ménage du ministère des Finances sont licenciées, pour tester les réactions à l'épuration des services publics exigée par la Troïka (Commission européenne-Banque centrale européenne, FMI) : elles organisent la résistance et appellent à une journée internationale de solidarité. Qui leur met des bâtons dans les roues, ordonnant à toutes ses sections d’Europe de ne pas répondre aux appels de comités locaux de solidarité avec le peuple grec ? Syriza.
Le gouvernement grec instaure de nouvelles taxes ubuesques (immobilière et sur le fuel domestique) pour pressurer la population, menacée des pires sanctions en cas de non-paiement. Qui refuse d’organiser des mouvements collectifs et solidaires de non-paiement des taxes iniques ? Syriza.
Pendant ce temps, le chef voyage. En septembre, il a été en quatre endroits, Thessalonique, Vienne (Autriche), Cernobbio (Italie) et…la Cité du Vatican. Il a sûrement fait d’autres voyages intéressants, mais, ne disposant pas d’un service de renseignement professionnel, je me contenterai d’évoquer ces quatre épisodes.
À Thessalonique, Tsipras a présenté le programme (électoral)
de son parti. Commentaire de Giorgos Delastik, journaliste de
gauche : « À côté des engagements de Tsipras, ceux de Caramanlis
(Premier ministre de droite) en 2009 paraissent du pur gauchisme ». Rien à
ajouter.
A Vienne, Tsipras, invité par le Forum Bruno Kreisky, a fait un vibrant discours tendant la main aux sociaux-démocrates allemands et autrichiens pour, ensemble « sauver l’Union européenne » des méchants néolibéraux de Berlin et Francfort : « Nous allons gagner les prochaines élections, nous aurons besoin de vous ». Bref, on l’aura compris, SYRIZA se présente tout simplement comme le nouveau PASOK et je vous fiche mon billet qu’il ne va pas tarder à être coopté dans l’Internationale socialiste. Je recommande la lecture de ce morceau d’anthologie aux lecteurs qui comprennent l’anglais, il vaut son pesant de sel marin ionien : http://yanisvaroufakis.eu/2013/09/24/alexis-tsipras-at-the-kreisky-forum-vienna-the-complete-speechaddress-to-austrian-social-democrats/.
A Vienne, Tsipras, invité par le Forum Bruno Kreisky, a fait un vibrant discours tendant la main aux sociaux-démocrates allemands et autrichiens pour, ensemble « sauver l’Union européenne » des méchants néolibéraux de Berlin et Francfort : « Nous allons gagner les prochaines élections, nous aurons besoin de vous ». Bref, on l’aura compris, SYRIZA se présente tout simplement comme le nouveau PASOK et je vous fiche mon billet qu’il ne va pas tarder à être coopté dans l’Internationale socialiste. Je recommande la lecture de ce morceau d’anthologie aux lecteurs qui comprennent l’anglais, il vaut son pesant de sel marin ionien : http://yanisvaroufakis.eu/2013/09/24/alexis-tsipras-at-the-kreisky-forum-vienna-the-complete-speechaddress-to-austrian-social-democrats/.
A Cernobbio, au bord du Lac de Côme, Tsipras était invité dans
la Villa d’Este –le "plus bel hôtel du monde" - au Forum annuel de la
Fondation Ambrosetti, une sorte de Club Bilderberg bis, à visage un peu plus
humain, mais avec les mêmes objectifs et méthodes : rassembler les gens
qui comptent dans le monde pour mettre au point les tactiques de pouvoir pour
la période à venir.
Enfin, cerise sur le gâteau, notre brave Alexis s’est rendu
à la Cité du Vatican pour y rencontrer Sa Sainteté en personne pendant 35
minutes, au sortir desquelles notre Premier ministre in spe a constaté,
"étonné", de nombreuses convergences entre Syriza et l’Église
catholique, apostolique et romaine. Notre bon jésuite de Bergoglio a eu, lui,
une exquise petite phrase : « Tsipras n’est pas de gauche, c’est
seulement son programme qui l’est ». Sous-entendu : les programmes,
ça peut se changer. Pour son audience, Tsipras était encadré par deux drôles de
personnages fleurant bon l’Empire austro-hongrois et qui n'auraient pas déparé
dans une pièce de théâtre de boulevard viennois, Walter Baier et Franz
Kronreif.
Le premier a été le fossoyeur du Parti communiste autrichien, dont il a liquidé
la structure et les biens, vendant notamment à des fascistes un immeuble
squatté par des artistes de gauche. Il est ensuite devenu l’athée de service du
Vatican, ayant sa place attitrée aux rencontres œcuméniques annuelles d’Assise,
auxquelles participent chrétiens, juifs, musulmans, bouddhistes et…athées,
considérés comme une confession parmi
d’autres. Autrement dit, à la question : « Quelle est ta
religion ? », à Assise, on peut tranquillement répondre :
« Athée ». Officiellement, Baier est le coordinateur de Transform !
Europe, la danseuse, pardon, le « think tank » du Parti de gauche
européen, essentiellement porté par Die Linke allemande et sa fondation
Rosa-Luxembourg, dotée par l’État allemand d’un confortable matelas de millions
d’euros, qui lui permettent de financer des revues que personne ne lit et de
distribuer des tracts sur papier glacé dans les Forums sociaux mondiaux, où ses « militants » sont
logés dans hôtels 5 étoiles, ou à la rigueur 4.
Le second est un des responsables du mouvement des Focolari, qui est l’un des « mouvements de masse » du Vatican, complétant le travail que font Comunione e Liberazione e la Communauté de Sant’Egidio. Les Focolari sont aussi œcuméniques au sens très large, accueillant non seulement des protestants, mais même des musulmans et des athées.
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| Baier (à g.) et Kronreif avant l'audience |
Le second est un des responsables du mouvement des Focolari, qui est l’un des « mouvements de masse » du Vatican, complétant le travail que font Comunione e Liberazione e la Communauté de Sant’Egidio. Les Focolari sont aussi œcuméniques au sens très large, accueillant non seulement des protestants, mais même des musulmans et des athées.
Notre jésuite de pape est un sacré matou. Il a déclaré en juin dernier : «Io dico solo che i
comunisti ci hanno derubato la bandiera. La bandiera dei poveri è cristiana. La
povertà è al centro del Vangelo. I poveri sono al centro del Vangelo»
(Je dis seulement que les communistes
nous ont volé notre drapeau. Le drapeau des pauvres est chrétien. La pauvreté
est au centre de ‘l’Évangile. Les pauvres sont au centre de l’Évangile). Et les
35 minutes d’audience ont battu le record de durée jamais accordé par un pape à
un quelconque dirigeant de gauche. Mais faut ce qu’il faut pour non seulement arracher aux
cocos le drapeau qu’ils vous ont volé mais même les convertir à "la doctrine sociale" de l’Église catholique, apostolique et romaine.
Pour conclure : adoubé par la social-démocratie
germanique, coopté par la fine fleur des décideurs politico-économiques du
continent, et béni par Sa Sainteté, Alexis Tsipras est désormais en orbite,
très loin du peuple martyr qui a fait de lui ce qu’il paraît être. Toute la
question reste de savoir s’il saura éviter le sort d’Iridium 33 et Kosmos 2251,
deux autres satellites artificiels qui se pulvérisèrent mutuellement lors d’une
collision dans l’espace en 2009. Le satellite Tsipras 3.0 risque bien, lui, de
s’auto-pulvériser et il n’y aura personne pour verser une larme sur son sort. Il
l’aura bien cherché.
Je crois comprendre le mélange de désespoir et d'espérance
du peuple grec et de ses ailes marchantes. Camarades, je n'ai qu'une chose à
vous dire : faites votre le slogan de nos frères zapatistes : "Tout pour
tous ! Commander en obéissant !" La seule issue réside en bas, dans auto-organisation, à partir des besoins réels des gens, pour la défense des
communs, au-delà des clivages idéologiques et sectaires, meurtriers et
stériles. Tout le reste n'est que simulacre.
*Socialos : sociaux-démocrates en vieil argot français
**Jèzes : jésuites en vieil argot français
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