mardi 20 janvier 2009

La dernière arme secrète d'Israël

par Ayman El Kayman, 20/1/2009

Peres, Livni, Olmert, Barak, sans oublier l’inénarrable Olivier Rafkowitz, chargé des relations publiques francophone de Tsahal : chaque fois qu’ils prononcent ce mot, ils ont l’air d’expectorer, de cracher un gros mot.
Ils ne disent jamais « Hamas », mais « Khamas », remplaçant le « H » par un « kh », équivalent de la jota espagnole. Hamas, acronyme de harakat al-muqâwama al-'islâmiya (حركة المقاومة الإسلامية) - mouvement de la résistance islamique - s’écrit avec un « h », ح en arabe, mais dans leur bouche, le ح devient خ .

Or, khamas, en hébreu moderne, veut dire « vol, spoliation»!

Ainsi donc, le message subliminal qui sort de la bouche du moindre porte-parole de l’État-voyou, chaque fois qu’il parle du « khamas », est d’emblée négatif, aussi bien pour les oreilles hébreues que pour les oreilles arabes, puisque, en arabe, la lettre « khâ » exprime la …merde. Une mère de famille dit à son enfant : « ne touche pas ça, c’est khâ ». Ainsi pour tout Arabe, le ministre égyptien des Affaires étrnagères mérite bien son nom puisqu’il s’appelle Abul Gheith (littéralement le père de la merde).
Ce choix délibéré de la part des Grands Linguistes Israéliens est d’autant plus pervers que le « Chet » (ח), la huitième lettre de l’alphabet hébreu, représente traditionnellement la lumière et la vie. Mais il ne faut s’étonner de rien de la part de chefs qui ont choisi le shabbat de la Hannoukah – la Fête des Lumières - pour déclencher leur opération « plomb jeté » (et non pas « plomb durci », comme on s’obstine à nous le répéter) sur Gaza.
La question que je me pose est celle-ci : les correspondants et envoyés spéciaux des médias audiovisuels occidentaux en Israël, qui reprennent presque tous cette prononciation israélienne de « khamas » sont-ils conscients qu’ils se font complices de l’utilisation d’une ALSDM (arme linguistique secrète de destruction massive) ?
Les juristes internationaux devraient de toute urgence se pencher sur la notion de crime de guerre linguistique.
Ayman El Kayman, enquêteur de l’AIEL (Agence internationale de l’énergie linguistique)
Bonne semaine, quand même !
Que la Force de l’esprit soit avec vous !
...et à mardi prochain !

lundi 19 janvier 2009

En Palestine, la Résistance s’appelle Hamas

Le Hamas n’est pas un mouvement terroriste puisqu’il se bat pour la récupération des terres palestiniennes spoliées par l’État sioniste
Par Ginette Hess Skandrani, 19 janvier 2009
L’auteure
Ginette Hess Skandrani est une vétérane des luttes anticolonialistes, antimilitaristes et antinucléaires, depuis le soutien apporté au FLN algérien dans son Alsace natale pendant la guerre d’indépendance algérienne jusqu’au soutien indéfectible qu’elle apporte à la résistance palestinienne depuis 1966, en passant par la lutte contre la centrale nucléaire de Fessenheim, les essais nucléaires français dans le Pacifique, l’installation des fusées Pershing en Allemagne, le soutien aux luttes populaires contres les dictatures algérienne et tunisienne, le soutien au peuple irakien pendant la première et la deuxième guerre d’Irak et durant toute la période d’embargo, la première et la deuxième Intifada en Palestine occupée.Co-fondatrice des Verts français en 1984, elle a fondé l’association La Pierre et L’Olivier en 1990 et l’Alliance zapatiste de libération sociale en 1995. Elle a été exclue des Verts en 2007 pour avoir défendu le projet d’un seul État démocratique en Palestine, le seul qui lui semble viable.

Le Hamas, mouvement de résistance islamique tel qu’il se définit, est actuellement le plus important des mouvements palestiniens. Il est d’obédience musulmane, ce qui me semble tout à fait logique vu qu’il a vu le jour dans un pays musulman, alors que tous les membres et sympathisants de ce mouvement ne sont pas forcément musulmans. Beaucoup de mes amis du FPLP, souvent chrétiens, qui avaient essayé de concilier marxisme et nationalisme arabe, ont fini par rejoindre le Hamas pour continuer la résistance, une fois que le FPLP avait renoncé à la lutte armée. Le Hamas s’est d’ailleurs toujours présenté comme un « mouvement de résistance palestinien ». La dénomination Hamas a été délibérément choisie en raison du rapprochement avec le même mot en arabe, qui signifie « ardeur, zèle », sur le modèle de l'acronyme inversé Fatah.
Le Hamas a été crée en décembre 1987 par le Cheikh Ahmed Yassine au moment de la première Intifada dans laquelle ce mouvement s’était largement investi à côté des mouvements représentés dans l’OLP et des différents comités crées pour l’occasion. Cheikh Yassine, paraplégique et en fauteuil roulant, a passé dix ans de 1994 à 2004 dans les prisons de l’occupant. Le Hamas s’était inspiré à ses débuts du mouvement des Frères musulmans pour se transformer au fur et à mesure de ses combats en un mouvement de résistance et de reconquête des terres spoliées par Israël en 1948, lors de la création de l’État sioniste et celles annexées en 1967, créant des centaines de milliers de réfugiés.
Le Hamas, ainsi que le Jihad islamique, étaient des mouvements tolérés sinon soutenus, par Israël, pour affaiblir l’OLP. Les sionistes voyaient d’un très bon œil ces mouvements religieux car ils s’imaginaient pouvoir les cantonner dans les mosquées. Ils se sont bien trompés, car chaque Palestinien, croyant, pratiquant, ou non, est avant tout un patriote et cherchera toujours à défendre la terre de ses ancêtres.
Les attaques de sa branche armée visent indistinctement civils et militaires israéliens et déstabilisent l’occupant qui a fait pression sur toute la communauté internationale, afin de mettre ce mouvement, sur la liste des organisations terroristes établie par le Conseil de l’Europe, du Canada, du Japon et des USA. Sur cette liste figure également le FPLP.En revanche, pour la Grande-Bretagne et l'Australie, seule la branche armée du Hamas est classée comme terroriste ; pour l'Afrique du Sud, la Russie, la Norvège, le Brésil et d'autres pays, le Hamas n'est pas classé comme terroriste.
Par ailleurs le mouvement a créé un vaste réseau d'assistance sociale en Cisjordanie et dans la Bande de Gaza, et a remporté les élections législatives palestiniennes de 2006 et dirigé deux gouvernements successifs de l'Autorité palestinienne. Le groupe se concentre sur l'aide sociale et médicale, sur des projets religieux et une intense action d’aide aux familles. Il a acquis la confiance de l’ensemble de la population palestinienne.
Le Hamas, comme le FPLP (Front populaire de libération de la Palestine, crée par Georges Habache) ont rejeté les accords d'Oslo de novembre 1993 signés entre Israël et l’OLP, qui ont donné naissance à l’Autorité nationale palestinienne. Le 16 avril 1993, le Hamas a revendiqué la première opération kamikaze qu'il a organisée, elle a été perpétrée contre un bus à Mehola Junction dans la Vallée du Jourdain.
Avant la seconde Intifada, le Hamas a inauguré l'utilisation des attentats-suicides contre des civils israéliens (notamment à Hadera, en avril 1994) et contre des soldats et a étendu la résistance pendant les années du soulèvement palestinien, particulièrement durant la seconde Intifada. Le chef historique du mouvement, le cheikh Ahmed Yassine, est assassiné dans sa chaise roulante, lors d'une attaque ciblée de l'armée israélienne le 22 mars 2004, sur ordre d'Ariel Sharon. Son successeur Abdelaziz Al Rantissi est également assassiné quelques jours après sa désignation. Le changement de direction à la tête du Hamas entraîne un changement de stratégie du mouvement qui a commencé à s'impliquer davantage dans la vie politique. Des représentants du Hamas se sont présentés aux élections municipales palestiniennes de 2005.
Le succès aux municipales a fait apparaître le Hamas comme une opposition politique importante face au Fatah, un an avant les législatives prévues pour janvier 2006. Il apparaît comme une organisation intègre et proche des gens face au Fatah embringué dans des histoires de détournement d’aides internationales et très bureaucratique.En tant que parti de résistance, le Hamas est opposé au partage de son territoire avec Israël et a dénoncé les accords d'Oslo vus comme une trahison de la volonté du peuple. Le Hamas est pour une Palestine arabe, une terre où tous ceux qui le veulent peuvent vivre ensemble quelle que soit leur religion.Le 26 janvier 2006, le Hamas a remporté les élections législatives palestiniennes. Il a obtenu 56 % des suffrages, ce qui lui a donne une majorité parlementaire de 74 sièges sur 132. Le Hamas a ainsi ravi la majorité au Fatah qui ne l’a jamais accepté et qui a toujours voulu prendre sa revanche quitte à faire le jeu de l’occupant. Le président de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, a invité le Hamas à former le nouveau gouvernementCe résultat est perçu comme un net retour en arrière par les gouvernements étrangers qui jouaient le rôle de médiateurs dans le conflit israélo-palestinien. Ils voulaient bien des élections, mais voulaient également choisir les élus. Les USA ont déclaré qu'ils ne traiteraient pas avec le Hamas tant qu'il ne renoncerait pas aux opérations-kamikaze et seulement lorsqu'il accepterait le droit à l'existence pour Israël, ce qui est en contradiction avec la charte actuelle du mouvement.
Pendant la durée de la campagne législative palestinienne, il n'a pas été fait mention d'un objectif de destruction d'Israël, plusieurs commentateurs et médias israéliens précisent néanmoins que ses dirigeants ne renoncent pas explicitement à cet objectif. Pendant cette campagne, le Hamas a soutenu également la légitimité de son action passée, notamment les attaques menées en Israël, à Gaza et en Cisjordanie, qui ont permis l'évacuation de la Bande de Gaza. En février 2006, Khaled Mechaal, chef du bureau politique du Hamas, réfugié à Damas, réitère la proposition de Hudna (trêve) et de mettre fin à la lutte armée si Israël se retire de tous les territoires occupés et reconnaît les droits du peuple palestinien.
Le Premier Ministre par intérim, Ehud Olmert, exclut pour sa part toute négociation avec le Hamas : « Nous ne négocierons pas et nous ne traiterons pas avec une Autorité palestinienne dominée totalement ou partiellement par une organisation terroriste » L'objectif du Hamas est l'établissement d'un État souverain sur le territoire actuellement constitué par Israël, la Bande de Gaza et la Cisjordanie (d'après les frontières d'avant 1967), avec Jérusalem comme capitale. Pour l'accomplissement de ce but, le Hamas soutient son droit à la lutte armée. Selon certains médias, Abdelaziz Al Rantissi, l'un des cofondateurs du Hamas, assassiné par Israël comme son prédécesseur Ahmed Yassine, a affirmé que le but de l'organisation était d'« effacer Israël de la carte ». Ismaïl Haniyeh a été désigné par le Hamas pour former un nouveau cabinet de l'Autorité palestinienne.Depuis l'élection ayant porté au pouvoir le Hamas, c'est la crise en Palestine : fin des subventions internationales, nombreuses attaques de la part d'Israël, bouclage de la bande de Gaza et, plus récemment, des attaques bilatérales entre les deux principales factions palestiniennes, soit le Fatah du président Mahmoud Abbas et le Hamas du Premier ministre Ismaïl Haniyeh. Constatant l'échec des négociations Fatah-Hamas, le président Abbas menace à la mi-décembre de déclencher des élections législatives anticipées, bravant ainsi la Loi Fondamentale (Constitution palestinienne) qui n'accorde qu'au Conseil législatif cette prérogative. Le Hamas rejette la décision d'appeler à de nouvelles élections législatives.

Prise du pouvoir dans la Bande de Gaza
Malgré cet accord, Mohammed Dahlan, membre du Fatah, chef de la Sécurité Intérieure, détesté par tous les militants, accentue les tensions et les amplifie pour leur faire atteindre leur paroxysme en juin 2007. Ainsi, le 15 juin 2007, suite à ce qui s'apparente à une guerre civile entre le Hamas et le Fatah, qui occasionnera 113 morts, les forces de sécurité prennent le contrôle de la bande de Gaza, évinçant totalement le Fatah du territoire.Le 17 juin, le président Mahmoud Abbas limoge Ismaïl Haniyeh de son poste de Premier ministre, nommant à sa place le ministre des Finances Salam Fayyad. Ce nouveau gouvernement siégeant à Ramallah et contrôlant la Cisjordanie n'est pas reconnu par le Hamas, car la Loi Fondamentale impose au Président en cas de limogeage du Premier Ministre, de le remplacer par un membre de la majorité parlementaire, à savoir le Hamas, or le parti de Salam Fayyad n'a obtenu que 2% des suffrages aux législatives contre 56% pour le Hamas, ce qui mène à la scission de fait des Territoires palestiniens en deux entités distinctes. Suite à ces évènements, des divergences apparaissent au sein du Fatah, resté au pouvoir en Cisjordanie quant à l'attitude à adopter.
Le président M. Abbas, toujours revanchard, n’acceptant pas le résultat des urnes, refuse catégoriquement tout « dialogue avec les putschistes, les assassins, les terroristes », qualifiant la prise de contrôle du Hamas de « plan pour diviser Gaza et la Cisjordanie et établir un Émirat, un mini-Etat, contrôlé par un seul groupe, ses fanatiques et ses fondamentalistes ». D'autres, tel Marouan Barghouti, critiquent fermement le coup de force du Hamas à Gaza, tentant cependant de conserver l'objectif de l'unité des Palestiniens.
Le 27 décembre 2008, une offensive israélienne vise à déstabiliser le Hamas dans la Bande de Gaza, officiellement pour mettre fin aux tirs de roquettes sur le territoire israélien : c'est le début de la Guerre barbare de Gaza. Nous sommes spectateurs d’un génocide programmé sous nos yeux.
Nous demandons également à tous nos amis palestiniens, d’oublier leurs rancoeurs et leurs rivalités afin de reprendre le dialogue entre eux, de se serrer les coudes, car leur division ne profite qu’au colonisateur de leur terre. S’ils ont survécu à 61 ans de répression, d’exclusion, de massacres, de spoliation des terres et de l’espace, s’ils ont su résister avec peu de moyens… C’est parce qu’ils étaient unis.

Israël doit être jugé par la Cour pénale internationale - Pétition universelle


Environ 300 ONG et associations vont saisir le Procureur près la Cour Pénale Internationale, pour qu'une enquête soit ouverte à propos des crimes de guerre commis par Israël à Gaza. Votre soutien est indispensable. Signez et faites circuler cette « pétition universelle ». C'est urgent.
A Monsieur le Procureur près de la Cour Pénale Internationale (CPI)
Le droit est la marque de la civilisation humaine. Chaque progrès de l'humanité est allé de pair avec le renforcement du droit. Le défi que nous lance l'agression d'Israël sur Gaza est d'affirmer, au cœur de ces souffrances, qu'à la violence doit répondre la justice.
Crimes de guerre ? Seuls les tribunaux peuvent condamner. Mais nous devons tous témoigner car un être humain n'existe que dans son rapport aux autres. Les circonstances donnent toute sa dimension à l'article 1er de la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme de 1949 « Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droit. Ils sont doués de raison et de conscience et doivent agir les uns envers les autres dans un esprit de fraternité ».
La protection des peuples, et non pas celle des Etats, est la raison d'être de la CPI. Un peuple sans Etat est le plus menacé de tous, et, devant l'Histoire il se trouve placé sous la protection des instances internationales. Le peuple le plus vulnérable doit être le plus protégé. En tuant les civils palestiniens, les chars israéliens font saigner l'humanité. Nous avons milité pour que le pouvoir du Procureur général soit au service de toutes les victimes, et cette compétence doit permettre d'adresser au monde entier un message d'espoir, celui de la construction d'un droit international fondé sur le droit des personnes. Et ensemble, un jour, nous pourrons rendre hommage au peuple palestinien pour tout ce qu'il a apporté dans la défense des libertés humaines.
Pour signer cet appel :
http://www.tlaxcala.es/detail_campagne.asp?lg=fr&ref_campagne=10


Israel debe ser juzgado por la Corte Penal Internacional - Petición universal
Israel must be judged at the International Criminal Court - Universal petition
Israel muß vor dem Internationalen Strafgerichtshof verurteilt werden-universale Petition
Israel deve ser julgado pelo Tribunal Penal Internacional - Petição universal
Israele deve essere giudicato dalla CPI - Petizione universale
Israel ha de ser jutjat per la Cort Penal Internacional - Petició universal
تعين أن تحاكم اسرائيل في المحكمة الجنائية الدولية – عريضة عالمية
Israel måste dömas av den internationella brottsmålsdomstolen-Universell namninsamling
اسراییل باید در دادگاه جنایی بین‌المللی محاکمه شود
Το Ισραήλ πρέπει να δικαστεί από το Διεθνές Ποίνικό Δικαστήριο - Παγκόσμια αίτηση
Israelul trebuie să fie judecat de către Curtea Penală Internațională

ИЗРАИЛЬ ДОЛЖЕН БЫТЬ СУДИМ МЕЖДУНАРОДНЫМ УГОЛОВНЫМ СУДОМ
עצומה אוניברסלית: על ישראל להישפט בפני בית המשפט הדין הבינלאומי
Israël moet berecht worden voor het Internationaal Strafhof - Universele petitie
Uluslararası Ceza Mahkemesinde İsrail yargılanmalıdır- Evrensel İmza Kampanyası

vendredi 16 janvier 2009

Les photos du jour

L'Amérique profonde avec Gaza La scène se passe dans une ville moyenne de la Côte Est des USA, par une soirée glaciale de janvier. Le drapeau a été confectionné par une militante arabe-américaine de ses deniers. "Il fallait une douzaine de personnes pour le porter, il faisait plus de 9 mètres de long". Et elle ajoute :"I added to the list of things I'd like to do before I die: display huge Palestinian flag at the embassy of liberated Palestine* located in liberated Baghdad.
* Of course, that's all of Palestine, not crumbs of land from zionists." (="J'ai ajouté à la liste des choses que je voudrais faire avant de mourir: déployer un énorme drapeau palestinien sur l'ambassade de la Palestine libérée* dans Bagdad libérée"

*Bien sûr,celle de toute la Palestine, pas des miettes lâchées par les sionistes")

Au même moment, à l'autre bout du continent, 8 jeunes gens bloquent (symboliquement) l'entrée du garage souterrain du consulat d'Israël à Los Angeles. Leurs pancartes disent " Des juifs US disent : arrêtons l'partheid israélien" et "Consulat israélien : fermé pour crimes de guerre". Bon, d'accord, ils n'étaient que huit. mais il faut un début à tout, non ?

jeudi 15 janvier 2009

Le dessin du jour

1er dirigeant arabe :
On désapprouve
On dénonce
On condamne

2ème dirigeant arabe :
On dénonce
On désapprouve
On condamne
3ème dirigeant arabe :
On condamne
On désapprouve
On dénonce
Le jeune :
Fermez-la, c’est tout !


Honte à vous !

Vous trouverez ci-dessous une lettre à l'ambassadeur d'Israël en France de mon ancien directeur de thèse, l'historien André Nouschi, 86 ans, originaire de Constantine (Algérie), qui souhaite que son texte soit diffusé autant que possible. André Nouschi, qui fut combattant de la France libre, est notamment l'auteur d'un livre, maintenant bien oublié, sur le niveau de vie des populations rurales constantinoises durant la période coloniale jusqu'en 1919 (PUF, 1961).
Ce livre, décisif, avait en son temps été salué par le ministre du GPRA et historien nationaliste algérien Ahmed Tafiq al-Madanî comme "la goutte d'eau qui s'offre au voyageur après la traversée du désert". André Nouschi a été enseignant à l'université de Tunis, et il est professeur honoraire de l'université de Nice.
Bonne lecture
Gilbert Meynier

Le 3 janvier 2009
Monsieur l'Ambassadeur,
Pour vous c'est shabat, qui devait être un jour de paix mais qui est
celui de la guerre. Pour moi, depuis plusieurs années, la colonisation et le vol israélien des terres palestiniennes m'exaspère. Je vous écris donc à plusieurs titres : comme Français, comme Juif de naissance et comme artisan des accords entre l'Université de Nice et celle de Haifa ..
Il n'est plus possible de se taire devant la politique d'assassinats et d'expansion impérialiste d'Israël. Vous vous conduisez exactement comme Hitler s'est conduit en Europe avec l'Autriche, la Tchécoslovaquie. Vous méprisez les résolutions de l'ONU comme lui celles de la SDN et vous assassinez impunément des femmes, des enfants ; n'invoquez pas les attentats, l'Intifada. Tout cela résulte de la colonisation ILLÉGITIME et ILLÉGALE. QUI EST UN VOL.
Vous vous conduisez comme des voleurs de terres et vous tournez le dos aux règles de la morale juive.
Honte à vous : Honte à Israël ! Vous creusez votre tombe sans vous en rendre compte. Car vous êtes condamnés à vivre avec les Palestiniens et les États arabes. Si vous manquez de cette intelligence politique, alors vous êtes indigne de faire de la politique et vos dirigeants devraient prendre leur retraite. Un pays qui assassine Rabin, qui glorifie son assassin est un pays sans morale et sans honneur.
Que le ciel et que votre Dieu mette à mort Sharon l'assassin. Vous avez subi une défaite au Liban en 2006.Vous en subirez d'autres, j'espère, et vous allez envoyer à la mort de jeunes Israéliens parce que vous n'avez pas le courage de faire la paix.
Comment les Juifs qui ont tant souffert peuvent-ils imiter leurs bourreaux hitlériens ? Pour moi, depuis 1975, la colonisation me rappelle de vieux souvenirs, ceux de l'hitlérisme. Je ne vois pas de différence entre vos dirigeants et ceux de l'Allemagne nazie.
Personnellement, je vous combattrai de toutes mes forces comme je l'ai fait entre 1938 et 1945 jusqu'à ce que la justice des hommes détruise l'hitlérisme qui est au cœur de votre pays. Honte à Israël. J'espère que votre Dieu lancera contre ses dirigeants la vengeance qu'ils méritent. J'ai honte comme Juif, ancien combattant de la 2ème guerre mondiale, pour vous. Que votre Dieu vous maudisse jusqu'à la fin des siècles ! J'espère que vous serez punis.
André Nouschi, Professeur honoraire de l'Université

Livres d’André Nouschi
Enquête sur le niveau de vie des populations rurales constantinoises de la conquête jusqu'en 1919. Essai d'histoire économique et sociale (Puf, 1961)
compte-rendu par Maurice Robin dans la
Revue française de science politique (1962, vol. 12, n°4, p. 1013-1015)
La naissance du nationalisme algérien (éd. de Minuit, 1962)
Les armes retournées : colonisation et décolonisation françaises (Belin, 2005)
lecture de ce livre par Gilbert Meynier :
ens-web3
compte-rendu par Pierre Barbancey dans : L'Humanité (16 février 2006)
L'Algérie amère, 1914-1994 (éd. Maison des Sciences de l'homme, 1996)
compte-rendu par Bruno Étienne :
lapenseedemidi

mercredi 14 janvier 2009

Assez : le temps du boycott est arrivé

par Naomi KLEIN, 10/1/2009. Traduit par Isabelle Rousselot, révisé par Fausto Giudice, Tlaxcala
Original : Enough. It's time for a boycott


La meilleure façon d'en finir avec l'occupation sanglante est de viser Israël avec le même type d'action qui a mis fin à l'apartheid en Afrique du Sud.

Il est temps. Il est même largement temps. La meilleure stratégie pour mettre fin à l'occupation toujours plus sanglante perpétrée par Israël est de l'attaquer avec le même type de mouvement international qui a mis fin à l'apartheid en Afrique du Sud. En juillet 2005, une énorme coalition de groupes palestiniens avait établi des plans pour faire cela. Ils avaient fait appel aux « gens de conscience dans le monde entier, pour imposer de larges boycotts et mettre en place des initiatives de désinvestissement contre Israël, similaires à celles appliquées à l’Afrique du Sud durant la période de l'apartheid ». La campagne Boycott, Désinvestissement et Sanctions (BDS) était née.
Chaque nouveau jour de pilonnage d'Israël sur Gaza amène plus de convertis à la cause du BDS, même parmi les Juifs israéliens. Au beau milieu des assauts, environ 500 Israéliens, avec parmi eux des douzaines d'artistes et d’universitaires réputés, envoyèrent une lettre aux ambassadeurs étrangers en Israël. Ils appelaient à « l'adoption de mesures immédiates de restriction et de sanctions» et établissaient une claire comparaison avec la lutte contre l'apartheid. « Le boycott de l’Afrique du Sud a été efficace mais on prend des gants pour traiter avec Israël…Ce soutien international doit cesser. »


Cependant, même face à ces appels clairs, beaucoup d'entre nous ne peuvent pas s'y résoudre. Les raisons sont complexes, émotionnelles et compréhensibles. Seulement, elles ne suffisent pas. Des sanctions économiques sont l'outil le plus efficace dans l'arsenal de la non-violence :

Voici les quatre objections principales à la stratégie de la campagne BDS, suivies de leurs contre-arguments.

Des mesures punitives vont aliéner les Israéliens plutôt que les convaincre.

Le monde a essayé ce qu'on a appelé un « engagement constructif ». Il a échoué complètement. Depuis 2006, Israël a progressivement intensifié son action criminelle : élargissant ses territoires, lançant une guerre scandaleuse contre le Liban, et imposant une punition collective à Gaza à travers des blocus brutaux. Malgré cette escalade, Israël n'a pas eu à faire face à des mesures punitives, bien au contraire.

Les armes et les 3 milliards $ d'aide annuelle envoyés par les USA à Israël ne sont qu'un début. Durant cette période capitale, Israël a bénéficié d'une amélioration spectaculaire dans ses relations diplomatiques, culturelles et commerciales avec une variété d'autres alliés. Par exemple, Israël est devenu le premier pays en dehors d'Amérique Latine à signer un accord de libre-échange avec le bloc du Mercosur. Dans les neuf premiers mois de 2008, les exportations d'Israël au Canada ont augmenté de 45 %. Un nouvel accord a été signé avec l'Union Européenne afin de doubler les exportations d'aliments industriels venus d'Israël. Et en décembre, les ministres européens ont « revalorisé » l'association contractuelle entre l'UE et Israël, une récompense convoitée depuis longtemps par Jérusalem [elle voulait dire : Tel Aviv, NDR].

C'est dans ce contexte, assurés de ne payer aucun coût significatif, que les dirigeants israéliens ont commencé leur dernière guerre. D'ailleurs, il est assez remarquable de voir que pendant les sept premiers jours de commerce en temps de guerre, l'index phare du marché boursier de Tel Aviv a grimpé de 10,7 %. Quand la carotte ne marche pas, il faut utiliser le bâton.

Israël n'est pas l'Afrique du Sud.

Bien sûr que non. La pertinence du modèle sud-africain relève en ce qu'il démontre que les tactiques du BDS peuvent être efficaces lorsque des mesures moins fortes (manifestations, pétitions, lobbying en coulisses) ont échoué. Et, ce qui se passe dans les territoires occupés, fait écho de façon profondément consternante, à l'apartheid : cartes d'identité et laissez-passer avec des codes couleur, maisons détruites au bulldozer et déplacements forcés, routes réservées aux colons... Ronnie Kasrils, un éminent politicien sud-africain a déclaré que l’architecture de la ségrégation qu'il avait vu en Cisjordanie et à Gaza était « infiniment pire que l'apartheid ». C'était en 2007, avant qu'Israël ne commence sa guerre à grande échelle contre la prison à ciel ouvert qu'est Gaza.

Pourquoi cibler particulièrement Israël quand les USA, la Grande-Bretagne et les autres pays occidentaux font la même chose en Irak et en Afghanistan ?

Le boycottage n'est pas un dogme, c'est une tactique. Cette stratégie doit être essayée pour une raison pratique : dans un pays si petit et si dépendant de son commerce extérieur, cette solution pourrait vraiment marcher.

Le boycott rompt la communication ; nous avons besoin de plus de dialogue, pas de moins.

A ceci, je répondrais avec une histoire personnelle. Pendant huit ans, mes livres ont été publiés en Israël par éditeur commercial appelé Babel. Mais quand j'ai publié « La stratégie du choc », je voulais respecter le boycott. Sur le conseil des activistes du BDS, y compris le merveilleux écrivain John Berger, j'ai contacté un petit éditeur appelé Andalus. Andalus est un média activiste, profondément engagé dans le mouvement anti-occupation et c'est la seule maison d'édition israélienne dédiée exclusivement à la traduction de textes arabes en hébreu. Nous avons rédigé un contrat qui garantit que toutes les recettes vont au travail d'Andalus et rien pour moi. Je boycotte l'économie israélienne mais pas les Israéliens.

Notre modeste projet d'édition a nécessité des douzaines de coups de téléphone, d’emails, de messages instantanés, entre Tel Aviv, Ramallah, Paris, Toronto et la ville de Gaza. Le but de ce que je vous raconte est le suivant : lorsque vous vos engagez dans une stratégie de boycottage, le dialogue se développe de façon significative. L'argument comme quoi les boycotts vont nous isoler les uns des autres est particulièrement spécieux étant donné la gamme des technologies d'information bon marché que nous avons au bout des doigts. Nous nous noyons dans les canaux à notre disposition pour nous engueuler les uns les autres au-delà des frontières nationales. Aucun boycott ne peut nous arrêter.

Et c'est là que plus d'un de ces fiers sionistes se préparent à marquer un point important en me répliquant : est-ce que je ne sais pas que la plupart de ces mêmes jouets hi-tech viennent des centres de recherches israéliens, les leaders mondiaux en technologies de l’information ? C'est vrai mais pas tous. Plusieurs jours après le début de l'assaut israélien contre Gaza, Richard Ramsey, le gérant d'une entreprise de télécommunication britannique, spécialisée dans les services vocaux par internet, a envoyé un email à l MobileMax, une entreprise technologique israélienne : « en conséquence de l'action du gouvernement israélien de ces derniers jours, nous ne serons plus en mesure d'envisager de travailler avec vous ni avec aucune autre société israélienne. »

Ramsey a indiqué que sa décision n'était pas politique ; simplement il ne voulait pas perdre de clients. « Nous ne pouvons pas nous permettre de perdre un seul de nos clients, » il a expliqué, « donc c'était une mesure purement commerciale ».

C'est ce genre d'action froidement calculatrice qui a conduit de nombreuses sociétés à se retirer d'Afrique du Sud, il y a deux décennies. Et c'est précisément ce genre de calcul qui est notre espoir le plus réaliste de rétablir la justice en Palestine, justice qu'on lui refuse depuis si longtemps.


La Bolivie rompt ses relations diplomatiques avec Israël

14 janvier 2009, 10:50 AM La Paz.- Le président de Bolivie Evo Morales, a annoncé aujourd'hui la rupture des relations diplomatiques avec l'État d'Israël et a indiqué qu'il présentera une plainte internationale pour génocide à la Cour pénale internationale.Il a fait cette annonce durant une cérémonie de présentation des voeux du corps diplomatique au palais du gouvernement.Morales a dit que son gouvernement présentera sa plainte pour génocide contre le président d'Israël Shimon Peres et le Premier ministre Ehud Olmert. Il a aussi dit que le Comité du Prix Noel, qui siège à Oslo, devrait retirer le Prix Nobel de la Paix décerné à Peres.

Les partis arabes interdits d’élections en Israël

par Aviad GLICKMAN, 12/1/2009. Traduit par Esteban G., révisé par Fausto Giudice, Tlaxcala
Original : Arab parties disqualified from elections
Los partidos árabes inhabilitados para las elecciones israelíes

La Commission Électorale Centrale (israélienne) déclare les partis Balad et Liste Arabe Unie-Ta'al inéligibles aux élections en février 2009, sur la base du fait qu’ils ne reconnaissent pas l'État (juif) et appellent au conflit armé contre lui. Tibi : « Ce pays est un pays raciste. »

Les listes des partis arabes Balad et Liste Arabe Unie-Ta'al ont été disqualifiées pour se présenter aux prochaines élections en Israël en février, a décrété lundi la Commission Électorale Centrale du pays, après une assemblée surchauffée.

Le Balad a été disqulaifié par un vote de 26 voix contre trois, et une abstention, tandis que 21 membres de la commission ont voté contre l’éligibilité de la Liste Arabe Unie-Ta'al, huit membres pour et deux abstentions. La Commission Électorale Centrale est composée de membres de tous les partis politiques.

Durant l’assemblée, le parlementaire de la Knesset Ahmad Tibi (LAU-Ta'al) s'est référé à l'opération en cours à Gaza en disant, « nous nous opposons aux attaques envers les civils et vous êtes en train de commettre un génocide à Gaza. Vous êtes en train d’assassiner des enfants. »

Le député David Rotem (Yisrael Beiteinu) a répondu en disant, « Nous pensions que vous étiez un ami d'Israël et par conséquent nous n’avions pas remis en cause votre liste. Où étiez-vous ces huit dernières années lorsque Sderot était attaqué ? »

Des représentants des partis arabes ont quitté de l’assemblée de la commission lorsqu’un vote en faveur de leur disqualification paraissait imminent. Peu après, Tibi et le président du Balad, Jamal Zahalka, ont eu une dure confrontation avec le député David Tal (Kadima).

Zahalka s’adressant à Tal : « Vous buvez du sang palestinien. Vous êtes un raciste, ». Et Tibi d’ajouter : « Vous êtes allés à la guerre par stratégie pour votre campagne électorale, ». « Chaque voix pour la Kadima est une balle dans la poitrine d'un enfant palestinien. »

Tibi a ensuite dit la presse, en réponse à la décision, que « ce pays est raciste. Nous sommes habitués à ce type de luttes et nous gagnerons ». Tibi avait espéré l’appui des huit membres de la Kadima dans la commission.

« Cette décision visa à avoir une Knesset sans Arabe, ce qui aboutira seulement à amplifier la solidarité entre le public arabe et ses leaders, » a-t-il ajouté.

Zahalka a dit aussi qu'il n'avait pas été surpris par la décision « parce que le vote a été réalisé pour des motifs politiques étant donné l'atmosphère de guerre… Les membres de la commission ont cherché à accroître leur popularité à nos dépens sur la toile de fond électorale. »


Les parlementaires Zahalka (g.) et Tibi pendant l’assemblée (Photo: Dudi Vaaknin)

« Les représentants travaillistes se sont pliés à la pression exercée par (le Ministre de la Défense et président du parti) Ehud Barak, » a affirmé Zahalka.

De l'autre côté du spectre il y a le Yisrael Beiteinu dont le président, le parlementaire Avigdor Lieberman, a dit : « Maintenant, qu'on a décidé que l'organisation terroriste le Balad ne pourra pas se présenter, la première bataille est gagnée. »

Lieberman a ajouté : « La prochaine bataille est de rendre le Balad illégal parce que c’est une organisation terroriste dont l'objectif est de faire du mal à l'État d'Israël. »

Le Yisrael Beiteinu est un des trois partis qui ont sollicité de la Commission Électorale ces dernières semaines qu’elle déclare le Balad inéligible, les autres étant le Jewish Home [Maison Juive] et Itay Furman, ancienne membre du parti Shinui

Un test pour la Cour Suprême

Les trois motions affirmaient que le Balad devait être déclaré inéligible sur la base qu’il ne reconnaît pas Israël comme la patrie juive, et qu’il défend un conflit armé contre lui. La Cour Suprême d'Israël, a déjà annulé, dans le passé, les votes de la Commission en faveur d’une interdiction du Balad aux élections nationales qui s’apppuyaient sur des arguments similaires.

« La Cour Suprême est l'organisme qui prend la décision finale. Nous sommes habitués à ces types de conflits et nous sommes habitués à les gagner, je suis sûr que la décision de la Commission Électorale Centrael ne fera qu’accroître la solidarité envers les partis arabes, » a dit Tibi.

Dimanche soir, le Balad n'avait pas décidé s'il ferait appel à la Cour Suprême, mais il a menacé de boycotter les élections si la décision n'était pas révoquée.

Un représentant du parti a déclaré : « Si, en fin de journée, le Balad, est toujours interdit d’élection, cela créera une brèche profonde entre l'État et la population arabe, ».

Le secrétaire général du parti travailliste, Eitan Cabel, a dit à Ynet que son parti n'avait pas projeté de voter pour la déclaration de disqualification du Balad, mais le fait que Zahalka « ait déclaré que le parti était en contact quotidien avec Azmi Bishara » l’a fait changer d’avis.

« La conduite travailliste dans cette affaire a été patriotique, » a-t-il ajouté, « nous nous devions de déclarer que les chefs du Balad ne peuvent pas se permettre d’agiter contre la démocratie israélienne et d'agir contre elle. »

Le parlementaire de Meretz, Zahava Gal-On, s’en est pris aux travaillistes et à Kadima pour avoir approuvé la déclaration de disqualification, en disant que ces partis « menaient leur campagne électorale non seulement sur les dos des Palestiniens de Gaza, mais également sur celles des Israéliens arabes. C’est une politique au rabais. »

Le parti HaBayit HaYehudi a répondu à la décision de la Commission électorale en disant : « Nous espérons que les juges de la Cour Suprême ont appris les leçons de l'épisode Bishara et ne révoquent pas la décision de la Commission électorale parce que ceci permettrait au Hamas et au Hezbollah d’ouvrir une branche à la Knesset ».

Le Conseil rabbinique de la Yesha a fait l'éloge de la décision en disant : « Ces partis sont une cinquième colonne dans l'État de l'Israël ». Le Conseil a dit également, que déclarer les partis inéligibles n'est pas suffisant et que « le droit de vote doit être retiré à tous ceux qui soutiennent la terreur contre le peuple juif. »

Sharon Roffe-Ofir, Efrat Weiss et Kobi Nahshoni ont contribué à ce reportage

Des médecins évoquent l'usage "d'un nouveau type d'arme" à Gaza

Par Sophie Shihab, Le Monde, 12.01.09

Le docteur Mads Gilbert. Photo AP/MAJED HAMDAN

Al-Arish (Egypte), envoyée spéciale - Des blessés d'un type nouveau – adultes et enfants dont les jambes ne sont plus que des trognons brûlés et sanguinolents – ont été montrés ces derniers jours par les télévisions arabes émettant de Gaza. Dimanche 11 janvier, ce sont deux médecins norvégiens, seuls occidentaux présents dans l'hôpital de la ville, qui en ont témoigné.
Les docteurs Mads Gilbert et Erik Fosse, qui interviennent dans la région depuis une vingtaine d'années avec l'organisation non gouvernementale (ONG) norvégienne Norwac, ont pu sortir du territoire la veille, avec quinze blessés graves, par la frontière avec l'Egypte. Non sans ultimes obstacles : "Il y a trois jours, notre convoi, pourtant mené par le Comité international de la Croix-Rouge, a dû rebrousser chemin avant d'arriver à Khan Younès, où des chars ont tiré pour nous stopper", ont-ils dit aux journalistes présents à Al-Arish.
Deux jours plus tard, le convoi est passé, mais les médecins, et l'ambassadeur de Norvège venu les accueillir, furent bloqués toute la nuit "pour des raisons bureaucratiques" à l'intérieur du terminal frontalier égyptien de Rafah, entrouvert pour des missions sanitaires seulement. Cette nuit-là, des vitres et un plafond du terminal furent cassés par le souffle d'une des bombes lâchées à proximité.
"A 2 MÈTRES, LE CORPS EST COUPÉ EN DEUX; À 8 MÈTRES, LES JAMBES SONT COUPÉES, BRÛLÉES"
"A l'hôpital Al-Chifa, de Gaza, nous n'avons pas vu de brûlures au phosphore, ni de blessés par bombes à sous-munitions. Mais nous avons vu des victimes de ce que nous avons toutes les raisons de penser être le nouveau type d'armes, expérimenté par les militaires américains, connu sous l'acronyme DIME – pour Dense Inert Metal Explosive", ont déclaré les médecins.
Petites boules de carbone contenant un alliage de tungstène, cobalt, nickel ou fer, elles ont un énorme pouvoir d'explosion, mais qui se dissipe à 10 mètres. "A 2 mètres, le corps est coupé en deux; à 8 mètres, les jambes sont coupées, brûlées comme par des milliers de piqûres d'aiguilles. Nous n'avons pas vu les corps disséqués, mais nous avons vu beaucoup d'amputés. Il y a eu des cas semblables au Liban sud en 2006 et nous en avons vu à Gaza la même année, durant l'opération israélienne Pluie d'été. Des expériences sur des rats ont montré que ces particules qui restent dans le corps sont cancérigènes", ont-ils expliqué.
Un médecin palestinien interrogé, dimanche, par Al-Jazira, a parlé de son impuissance dans ces cas : "Ils n'ont aucune trace de métal dans le corps, mais des hémorragies internes étranges. Une matière brûle leurs vaisseaux et provoque la mort, nous ne pouvons rien faire." Selon la première équipe de médecins arabes autorisée à entrer dans le territoire, arrivée vendredi par le sud à l'hôpital de Khan Younès, celui-ci a accueilli "des dizaines" de cas de ce type.
Les médecins norvégiens, eux, se sont trouvés obligés, ont-ils dit, de témoigner de ce qu'ils ont vu, en l'absence à Gaza de tout autre représentant du "monde occidental" – médecin ou journaliste : "Se peut-il que cette guerre soit le laboratoire des fabricants de mort ? Se peut-il qu'au XXIe siècle on puisse enfermer 1,5 million de personnes et en faire tout ce qu'on veut en les appelant terroristes ?"
Arrivés au quatrième jour de la guerre à l'hôpital Al-Chifa qu'ils ont connu avant et après le blocus, ils ont trouvé un bâtiment et de l'équipement "au bout du rouleau", un personnel déjà épuisé, des mourants partout. Le matériel qu'ils avaient préparé est resté bloqué au passage d'Erez.
"Quand cinquante blessés arrivent d'un coup aux urgences, le meilleur hôpital d'Oslo serait à la peine, racontent-ils. Ici, les bombes pouvaient tomber dix par minutes. Des vitres de l'hôpital ont été soufflées par la destruction de la mosquée voisine. Lors de certaines alertes, le personnel doit se réfugier dans les corridors. Leur courage est incroyable. Ils peuvent dormir deux à trois heures par jour. La plupart ont des victimes parmi leurs proches, ils entendent à la radio interne la litanie des nouveaux lieux attaqués, parfois là où se trouve leur famille, mais doivent rester travailler… Le matin de notre départ, en arrivant aux urgences, j ai demandé comment s'était passé la nuit. Une infirmière a souri. Et puis a fondu en larmes."
A ce moment de son récit, la voix du docteur Gilbert vacille. "Vous voyez, se reprend-il en souriant calmement, moi aussi…"


mardi 13 janvier 2009

La photo du jour


Ils étaient plus de 10 000 enfants, qui ont manifesté dimanche matin dans les rues de Rabat, capitale du Maroc, pour exiger l'arrêt des massacres d'enfants à Gaza et manifester de manière explicite leur soutien à la Résistance palestinienne, symbolisée par les mitraillettes et les missiles Qassam en plastique qu'ils brandissaient, tout en appelant au boycott des produits israéliens et US et en rejetant toute normalisation des relations avec l'État voyou d'Israël. Lundi, ce sont les enfants de Damas qui ont manifesté à leur tour dans les rues de la capitale syrienne. Les enfants nous donnent une belle leçon.

Les dessins du jour

Gaza - Mon Dieu ! Quelle horreur !
- Il a changé
Allusion à un hadith du Prophète : « Celui d’entre vous qui voit une chose répréhensible (monkar), qu’il la change par sa main. S’il ne peut pas le faire par sa main, qu’il le fasse par sa langue et s’il ne le peut pas par sa langue, qu’il le fasse en son for intérieur et c’est le minimum exigé par la foi. » (Fath Al Bari, I/51)


Ismaïl Hanyeh aux dirigeants arabes : Toi aussi, Brutus [allusion à la phrase de César s’adressant à son fils adoptif, lors de son assassinat : Tu quoque, mi filii (toi aussi, mon fils]

Nous sommes tous GAZA : On récolte ce qu'on sème

Un discours du sous-commandant insurgé MARCOS, EZLN, Mexico, 4 janvier 2009
De siembras y cosechas/Of sowing and harvests/Di semine e raccolti

Peut-être que ce que je vais dire est hors sujet par rapport au thème de notre discussion, ou peut-être pas.
Avant-hier, le jour même où nous discutions de la violence, l’ineffable Condoleezza Rice, fonctionnaire du gouvernement US, déclarait que ce qui se déroulait à Gaza était de la faute des Palestiniens, à cause de leur nature violente.
Les fleuves souterrains qui s’entrecroisent partout dans le monde peuvent changer d’emplacement, ils entonnent le même chant.
Et celui que nous entendons en ce moment parle de guerre et de souffrance.
Pas très loin d’ici, dans un endroit appelé Gaza, en Palestine, au Moyen-Orient, tout près d’ici, une armée surarmée et surentraînée, celle du gouvernement israélien continue sa marche de mort et de destruction.
Les étapes qu’elle a suivies sont celles de la guerre de conquête classique : tout d’abord, un bombardement intense et massif visant à détruire les emplacements militaires « stratégiques » (comme le disent les manuels militaires) et à « ramollir » les bastions de la résistance ; ensuite, un contrôle acharné de l’information en sélectionnant selon des critères militaires tout ce qui est entendu et vu « dans le monde extérieur », c’est-à-dire hors du théâtre des opérations ; après cela, un intense tir d’artillerie contre l’infanterie de l’ennemi pour protéger l’avancée de ses propres troupes vers de nouvelles positions ; puis, ce sera le moment de l’encerclement et du siège pour affaiblir la garnison ennemie ; suivi de l’assaut qui conquerra la position et annihilera l’ennemi, et enfin le « nettoyage » des éventuels « nids de résistance ».
Les forces militaires d’invasion suivent étapes par étapes les instructions du manuel militaire de la guerre moderne avec quelques variations et additions .
Nous ne connaissons pas grand-chose de la situation, et il existe certainement des spécialistes du soi-disant « conflit au Moyen-Orient », mais depuis notre coin de terre nous avons ceci à dire :
Selon les photos des agences de presse, les emplacements « stratégiques » détruits par l’aviation du gouvernement israélien sont visiblement des maisons, des abris de fortune et des bâtiments civils. Nous n’avons pas vu le moindre bunker, ni non plus de casernes, d’aéroport militaire ou de batteries de canons parmi les ruines. Nous pensons donc – et veuillez pardonner notre ignorance – que soit les mitrailleuses de l’aviation visent mal, soit il n’existe pas d’emplacement militaire « stratégique » à Gaza.
Nous n’avons jamais eu l’honneur de visiter la Palestine, mais nous supposons que ceux qui vivaient dans ces maisons, ces abris de fortune et ces bâtiments, étaient des civils, des hommes, des femmes, des enfants et des personnes âgées – et non des soldats.
Nous n’avons pas vu non plus de bastions de la résistance, juste des ruines.
En revanche nous avons vu comment des efforts futiles avaient été déployés pour imposer un siège sur l’information, nous avons vu les gouvernements du reste du monde hésiter entre ignorer ou applaudir l’invasion, et vu l’Organisation des Nations Unies, déjà inutile depuis un bon moment, publier des tièdes communiqués de presse.
Mais attendez une minute. Cela vient de nous venir. Il se pourrait que pour le gouvernement israélien, ces hommes, ces femmes, ces enfants et ces personnes âgées soient des soldats ennemis, et qu’en tant que tels, les abris de fortune, les maisons et les bâtiments qu’ils habitaient étaient des casernes qu’il fallait détruire.
Donc, à l’évidence, le feu d’artillerie qui est s’est abattu sur Gaza ce matin servait à protéger l’avancée de l’infanterie israélienne de ces hommes, femmes, enfants, et personnes âgées.
Et la garnison ennemie qu’ils veulent affaiblir avec l’encerclement et le siège de la bande de Gaza en cours n’est autre que l’ensemble de la population palestinienne qui y vit. Et l’assaut a pour but d’annihiler cette population. Et tout homme, toute femme, tout enfant et toute personne âgée qui parviendrait à échapper ou à éviter l’assaut sanguinaire qui est en vue, sera « pourchassé » plus tard pour que le nettoyage soit complet et que les commandants en charge de l’opération puissent rapporter à leurs supérieurs qu’ils ont « accompli leur mission ».
Une nouvelle fois, pardonnez notre ignorance, peut-être que ce que nous disons n’a rien à voir avec l’affaire. Et qu’au lieu de condamner le crime qui est en train d’être commis en fonction de notre point de vue d’indigènes et de combattants, nous devrions discuter de savoir si c’est une affaire de « sionisme » ou « d’antisémitisme », ou si ce sont les bombes du Hamas qui ont tout déclenché.
Peut-être que notre façon de penser est très simple, et que les nuances et les annotations si nécessaires pour les analyses nous échappent, mais à nos yeux de zapatistes, cela a tout l’air d’une armée professionnelle qui assassine une population sans défense.
Qui donc, parmi les gens d’en bas et de la gauche, peut rester silencieux ?
Mais est-il utile de dire quelque chose ? Nos cris vont-ils arrêter une seule bombe ? Notre parole va-t-elle sauver la vie d’un seul enfant palestinien ?
Oui, nous pensons que cela est utile. Peut-être que nous n’arrêterons pas de bombe, et que nos paroles ne se transformeront pas en bouclier armé qui évitera à la poitrine d’une jeune enfant ou d’un garçon d’être frappée par une balle de calibre 5,56 ou 9 mm gravée des lettres « IMI » pour « Industrie Militaire Israélienne », mais peut-être que nos paroles parviendront à s’unir à d’autres au Mexique et dans le monde, et peut-être que ce qui n’est qu’un murmure, prendra du volume et sera entendu comme un cri à Gaza.
Nous ne savons pas pour vous, mais nous, zapatistes de l’EZLN, nous savons à quel point il est important, au milieu de la destruction et de la mort, d’entendre quelques paroles d’encouragement.
Je ne sais comment l’expliquer, mais il s’avère en effet que, si des mots venus de loin ne sont pas en mesure d’arrêter une bombe, ils peuvent créer comme une brèche dans la chambre noire de la mort, où passera un mince rayon de soleil.
Pour ce qui est du reste, tout ce qui arrivera arrivera. Le gouvernement israélien déclarera qu’il a frappé un grand coup contre le terrorisme, il cachera l’étendue du massacre à son peuple, les gros fabricants d’armes auront eu une aide économique pour faire face à la crise, et l’ « opinion publique mondiale », cette entité malléable à merci, regardera ailleurs.
Mais ce n’est pas tout. Ce qui va se passer, c’est que le peuple palestinien va résister, continuer à à lutter et à avoir la sympathie des gens d’en bas pour sa cause.
Et peut-être qu’un garçon ou qu’une fille de Gaza survivront aussi. Peut-être qu’ils grandiront et avec eux leur courage, leur indignation et leur rage. Peut-être qu’ils deviendront des soldats ou des miliciens d’un des groupes qui combat en Palestine. Peut-être qu’on les retrouvera en train de combattre contre Israël. Peut-être qu’ils le feront en tirant avec un fusil. Peut-être qu’ils le feront en s’immolant avec une ceinture de dynamite à la taille.
Et là, là-haut, ils écriront que les Palestiniens sont violents par nature et ils feront des déclarations condamnant cette violence et on recommencera à discuter pour savoir s’il est question ici de sionisme ou d’antisémitisme.
Et personne ne demandera qui a semé ce qui est en train d’être récolté.
Au nom des hommes, des femmes, des enfants et des personnes âgées de l’Armée de Libération Nationale Zapatiste,
Le sous-commandant Marcos insurgé, Mexico, 4 janvier 2009.
Traduit par Sacha Sher et Fausto Giudice, Tlaxcala

lundi 12 janvier 2009

La situation honteuse de la Cisjordanie

par le Comité Democrático Palestino - Chile, 5/1/2009 . Traduit par Esteban G., révisé par Fausto Giudice, Tlaxcala
Original : La vergonzosa situación de Cisjordania
Partout dans le monde, des millions de gens protestent contre la brutale agression sioniste contre Gaza. Des manifestations énormes dans des pays arabes, asiatiques, européens et même dans les pays les plus éloignés comme le Chili, le Brésil, le Venezuela, le Mexique et l'Argentine.
Pendant ce temps en Cisjordanie, il ne se passe rien. Le silence règne de toutes parts. Quelques timides paroles adressées par les gouvernementaux palestiniens et ceux qui négocient la « Paix » avec l'Israël.
L'information qui provient de Palestine, parle d'une répression brutale contre ceux qui prétendent exprimer leur colère et leur douleur pour ce qui se passe à Gaza. Un exemple clair de ceci, est l'agression bestiale et l’arrestation par des agents de l'Autorité Palestinienne de militants et sympathisants du Front Populaire pour la Libération de la Palestine dans le camp d’Al-Ein près de Naplouse pour « avoir osé » protester publiquement de ce qui arrive à leurs frères dans la Bande (02-01-2009). Dans cette même ville, la plus importante de la Cisjordanie, des agents de sécurité ont encerclé la seule manifestation en empêchant son déroulement et obligeant les manifestants à se disperser.
Les serviteurs de l’Autorité Palestinienne pourront donner toutes sortes de justifications et d’explications, de même qu’ils font planer le doute sur la véracité de ces informations, cependant, de réalité il n’y en a qu’une : la Cisjordanie est sous silence total.
Dans les localités palestiniennes occupées en 1948, comme Sénine, Nazareth, Haïfa ou Oum El Fahm, des dizaines de milliers ont manifesté malgré la répression israélienne, cependant, en Cisjordanie le contrôle de fer des agents palestiniens a été plus efficace et il est parvenu à faire taire toutes les voix.
Les Palestiniens sont épuisés et déçus par l'Autorité Nationale Palestinienne (ANP), qui gouverne la Cisjordanie, et par la tiède réaction de son président, Mahmoud Abbas, devant leur massacre.
Munther Amira, leader des jeunesses du Fatah à Bethléem indique : « les gens sont très fâchés avec l'ANP. Nous ne pouvons rien faire ».
Nader Abou Amsha, maire-adjoint de Beït Yala, village voisin de Bethléem, est également amer. Partisan du Front Populaire de gauche, il espérait une attitude proportionnée à la gravité de l’agression israélienne. « La population a l'impression que l'Autorité collabore avec Israël. Ils auraient pu, au moins, faire pression sur l'Égypte pour qu'elle ouvre la frontière, mais ils ne font rien », dit-il, alors qu’il se trouve près du camp de réfugiés d'Aida, adjacent à Bethléem. Près de nous, les agents ne perdent pas un mot de qu’il dit.
L'attitude des corps de sécurité palestiniens est celle qui agrée à leurs homologues israéliens. Lorsque le chef du Commandement Central de l'Armée israélienne, Gadi Shamni, dit être satisfait du travail des forces de police de l'Autorité Nationale Palestinienne, la lecture dans les rues palestiniennes est bien différente : les agents de l'ANP font le sale travail d'Israël. C’est même aussi l’avis de beaucoup de policiers qui exécutent la mission de réprimer les groupes armés et de fermer des douzaines d'institutions liées au Hamas : orphelinats, cliniques, centres commerciaux, bureaux de change, écoles.
Sur la place de l'Église de la Nativité, où une douzaine d'avocats proteste contre « les crimes contre l'humanité » perpétrés dans la Bande, Rana et Fawaz condamnent : « Qu’ils s’en aillent, qu’ils s’en aillent tous », faisant allusion aux leaders de l'Autorité. (
Déclarations et exclamations publiées dans le quotidien El País -Espagne le 31-12-2008)
La situation est honteuse, l'Autorité Palestinienne, est parvenue à exécuter avec diligence les instructions des israéliennes.

Le dessin du jour

Qu’est-ce que vous voulez qu’on fasse de plus ? ça ne vous suffit pas que le Zaïm arabe Hougou Bin Chaviz ait rompu les relations diplomatiques avec Israël ?
Source : Al Quds Al Arabi, 12/1/2009

GAZA : Quelques petits gestes solidaires à faire






BOYCOTTEZ LES PRODUITS ISRAÉLIENS PORTANT CE CODE

Parmi les produits israéliens à boycotter :
- Carmel (fruits et légumes) -Jaffa (fruits et légumes) - Kedem (avocats) - Coral (Cerises) - Top (fruits et légumes) - Beigel (biscuits apéritifs) - Hasat (agrumes) - Sabra (repas complets) - Osem (soupes, snacks, biscuits, repas complets préparés) - Dagir (conserves de poissons) - Holyland (miel, herbes) - Amba (conserves) - Green Valley (vin) - Tivall (produits végétariens) - Agrofresh (concombres) - Jordan Valley (dattes) - Dana (tomates cerises) - Epilady (appareils d'épilation) - Ahava (cosmétiques de la Mer morte)

Contactez le Grand Hôtel Intercontinental à Paris pour protester contre la tenue du Salon du Tourisme Israélien, prévue le jeudi 15 janvier

Téléphonez à Laurent GABARD (directeur du marketing et des ventes), Olivier ALLIEL (responsable des meetings)ou Madelijn Vervoord (directeur général). TEL 0800 90 65 69 ou 01 40 07 32 32
Fax 01 42 66 12 51
Emails à legrand@ihg.com


Téléphonez à Gaza !
Vous pouvez appeler des habitants de Gaza pour leur remonter le moral
Composez ces premiers chiffres et choisissez les 4 derniers que vous voulez :

009728284XXXX
009728282XXXX
009728255XXXX
Tenez compte du décalage horaire : quand il est 21 h ici, il est 22 h à Gaza
Vous pouvez leur parler lentement en anglais ou, s’ils ne comprennent pas, leur dire en arabe :
Ahlan oua sahlan. Ana asmi (votre nom). Ana min (votre ville) fi Fransa. Ouridhou an akoula lakoum annanaa maakoum hatta el nasr. Tahia Filastin !
Vous pouvez faire des économies en passant par Telerabais 08 26 851 851 suivi du numéro à Gaza 15 centimes par minute (ça vous sera facturé par votre opérateur avec le reste de vos communications)
Encore moins cher : si vous êtes connecté à Internet, vous pouvez vous inscrire à skype.com et acheter un crédit illimité pour appeler dans le monde entier pour 10 € par mois. Il vous suffit d’avoir un micro et un casque.

dimanche 11 janvier 2009

Dans Gaza, il y a...gaz !

Guerre et gaz naturel : Invasion israélienne et gisements gaziers au large de Gaza
par Michel CHOSSUDOVSKY, 8/1/2009. Traduit par Pétrus Lombard, révisé par Fausto Giudice,
Tlaxcala
Original : War and Natural Gas: The Israeli Invasion and Gaza's Offshore Gas Fields

L'invasion militaire de la Bande de Gaza par les forces israéliennes, est en relation directe avec le contrôle et la possession de réserves stratégiques de gaz offshore.
Il s'agit d'une guerre de conquête. Découvertes en 2000, d’immenses réserves de gaz gisent au large de la côte de Gaza.


Des droits d’exploitation gazière et pétrolière de 25 ans, signés en novembre 1999 avec l'Autorité Palestinienne (PA), ont été accordés à British Gas (BG Group) et à son partenaire d’Athènes, Consolidated Contractors International Company (CCC), propriété des familles libanaises Sabbagh et Koury.


Les droits sur le gaz offshore se montent respectivement à 60 pour cent pour BG, 30 pour cent pour CCC, et 10 pour cent pour le Fonds d'investissement de l'Autorité Palestinienne (Haaretz, 21 octobre 2007).


L’accord PA-BG-CCC inclut l’exploitation des gisements et la construction d'un gazoduc. (Middle East Economic Digest, 5 janvier 2001).


La licence de BG couvre la totalité de la zone maritime au large de Gaza, laquelle est contiguë à plusieurs installations gazières offshore israéliennes. (Voir la carte ci-dessous). Il convient de noter que 60 pour cent des réserves gazières le long de la côte de Gaza et d’Israël appartiennent à la Palestine.


BG Group a foré deux puits en 2000 : Gaza Marine-1 et Gaza Marine-2. British Gas estime que les réserves sont de l'ordre de 1,4 billions de pieds cubes (plus de 39 milliards de m3), évaluées à environ 4 milliards de dollars. Ce sont les chiffres publiés par British Gas. La taille des réserves de gaz palestiniennes pourraient être bien plus importantes.



Carte 1



Carte 2

Qui est propriétaire des gisements gaziers


La question de la souveraineté sur les gisements gaziers de Gaza est cruciale. Du point de vue juridique, les réserves de gaz appartiennent à la Palestine.


La mort de Yasser Arafat, l'élection du Hamas au gouvernement et la débâcle de l'Autorité Palestinienne ont permis à Israël d'établir un contrôle de facto sur les réserves de gaz offshore de Gaza.


British Gas (BG Group) a eu à traiter avec le gouvernement de Tel-Aviv. De son côté, le gouvernement du Hamas a été court-circuité en ce qui concerne les droits d'exploration et d’exploitation sur les gisements gaziers.


L'élection du Premier ministre Ariel Sharon en 2001 fut un tournant majeur. La souveraineté de la Palestine sur les gisements de gaz offshore fut contestée à la Cour Suprême israélienne. Sharon déclara sans ambiguïté qu’« Israël n'achèterait jamais de gaz à la Palestine, » laissant entendre que les réserves gazières au large de Gaza appartiennent à Israël.


En 2003, Ariel Sharon opposa son veto à un premier accord, qui aurait permis à British Gas d’alimenter Israël en gaz naturel des réserves offshore de Gaza. (The Independent, 19 août 2003).


La victoire électorale du Hamas en 2006 a favorisé le déclin de l'Autorité Palestinienne, qui est s’est retrouvée confinée à la Cisjordanie, sous le régime fantoche de Mahmoud Abbas.


En 2006, British Gas « a été à deux doigts de signer un accord de pompage de gaz vers l'Égypte. » (Times, 28 mai 2007). Selon des rapports, le Premier Ministre britannique Tony Blair est intervenu pour le compte d'Israël en vue de faire capoter l'accord avec l'Égypte.


L'année suivante, en mai 2007, le cabinet israélien a approuvé une proposition du Premier ministre Ehud Olmert, « d'acheter du gaz à l'Autorité Palestinienne. » Le contrat proposé était de 4 milliards de dollars, avec des bénéfices de l'ordre de 2 milliards de dollars, dont un milliard pour les Palestiniens.


Toutefois, Tel-Aviv n'avait pas l'intention de partager les revenus avec la Palestine. Une équipe de négociateurs israéliens a été constituée par le cabinet israélien pour arriver à un accord avec le BG Group en court-circuitant à la fois le gouvernement du Hamas et l'Autorité Palestinienne :


Les autorités de la défense israélienne veulent que les Palestiniens soient payés en biens et en services, et insistent sur le fait qu’aucun argent ne doit aller au gouvernement contrôlé par le Hamas. (Ibid, souligné par moi, MC.


L'objectif était avant tout de rendre caduc le contrat signé en 1999 sous Yasser Arafat entre BG Group et l'Autorité Palestinienne.


Dans le cadre de l’accord avec BG proposé en 2007, le gaz palestinien des réserves au large de Gaza devait être acheminé par un gazoduc sous-marin vers le port israélien d'Ashkelon, transférant de cette façon le contrôle sur la vente du gaz naturel à Israël.


L'accord a échoué. Les négociations ont été suspendues :



« Meir Dagan, le chef du Mossad, s’est opposé à l'opération pour raison sécuritaire, prétextant que cela pourrait financer le terrorisme » (Gilad Erdan, membre de la Knesset allocution à la Knesset sur « L'intention du Vice-Premier Ministre Ehud Olmert d'acheter du gaz aux Palestiniens alors que le paiement servira le Hamas, », 1er mars 2006, cité dans l’article du général (ER) Moshe Yaalon, Does the Prospective Purchase of British Gas from Gaza's Coastal Waters Threaten Israel's National Security? Jerusalem Center for Public Affairs, octobre 2007)


L'intention d’Israël était d'empêcher que de possibles redevances soient payées aux Palestiniens. En décembre 2007, Le BG Group s’est a retiré des négociations avec Israël, et, en Janvier 2008, il a fermé son bureau en Israël. (site Internet de BG).

Le plan d'invasion à l’étude

Selon des sources militaires israéliennes, le projet d'invasion de Gaza dans le cadre de l'« Opération Plomb Jeté » a été mis en branle en juin 2008 :


Des sources proche de la direction de la Défense ont déclaré que le ministre de la Défense Ehud Barak a chargé les Forces de Défense Israéliennes de se préparer à l'opération il y a plus de six mois [juin ou avant juin], bien qu’Israël ait commencé à négocier un accord de cessez-le-feu avec le Hamas. (Barak Ravid, Operation "Cast Lead": Israeli Air Force strike followed months of planning, 27 décembre 2008).


Ce même mois, les autorités israéliennes ont pris contact avec British Gas, dans le but de reprendre des négociations cruciales sur l'achat du gaz naturel de Gaza :


À la fois le directeur général du Ministère des Finances, Yarom Ariav, et le directeur général du Ministère des Infrastructures Nationales, Hezi Kugler, ont convenu d’informer BG du souhait d'Israël de renouer les pourparlers.


Les sources ont ajouté que BG n'a pas encore officiellement répondu à la demande d'Israël, mais que des cadres de l'entreprise pourraient sans doute aller dans quelques semaines en Israël pour des conversations avec certains fonctionnaires du gouvernement. Globes online-Israel's Business Arena, 23 juin 2008)


La décision d'accélérer les négociations avec British Gas (BG Group) coïncidait chronologiquement avec la planification de l'invasion de Gaza, amorcée en juin. Il semblerait qu’Israël était soucieux de parvenir à une entente avec BG Group avant l'invasion, qui était déjà à un stade avancé de préparation.


Et qui plus est, ces négociations avec British Gas ont été conduites par le gouvernement Ehud Olmert qui savait que l’invasion militaire était à l’étude. Selon toute vraisemblance, un nouvel arrangement politico-territorial « d'après-guerre » a aussi été envisagée par le gouvernement israélien pour la Bande de Gaza.


De fait, les négociations entre British Gas et les responsables israéliens étaient en cours en octobre 2008, 2 à 3 mois avant le début des bombardements du 27 décembre.


En novembre 2008, le Ministère israélien des Finances et le Ministère chargé des Infrastructures Nationales ont ordonné à Israel Electric Corporation (IEC) d’engager des négociations avec British Gas, pour l'achat de gaz naturel provenant de la concession de BG au large de Gaza. (Globes, 13 novembre 2008).



« Yarom Ariav, directeur général du Ministère des Finances, et Hezi Kugler, directeur général du Ministère des Infrastructures Nationales, ont écrit récemment à Amos Lasker, PDG d’IEC, l'informant de la décision du gouvernement de permettre aux négociations d'aller de l'avant, conformément à la proposition cadre approuvée plus tôt cette année.


Il y a quelques semaines, le conseil d’administration d’IEC, dirigé par le président Moti Friedman, a approuvé les principes de la proposition cadre. Les pourparlers avec BG Group commenceront dès que le conseil d’administration approuvera l'exemption d’adjudication. ». (Globes, 13 novembre 2008)

Gaza et la géopolitique de l'énergie

L'occupation militaire de Gaza a pour but de transférer la souveraineté des gisements gaziers à Israël, en violation du droit international.


À quoi pouvons-nous nous attendre suite à l'invasion ?


Quelle est l'intention d'Israël en ce qui concerne le gaz naturel de la Palestine ?


Un nouvel arrangement territorial, avec le stationnement de troupes israéliennes et/ou la présence de « forces de maintien de la paix » ?


La militarisation de la totalité du littoral de Gaza, qui est stratégique pour Israël ?


La confiscation pure et simple des gisements gaziers palestiniens et la déclaration unilatérale de la souveraineté israélienne sur les zones maritimes de la bande de Gaza ?


Si cela devait arriver, les gisements gaziers de Gaza seraient intégrés aux installations offshore d'Israël, qui sont adjacentes. (Voir la carte 1 ci-dessus).


Ces diverses installations offshore sont aussi reliées au couloir de transport énergétique d’Israël, qui va du port d'Eilat, le port maritime terminal de l’oléoduc sur la Mer Rouge, au terminal du pipeline à Ashkelon, puis vers Haïfa au nord, et qui pourrait se rejoindre éventuellement le port turc de Ceyhan grâce à un pipeline israélo-turc en projet.


Ceyhan est le terminal du pipeline Transcaspien Bakou-Tbilissi-Ceyhan (BTC). « Ce qui est envisagé, c’est de relier le pipeline BTC au pipeline transisraélien Eilat-Ashkelon, aussi connu sous le nom de Tipline dIsraël. » (Voir Michel Chossudovsky, The War on Lebanon and the Battle for Oil, Global Research, 23 juillet 2006).



Carte 3