samedi 11 février 2012

Baltasar Garzón et le piège de la transition démocratique en Espagne

Je suis la plaie et le couteau !
Je suis le soufflet et la joue !
Je suis les membres et la roue,
Et la victime et le bourreau !
Charles Baudelaire
L’héautontimorouménos
À plus de trente ans de distance, on peut dire aujourd’hui que la transition démocratique espagnole était un piège pour les majorités sociales et les forces qui voulaient remplacer le régime de Franco par une démocratie effective. En effet, un piège est un dispositif où il est facile d’entrer mais difficile – voire impossible – de sortir. La glu qui immobilise les oiseaux attirés par l’appât ou la souricière qui se referme sur le rat attiré par l’odeur du fromage sont des exemples courants de pièges, mais peut-être le meilleur est-il le plus subtil, le plus léger et presque immatériel : le filet. Lorsque les poissons pénètrent dans le filet celui-ci les accueille sans violence et c’est seulement quand ils essaient de sortir qu’ils sont pris dans les mailles qui les paralysent.
C’est comme ça que la transition nous a dupés. Pour certains mouvements sociaux, faibles et désorientés, et pour des dirigeants politiques de gauche dont l’ambition personnelle dépassait la décence politique ce fut très facile d’accepter l’offre du régime : la légitimation “ démocratique ” et la continuité juridique des appareils principaux de l’État franquiste – issu du putsch du 18 Juillet 1936 et des trois terribles années de guerre et d’extermination de l’Espagne ouvrière et républicaine qui aboutirent à la victoire de Franco – en échange d’une transformation interne du système politique permettant l’accès des dirigeants des partis et syndicats d’opposition à une structure élargie de pouvoir.
 
Au départ, le coût de cette option ne semblait pas excessif. Malgré les centaines de morts et les milliers de blessés dans des manifestations pendant les cinq années qui ont suivi à la mort de Franco et les actions armées de l’ETA, la transition vers un régime de liberté contrôlée a été relativement “ pacifique ” par rapport à la chute du Shah d’Iran ou de Somoza au Nicaragua. En revanche elle fut beaucoup moins calme que la révolution portugaise – une véritable rupture avec le régime précédent sans aucun décès, sauf celui d’un agent de la PIDE qui s’est suicidé. Tout est relatif.
 
Le régime est ainsi devenu, d’un côté, une partitocratie où la vie parlementaire est séquestrée par les dirigeants des partis politiques qui ont fait la transition, et de l’autre une “ démocratie contre le terrorisme ” qui maintient et renouvelle l’ensemble de toutes les forces de répression et les lois et tribunaux d’exception de la phase précédente. L’excuse parfaite pour préserver cet appareil était la lutte armée de l’ETA – souvent brutale et politiquement absurde – mais la législation d’exception et les tribunaux pouvaient également être utilisés à tout moment contre n’importe quel citoyen.
 


Manuel Fraga Iribarne, caméléon politique. En haut avec Franco dans les années 60. En bas, avec Juan Carlos Ier en 2011. Derrière le roi, Felipe González, un autre grand bénéficiaire de la transition.
Les classes dirigeantes espagnoles, qui au début craignaient “ l’incertitude ” de la transition, pouvaient désormais dormir en paix : il y avait le roi installé par Franco, il y avait son fidèle Manuel Fraga Iribarne – symbole vivant de cette métamorphose politique qui vient de mourir en janvier 2012 en odeur de sainteté démocratique ; il y avait la police et l’armée de la dictature intactes ; il y avait aussi en place la partie la plus sensible de l’appareil judiciaire : le tribunal Ordre Public [Tribunal de Orden Público], qui avait succédé au Tribunal pour la répression de la Franc-maçonnerie et du Communisme [Tribunal de Represión de la Masonería y el Comunismo] et qui maintenant était devenue la Cour Nationale [Audiencia Nacional]. Le pouvoir social appartenait à l’élite de toujours, avec l’ajout de certains nouveaux venus qui ont fait fortune avec la transition. À cette élite de toujours sont venus se joindre ceux “ pour toujours ”, qui ont uni étroitement leurs intérêts à ceux du régime.
 
Quant à la monstrueuse répression franquiste – frôlant le génocide pendant les premières années et entretenue comme un signe d’identité à travers une longue série d’assassinats légaux (Grimau, Puig Antich, les cinq fusillés de l’ETA en 1975 peu avant la mort du dictateur, etc.) et de la torture systématique –, elle devait disparaître de la mémoire officielle. Toute responsabilité a été effacée par la loi d’amnistie. En échange d’autres personnages, comme Santiago Carrillo – chef de file des Jeunesses Socialistes Unifiées et responsable des prisons au sein de la Junte de Défense de Madrid en 1936, puis secrétaire général du Parti Communiste d’Espagne (PCE) – n’auraient pas à rendre compte devant les tribunaux de leur responsabilité dans les crimes de guerre et, en particulier, l’assassinat en masse des prisonniers franquistes à Paracuellos del Jarama, documenté par Paul Preston a dans son livre récent El Holocausto español [L’Holocauste espagnol]. L’holocauste espagnol dont Paul Preston parle a été ainsi réglé, ce qui a renforcé le mythe selon lequel les centaines de milliers de morts étaient le résultat de la rancune et de la haine propres à toute guerre civile dans laquelle “les deux côtés étaient également responsables ” des atrocités.
 
Cette version a été entièrement démolie par les œuvres les plus récentes des historiens de la période, qui ont montré avec une abondante documentation que la violence dans le camp républicain était due aux “ excès ” propres à toute guerre civile, mais que les massacres franquistes faisaient partie d’un plan prémédité d’extermination. En effet, l’extermination franquiste des “ rouges ” était – tel qu’en témoigne Gustau Nerín dans son livre La guerra que vino de África [La guerre qui arriva d’Afrique] – un massacre colonial perpétré par l’armée d’Afrique et ses officiers contre les Espagnols républicains, que les officiers franquistes appelaient “ les Arabes du Nord ”. L’abandon de la mémoire historique aux gagnants de 1939 a été une autre des très graves concessions faites par la gauche majoritaire pendant la transition.
 
Le piège de la transition a produit son premier effet le 25 octobre 1977 avec le Pacte de la Moncloa, par lequel les dirigeants syndicaux et politiques de la gauche ont décidé “ lutter contre l’inflation ” en contenant la hausse des salaires provoquée par la liberté d’association. Le même piège a saisi à nouveau les corps et les esprits de la population lorsque le 23 février 1981 elle a appuyé comme sauveur de la “ démocratie ” un roi qui était au moins sympathisant de la tentative de coup d’Etat, d’après le témoignage de l’ancien ambassadeur allemand en Espagne.
 
Le coup d’Etat n’était pas complétement raté : il avait été précédé par l’élimination, concoctée par le roi et l’armée, d’Adolfo Suárez, l’ancien secrétaire général de parti unique franquiste qui avait conduit la transition et a été le premier président du gouvernement constitutionnel. Suárez avait pris trop au sérieux la démocratisation du pays. Le Parti socialiste, qui a remporté les élections après le naufrage aux urnes de l’Union du Centre Démocratique (UCD) d’Adolfo Suárez, a mis en œuvre en grande partie le programme des putschistes en ralentissant le développement des autonomies régionales, en organisant une réponse légale et illégale aux actions de l’ETA et en initiant la contre-révolution néolibérale. La politique, qui semblait avoir gagné un peu d’espace pendant les premières années de la transition, a été avalée par une gestion partitocratique et essentiellement bipartite du régime (transfranquiste et capitaliste) qui a atteint son objectif : faire que la population se tienne à carreau.
 
Le juge Baltasar Garzón, aujourd’hui jugé par la Cour suprême pour plusieurs délits présumés de prévarication*, a été l’un des plus grands champions de la démocratie contre le terrorisme sur le front judiciaire. Ses instructions contre l’ETA, mais aussi contre le séparatisme politique basque, a cimenté sa carrière de juge. Dans ces instructions – en vertu des lois d’exception et d’un consensus populaire contre le terrorisme – le “ juge star ” a violé de toutes les façons possibles les droits procéduraux de la défense et a fait un usage “ créatif ” des catégories de crimes et délits criminels. Le résultat de ses actes est la présence dans les prisons espagnoles, encore aujourd’hui, de plusieurs centaines de prisonniers politiques basques qui n’ont jamais rien eu à voir avec la préparation d’un attentat et qui ont été condamnés en vertu de l’application des lois d’exception qui établissent illégalement une analogie entre les attentats et d’autres comportements non-violents motivés par des buts politiques identiques. L’application de “ l’analogie ” à la loi pénale par Garzón et ses collègues de la Cour Nationale viole les principes fondamentaux de tout ordonnancement juridique libéral. Rarement dans un régime dit “ démocratique ” on a fait autant usage de l’amalgame en droit pénal que Baltasar Garzón l’a fait avec sa fameuse théorie de “ l’environnement ”, une figure juridique arbitraire qui criminalise sans aucune nuance tout l’indépendantisme basque. Quant aux allégations de torture d’un grand nombre de ses “clients”, Garzón n’a jamais daigné enquêter sérieusement.
 


Baltasar Garzón dans le banc des accusés devant la Cour suprême
 
Ce juge trop politisé a essayé de devenir le défenseur de la démocratie contre les dictatures en inculpant l’ancien dictateur chilien Augusto Pinochet pour des crimes de génocide. L’affaire comportait un peu d’humour involontaire, car le juge qui a poursuivi le dictateur chilien, auteur intellectuel de la mort de 3000 de ses compatriotes, était lui-même le représentant de la continuité juridique et institutionnelle d’un régime qui avait exterminé froidement plus de 300 000 citoyens au moment de sa naissance et qui a reçu Pinochet avec tous les honneurs quand il a assisté aux funérailles du général Franco. Les poursuites contre Pinochet sont restées sans suite, en partie en raison de vices de forme, mais aussi du fait de la pression politique internationale, et le sanguinaire Tata a pu mourir dans son lit.
 
Une fois devenu célèbre grâce à l’affaire Pinochet, Garzón a continué à poursuivre les militants de la gauche indépendantiste  basque et d’autres secteurs de la gauche radicale, à fermer des journaux, à interdire des organisations politiques et culturelles, etc. le tout au nom de la défense de l’État de droit. L’ouverture par Garzón d’une instruction sur les exécutions et disparitions sous le franquisme semblait confirmer son penchant contre toutes les dictatures et pour la démocratie. Beaucoup d’espoirs des parents de disparus et assassinés ont été déposés en lui. Après avoir mené à bien une première instruction avec une excellente documentation fournie par des historiens de premier plan, il a abandonné l’affaire, considérant que la Cour nationale n’était pas compétente. Cela n’a pas empêché le pseudo-syndicat “ Mains Propres ” (Manos Limpias, organisation d’extrême -droite qui se présente comme un syndicat de la fonction publique) et Phalange Espagnole (l’organisation héritière du parti fasciste du début des années 30 qui a servi de couverture idéologique à Franco) accuse Garzón de prévarication pour avoir accepté d’engager cette instruction. D’après ces groupes d’extrême-droite le fait d’enquêter sur les crimes du franquisme n’est pas logique, puisqu’ils étaient prescrits, et Garzón n’aurait accepté cette instruction que pour des raisons politiques.
 
Aujourd’hui, la Cour suprême a jugé Baltasar Garzón pour une autre raison : les écoutes illégales du cas “ Gürtel ”, une sombre affaire de trafic d’influences et de corruption qui a impliqué des hauts responsables du gouvernement de la Communauté Autonome de Valence et des responsables régionaux du Parti Populaire. En violation flagrante des droits de la défense, Garzón avait ordonné les écoutes des quelques-unes des conversations des accusés avec leurs avocats pendant l’instruction de l’affaire. La pratique est courante quand il s’agit de la gauche nationaliste basque, mais si on applique les mêmes méthodes à des grands manitous qui ont des relations directes avec le Parti Populaire et, plus indirectement, avec la famille royale, les très puissants inculpés se retournent contre le juge, inculpé à son tour. La même chose vient d’arriver au juge qui instruit le cas du beau-fils du roi, Iñaki Urdangarin, qui est aussi l’objet d’une procédure judiciaire pour délit d’initié.
 
Garzón a déjà été condamné dans le cas Gürtel et déchu de sa charge de juge pour 11 ans. Dans la gauche officielle la sensation a été énorme. En effet il est surprenant que le premier coupable de l’affaire Gürtel ce soit le juge, mais cette condamnation est parfaitement justifiée et servira à “ compenser ” une décision plus clémente dans le procès suivant concernant les crimes du franquisme, dans lequel une condamnation serait un véritable scandale international, nuisible à l’image du régime espagnol.



Manifestations en faveur de Garzón
 
En tous les cas, l’image des dirigeants de la gauche et d’une partie de la population soutenant Baltasar Garzón avec des slogans et des chansons comme “ Je suis avec Garzón ” est un bon exemple de la façon dont fonctionne le piège de la transition. C’est comme si la cause contre ce bureaucrate judiciaire du régime avait un lien quelconque avec la justice réclamée par les familles de centaines de milliers de victimes. Les manifestations entourant ce procès très médiatique sont une magnifique occasion pour faire avancer la cause de la vérité historique dans un système politique fondé sur le “ déni ” d’un génocide, mais tout soutien à Garzón comme s’il était un champion de la vérité et la justice est dangereux.
 
Chaque fois qu’on soutient le juge qui a développé la doctrine de “ l’environnement ” on soutient l’ensemble des institutions et des règles qui ont été construites sur les cadavres qui remplissent les fossés des routes et sur l’effacement de leur mémoire. Soutenir Garzón n’est pas sortir d’un système qui ne peut faire justice ni au passé ni au présent, renoncer à rompre avec le régime des fossés. Les deux Espagnes existent, mais aujourd’hui l’Espagne démocratique qui n’ose pas être républicaine est prise dans le piège de la transition : plus elle essaie de sortir du filet, plus elle se fait attraper dans celui-ci. Pour échapper il faut se placer au-delà de ce piège, nier toute légitimité au régime criminel du 18 Juillet 1936 : pour ce faire il faut un nouveau 14 Avril, c’est à dire, une nouvelle proclamation de la République à la Puerta del Sol comme celle de 1931, mais suivie cette fois-ci d’un long et puissant mouvement du 15 Mai.
 
*La prévarication est une faute consistant pour le détenteur d'une charge ou d'un mandat à accomplir sciemment un manquement grave aux obligations résultant de cette charge ou de ce mandat. À l'origine, le terme s'appliquait à la « transgression de la loi divine, d'un devoir religieux, d'une obligation morale » . Le terme de prévarication n'est pas présent dans le code pénal français. Dans le code pénal espagnol, le terme désigne le délit, pour un magistrat ou un fonctionnaire, consistant à prendre en connaissance de cause une décision administrative ou judiciaire injuste [NdE]

Veolia poursuit impunément son business illégal en Cisjjordanie

Veolia traite les eaux usées de la colonie juive de Modi’in Illit en Cisjordanie occupée
par
Adri Nieuwhof Άντρι Νιούχοφ آدری نیووٌف
Une recherché récente établit que Veolia est impliquée dans des projets israéliens « nouveaux » en Cisjordanie occupée. Veolia Waters Israel fournit des services à la colonie illégale de Modi’in Illit alors que Veolia Transportation Israel exploite sept lignes de transport par bus –au lieu de quatre- qui traversent les terres palestiniennes.
Who Profits? – un projet de recherche de la Coalition Israélienne des Femmes pour la Paix- a dévoilé des faits qui indiquent l’implication de Veolia dans les « nouveaux » projets d’occupation israéliens. Ces faits sont indiqués sur le site web de l’entreprise ainsi que sur les sites officiels israéliens et dans les rapports financiers.
Sur  son site web, Veolia Water Israel indique que son usine de traitement d’Ayalon traite les eaux usées de plusieurs communautés dont la colonie israélienne de Modi’in Illit. Celle-ci est située entre Jérusalem et Tel Aviv en Cisjordanie occupée. D’après «  Who Profits », Veolia Water Israel est une filiale à part entière de Veolia Environnement.

Veolia exploite trois autres lignes de bus qui traversent la Cisjordanie occupée
En août dernier, j’ai écrit que Veolia entretenait le silence à propos de deux lignes de bus desservant des colonies dans les Territoires palestiniens occupés (TPO). Veolia avait diffusé aux USA l’information qu’elle ne gérait aucun service de bus en Cisjordanie autre que les lignes  bus lines 109 and 110. Cependant, « Who Profits ?» a découvert que Veolia gérait deux autres lignes de bus vers les colonies illégales dans le TPO. La ligne 7 dessert les trajets de Modi’in vers les colonies de Hashmonaim et K’far Ha Oranim. Veolia opère aussi le bus 19 qui relie Modi’ in et la colonie de Mevo Horon.
Une recherché récente de Who Profits? révèle que Veolia gère aussi trois lignes de bus entre Bnei-Brak et Jérusalem qui traversent leS TPO et disposent d’arrêts destinés aux colons. Fin novembre 2011,Veolia a obtenu un contrat pour opérer des lignes de bus au service de la communauté ultra-orthodoxe Haredim. Who Profits? révèle ces faits   dans un a document diffusé par mail le 25 décembre. ( les arrêts de bus dans les TPO sont présentés dans la page web dans une liste qui comporte un lien pour chaque ligne de bus). 
La ligne 422 passe à travers les TPO par les nœuds routiers de Mahar Ofer, Givat Zeev, Sderot -Golda Meir, Shefa Haim et Ohel Yehoshua jusqu’à Jérusalem.
La ligne 425 traverse les TPO par les nœuds routiers de Mahane Ofer, Givat Zeev, Sderot-Golda Meir et Sderot-Vaitzman à Jérusalem.
La Line 427 traverse les TPO par l’échangeur de Harel et passe par Sderot Vaitzman à Jérusalem.
Veolia présente dans son site en hébreu les lignes de bus qu’elle opère: 422, 425 et 427.
En opérant ces lignes de bus, Veolia s’implique directement dans le maintien des colonies illégales dans les territoires palestiniens occupés.
Le tramway de Jérusalem
Le projet du  tramway de Jérusalem a été conçu par les autorités israéliennes en vue de servir les besoins des colons dans les territoires palestiniens occupés. Ce tramway permet un déplacement rapide vers Jérusalem-Ouest. Pourtant, les colonies dans les TPO ainsi que l’annexion de Jérusalem-Est sont illégales au regard du droit international. L’article 49 de la Quatrième Convention de Genève précise : « la puissance occupante ne pourra procéder à la déportation ou au transfert d’une partie de sa population civile dans le territoire occupé par elle. »

Cependant, le tramway a été utilisé comme  argument de vente dans une publicité du Fonds pour les Terres d’Israël (Israel Land Fund) pour un projet immobilier à Beit Hanina. ”Le projet est  situé sur l’autoroute 60, tout près du tramway et à 17 minutes à peine du centre-ville“, dit l’affiche publicitaire. Cette affiche souligne l’importance du tramway dans la colonisation de la Cisjordanie.
Le Fonds pour les Terres d’Israël vend des terres occupées afin que   « tout Juif, quel que soit le lieu où il réside, ait la possibilité d’obtenir une portion de la terre. Maison par maison, lot par lot, le Fonds pour les Terres d’Israël travaille afin de garantir que la terre d’Israël reste propriété du peuple juif pour toujours ». (italiques de l’auteure)

La campagne mondiale Derail Veolia et Alstom (Faisons dérailler Veolia et Alstom) appelle au boycott et au désinvestissement de Veolia pour sa complicité avec Israël dans ses violations du droit international. Veolia est engagée dans des contrats avec les autorités israéliennes qui l’impliquent dans le projet de tramway, dans l’enfouissement de déchets dans la décharge de Tovlan  dans la vallée du Jourdain , dans l’exploitation des lignes de bus israéliens en  Cisjordanie et dans le traitement des eaux usées de la colonie Modi’in Illit. Derail Veolia et Alstom va maintenir la pression sur ces deux entreprises jusqu’à ce qu’elles cessent de profiter de l’occupation et de la colonisation israélienne de la Palestine.




La décharge de Tovlan. A l'entrée, le logo d'Onyx, une filiale de Veolia


       


jeudi 9 février 2012

Grèce: l’hôpital de Kilkis passe à l’autogestion Κατάληψη και αυτοδιαχείριση από τους εργαζόμενους του Νοσοκομείου Κιλκίς

Οι μετέχοντες στη Γενική Συνέλευση εργαζόμενοι του νοσοκομείου γιατροί, νοσηλευτικό και λοιπό προσωπικό  στο Γ.Ν. Κιλκίς, καταλήξαμε στα παρακάτω:

1. Διαπιστώνουμε ότι τα σημερινά αλλά και μονιμότερα προβλήματα του Ε.Σ.Υ. και κάθε επιμέρους κλάδου επειδή οφείλονται στη γενικότερη αντιλαϊκή κυβερνητική πολιτική και τον αποθρασυνόμενο διεθνή νεοφιλελευθερισμό, δεν μπορούν να βρουν τη λύση τους σε περιορισμένα μεμονωμένα ή ειδικά κλαδικά αιτήματα και διεκδικήσεις.


2. Διαπιστώνουμε επίσης ότι επιμένοντας στην προβολή και υποβολή τέτοιων ειδικών αιτημάτων του κλάδου μας ουσιαστικά παίζουμε το παιχνίδι της ανάλγητης εξουσίας που επιθυμεί να αποτρέψει τη δημιουργία ενός πανεργατικού παλλαϊκού μετώπου σε εθνικό και διεθνές επίπεδο, με κοινές διεκδικήσεις και εναντίον της κοινωνικής εξαθλίωσης που επιφέρει με την πολιτική της, ώστε να αντιμετωπίσει ευκολότερα το διασπασμένο εχθρό της, τον λαό.
3. Για το λόγο αυτό, εντάσσουμε τις κλαδικές μας διεκδικήσεις μέσα σε ένα πλαίσιο συνολικών πολιτικοοικονομικών διεκδικήσεων που τίθενται από ένα τεράστιο τμήμα  του ελληνικού λαού το οποίο σήμερα δέχεται την πιο βάρβαρη καπιταλιστική επίθεση, διεκδικήσεων που ή θα τεθούν συνολικά και θα τις υπερασπιστούν από κοινού και μέχρι τέλους τα μεσαία και χαμηλά στρώματα της κοινωνίας, ή δε θα τελεσφορήσουν. 


4. Ο μόνος τρόπος για να γίνει αυτό, είναι να αμφισβητηθεί εμπράκτως η πολιτική νομιμοποίηση αλλά και η  ίδια η νομιμότητα της αυθαίρετης αυταρχικής και αντιλαϊκής αυτής εξουσίας και ιεραρχίας που κάνει επιταχυνόμενα βήματα προς τον ολοκληρωτισμό.


5. Οι εργαζόμενοι στο Γενικό Νοσοκομείο Κιλκίς απαντάμε στον εκφασισμό τους με δημοκρατία. Καταλαμβάνουμε το δημόσιο νοσοκομείο μας και το θέτουμε υπό τον άμεσο και πλήρη έλεγχό μας. Το Γ. Ν. Κιλκίς, πλέον θα αυτοδιοικείται και το μόνο αρμόδιο όργανο λήψης αποφάσεων διοικητικού περιεχομένου θα είναι η Γενική Συνέλευση των εργαζομένων σε αυτό.


6. Η κυβέρνηση δεν απαλλάσσεται των οικονομικών της υποχρεώσεων και των υποχρεώσεων στελέχωσης, προμηθειών και εξοπλισμού του νοσοκομείου μας, αλλά σε περίπτωση που συνεχίσει να μην ανταποκρίνεται στις υποχρεώσεις της, οφείλουμε αφενός να την καταγγείλουμε στην κοινή γνώμη και αφετέρου να στραφούμε τόσο στην τοπική αυτοδιοίκηση όσο κυρίως στην τοπική και ευρύτερη κοινωνία για να στηρίξει με κάθε δυνατό τρόπο την προσπάθειά μας
α) για τη διάσωση του νοσοκομείου μας,
β) για την συνολικότερη υπεράσπιση του αγαθού της δημόσιας δωρεάν υγείας, γ) για την ανατροπή με κοινό αγώνα με την υπόλοιπη κοινωνία της συγκεκριμένης κυβέρνησης αλλά και κάθε νεοφιλελεύθερης πολιτικής από όπου κι αν εκπορεύεται,
δ) για βαθύ και ουσιαστικό εκδημοκρατισμό, αυτόν δηλαδή που θα καταστήσει την κοινωνία και πάλι αρμόδια να αποφασίζει η ίδια -και όχι τρίτοι- για το μέλλον της. 


7. Η ΕΝΙΚ, και το εργασιακό σωματείο του Γ. Ν. Νοσοκομείου Κιλκίς, από την 6η Φλεβάρη, αρχίζουμε επισχέσεις εργασίας εξυπηρετώντας μόνον τα έκτακτα περιστατικά στο νοσοκομείο, μέχρις πλήρους αποπληρωμής των δεδουλευμένων μας και επανόδου των αποδοχών μας στα προ-τρόικας επίπεδα.
Ωστόσο, με πλήρη συναίσθηση της κοινωνικής μας αποστολής και των ηθικών δεσμεύσεων που σχετίζονται με το λειτούργημά μας, θα προστατεύσουμε τη υγεία των πολιτών που προσέρχονται στο νοσοκομείο, παρέχοντας δωρεάν περίθαλψη σε όσους τη χρειάζονται, εξυπηρετώντας και καλώντας παράλληλα την κυβέρνηση να αναλάβει επιτέλους τις ευθύνες της, υπερβαίνοντας έστω και την τελευταία ώρα την άμετρη κοινωνική της αναλγησία.


8. Αποφασίζουμε να γίνει νέα γενική συνέλευση όλων των εργαζομένων την Δευτέρα 13η Φεβρουαρίου στην αίθουσα συνελεύσεων του νέου κτηρίου του νοσοκομείου στις 11 π.μ., με σκοπό τον καθορισμό των διαδικασιών που απαιτούνται για να υλοποιηθεί με τον πιο αποτελεσματικό τρόπο, η κατάληψη των διοικητικών υπηρεσιών και να εφαρμοστεί με επιτυχία το αυτοδιοίκητο του ιδρύματος, αρχής γενομένης από την ημέρα εκείνη. Η γενική συνέλευση θα γίνεται καθημερινά και θα είναι το κυρίαρχο όργανο για την λήψη οποιασδήποτε απόφασης αφορά τους εργαζόμενους και την λειτουργία του νοσοκομείου.


Ζητάμε την αλληλεγγύη του κόσμου και των εργαζομένων όλων των κλάδων, τη σύμπραξη των εργατικών σωματείων και προοδευτικών οργανώσεων και τη στήριξη των μέσων πραγματικής ενημέρωσης. Είμαστε αποφασισμένοι να μην σταματήσουμε, αν δεν φύγουν πρώτα οι προδότες που ξεπουλάνε την χώρα μας και το λαό μας.
Ή αυτοί ή εμείς!


Τις παραπάνω αποφάσεις μας, θα τις δημοσιοποιήσουμε με συνέντευξη τύπου στην οποία θα κληθούν όλα τα ΜΜΕ (τοπικά και πανελλαδικά) στον ίδιο χώρο, την Τετάρτη 15/2/2012, στις 12.30. Οι καθημερινές μας γενικές συνελεύσεις αρχίζουν από τις 13 Φλεβάρη. Με δελτία και συνεντεύξεις τύπου θα ενημερώνουμε τους πολίτες για κάθε σημαντικό γεγονός και εξέλιξη που θα αφορά στο νοσοκομείο μας. Επιπροσθέτως η δημοσιοποίηση θα γίνεται με κάθε πρόσφορο μέσον και με σκοπό την επιτυχία αυτής μας της κινητοποίησης.


Καλούμε 
α) τους συμπολίτες μας σε αλληλέγγυα στήριξη της προσπάθειάς μας, 
β) τον κάθε απλό αδικημένο πολίτη της χώρας σε μια έμπρακτη αμφισβήτηση και αντίσταση κατά των δυναστών του,
γ) τους συναδέλφους μας στα άλλα νοσοκομεία, να πάρουν ανάλογες αποφάσεις και
δ) τους εργαζόμενους όλων των κλάδων του δημόσιου και ιδιωτικού τομέα, και τα μέλη εργατικών και λοιπών προοδευτικών οργανώσεων να πράξουν το ίδιο, ώστε η κινητοποίησή μας να πάρει την μορφή πανεργατικής και παλλαϊκής αντίστασης και ξεσηκωμού, μέχρι την τελική μας νίκη κατά της οικονομικοπολιτικής ελίτ που σήμερα καταδυναστεύει τη χώρα και καταστρέφει ολόκληρο τον κόσμο.

Une journée historique (fiction)

mercredi 8 février 2012

Vous êtes seuls, vous souffrez ? Alors, vous êtes français !

Dans un discours historique prononcé ce 8 février au dîner annuel du CRIF, en présence du héros Gilad Shalit, Nicolas  Sarkozy a a annoncé qu'il modifiait le Code français de la nationalité. Désormais, tout individu dans le monde remplissant deux conditions : 1- être seul, 2- souffrir, obtiendra automatiquement la nationalité française. Dès lundi prochain, des guichets spéciaux seront ouverts dans toutes les ambassades et tous les consulats de la République française pour accueillir les solitaires en souffrance. Qu'on se le dise !


mardi 7 février 2012

Images de Tunisie

Il neige sur la Tunisie. Des habitants de Kasserine, qui n'ont pas perdu leur humour, ont construit ce bonhomme de neige, qu'ils ont baptisé المنصف المثلوجي Moncef Mathlouji ("l'enneigé").
Lors d'un récent match de volleyball entre le Club Sfaxien et l'Espérance sportive tunisienne, les supporters sfaxiens, en solidarité avec les victimes du massacre organisé à Port-Saïd, arboraient une banderole aux couleurs égyptiennes proclamant : "A bas le conseil militaire égyptien".

Le roi Juan Carlos d'Espagne a sympathisé avec les putschistes du 23 février 1981


Il y a 31 ans, des militaires ont essayé de renverser la démocratie espagnole. Le roi Juan Carlos Ier avait de toute évidence des sympathies pour les putschistes. Cela ressort, selon des informations du Spiegel, d'un rapport fait à l'époque par l'ambassadeur allemand.
« 23-F » - voilà le nom que les Espagnols donnent au 23 février 1981, où les militaires tentèrent de prendre le pouvoir dans le pays. Le putsch échoua. Mais le roi d’Espagne, Juan Carlos Ier, fit preuve de compréhension et sinon de bienveillance envers les militaires fidèles à Franco, qui cherchèrent à l’époque à renverser la jeune démocratie espagnole. C’est ce qui ressort d’informations découvertes par le Spiegel, dans un rapport jusqu’ici inconnu et dont l’auteur est Lothar Lahn, alors ambassadeur allemand à Madrid.

Après avoir rencontré le roi quelques semaines après le putsch, Lothar écrivait que « le monarque ne témoigna ni aversion ni indignation à envers les acteurs du putsch, mais plutôt de la compréhension, voire de la sympathie ».

Selon Lahn, Juan Carlos a déclaré que « les putschistes ne voulaient que ce que nous souhaitons tous, le rétablissement de la discipline, de l’ordre, du calme et de la sécurité. » Il était souhaitable « d’oublier au plus vite » la tentative de coup d’État.


La Syrie n’est ni la Tunisie ni la Libye

par Sharmine Narwani, 6/2/2012. Traduit par  Fausto Giudice, Tlaxcala
Original
: Syria Is Not Tunisia or Libya
Sharmine Narwani est une commentatrice et analyste politique sur le Moyen-Orient. Elle est membre associée du St. Antony's College à l'Université d'Oxford. Elle a obtenu un master de journalisme et d'études moyen-orientales en Affaires internationales de l'Université Columbia.
Les commentateurs du Réveil arabe font parfois l’erreur de partir du présupposé que les 22 pays arabes sont une seule et même chose, tous appelés à se débarrasser de leurs dictateurs par un enchaînement d’événements suivant soit le modèle tunisien soit le modèle libyen.

Bien qu’il ait fait quelques erreurs grossières de calcul depuis le déclenchement de la crise en mars dernier, le président Bachar El Assad bénéficie encore de la faveur d’une légère majorité de Syriens, à en croire des récents sondages en ligne. Mais ce n’est pas grâce à sa popularité que son gouvernement reste intact. Le régime bénéficie encore du soutien de ses principaux corps constitués : l’armée, les grandes villes, l’élite affairiste liée à lui, les minorités et les laïcs sunnites, avec un nombre limité de défections du type de celles enregistrées par d’autres régimes arabes.
En revanche l’opposition, après 11 mois, reste fondamentalement divisée selon des clivages ethniques, religieux, politiques et géographiques et elle est incapable d’élaborer une plateforme politique articulée et détaillée. En outre, les groupes armés d’opposition –mis en lumière par le récent rapport de la mission d’observateurs de la Ligue arabe – sont dépourvus d’un commandement central, sont basés localement et ont un accès limité et irrégulier aux équipements militaires nécessaires pour opérer à une plus grande échelle.
Les acteurs extérieurs ont également très peu d’influence en Syrie même. La Syrie s’est adaptée à une vie sous sanctions et dispose d’un groupe d’alliés restreint mais faisant preuve de cohésion sur lequel elle peut compter. Le pays fonctionne dans une large mesure sans être pris dans la nasse des dépendances caractérisant d’autres pays arabes, il n’a pas de problème de dette publique, et il a reçu récemment un appui précieux des BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud) , qui insistent sur le fait que la Syrie doit résoudre sa crise elle-même.
Carlos Latuff
Vue de Syrie, la situation diffère sensiblement du narratif produit à l’extérieur. A y regarder de plus près, le chiffre de 5000 morts donné par l’ONU démontre un manque sévère de discernement entre pertes du côté des fidèles au régime et de l’opposition et oublie de souligner la mort de 2000 soldats réguliers dont les funérailles sont télévisées quotidiennement à l’intérieur du pays. Contrairement aux personnages de l’opposition vivant à l’étranger, ceux qui appartiennent au courant dominant dans le pays –même ceux qui veulent un changement de régime – ont tendance à rejeter les sanctions, les solutions militaires et une intervention étrangère, étant favorables à une solution politique pacifique de la crise.
Si Assad établit une nouvelle constitution et organise des élections nationales d’ici l’été prochain, cela pourrait suffire à lui fournir l’espace nécessaire pour confondre ceux qui le critiquent. Une militarisation et un sectarisme croissants sont plus susceptibles de cimenter l’opinion que de la fragmenter. Les gens n’aspirent peut-être pas tant au pain qu’à la possibilité d’aller au marché pour l’acheter.
 

dimanche 5 février 2012

Les petites phrases qui tuent : "Toutes les civilisations de se valent pas"

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Le ministre de l'Intérieur, Claude Guéant, a persisté dimanche dans son jugement que "toutes les civilisations de se valent pas", en dépit des critiques de la gauche voyant là une façon d'attirer des électeurs du Front national à moins de trois mois de la présidentielle. (AFP/Archives)




Le ministre de l'Intérieur, Claude Guéant, a persisté dimanche dans son jugement que "toutes les civilisations de se valent pas", en dépit des critiques de la gauche voyant là une façon d'attirer des électeurs du Front national à moins de trois mois de la présidentielle.

"Je ne regrette pas" ces propos "mais je regrette que certains à gauche continuent à extraire des petites phrases de leur contexte et enlèvent ainsi à la dignité du débat démocratique", a-t-il dit sur RTL.

Si Claude Guéant a assuré dans l'après-midi sur France Inter qu'il "ne vis(ait) aucune culture en particulier", il a pourtant choisi ses exemples dans l'islam, évoquant les prières de rue et le voile intégral, des pratiques selon lui "gênant(es)" pour les Français.

Trois heures plus tard, sur Europe 1, le ministre a critiqué "le relativisme" des socialistes qui ont refusé de voter l'interdiction de ces pratiques.

"Il n'y avait aucun objectif politicien dans mon propos", a-t-il pourtant assuré sur la même antenne. "Cela étant", a-t-il poursuivi, "si c'est l'occasion pour les Français de se déterminer entre deux familles politiques, qui n'abordent pas la vision d'avenir de notre société de la même manière, eh bien c'est une bonne chose."

Samedi soir, M. Guéant avait déclenché une polémique pour avoir déclaré, devant l'association d'étudiants de droite Uni, que "contrairement à ce que dit l'idéologie relativiste de gauche, pour nous, toutes les civilisations ne se valent pas".

"Celles qui défendent l'humanité nous paraissent plus avancées que celles qui la nient", avait-il argumenté, ajoutant : "Celles qui défendent la liberté, l'égalité et la fraternité, nous paraissent supérieures à celles qui acceptent la tyrannie, la minorité des femmes, la haine sociale ou ethnique".

Le numéro 2 du PS Harlem Désir y avait vu "la provocation pitoyable d'un ministre réduit à rabatteur de voix FN" et SOS Racisme avait dit "espérer un démenti urgent" des propos.

Au contraire, M. Guéant a été soutenu dimanche par plusieurs membres de la majorité.

"Dire que le respect de la personne, dire que le refus de la violence, dire que le refus de la peine de mort par exemple hiérarchisent des comportements, des cultures, des civilisations me paraît d'une banalité totale", a abondé le ministre de la Défense, Gérard Longuet.

Comme on lui demandait s'il s'agissait "des sociétés musulmanes notamment", M. Longuet a répondu : "Pas toutes, l'islam est polymorphe dans le temps et dans l'espace et s'il y a des sectes minoritaires, il y a un islam débonnaire et bon enfant qui est tout à fait à l'image de ce qu'est le protestantisme ou le catholicisme dans d'autres parties du monde".

Claude Guéant ne dit que "des choses évidentes", a renchéri Arno Klarsfeld. "Si la gauche veut faire campagne sur le fait que le nazisme hitlérien ou les talibans valent la civilisation française ou britannique, qu'ils le fassent", s'est agacé le président de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (Ofii).

En réaction, un porte-parole de François Hollande, Bernard Cazeneuve, a estimé que "théoriser le conflit des civilisations, c'est diviser et abaisser la République".

"De droite comme de gauche, tous les Français attachés aux valeurs républicaines attendent maintenant un signe : M. Sarkozy doit impérativement rappeler à l'ordre son ministre dans les heures qui viennent", a demandé un autre socialiste, Claude Bartolone.

Le Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples a lui "décerné le triple A de l'escalade xénophobe" au ministre.

Ces derniers mois, M. Guéant a déjà suscité la controverse sur des sujets connexes, déclarant notamment en avril que l'augmentation du nombre de fidèles musulmans posait "problème", ou en mai que "les deux tiers des échecs scolaires, c'est l'échec d'enfants d'immigrés".

AFP

Toutes les civilisations ne se valent pas
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Menaces de guerre, par Jorge Alaminos, Tlaxcala

Crise humanitaire sans précèdent en Grèce

par Sonia Mitralia Σόνια Μητραλιά

 
Ce discours de Sonia Mitralia, membre du Comité grec contre la dette et du CADTM international, a été prononcé devant la Commission Sociale de l’Assemblée Parlementaire du Conseil de l’Europe qui s’est tenue le 24 janvier 2012 à Strasbourg sur le thème : « Les mesures d’austérité - un danger pour la démocratie et les droits sociaux".

Presque deux ans après le début du traitement de choc imposé par la Banque centrale européenne, la Commission européenne et le Fonds monétaire international à la Grèce, son bilan est catastrophique, révoltant et inhumain.
Tout d’abord, même les inspirateurs de ces politiques admettent maintenant ouvertement non seulement leur échec patent, mais aussi que leurs recettes étaient dès le début totalement erronées, irréalistes, inefficaces et même contre-productives. En voici une illustration qui concerne non pas une question secondaire mais le cœur du problème, la dette publique grecque elle-même. Selon tous les responsables du désastre grec, si leurs politiques (d’austérité plus que draconienne) s’avéraient efficaces à 100%, ce qui est d’ailleurs totalement illusoire, la dette publique grecque serait ramenée en 2020 à 120% de PIB national, c’est-à-dire au taux qui était le sien … en 2009 quand tout ce jeu de massacre a commencé ! En somme, ce qu’ils nous disent maintenant cyniquement, c’est qu’ils ont détruit toute une société européenne… absolument pour rien !
Mais, comme si tout cela ne suffisait pas, ils persistent à imposer aux Grecs – mais aussi pratiquement à tout le monde - exactement les mêmes politiques qu’eux-mêmes admettent qu’elles ont échoué. C’est ainsi qu’on est désormais en Grèce au septième « Mémorandum » d’austérité et de destruction de services publics, après que les six premiers ont fait preuve d’une totale inefficacité ! On assiste au Portugal, en Irlande, en Italie, en Espagne et un peu partout en Europe à l’application de ces mêmes plans d’austérité draconienne qui aboutissent partout au même résultat, c’est-à-dire enfoncer les économies et les populations dans une récession et un marasme toujours plus profonds.
En réalité, des expressions telles que « austérité draconienne » sont absolument insuffisantes pour décrire ce qui est en train de se passer en Grèce. Les salaires et les retraites sont amputés de 50% ou même, dans certains cas, de 70%. La malnutrition fait des ravages parmi les enfants de l’école primaire, la faim fait son apparition surtout dans les grandes villes du pays dont le centre est désormais occupé par des dizaines des milliers des SDF misérables, affamés et en haillons. Le chômage atteint désormais 20% de la population et 45% des jeunes (49,5% pour les jeunes femmes). Les services publics sont liquidés ou privatisés avec comme conséquence que les lits d’hôpitaux sont réduits (par décision gouvernementale) de 40%, qu’il faut payer très cher même pour accoucher, qu’il n’y a plus dans les hôpitaux publics des pansements ou des médicaments de base comme des aspirines.



Photo Αngelos Kalodoukas
On pourrait continuer presque à l’infini cette description de la déchéance de la population grecque. Mais, même en se limitant à ce qu’on vient de dire, on constate qu’on se trouve devant une situation sociale qui correspond parfaitement à la définition de l’état de nécessité ou de danger reconnu depuis longtemps par le droit international. Et ce même droit international oblige expressément les Etats à donner la priorité à la satisfaction des besoins élémentaires de ses citoyens et non pas au remboursement de ses dettes.



Comme le souligne la Commission du droit international de l’ONU à propos de l’état de nécessité : « On ne peut attendre d’un État qu’il ferme ses écoles et ses universités et ses tribunaux, qu’il abandonne les services publics de telle sorte qu’il livre sa communauté au chaos et à l’anarchie simplement pour ainsi disposer de l’argent pour rembourser ses créanciers étrangers ou nationaux. Il y a des limites à ce qu’on peut raisonnablement attendre d’un État, de la même façon que pour un individu. »
Notre position, partagée par des millions de Grecs, est claire et nette et se résume au respect du droit international. Les Grecs ne doivent pas payer une dette qui n’est pas la leur pour plusieurs raisons.
Primo, parce que l’ONU et les conventions internationales -signées par leur pays mais aussi par les pays de leurs créanciers- intiment à l’Etat grec de satisfaire en toute priorité non pas ses créanciers mais plutôt ses obligations envers ses nationaux et les étrangers qui se trouvent sous sa juridiction.
Secundo, parce que cette dette publique grecque, ou au moins une part très importante, semble réunir tout les attributs d’une dette odieuse, et en tout cas illégitime, que le droit international intime de ne pas rembourser. C’est d’ailleurs pourquoi il faudrait tout faire non pas pour empêcher (comme l’Etat grec le fait maintenant) mais plutôt pour faciliter la tache de la Campagne grecque pour l’audit citoyen de cette dette afin d’identifier sa part illégitime.
Notre conclusion est catégorique : la tragédie grecque n’est ni fatale ni insoluble. La solution existe et la répudiation, l’annulation et le non paiement de la dette publique grecque en font partie en tant que premier pas dans la bonne direction. C’est-à-dire, vers le salut de tout un peuple européen menacé par une catastrophe humanitaire sans précédent en temps de paix…

samedi 4 février 2012

امال المثلوثي: مولود في فلسطين Amel Mathlouthi: Nací en Palestina Born in Palestine Née en Palestine


"The song “Nací en Palestina” is based on “Nací en Alamo” (lyrics by Tony Gatlif, music by Dionisis Tsaknis, Gritos de Guerra, and Tony Gatlif), which was performed by Remedios Silva Pisa for the film Vengo (Dir. Tony Gatlif, 2000).

La chanson Je suis née en Palestine est basée sur “ Nací en Alamo” (paroles de Tony Gatlif, musique de Dionisis Tsaknis, Gritos de Guerra, et Tony Gatlif), chantée par Remedios Silva Pisa dans le film Vengo, de Tony Gatlif (2000)
I WAS BORN IN PALESTINE

I have no place
I have no country
I have no homeland

With my finger I make fire
and with my heart I sing for you
my heartstrings weep

I was born in Palestine
I was born in Palestine

I have no place
I have no country
I have no homeland

ما عندي مكان
و ما عنديش زمان
و ما عنديش بلاد

من يديا نصنع نار
من قلبي البلار
نجرحلك وتر حزين

مولود في فلسطين
مولود في فلسطين

ما عندي مكان
و ما عنديش زمان
و ما عنديش بلاد

مولود في فلسطين
مولود في فلسطين

تاريخي عمرو ما يتمحى

Un an après la révolution, les artistes tunisiens s’exposent à Paris

France-Culture, 02.02.2012
« Dégagements... La Tunisie un an après », c’est le titre choc d'une exposition à l'Institut du Monde Arabe. L'événement rend hommage aux artistes tunisiens qui ont accompagné cette année la révolution dans leur pays.


Les virus de la révolution © Rym Karoui
Un an après la révolution tunisienne, aussi appelée la « Révolution du Jasmin », l’Institut du Monde Arabe (IMA) donnent la parole aux artistes. A la fois créateurs et citoyens, témoins et acteurs, ils ont suivi les évolutions de leur pays et les enjeux de ce mouvement de révolte. Par la pratique de leur art, ils s’expriment sur la laïcité, le droit des femmes, les premiers pas vers la démocratie… Car après la chute du dictateur Ben Ali au pouvoir pendant vingt-trois ans, les premières élections libres ont été organisées.
Profitant d’une liberté d’expression toute récente, les artistes explorent de nouveaux espaces où ils ne sont plus sous surveillance. Photographes, plasticiens, peintres ou sculpteurs, ils témoignent des événements vécus pendant cette révolution. Ils questionnent ou interprètent cette période de changement. Les vingt et un artistes exposés sont tunisiens pour la plupart mais quelques œuvres d’artistes étrangers, particulièrement sensibles à cette révolution, sont aussi présentes.
L'exposition, explique sa commissaire Géraldine Bloch, est « un hommage à la révolution et au peuple tunisien mais cette fois à travers des artistes plasticiens et différents médiums représentés et non pas à travers la photo documentaire et journalistique. »


Des œuvres figuratives très expressives
A l'entrée de l'exposition, la reproduction d'un immense tag recouvre l'intégralité d'un des murs. Réalisée en avril 2011, c'est l'œuvre de Sk-one et Meen-One comme l'explique Géraldine Bloch.

Les tags © Tounsi Motha Fucka
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De son côté, l'artiste libanais Ali Cherri a travaillé sur l'immolation dans ses réalisations. Il s'interroge sur la vague d'immolations qui a parcouru le monde arabe après celle de Mohamed Bouazizi. Les explications de Géraldine Bloch.

Je ne suis pas pyromane et Immolation Kit. © Ali Cherry
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L'exposition « Dégagements... La Tunisie un an après » se tient jusqu'au 1er avril à l'Institut du Monde Arabe, à Paris.
 
HORAIRES
Du mardi au vendredi de 10h à 18h et jusqu’à 19 h les week-ends et jours fériés
Salle des expositions niveau -1/-2
 TARIFS
Entrée : 7 € (plein), 5 € (réduit*), 4 € (- 26 ans et champ social)
Nouveau : Tarif réduit spécial famille 5 € pour les parents accompagnés d’un enfant
*Tarif réduit : enseignants et demandeurs d’ emplois
Entrée libre : Amis de l’IMA, handicapés, carte ICOM / ICOMOS, moins de 12 ans, conférenciers, guides touristiques, corps diplomatique arabe et ministère des Affaires étrangères