jeudi 28 août 2014

Κάλεσμα Call Appel Llamamiento Appello Aufruf Crida Çağrı

Original: Ελληνικά
Traductions disponibles : English  Français  Español  Deutsch  Català  Italiano 
Κάλεσμα για μια διεθνή ημέρα αλληλεγγύης στις 595 καθαρίστριες του Υπέργειου Οικονομικών της Ελλάδας - 595 Aγωνιζόμενες καθαρίστριες του Υπ. Οικον. Greek women cleaners in struggle
Femmes de ménage grecques en lutte Limpiadoras griegas en lucha
Εμείς οι 595 καθαρίστριες
 του Υπουργείου Οικ ... Lire la suite
Call to an international day of solidarity with the 595 cleaners of the Greek Ministry of Economy - 595 Aγωνιζόμενες καθαρίστριες του Υπ. Οικον. Greek women cleaners in struggle
Femmes de ménage grecques en lutte Limpiadoras griegas en lucha

We, the 595 cleaners of the Ministry of Finance, who had our jobs taken away from us on the 17th of September 2013, so that they can be given to private sub-contractors, have been fighting the last 11 months against the politics of austerity and against  ...
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Appel à une journée internationale de solidarité avec les 595 femmes de ménage du Ministère des Finances grec - 595 Aγωνιζόμενες καθαρίστριες του Υπ. Οικον. Greek women cleaners in struggle
Femmes de ménage grecques en lutte Limpiadoras griegas en lucha

Nous, femmes de ménage du Ministère des Finances, qui avons perdu nos emplois depuis le 17 septembre 2013, nous vous proposons d’unir nos forces et d’organiser une journée internationale de solidarité le samedi ... Lire la suite
Llamamiento a una jornada internacional de solidaridad con las 595 trabajadoras de limpieza del ministerio de Finanzas griego - 595 Aγωνιζόμενες καθαρίστριες του Υπ. Οικον. Greek women cleaners in struggle
Femmes de ménage grecques en lutte Limpiadoras griegas en lucha

  Nosotras, personal de limpieza del ministerio de Finanzas, que hemos perdido nuestros empleos después del 17 de septiembre de 2013, os proponemos unir nuestras fuerzas y organizar una jornada internacional de solidaridad el sábado ...
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Appello per una giornata internazionale di solidarietà con le 595 lavoratrici di pulizia del ministero delle Finanze greco - 595 Aγωνιζόμενες καθαρίστριες του Υπ. Οικον. Greek women cleaners in struggle
Femmes de ménage grecques en lutte Limpiadoras griegas en lucha

Noi, personale di pulizia del ministero delle finanza, che abbiamo perso il nostro lavoro dopo il 17 settembre 2013, proponiamo di unire le nostre forze ed organizzare una giornata internzazionale di solidarietà sabato 20 settembre 2014.   ...
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Aufruf zu einem internationalen Tag der Solidarität mit den 595 Putzfrauen des griechischen Finanzministeriums - 595 Aγωνιζόμενες καθαρίστριες του Υπ. Οικον. Greek women cleaners in struggle
Femmes de ménage grecques en lutte Limpiadoras griegas en lucha

  Wir Putzfrauen des Finanzministeriums wurden am 17. September 2013 hinaus geschmissen und unsere Arbeitsplätze an private Subunternehmen vergeben. Seit 11 Monaten führen wir einem Überlebenskampf, einen Kampf gegen die Sparpolitik ...
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Crida a una jornada de solidaritat amb les 595 treballadores de la neteja del ministeri de Finances grec - 595 Aγωνιζόμενες καθαρίστριες του Υπ. Οικον. Greek women cleaners in struggle
Femmes de ménage grecques en lutte Limpiadoras griegas en lucha

  Nosaltres, treballadores de la neteja del ministeri de les Finances, que hem perdut les nostres feines des del 17 de setembre de 2013, us proposem d’unir les nostres forces i d’organitzar una jornada internacional de solidaritat el ... Lire la suite

Yunanistan Maliye Bakanlığı Çalışanı 595 Kadın Temizlik İşçisinden Bir Günlük Uluslararası Eylem Çağrısı
595 Aγωνιζόμενες καθαρίστριες του Υπ. Οικον. Greek women cleaners in struggle
Femmes de ménage grecques en lutte Limpiadoras griegas en lucha

  Bizler, 17 Eylül 2013 itibarıyla işlerimizi kaybetmiş Maliye Bakanlığı çalışanı temizlik işçisi kadınlar olarak, sizleri gücünüzü gücümüze katmaya ve 20 Eylül 2014 Cumartesi ...
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jeudi 7 août 2014

Samedi 9 août, Jour de rage 9 de agosto, Día de la Rabia Saturday 9 August Day of Rage

Palestinian Boycott, Divestment, Sanctions National Committee (BNC) اللجنة الوطنية الفلسطينية لمقاطعة إسرائيل وسحب الاستثمارات منها وفرض العقوبات
Gaza Calling: All out on Saturday 9 August Day of Rage
Join the BDS Movement today, Demand Sanctions on Israel Now
- As we face the full might of Israel’s military arsenal, funded and supplied by the United States and European Union, we call on civil society and people of conscience throughout the world to pressure governments to sanction Israel and implement ...Lire la suite
Appel de Gaza : Tou-tes dans la rue samedi 9 août, Jour de rage
Rejoignez aujourd’hui le mouvement pour le BDS, demandez maintenant des sanctions contre Israël
Alors que nous faisons face à la pleine puissance de l’arsenal militaire israélien, subventionné et fourni par les USA et l’Union européenne, nous appelons la société civile et les personnes de ... Lire la suite
Desde Gaza: ¡tod@s a la calle el sábado 9 de agosto, Día de la Rabia!
Únete hoy al Movimiento de BDS, exige ahora que se impongan sanciones a Israel

Mientras nos enfrentamos a toda la fuerza del arsenal militar de Israel, financiado y suministrado por Estados Unidos y la Unión Europea, perdimos a la sociedad civil y a las personas de conciencia de todo el mundo que presionen a sus gobiernos ...
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Iván Lira


Dernier crime à Gaza : le crime de haute trahison

par Christophe Oberlin

Aujourd’hui est un jour de deuil supplémentaire pour les Palestiniens.
Hier 5 août 2014 M. Riad Al MALIKI,  ministre des Affaires Etrangères de Palestine a obtenu de Mme Fatou BENSOUDA procureure de la Cour Pénale Internationale l’annulation de la plainte déposée le 25 juillet 2014 par M. Saleem Al SAQQA, ministre palestinien de la Justice et M. Ismaeel JABER procureur général de Gaza pour les crimes de guerre commis à Gaza par l’armée israélienne.
Cette plainte, élaborée par les meilleurs spécialistes du Droit International, avait reçu l’appui de 130 professeurs de Droit de par le monde qui avaient affirmé sa complète recevabilité au regard des statuts de la Cour Pénale Internationale.
Dès la publication de la plainte, le président palestinien Mahmoud ABBAS,  le représentant de la Palestine à l’ONU et Mme Leila SHAHID, ambassadrice de Palestine auprès de l’Union Européenne, ont développé une stratégie en vue de l’annulation de la plainte. Le représentant à l’ONU a prétendu,  à l’unisson avec la partie israélienne, que le dépôt de plainte risquait de se retourner contre la résistance palestinienne, ce qui est juridiquement faux (article 31D du statut de la Cour Pénale internationale). Mme Leila SHAHID est allée dans le même sens, provoquant le 4 août une réaction officielle du Hamas par l’intermédiaire de son porte-Parole Sami Abu ZOUHRI :
« N’écoutez aucune voix qui suggérerait que nous serions opposés à une action auprès de la Cour Pénale Internationale. Certaines personnes disent que le Hamas ou d’autres personnes résistantes pourraient être victimes d’une telle démarche, mais ce n’est pas vrai. Ce n’est que de la propagande. Rien de ce que nous faisons ne nous fait peur. Nous sommes sous occupation et c’est notre droit, selon la loi, de résister. Et c’est aussi le droit de notre population d’être défendue. »
Ces pressions sur la Cour Pénale Internationale aboutissant à l’annulation de la plainte, étaient malheureusement prévisibles. Déjà à la suite de la guerre de l’hiver 2008-2009, M. ABBAS avait dépêché M. Al MALIKI auprès du procureur de la Cour, aboutissant à l’annulation de la procédure de plainte en cours. Ce sont les mêmes acteurs aujourd’hui qui  sont à la manœuvre.
Juan Kalvellido, Tlaxcala, janvier 2009
Il faut dire que la plainte déposée le 25 juillet 2014, outre les crimes de guerre, mentionnait le crime de colonialisme, faisant ainsi peser une lourde menace sur Israël : dès la plainte transmise à la chambre intermédiaire, les entreprises étrangères travaillant dans les territoires occupés devenaient susceptibles de poursuites pour complicité. Les conséquences économiques pour Israël auraient pu être rapides, bien avant que n’advienne  le jugement des commanditaires des crimes de guerre. Avant même que la bataille des armes ne soit terminée, M. NETANYAHU a remporté grâce à M. ABBAS et Mme Leila SHAHID une victoire politique déterminante : la menace économique est éloignée.
Comme toujours en pareilles circonstances, la communication palestinienne – et en particulier Mme Leila SHAHID – prétend avoir une autre stratégie : celle d’adhésion à la Cour Pénale Internationale. Pourquoi ne  l’avoir pas fait plus tôt ? La supposée nécessité de reconnaissance  préalable de l’état palestinien à l’ONU est un mensonge juridique. M. ABBAS et Mme SHAHID auraient pu saisir la Cour depuis près de dix ans. Trois massacres à Gaza [guerre israélienne contre Gaza en 2008/2009, en 2012 et en 2014 -Ndlr] auraient peut-être pu être évités.
La décision de faire taire le Droit met à nouveau en lumière le jeu meurtrier et la nature réelle de l’Autorité Palestinienne.
Sert-elle les Palestiniens en 2006 lorsqu’après avoir perdu les élections elle tente de reprendre le pouvoir par les armes ?
Sert-elle les Palestiniens en 2006  lorsqu’elle condamne la capture d’un soldat israélien au poste de combat ?
Sert-elle les Palestiniens en 2009 quand elle contribue à enterrer le rapport GOLDSTONE sur les crimes commis à Gaza ?
Sert-elle les Palestiniens quand elle soutient officiellement le nouveau dictateur égyptien qui est à l’origine de la fermeture du seul point de passage de GAZA avec le monde ?
Sert-elle les Palestiniens lorsque son président déclare quelques jours avant l’attaque israélienne : « Les tunnels entre Gaza et  l‘Egypte sont illégaux. Nous (sic) avons essayé de les détruire, nous (sic) avons construit un mur d’acier souterrain, nous (sic) avons essayé de les noyer ».
Toutes ces attaques ont en fait pour but de détruire un parti politique à référence culturelle musulmane, le HAMAS, et quel qu’en soit le prix pour la population palestinienne.
Le droit international étant bafoué, force est d’observer à nouveau le droit national palestinien, bafoué lui aussi. Le président ABBAS, selon des lois fondamentales palestiniennes, a terminé son mandat  en janvier 2009. Des élections ne pouvant avoir lieu, c’est le président du parlement Aziz DUWAIK qui aurait dû le remplacer. M. DUWAIK est en prison.  Alors que le parlement aurait dû légalement voir son mandat prolongé, nombre de parlementaires ont été emprisonnés, parfois avec l’appui de la police palestinienne, et le parlement est empêché de fonctionner.
Ainsi, on se bouscule aujourd’hui, parmi les dictatures arabes, pour être « le meilleur ennemi d’Israël ».
Le président actuel est donc illégal autant qu’illégitime. M. ABBAS et Mme Leila SHAHID  règnent sur un champ de ruines physique, politique et moral. Ils servent l’intérêt de l’ennemi. La Palestine a son gouvernement de VICHY qui ne représente pas les Palestiniens, pas plus que VICHY ne représentait la France.
Que ceux qui le contestent osent organiser des élections libres et non faussées à Gaza, en Cisjordanie et à Jérusalem-Est.
http://tlaxcala-int.org/upload/gal_8671.jpg
Carlos Latuff
 

mercredi 23 juillet 2014

Un dimanche à Sydney, Australie, avec les Palestiniens

Les plus belles images de la solidarité mondiale avec les Palestiniens nous viennent d'Australie, où plusieurs milliers de personnes ont manifesté dimanche dernier. Regardez: ils et elles sont magnifiques.
Marching as one... 14,000km from the frontline: Thousands take to Sydney streets calling for Israel to stop its bombardment of Gaza 

  • More than 2000 marched down George Street in Sydney's centre
  • It is Sydney's second major pro-Palestine rally in a fortnight
  • So far more than 350 Palestinians and seven Israelis have been killed in the 13-day conflict
  • Rally called on Australian leaders to 'stand up'


Schoolchildren have led thousands of protesters through Sydney's CBD, demanding an end to Israel's military offensive in Gaza.
Stunned shoppers watched on as a crowd of more than 2000 marched down George Street, waving flags and chanting, 'In our thousands, in our millions, we are all Palestinian.'
It is Sydney's second major pro-Palestine rally in a fortnight.
Parramatta woman Buthania Saeed took her children to Sunday's protest, which came days after four youngsters were killed in an air strike as they played on a beach in Gaza City.
Schoolchildren led a march through Sydney's centre on Sunday. They held plastic dolls to signify the loss of innocent babies' lives in Gaza

'I'm here as a mum to raise awareness of what's happening in Gaza,' Ms Saeed, 41, told AAP.
'All we're seeing is women and children being murdered, houses are being burnt down and families are being vanished.'
One demonstrator held up a baby doll swaddled in fake blood-drenched sheets, and stretcher bearers carried child-like figures wrapped in white.
More than 350 Palestinians and seven Israelis have been killed in the 13-day conflict.
Rally master of ceremonies Ophelia Haragli called on Australian leaders to 'stand up'.Over 2000 people marched along George Street with banners and flags that showed their support for Gaza

A young boy held a sign saying 'no one is free when others are oppressed' while his friend took photos of the march on his iPhone. In the background, a toddler in a pushchair was also brought to the march

Pro-Palestinian protestors painted their faces and wore t-shirts that said 'free Gaza' as they gathered to march the streets of Sydney

'You don't have to look far, you only have to look at the pictures on the screens, and touch your heart to know that what's going on in Israel is a massacre,' Ms Haragli said.
NSW Greens MP David Shoebridge, who addressed the crowd, wants the federal government to use Australia's position on the UN Security Council to push for a ceasefire.
Elsewhere in Sydney, deputy federal opposition leader Tanya Plibersek said an end to the conflict was urgently needed, though she did not outline the role Australia might play in reaching any detente.
'Of course the rockets must stop,' Ms Plibersek told reporters on Sunday. 'Hamas must agree to a ceasefire, and I also urge Israel to ensure that any response to that rocket fire is proportionate and spares the lives of civilians.'
Pro-Palestinian protestors called for 'freedom for Palestine' and held signs saying 'pray for Gaza' and 'occupation is a crime' as they chanted in the city centre

A young girl shouted passionately as she held a sign calling for the government to 'save Palestinian kids'
Tomato sauce was used to depict the bloodshed in the Gaza

More than 350 Palestinians and seven Israelis have been killed in the 13-day conflict

Rally master of ceremonies Ophelia Haragli called on Australian leaders to 'stand up'


A young boy acted as a stretcher bearer as he carried a child-like figure wrapped in white through the streets

Sydney's main shopping street was lined with people dressed in red, black, white and green in support of Gaza

NSW Greens MP David Shoebridge, who addressed the crowd, wants the federal government to use Australia's position on the UN Security Council to push for a ceasefire

mardi 15 juillet 2014

Le droit d’exister, le droit de résister : Lettres de Gaza

par Salma Ahmed Elamassie سلمى احمد الاماسي  Depuis le 9 juillet dernier, Salma Ahmed Elamassie, professeur de français à Gaza et mère de deux enfants, envoie des lettres par le biais de sa page Facebook. Des bouteilles jetées à la mer avant un  naufrage ... Lire la suite
 

lundi 7 juillet 2014

Tunisie : Le jeûne mortel des ouvrières de Latelec n’émeut pas les patrons français !

 par Henda Chennaoui هندة الشناوي , Nawaat , 7/7/2014

18e jour de la grève de la faim. Dans l’indifférence totale du gouvernement en place, de l’UGTT*, de l’ANC** et d’une grande partie de la société civile, les ouvrières de SEA Latelec-Fouchana risquent le tout pour le tout. Les négociations se mènent, jusqu’ici, aux conditions des patrons français qui persistent à refuser la réintégration des ouvrières licenciées.
Le syndicaliste Mickael Prince de la CGT de la Somme en visite de soutien aux syndicalistes licenciées de la SEA LATelec filiale de Latécoère au local de la grève de la faim à Tunis
Fragilisée par ses problèmes de santé, Sonia Jebali voit sa santé se détériorer de jour en jour.
Le médecin m’a sommé, hier, d’arrêter ma grève de la faim en me prévenant que je risque une crise cardiaque ou l’arrêt d’un rein, à n’importe quel moment. En plus de mon anémie, je suis sous traitement pour une maladie auto-immune. Depuis deux semaines, j’ai arrêté ce traitement et mes lésions cutanées me font souffrir de plus en plus. Malgré tout ça, je ne vais pas arrêter la grève de la faim jusqu’à la réintégration des ouvrières dans leur usine.
Sonia Jebali, déléguée syndicale et gréviste.
Déterminées, Sonia et ses camarades n’arrêteront pas la grève de la faim, même après que l’UGTT a annoncé une grève générale dans la zone industrielle de Ben Arous, les 16 et 17 juillet prochain. En fait, les grévistes n’ont plus confiance dans ce syndicat qui les a lâchées, lors des précédentes négociations, en signant pour valider leur licenciement.
"Pour le moment, on n’a pas réussi à trouver un compromis. Il n’y a pas assez de soutien à notre cause. Ainsi, le bureau régional exécutif de Ben Arous nous a rendu visite, seulement au dixième jour de la grève. Maintenant, je préfère garder les choses en main et continuer la grève pour maintenir la pression. Et je tiens tout le monde pour responsable, s’il m’arrivait malheur", conclut la déléguée syndicale.
C’est en 2005, avec l’implantation de Latelec en Tunisie, que ces ouvrières ont été embauchées dans des conditions précaires. Non seulement, leurs salaires mensuels ne dépassaient pas les 200 dinars*** (bien au dessous du Smig tunisien qui est passé, en 2012, de 300 à 320 dinars), mais elles étaient, en plus, victimes de harcèlement moral et sexuel, d’intimidations et de racisme. C’est ce qui les décide, en 2011, s’organiser dans un syndicat qui a réuni la majorité de la main-d’œuvre de l’usine. En contrepartie, les patrons français ont commencé à déployer toutes les méthodes de pression imaginables pour diviser le mouvement et faire taire les voix contestataires. Au bout de plusieurs mois de lutte, les ouvrières ont réussi, en mai 2012, à obtenir gain de cause en recouvrant une partie de leurs droits (augmentation de salaire, payement des heures supplémentaires et couverture sociale), ainsi que la réintégration des travailleurs qui avaient été licenciés pour donner l’exemple.

Beaucoup ignorent que la majorité des syndicalistes qui s’opposent à l’exploitation des patrons finissent par être licenciés. Après quoi, la liste des noms des « fauteurs de trouble » fait le tour des usines pour intimider les ouvriers qui seraient, des fois, tentés de se révolter. Pour l’heure, en attendant que la direction de l’usine réagisse, les grévistes risquent à tout moment de succomber à leur jeûne mortel, là-bas au local de l’UGET****, non loin de la Kasbah, du Bardo***** et du ministère des Affaires sociales.
On signalera encore une autre grève de la faim, celle d’un ouvrier de la société Leman Industrie qui en est à son 15e jour de grève pour revendiquer, lui aussi, son droit à la réintégration.

Notes
*Union générale tunisienne du travail, la principale centrale syndicale de Tunisie avec 750 000 adhérents.
**Assemblée nationale constituante
***1 dinar tunisien = 0,45 €
**** Union générale des étudiants de Tunisie
*****Banlieue de Tunis où siège l'ANC
Pour rester informé-es :

اضراب جوع عمال لاتيلاك و ليمان المطرودين Grève de la faim Latelec / Leman

mardi 8 juillet, 11:00 (UTC+01)
 

vendredi 27 juin 2014

TISA/ACS : L’investisseur est roi

par Klaus Fischer, junge Welt, 21/6/2014. Traduit par Michèle Mialane, édité par Fausto Giudice, Tlaxcala
Quand les États se lient eux-mêmes les mains: Wilkileaks éclaire des recoins sombres du lobbying. Des « traités » comme le TISA consolident la mainmise du capital privé sur toute la planète.
En cachette on négocie les moyens de garantir à la noblesse d’argent internationale des gains supplémentaires. Depuis longtemps des « chargés de mission » négocient un ouvrage d’art visant à accélérer et à rendre irréversible le nouveau partage du monde. À Genève, l’un des lieux préférés de cette cupide espèce pour y faire entre soi d’agréables retraites, les représentants d’une cinquantaine d’États se sont rencontrés ces derniers mois. Dans le plus grand secret on a peaufiné une sorte de nouveau partage du monde à l’aide d’un traité, désigné par l’euphémisme de Trade in Services Agreement (Accord sur le Commerce des Services, TISA/ACS). Jeudi 19 juin Michael Froman, le représentant US au Commerce, a soulevé un coin du voile et brièvement déclaré que les points fondamentaux étaient acquis, et que la septième ronde de négociations allait s’ouvrir.
http://tlaxcala-int.org/upload/gal_8522.jpg
Genève, 28 avril 2014 : manifestation contre le TISA/ACS. Photo EPA/SALVATORE DI NOLFI
Officiellement il s’agit, comme le nom l’indique, de services. Ce nom désigne un segment économique qui est de loin le plus important à l’échelle mondiale. Il recouvre entre autres la banque et la finance, les télécommunications et le commerce de la main-d’œuvre marchandisée, ainsi que les tâches fondamentales d’approvisionnement indispensable et de sécurité de la population, par exemple l’eau et l’électricité. Le but de cet ouvrage n’est pas d’améliorer la vie des citoyens des pays représentés - ni du « reste » du monde. Non : le TISA doit garantir l’accès sans entrave aucune du capital privé à tous les marchés mondiaux. Plus encore: cet accès, selon des informations publiées par Wikileaks, ne doit plus pouvoir être annulé par une législation ultérieure dans les pays concernés. Les fantômes gris de Genève semblent en espérer une sorte de garantie éternelle pour l’économie du profit privé.
 
Si cela vous paraît bizarre, jetez donc un coup d’œil sur la réalité actuelle. Un exemple : La Cour Suprême des USA a estimé la semaine dernière que la remise de dette décrétée en 2005 et 2010 par l’Argentine pour cause de banqueroute lésait le « droit » des investisseurs. Dans le cadre du défaut de paiement qui s’annonçait, quelques fonds spéculatifs avaient acheté des emprunts d’État argentins à bon marché. Ils refusèrent de participer à la remise de dette et exigèrent le remboursement intégral de leur valeur nominale. Comme ces obligations étaient en outre libellées en dollars US, c’étaient les tribunaux US qui étaient compétents à ce sujet. La sentence de la Cour Suprême oblige l’Argentine à payer, ce qui lui est impossible. Une autre faillite est donc en vue.
 
À Berlin se déroule en ce moment un « Kulturkampf (« combat pour la civilisation », référence à Bismarck)» de la même espèce : le sénateur chargé des finances a eu la bonne idée, lorsqu’il a affermé le réseau de distribution du gaz, de ne pas commettre la même erreur que jadis la coalition SPD/PDS lorsqu’elle a « privatisé » le réseau d’eau potable (bénéfices garantis par le contrat, etc.) C’est pourquoi Ulrich Nußbaum (sans étiquette) a inséré, lors de l’appel d’offres pour ce projet d’infrastructures, une clause interdisant une revente ultérieure. La surtaxe bénéficia à la société « Berlin Énergie », propriété du land, et la GASAG en fut pour ses frais. Autrefois, celle-ci était elle aussi propriété communale, mais grâce à d’intenses tractations politiques elle appartient désormais à Vattenfall, E.on et Gaz de France (firmes énergétiques respectivement suédoise, euro-allemande et française), - donc à de puissantes firmes privées. Elles n’acceptent pas cette décision. L’entreprise en position d’infériorité porta plainte. C’est justement le Bundeskartellamt (Office fédéral de lute contre les cartels) qui vint en aide à la GASAG. Celui-ci blâma la clause précitée. Elle pourrait discriminer des « enchérisseurs » privés.
 
La loi est depuis longtemps du côté du capital privé. Elle ne se laisse pas guider par les intérêts et les besoins (ou le pouvoir d’achat) des citoyens lambda, mais est au service de la « libre circulation des capitaux », le mot d’ordre fétiche qui régit toute l’UE. Le plus souvent c’est la « concurrence libre et non faussée » qui justifie cette attitude. Ce qui favoriserait aussi les consommateurs. Un conte que précisément Vattenfall, E.on et Cie ont réfuté abondamment depuis dix ans dans le cadre de la prétendue libéralisation du marché de l’énergie : quatre « grands » se sont partagé le marché allemand, avec pour conséquences moins de concurrence et des tarifs plus élevés.
 
La délégation australienne a obtenu à Genève que l’on poursuive dans cette voie. Il ne suffit plus comme avant de dérouler le tapis rouge devant les maîtres du monde, le TISA prévoit qu’il restera désormais en place. Acheter une Caisse d’épargne ? Cela ne pose plus aucun problème. Interdit de discriminer les fonds privés. Transférer des données de Trifouilly-les-Oies à Londres ou à Fort Meade (QG de la NSA)? Pourquoi pas, c’est une affaire entièrement privée.
 
Quant aux gouvernements qui se lient les mains en élaborant de tels accords, ils reçoivent un prix de consolation : ils sont autorisés à surveiller de plus près les télécommunications. C’est qu’il y a des terroristes partout! Quant à la protection des données des simples citoyens, on ne semble pas y accorder grande importance dans les négociations sur le TISA.

lundi 23 juin 2014

Israël et la paix... des cimetières !

Destruction d'un cimetière musulman à Jérusalem
par  Yakoubîa Oum X, 22/6/2014
 
Depuis sa création, l’État d'Israël s'est efforcé de rayer de la carte de la Palestine toute trace historique des Palestiniens, changeant le nom des localités après les avoir rasées, expropriant les habitants légitimes de leurs maisons et de leur terres, et détruisant leurs plantations d'oliviers jusqu'à aujourd'hui.

 
Mais la dernière offensive en date est particulièrement violente, car elle touche cette fois au sacré ! Le cimetière de Mamilla -anciennement Ma'man Allah, à Jérusalem-Ouest- est en passe d'être entièrement détruit. Le gouvernement israélien et le Centre Simon Wiesenthal -institution spécialisée dans la chasse aux criminels nazis mais reconvertie comme machine de propagande israélienne- sont en effet en train d'y construire « Le Musée de la dignité humaine et de la tolérance ». La construction de cet édifice a déjà donné lieu à l'exhumation de centaines de tombes, et le sort des restes humains déterrés est à ce jour inconnu.
 
La profanation de mille autres sépultures est aussi prévue, pour étendre la surface de ce musée, érigé tel un temple pharaonique, à 400 m du mur d'enceinte de la vieille ville. Une scandaleuse interprétation de la dignité humaine et de la tolérance qui laisse paraître le mépris outrecuisant des Israéliens pour ces goys (non-juifs) de Palestiniens, doublée d'un prétexte fallacieux pour effacer toute trace de la présence millénaire des musulmans à Jérusalem ! Le pire, c'est que l'Unesco a donné tacitement son feu vert à ce projet, alors qu'Israël, comme les États-Unis, a cessé de lui payer sa contribution financière depuis 2011. Dix ans de campagne internationale pour la protection du cimetière de Mamilla foutus en l'air !
 
Un comble, car celui-ci devrait figurer au catalogue de l'Unesco comme patrimoine de l'humanité ! C'est en effet l'un des plus anciens cimetières musulmans, voire même un lieu saint, qui daterait du 7ème siècle, époque où des compagnons renommés du prophète Mohammad y furent enterrés. De
nombreux saints de la voie soufie, ainsi que des fonctionnaires, des universitaires et des notables appartenant aux grandes familles de Jérusalem y furent aussi inhumés au cours de ces mille dernières années. Les descendants de ces familles ont d'ailleurs interpellé les institutions internationales depuis 2010, au moment où les travaux du nouveau musée commençaient quasi-clandestinement. En vain jusqu'à ce jour !
 
Pourtant, déclaré historique en 1927 par le Conseil suprême musulman, le cimetière de Mamilla avait aussi été reconnu comme site d'antiquités par les autorités du Mandat britannique en 1944. Il était actif jusqu'en 1948. Mais lorsque, cette année-là, le nouvel État juif s'empara de la partie occidentale de Jérusalem, le cimetière est passé sous contrôle israélien. Comme d'autres propriétés de dotation islamiques -biens waqf- le cimetière de Mamilla fut volé par le Dépositaire pour les biens des Absents, une administration israélienne spécialisée dans la spoliation des biens des Palestiniens. Depuis, les autorités musulmanes n'ont pas été autorisées à veiller à son entretien, malgré leurs multiples recours devant les tribunaux.
Le cimetière fut mis ensuite sous la tutelle du ministère israélien des Affaires religieuse qui l'a reconnu comme étant « l'un des cimetières musulmans les plus renommés, avec ses soixante mille tombes de guerriers des armées de Saladin et ses nombreux savants musulmans », et s'était engagé à le protéger. Ainsi, en réponse à une enquête de l'Unesco effectuée en 1986 sur les projets d'urbanisme prévus déjà à l'époque sur le périmètre du cimetière, les autorités israéliennes avaient déclaré : « Il n'existe aucun projet de désacralisation du site et au contraire, ses tombes doivent être préservées ». Une déclaration fallacieuse masquant le fait que, dans le même temps, une grande partie du cimetière était en train d'être détruite !
 
Car malgré la reconnaissance officielle de son importance et son enregistrement par l'Autorité israélienne des antiquités, le cimetière de Mamilla n'a cessé d'être empiété par la construction de bâtiments, de parcs et même de parkings. En fait, le musée Simon Wiesenthal n'est que le dernier projet en date. Une vraie provocation d'Israël pour tous les Musulmans du monde et un mépris total du patrimoine de l'humanité !

Signez la pétition pour la protection du cimetière de Mamilla : http://www.mamillacampaign.org/sign_f.php