mercredi 5 novembre 2014

Blaise Compaoré chassé par son peuple ! Il ne doit pas échapper à la justice

Le 2 novembre 2014, à Ouagadougou, Abidjan, Berlin, Dublin, Dakar, Londres, Paris, Rennes, Montpellier, New York, Washington, Bamako, Lomé, Nairobi, Madrid, Bruxelles, Turin, Ajaccio, Toulouse, Liège, Munich, Kinshasa
Traductions disponibles : Español  Deutsch  English  Italiano  

L’insurrection populaire au Burkina Faso a balayé le régime décadent de Blaise Compaoré. Ces jours du 30 et 31 octobre 2014 sont entrés dans l’histoire d’un peuple brave, un peuple mûr, un peuple digne, et au-delà de ça dans l’histoire de l’Afrique et du monde entier. 27 ans de règne de ce mégalomane sanguinaire, ça suffit !
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Photo Mikaël Doulson Alberca
Le peuple a retrouvé sa dignité bafouée, il reprend son destin en main avec force, intelligence et conviction. Quels moments de joie, quels moments d’émotion !
Dans ces moments décisifs, toutes les forces vives de Burkina Faso se sont unies, pour mettre fin à ce régime corrompu qui a trop longtemps bénéficié du soutien de la communauté internationale, alors qu’il maintenait son peuple dans la misère.
Jusqu’au dernier moment alors que Blaise Compaoré a conduit son pays dans le chaos, certains de ces soutiens ont suggéré que ce soit lui qui gère la transition.

Après cette première victoire, il convient sans tarder que les militaires, les organisations de la société civile et les partis politiques de l’ancienne opposition se concertent rapidement, pour une transition apaisée. Le peuple ayant assuré la victoire, il convient de mettre en place rapidement une politique qui s’attaque en priorité à la misère et réponde pleinement aux aspirations populaires.
Le réseau international « Justice pour Thomas Sankara, Justice pour l’Afrique » s’incline devant le merveilleux peuple burkinabè, particulièrement la jeunesse, qui a marché au-devant des forces de sécurité les mains nues. Plusieurs dizaines de personnes ont sacrifié leur vie ! Qu’ils reposent en paix et qu’ils restent dans notre mémoire comme des héros !

Il les remercie d’avoir mis fin à cette hypocrisie de la communauté internationale qui consacrait Blaise Compaoré comme un « homme de paix », lui qui était impliqué dans toutes les guerres qui ont embrasé la région, entrainant des centaines de milliers de victimes. Toutes les forces progressistes en Afrique et dans le monde entier doivent aujourd’hui soutenir concrètement la révolution du Burkina Faso et organiser la solidarité concrète.
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Photo Mikaël Doulson Alberca
Blaise Compaoré a pris la fuite. Il doit être arrêté et jugé pour ses crimes. Nous réclamons une enquête internationale indépendante sur l’assassinat du président Thomas Sankara et de ses camarades le 15 octobre 1987. Aux membres du Congrès américain nous demandons d’exiger que soient ouvertes les archives de l’époque et qu’une investigation soit menée sur une éventuelle implication de la CIA. Aux parlementaires français, nous demandons d’accepter la demande d’enquête parlementaire sur l’assassinat de Thomas Sankara, déjà déposée deux fois à l’Assemblée nationale de la République française, le 20 juin 2011 et le 5 octobre 2012. Nous appelons les peuples du Togo et de la Côte d’Ivoire à exiger que la lumière soit faite sur l’implication de leurs pays dans cet assassinat.
Il ne peut y avoir de démocratie dans l’impunité. La campagne « Justice pour Thomas Sankara, Justice pour l’Afrique », forte des 14.000 signatures déjà obtenues (http://www.thomassankara.net/spip.php?article866) et du soutien des dizaines d’associations et de partis politiques de par le monde, doit s’amplifier car Blaise Compaoré bénéficie de soutiens puissants que nous dénoncerons sans relâche. Nous devons plus que jamais exiger que justice soit rendue. L’heure de la vérité et de la justice approche. Hâtons-la tous ensemble !
Gloire au peuple burkinabè ! Justice pour Thomas Sankara et ses camarades assassinés le 15 octobre 1987, justice pour toutes les victimes des assassinats et crimes économiques !
Le réseau international « Justice pour Sankara Justice pour l’Afrique »
 Contact  : contactjusticepoursankara at gmail.com
tel 00 33 6 85 03 88 6500 33 6 85 03 88 65 

Burkina Faso : Images de la Révolution d'Octobre

Photoreportage d'Ouagadougou de Mikaël Doulson Alberca

jeudi 30 octobre 2014

Burkina Faso : la France doit officiellement lâcher son vieil allié Blaise Compaoré

par Survie, 29/10/2014
Au Burkina Faso, Blaise Compaoré renoue avec la tradition de modifier la Constitution afin de rester au pouvoir. Les manifestations contre ce projet se multiplient, la tension monte et une répression est à craindre. La France, qui a soutenu le pouvoir du « beau Blaise » 27 ans durant, doit condamner publiquement ce coup d’état constitutionnel et cesser toute coopération policière et militaire avec le régime.
Arrivé au pouvoir par l’assassinat de Thomas Sankara en 1987, le très françafricain Blaise

Compaoré n’entend pas quitter son fauteuil de président-dictateur du Burkina Faso. Après des mois de faux suspens, il a levé le voile le 21 octobre dernier sur sa volonté de réviser la Constitution de 1991, pour que soit supprimée la limitation à deux mandats présidentiels. Il faut dire que le régime est expert en tripatouillage constitutionnel : la limitation du nombre de mandats avait ainsi été supprimée en 1997, pour être réintroduite en 2000, en même temps que l’abandon du septennat au profit du quinquennat, entré en vigueur en 2005. Compaoré trouve ainsi toujours une argutie juridique pour se présenter : en 1991 comme président du Front populaire du Burkina Faso ; en 1998 pour son second septennat ; en 2005 et en 2010 pour son premier puis son second quinquennat, qui arrivera à terme en 2015. D’où la nécessité pour lui, de faire voter ce 30 octobre par les 2/3 des députés burkinabè une loi de révision constitutionnelle puis, en cas d’échec, d’organiser un référendum tout aussi bidon que sa dernière élection présidentielle [1].

La première décennie de son pouvoir est marquée par une série d’assassinats politiques (dont le plus emblématique, celui du journaliste Norbert Zongo en 1998, dont les responsables n’ont toujours pas été inquiétés), et ses 27 ans de règne sont émaillés d’opérations de déstabilisation dans la région. Son clan a notamment soutenu activement les milices de Charles Taylor au Liberia et en Sierra Leone, participé à des trafics de diamants au profit du mouvement rebelle angolais UNITA, abrité plus récemment les « rebelles ivoiriens » emmenés par Guillaume Soro avant qu’ils ne déclenchent la guerre dans leur pays, et joué un rôle trouble vis à vis de certains groupes armés qui ont occupé le nord du Mali à partir de début 2012.
Mais, en pilier régional de la Françafrique, Blaise Compaoré a su redorer son image à l’international, y compris grâce à des alliées au sein du Parti socialiste telles que Ségolène Royal et Elisabeth Guigou [2]. Une relative liberté d’expression et un multipartisme de façade l’ont rendu prétendument fréquentable, tandis que ses soutiens au sein de la Grande Loge Nationale Française (GLNF), à laquelle il appartient, l’Association d’amitié France-Burkina de Guy Penne, ou son hagiographe, Jean Guion, ont redoublé d’efforts pour forger en France et à l’international l’image d’un homme de paix. Il a ainsi été choisi pour être le médiateur de crises politiques au Togo, en Guinée, et même en Côte d’Ivoire et au Mali où il a pourtant soutenu des belligérants. Et, sur fond de crise malienne, il a été reçu à l’Elysée dès le 18 septembre 2012 par un François Hollande déjà soucieux d’enterrer le changement.
Mais au Burkina Faso, les mouvements sociaux n’ont eu de cesse de se structurer et de se renforcer, pour s’opposer au pouvoir à vie auquel prétend Blaise Compaoré. En particulier, après les manifestations contre la vie chère en 2008, une explosion de colère populaire avait menacé le régime en 2011, amenant même Alain Juppé, alors ministre français des Affaires étrangères, à déclarer, en référence à la révolution tunisienne, que le régime burkinabè devrait « [tenir] compte de ce qui se passe ailleurs car les mêmes causes produisent les mêmes effets » [3].
Pure langue de bois, pendant que, à l’instar de ce que Michèle Alliot-Marie avait proposé pour sauver le pouvoir de Ben Ali en Tunisie, les autorités françaises ont poursuivi leur coopération pour le « maintien de l’ordre » avec Ouagadougou. On apprenait ainsi qu’en 2011, la France disposait toujours sur place de « 9 militaires de l’Armée de Terre, la plupart détachés auprès des Forces Armées Nationales », et octroyait une aide directe sur le volet militaire (dépenses d’équipement et d’infrastructure, formation des cadres) d’environ 1,2 million € par an, sous la houlette de la Direction de la Coopération de Sécurité et de Défense [4]. Une aide fournie sous l’habillage d’un maintien de l’ordre nécessaire au processus démocratique, mais en réalité indispensable au régime pour mater d’éventuels mouvements populaires. L’année dernière, l’hebdomadaire Jeune Afrique expliquait ainsi comment, du fait de tensions croissantes liées au projet de révision constitutionnelle, le gouvernement burkinabè, aidé par la France et les Etats-Unis, avait investi 15,2 millions d’euros « pour réorganiser et équiper la police » et qu’ « une unité de force spéciale [était] en cours de création avec le soutien du Raid français » [5].
Le régime avait vu juste : depuis le début de l’année, plusieurs manifestations ont rassemblé des dizaines de milliers de personnes, jusqu’au mois de septembre. Depuis cette semaine, et l’officialisation de ce projet de tripatouillage constitutionnel, la contestation se cristallise, avec une première manifestation rassemblant le 28 octobre des centaines de milliers de burkinabè déterminés à s’y opposer, et la promesses d’actions de blocage et de désobéissance civile dans les prochains jours. La colère est sur le point d’exploser, et une répression violente est à craindre. Après avoir soutenu Blaise Compaoré dans son putsch de 1987 et durant ses 27 ans de règne, les autorités françaises, qui ont fait du Burkina Faso un des maillons de leur « lutte contre le terrorisme » au Sahel, en installant à Ouagadougou la principale base des forces spéciales et en intégrant le pays dans la zone d’intervention de l’opération « Barkhane », ont donc une responsabilité particulière dans ce qui va se passer dans les prochaines semaines.
L’association Survie exhorte donc le gouvernement français à dénoncer publiquement ce projet de révision constitutionnelle, sans équivoque [6], et à cesser toute coopération policière et militaire avec le régime, et appelle à rejoindre la manifestation unitaire organisée devant l’ambassade du Burkina Faso à Paris ce jeudi 30 octobre de 16h30 à 19h. 

►Contact presse : Ophélie Latil 01 44 61 03 25 ophelie.latil[at]survie.org
Notes

[1] Les chiffres officiels faisaient état d’un score de 80 % des suffrages exprimés... mais avec seulement 1,5 millions de voix dans un pays qui compte 16 millions d’habitants.
[3] Audition d’Alain Juppé devant la commission des affaires étrangères de l’Assemblée nationale, à Paris le 4 mai 2011. Texte disponoble sur http://discours.vie-publique.fr/not...
[4] Voir le site de l’ambassade de France au Burkina Faso (http://www.ambafrance-bf.org/Panora... ). Le site du ministère de la Défense indique qu’en 2009, cette coopération s’était «  appuyée sur 12 coopérants militaires et un budget de 3 M€  » (http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/do... )
[6] Les déclarations alambiquées du porte-parole du Quai d’Orsay se référençant à la Charte Africaine de la Démocratie, des Elections et de la Gouvernance de l’Union Africaine, ne sauraient être considérées comme une condamnation (http://basedoc.diplomatie.gouv.fr/v... ).

Burkina Faso: explosion populaire, soulèvement démocratique

Ouagadougou, 29 Septembre 2014 (Corresp.)-La manifestation du peuple burkinabé à Ouagadougou le 28 octobre 2014 a dégénéré en guérilla urbaine lorsque les manifestants ont quitté la Place de la Nation en direction du rond-point des Nations Unies avec le projet d'atteindre l'Assemblée Nationale pour l'occuper.

Après quelques minutes de sit-in et d'occupation pacifique par les manifestants au rond-point des Nations Unies, les forces de police ont lancé l'assaut et ont chargé les manifestants à coup de gaz lacrymogène et de camion à eau. Les pick-up des policiers se sont lancés aux trousses des manifestants, en tirant des grenades de gaz lacrymogène parfois à bout portant. On déplore des blessés, mais pas de morts. La manifestation aurait rassemblé des centaines de milliers de manifestants à Ouagadougou, près d'un million selon les organisateurs. Les partis d'opposition au CDP (parti au pouvoir) avaient lancé pour cette manifestation le mot d'ordre suivant : désobéissance civile, jusqu'à la chute du régime. Le Président du Faso Blaise Compaoré espère que le vote de jeudi 30 octobre à l'assemblée nationale lui permettra de changer l'article 37 de la Constitution sans passer par un référendum, et ainsi de se présenter à sa propre succession à l'élection présidentielle de 2015. 



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mardi 14 octobre 2014

Las ejecuciones de Tlatlaya: un falso positivo* a la mexicana Les exécutions de Tlatlaya : un faux positif à la mexicaine


De acuerdo con el análisis que el criminólogo José Luis Mejía Contreras hace del material fotográfico que aquí se muestra, la escena donde 22 personas perdieron la vida en un presunto enfrentamiento con militares en Tlatlaya (el 30 de junio), fue “totalmente manipulada”. Los cuerpos de 14 de los fallecidos fueron “sembrados” y “desaparecieron evidencias”. Las imágenes le permiten afirmar al especialista que los fallecidos fueron sometidos y posteriormente fueron asesinados con disparos realizados a menos de 30 centímetros de distancia.

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Más información
 


 

Le lundi 30 juin 2014, dans la localité de Tlatlaya, située dans l'État de Mexico (à ne pas confondre avec le District fédéral où se trouve la capitale, à 230 km de là), à la frontière avec l'État de Guerrero, un incident mystérieux impliquait des soldats du 102ème Bataillon d'Infanterie et des jeunes hommes présentés comme des criminels auteurs d'un enlèvement crapuleux de plusieurs femmes, qui se touvaient dans une boutique sans portes ni fenêtres. Bilan : 22 morts parmi les "criminels", aucune victime du côté des militaires. Les faits se sont passés entre 7 et 8 heures du matin, les services du procureur n'ont été avertis par l'armée qu'à 10 h 30 et les médias ne sont arrivés sur les lieux qu'à 16 h. quand les corps avaient déjà été empotés, ne pouvant voir que leurs 3 véhicules, chargés sur des camions et portant peu de traces du prétendu échange de tirs.

Le 26 septembre, l'agence d'images mvt de Mexico recevait une enveloppe, déposée anonymement, contenant 22 photos des victimes de la tuerie, prises avec un appareil à basse définition. Celles-ci ont été analysées par des criminologues, qui ont conclu que toutes les victimes avaient toutes été abattues de face, par des tirs à très faible distance (30 cm), qu'il n'y avait aucune douille de balle sur les lieux où était censée avoir eu lieu la fusillade, et que les corps avaient de toute évidence étaient "semés" sur la scène censée du crime.

Bref, une sinistre mise en scène. Désormais, au nom de la guerre contre le crime organisé, l'armée et les autres forces de "sécurité" mexicaines recourent à la méthode colombienne dite des "faux positifs", qui consiste à présenter des victimes d'exécutions extrajudiciaires, en particulier des jeunes des quartiers défavorisés, comme des guérilléros, en organisant des mises en scène après leur exécution. Une pratique qui, dans le cas du Mexique, a été condamnée par la délégation de l'Union européenne et l'organisation US Human Rights Watch.
Entretemps, un nombre indéterminé de membres du 102ème Bataillon ont été interpellés et quelques-uns inculpés. Ce n'est pas la première fois que ce bataillon, installé pour "lutter contre les narcos" par Enique Peña Nieto quand il était gouverneur de l'État de Mexico, est impliqué dans des exécutions extrajudiciaire. Les récentes intepellations ont déclenché un mouvement s'appelant "épouses de militaires", qui protestent contre le fait que ce sont toujours des militaires sans grade qui sont poursuivis pour ce genre de crimes et jamais les gradés qui ont donné les ordres.-FG

Pour voir les photos (âmes sensibles, s'abstenir), cliquer sur l'image

 

Thomas Sankara vit !


Commémorations à Ouagadougou, Bobo Dioulasso, Montpellier, Bayonne, Paris, Genève, Lausanne, Torino, Milano, London, Montréal, New York.
Programme : http://thomassankara.net/spip.php?article1668

dimanche 12 octobre 2014

12 de Octubre 12th October 12 Octobre 12 Ottobre


¡Ni día de la Raza, ni de la Hispanidad, ni del Encuentro entre dos mundos, ni de ninguna otra tontería soporífera, aquel fue el día del Inicio del genocidio y de la Resistencia que aún persiste, contra los Conquistadores de cualquier color!

Ni Journée de la Race, ni de l'Hispanité, ni de la Rencontre des deux mondes, ni d'aucun autre boniment soporifique, ce 12 octobre 1492 fut celui du début du génocide et de la Résistance qui continue, contre les Conquistadors de tout poil !

Not a Columbus' Day, nor a Day of the Race, nor of Hispanic Heritage, nor of the Encounter between two worlds, nor any other soporific idiocy: this was the opening day of genocide and of the resistance that still goes on against the Conquistadors, whatever their colour!

Né un giorno della Razza, né dell’Ispanità, né dell’Incontro tra due mondi, né di nessun’altra idiozia soporifera: quel 12 ottobre 1492 è stato il giorno dell’inizio del genocidio e della Resistenza che ancora  persiste, contro i conquistatori di ogni colore!
 Iván Lira