vendredi 11 septembre 2009

Les USA envahissent et occupent le Pakistan

Un point de vue pakistanais
par Talha MUJADDIDI, 30/8/2009

Nous le voyons se produire dans nos rues. Le cauchemar récurrent est aujourd'hui devenu une dure réalité pour le peuple du Pakistan. Après avoir suivi les horreurs des invasions et des occupations usaméricaines en Irak et chez notre voisin, l'Afghanistan pendant 8 ans, la « guerre contre le terrorisme » est finalement arrivée dans « Le Pays des Purs* ». Obama tient sa promesse de campagne au Pakistan. La brutale arrivée des marines US, des Hummers militaires US, des tueurs stipendiés de la société militaire privée Blackwater, les maisons barricadées pour le personnel US à Islamabad et la construction de la plus grande « ambassade » US du monde, terrorisent cette nation de 180 millions d'habitants. Le massacre et la destruction US de l'Irak et de l'Afghanistan voisin pendant les 8 dernières années leur ont donné un avant-goût ce qui peut arriver, à eux, à leurs familles et à leur pays.

Les marines usaméricains




Le 21 septembre 2008, une bombe a explosé à l'hôtel Marriott à Islamabad, tuant un grand nombre de personnes et en blessant des centaines. Avant l’attentat, des marines US ont déchargé des caisses métalliquesl d'un camion, ont franchi la sécurité et les ont transportées au 4ème étage du bâtiment. Les responsables US refusent de coopérer avec le gouvernement qui tente d'enquêter sur leurs activités. Un an plus tard, ce sont les mêmes marines US qui mènent l'occupation du Pakistan.

Jusqu'au débarquement des forces usaméricaines, le porte-parole US pour les Affaires étrangères a démenti que 1000 marines US étaient en route pour Islamabad. Les mille marines se trouvent désormais dans la capitale.. Certains d'entre eux doivent être en train de s’infiltrer tranquillement au Baloutchistan où la présence du Joint Special Operations Command (l'état-major conjoint des opérations spécial) a été signalée par des journalistes étrangers. Mais la majorité d'entre eux sont là pour défendre ce que sera la plus grande ambassade/forteresse usaméricaine du monde, pour l'instant en cours de construction, et pour servir de tête de pont à l'invasion et à l'occupation.

Le coût pour le contribuable usaméricain




L'ambassadrice usaméricaine au Pakistan, Anne W. Patterson



Le coût total pour l'hébergement et le soutien général sur place des seuls marines sera de 112.5 million $. L'ambassadrice Anne W. Patterson, a indiqué que l'argent est réparti de la façon suivante : « 5 millions $ pour les quartiers des marines, 53,5 millions $ pour les infrastructures d'hébergement, 18 millions $ pour l'amélioration de la zone de bureaux des services généraux et 36 millions $ pour les quartiers de temporaire et les équipements collectifs. »

Dans ses explications concernant l'expansion massive de l'ambassade usaméricaine, Patterson a mentionné le chiffre de 4 milliards de dollars :

« L'expansion de l'ambassade, a -t-elle déclaré, reflète l'engagement à long terme que les USA ont l'intention de prendre au Pakistan. De plus, a t'-elle indiqué, quadrupler l'aide sociale, économique et militaire qui engagera 4 milliards $ par an pendant les 18 prochains mois, nécessite un accroissement du personnel. »



L'ambassadrice Patterson n'a pas clarifié si les 4 milliards $ couvraient la construction qui fera de cette ambassade la plus grande du monde. Quand on replace cette construction dans le contexte et compte tenu du nouveau degré de l'occupation US au Pakistan, cela ressemble plus à une base militaire permanente, pas seulement pour le Pakistan mais aussi pour toute la région, qu'à une ambassade pour les opérations militaires courantes et secrètes.



Des armes et des Hummers

Des témoins et des journalistes informés ont signalé avoir observé depuis quelques semaines, du personnel usaméricain à Islamabad mais il se déplace maintenant librement à travers la capitale. La loi (section 144) stipule que des Pakistanais en possession d'armes à feu ne sont pas autorisés à les porter sur eux, dans Islamabad. Mais le personnel usaméricain montre aux Pakistanais qu'il est au-dessus de la loi en brandissant ouvertement ses armes. Il a également été confirmé que 3 000 Hummers militaires, verrouillés et chargés, attendent d’ être débarqués et déployés, à Port Qasim (Karachi). Pour des millions de Pakistanais l’évocation de ces Hummers rappelle des images de troupes usaméricaines, armées jusqu'aux dents, chargeant dans les rues des villes irakiennes, terrifiant et tuant souvent des civils sans défense.


Le 23 février 2009, le Pentagone a révélé que plus de 70 conseillers militaires usaméricains travaillaient secrètement au Pakistan.



Blackwater et la CIA

Les Pakistanais étaient au courant qu'environ 300 "conseillers" militaires US logeaient à Tarbela. Mais la nouvelle de l'arrivée des célèbres mercenaires de Blackwater, en plus des mille marines US, concentre toute leur attention. Au Pakistan, la société Blackwater a remplacé son nom entaché par un nom plus parlant, "Xe Worldwide", nom derrière lequel ces tueurs à gage se cachent

La semaine dernière également, Creative Associates International Inc (CAII), une couverture de la CIA, opérait à Peshawar. Ils ont maintenant bouclé une route et ouvert boutique près des maisons de hauts responsables pakistanais à Islamabad, juste en face d'une école.




Le Dr. Shireen Mazari

Le Dr. Shireen M. Mazari est une chercheuse et commentatrice en Études Stratégiques et Sciences Politiques du Pakistan. Elle possède un doctorat de l'Université Colombia et était Directrice Générale de l'Institut d'Etudes Stratégiques à Islamabad, au Pakistan et est ancienne présidente du Département de la Défense et des Etudes Stratégiques à l'Université Quaid-i-Azam, à Islamabad. Elle est critique des relations que le gouvernement du Pakistan entretient avec les USA et l'Inde. Intervenant pour un parti politique de l'opposition (Tehreek-e-Insaaf), le Dr. Shireen Mazari parle de la récente arrivée des forces US au Pakistan :


"Vont-ils se joindre aux brigades d'assassins du Pentagone, qui pourraient élire domicile dans les maisons barricadées d'Islamabad et avec lesquels le présent commandant US en Afghanistan était directement associé ? Des employés des aéroports pakistanais ont parlé de leurs inquiétudes au sujet de vols charters qui transportent des Américains et dont l'entrée dans le pays n'est pas enregistrée, ni même les visas des membres de l'équipage des vols qui ne sont pas non plus vérifiés, ainsi il n'existe aucun registre du nombre exact d'Usaméricains qui entrent ou sortent du Pakistan. D'ailleurs, Craig Davis du CAII (CIA/Blackwater) qui a été expulsé, est maintenant revenu à Peshawar ! Et ne nous laissons pas avoir par l'argument comme quoi le nombre est le reflet de l'amitié car nous savons ce que le nombre signifiait pour les satellites soviétiques."




Le Pearl Continental, un hôtel de luxe à Peshawar a été soufflé par une bombe le 9 juin 2009. Les USA attribuent d'habitude ce genre d’attentats aux terroristes musulmans. Les USA ont aussi, comme d'habitude, saboté les accords de paix entre le gouvernement pakistanais et divers groupes de résistance au Pakistan. Des attentats comme celui-ci permettent de justifier l'invasion et l'occupation actuelles par les USA.

L'hôtel Pearl Continental à Peshawar a été bombardé le 9 juin 2009, ce qui n'a attiré que très peu d'attention de la part des médias dominants. Au moment de l'attentat, les médias pakistanais ont déclaré officiellement que l'hôtel était occupé par du personnel U.S. mais ils n'ont pas mentionné Blackwater. Cependant, le nom de Blackwater a commencé à apparaître suite à des rumeurs et des rapports officieux, après l’attentat à Peshawar.




Ahmed Quraishi



Le 5 août 2009, Ahmed Quraishi, analyste politique, chroniqueur et propriétaire indépendant d'un site Internet d'actualités, a rendu compte de l'introduction des marines U.S., de Blackwater, de la CIA et d'équipement militaire au Pakistan :

“Les Pakistanais se demandent : « Qui gouverne nos rues, le gouvernement pakistanais ou les Américains ? Et qui les a autorisés à venir ? »


« Il y a trois semaines, un groupe de citoyens pakistanais de Peshawar, inquiets, a écrit au ministère fédéral de l’Intérieur au sujet des activités suspectes d'un groupe d'Américains fantomatiques dans une maison louée dans leur voisinage, le quartier chic de l'University Town à Peshawar. Une ONG se désignant sous le nom de Creative Associates International Inc. louait la maison”. Selon son site Internet, la CAII se décrit comme « une organisation privée non gouvernementale qui s'occupe des défis urgents auxquels se trouvent confrontées les sociétés d'aujourd'hui … Les objectifs de Creative sont d'offrir l'opportunité d'améliorer, de transformer et de renouveler… » La description n'a aucun sens. C'est plus ou moins une parfaite couverture pour le véritable travail de cette « ONG » US : l'espionnage…

“A Peshawar, la CAII a ouvert un bureau pour travailler sur des projets dans les zones tribales proches. Il est intéressant de voir que tous ces projets sont liés au gouvernement US. Les autres projets de la CAII, à l'extérieur du Pakistan, sont aussi liés au gouvernement US. En résumé, cette ONG n'en est pas une. Elle est étroitement liée au gouvernement usaméricain. »

Entre-temps, lorsqu'on l'a interrogée sur l'agrandissement de l'ambassade, l'ambassadrice U.S., Anne W. Patterson, a été « manifestement secouée » et a répondu : “Je suis sans voix. Pour espionner le Pakistan, nous n'avons pas besoin d'une grande ambassade.” Puis se ressaisissant rapidement, elle a ajouté :“ Et nous n'avons pas non plus besoin d'espionner.” Patterson a continué en disant que le Pakistan pourrait devenir une “station familiale” – on se demande ce que ça veut dire pour un bureaucrate colonial US.

Au sujet de la couverture de la CIA pour les mercenaires de Blackwater, Ahmed précise :

« À Peshawar, la CAII a indiqué aux autorités pakistanaise qu'elle avait besoin d'engager des gardes pour sa protection. Il s'est avéré que les gardes n'étaient autres que des tueurs à gage professionnels de Blackwater. Ils utilisaient la couverture de la CAII pour mener une série d'activités secrètes dans la province de la Frontière nord-ouest du Pakistan. La tristement célèbre société de sécurité privée Blackwater opère en tant que branche de l'armée US et de la CIA, s'occupant, dans des zones stratégiques éloignées, du sale boulot auquel le gouvernement US ne peut pas ouvertement s'associer. Blackwater n'est rien d'autre qu'une société de sécurité. C'est une armée mercenaire de plusieurs milliers de soldats.

« Les responsables de la sécurité pakistanaise ont été alertés par des rapports qui indiquaient que Blackwater opérait depuis le bureau de la CAII sur Chinar Road, dans le quartier de l'University Town à Peshawar. La personne responsable du bureau, un Américain du nom de Craig Davis selon un article du journal Jang, un des plus grands quotidiens en langue urdu du Pakistan, a été arrêté et accusé d'établir des contacts avec « les ennemis du Pakistan » dans des régions attenantes à l'Afghanistan. Son visa a été annulé, le bureau fermé et d'après certaines informations, M. Davis aurait été expulsé aux USA.

« On ne sait pas exactement quand M. Davis aurait été expulsé ni s'il y a eu d'autres membres du personnel expulsés en même temps que lui. Quand j'ai contacté l'ambassade US durant le week-end, la première réaction du porte-parole, Richard Snelsire a été la suivante : « Aucun employé de l'ambassade n'a été expulsé. »



Souvenez-vous que Dr. Shireen Mazari qui est en position de savoir, a indiqué catégoriquement : « Craig Davis de la CAII qui a été expulsé, est maintenant revenu à Peshawar. »


Offres d'emploi pour le Pakistan de l'ONG qui n'est pas une ONG



Mais Ahmed Quraishi explique ainsi ce démenti de l’ambassade US :

« Cette réponse défensive est similaire aux réactions causées par la culpabilité des employés de l'ambassade US à Bagdad et à Kaboul face à la présence de mercenaires travaillant pour l'armée US et la CIA. J'ai dit à M. Snelsire que ma question ne concernait pas un employé de l'ambassade ayant été expulsé. Il a déclaré qu'il avait entendu ces rapports et qu'il avait « vérifié »de son côté avec les employés de l'ambassade mais personne n'en avait entendu parler. « C'est sans fondement » (a-t-il dit). Alors je lui ai demandé : « Est-ce que Blackwater opère au Pakistan, à Peshawar ? » réponse : « Pas à ma connaissance ».

« Admettons. Les ambassades US à Bagdad et à Kaboul n'ont jamais reconnu, non plus, aucune des opérations de Blackwater en Irak et en Afghanistan. Cela fait partie des conflits de bas niveau entre les diplomates du Département d'Etat des USA et ceux du Pentagone et de la CIA. Les gens des Affaires étrangères ont, selon certaines informations, indiqué clairement qu'ils ne reconnaîtraient pas, ni n'accepteraient des responsabilités pour les activités d’ opérations spéciales des agents opérant dans des pays amis, à l'insu de ces pays et en violation de leur souveraineté. Des rapports ont suggéré que parfois, même l'ambassadeur US n'était pas au courant des actions des mercenaires de son gouvernement dans un pays cible. »

Finalement, Ahmed parle d'un diplomate US qui a rencontré secrètement un diplomate indien à l'intérieur du Pakistan, en sachant parfaitement que l'Inde est considérée comme un État ennemi du Pakistan :

« En mai, une femme diplomate US fut surprise en train d'arranger une réunion discrète (lire « secrète») entre un diplomate indien de bas niveau et plusieurs responsables de haut niveau du gouvernement pakistanais. Une adresse à Islamabad (152 Margalla Road) fut identifiée comme le lieu où la réunion secrète aurait lieu. La diplomate usaméricaine en question savait qu'il n'y avait aucune chance pour que l'Indien rencontre les Pakistanais dans des circonstances habituelles. Il n'était pas non plus possible de le faire durant un événement de grande visibilité. Après l'incident, le ministère des Affaires étrangères du Pakistan publia un court communiqué avertissant tous les officiels du gouvernement de s'abstenir de tels contacts directs avec des diplomates étrangers dans des cadres officieux, sans en référer auparavant à leurs départements. »

Des ONG qui ne sont pas des ONG

De plus, de nombreuses ONG sponsorisées par les USA œuvrent à la production de bulletins d'information dans les médias dominants qui sont pro-Usaméricain. Pour ce faire, beaucoup d'analystes, de généraux à la retraite, d'hommes d'affaires, de journalistes et d'universitaires pakistanais sont recrutés. Comme Ahmed Quraishi l'a dit : « cette ONG n'est pas une ONG » ; par exemple des organisations non gouvernementales fonctionnent sous le contrôle et la direction des gouvernements qui les utilisent pour des opérations de couverture dans des pays étrangers et les financent discrètement.

Conclusion

Il est évident que le gouvernement actuel a donné tous les privilèges aux USA. Ils ne savent pas comment, ni ils ne veulent, contenir l’ingérence US dans les affaires pakistanaises. Pour le dire franchement, ils sont en train de céder la souveraineté du Pakistan à un pouvoir étranger. Dr. Shireen Mazari a déclaré : « Tout ce qui émane de l'ambassade US... est repris par la direction pakistanaise, terrifiée. » Les objectifs des USA sont clairs : une plus grande pénétration des USA entraînera la déstabilisation du Pakistan, qui mènera à la déstabilisation de toute la région. Ces installations militaires US renforcent également l’encerclement de Iran. Les partis d'opposition politique pakistanais gardent bouche close face à tous ces développements. La raison principale de leur silence est qu'ils sont aussi corrompus que le Parti du peuple Pakistanais (le PPP) au pouvoir. Aucun parti politique au Pakistan n'est d'humeur à résister à l'hégémonie des USA. L'armée pakistanaise ne montre plus aucun intérêt à s’ingérer directement dans les décisions politiques. Après les huit années désastreuses sous la dictature militaire de Musharraf, le peuple n'est lui non plus, pas prêt à ce que l'armée du Pakistan intervienne dans la vie politique du pays. Les terroristes du TTP (Tehreek-e-Taliban Pakistan), le Mouvement des talibans pakistanais, viennent, à peine, d'être maîtrisés. Aujourd'hui, des millions de Pakistanais sont terrifiés par leurs nouveaux et importuns invités venus d’Occident, les terroristes US. Il va maintenant nous falloir apprendre à supporter et survivre sous la colonisation croissante et de plus en plus dangereuse du Pakistan par les USA.

* L'inventeur du mot PAKISTAN, Chowdhry Rehmat Ali, l'a ainsi expliqué : " 'Pakistan' est à la fois un mot persan et urdu. Il est composé des lettres prises des noms de nos terres - "indiennes" et "asiatiques" - , c'est-à-dire : Punjab, Afghania (Province de la Frontière nord-oues), Kashmir, Iran, Sindh (y compris Kachch et Kathiawar), Tukharistan, Afghanistan et BaluchistaN. Cela veut dire le pays des Paks - les spirituellement purs et propres. Il symbolise les croyances religieuses et les souches ethniques de notre peuple; et il représente les composants territoriaux de notre Patrie originelle. Il n'a pas d'autre origine ni d'autre signification; et il n'admet aucune autre interprétation." (NdE Tlaxcala)

Source : Pak Alert Press-The U.S. Invades and Occupies Pakistan

Article original publié le 30/8/2009

Sur l’auteur

Traduit par Isabelle Rousselot et édité par Fausto Giudice,
Tlaxcala





jeudi 10 septembre 2009

Fermons Fessenheim et sortons du ncléaire ! Für eine Stilllegung des Atomkraftwerks Fessenheim und für den Atomausstieg

Après le succès de la manifestation antinucléaire de Berlin le 5 septembre (50 000 manifestants),
ne ratez pas le rassemblement européen à Colmar en Alsace le week-end des 3 et 4 octobre 2009
"Fermons la centrale de Fessenheim (la plus vieille de France) et sortons du nucléaire !"
Un programme exaltant : manifestation, spectacles, conférences, expositions, projections, concerts...
à consulter sur le site :
http://www.fermons-fessenheim.org
Programme
Départs groupés
=> Il reste à disposition 190 000 tracts et 125 000 affiches
=> L'envoi de ces documents en quantité est gratuit sur simple demande.
A 3 semaines du rassemblement, nous avons besoin de vous pour faire circuler l'information !
A chacun d'agir là où il se trouve en commandant autant de tracts et d'affiches que possible.
COMMENT AGIR ?
=> Envoyez maintenant un mail à :
delphine.boutonnet@sortirdunucleaire.fr
en complétant les mentions ci-dessous :

Pour aider au succès du rassemblement de Colmar, je commande :
- Nombre de tracts (par multiples de 100 uniquement) :
- Nombre d'affiches (23 X 38 cm) :
NOM :
Prénom :
Adresse postale :
Code postal :
Ville :
Téléphone :
Venez habillés d’un vêtement jaune, la couleur du soleil et des énergies alternatives !

En savoir plus : contact@fermons-fessenheim.org
Tél : 03 89 41 80 95

Aufruf
Kommen Sie zahlreich zur großen europäischen Kundgebung nach Colmar, am 3. und 4. Oktober 2009
Konferenzen, Konzerte, Vorführungen und Theater
Demonstration am Samstag, dem 3. Oktober
Für eine Stilllegung des Atomkraftwerks Fessenheim !
Fessenheim ist ein Symbol für alle diejenigen, die den Austieg aus der Atomenergie fordern. Im Oktober 2009 wird das älteste Atomkraftwerk von Frankreich für seine dritte Zehnjahres-Visite stillgelegt. Diese Inspektion wird über die endgültige Stilllegung der beiden Reaktoren oder über ihre Verlängerung für 10 zusätzliche Jahre entscheiden. EDF will die Betriebszeit für das alte, gefährliche und unrentable Atomkraftwerk Fessenheim verlängern, trotz der immensen Risiken für die Bevölkerung auf beiden Seiten der Grenze.

Für den Atomausstieg...
Die Atomlobby wendet sich gegen die Stilllegung von Fessenheim, weil sie damit auch die Schließung von anderen zahlreichen Reaktoren einleiten würde, die das Ende ihrer Betriebsdauer erreicht haben. Im Gegenteil versucht diese Lobby, die Lebensdauer der Atomkraftwerke zu verlängern, und gleichzeitig neue Reaktoren des Typs EPR zu bauen. Frankreich hat sich mit dem Bau des Atomkraftwerks Fessenheim in der Atomenergie verstrickt, und hat die Chance mit der Stilllegung von Fessenheim wieder den Ausweg aus diesem verhängnisvollen Weg zu beginnen.
... und für unsere Zukunft!
Zukunft heißt Energieeinsparung, Dezentralisierung der Produktion und die Entwicklung von erneuerbaren Energien. Nur so können langfristig unsere Bedürfnisse gesichert werden, ohne daß der Kampf gegen die globale Erwärmung vernachlässigt wird.

Kommen Sie zahlreich am 3. und 4. Oktober 2009 zur Kundgebung nach Colmar/Elsaß, Helfen Sie mit, daß die Zentrale von Fessenheim niemals wieder an das Stromnetz geht. Die endgültige Stilllegung von Fessenheim im Herbst 2009 wird das Signal für den Atomausstieg sein.
Höhepunkt : Demonstration am Samstag 3. Oktober 14 U - Place Rapp / Colmar
Tragen Sie gelbe Kleidung, die Farbe der Sonne und der alternativen Energien!
Für ausführliche Informationen : contact@fermons-fessenheim.org
Tel : (+ 33) (0)4 79 36 13 19

mercredi 9 septembre 2009

Justice pour les victimes du 11/9 ! Justice pour Mounir El Motassadeq !


Au nom de la justice, nous soussignés, demandons la réouverture du procès de Mounir El Motassadeq, condamné en 2007 par une cour allemande à 15 ans d’emprisonnement pour complicité dans le meurtre de masse du 11 septembre 2001. [1]

Les éléments du dossier
Mounir El Motassadeq est un citoyen marocain né en 1974. ll a effectué des études d’ingénieur en électronique à Hambourg en Allemagne, et y est devenu l’ami de Mohamed Atta, Marwan Alshehhi et Ziad Jarrah, trois des quatre supposés pilotes des avions détournés le 11 septembre dans le cadre d’une opération suicide criminelle.[1]
Le prétendu crime de Mounir est de s’être occupé de diverses commissions personnelles pour ses amis et d’avoir transféré l’équivalent de 2500 $ à Ramzi Binalshib, lequel aurait transféré cet argent à Atta, Alshehhi et Jarrah, dans l’intention supposée de les aider à mettre au point les attaques du 11/9. Ces actes ont conduit à sa condamnation en tant que complice de meurtre de masse.
Il ne fait pas de doute que porter assistance à autrui en vue de commettre un meurtre est une infraction criminelle. Toutefois, pour qu’une telle participation soit punissable, un tribunal doit déterminer hors de tout doute raisonnable, non seulement que l’aide apportée avait pour but de contribuer effectivement au crime, mais aussi que ceux qui ont reçu cette aide ont véritablement commis le crime. Envoyer de l’argent à des amis innocents n’est certainement pas une infraction criminelle.
Dans le cas de Mounir El Motassadeq, la cour d’Hambourg a déterminé la culpabilité des amis de Mounir pour meurtre de masse en s’appuyant principalement sur le témoignage oral d’un responsable du FBI affirmant avoir pris part à l'enquête sur ce meurtre de masse. [2] Ce responsable n’a pas témoigné sous serment, a refusé de répondre à la plupart des questions, et n’a pas fourni de documentation authentifiée afin d'étayer ses déclarations. Il n'a pas non plus été témoin du crime ni n'a entendu de témoins du crime. Le tribunal n’a pas non plus reçu d’éléments prouvant que les amis de Mounir avaient réellement embarqué dans les avions avec lesquels ils auraient prétendument commis leur opération suicide. Malgré l’absence de telles preuves, le tribunal a considéré que les amis de Mounir avaient planifié les attaques, y avaient participé et étaient morts pendant leur déroulement, et que Mounir était au courant des plans meurtriers de ses amis.
Il a désormais été établi que les autorités US n’ont, jusqu’à présent, pas fourni de preuves que des terroristes arabes étaient effectivement montés à bord des appareils qu’ils auraient utilisés comme armes de destruction massive. Leurs noms n’apparaissent pas sur des listes de passagers authentifiées ; leurs cartes d’embarquement n’ont jamais été montrées ; aucun enregistrement certifié de vidéo de surveillance n’a été présenté comme preuve de leur présence dans les aéroports respectifs ; personne ne les a vus embarquer dans les avions ; et les restes de leurs corps sur les lieux des crashs n’ont pas été identifiés. [3] Sur son site web, le FBI déclare lui-même que « des tentatives visant à confirmer l’identité véritable de ces [pirates de l’air] sont toujours en cours ». [4]
Au-delà de l’absence de preuves solides de leur présence à bord des avions, de graves questions subsistent quant à l’identité des avions écrasés en raison du fait que le FBI a refusé d’identifier formellement les épaves et de publier des photos de celles-ci. Le tribunal de Hambourg prétend dans son jugement qu’Atta, Alshehhi et Jarrah ont été choisis par Oussama Ben Laden pour agir comme pilotes dans les attaques du 11/9. Mais le ministère de la Justice US n’a jamais accusé Ben Laden pour les attaques du 11/9, et lorsqu’il fut demandé au FBI pourquoi il en était ainsi, il répondit que « le FBI n’a pas de preuves solides établissant un lien entre Ben Laden et le 11/9 ». [5]

Demande de justice
La justice signifie que seuls ceux qui sont clairement reconnus coupables d’une infraction puissent être punis. Une culpabilité de ce type doit être établie hors de tout doute raisonnable par une instance judiciaire indépendante au cours d’un procès équitable. À la lumière de l’absence de preuves solides que les amis de Mounir – Atta, Alshehhi, et Jarrah – ont effectivement planifié et exécuté un meurtre de masse, Mounir El Motassadeq doit être considéré comme ayant été puni à tort.
Les proches des victimes du meurtre de masse du 11/9, de même que l’ensemble de la société, ont le droit d’obtenir que justice soit faite. La signification de la justice est que ne soient punis que les véritables criminels, et non des boucs émissaires. Aucun de ceux qui ont véritablement planifié et facilité le meurtre de masse du 11/9 n’a encore été puni.
Par conséquent, nous exhortons les autorités judiciaires allemandes à faciliter la réouverture du procès intenté à Mounir El Motassadeq. Nous sommes convaincus qu’un nouveau procès de Mounir El Motassadeq aboutira à sa libération, contribuera à maintenir la confiance dans le système judiciaire allemand, et encouragera les autorités judiciaires de par le monde à s'activer pour identifier et juger ceux qui ont réellement commis le meurtre de masse du 11/9.
[1]
http://fr.wikipedia.org/wiki/Mounir_al-Motassadeq
[2] http://www.rp-online.de/public/article/politik/271233/Terrorpiloten-bekamen-ueber-200000-Dollar-aus-den-Emiraten.html
[3] Elias Davidsson, Rien ne prouve que des musulmans aient détourné des avions le 11 Septembre
[4]
http://www.911blogger.com/node/14406
[5] http://www.voltairenet.org/article155945.html

Le Comité pour Mounir
Annie Machon, ex-MI5 (Düsseldorf, Allemagne) David Ray Griffin, Prof. émérite (USA), membre d'honneur Elias Davidsson, compositeur & défenseur des droits humains (Bonn, Allemagne) Jean-Luc Guilmot, ingénieur (Belgique) Dr. med Jens Wagner, Stade (Allemagne) Barrie Zwicker, journaliste radio (Canada)

mardi 8 septembre 2009

"La dernière bataille, c’est nous qui la gagnerons"

Les Verts, dans la mesure où ils sont autorisés à participer au gouvernement quelque part, sont seulement au gouvernement et jamais au pouvoir
par Jutta DITFURTH, 7/9/2009. Traduit par Fausto Giudice, Tlaxcala
Original : »Die letzte Schlacht gewinnen wir«

Pendant la campagne électorale, Jutta Ditfurth blogue sur blog.prinz.de

Chouette : à Berlin, le samedi 5 septembre, environ 50 000 personnes ont manifesté contre les centrales nucléaires. Un océan de drapeaux multicolores, des slogans, de la musique. Légèrement bâclé, peut-être, mais il y avait des mobilisations ailleurs au même moment (par exemple contre le rassemblement nazi à Dortmund). Des vétérans de la lutte défilaient au son de Die letzte Schlacht gewinnen wir [La dernière bataille, c’est nous qui la gagnerons] de Ton Steine Scherben et de la musique de Kraftwerk, aux côtés de jeunes antinucléaires qui, eux, étaient plutôt branchés electro hip hop. Des décennies de luttes rassemblées.


Un mouvement avec des racines à Whyl, Brokdorf, Grohnde, Malville, Kalkar et Gorleben (1974-1979), des origines militantes et pleines d’imagination. Le mouvement anti-nucléaire des années 1970 a été le mouvement de masse qui a connu le plus grand succès depuis 1945, réussissant à empêcher- sans avoir un seul élu au parlement à ses côtés – la construction de plus de 70 des plus de 90 centrales nucléaires prévues en Allemagne. Il a lutté de façon indépendante de l'État et du capital. Le capital atomique a été contraint à la défensive à l’échelle internationale. Dans certains pays, ont est arrivés à arrêter l’ensemble du programme nucléaire, ailleurs, l'expansion des centrales a été limitée ou temporairement suspendue.

Énervant : à Berlin samedi, étaient aussi présents des policien-nes Verts en campagne électorale. Ils espèrent que leurs électeur-rices ont la mémoire courte. Mais il n'ya pas au Parlement un seul parti prêt à sacrifier sa participation à un gouvernement au prix de l’arrêt d’une seule centrale nucléaire. Pas plus les Verts que d‘autres, bien au contraire.

Nous autres opposant-es au nucléaire n’avons jamais eu rien à attendre (si ce n’est la répression et la tromperie) des partis étatistes, que ce soit du gouvernement SPD-FDP (années 1970), de l’État CDU / FDP (années 1980 et 1990) et encore moins du gouvernement SPD / Verts (1998-2005). Même le Parti de gauche a financé, en tant que parti au pouvoir en Mecklembourg-Poméranie-Occidentale, la fusion nucléaire. Mais les plus hypocrites, ce, sont les Verts.

Leurs électeur-rices veulent être trompés, par conséquent, les Verts entretiennent l’attitude : «Nous sommes d’une certaine manière contre les installations nucléaires». Du moins aussi longtemps que cela ne met en danger aucun strapontin. Le gouvernement SPD / Verts avait bricolé en avril 2002 un « consensus sur l'énergie ». L’intention tactique était de contrer la pression de la résistance anti-nucléaire en la divisant et en la pacifiant en lui faisant croire que « maintenant, on va faire quelque chose ». Qui donc lit les accords, les clauses en petits caractères, les accords de gouvernement?

Ce "consensus sur l'énergie" rose-vert - en fait, un consensus pro-nucléaire - contenait tant de portes grand ouvertes que le capital atomique, en dépit de toutes ses jérémiades, est depuis lors arrivé à maintenir en activité des vieilles centrales nucléaires, et même à préparer de nouveaux types de réacteurs et a réussi à ce jour à maintenir un programme nucléaire qui s’achemine vers sa prochaine étape, la fusion nucléaire, dont les dangers dramatiques ont été jusqu’à maintenant tenus secrets et banalisés.

Les Verts (et le SPD) ont aussi soutenu l’autorisation pour le réacteur nucléaire de recherche Munich II (FRM II de Garching). Il a démarré en juin 2004 et fonctionne avec de l'uranium hautement enrichi qui peut avoir une utilisation militaire. Une centrale à fusion nucléaire dégage en fonctionnement normal mille fois plus plus de radioactivité qu'une centrale à fission et produit cinq fois plus de déchets radioactifs qu’une centrale actuelle, dont le tritium radioactif émetteur de rayons bêta (isotope d’hydrogène). Sous sa forme gazeuse il se diffuse à travers presque tous les matériaux. L‘eau tritiée ne peut pas être chimiquement distinguée de l'eau normale. Le tritium est donc absorbé par le corps humain et peut pénétrer dans chaque cellule. Cette substance est cancérigène et induit des modifications génétiques.

Le SPD et les Verts ont également approuvé le stockage provisoire des déchets nucléaires sur les sites de centrales nucléaires et des transports (de déchets) nucléaires. Les Verts ont contribué en tant que parti au pouvoir en Rhénanie du Nord-Westphalie (1995-2005) au développement et à l'exploitation des centrales nucléaires d’Ahaus, Jülich et Gronau. C’est un gouvernement rouge-vert avec son chef de la police vert qui a fait passer à coups de matraques en 1998 un transport Castor vers le site de stockage des déchets nucléaires d’Ahaus.

En coopération avec la France, le gouvernement fédéral SPD-Verts a mis en route en 1993 la construction du réacteur pressurisé européen (EPR). L’ancien ministre des Affaires étrangères et de la guerre contre la Yougoslavie Joseph Fischer (Verts), devenu aujourd’hui l’occupant morose d’une villa à Berlin-Dahlem, a dit amen en 2003 à l’octroi d’un statut constitutionnel à la promotion et utilisation de l'énergie nucléaire dans l'UE.

Certains syndicats, proches dans leur majorité des partis atomiques, ont aussi mobilisé pour la manifestation de Berlin. Mémoire courte ? En Octobre 2005, les syndicats Ver.di [Syndicat uni des services, le « plus grand syndicat du monde libre », avec 2,4 millions de membres, NdT] et IG BCE (mines, chimie et énergie), ensemble avec les quatre entreprises du secteur énergétique Eon, Vattenfall, RWE et EnBW, ont exigé du gouvernement fédéral CDU / CSU/SPD nouvellement élu du de prolonger la durée de vie des centrales nucléaires.

Le mouvement anti-nucléaire, depuis 35 ans, a démontré maintes et maintes fois que l'énergie nucléaire est mortelle, superflue et trop chère et peut être immédiatement remplacée par des sources d’énergie décentralisées, renouvelables (solaire, éolien, hydraulique) et par des changements techniques (production, architecture etc.). Même la propagande, selon laquelle la meurtrière technologie nucléaire serait un moyen approprié pour combattre le changement climatique, est définitivement réfutée depuis longtemps.

Le «cycle de vie» de la production nucléaire (extraction de l'uranium, enrichissement d'uranium, centrales nucléaires, usines de retraitement, transport nucléaire, déchets nucléaires) est un tueur de climat de première classe. Les centrales nucléaires polluent la nature et détruisent les humains. Les installations nucléaires détruisent le système immunitaire humain, provoquent des cancers et tuent même en cas de fonctionnement normal sans incident par les faibles radiations. Et à ne jamais passer sous silence : il n'y a pas de séparation entre les utilisations civiles et militaires de l'énergie nucléaire, qui exploite des centrales nucléaires, peut aussi fabriquer des bombes atomiques.

Voter Verts ? Sous le gouvernement Schröder / Fischer gouvernement des dizaines de milliers de policiers ont forcé à coups de matraques le passage des transports Castor à travers le Wendland. Les politiciens Verts étaient à l’époque éjectés des manifestations anti nucléaires ! Et à juste titre. Warum durften sie sich im letzten Jahr wieder einschleichen? Pourquoi ont –ils été autorisés à s’infiltrer cette dernière année ? Parce qu’on aurait envie de se laisser à nouveau mener en bateau tous les cinq ans? Même le «moindre mal» n'est qu'un mal, et souvent de grande ampleur. Existe-il des dépendances matérielles de certaines organisations ? Du fric de l‘Éat ? Des mandats?
Des initiatives comme
X-tausendmal quer [mouvement de blocage non-violent des transports Castor, NdT] déclarent sans rire : «Nous pouvons défendre le consensus nucléaire mal-aimé aux côtés des rouges- verts contre les demandes d'extension de la durée de vie des centrales émanant de l'industrie et de la CDU / FDP. » On peut reconnaître les ramollis et les dépendants à ceci qu’ils évitent les positions centrales de l'opposition anti-nucléaire. Ils disent tout au plus : « décrocher », « sortir » (du nucléaire) mais jamais : « Démantèlement immédiat de toutes les installations nucléaires. »

Ce qui est précisément ce pourquoi nous luttons.

Les Verts, dans la mesure où ils sont autorisés à participer au gouvernement quelque part, sont seulement au gouvernement et jamais au pouvoir (librement d’après Tucholsky).

Jutta Ditfurth a raconté de manière critique l’histoire des Verts allemands dans son livre: Das waren die Grünen (C’était les Verts) , München: Econ Taschenbuchverlag 2000, ISBN 3-548-75027-3.

dimanche 6 septembre 2009

Naomi Klein montre qu’il est possible de boycotter Israël sans mettre fin au dialogue sur la Palestine

Dans cette interview à Cecilie Surasky, Naomi Klein, la célèbre écrivaine canadienne altermondialiste, et son éditrice israélienne expliquent quelle forme créative de boycott d'Israël elles ont trouvé. Lire ici




Naomi Klein avec l'édition en arabe de son dernier livre The Shock Doctrine

samedi 5 septembre 2009

Philippe Val ou le révisionnisme anti-arabe en guise de fond de commerce

par René Naba, 5/9/2009

Paris, 5 septembre 2009 – Saluons comme il sied la prise de fonction de Philippe Val pour sa première rentrée radiophonique par un rappel à l’ordre nécessaire et salutaire pour le bon fonctionnement de la démocratie française et du vecteur qu’il est censé servir.

Le plus en vue des nouveaux journalistes en cour, le nouveau directeur de la radio publique française «France Inter» et ancien directeur conformiste de l’hebdomadaire faussement anarchiste Charlie Hebdo a imputé la collaboration vichyste anti-juive à «la politique arabe de la France». Ce mémorialiste des temps modernes qui se vit en rival contemporain du cardinal de RETZ (1) s’imagine par ce raccourci, non pas audacieux mais hasardeux, exonérer la France de l’antisémitisme récurrent de la société française en rejetant sur les Musulmans, en général, les Arabes, en particulier, la responsabilité de tous les maux de la société française.

L’homme est riche d’aphorismes, reflet d’une culture de chapardage, mais sa plus belle perle, qui relève désormais du domaine de l’anthologie, demeure incontestablement ce constat en forme de sentence (2): «Pourquoi une rançon serait-elle plus déshonorante qu’on ne sait quelle tractation secrète qui fera de la France la complice d’on ne sait quelle armée islamique d’on ne sait où ? Qui sont ces gens séduits par la politique arabe de la France» (…)
« Les otages français (en Irak), Christian Chesnot et George Malbrunot ont été enlevés par des terroristes islamiques qui adorent égorger les Occidentaux, sauf les Français, parce que la politique arabe de la France a des racines profondes qui s’enfoncent jusqu’au régime de Vichy, dont la politique antijuive était déjà, par défaut, une politique arabe», assurait avec beaucoup de suffisance Philippe Val dans Charlie Hebdo en date du 5 janvier 2005.
Outre qu’elle révèle la vanité de son auteur, une telle affirmation démontre son ignorance de l’histoire de son propre pays, à moins qu’elle ne réponde à son souci d’exonérer la France de ses propres responsabilités dans le génocide hitlérien et de briller à bon compte auprès de ses nouveaux maîtres à penser. Elle éclaire en tout cas l‘inconsistance intellectuelle de ses engagements politiques et moraux.
Philippe Val popularise en fait un thème que s’emploie à promouvoir le CRIF (Conseil Représentatif des Institutions Juives de France) (3), au diapason du transfuge socialiste Dominique Strauss Kahn, directeur atlantiste du Fonds Monétaire international, qui avait qualifié «la politique arabe de la France» de «vaste supercherie». Celui qui est présenté comme le meilleur candidat socialiste à l’élection présidentielle de 2012 face à Nicolas Sarkozy a été même jusqu’à se livrer, en toute impunité, à une profession de foi qui constitue la négation même de la notion de citoyenneté (4): «Je considère que tout Juif de la diaspora, et donc de France, doit, partout où il peut, apporter son aide à Israël. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle il est important que les Juifs prennent des responsabilités politiques. En somme, dans mes fonctions et dans ma vie de tous les jours, à travers l’ensemble de mes actions, j’essaie d’apporter ma modeste pierre à la construction d’Israël».
(
Déclaration sur Europe 1, en 1991, reprise par le magazine La vie en France, le 11 avril 2002 sous le titre «Trop Proche-Orient»).
Quiconque connaît un tant soit peu le mode opératoire de ce pays, les ressorts psychologiques profonds de la «Patrie des Droits de l’Homme», du Code Noir de l’Esclavage et du Code de l’Indigénat de la colonisation de l’Algérie, des zoos humains et de la Vénus callipyge hottentote, des salaires ethniques des travailleurs coloniaux et de la cristallisation des pensions de retraite des anciens combattants «basanés», des grandes écoles et des fusibles administratifs, sait pertinemment qu’aucun Arabe ou Noir ou Asiatique si éblouissants soient-ils, aucun musulman si omniscient fut-il, n’a jamais eu voix au chapitre sur les options stratégiques de la France, ni exercé la moindre influence sur la détermination des intérêts supérieurs de la nation, encore moins constitué un facteur déterminant dans les moments décisifs de son histoire.
Qualifier ainsi la politique antijuive de Vichy de politique «arabe» ne correspond tout bonnement pas à la réalité des choses et ne repose sur aucun fondement. L’histoire en est témoin: aucune influence arabe n’a joué un quelconque rôle dans cette entreprise criminelle, rondement menée entre l’Allemagne nazie et la France de Vichy. Sauf à prêter aux Arabes une capacité d’anticipation d’une hardiesse rare confinant au machiavélisme suprême, en vue de soudoyer l’Etat-Major français pour le conduire à faire condamner pour «haute trahison» un officier français de confession juive, le Capitaine Alfred Dreyfus (5), ou encore à gangrener le haut commandement politico-militaire français en vue de savourer le désastre de 1940, l’antisémitisme en France a préexisté à la présence arabe et musulmane en France.
Pour mémoire, le plus grand déferlement d’Arabes et de Musulmans en France est survenu à l’occasion de la Deuxième Guerre Mondiale, non pour l’appât du gain -«pour manger le pain des Français»-, mais bien pour libérer avec d’autres combattants coloniaux la France du joug nazi, pour aider à la libération d’un pays que ses habitants n’ont pas su, pas pu ou pas voulu défendre…C’est-à-dire près de cinquante ans après l’affaire Dreyfus et dans la foulée de la capitulation de Montoire.
Pour mémoire aussi, le port obligatoire de l’étoile jaune par les Français de confession juive et le Commissariat aux affaires juives du régime de Vichy, ont eu pour précurseur immédiat le Bureau de surveillance et de protection des indigènes nord-africains dont la création, en 1925, n’a pas suscité la moindre protestation des Français sans doute trop occupés à l’époque à magnifier leur supériorité dans l’admiration des «zoos humains».

La thèse de Philippe Val ne résiste donc pas à une analyse un tant soit peu sérieuse (6). Mais qui a jamais soutenu que Philippe Val était un analyste ? Sérieux de surcroît ? Son affirmation péremptoire participe néanmoins d’une falsification de l’histoire, d’un sournois travail de révisionnisme anti-arabe.
Une politique se juge sur la durée. A l’épreuve des faits, la politique arabe de la France, dogme sacré s’il en est, s’est révélée être, par moments, une vaste mystification, un argument de vente du complexe militaro-industriel français. Qu’on en juge. L’histoire en est témoin.
La contribution des Arabes à l’effort de guerre français en 1914-1918 pour la reconquête de l’Alsace-Lorraine a été franche et massive. Sans contrepartie. La France, en retour, vingt ans après cette contribution, a témoigné de sa gratitude à sa façon, en amputant la Syrie du district d’Alexandrette, en 1937, pour le céder à la Turquie, son ennemi de la Première guerre mondiale (7).
Dans la foulée de la Deuxième Guerre mondiale, la France, récidiviste, carbonisera la première manifestation autonomiste des Algériens, à Sétif, le jour même de la victoire alliée, le 8 mai 1945, une répression qui apparaîtra rétrospectivement comme une aberration de l’esprit sans doute unique dans l’histoire du monde, dont les effets se font encore sentir de nos jours. Dix ans plus tard, en 1956, de concert avec Israël et la Grande-Bretagne, la France se livrait à une «expédition punitive» contre le chef de file du nationalisme arabe, Nasser, coupable d’avoir voulu récupérer son unique richesse nationale le Canal de Suez.
Curieux attelage d’ailleurs que cette «équipée de Suez» entre les rescapés du génocide hitlérien (les Israéliens) et l’un de leur ancien bourreau, la France, qui fut sous Vichy l’antichambre des camps de la mort. Curieux attelage pour quel combat ? Contre qui ? Des Arabes ? Ceux-là mêmes qui furent abondamment sollicités durant la Deuxième Guerre Mondiale pour vaincre le régime nazi, c’est-à-dire l’occupant des Français et le bourreau des Israéliens ? A moins qu’il ne s’agisse d’une forme élaborée de l’exception française, on aurait rêvé meilleure expression de la gratitude.
Si Philippe Val de même que Dominique Strauss Khan peuvent pontifier de nos jours en toute impunité, si Nicolas Sarkozy peut présider aujourd’hui un pays se rangeant dans le camp de la Démocratie, ils le doivent certes aux «Croix Blanches» des cimetières américains de Normandie, mais aussi au sacrifice des quelques cinq cent mille combattants du monde arabe et africain qui ont aidé la France à se libérer du joug nazi, alors qu’une large fraction de la population française pratiquait la collaboration avec l’ennemi. Cinq cent mille combattants pour la Première Guerre mondiale (1914-1918), autant sinon plus pour la Deuxième Guerre mondiale (1939-1945), il n’était pas question alors de pistage génétique, de test ADN ou d’ «immigration choisie» pour leur enrôlement, de «seuil de tolérance» pour leur sang versé à profusion pour une guerre qui se présentait pour eux comme «une querelle de blancs».
Dans ce contexte, Dominique Strauss Khan peut à juste titre qualifier «la politique arabe de la France» de supercherie…… mais à l’égard des Arabes, tant il est vrai que la France a longtemps été médiatiquement pro-arabe, mais substantiellement pro-israélienne. Les courbettes des dirigeants français devant les princes arabes ne doivent pas faire illusion. Elles sont de peu de poids face au site nucléaire de Dimona, le symbole de la supériorité technologique et le gage de l’hégémonie militaire absolue israélienne sur l’espace national arabe depuis 60 ans, de même que la tonitruante amitié de Nicolas Sarkozy avec l’Emir de Qatar ne saurait masquer l’éradication systématique de toute sensibilité pro-palestinienne de l’administration préfectorale et de l’audiovisuel extérieur français et la promotion concomitante de personnalités au philosionisme exacerbé.
La liste est longue qui va de Bernard Kouchner (Quai d’Orsay), à Pierre Lellouche (Affaires européennes), à Dominique Strauss Khan (FMI), à Arno Klarsfeld (Matignon) et François Zimmeray, ancien vice-président de la commission d’études politiques du CRIF, Ambassadeur pour les Droits de l’homme, en passant par Christine Ockrent (pôle audiovisuel extérieur), Philippe Val (France inter), à la toute dernière recrue Valérie Hoffenberg, directrice pour la France de l’American Jewish Committee, représentante spéciale de la France au processus de paix au Proche-Orient.
«Curieuse conception de «l’équilibre» que de nommer pour une telle mission la directrice d’une organisation partie prenante dans le conflit israélo-palestinien. Curieuse ambition pour la France que d’associer la représentante en France d’une organisation américaine aux discussions avec les Etats-Unis et l’Union européenne. Curieuse conception lorsque l’organisation en question se targue d’être engagée aux côtés de la puissance occupante, alors même que Tel-Aviv poursuit l’occupation des territoires palestiniens, bafoue les droits humains les plus élémentaires et ne projette que la guerre contre ceux qui refusent de se plier à sa domination coloniale», soutiendra non sans bon sens l’Association France Palestine Solidarité (AFPS), seule organisation française à protester contre cette «partialité inacceptable» (8).
Très concrètement, la politique arabe de la France a consisté, historiquement, en une opération de restauration de la souveraineté nationale dans les centres de décision du pouvoir politique français, après la guerre de juin 1967, par la rupture de la relation fusionnelle qui existait, au mépris de l’intérêt national, entre services français et israéliens.
Bon nombre d’entre vous se rappellent peut-être, - à tout le moins l'apprendront à cette occasion en même temps que Philippe Val -, que le chef de la mission d’achat militaire israélienne en France sous la IVème République (1946-1958) disposait, à l’époque, non pas à l’ambassade israélienne, mais au sein même du ministère français des Armées, d’un bureau jouxtant celui du directeur de cabinet du ministre, une proximité sans précédent même dans les pays colonisés.
Bon nombre d’entre vous gardent peut être présent à l’esprit,-à tout le moins en prendront connaissance à cette occasion en même temps que Philippe Val,- l’implication des services israéliens et français dans l’enlèvement du chef charismatique de l’opposition marocaine Mehdi Ben Barka, en 1965, en plein jour, en plein Paris (9), ou encore le vol des cinq vedettes de Cherbourg par les Israéliens (décembre 1969), la plus concrète manifestation sinon de la connivence du moins de la passivité des services français à l’égard des coups de main israéliens, au même titre que l’implosion à Cadarache, dans un centre du sud de la France, d’un réacteur destiné à l’Irak.
L’ouverture de la France vers les pays arabes, en 1967, au terme d’une rupture de onze ans consécutive à l’expédition de Suez, lui a valu un regain de prestige après deux décennies de déboires militaires en Indochine et en Algérie, avec en prime la conquête des marchés pétroliers, notamment celui de l’Irak, l’ancienne chasse gardée des Anglais, la percée majeure de la diplomatie gaulliste de la seconde moitié du XXème siècle, ainsi que de fabuleux contrats militaires de l’ordre de plusieurs centaines de millions de dollars, notamment avec l’Irak, la Libye et l’Arabie saoudite, permettant ainsi le maintien de la compétitivité de l’industrie militaire française et d’un subséquent bassin d’emploi.
Philippe Val est un récidiviste de la manipulation: Il s’est d’ailleurs fait remarquer à l’Élysée pour avoir congédié, l’été 2008, le dessinateur Siné, avec la complicité de son compère Claude Askolovitch, au prétexte d’une fausse accusation d’antisémitisme à propos d’un papier mettant en question Jean Sarkozy, le propre fils du chef de l’Etat. Son tropisme anti-arabe éclaire ainsi rétrospectivement la motivation profonde de son combat pour la liberté d’expression, particulièrement dans la sphère arabo-musulmane.
Grâce soit donc rendue à Carla Bruni, sa marraine, et à Claude Askolovitch (10), son complice dans le lynchage médiatique du dessinateur Siné, de lui avoir épargné de présider la douloureuse épreuve du naufrage de son pavillon médiatique. Nul ne s’attend d’ailleurs à de l’impartialité de la part du nouveau directeur de France Inter dans l’exercice de ses nouvelles fonctions, largement tributaires du bon plaisir du prince. Mais au vu de son parcours curviligne, beaucoup de contribuables s’attendent que ce désormais haut salarié du service public d‘un état en faillite combatte avec la même vigueur l’antisémitisme qu’il croit déceler chez les autres et l’arabophobie latente qu’il recèle en lui. En un mot qu’il dégage l’espace public de toute tentative de falsification de l’Histoire, bride toute manipulation de l’opinion publique, de même que toute déloyauté dans la présentation des réalités fondamentales de la vie publique nationale, condition indispensable au bon fonctionnement de la démocratie et à la crédibilité du vecteur qu’il est censé servir.

Références

1-Cardinal de Retz : Né Jean François de Gondi, il est destiné de par sa naissance à succéder à son oncle, archevêque de Paris, fait de brillantes études théologiques, tout en cultivant son penchant pour la conspiration. Il participe à différents complots: contre Richelieu, aux côtés du comte de Soissons en 1636. Nommé coadjuteur de l’archevêque de Paris en 1643, il se place au premier rang des frondeurs contre Mazarin en 1648 et s’allie à la Reine contre Condé en 1650. Nommé cardinal au début des années 1650, le retour de Mazarin sonne le glas de ses ambitions. Désavoué et emprisonné, il s’évade en Espagne, puis en Italie et en Flandres avant d’accepter de démissionner du siège d’archevêque contre l’abbaye de Saint-Denis et l’autorisation de revenir en France. Reclus dans son château de Commercy, il prend part aux conclaves en 1662, 1665, 1668, 1670 puis se consacre à l’écriture de ses Mémoires, qui forment un témoignage historique important de son époque.


2- «Le syndrome de Stockholm de Chirac», Philippe Val, Charlie Hebdo, 29 décembre 2004.

3- Philippe Val popularise en fait un thème que s’emploie à promouvoir le CRIF. Sur l’origine de cette thématique Cf. à ce propos «Affaire Fofana, le CRIF va trop loin» de Guillaume Weill Raynal, ancien avocat au Barreau de Paris, et auteur de deux ouvrages «Une haine imaginaire» et «Les Nouveaux désinformateurs», aux éditions Armand Colin. L’article est paru sur le site Marianne 2 le 1er Août 2009, sous le lien suivant:
http://www.marianne2.fr/Affaire-Fofana-le-CRIF-va-trop-loin_a181667.html M. Weill Raynal écrit à ce propos: En février 2006, un collectif Primo Europe a publié un petit livre intitulé Ilan Halimi Le canari dans la mine. Cet ouvrage prétendait expliquer l’affaire du gang des barbares par une «analyse globale de la société française». Le site du CRIF avait, à l’époque, assuré la promo de ce livre en termes très élogieux. On peut y lire que cet assassinat n’est que l’aboutissement d’«une longue dégradation qui a débuté il y a près de 40 ans» et dont les causes résident dans «la politique étrangère de la France», ses «choix démographiques» et «la responsabilité des médias». Entendez – car ces thèmes sont développés dans la suite de l’ouvrage: La «politique arabe» de la France, d’autant plus inféodée aux lobbys pétroliers et donc encline à sacrifier ses juifs, qu’elle est minée par une «économie mixte sclérosée» et «l’absence de vision libérale dynamique». Entendez aussi, la politique d’immigration, le métissage des cultures, le «droit-de-l’hommisme», les intellectuels de gauche, les antiracistes et les alter mondialistes. Tout y passe, y compris le «service public de l’information», au premier rang duquel, l’AFP, France Inter, et France 2, coupables, selon les auteurs, de véhiculer une vision du conflit du Proche-Orient défavorable à Israël et d’avoir, ce faisant, armé le bras des assassins d’Ilan Halimi. Rien de moins ! Ce petit livre très orienté idéologiquement a fait l’objet d’une réédition très opportune en juin 2009. En juillet il se trouvait encore en bonne place sur les présentoirs de la FNAC. C’est ce type de discours «pédagogique» que Richard Prasquier regrette visiblement de n’avoir pas vu fleurir à l’occasion du premier procès tenu à huis clos». Fin de citation.
4- Déclaration de M. Strauss Khan sur «Europe 1», en 1991, reprise par le Magazine «La vie en France », le 11 avril 2002 sous le titre «Trop Proche-Orient». «Je considère que tout Juif de la diaspora, et donc de France, doit, partout où il peut, apporter son aide à Israël. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle il est important que les Juifs prennent des responsabilités politiques. En somme, dans mes fonctions et dans ma vie de tous les jours, à travers l’ensemble de mes actions, j’essaie d’apporter ma modeste pierre à la construction d’Israël». Déclaration sur «Europe 1», en 1991, reprise par le Magazine «La vie en France », le 11 avril 2002 sous le titre «Trop Proche-Orient».

NDLR-RN: Il n’aurait pas été mauvais que Dominique Strauss Khan apporte aussi chaque jour sa modeste pierre à la construction de la France et à l’éveil politique de ses concitoyens, pas uniquement de ses coreligionnaires. Nous pensions naïvement que le combat politique relève d’un engagement civique. DSK nous éclaire sur le sens de son engagement dont la finalité ultime est le lobbying pro israélien. Quelle horrible perspective à l’idée de savoir que la communautarisation de la vie publique en France est également imputable, rétrospectivement, au Parti Socialiste, qui passait portant pour être le parangon de la laïcité citoyenne. A la tête du FMI, pour reprendre son expression, cherchera-t-il à apporter sa modeste pierre à la construction d’Israël, à lui ouvrir largement des lignes de crédit pour lui permettre d’absorber définitivement la Palestine, de parachever l’édification du «Mur de séparation», déclaré pourtant illégal par la Cour de Justice internationale ?
Dans la revue «Le Meilleur des Mondes», M. Strauss Kahn a assuré que «La fameuse politique arabe de la France. C’est une supercherie que le Quai d’Orsay réussit à vendre depuis des décennies à l’ensemble de la classe politique ! Elle nous permet de croire que nous sommes ainsi à l’abri de toute menace terroriste (…) cela me paraît tout à fait absurde». L’Interview a été organisée à l’occasion de la dernière campagne présidentielle française (Mai 2007). «Le Meilleur des Mondes» passe pour être un relais des thèses de la Foundation for the Defense of Democracies, porte-voix des néo conservateurs en France. Le numéro en question est paru aux Éditions Denoël, Automne 2006.

5-Issu d’une riche famille de juifs alsaciens, le Capitaine Alfred Dreyfus, à l’époque seul officier de confession juive à l’Etat-major français, a été arrêté le 15 octobre 1894, pour intelligence avec l’Allemagne. Accusé d’être l’auteur d’un document dérobé à l’ambassade d’Allemagne (désigné sous le nom de « bordereau »), annonçant la livraison de documents concernant la défense nationale, son procès s’ouvre le 19 décembre 1894, devant le Conseil de guerre de Paris. Il est condamné, le 22 décembre, à la déportation perpétuelle dans une enceinte fortifiée. Il est dégradé au cours d’une cérémonie publique qui a lieu dans la grande cour de l’Ecole militaire, le 5 janvier 1895. Le 21 février, il est embarqué pour l’Ile du Diable.

6 -Pour une analyse sémantique de la phrase incriminée voir l’étude de Pierre Tévanian sur le site «les mots sont importants: «Philippe Val est un raciste» http://lmsi.net/spip.php?article668 «Philippe Val est un raciste, Démonstration, preuve à l’appui. Pour que cette phrase insensée signifie quelque chose, il faut admettre un postulat raciste: le postulat selon lequel les Arabes, en bloc, sont antisémites par nature. Dans cette hypothèse, même si aucun Arabe n’est ni auteur, ni incitateur ni demandeur d’une politique antijuive, ladite politique n’en est pas moins une «politique arabe» dans la mesure où elle ne peut que remplir de joie cette masse assoiffée de sang juif qu’est «le monde arabe». En résumé: «politique arabe» ne signifie, chez Philippe Val, rien d’autre que «politique antisémite». «Arabe» et «antisémite» sont donc synonymes. En d’autres termes: Philippe Val essentialise «les Arabes», en fait une entité homogène, pour ensuite attribuer à cette essence «les Arabes» un caractère infâmant («antisémite»). Cette manière de penser, conjuguant l’essentialisation, l’homogénéisation et le dénigrement, porte un nom : le racisme. Philippe Val a donc écrit un texte purement et simplement raciste. Et comme il assume ce texte plus de trois ans après sa publication, comme il ne l’a pas renié, on peut donc affirmer, de manière plus concise, qu’il est avéré et démontré qu’il est raciste».

7- Par traité en date du 29 mai 1937, la France a amputé le district d’Alexandrette de la Syrie et avait offert Le SANDJAK, à la Turquie, craignant de voir la Turquie rejoindre le camp Allemand, comme pour la première guerre mondiale. Or la France capitulera devant les allemands en juin 1940, dès le début de la 2eme guerre mondiale, sans avoir pu profiter de son alliance avec la Turquie.

8- Conseillère UMP de Paris, Valérie Hoffenberg, représentante spéciale de la France pour la dimension économique, culturelle, commerciale, éducative et environnementale du processus de paix au Proche-Orient, sera notamment chargée de prendre « toutes les initiatives concrètes susceptibles de créer un climat favorable à la paix dans les domaines économique, culturel, éducatif et environnemental », indique la lettre de mission du chef de l’Etat en date du 27 Août 2009. La nomination des personnalités pro israéliennes s’est accompagnée de la mise à l’écart de Bruno Guigue (administration préfectorale), – auquel la destruction israélienne de Gaza, en janvier 2009, a donné a posteriori raison–, de la mise à l’index de l’universitaire Vincent Geisser et de l’éviction de Richard Labévière (Média) ainsi que de Waheeb Abou Wassil, seul palestinien du dispositif médiatique extérieur. Le Communiqué de l’Association France Palestine Solidarité (AFPS), en date du 30 août 2009, intitulé «une partialité inacceptable» peut être consulté ici.

9 – Cf. La Libre Belgique 25/01/2008 «Ben Barka enlevé avec l’aide du Mossad» à propos de la recension du livre de Shmouel Seguev intitulé «Le lien marocain», préfacé par un ancien chef du Mossad, le service d’espionnage israélien, Ephraïm Halévy, et publié en hébreu par les éditions « Matar » dans lequel le journaliste israélien relate les relations secrètes entre Israël et le Maroc. Le Mossad, écrit-il, a ainsi indirectement permis aux services secrets marocains de repérer l’opposant socialiste, puis de le piéger: « Ben Barka, qui voyageait beaucoup à travers le monde, se servait d’un kiosque à journaux à Genève comme d’une boîte postale où il venait récupérer son courrier, et le Mossad a donné cette information à Dlimi" , affirme Seguev.

10- Claude Askolovitch, étoile montante du journalisme sarkozyste et nouveau patron de presse du groupe Lagardère, est un ancien journaliste au groupe de presse de gauche «Le Nouvel Observateur». Sa carrière météorique a été propulsée par l’instrumentalisation de l’accusation d’antisémitisme et une délation calomnieuse à l’encontre d’un confrère satirique (Siné). Une ambition satisfaite d’une haine recuite par le recours à une pratique honteuse de l’Histoire de France dont une large fraction de la communauté juive en a eu à pâtir durant la Deuxième Guerre mondiale (1939-1945).




vendredi 4 septembre 2009

Adieu à une grand-mère irakienne

Bibi s'en est allée, loin de Bagdad
par سجى SAJA , 4/9/2009. Traduit par Isabelle Rousselot,
Tlaxcala
Español: Muerte de una abuela iraquí
مرگ یک مادر بزرگ عراقی فارسی
En me réveillant hier matin, j'ai découvert un message électronique de mon père, qui est en voyage d'affaires en Europe en ce moment, m'informant que ma grand-mère avait eu une attaque dimanche et était décédée.

Au contraire de mes cousins qui ont grandi à ses côtés, je n'ai jamais connu ma grand-mère. Elle a toujours vécu en Irak et j'ai toujours vécu en dehors d'Irak à l'exception de ma première année de vie; elle s'est alors occupée de moi quand ma mère travaillait. Mais après cette année, Bibi (qui signifie « grand-mère » en arabe irakien) et moi avons toujours été séparées à cause des guerres en Irak et des occupations, à part quelques brèves visites dans des pays qui ont été assez généreux pour accorder des visas à des citoyens d'un pays considéré internationalement comme un État criminel.

La mort d'un être aimé ne devrait jamais être décrite dans des termes politiques. Tout comme le chagrin de quelqu'un ne devrait pas être diffusé au delà de son propre cœur. Mais la mort d'un Irakien porte habituellement tellement plus de bagages politiques qu'une personne qui serait originaire de Suisse ou d'un pays qui ne connaît pas la guerre. Le deuil de ma famille pour notre grand-mère n'est qu'une fraction du grand soupir que relâche l'Irak chaque jour sous le lourd talon de l'impérialisme.

Quand le Pentagone a déclaré lors de son introduction à la guerre en Irak qu'il n'y aurait plus un endroit en sécurité à Bagdad, j'ai envoyé un message électronique avec une photographie de Bibi entourée de mes cousins, à toutes les personnes que je connaissais, pour leur montrer que les prévisions de Rumsfeld ne pouvaient pas être menaçantes.

J'ai appelé Bibi la nuit du 19 mars 2003 après avoir écouté le discours de Bush annonçant le début de l'invasion de l'Irak. Je lui ai demandé de rester éloignée des abris anti- bombes car une douzaine d'années plus tôt, les USA avaient bombardé l’abri d' Al Amriyah. Sa seule réponse fut « prie pour nous ».

J'ai vu Bibi quand j'avais 14 ans. J'eus la chance de la voir à nouveau en avril dernier pendant quelques jours au Moyen-Orient. Elle était en route entre l'Irak et l'Afrique du Nord où son âme a quitté cette terre. À la frontière entre l'Irak et la Jordanie, les policiers jordaniens exigèrent qu'elle sorte de la voiture et soit fouillée au corps, ce qui fut pour elle, une épreuve physique. Je me demande bien quelle menace pour la sécurité d'un pays peut représenter une vieille femme irakienne de 90 ans. J'ai vu des grand-mères palestiniennes recevoir le même genre de traitement irrespectueux à la frontière sioniste- jordanienne, l'été 2005.

Lorsque je l'ai vue il y a quelques mois, je voulais interviewer Bibi pendant des heures et des heures. En parfaite possession de ses esprits malgré son âge et des souvenirs bien vivants depuis que les premiers colons britanniques avaient foulé le sol irakien, elle était un trésor de connaissance sur l'histoire de l'Irak du 20ème siècle. Mais sa mauvaise santé, due en partie à l'uranium appauvri et aux autres armes que les USA ont utilisé sur l'Irak, j'en suis persuadée, nécessitait qu'elle passe beaucoup de temps à recevoir des soins.

Les grand-mères irakiennes passent les dernières années de leurs vies à se battre pour réclamer les bases d'une vie digne. Une femme qui a élevé 9 enfants et des douzaines de petits-enfants mérite d'être entourée par ses proches sur son lit de mort. Mais les enfants et les petits-enfants de Bibi sont tous éparpillés dans une diaspora entre quatre continents. Elle sera enterrée sur le sol africain, où mon père et toute la famille auront sûrement le plus grand mal du monde à se rendre. Sa tombe, bien sûr, sera encore moins accessible que si elle avait été enterrée à côté de mon grand-père à Bagdad comme elle le souhaitait. Elle ne méritait pas de passer les derniers jours de sa vie sous les sanctions et l'occupation étrangère. Je parie que jamais au cours de sa longue vie, elle n'aurait pu prédire qu'elle serait déracinée de la seule ville dans laquelle elle a toujours vécu.

La dernière fois que j'ai entendu la voix de Bibi a été le 8 août, jour de mon mariage. Elle a appelé pour nous féliciter alors que je sortais d'un salon de beauté. J'ai alors compris ce que signifiait avoir des « sentiments mitigés » : sentiment heureux d'entendre sa grand-mère le jour de son mariage tout en maudissant la distance et le déplacement créés par l'agitation de votre pays d'origine. J'ai retenu mes larmes pour éviter de ruiner le maquillage de mariée qu'on venait de me faire.

Nous sommes cependant plus chanceux que beaucoup d'Irakiens. Seul Dieu connaît le nombre de grand-mères irakiennes (et palestiniennes et libanaises et afghanes) qui ont été déchiquetées par les bombardements US et sionistes. Devant les portes des hôpitaux d’Amman où Bibi était soignée, se trouvaient des grand-mères irakiennes, filles du plus riche pays pétrolier du monde, qui vendaient des cigarettes et des chewing-gums sur le trottoir, proches de tomber dans la mendicité.

J'espère un jour voir la maison de Bibi à Bagdad où elle a élevé deux générations d'Irakiens. Jusqu'à ce jour, la meilleure façon de lui rendre hommage est de continuer à s'opposer à l'occupation injuste qui a détruit sa famille.

mercredi 2 septembre 2009

Le rêve de l’otage ou : comment s’aimer soi-même aux dépens d’autrui

par Gilad Atzmon
Extrait :
"Voici, de cela, quelques jours, lors d’un meeting londonien de gens qui passent le plus clair de leur temps à faire campagne pour la Palestine, une militante en vue, une adorable dame qui soutient la cause palestinienne depuis les années soixante, nous a raconté un cauchemar qu’elle avait eu, dans les années quatre-vingt. Dans son rêve, elle se faisait kidnapper et elle était retenue en otage par la milice paramilitaire libanaise Amal. Tandis que les combattants d’Amal mettaient la dernière main aux préparatifs de l’exécution de cette militante, celle-ci faisait des efforts désespérés pour les convaincre qu’elle était, en réalité, de leur côté. Elle ne cessait de répéter que si elle était au Sud-Liban, c’était parce qu’elle soutenait le peuple libanais et les réfugiés palestiniens. Dans son rêve, à son grand dam, ses kidnappeurs restaient sourds à sa supplique : on l’assassinait.
L’interprétation que la militante faisait de son horrible cauchemar était très élégante, cohérente et valide. Elle avait pigé qu’aux yeux de ses preneurs d’otage imaginaires, elle était personnellement tenue redevable de l’interminable liste de crimes perpétrés par l’ « homme blanc ». A ses yeux, elle était châtiée non sans quelque raison. Jusqu’à un certain point, son raisonnement est similaire à l’interprétation que fait Robert Fisk de sa propre expérience, au Pakistan, en 2001."

Opération Nuit et Brouilard ou : comment Telekom m’a déconnectée

Un nouvel article de Jutta Ditfurth, où elle raconte la suite de ses aventures avec Telekom Allemagne.

Le jour où je me suis plainte à Telekom, j’ai perdu une foule de mails, mon accès à la messagerie et pour finir ma connexion Internet. Telekom m’a déconnectée. Mon bureau de journalistes est coupé depuis le 20 août du monde virtuel.

Le 14 août je devais passer en DSL. Il ne se passa rien. Mes plaintes répétées n’eurent aucune suite et une employée me conseilla « d’écrire à René Obermann (PDG de Telekom), s’il ya quelque chose qui peut marcher, c’est bien ça. » Ma plainte à Monsieur Obermann, envoyée le 20 août à 13h34 reçoit une réponse de Monsieur G. à 15h45. « Nous vous remercions d’avoir pris du temps pour écrire à notre PDG. Soyez assurée que nous prenons votre plainte très au sérieux et que nous y ferons droit dès que possible. » J’ai même reçu un numéro de dossier. Magnifique. Le 20 août à 17h33 je reçois un appel de Madame P. : « Le PDG de Telekom m’a chargée de résoudre votre problème. » Mon problème ? Madame P. n’a pas de ligne directe et me donne le numéro du central téléphonique de Telekom. La télécommunication, c’est quand la communication se dégrade. J’ai lu récemment que Telekom apprécie les employés capables de désamorcer les plaintes. Madame P. me dit : « Si j’ai bien compris votre lettre, l’offre Call+ Surf Comfort Plus (CSCP) vous satisferait ? » Mais ma lettre de trois pages à Monsieur Obermann pointait des problèmes structurels chez Telekom (Voir mon
blog n°4). De cela, pas un mot.
Jutta Ditfurth, avouons-le sans honte, est notre Allemande préférée. Cette journaliste et écrivaine est avant tout une militante. Elle a fondé le groupe Gauche écologiste et a été élue au conseil municipal de Francfort sur la Liste antiraciste ökolinx (Gauche/liens écologistes) après sa rupture fracassante avec les Verts, dont elle avait été une des cofondatrices et dirigeantes, dès 1991.
En mai 2009, Jutta a publié un livre de combat, Zeit des Zorns (Temps de la colère), sur lequel on peut lire une note de lecture en français ici. Un livre qui esquisse un programme de lutte contre LEUR crise.

Depuis quelques semaines, Jutta développe les thèmes de son livre dans des blogs sur le site de son éditeur.

On peut lire les traductions françaises de ces articles ici:



Des textes qui valent le détour. Et en plus, elle a de l'humour, ce qui n'est pas une qualité très répandue outre-Rhin.

FG

mardi 1 septembre 2009

Boycotter Israël

Un Israélien arrive à la conclusion douloureuse que c'est le seul moyen de sauver son pays
par Neve GORDON ניב גורדון
20/8/2009
Traduit par Fausto Giudice,
Tlaxcala
Original : Boycott Israel

Cet article du professeur Neve Gordon a suscité une tempête de haine en Israël, les menaces de mort alternant avec les appels à éliminer le "traître", le "virus", le "cancer" d'une manière ou d'une autre. Le ministre de l'Éducation Gideon Sa’ar a qualifié cet article de "répugnant et lamentable". Riva Cakmi, la présidente de l'Université Ben Gourion, où Gordon enseigne, a déclaré au Jesrusalem Post que l'Université "pourrait se passer de ses services", ajoutant : “Des universitaires qui ont de tels sentiments sur leur pays, n'ont qu'à se chercher un foyer personnel et professionnel ailleurs".
Des députés de la Knesset font pression sur le ministre et la Présidente pour qu'ils licencient le professeur Gordon.
Simultanément, d'autres attaques plus "subtiles" contre Gordon sont venues du "camp pacfiste", en l'occurrence son "pape", Uri Avnery, qui, du haut de ses 81 ans, joue le rôle de chien de garde la doxa sioniste "de gauche": il faut préserver l'État juif, en le rendant plus moral. Pas question de boycotter Israël, explique-t-il dans sa dernière chronique hebdomadaire (Tutu's Prayer), car cela ne ferait que renforcer la mentalité de forteresse assiégée en Israël, où les Juifs seraient immanquablement appelés à se rappeler le boycott nazi des entreprises juives, l'Holocauste etc. et de toute façon, explique-t-il, Israël n'a rien à voir avec l'Afrique du Sud. On pourra lire ici la réponse de Kim Petersen à cette argumentation avneryenne.- FG, Tlaxcala

Beaucoup d'Israéliens - même peaceniks - ne souscrivent pas à cette campagne, et ce n’est pas une surprise. Un boycott mondial ne peut pas empêcher des échos d'antisémitisme de retentir. pose également la question du deux poids-deux mesures (pourquoi ne pas boycotter la Chine pour ses violations flagrantes des droits de l'homme?) et met les Israéliens en porte-à-faux : comment assumer la contradiction apparente que porterait l’appel à un boycott contre leur propre pays ?

Ce n‘est en effet pas une mince affaire pour moi en tant que citoyen israélien d’appeler des gouvernements étrangers, des autorités régionales, des mouvements sociaux internationaux, des organisations confessionnelles, des syndicats et des citoyens à suspendre leur coopération avec Israël. Mais aujourd'hui, quand je regarde mes deux garçons jouant dans la cour, je suis convaincu que c'est la seule manière de sauver Israël de lui-même.

Je dis cela parce qu'Israël a atteint un carrefour historique, et les temps de crise appellent des mesures spectaculaires. Je dis cela en tant que Juif qui a choisi d'élever ses enfants en Israël, qui a été un membre du camp israélien pour la paix depuis près de 30 ans et qui est profondément inquiet pour l'avenir du pays.

La façon la plus précise de décrire aujourd'hui Israël est de constater que c’est un État d'apartheid. Depuis plus de 42 ans, Israël contrôle les terres situées entre la vallée du Jourdain et la Méditerranée. Dans cette région résident environ 6 millions de Juifs et près de 5 millions de Palestiniens. Sur cette population, 3,5 millions de Palestiniens et près d'un demi-million de Juifs vivent dans les territoires occupés par Israël en 1967, et bien que ces deux groupes vivent dans la même région, ils sont soumis à des systèmes juridiques totalement différents. Les Palestiniens sont apatrides et sont déprivés de la plupart des droits les plus fondamentaux. Par contraste, tous les Juifs - qu'ils vivent dans les territoires occupés ou en Israël - sont des citoyens de l'État d'Israël.

La question qui m'empêche de dormir la nuit, à la fois comme parent et comme citoyen, est de savoir comment faire en sorte que mes deux enfants ainsi que les enfants de mes voisins palestiniens ne grandissent pas dans un régime d'apartheid.

Il n'existe que deux voies morales pour parvenir à cet objectif.

La première est la solution à un État: offrir la citoyenneté à tous les Palestiniens et établir ainsi une démocratie binationale dans toute la zone contrôlée par Israël. Compte tenu de la démographie, cela équivaudrait à la disparition d'Israël en tant qu'Etat juif; pour la plupart des Juifs israéliens, c’est un anathème.

Le second moyen de mettre fin à notre apartheid est la solution à deux États, solution qui implique le retrait d'Israël dans les frontières d'avant 1967 (avec probablement un échange de terres 1=1), la division de Jérusalem, et la reconnaissance du droit des Palestiniens à retour avec la stipulation que seul une partie limitée des 4,5 millions de réfugiés palestiniens serait autorisé à rentrer en Israël, tandis que le reste pourrait revenir dans le nouvel État palestinien.

Géographiquement, la solution à un État paraît beaucoup plus réalisable car les Juifs et les Palestiniens sont déjà totalement intriqués ; de fait, «sur le terrain," la solution à un État (dans sa version apartheid) est une réalité.

Sur le plan idéologique, la solution à deux États est plus réaliste, parce que moins de 1% des Juifs et seule une minorité de Palestiniens soutiennent a solution binationale.

Pour l'instant, malgré les difficultés concrètes, il est plus logique de modifier les réalités géographiques que celles idéologiques. Si, à une date ultérieure les deux peuples décident de partager un État, ils peuvent le faire, mais actuellement ce n'est pas quelque chose qu'ils veulent.

Donc, si la solution à deux États est le moyen de mettre fin au régime d'apartheid, alors comment peut-on atteindre ce but?

Je suis convaincu que la pression extérieure est la seule réponse. Au cours des trois dernières décennies, le nombre de colons juifs dans les territoires occupés a considérablement augmenté. Le mythe de la Jérusalem Unie a conduit à la création d'une ville d'apartheid où les Palestiniens ne sont pas citoyens et n’ont pas accès aux services de base. Le camp de la paix israélien a progressivement fondu, de sorte qu'aujourd'hui il est presque inexistant, et la politique israélienne se déplacent de plus en plus vers l'extrême droite.

Il est donc clair pour moi que la seule façon de contrer la tendance à l'apartheid en Israël est de le faire par une pression internationale massive. Les mots et les condamnations de l'administration Obama et de l'Union européenne n'ont donné aucun résultat, pas même un gel de la colonisation, encore moins une décision de se retirer des territoires occupés.

J'ai donc décidé de soutenir le mouvement pour le Boycott, le désinvestissement et les sanctions, qui a été lancé par des militants palestiniens en juillet 2005 et a depuis recueilli un large soutien autour du globe. L'objectif est de faire en sorte qu'Israël respecte ses obligations découlant du droit international et que les Palestiniens se voient accorder le droit à l'auto-détermination.

À Bilbao, en Espagne, en 2008, une coalition d'organisations de partout dans le monde, a formulé les
10 points de la campagne Boycott, Désinvestissement et Sanctions destinée à faire pression sur Israël d’une «manière graduelle et durable, qui tienne compte du contexte et des capacités." Par exemple, l'effort commence par des sanctions et un désinvestissement vis-à-vis d’entreprises israéliennes opérant dans les territoires occupés, suivis par des actions contre ceux qui aident à maintenir et à renforcer l'occupation d'une manière visible. Dans le même esprit, les artistes qui viennent en Israël afin d'attirer l'attention sur l'occupation sont les bienvenus, tandis que ceux qui veulent juste donner un spectacle ne le sont pas.

Mettre une forte pression internationale sur Israël est la seule façon de garantir que la prochaine génération d'Israéliens et Palestiniens – y compris mes deux garçons - ne grandissent pas dans un régime d'apartheid.

Liberté pour Miguel Ángel Beltrán Villegas, prisonnier politique en Colombie !


http://www.tlaxcala-int.org/upload/gal_57.jpg
Nous soussignés, EXIGEONS la libération immédiate du Dr. Miguel Ángel Beltrán Villegas, sociologue et historien colombien arrêté au Mexique et déporté illégalement en Colombie en mai 2009 par le gouvernement complice de Felipe Calderón. Nous lui exprimons notre soutien ainsi que notre plus profonde indignation face au harcèlement dont souffrent ceux qui dénoncent et combattent les injustices en Amérique latine.
Miguel Ángel est actuellement emprisonné dans le quartier de haute sécurité de la prison modèle à Bogota. La détention de Miguel Ángel nous rappelle que les ailes du «
Condor » du collaborationnisme répressif continuent d’être déployées sur Amérique latine et nous ne pouvons d’aucune façon, accepter que l’impérialisme usaméricain avance encore plus dans sa soif de conquête et de domination.
L’emprisonnement de Miguel Ángel est un signe très clair de la volonté de criminaliser la protestation et la lutte sociale, de la part du gouvernement US et de ses valets locaux, qui n’hésitent pas à exercer le terrorisme d’État pour freiner le développement des mouvements sociaux sur le continent. Aujourd’hui, Miguel Ángel Beltrán est emprisonné sous l’accusation de “terrorisme”, alors que le terrorisme d’État en Colombie assassine, kidnappe, torture et emprisonne tout « opposant au régime », ce qui nous rappelle l’époque où les dictatures latino-américaines faisaient disparaître les combattants sociaux.
En concordance avec le coup d’État au Honduras, la Maison Blanche établit, maintenant, ses « bases » militaires en Colombie grâce à son principal allié, la marionnette Álvaro Uribe Vélez. Aujourd’hui, la Colombie est la plateforme à partir de laquelle l’Amérique latine se trouve à nouveau menacée. Exiger la libération immédiate de Miguel Ángel c’est aussi rejeter les ingérences impérialistes dans la région.
Depuis sa cellule de haute sécurité, Miguel Ángel a affirmé que les murs qui aujourd’hui « emprisonnent son corps », « n’emprisonnent pas son esprit », il a exprimé sa « conviction que dans ce combat, nous parviendrons à nos fins pour que dans le pays la pensée puisse circuler librement et qu’elle ne soit pas menacée par ces insensés qui aspirent à faire revivre les temps de l'inquisition, en condamnant au bûcher, ceux qui comme nous, expriment des idées et des opinions différents ». Nous faisons nôtres ses paroles.