mardi 24 février 2009

Gwadloup: vers un remake de 1967 en 2009 ?

La mort plus que suspecte du syndicaliste Jacques Bino, abattu de nuit par une "balle perdue" le 17 février, a immédiatement rappelé aux Guadeloupéens en lutte depuis un mois et demi les tragiques événements de mai 1967. Petit retour sur cette histoire occultée en "métropole".
Pointe-à-Pitre, 26 mai 1967. Depuis le début du mois, des ouvriers, principalement du bâtiment, sont en grève. Les travailleurs demandent 2,5% d’augmentation de salaire mais les négociations menées par le syndicat CGTG piétinent puis sont rompues. Devant la chambre de commerce de la ville, manifestants et policiers se font face. De violents heurts éclatent entre les forces de l’ordre et les protestaires.

Les Guadeloupéens, émus par la violence de l’Etat, descendent dans la rue pour crier leur colère. Aux revendications syndicales se mêlent les revendications des indépendantistes . Ces dernières finiront par devenir inaudibles au milieu des années 90 après avoir connu un regain de vitalité dans les années 80 avec les émeutes de cette période liées, entre autres, à l’affaire Georges Faisans dont la grève de la faim dura 56 jours. En cette journée du 26 mai 1967, la police tire sur la foule. Un homme est tué. Il s’agit de Jacques Nestor, militant du GONG (groupement d’organisations nationalistes de la Guadeloupe).
Pendant trois jours les manifestations se succèdent malgré la répression. Selon les sources entre 7 et 87 personnes sont tuées par les balles des forces de l’ordre. La Guadeloupe n’est plus une colonie mais un département français depuis une vingtaine d’années et la guerre d’Algérie n’est pas loin ; les méthodes de la police s’en ressentent. Concernant le nombre de morts, la polémique continue d’alimenter les blogs et les forums. Pour se faire une idée de l’ampleur de la tuerie, on peut regarder le documentaire,
Sonjé…Mé 67 . Sinon, pour en savoir plus sur ce sombre épisode de l’histoire méconnue (en France hexagonale, du moins) de la Guadeloupe, on peut cliquer ici , là ou encore ici.
Sonjé Mé 67 est une série documentaire de 10 épisodes d’une durée de 6 minutes chacun sur un pan de l’histoire contemporaine de la Guadeloupe. Mai 67, pan important de notre histoire récente, est une blessure encore sanguinolente. Les acteurs et les témoins essentiels de ce qui fut un « massacre » sont encore vivants.Ils portent inscrites à jamais dans leur chair, dans leur mémoire les traces brûlantes et indélébiles de ce mai atroce.Certains ont parfois dit, d’autres pas…
Pour voir la série, cliquer
ici


La Guadeloupe n’a pas oublié les événements de mai 67
par
Jean-Moïse Braitberg, Bakchich, 17 février 2009
La crise qui secoue les Antilles ravive des plaies toujours pas cicatrisées. En mai 1967, 80 à 200 manifestants furent tués par la police française dans les rues de Pointe-à-Pitre. Souvenirs, souvenirs.
De 80 à 200 morts dans les rues de Pointe-à-Pitre. La Guadeloupe n’a pas oublié les événements de mai 67. L’une des revendications actuelles des grévistes de Guadeloupe est de demander une commission d’enquête indépendante sur les événements des 26 et 27 mai 1967 au cours desquels, en plein pouvoir gaulliste, de 80 à 200 manifestants furent tués par la police française dans les rues de Pointe-à-Pître. « Les gens ont encore peur quarante ans après. Ils voudraient être sûr qu’ils ne risquent rien à témoigner » explique le Dr Michel Numa, 76 ans, ancien militant indépendantiste qui était en prison à Paris au moment du massacre.
Tout avait débuté deux mois plus tôt. Le 20 mars 1967, à Basse-Terre, préfecture de l’île, un riche marchand « blanc pays », lance son chien sur un artisan noir. Révolté par cet acte digne de l’apartheid, le peuple de Basse-Terre laisse libre cour à la colère accumulée depuis longtemps. Durant trois jours, les 20, 21 et 22 mars 1967, Basse-Terre est en émeute. Dans un appel au calme, le préfet déclare comprendre la colère populaire et jure que cet acte raciste sera puni. Mais contrairement aux promesses, les émeutiers seront condamnés à de fortes peines de prison. Fin du 1er acte.
« Quand les nègres auront faim, ils reprendront leur travail »
Deux mois plus tard, à Pointe à Pitre, le 26 mai 1967, jour de commémoration de l’abolition de l’esclavage, 5000 ouvriers du bâtiment sont en grève pour une augmentation de salaire de 2%. Le délégué patronal, un certain Brizard aurait lancé aux grévistes : « Quand les nègres auront faim, ils reprendront leur travail ». Une manifestation s’organise. Face aux CRS rassemblés devant la chambre de commerce, les manifestants lancent des pierres et des bouteilles. La police tire immédiatement tuant Jacques Nestor, Militant du Groupe d’Organisation Nationale de la Guadeloupe (GONG). Selon Michel Numa, les ordres du préfet Bolotte, captés sur la fréquence de la préfecture disent aux officiers CRS : « Faites usage de toutes vos armes ».
Les deux jeunes ouvriers Taret et Tidas sont tués ainsi qu’un promeneur. La population et notamment les jeunes du lycée Baimbridge, révoltée, afflue le lendemain vers le centre de Pointe-à-Pitre. Des véhicules sont brûlés, les boutiques de la rue Frébault, principale rue commerçante de Pointe-à-pitre, sont incendiées et pillées. Plusieurs policiers sont blessés à coup de pierres et de sabre. Le bruit court qu’une armurerie a été dévalisée. Le préfet désarme les policiers noirs et fait appel à des gendarmes mobiles de Martinique et de France. Sous la direction du commissaire de police Canales et du capitaine CRS Rupin, policiers et « képis rouges » se livrent à la « chasse au nègre ». Arrêtés au hasard, des personnes sont exécutées dans les locaux de la gendarmerie de Morne Niquel. Des dizaines de personnes sont blessées, dont certaines mutilées à vie comme Solange Coudrieux. « On enjambait les cadavres dans la sous-préfecture », assure un témoin qui craint encore de donner son nom.
Le bilan de ces deux journées de répression n’est toujours pas connu car de nombreuses familles ont inhumé secrètement leurs défunts et caché leurs blessés de peur des représailles. La presse de métropole a parlé de « sept morts et certainement plus ». Le nombre exact s’approcherait vraisemblablement de 85 victimes. C’est le chiffre reconnu voici une vingtaine d’années par l’ancien ministre socialiste des DOM-TOM Georges Lemoine. Chez les Guadeloupéens on parle de 200 morts.
Vers une commission d’enquête ?
Le gouvernement français profita des événements pour liquider le mouvement nationaliste guadeloupéen incarné alors par le G.O.N.G. et l’Association générale des Etudiants guadeloupéens (A.G.E.G). De nombreux militants furent arrêtés. Certains, pris en flagrant délit, furent condamnés à de lourdes peines de prison ferme. Vingt-cinq autres, accusés d’avoir participé aux manifestations, furent incarcérés à Basse-Terre et seront jugés en avril 68. Enfin, Vingt-cinq militants Guadeloupéens, dont Michel Numa furent enfermés à la prison de la Santé, accusés d’atteinte à l’intégrité du territoire.
Pour les Guadeloupéens, le travail de mémoire n’a pas été fait. Chaque année, les 26 et 27 mai, les militants qui se souviennent se rendent à la préfecture pour demander la création d’une commission d’enquête, pendant que les élus guadeloupéens observent un silence remarqué. Il est vrai qu’à l’époque, ils avaient signé un texte rendant les manifestants responsables du massacre.
Il a fallu trente ans pour que l’on reconnaisse le massacre des Algériens jetés à la Seine par la police de Maurice Papon le 17 octobre 1961. Le préfet Bolotte, comme par un fait du sort, est mort le 27 mai 2008. Combien de temps faudra-t-il encore pour que justice soit rendue, même symboliquement aux victimes noires des événements de mai 67 ?

Non au référendum illégal à Mayotte, territoire occupé !

L'association Survie lance une campagne contre le référendum illégal organisé par la France le 29 mars 2009 dans l'île comorienne de Mayotte, occupée depuis 1975, afin de la transformer en "département d'outre-mer". Signez la pétition en ligne adressée aux responsables et députés européens. PLUS D'INFORMATION
Visitez le
blog de Survie Languedoc-Roussillon




lundi 23 février 2009

Gwadloup : Pétition contre le mensonge et la manipulation d'État

Gwadloup


Pour obtenir satisfaction de la plateforme de revendications que le collectif Lyannaj Kont Pwofitasyon (LKP) avait publiée en décembre 2008, le peuple guadeloupéen s'est lancé dans une grève générale depuis le 20 janvier 2009.
Le samedi 24 janvier 2009, le LKP entame une série de négociations avec les organisations patronales autour de la première revendication portée par la plateforme : l'augmentation de la rémunération des salariés guadeloupéens.
Le mercredi 28 janvier, Yves Jégo, le secrétaire d'État à l'Outre-Mer, adresse un message, lu par le préfet de Guadeloupe et repris par l'ensemble des médias de l'archipel, afin d'inciter les représentants des employeurs à signer un accord pour l'augmentation des bas salaires. Jégo donne l'assurance "à toutes les entreprises de Guadeloupe qu'elles ne paieront aucune charge sociale sur tous les salaires jusqu'à 1,4 fois le SMIC" et insiste : "Dès qu'un accord sera trouvé entre partenaires sociaux sur cette question, je m'engage à ce qu'il soit mis en oeuvre par l'État ."

Le dimanche 1er février, le ministre atterrit en Guadeloupe pour gérer, en personne, les discussions entre le LKP et le patronnat guadeloupéen. À peine arrivé, Jégo claironne devant les micros et les caméras qu'il restera en Guadeloupe "tant que le conflit ne sera pas réglé".

C'est donc le mercredi 4 février 2009, sous la présidence du ministre que reprennent les négociations entre le LKP et les représentants des employeurs. Après une discussion qui dure toute la nuit du samedi 7 au dimanche 8 février, les syndicalistes et le patronat se mettent d'accord sur une augmentation de 200 € mensuels pour les travailleurs rémunérés en-dessous de 1,6 fois le SMIC. Cette revalorisation est garantie par le gouvernement français qui s'engage, comme l'a annoncé Yves Jégo une semaine auparavant, à réduire les cotisations sociales des entreprises guadeloupéennes. C'est le ministre en personne qui donne rendez-vous, pour l'après-midi même, à tous les participants aux négociations afin de signer l'accord à la préfecture de Basse-Terre.
C'est au moment où un accord a été trouvé que M. Jégo décide d'abandonner patrons, syndicats, représentants du peuple et, au-delà, la Guadeloupe toute entière pour rentrer en catimini à Paris. Le premier ministre François Fillon a ordonné à son ministre de l'Outre-Mer de rentrer au pas de course et de ne pas signer ce qu'il s'était pourtant engagé à signer.
Nul ne sait ce qui s'est dit entre les deux hommes, nul ne sait de quelle manière Fillon a recadré son subordonné. Tout ce que l'on sait, c'est que, le mercredi 11 février, les Guadeloupéens voient revenir un Yves Jégo, fidèle "voix de son maître", qui déclare que le gouvernement n'a jamais promis de garantir l'augmentation des salaires des travailleurs guadeloupéens par la baisse des cotisations sociales payées par les entreprises et que c'est aux partenaires sociaux de prendre, seuls, leurs responsabilités. La condition réclamée par les entrepreneurs guadeloupéens pour parvenir à un accord interprofessionnel est subitement effacée, les négociations sont ramenées à leur point de départ !

Après que les mensonges de M. Yves Jégo ont enlisé les discussions, le gouvernement français décide d'empoisonner encore un peu plus le climat social. Le lundi 16 février, des escadrons de gendarmes mobiles sont lâchés sur le pays : insultes racistes et passages à tabac pleuvent sur les Guadeloupéens.
C'est le jeu mortifère du gouvernement français qui a incendié l'ensemble des sections communales de la Guadeloupe. Ce sont les déclarations intempestives et contradictoires d'Yves Jégo qui ont amené au pourrissement des négociations pour l'amélioration des conditions d'existence de l'ensemble des citoyens guadeloupéens.

Par ces motifs et par respect pour le peuple guadeloupéen, nous demandons la démission immédiate d'Yves Jégo.

Ils peuvent tenter tout ce qu'ils veulent,
Nous boiterons mais nous ne tomberons jamais !

Basse-Terre - Pointe-à-Pitre - Paris, 20 février 2009

Pour signer la pétition, envoyez vos noms, prénoms, fonctions éventuelles et vos lieux de résidence à skm@lidejis.org

La répression contre les militants du Souss (Maroc) : quatre procès contre 8 militants d’Ouzioua et Taliouine

Au Maroc, manifester sa solidarité est un délit. Nous avons reçu les informations ci-dessous concernant les accusations injustes et répétées contre des militants des droits de l'homme des régions d'Aoulouz et Taliouine qui défendent sans relâche les victimes d'injustices et de répression, donc qui dérangent les autorités. Solidarité Maroc 05 (Gap, Hautes-Alpes, France), l’AZLS (Paris-Carcassonne) et Tlaxcala (monde) avaient déjà protesté contre les injustices dont souffrent les paysans habitant la région du barrage Mokhtar Soussi, défendus, entre autres, par l'enseignant Amal Lahoucine.
Nous(
Solidarité Maroc 05, AZLS, Tlaxcala) avons constitué un Réseau de solidarité avec les militants du Souss que pouvez rejoindre en écrivant à solidmar05[at]gmail.com.
- 1 - Le Pacha de Taliouine avait mené une guerre farouche contre les jeunes de Tagargouste fin août 2007 pendant 4 jours, à cause de leur décision de boycotter les élections du 7 septembre 2007.
Les forces de répression (gendarmes et mokhaznia) sous la direction du pacha avaient arrêté 16 jeunes garçons et filles et la gendarmerie a établi des PV de poursuites.
Les jeunes de Tagargouste avaient alors organisé une marche de protestation contre la répression du Pacha. La marche a été écrasée par les gendarmes sous la direction du colonel de gendarmerie de Taroudant déplacé à Taliouine et accompagné par la police judiciaire de Taroudant et les brigades d’Ouled Berhil et d'Aoulouz.
Pour bien justifier son intervention musclée contre la marche pacifique des jeunes, le colonel a fait arrêter quatre militants, qui ont été transférés à Taroudant et il leur a établi des pv en présence des chefs de la DST de Taroudant.
Les militants poursuivis sont :
- Amal Lahoucine, Nourdine Driss, Choukri Yassine et Nourdine Samir, qui sont tous des memmbres de l'association Afra de Taliouine, procès n° 866/08 le 12 mars 2009.
Pour étayer la justification des ces faits violents, le procureur du tribunal de Taroudant a constitué un sac d’inculpations très lourd contre Amal Lahoucine : « insulte à un fonctionnaire (un gendarme) dans l’exercice de ses fonctions et protestation dans un lieu public sans autorisation ». Il a été inculpé pour avoir essayé d’enlever l’appareil photo de ce gendarme et de lui arracher sa chemise !
Une inculpation injuste et fausse !
Le procès du 12 mars 2009 du dossier n° 866/08 sera le seul moyen qui permettra au régime d'arrêter et d’enfermer Amal Lahoucine derrière les barreaux. Le régime usera de ses possibilités et utilisera cette nouvelle arme qui mène à une condamnation qui peut aller jusqu’à 5 ans de prison ferme pour museler les activités militantes d’Amal Lahoucine.

- 2 - D’autre part la marche rouge du 7 mai 2006 des paysans pauvres d’Ouzioua pour réclamer leurs droits à l’électrification, à l’eau potable, à l’eau d’irrigation et à l’exploitation des ressources naturelles autour du barrage Mokhtar Soussi, a été suivie d’une répression judiciaire. Le régime marocain poursuit les militants de la société civile d' Ouzioua devant le tribunal de première instance à Taroudant.
Les cinq militants poursuivis étaient :
- Aakik Driss, secrétaire général du syndicat des paysans pauvres.
- Amal Lahoucine, président de l’association Ifghelen.
- Chkib Boubker, vice président de l’association Atlas. - Bouichou Mohamed, membre du conseil de la commune d’Ouzioua.
- Id Bouichou Mohamed, paysan pauvre membre de l’association Atlas.
Ils ont été condamnés le 21 décembre 2007 à 4 mois de prison avec sursis et une amende de 2500 dirhams chacun.

- 3- Les paysans pauvres ont continué leur lutte en organisant des sit-in le 14 novembre 2007, le 3 janvier 2008 et le 30 mai 2008. Comme à son habitude, le régime marocain poursuit six militants :

- Ifkirne Abdelmalik membre du bureau de l’association Mokhtar Soussi.
- Aakik Driss, secrétaire général du syndicat des paysans pauvres.
- Amal Lahoucine, président de l’association Ifghelen.
- Chkib Boubker, vice-président de l’association Atlas.
- Bouichou Mohamed, membre du conseil communal d’Ouzioua.

Les paysans d'Ouzioua ont maintenant 3 procès au tribunal de première instance à Taroudant :
- dossiers no 1348/08 et 1245/08 le 12 février 2009.
- Dossier no 1521/08 le 12 mars 2009.
Le motif d’inculpation est : avoir organisé des sit-in dans des lieux publics sans autorisation.
Le verdict des deux procès du 12 février sera rendu le 26 février 2009. Les organisations politiques de gauche, de droits de l'homme, syndicales et associatives de Taroudant sont mobilisées contre cette insulte injuste et fausse.

Il serait souhaitable que de nombreux militants envoient une lettre inspirée ou copiée du message ci-dessous pour protester contre ces atteintes aux droits humains et sociaux :
" NOUS VOULONS EXPRIMER NOTRE SOLIDARITÉ AVEC LES 8 MILITANTS D´OUZIOUA ET TALIOUINE QUI SERONT TRADUITS DEVANT LE TRIBUNAL DE PREMIÈRE INSTANCE À TAROUDANT LE 12 FÉVRIER 2009 ET LE 12 MARS 2009 POUR AVOIR PARTICIPÉ À UNE MANIFESTATION PACIFIQUE.
NOUS PROTESTONS CONTRE CETTE RÉPRESSION À L’ENCONTRE DES MILITANTS ASSOCIATIFS DONT LE SEUL CRIME EST D'AVOIR LUTTÉ POUR LEURS DROITS POLITIQUES ET CIVILS ET POUR LES BIENS PUBLICS
."
Les 8 militants poursuivis sont :
- Amal Lahoucine, Nourdine Driss, Choukri Yassine, Nourdine Samir, Ifkirne Abdelmalik, Aakik Driss, Chakib Boubker et Bouichou Mohamed.
Les quatre procès :
Le n° 1348/08 et le n° 1245/08 le 12 février 2009 et le n° 1521/08 et le n° 866/08 le 12 mars 2009.
MESSAGE À ENVOYER À :
M. Le Premier Ministre : - Fax : 00 212 037761777
M. Le Ministre de la Justice : - Fax 00 212 037723710
M. Le Ministre de l’Intérieur: Fax 00 212 037766861 ou bien 212 037767404
M. le gouverneur de Taroudant Fax 00 212 028852018
M. le Wali (Préfet) d’Agadir Fax 00 212 028840249
Si vous n'avez pas de fax, vous pouvez essayer d' envoyer un mail de protestation au Premier ministre :
courrier@pm.gov.ma, au ministre de la Justice : courrier@mj.gov.ma et au ministre de l'Intérieur : courrier@mi.gov.ma

Ou bien aux adresses suivantes :
Le ministre de la Justice :
http://www.annuaires.justice.gouv.fr/inc_alias/contact.php?contact=annuaires
Le ministre de l'Intérieur :
http://www.interieur.gouv.fr/sections/contact/ministre/ministre
Le Premier ministre :
http://www.pm.gov.ma/fr/contact.aspx

Merci pour eux !

mardi 10 février 2009

La République Palestinienne de Dayton

par Abdelbari ATWAN , Al Quds Al Arabi, 9/2/2009. Traduit par IAY et révisé par Fausto Giudice, Tlaxcala
Original :
جمهورية دايتون الفلسطينية

Peu de gens en dehors des cercles de pouvoir à Ramallah et de leurs appareils de sécurité, connaissent les « exploits » du général US Keith Dayton qui est officiellement chargé par l’administration de son pays de créer des forces de sécurité palestiniennes sur de nouvelles bases, qui se fondent sur l’instauration du contrôle de l’État (où est-il ?) sur ses frontières (lesquelles ?) dans le proche avenir. L’article du journaliste US Thomas Friedman dans le NewYorkTimes du samedi 7 février (Beyond The banks NdT) nous apporte des précisions sur cette question.

Friedman dit que le général Dayton l’a emmené dans la ville de Jénine pour lui montrer ses « exploits » et qu’il a été surpris de ce qu’il a découvert. Les membres de la deuxième compagnie se sont alignés devant leur « maitre » (le qualificatif vient de moi [Abdul-Bari Atwan, NdT]) usaméricain avec leurs mitraillettes Kalachnikov en effectuant le salut militaire. Le général les salue à son tour et il leur fait un discours flatteur sur leur noble mission qui consiste à « prendre soin de leurs concitoyens dans ces temps difficiles, car c’est ainsi que se comportent des forces de sécurité professionnelles ».

La manière dont le général US avait inspecté ces forces et s’était adressé à elles montre qu’elles exécutent ses ordres et qu’elles accomplissent la mission que lui et son gouvernement décident, et non pas un autre gouvernement ou une autre autorité. C’est lui qui finance, qui décide et qui établit les tâches.


Le Général Keith Dayton salue "ses" hommes lors d'une visite à la Mouqataa le 17 décembre 2007. Photo AFP/ Getty Images


Il semble que ces « forces de Dayton » ont déjà commencé à accomplir leur mission et de la meilleure manière, car elles se sont opposées aux manifestants avec efficacité en les réprimant et en les arrêtant durant les manifestations de solidarité et de condamnation des massacres israéliens dans la bande de Gaza. En revanche, ces forces sont restées spectatrices quand, quelques mois plus tôt, des colons ont attaqué les habitants d’al-Khalil (Hébron, NdT) en agressant et en détruisant, au point que l’un des dirigeants de ces forces a répondu aux demandes de ses concitoyens d’ intervenir afin de les protéger de la sauvagerie des colons, en disant qu’il n’avait pas de consignes pour affronter les Israéliens, mais seulement les Palestiniens.

Jénine était l’une des villes à la résistance la plus féroce, et fut considérée comme une base solide pour engendrer les candidats aux opérations-martyres, et les hommes, les vrais. Il suffit de constater que son petit camp (1 km carré) a tenu pendant une dizaine de jours face à l’offensive israélienne et a réussi à faire 26 tués et 36 blessés parmi les rangs des forces d’agression, c’est-à-dire quatre fois les pertes de l’armée israélienne pendant sa dernière agression contre la bande de Gaza. Ceci explique pourquoi le général Dayton s’intéresse à cette ville et fait d’elle le « diamant » de sa couronne d’« exploits » sécuritaires, qui sont celui de briser les forces de la résistance à Jénine et la généralisation de cette expérience sur toutes les villes palestiniennes en Cisjordanie.

L’objectif de la création de ces forces, de leur « engraissement » et des millions dépensés pour leur entraînement, n’est pas la préparation à la construction de l’État palestinien, mais vise à l’empêcher et à pérenniser l’occupation en cours. En fait partout dans le monde, on commence par créer l’État puis ses institutions sécuritaires et politiques, sauf en Palestine où le triangle est « renversé » ainsi que les priorités, ce qui explique la poursuite de la colonisation, l’usurpation des terres, et le creusement des tunnels sous la mosquée al-Aqsa (les tunnels à al-Quds sont bons car ils sont israéliens même s’ils aboutissent à l’effondrement des fondations d’al-Aqsa… Mais les tunnels de Rafah sont diaboliques car ils sont utilisés pour faire entrer la nourriture et les médicaments pour les assiégés).

Les forces de sécurité de Dayton dont le nombre s’élève à 1600 hommes à ce jour, qui ont été entraînées en Jordanie et s’apprêtent à intégrer 500 nouveaux membres, lesquels suivent des stages d’entraînement similaires, ont une mission principale axée autour de la protection des colonies, de la répression par la force de toute résistance palestinienne et de la collaboration avec leurs homologues israéliens dans ce domaine, c’est-à-dire dans l’anéantissement de tout sentiment patriotique.

Il est clair que ces forces sont en harmonie avec les projets US futurs pour la Cisjordanie, et pour y éviter la reproduction de l’expérience de la bande [de Gaza], c’est-à-dire d’empêcher que la Cisjordanie ne devienne à son tour une base de résistance. Tony Blair, l’émissaire du Quartet, a résumé l’avenir de la Cisjordanie en parlant de la nécessité de concentrer les efforts sur l’infrastructure économique, et de la préparer pour élever le niveau de vie des habitants, en tant qu’étape essentielle avant d’arriver à la création de l’État. Le Premier ministre britannique Gordon Brown a répété la même chose durant sa dernière visite à Ramallah.

Benyamin Netanyahou, le chef du parti Likoud et celui qui a le plus de chance de gagner les élections israéliennes générales qui auront lieu demain (mardi 10 février, NdT), s’est emparé de ce fil et a commencé de mettre l’accent dans sa campagne électorale sur « la paix économique » avec les Palestiniens, et sur l’engagement à ne pas rendre la Cisjordanie et le Golan à leurs propriétaires arabes.

Le colonel Radhi Abu Assidah, l’un des dirigeants des appareils sécuritaires du général Dayton, a fièrement déclaré : « Nos forces ont désormais du professionnalisme et aussi un bon entraînement. Maintenant nous disons aux gens : Vous pouvez manifester en solidarité avec Gaza, mais vous devez faire cela d’une manière moderne ».

Ce que le colonel Radhi entend par cette manière moderne, c’est que les gens doivent être comme les peuples d’Alaska ou d’Islande [notre ami Abdelbari ATwan n’a pas l’air d’être au courant des manifestantions militantes qui ont lieu en Islande depuis des mois et ont même provoqué la chute du gouvernement, NdR], ils doivent se contenter d’allumer des bougies et de faire des prières pour les victimes de la sauvagerie israélienne. Tout autre acte sera réprimé par les matraques, voire par les tirs de balles et la torture dans des camps de détention.

Mais comment les gens de la Cisjordanie vont-ils manifester d’une manière civilisée alors que les soldats israéliens les humilient tous les jours aux points de contrôle, confisquent leurs terres, démolissent leurs mosquées et lâchent sur eux les colons pour les agresser, détruire leurs plantations et arracher leurs arbres ?

Dans le passé on parlait de la solution à deux États. Maintenant on parle de la « paix économique », ce qui veut dire transformer le peuple palestinien en un peuple qui se fait acheter par les denrées de subsistance et les salaires mensuels payés par les États donateurs, en échange de quoi on lui demandera d’ oublier totalement sa cause nationale. Quant à celui qui désobéit, les forces « professionnelles » et « bien entraînées » du général Dayton sauront comment s’occuper de son cas avec la méthode adéquate.

Gidi Grinstein, le président de l’institut israélien Reut, un laboratoire d’idées (think tank) qui fournit des études consultatives au gouvernement, décrit la mission de Dayton comme une « mission lumineuse dans un paysage détruit et sur laquelle on peut bâtir, car la question ce n’est pas seulement la terre, mais aussi comment la remplir ».

Il est clair, selon nous, qu’il propose deux réponses à cette question : Soit de remplir cette terre par de nouveaux colons, ou bien d’importer, d’un autre endroit du monde, un autre peuple capable de vivre selon les manières israéliennes de faire. Car le peuple palestinien ne peut entrer dans aucun de leurs moules.

C’est certainement un avenir obscur qui attend le peuple palestinien à l’ombre du général Dayton, ses projets et ses adeptes, mais ce qui est encore plus obscur, à notre avis, c’est l’existence d’une autorité palestinienne qui le laisse faire, lui donne la « couverture légale », lui fait le salut militaire par admiration et par reconnaissance, et qui ne tarit pas déloges pour ses grands « exploits » en faveur du peuple palestinien.

vendredi 6 février 2009

L’Égypte ou le symptôme de l’éléphantiasis diplomatique


par René Naba, 5 février 2009

L’escadre de l’Otan dépêchée en renfort de l’Égypte pour lutter contre le trafic des armes au large de Gaza, de même que l’activisme diplomatique tardif déployé par le Caire avec l’hébergement des pourparlers inter-palestiniens et la conférence des pays donateurs pour la reconstruction de l’enclave palestinienne détruite par Israël, ne modifieront en rien la cruauté du constat: Misr Oum ad Dounia, l’Égypte, Mère du Monde, l’Égypte, dont l’histoire s’est longtemps confondue avec l’épopée, n’est plus que l’ombre d’elle-même, un pays qui a intériorisé sa défaite, voué au rôle peu glorieux de sous-traitant de la diplomatie américaine sur le plan régional, de factotum des impératifs de sécurité d’Israël, le ventre mou du monde arabe, son grand corps malade.

Placé au centre géographique du monde arabe, à l’articulation de sa rive asiatique et de sa rive africaine, abritant la plus forte concentration industrielle dans une zone allant du sud de la Méditerranée aux confins de l’Inde, contrôlant de surcroît, de manière exclusive, les deux principaux axes de communication du monde arabe, le Nil vers le continent africain, le Canal de Suez vers le Golfe pétrolier, l’Égypte a longtemps été le fer de lance du combat nationaliste arabe. Plaque tournante de la diplomatie arabe, elle a assumé sans relâche le rôle du grand frère protecteur, le régulateur de ses turbulences, le parrain de ses arrangements, comme ce fut le cas de l’accord libano-palestinien du Caire, le 3 Novembre 1969, qui mit fin à la première guerre civile libano-palestinienne, ou de l’accord jordano-palestinien, le 27 septembre 1970, dans la foulée du Septembre Noir jordanien.

Mais l’artisan de la première nationalisation victorieuse du Tiers-monde, la nationalisation du Canal de Suez, en 1956, qui sonna le glas de la présence coloniale franco-britannique en terre arabe, la base arrière des principaux mouvements de libération du monde arabe, de l’Algérie au Yémen du Sud, le destructeur de la ligne Bar Lev, en 1973, qui exorcisa le complexe d’infériorité militaire arabe vis à vis d’Israël, parait comme atteint d’éléphantiasis diplomatique, à en juger par son comportement honteusement frileux durant les deux dernières confrontations israélo-arabes, la guerre de destruction israélienne du Liban, en juin 2006, et la guerre de destruction israélienne de Gaza, deux ans plus tard, en décembre 2008.
Même dans le domaine privilégié de sa suprématie qui capta l’imaginaire et l’adhésion des foules pendant un demi-siècle, le domaine culturel, sa supériorité parait battue en brèche.

Premier exportateur de vidéocassettes, de films et de téléfilms dans le monde arabe, l’Égypte disposait d’un magistère culturel sans égal, s’articulant sur trois piliers: Le charisme de son chef, Nasser, sa brochette prestigieuse de vedettes de grand talent, Oum Kalsoum et Abdel Wahab, ses grands écrivains Taha Hussein, Naguib Mahfouz et le poète contestataire Cheikh Imam, Tahia Karioka et Nadia Gamal, sur le plan de l’industrie du divertissement et du spectacle, le tandem formé, enfin, sur le plan de la communication, par le journal Al-Ahram, le plus important quotidien arabe, et Radio Le Caire, la doyenne des stations arabes. Septième diffuseur international par l’importance de sa programmation radiophonique hebdomadaire, Radio Le Caire émet en 32 langues couvrant un large spectre linguistique (Afar, Bambara, pachtoune, albanais). Il constituait un puissant vecteur de promotion des vues égyptiennes aux confins du quart monde. Mais son primat culturel pâtit désormais de la renaissance de Beyrouth, le point de fixation traumatique d’Israël, capitale culturelle frondeuse du monde arabe, et de la fulgurante percée des chaînes transfrontières arabes, en particulier Al-Jazira, désormais indétrônable par son professionnalisme.

La passivité égyptienne devant le bain de sang israélien à Gaza, sa léthargie diplomatique face à l’activisme des pays latino-américains, le Venezuela et la Bolivie qui ont expulsé l’ambassadeur israélien à Caracas et La Paz, a suscité une levée de boucliers des Frères Musulmans conduisant la confrérie à cesser toute opposition à la Syrie, rendant caduque sa collaboration avec l’ancien vice-président syrien Abdel Halim Khaddam, le transfuge baasiste réfugié à Paris. Par un invraisemblable renversement d’alliance qui témoigne du strabisme stratégique de l’Égypte, c’est la Syrie, son ancien partenaire arabe dans la guerre d’indépendance, et non Israël, qui constitue désormais sa bête noire.
C’est Gaza, à bord de l’apoplexie, qui est maintenu sous blocus et non Israël, ravitaillé en énergie à des prix avantageux, défiant toute concurrence, sans doute pour galvaniser la machine de guerre israélienne contre un pays sous occupation et sous perfusion, la Palestine.
Indice de sa servitude à l’égard des USA, la moindre initiative de l’Égypte est tributaire du contreseing américain, que cela soit dans le domaine de la technologie nucléaire obtenu, en 2005, après que l’Iran se fut engagé dans la course atomique et afin d’y faire contrepoint, ou que cela soit dans le domaine diplomatique. La dernière initiative franco-égyptienne sur Gaza n’échappe pas à la règle. Elle répond davantage au souci de MM. Hosni Moubarak et Nicolas Sarkozy de sauver du naufrage à sa première épreuve l’Union Pour la Méditerranée, dont ils assument la co-présidence, que de mettre un terme au bain de sang israélien.

L’Égypte bénéficie, il est vrai, d’une rente stratégique matérialisée par une aide américaine de trois milliards de dollars par an. Mais cette obole apparaît à bon nombre d’observateurs comme une sorte de denier de Judas, ne pouvant compenser aux yeux de l’opinion publique du Tiers-monde, le socle de la puissance diplomatique égyptienne, les effets dévastateurs de ce lymphatisme tant sur le plan du prestige international de l’Égypte qu’au plan de la sécurisation de l’espace national arabe.

Nizar Outhman نزار عثمان

L’Égypte est frappée du symptôme d’éléphantiasis, à l’image de son vieux Président (80 ans), un personnage au teint cireux, un personnage de cire, en voie de momification par près de trente ans d’un pouvoir autocratique schizophrénique, ultra-répressif sur le plan interne, léthargique sur le plan international, cramponné à son siège dans l’attente d’une succession filiale.

Nasser a nationalisé le Canal de Suez et résisté à l’agression tripartite franco-anglo-israélienne, en 1956. Vaincu en 1967, il a aussitôt déclenché une «guerre d’usure» de 18 mois le long du front de Suez, dans une démonstration de son refus de la résignation et de la capitulation, avant de mettre fin à la guerre civile jordano-palestinienne, la veille de sa mort en septembre 1970.

Sadate a récupéré le Sinaï mais marginalisé son pays par sa signature d’un traité de paix solitaire avec Israël. Moubarak, lui, la vache qui rit, selon le sobriquet qui lui colle à la peau depuis le début de son règne pour souligner son cynisme faussement niais, passera dans l’histoire pour avoir été le dirigeant égyptien sans la moindre action d’exploit à son actif, sinon de réintégrer son pays au sein Ligue arabe pour en faire une rente de situation à l’effet de cautionner toutes les interventions militaires américaines contre les pays arabes que cela soit lors de la première guerre du Golfe contre l’Irak, en 1990, ou encore treize ans plus tard, lors de l’invasion américaine de l’Irak, en 2003.

Le cessez-le-feu unilatéral israélien dans la bande de Gaza conclu à la suite d’un arrangement entre deux gouvernements moribonds, le revanchard israélien Ehud Olmert mal remis de défaite face au Hezbollah libanais, en 2006, et le pantin américain George Bush, a retenti comme un cinglant camouflet tant pour le nouveau président américain Barack Obama que pour le médiateur égyptien Hosni Moubarak que pour son alter ego français, Nicolas Sarkozy, le vibrionnant et inopérant co-président de l’Union pour la Méditerranée.
Le contournement de l’Égypte par ses deux partenaires du Traité de Paix de Camp David dans des arrangements de sécurité concernant l’enclave palestinienne qui lui est frontalière a cruellement mis à jour le rôle de servants -et non de partenaires- des États arabes au sein de la diplomatie occidentale, conduisant l’Égypte et l’Arabie saoudite à afficher une unité de façade avec leurs contestataires, principalement la Syrie, au sommet économique du Koweït, le 19 janvier, la veille de la prestation de serment du président Obama.

Que l’on ne s’y trompe donc pas: L’hébergement de la conférence des pays donateurs pour la reconstruction de Gaza, de même que l’escadre de l’Otan dépêchée en renfort de l’Égypte pour lutter contre le trafic des armes au large de l’enclave palestinienne sont principalement destinés à renflouer le président Hosni Moubarak, en plein naufrage diplomatique, de même que son compère palestinien discrédité Mahmoud Abbas. Ils visent en outre à maintenir un rôle européen même ténu au Moyen-Orient, dans la nouvelle configuration diplomatique de l’ère Obama.
L’avènement du premier président afro-américain de l’histoire frappe de relégation Nicolas Sarkozy d’autant plus inexorablement que le dernier chef de file européen du néo-conservatisme américain, le pivot européen de l’axe israélo-américain, discrédité par une ostentation tapageuse et les rebuffades successives d’Israël, est affligé de surcroît de collaborateurs décriés pour leur flexibilité morale avec un chef de la diplomatie sous perfusion financière d’un satrape africain (1) et la compagne de cet ancien humanitariste, la risée universelle de l’opinion pour son maniement frénétique de la sulfateuse dans l’éradication du pluralisme politique au sein du dispositif audiovisuel extérieur français (2).


Nizar Outhman نزار عثمان

Le Pharaon d’Égypte est nu, dénudé par ses nouveaux alliés: le Primus inter pares (3) des Arabes est désormais «le passeur des plats» officiel de la diplomatie israélo-américaine. Triste destin pour Le Caire, Al-Kahira, la victorieuse dans sa signification arabe, ravalée désormais au rang de chef de file de «l’axe de la modération arabe». L’ancien chef de file du combat indépendantiste arabe, amorphe et atone, assume désormais sans vergogne le rôle de chef de file de l’axe de la soumission et de la corruption….l’axe de la résignation et de la capitulation…l’axe de la trahison des idéaux du sursaut nassérien.

Notes

1- cf. à ce propos, sur le site «Bakchich» Bernard Kouchner, ministre des factures étrangères
(15 janvier 2009), dans laquelle le site fait état d’un versement de 817.000 € du président gabonais Omar Bongo à une société de consultants en rapport d’affaires avec le ministre français des Affaires étrangères, à titre de rétribution d’une consultation sur le système de santé gabonais, et un article du même site, trois jours plus tard, Bernard Kouchner et Christine Ockrent sont devenus fous, mais personne ne les soigne, (Bakchich, 18 janvier 2009), ainsi que Kouchner: du sac de riz au sac de blé in Le Canard enchaîné du mercredi 21 janvier 2009, dans lequel le journal satirique relate comment le ministre français des Affaires étrangères «est passé en quelques années de Médecins sans frontières à Médecins sans scrupules», de même que le livre de Pierre Péan Le monde selon K, paru le 4 février 2009 aux Éditions Fayard.

2- Depuis sa prise de fonction à la direction de l’audiovisuel extérieur, en 2007, Christine Ockrent a procédé, sous de prétextes fallacieux, au licenciement des journalistes réputés pour leur connaissance du monde arabe, notamment le journaliste et écrivain Richard Labévière, grand spécialiste de la zone et auteur d’un interview du président syrien Bachar al-Assad, ainsi que Wahib Abou Wassel, représentant syndical et unique journaliste palestinien de l’audiovisuel extérieur français.

3- Primus inter pares : le premier parmi ses pairs


Rififi à Davos

Ci-dessous la vidéo du débat historique sur Gaza qui a eu lieu au Forum Économique Mondial de Davos, transcrit et traduit par le réseau Tlaxcala.

Lire la transcription et la traduction intégrale ici


mercredi 4 février 2009

La "justice" tunisienne a la main lourde

Procès de Gafsa : les meneurs du mouvement social condamnés en appel

TUNIS, 4 fév 2009 (AFP) - La cour d'appel de Gafsa, dans le sud-ouest de la Tunisie, a prononcé mercredi des peines de prison réduites pour la plupart des 38 Tunisiens jugés pour leur participation à un mouvement de contestation sociale en 2008 dans cette région minière, a-t-on appris de sources judicaires.
Cinq des dirigeants condamnés en première instance à 10 ans de prison se sont vu infliger des peines de 6 ans à 8 ans de prison, selon le verdict publié de source judicaire à Tunis.
Le parole-parole du mouvement, Adnane Hajji, et son co-accusé, Bechir Laabidi, ont écopé de la peine maximale de 8 ans d'emprisonnement ferme, ont indiqué leurs avocats à l'AFP, jugeant le verdict "inattendu et trop sévère".
La Cour a aussi prononcé des peines réduites, entre 3 et 4 ans de prison, à l'encontre de neuf autres prévenus initialement condamnés à 6 ans d'emprisonnement.
Elle a également allégé d'un an des condamnations à 4 ans de prison pour quatre prévenus et prononcé ou reconduit des peines avec sursis pour d'autres.
Sa décision infirmait en revanche des jugements de relaxe rendus à l'égard de cinq prévenus, les condamnant à deux ans de prison avec sursis.
Trente-quatre accusés, dont 18 en état d'arrestation, ont comparu mardi tandis que quatre autres, jugés par contumace, ont vu leurs condamnations reconduites.
La Chambre criminelle près la Cour d'appel a rendu ce verdict à l'issue d'une audience marathon commencée mardi à la reprise du procès ouvert le 19 janvier contre des syndicalistes et des jeunes pour la plupart.
Ils ont été jugés pour des faits remontant au premier semestre 2008 lorsque des manifestations contre le chômage, le coût de la vie et la corruption ont dégénéré (sic!) entraînant la mort d'une personne tuée par balles le 6 juin à Redeyef, ville du bassin minier producteur de phosphate.

Le procureur de la CPI étudie les moyens de juger les officiers israéliens pour « crimes de guerre » à Gaza

par Catherine Philp à Davos et James Hider à Jérusalem, The Times, 2/2/2009. Traduit par Isabelle Rousselot et révisé par Fausto Giudice, Tlaxcala
Original
Prosecutor looks at ways to put Israeli officers on trial for Gaza 'war crimes'

La Cour Pénale Internationale étudie les moyens de poursuivre en justice des commandants israéliens pour crimes de guerre à Gaza.

Les crimes présumés comprennent l'utilisation du phosphore blanc mortel dans des zones fortement peuplées par des civils, comme l'a révélé une enquête du Times le mois dernier. Israël a tout d'abord nié avoir utilisé l'arme controversée qui cause d'horribles brûlures mais elle a du reconnaître plus tard, face à l'accumulation des preuves, l'avoir employée.

Quand des groupes palestiniens ont présenté une requête à la CPI ce mois-ci, son procureur a déclaré qu'elle se trouvait dans l'impossibilité de saisir l'affaire car elle n'avait aucun pouvoir de juridiction sur Israël, qui n'est pas signataire du Statut de Rome. Cependant, Luis Moreno-Ocampo, le procureur de la CPI, a indiqué au Times qu'il était, maintenant, en train d'examiner si la juridiction palestinienne pouvait s’exercer sur des crimes présumés, perpétrés à Gaza.

Des groupes palestiniens ont présenté des arguments affirmant que l'Autorité palestinienne est l'État de fait dans le territoire où les crimes présumés ont été commis.

« C'est l'État territorial qui doit en déférer à la cour. Le débat est de savoir si l'Autorité palestinienne est en réalité, cet État », a indiqué M. Moreno-Ocampo au Times lors du Forum économique mondial de Davos.

Une partie de l'argument palestinien repose sur l'insistance d'Israël à proclamer qu'elle n'a aucune responsabilité à Gaza au regard de la législation internationale car elle s'est retirée du territoire en 2006. « Ils citent la jurisprudence, » a déclaré M. Moreno-Ocampo. « C'est très compliqué. Je suis en train d'examiner une analyse différente de la situation. Ça peut prendre du temps mais je prendrai une décision conformément à la loi ».

M. Moreno-Ocampo a indiqué que son examen de l'affaire ne reflétait pas forcément une conviction de sa part que des crimes de guerre avaient été perpétrés à Gaza. La première étape était d'établir une juridiction, a t-il déclaré, et c’est seulement après cela qu’il pourra décider de lancer une enquête.

Le bureau du procureur a déjà reçu de nombreux dossiers des groupes palestiniens sur les crimes présumés et attend d'autres rapports de la Ligue arabe et d'Amnesty International comprenant des preuves rassemblées à Gaza.

Régie par le Statut de Rome, fondement juridique de sa création, la Cour pénale internationale ne peut être saisie pour enquêter ou poursuivre des allégations de crimes les plus graves que si le pays responsable de ces crimes manque de volonté ou de capacité pour le faire dans son système judiciaire national.

Des États parties du traité peuvent déférer à la cour des affaires de crimes commis par leurs citoyens ou s'étant déroulés sur leur territoire. Des situations impliquant des citoyens ou le territoire d'un pays, non parties au Statut de Rome, peuvent être déférées à la Cour par le Conseil de sécurité des Nations Unies, comme ce fut le cas pour la région du Darfour au Soudan. La Côte d'Ivoire, qui n'est pas partie au Statut de Rome, a constitué un précédent en reconnaissant la compétence de la CPI pour les crimes commis sur son territoire. Elle a signé le Traité de Rome mais ne l'a jamais ratifié. En 2005, la Côte d'Ivoire a déposé une déclaration auprès de la CPI reconnaissant la compétence de la cour pour des crimes commis sur son territoire depuis septembre 2002.

Les juristes palestiniens soutiennent que l'Autorité palestinienne devrait pouvoir déférer à la Cour le cas de Gaza, sur ces mêmes bases ad hoc, bien que son statut d'État ne soit pas reconnu par la communauté internationale.

L'affaire a de grandes répercussions sur la reconnaissance d'un État palestinien. En rejetant l'affaire, la Cour mettrait l'accent sur le trou noir légal dans lequel se trouvent les Palestiniens qui demeurent sans État. Cependant, ceci met aussi en évidence les pires craintes d'Israël sur la reconnaissance d'un État palestinien à ses frontières. Un État palestinien qui ratifierait le Traité de Rome pourrait alors renvoyer à la Cour les crimes de guerre allégués à Israël sans qu'il n'y ait plus besoin de négociations juridiques. L'affaire pourrait également amener, par un effet boule de neige, la reconnaissance internationale d'un État palestinien par les pays qui souhaitent qu'Israël soit poursuivi en justice.

Une voie possible pour Israël serait d'accepter de mener une enquête sur ses commandants et de s'engager à poursuivre les crimes révélés par l'enquête. L'affaire ne serait alors plus dans l'orbite de la Cour Internationale. Ce qui semble peu probable pour l'instant, étant donné qu'Israël continue de rejeter la notion de crimes de guerre à Gaza.

L'armée israélienne a cependant lancé une enquête interne afin de savoir si du phosphore blanc avait été utilisé dans certains cas, sur des agglomérations, ayant fini par admettre qu'elle avait utilisé la substance incendiaire, qui n'est pas illégale pour créer des rideaux de fumée sur un champ de bataille mais dont l'utilisation est prohibée dans des zones civiles. Une vidéo d'une de ces attaques, montre ce qui semble être du phosphore blanc qui pleut sur une école des Nations Unies à Beit Lahiya, où étaient stationnées des ambulances et des équipes de la Croix Rouge.

Une coalition de groupes israéliens oeuvrant pour les droits humains exhorte le Ministre de la Justice du pays à ouvrir une enquête indépendante pour allégations de crimes de guerre par des troupes, ce qui pourrait contrer l'affaire au niveau de la Cour Pénale Internationale. Les groupes, dont B'Tselem (le Centre israélien d'information pour les droits de l'homme dans les territoires occupés), ont indiqué qu'il y avait eu des rapports démontrant que les forces israéliennes ont ouvert le feu dans des zones civiles, ont refusé l'aide médicale aux blessés et empêché des ambulances palestiniennes de les secourir et ont tiré sur des gens portant des drapeaux blancs.

Pendant ce temps, les Nations Unies préparent une enquête concernant le bombardement d'une école des Nations Unies à Jabaliya, au nord de la bande de Gaza. Des forces israéliennes avaient envoyé des obus autour de l'école, qui avait été transformée en abri de réfugiés pour les Gazaouis qui fuyaient leurs maisons. Au moins 43 personnes ont trouvé la mort. Israël a déclaré que des militants palestiniens avaient tiré depuis l'enceinte de l'école, ce qui a été démenti par les Nations Unies.

Condamnation des 3 agresseurs de Ginette Skandrani

Suite à l’agression avec violence aggravée commise en groupe contre Ginette Hess Skandrani à son domicile le 25 octobre 2006, ont été jugés ce jour, 3 février :

- Ruben COLLEU, non présent, car en fuite en Israël mais défendu par son avocat. COLLEU faisait le guet dans la rue, tout en gardant les motos, pendant que les autres agressaient Ginette Skandrani avec des casques de motard.

- Steven ELIE, en train de faire son service militaire en Israël avec l’accord de la Cour et qui a envoyé une lettre accusant les autres membres du groupe qui se sont réunis la rue des Rosiers afin de programmer l'agression.

- Mike SFEZ, que Ginette Skandrani avait reconnu comme l’un de ses deux agresseurs, ce qu’il a essayé de nier, en voulant faire croire qu’il était resté derrière la porte. Le quatrième agresseur était Jordan BENHAMOU, mineur au moment des faits et condamné le 18 novembre 2008 par le Tribunal pour enfants.

L’avocat de SFEZ a essayé de faire passer la victime pour une antisémite, voir une négationniste qui fréquente un certain humoriste. Il lui a également reproché d’avoir divulgué les noms de ses agresseurs sur le net.

Ils ont tous les trois été reconnus coupables et condamnés :

SFEZ à deux ans d’emprisonnement dont 18 mois avec sursis. Les 6 mois pouvant se transformer en travaux d’intérêt général

COLLEU idem que SFEZ.

ELIE coupable par défaut à trois ans d’emprisonnement. Un mandat d’arrêt a été lancé contre lui.
Une somme de 10 000 € doit être versée pour réparation des
dommages ainsi que 1500 € pour les frais de justice.

lundi 2 février 2009

NON à l'OTAN !

Signez l'appel !


Solidaires de tous ceux qui protesteront en avril 2009 à Strasbourg et Baden-Baden contre le sommet de l’OTAN le jour du 60e anniversaire de sa création, nous appelons à faire de ces protestations le point de départ d’une campagne permanente contre l’OTAN et la militarisation de l’UE, en nous focalisant d’abord sur les points suivants :

· En Afghanistan : retrait de toutes les troupes étrangères ;

· En Irak : retrait de toutes les troupes étrangères ; arrêt du soutien militaire allemand à l’occupation ;

· Solidarité avec la légitime résistance de tous les peuples du Proche et Moyen-Orient à la guerre et à l’occupation ;

· Levée du blocus imposé à Gaza, démolition du Mur de l’apartheid et des colonies juives illégales ;

· Plus de menaces de guerre contre l’Iran ;

· NON à l’ingérence de l’OTAN dans les Balkans et retrait de ses troupes ; la reconnaissance du « Kossovo » est d’emblée nulle et non avenue ;

· Dissolution des tribunaux «ad hoc » chargés du Rwanda et de la Yougoslavie, ils sont contraires au droit international et ne servent qu’à la propagande en faveur de l’OTAN et au lavage de cerveaux ;

· Non à l’élargissement à l’Est de l’OTAN (Ukraine, Géorgie)

· Solidarité avec la résistance au bouclier anti-missiles usaméricain en République tchèque et en Pologne.

Les nations alliées au sein de l’OTAN représentent un obstacle à la résolution pacifique de presque tou les conflits présents dans le monde. L’OTAN empêche les peuples d’évoluer vers la démocratie et de disposer d’eux-mêmes et par là ruine les bases du bien-être social et d’une gestion respectueuse de l’environnement.
Après la série des agressions envers l’Irak (1991) la Somalie (1992), la Yougoslavie (1999), l’Afghanistan (2001), et à nouveau l’Irak (2003), ainsi que des guerres par procuration : celle des milices contre la RD du Congo (1998), d’Israël contre le Liban, et de la Géorgie contre la Russie (2008), on se demande avec inquiétude ce qu’il faut maintenant redouter de la part des USA et de ses alliés. Une intensification de l’occupation en Afghanistan ? Une déstabilisation de l’Inde et du Pakistan ? Un bombardement de l’Iran ? Un anéantissement par la force des armes de la voie où se sont engagés Cuba, le Venezuela et de plus en plus d’autres pays latino-américains ?
Face à l’extension de la crise économique mondiale, on se souvient que les impérialismes avaient cherché à résoudre celle des années 1930 par la course aux armements et la guerre, avec pour conséquence la catastrophe de la Deuxième guerre mondiale.
La réponse du mouvement pacifiste à la politique de l’OTAN doit être à la mesure de la montée des périls. C’est pourquoi nous en appelons à tous les hommes épris de justice : Organisons une campagne permanente, vaste et résolue contre l’OTAN. Élaborons des stratégies coordonnées pour mobiliser des oppositions sur tous les théâtres et dans tous les domaines où l’OTAN déploie ses activités. Sachons discerner à temps les dangers aigus et donnons l’alarme pour qu’un maximum de gens réagissent et se défendent. Démasquons les mensonges visant à justifier les guerres et controns le lavage des cerveaux par l’information et la pédagogie. Cherchons avec obstination à obtenir des États membres de l’OTAN leur retrait individuel de la structure. Tout ce qui affaiblit l’OTAN consolide les forces de paix et de progrès dans le monde entier. Vingt ans après la dissolution du Pacte de Varsovie, il est plus que temps de procéder à celle de l’OTAN.
L’UE s’est étendue vers l’Est et le Sud-Est de l’Europe parallèlement à l’élargissement à l’Est de l’OTAN. Mais elle a été à nouveau lézardée par de nouvelles frontières extérieures. Elle est instrumentalisée dans la nouvelle confrontation avec la Russie et le Bélarus. La doctrine de la « guerre préventive » commune à l’OTAN et aux USA a été reprise dans le cadre européen. « Des forces d’intervention rapides » européennes ont été créées, pour intervenir militairement partout dans le monde en coordination avec l’OTAN, sous prétexte de « missions humanitaires » de « lutte contre le terrorisme » ou de « résolution de crises. » À des fins de domestication politique, de contrôle des marchés et de pillage des ressources naturelles de pays tiers, la collaboration entre l’UE, les USA et l’OTAN s’est notablement intensifiée. L’UE impose à ses membres une poursuite de la militarisation et de la course aux armements. En parfait accord avec l’OTAN et les USA ainsi qu’avec les mécanismes de l’Union, les gouvernements européens ont mis en œuvre des mesures visant à restreindre les droits civils, anéantir les acquis sociaux et développer des structures répressives contre les mouvements populaires. L’UE prend de plus en plus les traits d’une union impérialiste des gouvernements européens, ce qui interdit de parler d’autonomie européenne et de rupture avec la tutelle de la superpuissance impériale, en dépit de délégations de pouvoir occasionnelles.
Mais les contradictions internes de l’UE, la concurrence de toutes les puissances impérialistes entre elles, les revers de la politique européenne, le NON français, néerlandais et irlandais au TCE, les refus et la désobéissance civile opposés aux réglementations de l’Union ouvrent des perspectives sur de nouvelles formes de collaboration entre pays européens, ainsi qu’avec l’ex-URSS, mais aussi les pays riverains de la Méditerranée, le monde arabe et les autres continents. Ce n’est qu’en refusant le rôle de petit frère des USA et de l’OTAN, en résistant à une Europe impérialiste et en lui retirant sa prétendue « légitimité » que l’on pourra pleinement engager le combat antimilitariste et anti-OTAN.
La crise universelle que nous traversons et qui inclut l’économie, la finance, le progrès social, la fourniture de matières premières et l’environnement, apporte de nouveaux dangers mais aussi de nouvelles chances. La politique néolibérale a déjà dû reconnaître sa complète faillite. L’hégémonie US sur la planète est de plus en plus remise en cause. La tentative de remodelage néocolonial du Proche et Moyen-Orient aboutit désormais à une impasse, car les forces d’affirmation nationale de la région mènent un combat de résistance acharné contre le rouleau compresseur militaire des USA et de leurs alliés. En Amérique latine se sont ouvertes de nouvelles perspectives socialistes. De nouvelles coalitions voient le jour, entre la Chine, la Russie, le Brésil et l’Inde par exemple, portant l’exigence d’un monde multipolaire. Il est bien fini, le temps où l’on célébrait le triomphe du capitalisme sur le socialisme, la « fin de l’Histoire ». Le monde est entré dans une période de montée des luttes anti-impérialistes en faveur de l’indépendance, du progrès social, des nations et des peuples.
Le rejet catégorique du pacte impérialiste de l’OTAN et de ses troupes auxiliaires de l’UE ne constitue pas, comme aimeraient le faire croire les élites de la finance, un repli isolationniste, nationaliste et autarcique, mais la reconquête de la souveraineté nationale, base essentielle de toute évolution vers la démocratie et le socialisme. Il faut opposer à l’OTAN et à l’UE un NON de principe si l’on veut maîtriser la crise et créer de nouvelles formes de collaboration internationale au service du plus grand nombre des gens qui travaillent.

POUR UN MONDE SANS OTAN - POUR UNE EUROPE DES PEUPLES

Premiers signataires :
Deutscher Freidenker-Verband (Association allemande des libres penseurs)
Initiativ e.V. .(Association Initiative)
Antiimperialistische Koordination (Coordination antiimpérialiste)
Vereinigung für Internationale Solidarität (VIS) e.V..(Association pour la solidarité internationale)
Arbeitskreis Marburger WissenschaftlerInnen für Friedens- und Abrüstungsforschung (Cercle de travail des scientifiques de Marburg pour la recherhce sur la paix et le désarmement)
Arbeiterfotografie - Forum für Engagierte Fotografie (Photographie ouvrière - Forum pour une phtographe engagée)
Contact :
redaktion@aikor.de

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NEIN zur NATO!
NO to NATO !
NO a la OTAN!
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dimanche 1 février 2009

« Là aussi, on est en train d’exterminer un peuple » : la guerre oubliée du Sri Lanka

Source : Von der internationalen Gemeinschaft vergessen, Zeit-Fragen, 26/1/2009. Traduit par Michèle Mialane et révisé par Fausto Giudice, Tlaxcala

Oubliés par la communauté internationale


Interview du Professeur S.J. Emmanuel, Président de la Fédération internationale des Tamouls



Le Dr. S.J. Emmanuel, ancien vicaire général du diocèse de Jaffna


Zeit-Fragen : Professeur Emmanuel, on entend peu ou pas du tout parler du Sri Lanka dans les médias occidentaux. Vous conservez à ce jour en tant que prêtre catholique un contact étroit avec votre patrie. Quelle est la situation dans les zones tamoules ?


Le chef de gouvernement actuel du Sri Lanka est le pire qu’on puisse imaginer. Il gouverne avec ses trois frères, et ce sont des extrémistes bouddhistes cinghalais. Le gouvernement ne recherche pas de solution politique, mais une solution militaire, il nie le conflit ethnique et parle de combattre le terrorisme. Il y a à l’heure actuelle 300 000 réfugiés de l’intérieur dans la région de Vanni et chaque jour les civils sont bombardés et déplacés. Le 25 décembre les troupes gouvernementales ont même bombardé une église, tuant ou blessant plusieurs fidèles. La situation des réfugiés est catastrophique ; ils ne reçoivent aucune aide humanitaire car le gouvernement cinghalais a expulsé les organisations humanitaires internationales. La guerre doit se dérouler sans témoins. S’y ajoute depuis plusieurs semaines une longue période de pluie à laquelle les personnes déplacées sont exposées, sans autre abri que les arbres. Les blessures des civils atteints, car la plupart des blessés sont des civils, sont épouvantables : on emploie des bombes à fragmentation et des bombes thermobares, comme lors de la guerre du Liban.



Eranga Jayawardena/AP Photo


Le gouvernement a déclaré qu’il aurait réglé« le problème tamoul » avant la fin de l’année 2008. Qu’est-ce que cela signifie pour la population civile ?


Parler de problème tamoul revient pour le gouvernement à l’assimiler à du « terrorisme ». Le gouvernement sait que le conflit nécessite une solution politique, mais il n’a fait jusqu’ici aucune proposition sensée. Il a prétendu que dans la province de l’Est il y avait eu des élections législatives et que cette région avait un Premier ministre, mais la vérité est tout autre. C’est un des frères du Président qui est au pouvoir là-bas, et la population est le dernier de ses soucis. Chaque jour des Tamouls sont tués ou enlevés. Les gens au pouvoir veulent faire la même chose dans le Nord, dès qu’ils auront anéanti les Tigres tamouls. Leur solution au « problème tamoul » consiste à nommer deux membres du gouvernement ministres - un dans la province de l’Est, un au Nord - et à placer la totalité du peuple tamoul sous le contrôle de l’armée cinghalaise. Nous resterons donc sous la férule de l’impérialisme cinghalais, et cela après 450 ans de domination coloniale !


Qu’est-ce que cela veut dire ?


Oppression arbitraire. Pour moi, un ecclésiastique qui a une grande expérience du monde et de la guerre, la situation des Tamouls est choquante. Nous avons affaire à un vieux conflit ethnique qui dure depuis 60 ans. D’emblée la réponse du gouvernement aux protestations non-violentes des Tamouls a été le terrorisme d’État. C’est en réaction que s’est formée l’organisation des Tigres tamouls, afin de défendre le peuple tamoul et ses terres ancestrales. Le résultat est une guerre qui dure depuis 30 ans et a fait plus de 20 000 victimes et plus d’un million de réfugiés. Mais ce conflit n’a toujours pas éveillé l’attention mondiale. Un conflit long, une guerre qui fait des victimes sur une île perdue dont le sous-sol ne recèle pas de richesses, est presque devenu une guerre oubliée. Nous autres Tamouls sommes lourdement déçus, non seulement par les derniers évènements au Sri Lanka, mais aussi de l’attitude de la communauté internationale, de sa double morale et de sa politique qui ne sert que ses propres intérêts.


Premièrement, les Anglais ont commis une énorme faute, le « British blunder », lorsqu’ils ont quitté l’île à la fin de l’ère coloniale. Les Tamouls, qui avaient autrefois un royaume indépendant, sont devenus une minorité face aux Cinghalais. Les Anglais ont en effet réuni les deux peuples en un seul État et donné le pouvoir à la majorité. Et maintenant les Anglais font comme s’ils n’avaient aucune responsabilité dans cette guerre et soutiennent le gouvernement de Colombo.


Deuxièmement le Sri Lanka et ses ports offrent un intérêt géopolitique pour de grandes puissances, par exemple l’Inde et les USA. Ils se placent donc du côté du gouvernement et nous traitent comme des terroristes.


Troisièmement, le Sri Lanka est une démocratie où la majorité est bouddhiste et cinghalaise. Cette majorité peut se permettre de discriminer et d’opprimer les Tamouls par voie parlementaire. Et en plus elle a une armée pour imposer son pouvoir. Pendant les trente premières années nous autres Tamouls avons lutté, espéré et résisté pacifiquement. On nous a répondu par le terrorisme d’État. Nous savons que la solution ne peut être que pacifique, mais il faut bien que nous nous défendions contre ce terrorisme d’État, dont la violence ne connaît pas de bornes.


Quel est actuellement le quotidien des Tamouls ?


La plus grande partie du Nord et de l’Est du Sri Lanka - les terres ancestrales des Tamouls- est sous le contrôle strict de l’armée cinghalaise, ce qui signifie des interdictions quotidiennes de circuler, des centaines de check points, chaque jour des déportations, des assassinats etc. Au Nord-Est, dans la région dite de Kilinochchi se déroule une guerre particulièrement brutale ; les civils et les bâtiments publics, écoles et hôpitaux par exemple, subissent des bombardements. Les gens vivent dans une terreur permanente, ils n’ont ni travail ni nourriture. 40 000 enfants ne peuvent être scolarisés. Toutes les ONG internationales ont quitté le district. Il n’y a pas de médecins, les études sont interdites aux Tamouls. Il y a bien des hôpitaux, mais qui ne disposent ni de médicaments, ni de pansements.


Il y a plus de deux ans que le gouvernement de Colombo soumet les zones tamoules à un embargo économique total, et c’est un miracle que les gens puissent survivre. Même cette année, 60 ans après la condamnation du génocide par les Nations Unies, le Sri Lanka figure sur la liste des huit pays qui en sont menacés. Quand on parle de génocide, on pense immédiatement au « Troisième Reich », mais là aussi on est en train d’exterminer un peuple, avec sa langue, sa culture et ses traditions, sous couvert de démocratie.


Quelle solution proposent les Tamouls ?


Le Tamouls ont toujours voulu une solution politique, et depuis 60 ans ils ont déposé plusieurs propositions. Au début on avait pensé à un État fédéral pour l’ensemble du Sri Lanka.


Mais le gouvernement a rejeté catégoriquement cette éventualité. C’est contre le terrorisme d’État que les Tamouls ont pris les armes. Ils ne croyaient pas que le terrorisme pouvait être la solution.


La Communauté internationale, elle aussi, parle sans cesse de « terrorisme tamoul» et de « solution politique », mais elle continue à fournir Colombo en armement et à soutenir son offensive militaire. Il y a peu de temps encore on a envoyé des représentants militaires de certains pays (dont les USA, le Pakistan, la Chine, le Bangladesh et l’Inde) dans le Nord-Est du pays, où ils ont bien vu les succès militaires, mais pas les 300 000 réfugiés.


Début décembre s’est tenu en Hollande un séminaire où Europol a débattu des Tigres. Quels Tamouls avaient été invités à cette conférence ?


Aucun représentant du peuple tamoul n’avait été invité, en revanche le gouvernement de Colombo était là, qui a fait pression pour interdire les associations tamoules en Europe et restreindre leurs activités.


Quelle est votre réaction ? ,


Il est absurde d’inviter à une conférence des terroristes d’État responsables de l’exil vers l’Europe de 500 000 réfugiés tamouls pour discuter avec eux de la manière dont l’Europe doit se comporter envers ces réfugiés.


Rien de tel pour que ceux que l’on pourchasse continuent à l’être. Beaucoup d’entre eux ont pris, comme moi, la nationalité de leur pays d’accueil et se sont intégrés. Qu’attendre d’une pareille démarche ? L’objectivité exige que l’on invite les Tamouls et qu’on leur demande quelle est la situation dans leur pays.


Que peuvent faire les citoyens européens pour aider à désamorcer la situation ?


Les Tamouls sont reconnaissants d’avoir été accueillis en Europe et d’y vivre en sécurité. Le Sri Lanka exerce une influence sur les gouvernements européens, mais personne ne consulte les Tamouls, bien que nous soyons citoyens de nos pays d’accueil ; projettent-ils quelque chose contre nous ?


Les citoyens européens doivent exiger de leurs gouvernements qu’ils s’engagent en faveur d’une paix juste et n’appuient pas l’option militaire.


Monsieur le Professeur, nous vous remercions de nous avoir accordé cette interview et souhaitons beaucoup de succès à vos efforts en faveur d’une solution pacifique.



Membre des commandos de forces spéciales qui mènent la guerre sale dans le Nord du Sri Lanka. Reuters Pictures


Urgence : mettre fin au génocide des Tamouls !


par Dieter Sprock


Au Sri Lanka un génocide se déroule dans une indifférence quasi-totale.Il y a des décennies que les Tamouls y sont opprimés et traités en citoyens de seconde zone. Mais depuis le début de l’année 2008, où le gouvernement sri-lankais a rompu unilatéralement l’armistice et expulsé les observateurs internationaux, ce dernier mène contre la population tamoule une guerre ouverte, qui a pris progressivement les proportions d’un génocide. Le gouvernement n’autorise pas la présence sur l’île d’observateurs de l’ONU. Les journalistes et les organisations d’aide humanitaire n’ont pas accès aux zones de combat, et toute critique est brutalement réprimée. Le bain de sang doit se dérouler sans témoins.


Un article du « Neue Zürcher Zeitung » en date du 10 janvier montre à quel point il est dangereux d’être un journaliste critique au Sri Lanka, : la même semaine Lasantha Wickrematunge , rédacteur en chef du journal d’opposition Sunday Leader, a été abattu par deux motocyclistes en armes alors qu’il se rendait en voiture à son travail. Deux jours plus tôt les bureaux de la plus importante chaîne de télévision privée du pays, MTV, avaient été pris d’assaut et dévastés par une douzaine d’hommes armés de mitraillettes et de grenades.



Les funérailles de Lasantha Wickrematunge, à Colombo, le 12 janvier 2009, ont été l'occasion d'une grande manifestation de protestation contre son assassinat. Photos Gemunu Amarasinghe/
AP Photo


Wickrematunge, 52 ans, avait critiqué le week-end précédant son assassinat « l’ euphorie sanguinaire » du Président Mahinda Rajapakse. Celui-ci avait célébré la conquête de la ville de Kilinochchi , au Nord du Sri Lanka, tombée le 2 janvier, comme « une victoire sans exemple » des troupes gouvernementales. Or Wickrematunge avait plaidé pour une solution politique incluant des concessions du gouvernement aux Tamouls. Le Sunday Leader est l’un des rares journaux qui ose encore parler de la guerre. Le groupe MTV/MBC, détenteur de trois émetteurs de télévision et de quatre canaux radiophoniques, s’efforce lui aussi de couvrir le conflit de manière objective.


Le gouvernement attise volontairement la haine à l’encontre des voix critiques du pays, créant ainsi un climat de violence et de non-droit. « Selon Juan Perera, du National Peace Council, l’assassinat de Wickrematunge sonne le glas de la liberté de la presse au Sri Lanka. Après ce meurtre retentissant chaque journaliste se demande qui sera le prochain. Dans de pareilles conditions, il n’est tout simplement plus possible de travailler librement. Au cours de ces dernières années, de larges pans de la presse ont déjà cédé à la pression du gouvernement et « suivent la ligne ». Les rares journalistes qui continuent à fournir une couverture indépendante du conflit ethnique sont en butte à une campagne calomnieuse de dénigrement systématique de la part du « Daily News », l’organe de presse du gouvernement, qui les accuse d’être des sympathisants des Tigres et des ennemis de l’État. Selon Amnesty International, dix journalistes ont été assassinés au Sri Lanka rien que durant les deux dernières années et de très nombreux autres ont disparu ou bien ont été enlevés ou emprisonnés.


Il est désormais du devoir de la communauté internationale d’exiger du gouvernement sri-lankais le respect du droit international et de toutes les conventions internationales. Il y a urgence à faire cesser le génocide des Tamouls ; une Commission onusienne doit pouvoir veiller au respect des droits humains ; il faut garantir sans restriction l’accès de l’aide humanitaire, par exemple sous l’égide de la Croix Rouge, , ainsi que la liberté de la presse et la sécurité des journalistes. Madame le Docteur en droit Karen Parker, militante américaine des droits humains, exige qu’on raye immédiatement les Tigres tamouls de la liste des organisations terroristes. Selon elle, le droit international leur accorde le statut de combattants.( Pour en savoir plus à ce sujet, voir Zeit-Fragen N°34 du 27 août 2007). Le gouvernement sri-lankais doit revenir à la table des négociations, car seule une solution négociée prenant en compte tous les groupes ethniques du pays peut aboutir à une paix durable.

Forum des Tamouls de Suisse

« Aidez nos frères et nos sœurs de Vanni, victimes de violations des droits humains »


Monsieur Shan Thavarajah, et Monsieur Thambipillai Namasivayam, respectivement vice-président et secrétaire du Forum des Tamouls de Suisse, ont écrit à Madame le Docteur Naventham Pillay, Haut Commissaire aux Droits humains à Genève, pour la prier de faire cesser la catastrophe humanitaire à Vanni.

Ils en appellent au Haut Commissariat aux Droits humains pour :

- demander au gouvernement sri-lankais de mettre fin immédiatement à son offensive militaire dévastatrice ;

- garantir la fourniture de vivres et autres denrées de première nécessité à Vanni ;

- mettre à la disposition des habitants de Vanni les médicaments indispensables et autres équipements hospitaliers ;

- demander au gouvernement sri-lankais de déclarer « zone protégée »les hôpitaux de Vanni ;

- demander au gouvernement sri-lankais d’autoriser l’accès du district de Vanni aux organisations humanitaires locales et internationales ;

Nous vous demandons respectueusement d’intervenir sans délai dans cette affaire et d’user toute votre influence sur les États démocratiques et les organisations humanitaires pour sauver le peuple tamoul du génocide.

Source : InfoTamil du 15/1/2009